Dossier Corse : "Il y a une forte opposition LR-RN à ce texte, je ne comprends pas" (P.A Colombani)
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Questions et réponses
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- 0:00OuverteRéponse directe
Est-ce que vous soutenez ce texte sur l'autonomie de la Corse ?
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Vous faites confiance au président de la République sur ce texte ?
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Concrètement, en quoi consiste ce dispositif d'autonomie ?
- 6:01OuverteRéponse directe
Comment un dialogue parlementaire peut-il se faire sereinement dans ces tensions ?
- 8:01OuverteRéponse partielle
Le gouvernement veut restreindre les arrêts maladie. Est-ce que ça va dans le bon sens ?
- 10:01OuverteRéponse directe
Faut-il négocier avec le Premier ministre pour éviter le blocage du budget ?
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Grande interview. Ce matin, nous recevons en direct le député Paul André Colombi. Bonjour.
Bonjour monsieur. Député Liot Corse du Sud. Liot liberté indépendant Outre mer et territoire.
Alors l'épineux dossier Corse arrive demain au terme d'un long processus sur la table du conseil des ministres. Le ministre de l'aménagement du territoire va euh présenter le projet de révision constitutionnelle qui prévoit l'autonomie de la Corse au sein de la République. Un texte fruit de plusieurs années de tractation, un texte déjà controversé.
Concrètement, c'est un pouvoir législatif autonome qui serait donné à Lille. Le projet accorderait le pouvoir d'adapter les lois et les règlements, de fixer ses propres normes dans les matières où s'exercent les compétences. Euh Paul André Colombani, est-ce que tout d'abord vous soutenez ce texte ?
Ben nous le soutenons à fond. Il est le fruit d'une discussion qui a été entamé au lendemain de l'assassinat tragique de Divon Colonne en en prison 2022 qui s'est suivi de d'événements extrêmement douloureux qu'on a surtout pas envie de revivre. Vous savez, dans quelques jours, on va fêter les 50 ans de on va fêter, on va commémorer le le mieux euh les les de la cave d'Alléria et le moment où le docteur Sibéogne avait euh euh pris euh cette cave pour l'occuper et c'est le point de départ un peu des revendications des nationalistes était il y a 50 ans.
Depuis 50 ans, la Corse a vécu trop de drame. Je le rappelle aussi avec malheureusement la mort d'un préfet et le seul département c'est 50 dernières années qui a vécu autant de choses peut-être avec la Nouvelle-Calédonie. Et donc ce processus c'était la porte de sortie par le haut pour tout le monde pour slder 50 ans de conflit politique et historique.
Alors le texte toutefois a été retoqué en partie par le Conseil d'État mais aucune des modifications recommandées par le Conseil d'État ne devrait être intégré à ce projet de loi. C'est Emmanuel Macron qui décidera de conserver ou non les modifications du Conseil d'État. Vous vous faites confiance au président de la République ?
On a appris à se faire confiance. Je ne fais pas partie de sa majorité. Euh je ne fais pas partie de sa majorité.
On a appris à se faire confiance. C'est lui qui a utiliser une expression très juste à l'initiation de ce processus de dire il va falloir travailler entre les tabous et les totems. Et je pense que bon tout le monde n'est pas satisfait hein.
Je veux dire euh il y a des conservateurs sur le continent qui qui hurlent un petit peu au loup et puis il y a des des indépendantistes en Corse dont c'est pas du tout la vision et dont il faut respecter le point de vue qui nous qui nous parle de trahison. Donc moi, ce texte, c'est un point d'équilibre euh qu'on a trouvé. Il a la légitimité d'être d'avoir été voté à plus de 70 % par la par les élus de la collectivité de Corse et c'est sur celui-là qu'on doit prioriser.
Le On n' pas tous les attendus du Conseil d'État. Euh encore ces attendus du Conseil d'État, des brides qu'on a, ils sont pas complètement défavorables non plus, hein. Il y en a certains qui parlent de de qui expliquent tranquillement que ce processus ne met en aucun cas la République française en danger avec tous ces grands principes.
Donc, mais par contre, il y a des choses qui ont été enlevées, des choses importantes qui nous permettraient d'avoir un statut de résident et surtout régler le problème les problèmes fonciers en Corse. cette réforme constitutionnelle concrètement Paul André Colombani en quoi ça consiste ce dispositif aujourd'hui donc il s'agit de d'un processus entier c'est-à-dire il faut reprendre le président de le discours du président président quand il est venu en Corse il a dit il faut mieux se soigner en Corse il faut en même temps lutter contre grande criminalité il faut plus de place pour le Corse dans l'espace public et il faut ce processus institutionnel qui doit arriver à un processus un pouvoir législatif pour Corse, c'est-à-dire euh pouvoir fabriquer des des lois en Corse dans un domaine de compétences données. L'autonomie, c'est la règle dans quasiment tous les pays européens.
