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interviewLe Figaro (sur YouTube)· 14 février 2025 35 min

«Je fais des efforts pour être moins pessimiste et ça marche !» : les conseils de Christophe Andr...

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

les podcasts du Figaro moi je suis pas un optimiste je fais des efforts pour être moins pessimiste et ça marche le fait d'avoir des enfants m'a m'a fait me dire maintenant tu as plus le droit d'être médiocre d'être incohérent notre époque dévalorise un peu les efforts et survalorise le talent les dons voilà on puis les parents d'enfants surdoués ne comprennent pas que leurs enfants n'est pas 18 ou 20 tout le temps donc ils sont mécontents contre les enseignants contre l'école et une urgence a changé besoin d'aller à l' bout du monde pour nous engager et donc de sortir à nouveau de sa zone de confort il semblait qu'il y avait quelque chose d'injuste c'est un métier qui demande du temps de l'empathie c'est dur c'est dur mais c'est tellement gratifiant de faire des à la fois c'est génial et à la fois ça nous terrifie s'engager c'est prendre ses responsabilités et puis il y avait l'idée aussi de montrer un exemple il lâche rien fond c'est et avance quoi bonjour Vous écoutez les engagés dans ce podcast nous recevons chaque semaine une personnalité qui porte haut et fort ou parfois plus discrètement sa détermination à faire évoluer la société aujourd'hui nous allons parler bonheur estime de soi et souffrance psychique celui que j'ai le grand plaisir de recevoir aujourd'hui est psychiatre il a consacré sa vie à aider les autres à répondre à une question que chacun d'entre nous seppose très souvent comment être heureux j'ai le grand plaisir de recevoir Christophe André bonjour Christophe bonjour Christophe vous êtes très connu mais je vais dresser votre petit portrait en quelques secondes vous avez découvert Freud au lycée et décidé de devenir psychiatre vous avez passé une grande partie de votre carrière à l'hôpital Saint-Anne reçu des milliers de patients et popularisé la pratique de la méditation non seulement dans le parcours de soins à l'hôpital mais aussi dans la vie de centaines de milliers de Français vous AZ av également écrit des dizaines d'ouvrages qui accompagnent beaucoup de gens dont le dernier s'estimé et s'oublié chez odudil Jacob alors on va rembobiner au départ Christophe est-ce que vous pouvez nous parler du tout début de votre enfance est-ce que vous avez eu ce qu'on appelle une enfance heureuse non je crois que c'était pas une enfance heureuse c une enfance tranquille mais mes parents n'étaient pas très doués pour le bonheur on avait des soucis matériels il y a eu des des problèmes de pauvreté au début j'ai une enfance tranquille j'étais un petit garçon solitaire je voulais pas faire d'ennui à mes parents je comprenais qu'ils en avaient suffisamment comme ça donc je travailler bien pour pour qu'il soit content et surtout pour que les adultes ne me cassent pas les pieds on casse moins les pieds aux bons élèves qu'au mauvais puis en terminal j'ai découvert Freud en classe de Philo et ça m'a bouleversé j'ai découvert la psychologie puisque dans ma famille personne n'était ni médecin ni psychologue ni quoi que ce soit et donc on en parlait jamais j'ai vraiment trouvé que c'était un univers formidable passionnant Freud est un très bon auteur un très bon écrivain il présente très très bien ses idées même si beaucoup de ses idées se sont avérées non pertinentes par la suite mais en tout cas c'est un visionnaire quelqu'un qui avait une vision de l'être humain du fonctionnement de la la psychologie qui même si elle est en en partie erronée est passionnante et voilà je suis parti sur sa piste et puis vous le vous le racontez parfois un drame a marqué votre parcours de jeune adulte un de vos amis très proches est décédé dans un accident de moto comment vit-on et se reconstruit-on après un tel deuil c'est vrai que c'était mon premier deuil de proche alors évidemment c'est c'est il y a des choses pires on peut perdre un enfant c'est beaucoup plus violent que perdre son meilleur ami mais quand même c'était un peu comme je crois la perte d'un conjoint on était pas marié on était pas en couple mais on était des amis extrêmement proches des amis intimes sa mort m'a d'abord rendu très malheureux évidemment comme tous les les deuils mais surtout m'a fait