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interviewSud Radio· 14 mars 2026 12 min

Nucléaire : "Macron doit être placé sur le banc des accusés avec von der Leyen !"

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour Lucas Blanavergne, bonjour Maxime. Bonjour à tous. Merci beaucoup d'être avec nous en ce samedi matin comme quasiment tous les weekends.

Journaliste au JDD. On se prépare j'imagine. C'est le Brand balat dans la rédaction pour boucler le journal qu'on pourra retrouver en kiosque dès demain et bien sûr sur le site internet d'ors et déjà jddd.fr et bonjour François Coqu.

Bonjour à tous. Merci beaucoup d'être avec nous ce matin. Analyste politique, essayiste et enseignant.

D'abord, comment vous observez ? Comment vous avez observé le vals quand même de l' valce de l'opinion cette semaine parce que depuis 5 6 7 jours, on a eu un revirement totalement délirant sur le nucléaire au premier rang desquels peut-être le plus étonnant la présidente de la Commission européenne qui a reconnu je cite une erreur stratégique Lucas Blanaverni. Bah alors comment je le regarde ?

J'ai envie de le dire de manière grottesque. En réalité, ce revirement, il remonta plus loin. Un des pays pionniers de l'antinucléaire qui était l'Allemagne a déjà effectué un revirement depuis de longs mois sur la question.

Bien sûr, ça se suit par cette déclaration de d'Ursula Van Derleyen, mais en réalité, ils sont loin d'être les seuls à faire un revirement. Quand on voit Emmanuel Macron fonfaron avec son casque sur euh sur les sites nucléaires aujourd'hui, il faut tout de même rappeler euh les revirements de Macron. Macron qui lorsqu'il était ministre a autorisé la vente de la branche énergie d'Alstom euh qui fabriquait les turbines de réacteurs nucléaires.

Euh Macron qui a ensuite une fois président annoncé la fermeture de 14 réacteurs puis qui a mis en œuvre la la fermeture de Fessenheim une c'était quasiment il y a 7 ans jour pour jour et qui était pourtant euh un site en bon état. Avant eux François ir sans doute dans mon sens mais il y avait d'autres fausoyeurs de la filière. On peut penser à François Hollande qui d'ailleurs aujourd'hui euh serait en passe de potentiellement se représenter à la présidentielle.

En tout cas, certain murmure comme on dit, certains murmur, on verra si s'il a évolué sur la question qui avait qui avait complètement lâché le nucléaire pour faire alliance avec les écologistes. Les écologistes dont la l'ancienne ministre Dominique Voinet a été une des plus grandes fauses du nucléaire. Elle s'en elles s'en ventent même régulièrement.

Il y a aujourd'hu comment boycottait le nucléaire français dans les institutions européennes. Elles s'en vente et ça n'a pas empêché d'être nommé en 2025 au comité pour la transparence et l'information sur la sécurité nucléaire. Donc on voit qu'en réalité cette propagande antinucléaire en dépit de la science perdure elle perdure aussi du côté des associations.

On peut penser à Greenpeace qui a d'ailleurs déjà réagi au aux déclarations d'Emmanuel Macron. Hm. Et puis vous parliez du président de la République, il était en effet avant-hier sur le chantier de Penley.

C'est là où seront construits et sont déjà en chantier les fameux futur enfin les les futurs réacteurs, les fameux EPR2 qui ont notamment été engagés avec cette fameuse loi qui elle aussi est controversée. La le plan pluriannuel de l'énergie, la fameuse PPE3 et le président de la République a assuré la France croit dans le nucléaire. Elle fait plus qu'y croire, elle pratique et elle l'avance.

Mon cher François Cooc, comment vous vous regardez cette question du nucléaire ? Est-ce que vous la tr vous le trouvez crédible ce revirement français où vous mettez un peu de doute ? C'est bien beau de dire ça aujourd'hui, mais on voit bien que la parole des décideurs est contrainte et elle est contrainte par le triste spectacle de nos dépendances.

On s'est placé en dépendance du gaz russe, ça a été révélé par la guerre en Ukraine. On s'est placé ensuite en dépendance du gaz naturel liquéfié américain quand Madame Verleyen a été signé sur un golf écossé. Un accord qui prévoyait 750 milliards d'euros d'achat de de GNL au aux États-Unis. liquéfié, c'est ça de gaz naturel qui à peu près ce qu'il y a de pire en matière.

Bien évidemment, on a aujourd'hui la dépendance aux hydrocarbure du Moyen-Orient qui qui saute aux yeux et donc pris dans cet enton noir quand il y a finalement plus qui que ce soit à qui se raccrocher, bien on se dit "Ah mais finalement potentiellement on a ce qu'il faut et on sait faire en tout cas on savait faire hier avec le nucléaire. Tout ça pose quand même une vraie question, c'est que tous ces responsables là qui sont en train de virer Kazak aujourd'hui, ils sont responsables voire ils sont coupables. Euh qu'est-ce que Quel est l'impact qui va y avoir aujourd'hui ?

