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AutreDelphine Batho· 30 juin 2026 23 minMixte

"Ce qu’on est en train de vivre est un drame national" : Delphine Batho invitée d’Yves Calvi sur LCI

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0:08
Invité

37 départements en vigilance rouge. Ce samedi, la France commence à respirer, mais les dégâts catastrophiques sont à l'hôpital. Les deux funérariums de Paris sont donc complets depuis ce matin. Et d'ailleurs, si le phénomène recule, ces effets sanitaires restent devant nous pendant plusieurs jours, nous prévient le gouvernement. Alors quels enseignements en tirer ? Comment mieux gérer les prochaines vagues de chaleur ? Pour en débattre, j'accueille Delphine Bateau, ancienne ministre de l'écologie, présidente de Génération écologie et députée des Deux-Sèvres. Soyez la bienvenue. Julien Marion, directeur général de la Sécurité civile, merci de nous rejoindre.

Corinne Jolie, qui est présidente de Particuliers à Particuliers, autrement dit PAP.fr, et Arlette Chabot, éditorialiste politique. On va commencer par faire un point de la situation. Les chiffres sont impressionnants. 37 départements donc en vigilance rouge. Les appels au SAMU Île-de-France sont en augmentation de 80%. Enfin, 3000 passages aux urgences en 24 heures aux hôpitaux de Paris. Et ce n'est pas tout. Les deux funérariums donc du Paris Intramuros sont complets depuis ce matin. Pierre Barbain, vous nous avez rejoint. Quels sont les indicateurs en ce début de soirée ?

1:07
Locuteur 6

Alors le premier indicateur qui nous a été communiqué il y a quelques minutes, quelques heures maintenant par le SAMU, c'est celui-ci. 109 décès en 24 heures. Cela concerne uniquement, et c'est important de le préciser, les personnes mortes à leur domicile. On ne sait pas pour l'instant si c'est lié à la chaleur. Mais pour mettre tout cela en perspective, c'est en moyenne 7 décès pour une journée dite normale. Alors en forte hausse aussi, le nombre de passages aux urgences toujours dans les hôpitaux de Paris, plus 36% par rapport à une journée normale. Ce qui est important de souligner, c'est que près d'un quart de ces passages concernent des personnes âgées de plus de 75 ans.

Donc des personnes forcément très vulnérables face à la chaleur. On le sait depuis plusieurs jours, il y aura malheureusement, il y a malheureusement des victimes après cet épisode de canicule, après cet épisode de forte chaleur. Emmanuel Grégoire, le maire de Paris, l'a dit il y a quelques jours sur TF1, expliquant qu'il y aura une hausse de la mortalité dans sa ville. Le gouvernement s'y prépare et prépare les esprits. Écoutez justement Stéphanie Riste, la ministre de la Santé à ce sujet.

2:13
Invité

On le sait, c'est médicalement déjà démontré, la canicule de 2003 nous l'a exprimé, mais on est dans des chaleurs encore plus fortes. Donc il y a des conséquences. Il y aura des conséquences sur le nombre de décès supplémentaires. Il y a des conséquences, on le voit avec nos hôpitaux qui sont en tension.

2:32
Locuteur 6

La question désormais est de savoir combien. Impossible de le savoir pour le moment, puisque Santé publique France met du temps avant de publier ces chiffres pour être le plus exhaustif possible. C'est une question simplement de méthodologie. On parle malgré tout de plusieurs semaines avant d'avoir les chiffres exacts de la mortalité liée à cette canicule. Mais on le disait et on le voit, les remontées terrain, comme on le dit, sont inquiétantes. On peut par exemple citer l'exemple du CHU de Rennes qui dit avoir reçu plus d'appels que pendant le Covid.

Dernière source d'inquiétude, vous l'évoquiez, ce sont notamment les entreprises de pompes funèbres qui se disent débordées et pas seulement en Ile-de-France. Il y a plusieurs endroits. Écoutez à ce propos Gautier Caton qui est le porte-parole de la Fédération du funéraire.

3:20
Locuteur 8

La situation évolue relativement vite depuis 24 à 48 heures parce que la Fédération nationale du funéraire a fait une étude nationale en lundi, mardi et la situation n'était pas du tout critique. En revanche, depuis maintenant 24 à 48 heures, on constate une saturation des chambres funéraires avec une grande disparité selon les régions, mais l'Ile-de-France et la région centre pour le moment en tout cas sont relativement impactées. Et l'enjeu pour nous, en tout cas professionnels du funéraire, c'est de pouvoir accueillir les familles dans les bonnes conditions et également leurs défunts.