perdre le goût de la vie je voyais plus très bien finalement à quoi servaient tous les efforts pour se lever le matin et cetera j'étais déprimé et j'ai eu envie de partir de Toulouse cette ville me rappelait son deuil tous les coins de rue où on avait eu des aventures tous les endroits où nous étions allés tous les gens que nous avions connus ensemble donc j'ai pris la fuite en quelque sorte ça a été facilité par le fait que j'ai rencontré ma celle qui allait devenir mon épouse et qui était une Parisienne donc j'ai fui un petit peu ce lieu où où mon amie était mort et où j'avais je ne voulais plus rester comment est-ce qu'on se reconstruit après ce deuil comment est-ce que vous avez repris le goût de vivre par étape comme tous les endeuillers d'abord en en me remettant à travailler c'est vrai que le le le travail surtout le travail médical ce qui est un travail où on donne beaucoup de soi qui nous absorbe énormément et est un bon un bon moyen de ne pas rester focalisé sur le manque la souffrance donc en travaillant énormément et puis ben en laissant faire la vie en laissant revenir peu à peu la capacité à au bonheur à me réjouir ça ça prend des mois évidemment pour certains des années c'est travailler et vivre au fond qui a était dans mon cas comme ça est dans le cas de beaucoup de personnes le moyen de de ne pas rester bloqué dans mon deuil le deuil c'est toujours une étape à peu près inévitable la souffrance du deuil on met un certain temps à traverser cette période mais on entre dans la pathologie seulement dans le cadre de ce qu'on appelle des deuil bloqué quand toujours on ressent le manque la détresse 6 mois 1 an 2 ans après qu'on se permet pas de revivre là on est dans un processus pathologique ça ça n'a pas été mon cas vous le disiez vous avez rencontré votre épouse à cette époque-là et vous avez eu des enfants des filles que vous ont appris dans votre parcours de vie vos filles et la paternité alors au début ça s'est pas présenté sous forme d'un apprentissage mais sous forme d'une responsabilité le fait d'avoir des enfants m'a m'a fait me dire maintenant tu as plus le droit d'être médiocre d'être incohérent et faut tes enfants tu les éduques autant sinon plus par ton exemple que par tes beaux discours par tes exhortations à bien se comporter donc montre-leur l'exemple c'estàd ne t'énerve pas pour des bêtises ne fais pas la gueule sois cohérent ne m jamais c'est pas un programme très compliqué sauf que quand vous décidez de l'appliquer vraiment et tout le temps parce que les enfants sont là ils vous regarde et et donc ça mes filles m'ont beaucoup apporté parce que elles ont elles m'ont poussé à aller vers la meilleure version de moi-même vers le fait de faire encore plus d'effort que je n'en faisais auparavant dans ma vie privée dans mon intimité donc sur ce plan-là elles m'ont énormément aidé à progresser après ce qu'elles m'ont appris ben chacune m'a appris différentes choses par exemple une d'entre elles qui était qui est toujours une optimiste mais je dis était parce que toute petite elle était déjà immensément optimiste joyeuse confiante au début ça me faisait de la peine je me disais la pauvre la vie va la décevoir la vie va la blesser elle est trop optimiste elle fait trop confiance et cetera et puis peu à peu en vivant à ses côtés en la voyant grandir devenir une jeune femme continuer de rester optimiste et finalement en retirer plus de bénéfice que de souffrance je me suis dit B c'est elle qui a raison c'est toi qui a tort finalement le bilan global de la confiance de l'optimisme et globalement positif parce que vous n'êtes pas un optimiste ah non non non non moi je suis pas un optimiste je fais des efforts pour être moins pessimiste et ça je me raisonne je me surveille je me réprimande mais mon tempérament c'est le philosophe alin qui disait le pessimisme et d'humeur c'est-à-dire de tempérament et l'optimisme de volonté et cette maxime est très juste dans mon cas je suis capable de de freiner mon pessimisme de faire l'effort d'être optimiste pendant longtemps j'y ai cru qu'à moitié là ça va un peu mieux qu'est-ce que vous faites de plus pour freiner ce pessimisme de manière générale en en psychologie la plupart des gens savent ce qu'il faut faire de leurs pensées négativ savent qu'il faudrait avoir des visions plus positives et toutes ces choses-là bien sûr la plupart d'entre nous on sait bien