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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 10 décembre 2024 25 min

Réunion à l'Élysée, crise politique, Syrie... le 8h30 franceinfo de Fabien Roussel

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Fabien Roussel, l'ensemble des formations politiques seront reçues à l'Elysée cet après-midi à 14h, toutes sauf la France Insoumise et le Rassemblement National, ils sont blacklistés, vous y allez quand même ?

0:17
Fabien Roussel

Écoutez, d'abord, on se retrouve dans la même situation qu'il y a un peu plus de 6 mois, et je pense à ces millions de Français qui sont désabusés, en colère, qui se demandent si on ne se moque pas d'eux, qui ont du mal à faire leurs courses avec un pouvoir d'achat qui est toujours en berne, sans réponse à leurs interrogations, et je pense aussi à ces dizaines de milliers de salariés, je suis allé en voir beaucoup, qui sont en ce moment sur des piquets de grève parce qu'ils défendent leur usine, leur outil de travail, que ce soit les fonderies de Bretagne, les vents Corex sur la chimie, ArcelorMittal, et ce qui se passe en ce moment n'est pas beau pour le pays, et la responsabilité du Président de la République dans cette crise, elle est importante.

Une fois ça dit, il faut avancer, il faut trouver des solutions, et c'est la raison pour laquelle on est allé le voir hier, que nous irons cet après-midi, pour lui demander une chose, une seule chose, un changement de cap, un changement de politique, répondre aux attentes des Français, respecter leur suffrage, leur vote, pour qu'enfin on avance, on en a besoin.

1:24
Présentateur

On va évidemment rentrer dans le détail de ce que vous demandez au Président de la République, mais quand même, sur la forme, ma première question c'était, LFI, RN, blacklisté de la réunion de cet après-midi, vous vous y allez quand même, alors que ce sont vos collègues, la France Insoumise, ce sont vos partenaires du nouveau Front Populaire, il n'y a pas de solidarité ?

1:42
Fabien Roussel

J'aurais préféré qu'ils viennent, et qu'ils fassent le choix de venir dialoguer, et qu'ensemble, unis, nous soyons une force pour peser. C'est de leur fait qu'ils ne sont pas là cet après-midi ? La coalition que nous représentons pèse 193 députés, et donc elle est forte, parce qu'elle est arrivée en tête des élections législatives, et donc on doit peser ensemble sur le gouvernement. Donc là, ils font le choix de ne pas venir, mais je ne doute pas que demain, ensemble, les députés seront pesés dans les débats, puisque c'est le Parlement qui doit pouvoir reprendre la main, et demain, construire des majorités, voter texte par texte des avancées pour nos concitoyens.

Donc, il ne faut pas se formaliser là-dessus, on fera tout pour préserver cette unité.

2:27
Invité

Ça ne préjage pas de la suite du nouveau Front Populaire ? Franchement, ce n'est pas le sujet.

2:32
Fabien Roussel

Non, mais encore une fois, vous voulez vouloir faire...

2:35
Présentateur

Emmanuel Bompard, le leader de la France Insoumise, le chef de file de la France Insoumise, il dit quoi ? Il dit que vous êtes tombé sur la tête, en fait, parce que vous allez à ce rendez-vous à 14h.

2:43
Fabien Roussel

Alors, je ne mettrai pas une pièce dans cette musique, les Français sont inquiets, encore une fois, ils veulent qu'on trouve des solutions, qu'on avance. Personne n'a de majorité absolue, personne n'a de majorité relative pour pouvoir gouverner seul, éviter une censure. Et donc, il faut construire des compromis, il faut tendre la main, il faut être dans le dialogue. Tout le débat, c'est entre le compromis et la compromission, et bien sûr, ce n'est pas évident. Non, mais il vaut mieux être dans le cœur du réacteur pour que ça avance, plutôt que d'être à côté et de s'agiter. Voilà, c'est tout. Et donc, moi, je préfère, nous, nous préférons, être force de propositions.