C'est quand même pas une petite affaire de s'être trompé à ce point dans l'analyse de ce que devait être la politique énergétique de vous pose une question. beaucoup réclament déjà une commission d'enquête, mais rappelez-vous, il y a eu une commission dans lequête sur sur nucléaire qui avait même été extrêmement bien retranscrite, extrêmement bien si vous voulez orchestré par quelqu'un qui s'appelle monsieur Armand qui est passé pendant un temps au ministère de de l'économie et qui avait parfaitement interrogé les différents responsables politiques. Qu'est-ce qu'on fait de plus qu'une commission d'enquête en France ?

Qu'est-ce que vous attendez de ces responsables quand vous leur demandez des comptes et des responsabilités ? déjà d'aller au-delà de euh ce qu'on va livrer euh en pâure. Des responsabilités, il y en a à tous les niveaux.

Il y a une responsabilité au niveau de l'Union européenne et euh la question du nucléaire est intimement liée à celle du tarif de euh l'énergie qui est imposée par la Commission euh européenne et à laquelle la France veut bien souscrire, hein, il faut bien le dire. Nos dirigeants sont de ce point de vue-là de bons élèves. Il y a d'autres pays comme l'Espagne, comme le Portugal qui ont obtenu des des dérogations et qui ne souscrivent pas à cela.

Et ça c'est directement lié à la question du du nucléaire. Madame Vleyen est en première ligne sur cette question là. Il y a la question du rapport de force au sein de l'Union européenne.

Si le nucléaire a été démantelé, c'est parce que les Allemands ont fait ce choix-là. Et nous autres français et bien on a cédé une fois de plus devant le leadership allemand au sein de l'Union européenne. Et puis il a la responsabilité française.

Je suis désolé mais monsieur Macron quelle est sa crédibilité quand en 2016 il a été bradé halstom aux Américains et démantelé la filière des des turbines qui permettait justement d'avoir cette cette indépendance et cette souveraineté nucléaire. Tout cela aujourd'hui ils doivent être placés sur le banc des accusés et d'autant d'autant que ce n'est pas seulement des revirements qu'on peut pointer euh d'un point de vue politique. En fait, c'est des revirements qui ont un impact concret sur l'évolution, le retard qu'on a pris dans la matière.

Encore une fois, comme vous le disiez dans votre propos introductif Maxime, c'était un domaine où on était pilier, où on était leader et on a enterré des grands projets, le fameux projet Astrid qu'on a mis de côté alors qu'on avait des années et des années d'avance. Bien sûr, on a pris un retard monstre. Aujourd'hui, on va courir courir pour rattraper ce retard.

On a énoncé tout les personnalités qui ont le le sang de l'atome sur les mains en réalité. Et je voulais simplement rappeler les bienfaits du du nucléaire parce que grâce à son parc, la France a une électricité beaucoup moins carbonée que la moyenne de lieu. On sait que décarboner sans nucléaire, c'est c'est une mission impossible.

Que les pays qui ferment leur central, l'Allemagne exemplairement rouvre des des centrales à charbon. qui est largement pire que contrairement aux énergies intermittentes comme l'éolien, comme le solaire, le nucléaire est une est une énergie 24h sur 24, 7 jours sur 7, été comme hiver et surtout que c'est un enjeu de souveraineté majeure pour la France puisque ça fait travailler touche une filière, ça fait travailler des ingénieurs, l'industrie lourde, la recherche et ceux qui pourraient encore nous opposer parce que le seul argument qui reste aujourd'hui pour pour défier le nucléaire, c'est la question du traitement des déchets. Et même là-dessus en réalité et encore la France est parmi les leaders justement sur le traitement.

Mais c'est ce que j'allais dire et eu des progrès constants sur cette question. C'est c'est quelque chose qui est très encadré quand on en parle. On a l'impression queon jette les déchets nucléaires comme ça sans y penser.

Qui est très encadré et surtout parce qu'on parlait des politiques en France la population est largement soutient largement pardon la filière nucléaire. Vous poser cette question. Oui, allez-y sur le sondage ce matin CSA pour pour le JDD Europen C News rappelle que plus de 2 tiers des Français soutiennent le développement du nucléaire.

Donc voilà, les politiques n'ont qu'à écouter comme souvent pendant un temps quand on aborde le nucléaire et plus largement aussi pardon les questions écologiques, est-ce qu'il n'y a pas eu quelque chose non pas de l'ordre de la manipulation mais bien sûr une grande campagne quand même de alors en plus de lobbing de désinformation. Hier, on avait on était dans cette matinale avec l'un des anciens directeurs de DF qui nous expliquait à quel point bien sûr la PPE3 n'était pas une mauvaise idée, comment bien sûr tous ces responsables politique s'était planté, mais surtout comment il y avait eu plein de campagnes médiatiques politiques dans les cercles d'influence pour expliquer que le nucléaire était une mauvaise chose, pour expliquer que c'était dangereux. Peut-être aussi pendant un temps que les Français ont subi ces campagnes.

