UE - MERCOSUR : L’AGRICULTURE FRANÇAISE SACRIFIÉE
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
L'accord UE Mercosour est approuvé. Son but ? Créer une vaste zone de libre échange entre l'Union européenne et quatre pays d'Amérique latine qui ouvre aux Européens les marchés publics des pays du mercour et facilite l'exportation de certains biens.
En contrepartie de quoi les Européens doivent ouvrir leur marché à certains produits agricoles. Le Mercosour vraiment on dit que c'est un des pires accords jamais signés. On laisse entrer en France des produits qui viennent de l'autre bout de la planète, qui n'ont pas les mêmes contraintes et qui n'ont pas les mêmes normes qualitatives et les mêmes normes sanitaires.
Ça c'est inadmissible. Les accords de libre échange nécessairement construisent une perte de souveraineté alimentaire. Il va y avoir des pertes d'emploi et des permes qui vont fermer.
Mon père a élevé une famille de 5 enfants avec 40 hectares et 25 vaches laitières et moi avec une centaine d'hectares et beaucoup plus de production, je vais réussir à faire crever ma famille. Il y a pas de monde agricole, il y a bien une agriculture qui prédate sur l'autre. C'est la logique euh capitaliste de faire du profit en fait, c'est que c'est plus rentable pour les l'agroindustrie de faire ça.
Les accords de libre échange dans leur globalité hein, c'est la mort des fermes. Notre notre économie, notre agriculture, c'est d'ailleurs une de ces fiertés. Elle est exportatrice.
Elle a donc besoin d'être ouverte. Mais on est gagnant sur le merc. Si nous en sommes dans cette situation aujourd'hui avec un conseil de l'Union européenne qui a ratifié l'accord, c'est aussi la faute d'Emmanuel Macron.
Donc vous voyez bien que au moment où nous nous parlons, nous ne sommes pas prêts. Le compte n'y est pas pour signer cet accord. Il tergiverse dans tous les sens.
Un jour c'est oui, un jour c'est non. Les échanges que j'ai pu avoir et avec le président Loula et avec le président M par téléphone et avec la présidente Vlen, je suis plutôt positif. Je m'appelle Maxime Comb, je suis économiste.
Je travaille à l'EC, Association internationale de techniciens experts et Chercheurs et coanime à ce titre la plateforme française qui travaille sur les accords de libre échange et qui s'appelle également le collectif national Stop Mercosur. Je m'appelle Fanny MRA. Je suis paysane en Ardèche avec des brebis viandes et des châteignes et je suis porte-parole de la Confédération paysane nationale.
L'accord de libre échange entre l'Union européenne et les pays du Mercosur, c'est un accord viande contre voiture qui vise principalement à importer sur le territoire européen des matières premières agricoles et également naturelles d'une manière générale et à exporter des biens finis tels que des voitures automobiles thermiques, des pesticides, des produits chimiques de l'industrie. Un accord de libre échange pour bien comprendre ce que c'est. sans doute faut-il regarder la métaphore sportive et se rendre compte que c'est en fait mettre sur un même ring des secteurs économiques qui vont avoir des compétitivités, qui vont avoir des règles et des normes sociales environnementales auxquelles ils doivent se référer qui sont très différentes et on demande une fois qu'ils sont sur le même ring que le meilleur gagne dans un match fairplay.
Le résultat, on le connaît. Ce sont les plus compétitifs qui l'emportent et les moins compétitifs qui disparaissent à plus ou moins long terme. Les filières qui vont être vraiment vraiment impacté, c'est la viande bovine en particulier parce queon va importer plus de 90000 tonnes de viande bovine, mais surtout c'est de la viande bovine, c'est que les beaux morceaux.
Et euh on va importer cette viande là, on on va importer du miel, on va importer plein de produits agricoles à prix complètement cassé. En fait, nous ce qu'on dit c'est qu'à chaque fois qu'on a on signe des accords libre échange, en fait, on dérégule les marchés. C'est-à-dire que tous les prix agricoles se mettent à baisser forcément parce qu'il y a de la concurrence avec des produits qui arrivent à bas prix sur le marché.
Du coup, même si ça va pas toucher forcément ma ferme, ça va pas forcément toucher euh toutes les tous les producteurs directement par l'importation d'aloyau, on va tous être impacté dans le sens où les prix vont baisser, vont diminuer drastiquement. L'accord de libre échange du mercur est dans la droite ligne de ces accords de libre échange qui sont négociés maintenant depuis 30 ans et qui consiste finalement à organiser une vaste internationalisation des modes de production, une spécialisation internationale des régions et qui consiste à finalement confier à un certain nombre de régions limitées la production de biens agricoles, euh de faire de la Chine l'industrie de la planète, de faire de l'Union européenne et des États-Unis des endroits où on produit des services et de considérer que la planète n'est qu'un vaste jeu international euh où les entreprises multinationales peuvent importer et exporter ce qui bon leur semble. Ces accords de libre échange, en plus de faciliter l'arrivée de quantité supplémentaires, en fait, il limite considérablement ce que les pouvoirs publics peuvent mettre en œuvre en terme de politique publique pour réguler ces marchés-là.