L'Allemagne, l'Italie, l'Espagne vivent, les habitants vivent sous des statut d'autonomie depuis bien longtemps. C'est un pouvoir qui est donné aux régions au plus près des des électeurs avec plus de responsabilité aussi. Ça pas du tout de demander plus d'argent pour ces pouvoirs là.
Vous, je vous prends un exemple, n'importe lequel. Si vous devez gérer le la culture, le budget aujourd'hui, il y a un budget de la culture qui est qui est géré qui est une somme qui est allouée à la Corse pour euh par Paris. Cette somme, nous ce qu'on réclamerait c'est qu'elle soit réglée intégralement en corps et que on présente le à nos électeurs le bilan de ce qu'on a fait.
Et si on est mal géré, c'est normal. Si c'est mal géré, c'est normal d'être sanctionné. Mais cette autonomie législative, tout le monde ne l'entend pas de cette oreille.
Le président du Sénat, Gérard Larcheter, a écrit une lettre estimant qu'il fallait remettre l'intégralité des recommandations du Conseil de l'État. Lui, il redoute en fait qu'il y ait une un manque d'égalité des citoyens devant la loi entre les habitants du continent et les habitants de Lille. Vous savez, c'est toujours l'esprit très jacobin et très conservateur de certains hein qui ne veulent pas entendre parler d'évolution majeure.
Nous aujourd'hui, c'est très simple à comprendre. Il y en a certains qui disent une une grande loi qui parle de Paris, elle est elle est très très difficile à à appliquer dans tous les territoires. C'est comme si vous avez une famille et que vous demandez à cette famille d'être de si vous achetez la même paire de chaussures de 45 à toute sa famille, ça va probablement pas de la même façon aux enfants et aux adultes.
Donc et c'est juste ça qu'on réclame de pouvoir adapter et de fabriquer une loi qui correspond à l'identité du territoire. le la route vers l'autonomie, elle est étroite. Demain, donc le projet de réforme constituelle sera présenté en conseil des ministres.
Quelle est la suite du calendrier Paul André Colombani ? Donc la suite, c'est à à la rentrée, le texte qui sera présenté dans les deux chambres qui sera largement débattu. On aura à ce moment-là euh le largement l'occasion de d'affuter nos nos notre nos arguments.
Je veux dire, les députés Corse ne sont pas seuls, hein. Je vous rappelle que le le projet soutenu par Gérald Manin, puisque c'est lui qui en est à l'origine, François Repsanen suit le dossier Corse depuis très très longtemps. Le président Macron nous l'a répété à plusieurs reprises qu'il était favorable à ce processus.
Il va falloir absolument trouver une majorité et nous on en a besoin encore une fois pour sortir par le haut. Vous savez la situation en Corse peut se tendre très très vite si je vous parle de d'une occupation de aujourd'hui au moment où on parle d'une trésorerie à Bastia parce que on ne respecte pas des accords de sortie de crise qui concernent des des d'anciens prisonniers politiques à qui on vient réclamer des amendes hors nom hors norme 20 ans après leur leur condamnation. Vous voyez tout ça c'est des des petites choses vues de Paris mais qui nous aujourd'hui peuvent nous tendre très très de façon très très forte la situation et donc on veut encore une fois tous sortir par le haut.
Justement dans ce ces tensions probables, le président de l'exécutif Corse Gill Siméoni a prévenu le ministre. Ce sera ça ou ce ne sera rien je le cite. Si la démocratie ne permet pas de régler cette question, on nous laisse le choix entre le renoncement ou la révolte.
Comment un dialogue parlementaire peut-il se faire sereinement dans de telles conditions ? Écoutez, à toute proportion gardée, il y a il y a un texte qui vient d'aboutir pour la Nouvelle-Calédonie et qui est sans commune mesure avec ce qu'on va doit dépre en Corse. Moi, je veux dire, bon, on va avoir une forte opposition des Républicains et du Rassemblement national sur ce texte-là, les mêmes qui vont accorder la création d'un état dans l'État euh à la Nouvelle-Calédonie. et aujourd'hui en Corse une compétence ou plusieurs compétences qui ne sont pas encore une fois du régalien hein qui sont uniquement éventuellement à déterminé plus tard par la loi organique et qui serait en dehors du champ bien évidemment régalien qui est la justice, la police, la monnaie.