Ça ne veut pas dire que ça va aboutir, je n'en sais rien. Moi, c'est quand même le président de la République qui, aujourd'hui, au nom de notre Constitution, est celui qui nomme le Premier ministre. Et donc, nous attendons, je peux dire une chose concernant la réunion de cet après-midi. C'est que le comble, le pire, le pire du pire, serait qu'après une nouvelle séance de discussion, après une réunion où il met tout le monde autour de la table cet après-midi, qu'il décide de nommer encore un Premier ministre de droite ou macroniste pour mettre en œuvre la même politique, le même budget. Je lui ai dit hier, je lui ai dit hier, de manière claire, si c'est ça, ce sera sans nous.

Et ce serait incompréhensible.

4:07
Invité

J'ai une dernière question, quand même, sur la configuration de cette réunion cet après-midi qui concerne le Rassemblement National. C'était la deuxième partie de la question de Salia, qui est écartée de cette réunion, de ce processus. Qu'est-ce que vous en pensez ? Cette décision qui est celle du Président de la République, cette fois, il décarte, c'est un signal ou pas ? D'écarté. D'écarté le Rassemblement National.

4:28
Fabien Roussel

Il écarte les forces qui n'ont pas fait le choix, là, de répondre à son invitation pour travailler à une solution.

4:37
Invité

Si le Rassemblement National, si Marine Le Pen et Jordan Bardala avaient été invités cet après-midi, vous y seriez allé avec eux, autour de la table ?

4:43
Fabien Roussel

On a déjà eu des réunions à l'Élysée avec l'ensemble des forces politiques, représentées à l'Assemblée Nationale sur un tas de sujets. Donc, je veux dire, ça ne serait pas la première fois. Mais là, ce n'est pas le périmètre qui est choisi parce qu'après la censure du gouvernement Bernier, il a commencé à ouvrir des discussions avec les forces politiques qui étaient prêtes à essayer d'avancer. Et donc, le Rassemblement National et la France Insoumise ont dit « ce sera sans nous ». Tant pis. Nous, nous y allons pour essayer de créer un rapport de force, de peser, d'exprimer un besoin de changement de cap.

Et comme nous l'avons dit au Président de la République, on lui demande de regarder à gauche, de respecter le résultat des urnes.

5:24
Présentateur

Il doit regarder à gauche sur la nomination d'un Premier ministre, du futur Premier ministre. Vous, contrairement au reste du NFP, vous ne demandez pas à ce que le Premier ministre soit forcément issu des rangs de la gauche. Vous dites « c'est préférable, mais ce n'est pas un préalable ».

5:40
Fabien Roussel

– Je dis ça parce que c'est une manière de dire que quand on va dans une réunion pour essayer de trouver des solutions, on doit y aller sans poser de préalable et sans ligne rouge, mais avec une volonté de pouvoir obtenir. Et donc, obtenir un changement de cap, un changement de politique.

6:00
Invité

– Pardon, mais je vous ai bien écouté tout à l'heure, Fabien Roussel. – Parce que ça, c'est ce que vous disiez hier, mais là, à l'instant, vous nous avez dit « ce serait inacceptable que ce soit un macroniste ou quelqu'un de droite ». Donc, c'est forcément quelqu'un de gauche.

6:09
Fabien Roussel

– Laissez-moi finir. Et donc, si on va à une rencontre en disant « j'ai des lignes rouges, j'ai des préalables », on n'avancera pas. Et j'ai en mémoire Gabriel Attal, qui lui avait dit « si c'est un gouvernement du NFP avec les insoumis, on votera une censure automatique ». Et quand les insoumis ont dit « pour ne pas faire blocage, on ne sera pas au gouvernement », Gabriel Attal a dit « on censurera automatiquement tout gouvernement de gauche ». Et donc, je demande, la balle, elle est dans le camp de Gabriel Attal et des macronistes, je leur demande de ne pas faire de censure automatique si demain, il y a un gouvernement de gauche et un Premier ministre de gauche.

6:50
Présentateur

– Mais on essaie de comprendre jusqu'où vous pouvez aller, par exemple.