Vous avez vous cité votre sondage, il y a aussi un un sondage BVA que sort le point cette semaine en début de semaine et qui indique à quel point la jeunesse française par exemple est plutôt réticente au nucléaire après c'est du 5050. Au bout d'un moment les politiques ont sugouverné avec une franche de français qui était résistante. François Coc.

Oui, il y a eu il y a eu bien évidemment comme toujours une action de de lobbying qui a été menée et qui a été extrêmement puissante. Il y a eu, il faut bien quand même le reconnaître, il y a eu un choc avec Fukushima qui a quand même imprév qui a été légitime et qui a amené à à réfléchir sur sur les choix qui devaient qui qui devaient être pris. Mais il n'est jamais trop tard pour bien faire, vous venez de le dire.

Il y a aujourd'hui la PPE, la proposition de loi de programmation de de l'énergie qui va donc définir les choix stratégiques en matière d'énergie pour les 10 années à à venir. Et il faudrait que quel que soi finalement d'une certaine manière les responsabilités de de des uns et des autres, celle-ci nous amène dans le bon sens parce que je partage avec vous l'idée que cette PPE doit nous permettre aussi de réindustrialiser le pays. On doit pouvoir recréer les filières d'excellence tel que nous les avions hier.

Mais pour cela, il faut accepter de prendre des décisions. Il faut accepter de prolonger les euh centrales aujourd'hui. Euh le politique doit décider cheffer au bout d'un moment, il doit cheffer.

Il doit dire on doit pouvoir prolonger les les centrales dans toutes les conditions de sécurité. C'était le cas aujourd'hui. On doit euh ça a été dit aujourd'hui être à la pointe de la recherche et donc lancer aujourd'hui les études pour les réacteurs de 4e génération.

Ça veut dire aussi pardon mais mieux payer les ingénieurs, trouver les les filières de de façon adéquate pour qu'il reste en France parce que là la plupart des ingénieurs et la plupart des grands métiers scientifiques non seulement il ils font des années d'études à l'étranger ce qui est totalement légitime mais le problème c'est qu'ils y restent après et ça aussi sans les ingénieurs, on peut pas dire que le progrès a de grandes chances en France pour la suite. Mais oui, c'est c'est tout un système qu'il faut remettre en place et pour abonder dans le sens de François Coque, il va falloir aussi parce que aujourd'hui les annonces sont faites dans un contexte de guerre, dans un contexte de municipal donc j'ai envie de dire ça ça passe presque inaperçu. Mais quand ça va être effectif et que ça va vraiment prendre dans le débat public et quand à nouveau ou dans l'été ou de l'hiver, on va voir ces conversations sur les chocs énergétiques, sur les Français avec des ministres de l'économie qui viennent en col roulé en disant qu'il faut qu'il fasse 17 dans la maison.

Là à nouveau, peut-être qu'on aura ses débats. On aura ces débats et il faut pas être dup il y aura les mêmes qui vont ressortir parce qu'il y a eu certains qui ont qui ont qui ont fait des revirements mais les mêmes vont ressortir et c'est et là encore c'est tout un c'est tout un système. On a les politiques, on les a évoqué hein, les écologistes, le Parti socialiste qui reste quand même réticent sur le nucléaire, la France insoumise qui dans son programme planifie la sortie totale du nucléaire.

Puis ensuite on a les associations, les AIT, Greenpe, les ONG qu'on connaît. Puis ensuite, on a les médias. Les médias, il y a des médias spécialisés dans dans la propagande antinucléire.

Je pense à Reporter par exemple, un média qui qui fait qui fait commerce de ce genre de domaine et les politiques devront faire face et devront tenir face à cette propagande. Merci beaucoup Lucas Planav, journaliste au JDD. Je vous laisse filer à la rédaction avant qu'on retrouve donc le JDD en kiosque demain, le site lejdd.fr évidemment.

Et merci à vous François Coc d'avoir été avec nous ce matin pour ce débat concernant le nucléaire français. En rappelant naturellement que vous êtes analyste politique, essayiste et enseignant. Vous étiez nombreux à réagir notamment sur les réseaux sociaux, le site internet et l'application nucléaire après des années de sabotage, le revirement français est-il crédible ?

Non, à près de 73 %. En tout cas, comme vous l'avez rappelé, mon cher Lucas, c'est un dossier qu'on suivra notamment à mon avis quand les températures vont se rafraîchir et qu'à nouveau on s'interrogera sur les capacités des Français à se chauffer en toute autonomie et surtout à quel prix. Merci beaucoup messieurs d'avoir passé une tête dans ce studio ce matin.

Il est 8h50 et dans un instant, vous le savez, hop, on remonte les manches. On alors les bonches, je ne sais pas ce que c'est. Donc on redresse les manches, on accroche le tablier, on a couteaux et on file en cuisine avec le chefardon dans un instant.

À tout de suite. Sud Radio. Sud Radio.

Parlons vrai. Parlons vrai.

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