3:54
Locuteur 6

Vous avez entendu, il disait relativement impacté Gautier Caton. La preuve que cela va très vite, on a depuis appris que les deux funérariums à Paris étaient complets. Ce que l'on sait, c'est qu'il y a une option qui est possible, qui est potentiellement envisagée, c'est d'ouvrir une chambre funéraire à Rungis puisque les deux autres funérariums sont complets. C'était déjà arrivé, on s'en souvient tous, c'était en mars 2020 pour le début de la pandémie de Covid.

4:18
Invité

Et c'est très impressionnant. Merci beaucoup Pierre. Pierre Barbin, avant de donner la parole à nos autres invités, nous faisons un premier point avec vous, si vous le voulez bien Julien Marion. Le plus dur est-il à venir ? Je parle bien entendu des prises en charge. Ça a été très bien dit à l'instant. L'impact sanitaire de la canicule, il est encore devant nous puisqu'il y a une latence. Les organismes réagissent avec décalage aux effets de la chaleur. Et c'est ce qui vient d'être expliqué dans votre reportage. Il y a eu une bascule jeudi. Et depuis jeudi, on mesure effectivement une augmentation très nette de l'activité sanitaire liée à la canicule.

Tout ce qui a été fait, tout ce qui a été mis en oeuvre depuis le début de cet épisode de canicule par les pouvoirs publics, ça avait un objectif, c'était de limiter autant que possible l'impact sanitaire. D'où les mesures d'interdiction qui ont pu être prises, d'où les incitations à ne pas consommer de l'alcool, voire l'interdiction de consommation d'alcool, etc. Il y a encore quelques conseils que vous pensez devoir donner ce soir en dérivée dans cette émission ? On ne les donnera jamais assez. Beaucoup, et en fait l'essentiel repose sur la responsabilité individuelle de chacun. Quand il fait très chaud, on ne fait pas de sport en pleine journée.

Quand il fait très chaud, on évite de boire de l'alcool, parce que l'alcool accélère les effets de la canicule sur l'organisme. Quand il fait très chaud, on évite par exemple d'aller se baigner dans des endroits non surveillés, etc. Tout ça, toutes ces consignes et toutes les mesures qui ont été prises, ce n'est pas pour embêter les gens, c'est pour sauver les vies, c'est pour éviter que les hôpitaux soient encore plus surchargés, parce qu'il y a la prise en charge des malades de la canicule, et puis le reste, pendant la canicule, on continue à opérer les gens, on continue à soigner nos compatriotes, il faut que l'hôpital puisse tenir. Vous craignez une forme d'inconscience ?

On a tous été marqués quand même par ce qu'on a vu les uns et les autres pendant ces jours de très très forte chaleur, c'est-à-dire des personnes qui continuent à faire du sport en pleine journée, c'est totalement irresponsable. Et d'ailleurs, ce qui est intéressant, c'est que dans les personnes qui viennent à l'hôpital, on ne trouve pas que des personnes âgées ou des jeunes enfants, on trouve également des personnes dans la force de l'âge, si je puis dire, qui sont là parce qu'elles ont eu un comportement irresponsable. Donc il faut en appeler plus que jamais à la responsabilité individuelle de chacun, les pouvoirs publics sont là aussi pour veiller à ça.

Les Français doivent-ils davantage se prendre en main ? Est-ce que vous pensez qu'il y a un problème de responsabilité individuelle ? Bien sûr. On n'est pas là pour donner des leçons, mais on est là pour donner une photo de la réalité. Les pouvoirs publics font beaucoup. Il y a une mobilisation très forte de tout l'appareil d'État autour de cette vague de canicule depuis son tout début. Mais ça ne remplacera jamais, ça ne pourra jamais se substituer à la responsabilité individuelle de chacun. Je pourrais vous parler également de la responsabilité individuelle dans le domaine des feux de forêt.

Nos pompiers, vous savez, nos pompiers qui vont porter secours et assistance aux personnes qui souffrent de la canicule, ce sont les mêmes qu'on peut mobiliser pour aller éteindre les incendies. 9 sur 10 sont d'origine humaine. Vous voulez y réagir ?