Euh c'est beaucoup plus difficile pour les pouvoirs publics d'ensuite instaurer des limitations d'importation en terme de quantité ou de remettre en place des droits de douane pour limiter les importations. Et donc du coup, il y a nécessairement avec ces accords de libre échange une internationalisation euh du système alimentaire et se faisant donc du coup une perte de souveraineté alimentaire en France, en Europe mais également dans les pays d'Amérique du Sud. Il y a des filières agricoles européennes qui vont gagner avec cet accord là parce qu'elles sont plus compétitives que les que certaines filières agricoles sud-américaines.
Donc oui, les accords de libre échange nécessairement construisent une perte de souveraineté alimentaire dans chacune des régions, pas seulement en France, mais des deux côtés de l'Atlantique. Et on donne la main sur notre régime alimentaire à des entreprises multinationales dont l'objectif dont l'intérêt premier n'est pas de satisfaire ces objectifs de souverainet alimentaire, mais de satisfaire leur propre profitabilité. On dit que c'est un des pires accords jamais signés s'il est signé, s'il est ratifié par le Parlement européen.
On a l'impression du coup que nos gouvernement, en particulier l'Europe libérale telle qu'elle est actuellement, elle brade complètement la paysannerie. Euh on est plus que moins de 400000 en France alors qu'on était 1 million il y a quelques décennies. Les promoteurs de l'accord entre l'Union européenne et les pays du Mercur disent souvent qu'aujourd'hui face à Donald Trump, face à la puissance de la Chine, à leur présence conjointe en Amérique du Sud, il faut un accord avec les pays d'Amérique latine pour garantir une présence de l'Union européenne dans le Concert des nations et garantir son influence à l'échelle sud-américaine.
On nous a dit, vous allez voir, à force de commercer à l'échelle planétaire, ces deux puissances internationales vont arrêter de produire des tensions géopolitiques parce qu'elles ont trop à perdre avec ce commerce international. Nous sommes 25 ans plus tard, on le voit, ça n'a pas fonctionné du tout. Il n'y a jamais eu autant de tension politique et géopolitique à l'échelle internationale et le doux commerce ne fait pas la paix sur la planète.
C'est un accord qui vise plutôt à satisfaire les intérêts des entreprises de l'agroindustrie, de l'industrie tout court, les très grandes entreprises qui peuvent exporter et importer sur ces marchés internationaux au détriment des intérêts des populations, au détriment de la planète et de ses impacts sur les populations et les milieux naturels. Si l'accord de libre échange est mise en œuvre, il sera très difficile par exemple de décider de politiques environnementales, de politiques climatiques visant à relocaliser sur le territoire européen des productions qui seront de fait délocalisées ou qui sont aujourd'hui localisés dans les pays sud-américains. On va continuer à exporter des produits phytosanitaires, c'est-à-dire des pesticides, des herbicides et autres dont certains sont interdits d'utilisation sur le territoire européen. on va continuer à les exporter en Amérique du Sud et il se trouve que l'Argentine, le Brésil font partie des pays qui en consomment le plus.
On a mené d'appreis mais aussi avec la société civile pour interdire par exemple les farines animales au moment de la vache folle, pour interdire les hormones de croissance, pour interdire plein de pesticides super dangereux pour la santé. On a réussi ces combats là, on a réussi à interdire sur le sol européen tout ça et là on va importer de la viande ou des produits agricoles qui utilisent tout ça. Ce qu'on interdit d'utiliser sur le territoire européen, on se permet de l'exporter comme si la valeur d'une vie, la valeur de la biodiversité, la valeur des terres et des et des eaux et des sols en Amérique du Sud était moins importante que leur équivalent en Europe.
Après des mobilisations très importantes sur ce sujet-là, la Commission européenne a décidé qu'il y aurait une annexe à l'accord qui parlerait de l'accord de Paris sur le climat, qui parlerait de déforestation. Mais ces objectifs-là, ces euh mentions-là ne sont jamais réellement euh contraignantes et ne sont jamais réellement exécutoir. C'est-à-dire que si des États contreviennent à cette ambition climatique, contreviennent à ces objectifs de lutte contre la déforestation, et bien jamais jamais euh l'accord sera suspendu pour cette raison-là.