Donc euh moi je comprends pas cette posture, vous voyez c'est je comprends pas cette posture aujourd'hui. Il faut que on trouve les moyens d'évoluer pour pour faire pour régler cette situation de conflit qui n'a que trop duré sur mon territoire. Vous vous espérez une inscription dans la Constitution d'ici à la fin de l'année ?
Cette inscription dans la Constitution, elle est indispensable pour pouvoir régler le problème de la vie des corpses. C'est pas du fétichisme autonomie. Aujourd'hui, on arrive plus à loger euh nos jeunes à cause des problèmes de spéculation immobilière.
On narrive pas à régler les problèmes de déchets. On narrive pas à régler les problèmes sur l'énergie. Donc aujourd'hui, tous ces problèmes là, sans autonomie, on va pas y arriver.
Ce projet de réforme constitutionnelle sera donc déposé demain sur la table du conseil des ministres avant et bien le le cheminement législatif. Paul André Colombani, vous êtes député Liot Corse du Sud et membre de la commission des affaires sociales à l'Assemblée nationale. Je voudrais aborder avec vous le projet de budget 2026, notamment la question des arrêts maladies, des arrêts de travail.
Le gouvernement voudrait serrer la vis contre ces arrêts de travail qu'il juge exponentiel. Ils ont augmenté de 30 % en 4 ans. Le gouvernement, on le sait, est à la recherche d'économie.
Est-ce que vous pensez que ça va dans le bon sens ces restriction ? Est-ce que vous pensez qu'il faut faire des économies dans le secteur de la santé ? Alors, tout vous savez malheureusement, on peut pas l'aborder que par ce problème là de la santé.
Je veux dire, l'état des finances est catastrophique. C'est sûr qu'il va falloir se poser des questions et aller le plus loin possible. Mais pas toujours chez les mêmes.
Pas toujours chez les mêmes. Don nous avons croisé le le Premier ministre il y a quelques jours et nous lui avons rappelé au sein du groupes que on sera capable de l'accompagner sur des mesures difficiles mais il va falloir garder en même temps des mesures de des mesures de de de droit enfin des mesures de d'égalité. On peut pas demander toujours au plus au plus fragile d'entre nous de contribuer et d'être prélevé.
C'est on peut si on demande au retraités au plus fragiles, il faut aller chercher aussi sur les les très hauts revenus par exemple sur une taxe Zucman ou d'autres ou ou sur les entreprises qui euh euh sur les aides aux entreprises, hein. Donc là aussi, il y a il y a il y a il y a de quoi retrouver de nouvelles recettes. On peut pas donc effectivement il va falloir faire des efforts sur les arrêts de maladie, regarder ce que les arrêts maladies posent comme problème.
Et il faut pas mettre non plus les médecins responsables de tout ça uniquement non plus parce que à cause de la dégradation c'est quand les gens se mettent en arrêt de maladie se mettent rarement de gaié de cœur s'ils se mettent en arrêt de maladie c'est qu'il y a aussi une souffrance dans les entreprises. H les les partis d'opposition ont annoncé la couleur he après la présentation de ce budget là. Le Rassemblement national a dit tout le mal qu'il pensait du budget de François Baïot.
Est-ce que vous comme les socialistes vous pensez qu'il faut négocier avec le Premier ministre pour éviter le blocage et faire avancer vos idées ? Nous aujourd'hui, il est pas question aujourd'hui de voter une censure avant les débats. Je pense que c'est il y aura une marge de négociation et encore une fois je vous le redis, sans mesure sociales fortes euh nous ne voterons pas le ce budget.
Il est pas question de voter ce budget. Alors après pour aller voter une censure et qui conduirait à quoi ? À remplacement de monsieur Bairou par qui une nouvelle dissolution, quel serait le résultat ?
Moi, je suis pas certain qu'aujourd'hui euh il y a une solution ouverte de ce côté-là. Et donc après il y a une instabilité, enfin ça ouvre la porte à l'instabilité aux politiques, ça ouvre la porte à des difficultés sur les marchés et quand on connaît la situation économique du pays, malheureusement, il va falloir que tout le monde fasse des efforts. Merci beaucoup Paul André Colombani, je vous remercie.
Merci d'être venu en direct sur Europe 1 député Lotte Corse du Sud Liot liberté indépendant outreem et territoire et donc le dossier Corse arrivera demain sur la table du conseil des ministres. Merci très bonne journée à vous. Au revoir.
Au revoir.
Paul-André Colombani