quoi le problème c'est qu'on n'y croit pas c'est-à-dire on se dit voilà stresse moins soit plus ceci soit moins cela et oui ok mais ça ça ne marche pas pour deux raisons enfin il y en a beaucoup d'autres mais il y en a deux principales que je j'ai compris en pratiquant mon métier en est dans les patients c'est d'une part que les traits psychologiques n'obéissent pas à des injonctions mais à un entraînement par exemple je sais que ça marche comme ça pour le corps mais j'ai tendance à ne pas comprendre que ça marche comme ça pour l'esprit la plupart d'entre nous on sait très bien qu'on ne peut pas vouloir courir plus vite ou vouloir être plus souple on sait qu'il va falloir s'entraîner pour que notre corps soit apte à courir plus vite ou plus longtemps ou être plus souple faire du yoga des footings des choses comme ça mais par contre on fait l'erreur de croire que la volonté peut nous aider à changer psychologiquement c'est dit toujours bon allez j'ai compris il faut que je sois moins stressé que je profite davantage de la vie que je sois plus optimiste et et on en reste là avec cette espèce d'horizon qu'on s'est fixé de volonté qu'on essaie de s'imposer mais c'est pas comme ça que ça marche ça marche avec un entraînement c'est la base de la ce qu'on appelle la psychologie positive dans notre champ c'est-à-dire si je veux augmenter mes capacités au bonheur il faut pas seulement le vouloir bien sûr qu'il va falloir que je le veuille à un moment donné mais il faut par exemple que tous les soirs enendormant je repense au bon moment de la journée alors ça fait un peu Nigo et simpliste comme exercice se dire ben quand tu t'endors ressong à trois moments de la journée qui ont été agréables quel qui pu être les mauvais moments il y a eu aussi des mauvais moments mais endors-toi sur ces bons moments l'air de rien c'est un travail c'est un entraînement c'estàdire je m'entraîne à extraire d'une joure journée ordinaire trois bons moments et même si en le faisant le premer soir je me sens pas plus heureux le deuxième soir le 3e soir le 4e soir à force de le refaire peu à peu je vais mettre en place des sortes d'automatismes qui vont faire que je passerai moins à côté des moments qui ont été agréables dans la journée ça c'est une première erreur que l'on commet c'est tout bête c'est ne pas assez travailler les basiques les fondamentaux les choses qui nous paraissent évidentes mais qui ne le sont pas elles ne sont évidentes qu'à regarder de loin mais pas à pratiquer sont simples mais pas faciles l'autre erreur qu'on fait c'est un pêché d'orgueil c'est que on a tendance à penser qu'on a raison les patients qui ont une mauvaise estime d'eux même leurs proches ont beau leur dire mais non tu es beaucoup plus intelligent ou intelligente que tu ne crois ce que tu as fait c'était vraiment super sincèrement et ben on se dit non non mais ils ont rien compris moi je sais que j'ai été nul ils disent ça pour me faire plaisir il disent ça parce qu'il m'aime bien mais c'est moi qui ai raison et c'est eux qui ont té et et ce petit biais comme ça d'arrogance de de surévaluation de son avis par rapport à ce qu'on nous donne c'est aussi un obstacle mais vous voyez en a 1 et un obstacle c'est tout ces toutes ces difficultés qu'on aborde dans ce qu'on appelle une psychothérapie on met à plat un peu tous les freins qui nous empêchent d'aller mieux d'être plus heureux de moins nous angoisser et cetera c'est du boulot d'apprendre quoi que ce soit c'est du boulot de se changer c'est du boulot de changer le monde c'est du boulot de faire passer ses idées moi ce qui me frappe beaucoup c'est que notre époque dévalorise un peu les les efforts et survalorise le talent les dons voilà on parle d'enfants surdoués puis les parents d'enfants surdoués ne ne comprennent pas que leurs enfants n'est pas 18 ou 20 tout le temps donc ils sont mécontents contre les enseignants contre l'école mais c'est que s'il suffit pas d'être intelligent pour réussir d'avoir des neurones qui marchent bien faut travailler aussi faut travailler ses matières scolaires faut travailler sa relation aux autres faut travailler son humilité son attention sa persévérance et si je n'ai que l'intelligence je n'irai pas bien loin et et je crois que notre époque sous-évalue la la force du travail la l'importance du du travail de l'effort c'est ce que dis souvent les les sportifs beaucoup plus de de