Municipales 2026 : "Nous restons la première force politique locale", dit François-Xavier Bellamy, eurodéputé LR
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Benjamin Duhamel, Florence Paracuelos, spéciale élection municipale.
Bienvenue dans un grand entretien spécial consacré ce matin, il est vrai, au résultat du second tour des municipales dans un instant dans ce studio. La présidente du groupe insoumis à l'Assemblée, Mathilde Panot, le député Rassemblement National et vice-président de l'Assemblée, Sébastien Chenu. Mais d'abord, nous recevons le député européen et vice-président des Républicains, François-Xavier Bellamy. Bonjour. Merci d'être avec nous ce matin sur France Inter. On attend vos questions, chers auditeurs, au 01 45 24 7000 et sur l'appli Radio France.
Alors François-Xavier Bellamy, on va parler des bonnes nouvelles évidemment pour la droite dans un instant, mais on ne peut pas ne pas commencer par ce principal échec pour les Républicains, pour la droite à Paris. Rachida Dati, largement battu par Emmanuel Grégoire, malgré cette envie d'alternance qui avait été exprimée dans les sondages, malgré la fusion avec Pierre-Yves Bournazel et le retrait de Sarah Knafou. Qu'est-ce qui s'est passé ? Comment est-ce que vous expliquez cette défaite ?
C'est évidemment une très grande déception parce que je pense que les Parisiens avaient besoin de l'alternance à Paris. Et cette alternance, elle était nécessaire pour la capitale parce qu'au fond, la gestion socialiste de la ville apparaît, même aux électeurs de gauche, comme un immense échec. Et je pense en particulier à ce scandale immense qui touche le périscolaire parisien avec des enfants qui sont victimes, qui ont été victimes de trop nombreux enfants, d'une absence de réaction de la mairie face à la réalité des faits, des faits de viol, des faits d'agression sexuelle qui se sont multipliés dans des écoles à Paris.
Ce qui n'a pas empêché François-Xavier Bellamy, les sympathisants parisiens, les sympathisants socialistes de plébisciter Emmanuel Grégoire. Qu'est-ce qui s'est passé ? Est-ce que c'est quoi ? Est-ce que c'est un problème de stratégie de campagne ? Est-ce que c'est un problème de candidate ? Est-ce que Rachida Dati s'est trompé de campagne ? Qu'est-ce qui s'est passé ?
Il s'est passé aussi, comme vous l'aurez constaté, qu'il y a eu une multiplication de candidatures au premier tour qui ont empêché que les électeurs ne se retrouvent réellement au deuxième tour.
Et je crois qu'au second, Pierre-Yves Bournazel s'est affusionné avec Rachida Dati.
Tout en laissant entendre clairement qu'il ne la soutenait pas en réalité. Donc voilà, on voit bien que la division...
Donc c'est de la faute des autres ?
Non, je pense qu'il faudra tirer tous les enseignements de cet échec. C'est un échec. Mais encore une fois, le plus important quand on parle de ces élections municipales, c'est de ne pas se focaliser que sur Paris. Parce que le grand piège de l'analyse, c'est de confondre ces municipales avec Paris. Les Français qui nous écoutent savent que Paris est important, mais que Paris n'en est pas toute la France.
Justement, sortons de Paris, partons pour Nice, avec cette large victoire d'Éric Ciotti sur Christian Estrosi. Dans l'entre-deux-tours, vous aviez refusé de soutenir Christian Estrosi, le maire sortant, alors que votre parti était censé être derrière lui. Du coup, vous êtes content ce matin de la victoire d'Éric Ciotti ?
Ce que nous avons dit avec Bruno Retailleau, c'est que, et je crois que c'est un enseignement qui vaut aussi pour toute la France, et j'espère qu'on en reparlera parce que pour moi, le fait majeur, il est ailleurs. Mais ce que nous avons dit avec Bruno Retailleau, c'est que vouloir gagner une élection municipale, c'est légitime, mais ça n'autorise pas tout et ça n'autorise pas de faire n'importe quoi. Et malheureusement, Christian Estrosi, dans cette campagne, et notamment dans cette dernière ligne droite de la campagne, a tenté de rallier, avec une stratégie communautariste, des voix qui venaient de partout. Il a tenté d'obtenir le soutien, y compris de l'extrême-gauche.
Et nous n'avons fait que dire que nous ne pouvions pas soutenir une stratégie commune qui était...
On peut aussi considérer que vous ne lui avez pas facilité la tâche. Quand le président des Républicains, dans une campagne d'entre-deux-tours, refuse et renvoie dos à dos Christian Estrosi et Éric Ciotti, quand vous-même, vous refusez d'appeler à voter pour le candidat du parti dont vous êtes le vice-président, franchement, vous ne lui avez pas rendu la vie exactement facile dans cette campagne.