Alors que c'est un accord de libre échange qui intrinquement conduit à plus d'émissions de gaz à effet de serre de par les échanges internationaux mais aussi euh et surtout de par le fait qu'il encourage les filières les plus nocives des deux côtés de l'Atlantique. Quand vous avez un accord de libre échange qui encourage la production de bœuf de volaille, la production agricole en dans les pays d'Amérique du Sud, cette production agricole, elle gagne sur la déforestation. Elle s'étend parce que il y a de la déforestation. vous avez nécessairement un impact négatif en matière de lutte contre le réchauffement climatique.
La déforestation génère des émissions de gaz à effet de serre et réduit la capacité de la planète à faire face au réchauffement climatique. Ces modèles là qui vont nous importer, qui vont vendre toutes ces productions mauvaises pour l'économie sociale en monde rural et la santé et l'environnement. En fait, elles sont produites dans des immenses latifundia qui font de l'agriculture industrielle.
Elles ne viennent pas des petites fermes des camarades de des organisations paysanes brésiliennes et d'ailleurs. Du coup, pour nous, il y a aussi un message de solidarité à travers ce combat, c'est de dire en fait quand on se bat pour nous, on se bat aussi pour les citoyens et les citoyennes et on se bat en particulier pour les camarades à l'autre bout du monde. Il va y avoir des pertes d'emploi et des des fermes qui vont fermer en matière de production beau vine, de volailles, de sucre, mais aussi de miel en Europe dû à la concurrence de ce nouvel accord.
Je produis 20 30 fois plus que mon grand-père. Mon grand-père a élevé une famille de 5 enfants avec 5 hectares et 5 vaches. Mon père a élevé une famille de 5 enfants avec 40 hectares et 25 vaches laitières.
Et moi avec une centaine d'hectares et beaucoup plus de production, je vais réussir à faire crever ma famille. Et ces impacts sociaux, en général, il est considéré que ce n'est pas très grave parce qu'on va pouvoir mettre en place des filets de sécurité. Et donc ces filets de sécurité, ça vise simplement à dire aux agriculteurs, vous allez mourir mais on va vous faire mourir moins vite.
Et donc du coup restez calme, restez chez vous euh restez tranquille, vous allez être indemnisé pour les impacts que vous allez subir de cet accord de libre échange. Les accords de libre échange dans leur globalité hein, en fait c'est la mort c'est la mort des fermes. Quand on a plus de revenus sur les fermes, quand les prix ne sont ne suivent plus et qu'on ne peut plus dégager de revenu, forcément on met la clé sous la porte et c'est les plus gros qui a qu'à part les plus petites fermes.
Ces accords de libre échange, ils vont encore nous pénaliser, baisser nos droits, baisser notre rémunération. C'est absolument pas normal. Et on l'a vu he en 30 40 ans, on a perdu plus de 70 % de la population paysane en France.
On continue dans cette logique de libre échange qui est quand même une logique mais au-delà du coût humain, c'est le coût environnemental, il est dément. Tout ça pour satisfaire euh l'intérêt principalement des grandes entreprises multinationales, celles qui peuvent importer, exporter et situer leur production aux quatre coins de la planète en fonction des choix économiques qu'ils font pour maximiser leur rentabilité. Il y a pas de monde agricole, il y a bien une agriculture qui prédate sur l'autre.
Il y a bien une agriculture qui bouffe l'agriculture paysane. Et souvent, on dit "Mais la France va gagner, les pays sud-américains vont gagner." C'est jamais des pays dans leur intégralité.
Ce sont toujours des filières économiques, des acteurs économiques extrêmement situés. Quand on dit le système agricole sud-américain va gagner avec cet accord de libre échange au détriment du système agricole français européen. Non, c'est l'agrobiness brésilien, c'est l'agrobiness argentin de l'Urigué, du Paraguay qui vont gagner.
En Amérique du Sud, si on est capable de de produire à moins cher qu'en France, malgré qu'on ait du transport et des tas de choses comme ça, moi j'y vois qu'une chose, c'est la misère en Amérique du Sud. parce que si on crée la misère ici, ça veut dire que le paysan de la bolle l'a vendu encore moins cher que ce que nous on est capable de le faire. Et donc principalement, ce sont donc du coup des très grandes entreprises, des très grands producteurs agricoles qui n'ont aucune considération pour la planète, aucune considération pour la situation sociale de leur salariés qui vont gagner avec cet accord là.
Et de la même manière quand on dit que en France mais il y a des filières agricoles qui vont gagner et donc la France va gagner également et bien dans la filière vin spiritueux c'est Pernor Ricard qui va gagner c'est LVMH qui vont gagner c'est les Granchés de France qui vont gagner du par l'exportation de de vin. Ce sont des grandes entreprises et c'est pas du tout sûr que ça ruelle vers les petits producteurs. Quand on dit que la filière laitière va gagner, c'est l'actalis qui va gagner.