6:52
Fabien Roussel

– Nous, pour notre part, on ne met pas de préalable. On n'en a qu'un de préalable, c'est un changement de politique. Donc, on demande à ce qu'il y ait un changement de politique. – Un changement de politique peut s'incarner de différentes manières, par différentes personnalités. Nous disons que la meilleure manière d'incarner un changement de politique de gauche, c'est d'avoir un Premier ministre de gauche.

7:20
Présentateur

Et ensuite… – Mais vous pourriez travailler dans un gouvernement de François Bayrou.

7:23
Fabien Roussel

– Et ensuite, nous, nous, nous, il y a plusieurs manières de faire en sorte qu'un gouvernement fonctionne. C'est où participer à ce gouvernement ? Et on ne participera pas à un gouvernement avec un Premier ministre de droite, macroniste, enfin, c'est pas… Je n'y crois pas, je le dis, je n'y crois pas, ça ne marchera pas.

7:43
Présentateur

– Non mais répondez à ma question, si c'est François Bayrou, vous n'y allez pas.

7:45
Fabien Roussel

– Et ça ne marchera pas. Et ensuite, deuxième chose, c'est que ce qui est discutable, ce que l'on doit discuter, notamment cet après-midi, c'est à quelles conditions nous pourrions ne pas le censurer. Et c'est la raison pour laquelle ce qui compte le plus, c'est la politique qui sera mise en œuvre. Et c'est pour ça que je ne veux pas m'arrêter sur un non. Je veux m'arrêter sur des mesures concrètes pour les Français. – Alors, si on parle concrètement des retraites. – Et cet après-midi, je viendrai avec une série de mesures. J'énoncerai que le Parti communiste français porte depuis des mois et qui nous semble pour nous essentielles.

C'est l'indexation des salaires et des pensions sur l'inflation pour répondre à la priorité du pouvoir d'achat. C'est l'abrogation de la réforme des retraites. C'est investir dans les services publics. C'est un plan pour l'industrie. C'est de la justice fiscale pour que l'on arrête de prendre de l'argent aux Français, aux travailleurs, aux salariés modestes et que l'on aille chercher des recettes nouvelles chez ceux qui gagnent beaucoup, beaucoup d'argent chez les plus riches. – Ce sont vos conditions d'une non-censure, ça ? – Ce sont les éléments que nous mettons sur la table, que nous sommes prêts à discuter. – Mais est-ce que ce sont des conditions de non-censure ?

– C'est en fonction de ça qu'éventuellement, nous pourrions ne pas censurer un gouvernement.

9:00
Invité

– Mais pourquoi est-ce qu'on vous demande ça ? Parce que l'abrogation de la réforme des retraites, c'est un préalable non négociable. En tout cas, c'est ce que vous disiez la semaine dernière. Hier, vous parliez de conférences sociales. Ce matin, vous reparlez de l'abrogation des retraites. Et pourtant, en face, les macronistes, eux aussi, en font une ligne rouge. Donc de toute façon, sur ce point-là, il n'y a pas de terrain d'entente.

9:19
Fabien Roussel

Comment est-ce qu'on fait ? – Eh bien, il faut trouver un terrain d'entente. Il faut trouver un terrain d'entente, sinon on n'avancera pas. Si eux disent, on ne veut pas en entendre parler, et si nous, on reste bloqués sur l'abrogation, on n'avancera pas. Moi, j'ai une idée en tête. J'en ai parlé longuement hier au président de la République. Comment on crée les conditions pour que les salariés cassés par le travail, qui auraient pu partir en retraite si cette réforme n'avait pas été mise en œuvre, comment on fait pour que ceux-là puissent partir en retraite maintenant ?

Qu'ils puissent bénéficier de ce droit à la retraite, selon la réforme touraine, et que l'on fasse donc sauter la mesure d'âge. C'est-à-dire qu'il y a aujourd'hui 50 000, 60 000 salariés qui ont été assommés par cette réforme de retraite parce qu'ils reprenaient pour 6 mois, 9 mois, 1 an de travail. Ils n'en peuvent plus. Je veux, je demande, ça c'est incontournable, qu'ils puissent partir en retraite. Alors, par quoi ça passe ? L'abrogation ? Ils ne veulent pas en entendre parler. Suspension d'une mesure d'âge ? Trouvons les moyens de le faire, techniquement, par un décret. Est-ce que c'est par une conférence sociale ?