Moi, j'ai toujours dit qu'à Nice, et d'ailleurs, il n'y avait pas de candidat investi par les Républicains à Nice, pour une raison assez simple, c'est que les deux candidats en présence sont tous les deux des élus qui ont quitté notre formation politique. Éric Ciotti en 2024, Christian Estrosi en 2017. Et donc, c'était d'une certaine manière au Niçois de trancher, ils ont tranché. Mais ce qui est absolument certain, c'est que cette dernière ligne droite de campagne aura montré que la rupture avec la clarté nécessaire à une campagne ne peut pas aller de pair avec le succès.
Donc, vous avez trouvé qu'Éric Ciotti était plus clair que Christian Estrosi ?
Éric Ciotti, il a tenu sa ligne. On peut être d'accord, on peut être en désaccord avec lui. Mais le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il n'a pas été dans la dernière ligne droite de cette campagne chercher des soutiens à l'extrême-gauche.
Donc, il a eu vos faveurs davantage que Christian Estrosi ?
Non, mais ce que nous avons dit, c'est que c'était au Niçois de trancher. Maintenant, on ne va pas commenter indéfiniment la seule élection dans laquelle LR n'avait pas de candidat.
Non, mais c'est juste que, François-Xavier Bellamy, visiblement, c'est difficile pour vous de porter un jugement clair sur ce qui s'est passé à Nice. Éric Ciotti, il se fait fort d'être le héros de l'union des droites. Est-ce que vous considérez que ce qui s'est passé à Nice valide cette stratégie d'union des droites ?
Moi, je vais vous dire, le grand message pour moi de cette élection municipale, c'est que des candidats de droite, des candidats LR, des candidats qui n'ont jamais dévié de leur ligne, sont ceux qui, hier, ont permis de faire obstacle à l'union de la gauche et de l'extrême-gauche un peu partout dans le pays. À Brest, à Limoges, à Clermont-Ferrand, à Besançon, à Toulouse, ce ne sont pas des candidats qui ont dévié, qui ont changé, qui ont cherché les alliances de circonstances, qui ont gagné. Ce sont des candidats qui sont restés fidèles à leur identité politique. Et pour moi, c'est ça le grand message. C'est la droite qui, aujourd'hui, est la première force politique locale.
Ce sont les Républicains qui restent la première force politique dans nos villes.
Je pense à François-Xavier Bellamy que chaque parti politique vient dans les studios de radio et de télévision pour dire que ce sont eux les grands gagnants de ces élections municipales.
Oui, mais Benjamin Duhamel, vous êtes là pour faire l'avare, si je puis me permettre l'expression. C'est vous l'arbitre. Vous avez la capacité de regarder les chiffres et de dire en toute objectivité ce qui est aujourd'hui la réalité du terrain. La force politique qui a gagné dans ce premier et dans ce deuxième jour des élections municipales. L'arbitrage vidéo dans une compétition sportive. En l'occurrence, on se réfère à un arbitre neutre pour dire et c'est la vérité des chiffres, encore une fois. Aujourd'hui, regardons simplement le premier tour la semaine dernière sur les villes de plus de 9000 habitants.
La droite en a remporté 417 au premier tour, le Parti Socialiste 82, le Rassemblement National 12. Voilà, les chiffres sont assez éloquents. Et nous restons, nous resterons la première force politique locale. Mais surtout, le plus important, c'est que nous restons le barrage le plus efficace pour faire obstacle à cette alliance indécente de la gauche et de l'extrême gauche qui aura été le fait marquant et le plus inquiétant de cette élection municipale.
Le standard vous est ouvert, chers auditeurs, et on a justement David au standard de France Inter. Bonjour, bienvenue David. Je crois que vous étiez, vous avez été électeur de droite, mais que vous ne l'êtes plus.
Oui, bonjour M. Bellamy. J'ai été électeur de droite pendant une bonne dizaine d'années. J'étais militant UMP, puis LR. Et aujourd'hui, voilà, maintenant, je suis militant et électeur RN. Et je voulais demander à M. Bellamy quelle justification il a encore à la non-alliance et qui a donné encore hier à Nîmes une ville aux communistes, alors que M. Proust et M. Plantier auraient pu saisir la main tendue de M. Sanchez, à Marseille de Mme Bassal. Voilà, jusqu'à quand, en fait ?
Merci David.
Réponse de François-Xavier Bellamy.
Alors, à Nîmes, de fait, l'alliance de ces deux candidats pouvait gagner, donc ils ne se sont pas maintenus pour le plaisir, ils se sont maintenus parce qu'ils avaient une chance de garder une mairie dans laquelle la droite était majoritaire. Et si la question se pose, cher monsieur, posez-la alors aux dirigeants du Rassemblement National qui se sont maintenus un peu partout dans le pays. Je pense, par exemple, à Limoges, je pense à Clermont-Ferrand, dans ces villes, pardon. Mais vous ne répondez pas du tout à David.
