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InterviewFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 29 octobre 2021 8 minComplaisantFond programmatiqueSantéÉducation & recherche

Margot Turcat et le Pr. Igor Sibon : "Chacun devrait être éduqué à reconnaître les symptômes de l'AVC"

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 80 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:52OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous vous souvenez du moment où ça vous est arrivé ?

  • 1:22OuverteRéponse directe

    Comment vous l'avez compris ?

  • 1:49OuverteRéponse directe

    Et donc là, premier réflexe, vous appelez les secours ?

  • 2:52OuverteRéponse directe

    Vous dites que ça peut arriver à tout âge et ça peut vraiment arriver à tout le monde de faire un AVC, même quelqu'un en bonne santé ?

  • 3:26OuverteRéponse directe

    Alors ce livre, au début, c'était un compte Instagram que j'avais offert pour laisser une trace à mon petit garçon, pourquoi ?

  • 4:30OuverteRéponse directe

    À quel point l'AVC que vous avez fait a transformé votre vie ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:06InvitéChiffre
    « Il est 6h19, les accidents vasculaires cérébraux frappent près de 140 000 personnes chaque année en France. »
  • 0:06InvitéChiffre
    « Soit une personne toutes les 4 minutes, 30 000 en meurent, les autres ont souvent des séquelles. »
  • 3:00PrésentateurFait
    « On sait bien qu'il y a des facteurs de risque bien identifiés, l'hypertension, le diabète et bien d'autres. »
  • 3:05PrésentateurFait
    « Mais il y a aussi des patients qui vont faire un accident vasculaire cérébral sans avoir aucun facteur de risque, notamment des sujets plus jeunes parce qu'il y a des causes qui sont différentes. »
  • 6:15PrésentateurChiffre
    « On estime que chaque minute, on perd 2 millions de neurones. »
  • 6:40PrésentateurFait
    « Des médicaments qui permettent de faire fondre les caillots et qui peuvent être administrés uniquement dans les 4h30 qui suivent le début des symptômes. »
  • 6:46PrésentateurFait
    « Des traitements dits endovasculaires, où on peut, avec un cathéter, aller enlever le caillot, là, qui peuvent être proposés jusqu'à la 6ème heure. »

Temps de parole

  • Invité49 %
  • Invité 228 %
  • Présentateur23 %

3,9 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Invité

Il est 6h19, les accidents vasculaires cérébraux frappent près de 140 000 personnes chaque année en France. Soit une personne toutes les 4 minutes, 30 000 en meurent, les autres ont souvent des séquelles. C'est un problème de santé publique majeur, d'où l'importance de cette journée mondiale de l'AVC pour davantage informer et sensibiliser la population. Informer et sensibiliser, c'est aussi ce que fait votre bande dessinée, Margot Turca. Bonjour. Bonjour. Vous êtes professeure d'art plastique et vous avez pris vos feutres pour dessiner et raconter l'AVC que vous avez eu à 33 ans. et tout ce que ça a changé dans votre vie. Avec nous également, Igor Sibon, bonjour.

0:34
Présentateur

Bonjour.

0:35
Invité

Vous êtes neurologue, président de la Société Française Neurovasculaire et chargé de l'unité neurovasculaire du CHU de Bordeaux. C'est là d'ailleurs que vous avez été soignée, Margot Turca. Oui. Votre BD s'intitule « Mon petit AVC », c'est le récit de votre expérience. Vous racontez tout, l'hospitalisation, le handicap, la dépendance. Est-ce que vous vous souvenez du moment où ça vous est arrivé ? Je m'en rappelle parfaitement parce qu'en fait, j'ai compris assez rapidement que je faisais un AVC, même si je ne voulais pas y croire parce que bêtement, dans ma tête, je me disais « Mais non, on ne fait pas d'AVC quand on est dans la trentaine.