Les syndicats l'ont demandé pendant des années et des années parce que le mérite d'une conférence sociale, c'est qu'on peut permettre, on peut décider de faire partir les salariés en retraite, faire sauter la mesure d'âge, mais on trouve les recettes permettant de le financer. Et ce qui est important avec une conférence sociale, c'est qu'elle n'aura de sens que s'il y a un gouvernement qui donne le cadrage pour aller vers une telle mesure. Et c'est pour ça que ça doit être dans les discussions dès maintenant. Et moi, je le mets comme une voie de passage, comme un chemin.

Si demain, le gouvernement, quel qu'il soit, met sur la table la possibilité pour ces dizaines de milliers de salariés de partir en retraite comme s'il n'y avait pas eu cette réforme, et bien je trouverai ça comme un geste important et à partir de là, on pourra dire, on discute.

11:19
Présentateur

Ce qui veut dire que vous n'êtes pas totalement fermé, contrairement aux insoumis qui, eux, demandent l'abrogression de la réforme des retraites.

11:26
Invité

Et même de celle de la réforme touraine.

11:28
Présentateur

Voilà, tout simplement. Donc, on revient à la question de fond. Fabien Roussel, qui n'est pas anodine, le nouveau Front populaire est-il en train de mourir ?

11:38
Fabien Roussel

Je suis et je me battrai toujours pour pouvoir abroger totalement cette réforme des retraites injuste, rejetée par 90% de nos concitoyens et des salariés. Et je me battrai toujours pour du progrès social et donc tendre vers la retraite à 60 ans pour permettre à de nouvelles générations d'entrer dans le travail et en laissant partir ceux qui ont passé leur vie. Et de créer les financements pour cela. Je me battrai toujours pour ça. C'est le projet que nous partons au Parti communiste français et nous disons que c'est possible. Concernant l'abrogation de la réforme des retraites, aujourd'hui, dans la configuration actuelle du Parlement, de l'Assemblée nationale.

La France insoumise dit, on le dépose dans notre niche, dans la niche des écolos au mois de février. Elle est votée, avec les voix du Front national. D'accord. Mais ensuite, elle doit aller au Sénat. Elle est rejetée. Donc ensuite, il faut retrouver une niche pour qu'elle revienne à l'Assemblée nationale. Ça peut durer des années et des années. Il faut une volonté d'un gouvernement. Il faut une volonté d'un gouvernement d'y mettre fin par un moyen ou par un autre. Moi, j'aimerais faire confiance aux syndicats, aux salariés, de mettre en œuvre une forme d'abrogation de cette réforme des retraites avec les financements proposés.

Et d'ailleurs, les députés du NFP ont proposé des recettes nouvelles. Donc, nous avons des solutions. Laissons, faisons confiance aux syndicats. Mais pour ça, il faut un gouvernement qui exprime cette volonté et qui exprime ce cadrage à une telle conférence sociale. Le 8.30 France Info, Jérôme Chapuis, Salia Braclia.

13:17
Présentateur

Toujours avec le chef du Parti communiste, Fabien Roussel, vous avez rendez-vous à 14h avec les autres patrons des formations politiques à l'Elysée pour essayer de trouver des compromis pour sortir de cette crise politique. Deux questions rapides sur un futur gouvernement. Vous avez dit, il est préférable que ce soit un Premier ministre de gauche. Si c'est un Premier ministre macroniste, centriste ou de droite, vous n'y allez pas.

13:42
Fabien Roussel

Je ne vois pas dans quelle mesure un tel Premier ministre mettra en oeuvre le changement de cap que nous attendons. Donc, on verra bien ce qu'il dira. Mais je n'y crois pas. Et dans un tel cas, je ne vois pas... Les conditions ne seraient pas réunies pour qu'on y participe. Je n'y crois pas. Les conditions seraient réunies. Et d'ailleurs, je pense que ce serait, mais je l'ai dit au Président de la République, ce serait terrible qu'encore une fois, il s'assoie sur le résultat des urnes et qu'il continue de mener, de nommer des Premiers ministres issus de son camp alors qu'il a été battu.