transpiration que d'inspiration en tout cas la part c'est 80 % de transpiration c'est-à-dire d'effort et 20 % d'inspiration c'estàd de [Musique] talent la méditation c'est un peu cela aussi du du travail est-ce que vous pouvez nous nous parler un petit peu il y a des des des on pourrait passer des heures à parler de méditation mais peut-être en quelques mots comment vous vous la pratiquez comment vous recommandez de la pratiquer la méditation c'est une très vieille histoire ça fait des milliers d'années que qu'on médite dans le bouddhisme dans le christianisme isme et cetera donc ce qui a été récent là c'est à la fin du 20e siècle et puis au 21e siècle c'est qu'on a compris que pour que la méditation puisse être utilisée très largement c'était mieux de la laïciser qu'on nit pas à faire référence à des exercices spirituel religieux qu'il soit une fois de plus bouddhiste chrétien ou autres toutes les traditions religieuses en leur forme de méditation donc on a mis au point des techniques laïques des techniques qu'on pouvait évaluer scientifiquement qu'on codifiait avec première Séan deè séance et cetera c'est ce qu'on appelle la méditation de pleine conscience et c'est un outil formidable qui est très simple très puissant c'est celui qu'on a utilisé dans le service universitaire à saintanne là où j'ai j'ai commencé à proposer ce type de d'approche au début tout le monde était un peu inquiet parce qu'on la méditation à l'époque c'était quelque chose qui paraissait inexorablement lié au monde de la religion voire au monde des sectes donc il a fallu qu'on tracee un peu notre chemin mais à force ça force de preuve ça a marché puis c'était aussi un mouvement international he moi ceux qui m'ont formé à ces techniqu c'est des des Américains des Canadiens enfin voilà il y avait tout un courant scientifique dans tous les pays occidentaux et en gros c'est simple ça consiste à s'arrêter d'agir arrêter les actions arrêter les distractions se poser là et juste se rendre présent à cet instant de vie que nous sommes en train de traverser ressentir sa respiration faire attention à l'état de son corps regarder circuler ses pensées sans les suivre écouter les bruits sans aucune attente il y a rien à réussir rien à obtenir pas de résultat on cherche pas à faire le vide dans sa tête il y a toujours des pensées mais on les laisse filer on cherche pas à être zen on cherche pas à être cool on cherche juste à comprendre ce que nous sommes en train de vivre à cet instant à partir de cette espèce de petite brique tout un tas d'autres exercices am viennent se greffer et on s'aperçoit étude après étude maintenant il y a un nombre considérable d'études que cette méditation de pleine conscience est un allié formidable pour les gens qui vont bien même si on n pas de troubl de santé de problèmes de santé parce que ça nous aide à stabiliser notre attention à stabiliser nos émotions à mieux comprendre ce qui nous arrive et puis c'est un outil très précieux aussi pour les personnes qui ont des difficultés de santé même physique puisqu'on a montré que la méditation avait un effet biologique hein limité l'inflammation améliorer l'immunité freiner le vieillissement cellulaire elle a tout un tas de de bienfaits sur le le plan de la biologie comme beaucoup d'autres approches hein vous allez marcher en forêt vous avez les mêmes bénéfices voilà ça fait partie de ces démarches qui améliore notre santé mais elle a aussi beaucoup de bénéfices et c'est ce qu'on montrit dans le service où o j'exerçais sur l'anxiété sur la prévention des rechutes dépressives sur le les addictions et et bien d'autres bien d'autres souffrances et pour cela il faut que ce soit régulier la méditation c'est exactement comme l'exercice physique ou le régime alimentaire c'est tous les jours ou à peu près voilà si vous faites l'exercice physique trois fois par an vous n'aurez pas les mêmes bénéfice que si vous en faites tous les jours si vous méditez trois fois par an ça sera pas la même chose que si vous méditez un peu chaque jour il y a une entrée dans votre livre s'estimé et s'oublié chez ODIL Jacob qui est SDG j'aime le sigle SDG dites-vous solide et au Gloria à Dieu seul la gloire dont bac signait toutes ses œuvres j'aime les paroles d'embroise paré lorsqu'un de ces patients guérissait je le pensais Dieu le guérit quelle est la différence entre spiritualité et méditation quand on