» Mais force est de constater, après analyse de ce qui m'arrivait, au bout d'une bonne demi-heure, j'ai commencé à me dire « Bon, c'est bon, là, tu as tous les signes cliniques, tu es en train de faire un AVC. » Comment vous l'avez compris ? Alors, je l'ai compris parce que dans le cadre de mon métier, j'avais été formée au pommet secours et en fait, je connaissais tous les signes cliniques et progressivement, quand ça s'installait, ce que je pensais au départ être une hypoglycémie, ça a commencé à me muter, je commençais à devenir incohérente, à avoir une faiblesse musculaire, à perdre la parole. Bon, ben là, c'était obligé dans ma tête, je me disais « C'est bon, tu fais un AVC.

» Et donc là, premier réflexe, vous appelez les secours ? Premier réflexe, comme je suis une maman, mon fils avait 14 mois, c'était « Qui va garder mon fils ? » Et après, une fois que je m'étais occupée de cette tâche-là, qui était ma priorité, ça a été d'appeler les secours. Professeur Sibon, il est important le témoignage de Margot Turca parce qu'on voit bien qu'il faut apprendre à détecter les signaux annonciateurs parce que chaque minute compte pour un AVC.

2:15
Présentateur

C'est exactement ça. Je trouve que le témoignage est extrêmement riche, ce qui nous rappelle effectivement la brutalité de l'apparition des symptômes. Il nous rappelle aussi un des symptômes majeurs qui est le trouble du langage qui, comme une déformation du visage ou une partie d'un membre, doivent donner l'alerte. Il rappelle aussi qu'il y a une sorte de déni quand on est jeune parce qu'effectivement, on ne pense pas que ça puisse arriver à cet âge-là alors qu'effectivement, ça peut arriver à tout âge.

Et je pense que le témoignage sur la prévention des premiers secours et formation des premiers secours est très important parce qu'il souligne bien que chacun devrait être éduqué à la reconnaissance des symptômes. Et ça, c'est un élément très important et dès le plus jeune âge.

2:52
Invité

Vous dites que ça peut arriver à tout âge et ça peut vraiment arriver à tout le monde de faire un AVC, même quelqu'un en bonne santé ?

2:58
Présentateur

Exactement. Et c'est là que c'est important de le prendre en compte. On sait bien qu'il y a des facteurs de risque bien identifiés, l'hypertension, le diabète et bien d'autres. Mais il y a aussi des patients qui vont faire un accident vasculaire cérébral sans avoir aucun facteur de risque, notamment des sujets plus jeunes parce qu'il y a des causes qui sont différentes. Mais il faut effectivement penser que ça peut arriver à n'importe qui et à tout âge.

3:19
Invité

Et c'est pour ça que vous avez fait ce livre, Margot Turca, pour en parler, pour dire à tout le monde « Allez faire ces formations, renseignez-vous sur les AVC ». Alors ce livre, au début, c'était un compte Instagram que j'avais offert pour laisser un trace à mon petit garçon parce que je suis partie du jour au lendemain. Et pendant cinq mois, je ne l'ai quasiment pas vu. Alors je voulais lui expliquer. Et c'était aussi destiné à mes amis et à mes proches. Et progressivement, ce compte Instagram a commencé à grossir parce qu'il existe très très peu d'informations pour les jeunes qui ont fait des AVC.

Et j'ai été démarchée par Larousse l'année dernière qui m'a dit « On veut en faire un livre ». Et en fait, c'était une excellente idée parce que moi, quand ça m'est arrivé, je n'avais aucune information sur l'après. Alors effectivement, les premiers secours, c'est important parce que là, aujourd'hui, théoriquement, si tout se passait bien, tous les élèves à la fin de leur collège devraient être titulaires du PSC1. Mais c'est de la théorie. Dans les programmes, ça devrait être fait, mais ce n'est pas forcément fait. Donc oui, je pense que c'est très très important d'en parler et de vulgariser l'AVC parce que les gens ne savent rien sur ce sujet.