14:11
Présentateur

Vous n'avez pas de majorité absolue. Vous l'avez dit tout à l'heure au NFP. Si le Président de la République fait le choix d'un Premier ministre de gauche, est-ce qu'il doit intégrer dans son gouvernement des personnalités du centre, des macronistes, DLR ainsi que des personnalités de gauche ?

14:28
Fabien Roussel

C'est toute la discussion qu'il faudra avoir avec tout le monde. C'est d'ailleurs l'esprit du courrier qui avait été envoyé au mois de juillet à tous les groupes républicains.

14:39
Présentateur

Vous, vous êtes prêt à travailler avec DLR ? Nous avons dit

14:41
Fabien Roussel

voilà ce que nous souhaitons mettre en œuvre. Trouvons des compromis, travaillons à des majorités et si un Premier ministre de gauche arrive à construire des compromis sur cette base-là avec d'autres forces, tant mieux et c'est comme ça que nous pourrons imprimer un changement de cas.

14:57
Présentateur

Donc vous pourriez bosser avec Bruno Retailleau à l'intérieur ?

14:59
Fabien Roussel

Il ne faut pas Bruno Retailleau travailler avec un Premier ministre de gauche. Il ne faut pas rêver quand même. Et Fabien Roussel au gouvernement ? C'est possible ? Je ne vois pas dans quelle mesure, par exemple, c'est impossible qu'il y ait à l'ordre du jour une nouvelle loi immigration comme il l'envisage. Ça, c'est hors de question et ça sera d'ailleurs un sujet qui fait qu'on ne pourra pas discuter avec un gouvernement

15:26
Invité

qui met ça à l'ordre du jour. Et vous, juste d'un mot, vous pourriez participer, vous, Fabien Roussel, à un gouvernement être ministre ? Ah non,

15:34
Fabien Roussel

ce n'est pas à l'ordre du jour. J'ai toujours dit que je préférais, moi, assumer les responsabilités que j'ai nationalement et m'occuper de ma belle ville de Saint-Amant-les-Eaux.

15:44
Invité

Et en attendant, il y aura un conseil des ministres avec ce gouvernement démissionnaire demain. On l'a appris ce matin pour examiner cette loi spéciale. C'est le cours normal des choses ? On pensait que les choses allaient aller plus vite. Finalement, ce gouvernement est toujours en place quasiment une semaine après la motion de censure. Vous trouvez ça normal ?

16:00
Fabien Roussel

Bon, c'est le fonctionnement des institutions. Il faut quand même que la boutique tourne. Et encore une fois, je pense aux salariés qui sont aujourd'hui, qui ont besoin d'avoir un gouvernement rapidement. Je suis en contact avec eux régulièrement. Je téléphone encore au ministre de l'Industrie, Marc Ferracci, pour trouver des solutions sur tel ou tel dossier. J'étais encore avec lui au téléphone hier. Donc voilà, il faut avancer maintenant. Il faut avancer rapidement. J'appelle le président de la République à nommer rapidement un Premier ministre issu de la gauche pour répondre aux attentes des Français, respecter le suffrage et mettre un changement de cap dans notre pays.

16:37
Présentateur

Sur un tout autre sujet, Fabien Roussel, la France travaille sur une suspension des dossiers d'asile en cours provenant de Syrie à la demande des Syriens. Qu'est-ce que vous en pensez ? Est-ce que c'est une bonne mesure de précaution ?

16:50
Fabien Roussel

C'est une mesure de précaution, effectivement, parce qu'il y a aujourd'hui en Syrie, parmi ceux qui ont renversé le dictateur Bachar el-Assad, des terroristes français. Et donc, il faut protéger notre pays. Bien. Ceci dit, un mot sur cette situation qui est particulièrement préoccupante. Nous avons dit depuis 2011 que Bachar el-Assad était responsable d'une répression sanglante. C'est un dictateur sanguinaire. Pas d'état d'âme. Personne ne le pleurera. En revanche, il y a des puissances étrangères, les USA, la Turquie, Israël, qui jouent aux apprentis sorciers en faisant tomber ce dictateur.