Ce qui s'est passé, là, pour le coup, vous avez Jordan Bardella qui, dimanche soir, dernier, a dit « Moi, je tends la main à ce qu'il appelle la droite sincère ». C'est vrai que si, par exemple, à Nîmes, il y avait eu une alliance entre les candidats de droite et M. Sanchez, le candidat du Rassemblement National, vraisemblablement, le candidat communiste n'aurait pas gagné. Mais encore une fois, à Nîmes, nos candidats pouvaient gagner.
On ne va pas demander à des candidats de se désister quand ils peuvent gagner. En revanche, à Limoges, à Clermont-Ferrand, des villes qui étaient menacées par l'alliance de la gauche et de l'extrême-gauche, les candidats du RN ne pouvaient pas gagner. Ils se sont maintenus malgré tout. Et donc, c'est la même chose dans de très nombreuses villes. Je le redis et je voudrais dire à David que s'il a milité parmi nous, alors il est urgent qu'il revienne parce que la vérité, c'est que le barrage à l'alliance entre la gauche et l'extrême-gauche, c'est nos candidats qui l'ont rendu efficace hier.
Ce ne sont pas des candidats d'une autre formation politique, ce sont des candidats de droite qui ont gagné à Besançon, à Limoges, à Clermont-Ferrand, à Toulouse, à Brest, à Tulle, dans toutes ces villes où nous avons fait obstacle à cette alliance indécente. Et permettez-moi de revenir sur ce point parce que je crois que c'est le fait majeur. C'est l'enseignement le plus important. Le Parti Socialiste, il y a moins d'un mois, publie un communiqué pour dénoncer le fait que Jean-Luc Mélenchon est en train de dériver vers l'antisémitisme. Il y a un mois, la France Insoumise couvre un lynchage en pleine rue à Lyon.
Et bien aujourd'hui, malgré cela, le Parti Socialiste s'est rangé derrière la France Insoumise. La véritable alliance de la honte, elle est là. Et cette alliance hier, qui a conduit au déshonneur du Parti Socialiste, elle l'a conduite aussi à sa défaite un peu partout dans le pays. Et c'est, je crois, la grande et la bonne nouvelle de cette élection municipale. Mais c'est aussi le grand et le vrai danger pour la vie politique française dans les années qui viendront. Que des élus de gauche soient capables de s'aligner derrière l'antisémitisme, derrière la violence, derrière la brutalisation de la vie politique, derrière l'islamisation du pays.
C'est cela le danger majeur pour notre pays. Et on interrogera dans un instant Mathilde Panot qui vous succédera, la présidente des députés insoumis. Juste, il faut qu'on parle d'un mot, des conséquences de ce scrutin sur 2027. Vous avez, dès hier soir, Laurent Wauquiez qui a dit, il faut qu'il y ait un seul candidat de la droite et du centre jusqu'à même reconquête. Il faut qu'on organise une grande primaire qui ira d'Edouard Philippe jusqu'à Sarah Knafaut. Est-ce que vous tirez la même conclusion que Laurent Wauquiez sur les résultats de ces élections municipales ?
Moi, je crois, comme Laurent Wauquiez l'a dit, qu'il faut réunir tous les électeurs de droite, tous les électeurs qui veulent l'alternance dans ce pays. Et ma conviction profonde, c'est que le message d'hier soir, c'est que ça ne se fera que dans la clarté. En 2027, les Français ne voudront pas la continuation du macronisme. Ils voudront l'alternance. Ils voudront le changement. Et c'est la raison pour laquelle notre devoir aujourd'hui, c'est de leur apporter cette perspective d'alternance qui est l'espérance dont la France a tellement besoin. Avec une primaire ou pas ? Je ne sais pas comment on s'y prendra et on va en parler entre nous, on va en parler pour pouvoir organiser la compétition.
Bruno Retailleau est candidat et je crois qu'il peut incarner cet espoir d'alternance. Maintenant, ce sont, et c'est ce que nous avons dit avec Bruno, ce seront à nos adhérents de trancher. Si vous voulez participer à la désignation, je le dis à tous ceux qui nous écoutent, du candidat qui portera les valeurs de la droite à l'élection présidentielle, c'est nos adhérents qui décideront parce que nous sommes une formation démocratique. Mais mon sentiment, et je le redis, c'est que le message que les Français nous ont envoyé hier soir, c'est que c'est la clarté qui gagne et que la confusion, au contraire, conduit au déshonneur et à la défaite à la fois.
Merci, merci François-Xavier Bellamy d'avoir été au micro de France Inter ce matin.
François-Xavier Bellamy