médite quelle est et la prière les chrétiens un moment on faisait un peu la tête par rapport à la méditation parce qu' beaucoup plus à la mode ouais et puis parce qu'il avaient peur que ça leur enlève leurs ouilles mais en réalité en réalité il y a deux choses d'abord je pense que pour bien prier il faut avoir bien poser son espritut on peut pas prier dans la dispersion dans la distraction voilà il faut avoir d'abord ramené son esprit ici et maintenant être bien dans son corps dans le lieu et cetera et donc méditer avant de prier me semble une très très bonne idée après ça n'est pas la même chose quand je prie je m'adresse à quelqu'un à Dieu quand je médite je ne m'adresse à personne quand je prie j'utilise des paroles je fais des prières d'intercession de louangf j'utilise des mots pour remercier pour demander pour me plaindre parfois pour m'émerveiller la méditation n'a pas besoin de mots la méditation c'est un état de présence qui plus on l'approfondit plus on passe au-delà des mots dans une tas de réceptivité qui se passe de la de la parole donc voyez il y a comme ça tout un tas de de différences qui sont assez sensibles ça n'est pas la même chose c'est vrai que toute forme de méditation quand vous vous rendez présent à vous-même présent au monde dans le silence dans les mots le le qui s'éloigne peu à peu c'est un peut considérer que c'est une forme de d'exercice spirituel la spiritualité est voilà ce cette connexion que nous tentons d'établir avec tout ce qui nous dépasse tout ce qui est plus grand que nous qui a des par certains aspects incompréhensi mais le chemin n n'est pas le même les présupposés ne sont pas les mêmes est-ce que la prière peut aider à aller mieux également est-ce qu'il y a des études là-dessus oui ah oui oui il y a des études oui qui montrent que les personnes qui ont la foi qui ont une foi modérée d'ailleurs c'est les personnes qui ont la foi ont en moyenne un état de santé un peu meilleur que les personnes qui ne l'ont pas et en moyenne un état de santé un peu meilleur aussi que les personnes qui l'ont trop qui sont fanati ou qui sont prisonnières d'une foi rigoriste avec plus de contrainte que de joie finalement donc une dose médiane de fois une dose raisonnable de fois sans rigorisme et sans laxisme les études montrent que c'est bénéfique et on sait à peu près pourquoi on a montré à peu près pourquoi d'abord parce que la foi assez souvent vous amène à appartenir à une communauté de gens qui part votre foi donc c'est du soutien social bon pour la santé ensuite parce que la foi religieuse assez souvent est associée à un style de vie plutôt sain normalement la foi ne devrait pas nous conduire à l'agressivité aux excès aux consommations de drogu aux excès de vitesse à la violence envers notre prochain bon elle n'est pas toujours suffisante pour l'empêcher mais en théorie elle prêche pas ça la foi elle nous pousse aussi à prier et même si la prière et la méditation c'est pas pareil quand même lorsque je prie je suis mobile je suis centré je lâche prise je m'en remets à mon Dieu et ça c'est bénéfique c'est apaisant c'est pacifiant on sait un peu pourquoi c'est bon pour la santé alors il faut pas avoir la froie pour avoir une meilleure santé c'est pas comme ça que ça marche mais parmi les milli facteurs qui nous font du bien la foi en étant on va passer à la deuxième partie de notre entretien d'aujourd'hui qui sont vos conseils finalement fruit de votre longue pratique de la psychiatrie des rencontres de de patients alors j'ai une question à à quelques milliers d'euros quelle est selon vous la recette du bonheur parmi les choses qui peuvent augmenter notre notre bonheur moi je pense qu'il y a déjà la conscience prendre conscience de ce qui va bien dans nos vie évidemment certains humains vivent à des moments et à des endroits où le bonheur est compliqué où la question qui seose pour eux c'est la survie si je vis dans un pays en guerre dans une zone bombardée et cetera le bonheur ne m'intéresse pas mais c'est plutôt rester vivant jusqu'à ce que le bonheur devevienne possible mais en tout cas lorsqu'on vit dans des conditions normales ce qui est le cas de la plupart d'entre nous en France et bien ce qui peut nous aider à être plus heureux c'est prendre conscience de tout ce qui va bien dans nos vies ça veut pas dire espérer que voilà çavourit un coin de ciel bleu ou savourit une conversation