Parce qu'aujourd'hui, en faisant ça, on voit bien que c'est pour attaquer, enfin attaquer, c'est pour pénaliser la Russie, affaiblir la Russie, affaiblir l'Iran.

17:46
Présentateur

Donc derrière les rebelles, il y a les Américains, les Israéliens.

17:49
Fabien Roussel

Ben oui, les Israéliens qui occupent une partie de la Syrie, sur le Golan. C'est aussi pour affaiblir le peuple palestinien dans son combat pour son peuple. Et donc, c'est un billard à deux bandes extrêmement dangereux qui est en train de se passer là-bas. Parce que, si Bachar el-Assad est mis dehors, ceux qui vont prendre le pouvoir sont des islamistes, intégristes, dangereux, dont des terroristes, dont des complices de l'assassinat de Samuel Paty, et on ne peut pas se féliciter de ça. C'est dangereux.

18:24
Présentateur

Donc vous regrettez là que Bachar el-Assad soit parti ?

18:28
Fabien Roussel

Non, je ne le regrette pas. J'ai dit, personne ne pleurera. Mais je dis qu'il y a un jeu dangereux de la part de puissances étrangères, la Turquie, les Américains, Israël, qui, dans un coup de billard à deux bandes pour affaiblir l'Iran, les Palestiniens et la Russie, ont mis dehors un dictateur, et encore une fois, personne ne pleurera, mais provoquent une situation dans cette région qui aura des conséquences y compris dans le Caucase, l'Azerbaïdjan, l'Arménie, je pense aux Kurdes du Royava qui mettent en place une république laïque, féministe et qui défendent cette terre. Ils ont combattu Daesh avec force, avec notre soutien. Je ne voudrais pas qu'on les abandonne non plus demain.

Et donc, c'est une situation

19:13
Invité

extrêmement préoccupante. On a tous été frappés par ces images qui circulent ces dernières heures sur les réseaux sociaux. On voit des Français qui parlent en français, qui sont dans les rangs du HTS, le mouvement rebelle qui a renversé Bachar el-Assad et des experts du terrorisme ont identifié parmi eux des djihadistes français. Comment est-ce que la France doit gérer ces individus ?

19:35
Fabien Roussel

Justement, mais c'est toute la question que je pose. Qu'est-ce que va faire la France ? Elle va saluer l'éviction de Bachar el-Assad et saluer l'arrivée d'un mouvement terroriste au sein duquel il y a des Français complices de l'assassinat de Samuel Paty. Vous savez à quoi ça me fait penser ? Ça me fait penser à la même situation que la France a provoquée en Libye. Parce que personne n'a pleuré la mort de Kadhafi. La mort et sa disparition. Mais vous avez vu le chaos qu'il y a en Libye aujourd'hui ? Et c'est le principal pays d'ailleurs par lequel passent tous les migrants qui fuient la misère en Afrique et qui arrivent en Europe et ils sont monnayés. Il y a de l'esclavagisme.

C'est une horreur. En Libye,

20:24
Présentateur

il y a eu l'intervention française. Oui.

20:26
Fabien Roussel

C'est du trafic d'êtres humains qui se passe là-bas. Et donc, c'est pour ça que moi j'appelle à ce que la France et l'ensemble des pays de l'Union Européenne mesurent bien tous les risques qu'il y a de l'arrivée d'une organisation islamiste qui veut mettre en place un gouvernement théocratique là-bas et qui peut représenter une menace pour la France.

20:50
Présentateur

On revient en France, Fabien Roussel, les agriculteurs sont toujours en colère. Ils ont annoncé qu'ils intensifiaient leur mobilisation et ont demandé et demandent des comptes aux élus qui ont voté la censure parce qu'à cause de cela ils ne vont pas toucher les aides promises. La permanence du député PS Boris Vallaud dans les Landes a été murée par les agriculteurs. Pareil pour celle de François Hollande qui a été visée. Vous dites quoi ? Ils vont trop loin ?