À quel point l'AVC que vous avez fait a transformé votre vie ? Ça a transformé parce qu'aujourd'hui, je fais partie des jeunes adultes qui ont fait un AVC, qui se retrouvent handicapés. Alors j'étais professeure d'art plastique. Aujourd'hui, je ne peux plus enseigner et toute ma vie est chamboulée. Et vous ne pourrez plus jamais enseigner ? Je n'en ai aucune idée. C'est quelque chose dont on parle très régulièrement avec mes médecins puisque je suis toujours en soins au CHU de Bordeaux. Et on ne peut pas se prononcer sur le sujet parce que la neurologie, c'est mystérieux. Encore un petit peu. Chaque AVC est différent, chaque patient est différent.

Et du coup, on ne peut pas comme ça faire un tableau prédéfini de ce qui va se passer. Ok. Excusez-moi de vous poser une question personnelle, mais comme vous le racontez dans le livre, je me permets, quelles sont vos séquelles exactement ? Alors elles sont très nombreuses, il faut bien s'accrocher. Je suis aphasique, j'ai un trouble du langage, j'ai une dysarthrie et une apraxie du discours. Donc ça, ça touche le parole. J'ai un béguémone neurologique, j'ai un pseudo-accent neurologique qui fait croire. Des fois, je suis anglaise, les gens pensent ça, mais non, pas du tout. Je suis née à Bordeaux. J'ai une émiparésie droite, donc c'est une faiblesse musculaire.

Je souffre de douleurs neuropathiques au pied droit. J'ai des troubles cognitifs associés, une immense fatigue neurologique. Donc ma vie est complètement chamboulée par ça. J'étais prof et aujourd'hui, j'ai encore du mal à lire, à écrire et à comprendre tout ce qu'on me dit. Donc voilà, ça a complètement entamé ma vie. Professeur Sibon, plus la prise en charge est tardive, plus les séquelles sont importantes. C'est proportionnel ?

6:14
Présentateur

Oui, c'est exactement ça. On estime que chaque minute, on perd 2 millions de neurones. Et donc, cela va avoir des conséquences, bien entendu, extrêmement importantes sur le pronostic fonctionnel, qu'il soit sur le langage, qu'il soit sur la motricité, qu'il soit sur les fonctions cognitives, comme cela vient d'être très très bien évoqué. Donc oui, il faut réagir le plus vite possible. D'autant plus que nous avons des traitements qui peuvent être proposés dans cette phase très aiguë. Des médicaments qui permettent de faire fondre les caillots et qui peuvent être administrés uniquement dans les 4h30, qui suivent le début des symptômes.

Et puis, des traitements dits endovasculaires, où on peut, avec un cathéter, aller enlever le caillot, là, qui peuvent être proposés jusqu'à la 6ème heure. Donc, à chaque fois, c'est extrêmement étroit comme fenêtre temporelle. Et il nous faut vraiment réagir le plus vite possible.

7:02
Invité

Je vais vous parler de caillots. On n'a pas précisé, il faut le faire tout de même, que c'est la cause principale des AVC. Un caillot qui bouche une artère du cerveau et qui empêche l'irrigation et donc l'oxygénation. D'où, voilà, tous ces problèmes et toutes ces séquelles qui s'en suivent. Merci beaucoup à tous les deux d'être venus et d'avoir été en ligne avec nous sur France Inter. Merci, Igor Sibon. Je rappelle que vous êtes neurologue au CHU de Bordeaux et président de la Société Française Neurovasculaire. Et vous, Margot Turca, j'incite vraiment nos auditeurs à lire votre bande dessinée. C'est à la fois tendre. Vous réussissez quand même à nous faire sourire, à nous faire rire.

C'est quand même une belle prouesse sur un tel sujet. Voilà, votre livre Mon Petit AVC est paru chez Larousse. Merci à tous les deux.