avec un ami ou un bon verre de vin va repousser le malheur mais ça va m'aider à le traverser ça va m'aider à l'affronter c'est Paul Claudel écrivain qui disait le bonheur n'est pas le but mais le moyen de la vie le bonheur est le moyen de la vie c'est c'est grâce au bonheur que je peux affronter les adversités dans une vie humaine il y a des bonnes choses des moins bonnes ne pas passer à côté des bonnes c'estd me rendre heureux de toutes les petites sources de bonheur du quotidien m'aidera à affronter à traverser les moins bonnes voir les mauvaises ça c'est le premier secret la conscience le deuxième secret c'est de faire attention à ce qu'on appellehabituation édonique c'est un mécanisme psychologique qui fait que quand une source de bonheur est présente tous les jours dans notre vie et bien on finit par la négliger elle perd de sa puissance le bonheur de vivre en démocratie le bonheur de prendre une douche le Chud de chaque matin le bonheur d'avoir un métier le bonheur d'avoir des amis comme c'est là tous les jours j'ai tendance à oublier et donc sous ma douche au lieu de penser au bonheur de disposer d'eau chaude à volonté je pense au soucis à cause de la grff de train à cause de la réunion à mon boulot et donc cette habituation édonique c'est la rouille du bonheur et c'est important de lutter contre elle alors ne pas attendre que les choses me manquent ou me soient retiré pour m'en réjouir ne pas attendre que les gens meurent pour m'apercevoir à quel point ils sont précieux pour moi et leur dire mais faire cet effort de me rappeler régulièrement tout ce qui va bien dans ma vie donc voilà voyez c'est tout un tas de petites briques comme ça le travail sur le le bonheur peut-être le le dernier conseil c'est attention au perfectionnisme du bonheur tout bonheur est bon à prendre il y a faut pas espérer le bonheur parfait le bonheur total le bonheur exemplaire même des toutes petites choses même une journée catastrophique mais juste 5 minutes où tout à coup il y a un moment de grâce un coin de ciel bleu un sourire une rigolade cet instant c'est un instant de bonheur même si ce qui est avant et ce qui est après n'en sont pas et celui-là je ne le rate pas je m'en nourris le bonheur et toutes les les leçons de bonheur les exercices ça n ne concerne que les personnes qui ne sont pas malades va pas casser les pieds à une personne déprimée avec des exercices de psychologie positive ou à une personne qui a des attaques de panique il y a des états qui sont des états pathologiques où il faut être soigné par des médicaments par des méthodes de psychothérapie donc j'insiste bien hein sur le fait que c'est un peu vrai pour la méditation d'ailleurs aussi méditation psychologie positive ce sont des outils pour renforcer nos équilibres mais c'est pas des outils de traitement la dépression les gens ne se rendent pas compte mais c'est une maladie du cerveau c'estàd notre notre attention est très perturbée notre mémoire est très perturbée notre capacité à faire des eff fort sur la durée est très perturbée on a le cerveau grippé et donc la méditation c'est des efforts hein c'est un apprentissage qui est pas si simple enfin c'est simple mais pas si facile que ça il faut tenir bon faire les exercices et cetera dans la dépression c'est pas juste le spling quoi c'est vraiment on a plus le goût de la vie on a plus l'élan vital et il y a une douleur morale ce qu'on appelle une douleur morale qui est déchirante qui pousse parfois au suicide pour la fuir et dans l'anxiété c'est pareil c'est pas juste un peu d' inquiétude c'est des crises d'angoisse l'impression que l'avenir est bouché les gens qui ont des attaques de panique ont l'impression qu'ils vont mourir ou devenir fou mais dans les 5 minutes quoi s'ils ne sortent pas de la pièce ou s'il n'arrivent pas à prendre un médicament pour échapper à ça donc c'est l'intensité des symptômes après il y a leur durée c'est pas la même chose d'avoir un coup de cafard comme ça ponctuellement et puis de l'avir tous les jours de la semaine du mois de de l'année après il y a les répercussions sur not vre comportement est-ce que j'arrive quand même à faire face au quotidien ou est-ce que peu à peu je me replie je m'isole donc vous voyez on a tout un tas de critères quand on est médecin qui nous servent à décider si on déclenche la prescription de médicament la prise en charge et là aussi les médicaments