21:15
Fabien Roussel

Je dis que les agriculteurs ont une colère que je comprends et que je partage parce que c'est un coup de poignard dans le dos que leur a fait Ursula von der Leyen en signant un traité du Mercosur qui est largement rejeté dans notre pays. Mais là on parlait de la censure. Il y a des conséquences budgétaires pour eux. La motion de censure y contribue. Le traité du Mercosur y contribue.

Concernant la motion de censure il y a je comprends aussi leur inquiétude mais il y a dans la loi de gestion qui a été votée les mesures de financement et d'accompagnement notamment pour la fièvre catarale jusqu'au 31 décembre donc ces mesures-là ne tombent pas puisqu'il y a eu un projet de loi de fin de gestion qui a été voté. Et ensuite pour l'année prochaine il nous faut vite un gouvernement qui répondra aux attentes des agriculteurs et avec André Chassaigne nous avons mis plein de propositions pour pouvoir justement défendre notre souveraineté alimentaire. Vous vous rendez compte

22:20
Présentateur

vous avez voté la censure et vous en veulent.

22:22
Fabien Roussel

Mais qui est responsable de ce chaos ? C'est quand même pas nous. C'est qui qui a mis en place un gouvernement barnier qui justement tourne le dos aux attentes des agriculteurs ? C'est qui qui aujourd'hui défend une Europe libérale qui met en concurrence les agriculteurs les uns contre eux et qui fait que dans notre pays on importe des produits alimentaires qui ne sont pas réalisés avec les mêmes normes que dans d'autres pays de l'Union Européenne. Et donc aujourd'hui on a besoin de protéger notre agriculture protéger notre souveraineté garantir leur prix. Nous, nous le disons nous, nous voulons le faire. Et donc il faut qu'il y ait justement ce gouvernement qui réponde à leurs attentes.

22:59
Invité

Juste un mot sur le traité avec le Mercosur on l'a dit Ursula von der Reyen signe l'accord contre l'avis de la quasi-totalité de la classe politique française la France doit faire quoi dans cette situation face à la commission ?

23:11
Fabien Roussel

Résister tout simplement faire respecter sa souveraineté nous sommes contre et bien mettons vite rapidement ce traité à l'ordre du jour du Parlement d'un vote à l'Assemblée Nationale comme au Sénat pour dire la France dit non.

23:27
Présentateur

Mais il y a déjà eu ça ?

23:28
Fabien Roussel

La France dit non on le fait voter

23:30
Présentateur

Mais c'était un vote consultatif ça n'avait aucun

23:32
Fabien Roussel

mais on le fait avec des mesures derrière pour dire que nous ne laisserons pas rentrer dans notre pays des produits venant des pays d'Amérique latine qui ne sont pas je pense à l'alimentation élevés avec je pense à l'élevage élevés avec des normes de notre pays

23:55
Présentateur

Mais comment vous voulez faire ça ? On est dans l'Union Européenne il n'y a pas Schengen

23:57
Fabien Roussel

Mais moi je ne me couche pas je résiste Moi je ne me coucherai pas je protégerai mon alimentation Il y a aujourd'hui un conteneur sur mille qui est surveillé aux frontières de notre pays Comment voulez-vous qu'on puisse véritablement faire les clauses miroirs vérifier c'est pas possible donc je mettrai des moyens déjà ça il n'y a personne qui va m'en empêcher donc je mettrai des moyens pour contrôler strictement ce qui rentre dans mon pays et les produits qui ne sont pas faits selon des normes que l'on impose à nos agriculteurs ils ne rentreront pas et ce sera un contrôle très strict donc ça c'est un des moyens par exemple pour remettre en cause le traité du Mercosur

24:35
Invité

Fabien Roussel était l'invité de France Info ce matin je vous laisse en compagnie de Salia, Braclia, Renaud Deli pour les informer dans quelques minutes

Réunion à l'Élysée, crise politique, Syrie... le 8h30 franceinfo de Fabien Roussel — Fabien Roussel · Pourquijevote