Si nous en sommes dans cette situation aujourd'hui avec un Conseil de l'Union européenne qui a ratifié l'accord, c'est aussi la faute d'Emmanuel Macron parce que nous n'en serions pas là aujourd'hui si en 2019 quand l'essentiel du contenu de l'accord a été conclu, Emmanuel Macron et la France n'avaient pas dit que c'était un bon accord qui protégeait nos filières agricoles et qui allaaiit être bénéfique pour les exportations. notre notre économie, notre agriculture, c'est d'ailleurs une de ces fiertés, elle est exportatrice, elle a donc besoin d'être ouverte. On est gagnant sur le merc, nous on est en colère, on nous dit souvent "Attendez là Macron, c'est bon, il a voté contre le mercosour, calmez-vous." Euh en fait clairement non, ça fait 25 ans que la France est un des pays un peu leaders pour atteindre une minorité de blocage pour dire "Non, cet accord- là, il est pas possible." Et en fait depuis janvier au salon de l'agriculture où devant des parters de paysanes et de paysans, il a promis la main sur le cœur qu'il allait voter contre le Mercosour et qu'il allait tenir ses promesses.
Depuis janvier, il tergiverse dans tous les sens. Un jour c'est oui, un jour c'est non. Un jour c'est oui mais peut-être, un jour c'est non mais peut-être.
Ils nous font miroiter n'importe quoi avec des pseudo clauses de sauvegarde et mesures miroir. On sait très bien que ce sont euh des fausses solutions puisque ce sont des solutions souvent temporaires qui ne remettent en cause en rien le la structure même de l'accord qui elle est figée dans le marbre depuis décembre 2024. La France n'a jamais demandé à ce que le mandat de négociation de la Commission européenne soit revu.
La France n'a jamais fait de propositions pour réellement renforcer les protection des filières agricoles les plus fragiles. Et surtout la France en septembre 2025 par l'intermédiaire d'Emmanuel Macron et ses ministres ont accueilli favorablement la proposition de ratification, la version ultime de l'accord proposé par la Commission européenne et les petites choses qu'elle avait proposé à côté comme le renforcement de la clause de sauvegarde. Tans ce qui a été interprété par les capitales européennes et Bruxelles comme étant un feu vert finalement de la France pour la ratification, nous n'en serions pas là aujourd'hui.
Sans les paroles d'Emmanuel Macron disant qu'il y avait eu des évolutions positives, nous n'en serions pas là aujourd'hui. Si Emmanuel Macron en est venu ces dernières semaines à s'opposer à nouveau à cet accord-là, c'est parce qu'il y a une mobilisation du monde agricole. c'est parce qu'il n'a pas été possible pour lui de simplement dire "Non, mais finalement euh on va accepter l'accord avec les petites choses qui ont été négociées euh à côté parce que la France et Emmanuel Macron en fait ne sont pas euh en désaccord avec les logiques euh fondamentales de ces accords de libre échange qui consistent à mettre en compétition les secteurs économiques à l'échelle planétaire.
Il y a des pays qui sont fondamentalement contre cet accord depuis toujours, mais il y avait plein de pays qui savaient pas trop et pour nous la France n'a pas n'est pas allée au bout. Le nom mercour, c'est pas pour faire plaisir aux paysans et aux paysans. C'est bien qu'il y avait une menace de censure de la part du gouvernement et que Macron en fait n'en a que faire du monde paysan.
Ça c'est une certitude. Le cornu nous dit clairement en fait pour gagner, pour arracher ce vote contre le Mercosour, il va falloir descendre dans la rue. OK, on est descendu dans la rue, on est allé bloquer le périf euh vers Bagnolet vendredi matin en allant retrouver les tracteurs qui faisaient tour du périf vers l'Arc de Triomphe, deux de nos portees-paroles Stéphane Galet et Thomas Gilbert alors qu'il marchaient dans la rue hein, se sont fait plaquer au sol par des CRS et emmené en garde à vue.
Non mais mais ça va pas ou quoi ? nonous. Il y a un an euh quand on faisait une manif, une mobilisation au Grand Palais, on avait subi des violences policières avec garde à vue et procès à la clé.
On a vécu une vraie pression terrible et et on s'en remet toujours pas. Mais même en général, à chaque fois que on est en action derrière, il y a de la répression. On a vécu Sainte Soline et puis à chaque fois en fait la confédération paysane, on a quand même été traité nous aussi décoterroriste par le gouvernement précédent.
Du coup cette répression là, elle est latente permanente mais en même temps, c'est pas ça qui abîme notre détermination parce que on est plus déter que jamais et on va pas lâcher quoi. On va continuer à se mobiliser et on prévoit des mobilisations les jours et semaines qui viennent.
Emmanuel Macron