moi je suis psychothérapeute évidemment je préfère guérir les gens avec la psychologie mais parfois quand les gens sont en train de se noyer c'est pas le moment de leur apprendre à nager et donc on leur donne des médicaments les médicaments c'est la boou de sauvetage pour qu'il ne se noie pas et la psychothérapie c'est après on va leur apprendre les mouvements de brasse pour savoir nager mais ça on fait pas ça au moment oùessionire l'un sans l'autre non il faut pas faire de prescription orpheline c'est quand je donne un médicament psychotrope à quelqu'un anxiolytique antidépresseur j'ai une responsabilité de ne pas abandonner le patient seul avec sa pilule je dois l'accompagner voir un peu ce qu'on va mettre en place ensuite pour compléter l'action du médic puis pour la remplacer ça c'est mon boulot de médecin c'est normal quelle est la meilleure chose à faire quand on est un peu déprimé qu'and on va pas bien alors là il faut s'appliquer un programme multidimensionnel effectivement ce qu'on sait c'est que l'exercice physique est très très efficace et là aussi il faut le faire assez régulièrement mais ça marche assez bien une demi-heure tr/4 d'heure de marche minimum par jour et puis de temps en temps forcer un peu l'intensité on s'est aperçu que si trois quatre fois par semaine vous poussiez un peu l'exercice par période jusqu'à être un peu essoufflé par exemple puis vous ralentissez les périodes de haute intensité augmentent l'effet sur le moral sur l'humeur sur l'énergie vitale après il y a le contact avec les autres évidemment he socialiser même si on en a pas trop envie faire l'effort de rester en lien en tout cas ce dont on est sûr c'est que le repli et l'isolement aggrave toujours et socialiser se mettre en lien améliore presque toujours même si c'est pas forcément immédiat le contact avec la nature et puis tout ce qui est entre guillemets distraction ce que les anciens appelaient le divertissement travailler lire faire du bénévolat c'est-à-dire s'occuper d'autres choses que de soi je veux pas dire qu'il faut se négliger ou se mépriser mais se dire il y a un temps pour prendre soin de moi et un temps pour m'ouvrir au reste [Musique] j'en viens à la troisième partie de notre entretien d'aujourd'hui qui votre regard sur la société nous avons vécu tous collectivement la période du covid beaucoup semblent dire que il y a eu un avant et un après covid que les les maladies de dépression notamment sur les jeunes ont augmenté quel est votre avis vos ob sur la question c'est vrai que la période du covid a été toxique a été défavorable pour les personnes fragiles les personnes âgées les jeunes principalement les âgés parce qu'ils se sont trouvés plus isolés et les jeunes parce qu'ils se sont trouvés privés à un moment où c'était important pour eux hein les les 16 20 22 ans ce moment où il faut qu'il fasse des découvertes qu'ils se socialise qu'il découvre un peu le monde ils ont été privés de ces nourritures constructives pour eux ça c'est deux catégories chez lesquelles là c'est pas juste un avis ou un jugement chez lesquels les chiffres montrent qu'il y a eu une augmentation des états dépressif des états anxieux des états de désocialisation de consommation de drogue pour les plus jeunes qu'il a été difficile pour eux de rattraper génération sacrifiée en quelque sorte même si on est d'accord mieux être une génération sacrifiée à cause du covid qu'à cause de la guerre de 1418 tout est relatif j'ai tendance à dire que le covid au fond sura pas été l'échelle de notre histoire pas été un phénomène si important que ça on a tous pensé qu'il y aurait un avant un après en réalité les choses ont repris c'est ce qu'avait prédit d'ailleurs Michel Welbeck la même chose en pire on prend encore plus l'avion poli encore plus il a encore plus de guerre à faire on on a retiré aucune sagesse malheureusement les écrans les addictions digitales les réseaux sociaux ça je pense que c'est un phénomène qui pèsera sur notre société beaucoup plus lourdement que le covid par exemple je crois que ça c'est un facteur très très lourd parce que c'est un facteur sans précédent jamais dans l'histoire de l'humanité les humains n'avaient été confrontés en aussi peu de temps à une révolution technologique aussi spectaculaire bien sûr il y a eu l'invention de l'écriture l'imprimerie voilà tout ça c'est des moyens de véhiculer des sources de savoir ou