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interviewC dans l'air (sur YouTube)· 8 septembre 2025 11 min

Vote de confiance : le jour d'après se prépare

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

et se voit d'ores et déjà à Matignon. En face, une droite embarrassée après que L.Wauquiez a déclaré qu'il ne censurerait ni le PS ni le RN. - Impossible d'y échapper.

A la télé, à la radio, F.Bayrou était partout cette semaine, avec à chaque fois le même refrain. - F.Bayrou: Est-ce que notre pays a mesuré la gravité?

Un pays qui croule sous les dettes... - Un marathon médiatique avant le vote de confiance lundi pour celui qui a toujours fait de la dette son cheval de bataille. - F.Bayrou: On ne peut pas mettre sous le tapis une question aussi importante que celle-là.

C'est pourquoi j'ai pris la décision de courir le risque... - De tomber? - F.Bayrou: Oui.

Ca arrive à des gouvernements de tomber. - Au PS, O.Faure se projette et rêve déjà du jour d'après. - O.Faure: Qui que ce soit qui partage le projet que nous avons présenté le week-end dernier sera le bienvenu.

J'ai dit à tous mes camarades: "Si l'un d'entre vous a son téléphone qui sonne et que c'est le président de la République, qu'il décroche. Si le président lui propose d'être Premier ministre, qu'il dise oui." - Nous ne voulons pas participer à un bricolage qui permet de continuer d'une manière ou d'une autre une politique macroniste. - Mais dans sa quête, le PS bénéficie d'un soutien inattendu. - Il faut commencer par le bloc qui est arrivé en tête aux dernières élections.

C'est un bloc de gauche. Sollicitons les personnalités susceptibles de constituer ce gouvernement. - La gauche est-elle prête à gouverner?

E.Macron a consulté le représentant de cette coalition pour étudier cette hypothèse. Fera-t-il le pari? "La gauche est légitime", revendiquent ses cadres, mais le RN pose son veto. - Si on en arrive à cette situation, c'est le pire bras d'honneur qui sera fait à la démocratie.

Le PS a fait aux dernières présidentielles 1,67 %. Le PS est devenu un groupuscule affilié à LFI. Il peut se réunir dans une cabine téléphonique. - Du côté des Républicains, la question divise.

L.Wauquiez ne ferme pas la porte. - L.Wauquiez: On ne censurera pas un gouvernement socialiste ou du RN.

Pourquoi? Je suis pour la stabilité politique. Nous ne faisons pas partie de ceux qui font tomber des gouvernements dans ce pays.

Quel qu'il soit, l'instabilité est catastrophique pour le pays. - Recadrage immédiat du patron des Républicains, B.Retailleau.

Reste l'avenir de F.Bayrou. Que va-t-il faire? - F.Bayrou: Ce n'est pas une "tournée d'adieu", comme vous dites.

Je suis responsable politique. Je l'ai été avant d'être Premier ministre et je le resterai après. - Certains l'imaginent déjà candidat à la présidentielle de 2027.

Un scénario bien prématuré pour celui qui se présentera lundi dans l'Hémicycle pour un vote de confiance décisif. - A.Casse: Ca inspire cette question. - E.Heyer: La France est en difficulté.

C'est vrai. Mais face aux difficultés, et surtout quand on n'a pas de majorité, il faudra trouver des coalitions et des solutions. Il ne faut pas se dire que c'est 44 milliards ou rien, des jours fériés ou rien.

Si on devait voir quelque chose de positif, le 15 juillet, c'était positif qu'il nous annonce son plan. C'était la 1re fois qu'on avait des mesures suffisamment en amont pour pouvoir en discuter et pour qu'aux alentours de mi-septembre, il y ait le budget. Il n'y a pas eu la discussion.

Il faut prendre acte. On commence à avancer sur le budget. Quasiment tout le monde est d'accord.

C'est assez rare, tout le monde est d'accord pour qu'on fasse des efforts. Il n'y avait pas 44 milliards, si on regarde bien. C'est plutôt 25.

Ca se rapproche de ce que propose le PS. La Commission européenne nous dit que c'est minimum 15 milliards. Il faut faire minimum 15 milliards cette année. 25 milliards, ça passe.

La discussion, c'est comment les chercher? Par des hausses d'impôts? Des baisses de dépenses publiques?

Qui va les financer? Au-delà de tout ça, et c'est ce qui m'ennuie le plus, c'est qu'en attendant, les autres pays continuent à investir, ont une stratégie pour l'investissement dans le numérique, pour la transition écologique. Il y a la guerre commerciale.

Et ça, on n'en parle pas. Ce n'est pas comme ça qu'on prépare un pays. L'avenir d'un pays, c'est bien sûr le budget, mais il faut connaître les caps qu'on va donner pour les années à venir.

On n'en parle pas du tout. F.Bayrou a peut-être raison de dire qu'on est en difficulté, mais pas à cause de la dette.