de distraction qui ont révolutionné l'humanité mais ça s'est fait sur des siècles voir sur des millénair hein le temps que tout le monde sache lire que les livres soient accessibles à tout le monde et cetera là les écrans en l'espace de deux trois décennies ils se sont imposés dans nos vies ils se sont imposés dans nos cerveaux et ils ont été conçus directement pour faire du profit les premiers livres n'étaient pas écrits pour faire du profit c'était une diffusion de savoir de connaissance c'était une diffusion de la religion hein la Bible premier age imprimé en Occident là directement ça a été aux mains de société dont le but on peut pas leur reprocher c'est de gagner de l'argent et la situation est assez grave je suis désolé de de de dev voir le dire mais quand je vois que beaucoup d'humains au lieu de s'occuper de leur semblable mettent le nez dans leurs écrans dès qu'ils sont à l'arrêt dès qu'ils ne sont pas en train d'agir de travailler de faire des choses ils se mettent dans leur écran que ce soit à l'arrêt de bus dans le train en groupe quand on est au restaurant au bar et ça c'est beaucoup plus sérieux qu'on ne le croit ça crée des difficultés ça nous coupe du monde ça nous coupe des autres ça nous coupe du monde qui nous entoure et et en plus avec le phénomène des réseaux sociaux qui pousse les gens à ne consommer que des des liens avec des personnes virtuelles du même avit que c'estàdire on perd l'habitude de la discussion la conversation de l'échange même l'échange contradictoire donc on a plus comme recours que l'indifférence ou la violence quand on rencontre des humains qui sont pas d'accord avec comme on a plus cet entraînement des frottement de la conversation au quotidien au réel fuit ça puisqu'on est dans nos écrans et bien quand on se trouve ter un humain qui est pas d'accord avec nous on l'ignore ou on l'agresse et donc tout ça est préoccupant et donc quels sont vos conseils moins d'écran plus de lien moins de de temps d'écran alors pour les enfants il y a une règle qui me semble simple enfin on connaît tous la règle les 3 6 9 12 hein voilà pas d'écran avant quel qu'il soit avant 3 ans et cetera et cetera et il y a aussi chez les enfants le temps d'écran devrait jamais dépasser le temps passé dans la nature ou en plein air et là malheureusement on en est on en est loin après bah c'est toujours pareil c'est quand même au aux adultes à donner l'exemple donc si j'ai des enfants bah si je suis un accro de l'écran je vais faire des enfants à de l'écran et j'en serai responsable faudra pas que je me plaigne après et là la méditation nous aide à ça c'est quand j'arrive quelque part ne pas me jeter sur mon écran mais prendre le temps d'abord de me poser de regarder autour de moi de respirer de me connecter déjà à moi-même de me connecter aux autres humains de regarder passer les gens voilà j'arrive à une terrasse de café un peu en avant parce que j'ai rendez-vous avec quelqu'un pas tout de suite sur l'écran je me connecte à moi je regarde passer les gens je regarde le lieu je je me décontracte un peu mettre des parfeu à ce réflexe de sans arrêt coller mon nez sur les écrans c'est des efforts immense merci beaucoup Christophe j'en viens à la question rituelle du podcast les engagés si vous étiez à ma place quel engager inviteriez-vous bah là récemment j'étais ce weekend pour le l'anniversaire d'une grande association de de patients avec un un collègue et ami qui s'appelle André Baruchel qui est un professeur à l'hôpital Robert de Bray dans un service de dématologie il s'occupe des cancers du sang des enfants qui est un type fantastique voilà des gens comme lui ça fait du bien de les écouter raconter un peu comment comment ils soignent les enfants merci beaucoup Christophe André pour cet entretien vos conseils votre vision de la société et de nos semblables je rappelle que vous êtes psychiatre et que vous avez publié tout récemment un livre qui s'appelle s'estimer et s'oublier chez ODIL Jacob et merci d'être venu au micro des engagés christop merci à vous merci à tous d'avoir écouter ce podcast vous pouvez retrouver les engagés sur Figaro radio le site du Figaro et toutes les plateformes d'écoute surtout n'oubliez pas de vous abonner pour ne rater aucun épisode à bientôt

«Je fais des efforts pour être moins pessimiste et ça marche !» : les conseils de Christophe Andr... — Christian Jacob · Pourquijevote