C'est parce qu'on n'a pas de cap. Sans cap, on décroche par rapport aux Etats-Unis. La Chine est en train de nous rattraper.

Ca doit nous mettre la puce à l'oreille. Il faut se réveiller. - A.Casse: On va essayer d'étudier les différents scénarios ce soir.

Avant d'étudier les scénarios un par un, C.Cornudet écrit qu'à droite, dans les milieux patronaux, l'alternative, c'est plutôt le RN ou la main tendue au PS pour éviter le RN. Est-ce vraiment ça, l'alternative?

Que vous disent les patrons? - G.Macke: Les grands patrons, et même les petits patrons, tous les patrons...

En cette rentrée, le sentiment global, c'est l'écoeurement. Il y a une sorte de dégoût. Ils sont ulcérés par la classe politique.

Ils ont l'impression que ces dirigeants politiques prennent des postures, mettent en scène leurs désaccords au lieu de s'occuper du pays. Ils ont connu cette instabilité il y a un an. A la rentrée dernière, on avait un gouvernement intérimaire qui gérait les affaires courantes.

On attendait un gouvernement qui a dû rester là un mois avant d'être censuré. Ensuite, le budget a pris un mois et demi de retard. Durant toute cette période, ces quelques mois, l'économie était à l'arrêt.

Ce n'est pas dans ce contexte qu'un patron investit, qu'il embauche, qu'il voit ses carnets de commandes se remplir. Tout le monde est frileux. On ne voit pas son banquier pour avoir un prêt.

C'était vraiment une période plate. - A.Casse: Ce n'est même pas l'incertitude. - G.Macke: Que ce soit le RN qui ait été le 1er parti à la sortie des urnes et qui pourrait donc créer une stabilité ou que ce soit la main tendue au PS qui pourrait faire une coalition avec le bloc central, leur objectif avant tout, c'est de sortir de l'instabilité le plus vite possible et ne pas se retrouver de nouveau avec un budget qui prendrait 3 mois, avec des rustines et qui serait basé sur une année blanche.

Leur priorité, c'est de trouver une voie de sortie. C'est pour ça qu'ils sont prêts à envisager tous les scénarios. - A.Casse: On voit 2 voies de sortie: le PS ou le RN.

Est-ce que ça vous semble crédible? L.Jacobelli s'offusque.

Il dit que le PS à Matignon tiendrait dans une cabine téléphonique et que ce serait un bras d'honneur à la démocratie. En gros, "nous sommes les 1ers, c'est à nous que revient Matignon aujourd'hui." - P.Perrineau: On va essayer de déplacer les formules pour voir quel est le rapport de force.

Dans une démocratie parlementaire, et on est une démocratie semi-parlementaire, on se tourne vers le parti arrivé en tête. Le parti qui est arrivé en tête, c'est le RN. Au fond, on dit que c'est le NFP qui est arrivé en tête.

Ce n'est pas un groupe parlementaire. Il y a 4 groupes. Ils ne sont d'accord sur rien, entre LFI et le PS.

On pourrait imaginer un scénario. "J.Bardella, M.Le Pen, vous allez explorer pour savoir si vous allez faire une coalition gouvernementale." Ils ne peuvent pas la faire.

Ils ont au maximum 140 députés. Ils ne pourraient pas la faire. A ce moment-là, on se tournerait vers d'autres coalitions. - A.Casse: Une union des droites? - P.Perrineau: Il y a l'union des droites.

Elle est à mon avis carrément impossible. Il y a une union des gauches. Vous en avez vu la fragilité.

Pour l'union des droites, il ne faut pas croire que LR, qui est dans une reconstruction, va se retourner pour avoir quelques miettes dans une alliance avec le RN. Ils ont laissé E.Ciotti explorer cette voie.

E.Ciotti pourrait réunir son parti dans une cabine téléphonique. Il faut explorer avec le bloc central, autour du bloc central pour voir si, après cette alliance avec la droite, il y a une alliance possible avec une partie de la gauche. - A.Casse: Ce n'est pas ce que F.Bayrou était censé faire? - P.Perrineau: Oui.

Il n'a pas réussi à le faire. Il a considéré que le conclave montrait l'incapacité à élargir une majorité avec une partie de la gauche. Disons la partie la plus réformiste.

Il a tiré constat de ça en disant que ce n'était pas possible. "Je vais essayer de sortir par la grande porte." Espérons pour lui que cette grande porte ne devienne pas une petite porte.

C'est maintenant l'exploration. Les socialistes, c'est un peu plus de 60 députés. Tous les socialistes ne se retrouveront pas dans une alliance avec le bloc central.

Ajoutez 50 députés au bloc de la majorité actuelle. Ca fait une majorité aussi fragile que la majorité actuelle, entre Ensemble! et ses alliés et la droite.