7:11
Delphine Batho

Oui. D'abord, ce qu'on est en train de vivre, c'est un drame national. Et on parle des chiffres sur le nombre de morts, chiffres qu'on n'a pas. Moi, je souhaiterais qu'il y ait la transparence, sans attendre la fin de l'année 2026. Mais on parle de personnes. On parle de parents, de grands-parents. Ce ne sont pas des numéros, les gens qui sont morts. Et ce sont des morts que l'on pouvait éviter. Il n'y a aucune excuse à l'impréparation dont le gouvernement a fait preuve face à la vague de chaleur extrême qui est arrivée.

7:45
Invité

Qu'est-ce qu'il devait faire ?

7:46
Delphine Batho

Il devait avoir un plan pour que chacun sache ce qu'il a à faire. Il fallait envoyer les scientifiques à la télévision, expliquer ce qu'est une alerte rouge Météo France. Une alerte rouge Météo France, ça veut dire qu'il y a des risques, même pour les personnes en bonne santé. Il fallait organiser des abris de fraîcheur. Et c'est encore une question qui est posée, parce qu'on n'est pas tiré d'affaires pour l'ensemble de l'été 2026. Il faut des abris de fraîcheur. Et dire à tout le monde une chose simple. Quand il y a une vague de chaleur extrême, il faut au minimum passer 2 à 3 heures par jour dans un endroit rafraîchi. C'est une question de santé qui est absolument majeure.

Et là, qu'est-ce qu'on voit ? On a un gouvernement qui engueule les gens, qui fait comme si pour les Françaises et les Français, c'était une question de confort, comme si on était des chochottes. C'est le ministre de l'Éducation nationale qui dit qu'il ne regrette pas d'avoir maintenu le brevet des collèges, dans des collèges où il faisait des températures insoutenables. C'est le ministre du Travail qui dit qu'on ne va quand même pas arrêter la France quand il fait 30 degrés, alors que ça lui a peut-être échappé, mais il fait 40. C'est la ministre de la Santé, la ministre de l'Écologie qui disent « Je ne suis pas Madame Météo ».

Franchement, est-ce qu'on peut se ressaisir et être un peu sérieux face à la gravité de ce qu'on est en train de vivre ?

9:09
Invité

Alors, on va se poser 3 questions. Et la première, je sais que vous allez réagir. Faut-il climatiser la France ? En tout cas, pas pour notre ministre de la Transition écologique, Monique Barbu. Écoutez la ministre.

9:21
Locuteur 4

Je suis horrifiée par les gens qui me disent « Ah, mais il n'y a qu'à mettre la clim partout. Très bien, on va mettre la clim partout. Vous croyez que ça va éviter un feu de forêt ? Vous croyez que ça va éviter une culture de ne pas exister ? Vous croyez que ça va éviter la mort des animaux que nous voyons ? Vous croyez que ça va éviter quoi ?

9:42
Invité

Rien. Selon un sondage Odoxa Blackbone Consulting pour le Figaro, 8 Français sur 10 soutiennent la généralisation de la climatisation. Qu'en pensez-vous, Arletchabot ? Et est-ce que vous le comprenez ?

9:55
Locuteur 2

Je comprends la réaction des Français. D'ailleurs, on les voit qui se précipitent parce que, franchement, face à la difficulté de vivre dans des logements, dans des appartements, forcément, ils se disent qu'ils vont acheter pour leurs enfants ou pour des personnes âgées qu'ils côtoient ou dont ils ont la charge. C'est absolument logique. Après, moi, je vais vous dire très franchement, ça fait trois semaines qu'on est dans ce débat sur la climatisation. Alors, qu'on soit pour ou contre, il y a des arguments mis sur la table. Je ne sais pas ce qu'en pense d'Elphine Bateau, mais c'est une mesure d'urgence que, finalement, tout le monde accepte. Voilà.

Après, c'est soit un argument politique, certains en ont fait un argument politique, soit d'autres, finalement, sont un peu plus pragmatiques. C'est le cas, par exemple, de Marine Tendelier, qui, depuis une semaine, dit que ce n'est pas un tabou dans l'urgence de mettre des climatisations. Mais je pense qu'honnêtement, limiter le débat à ce sujet des climatiseurs, ça me consterne. Parce qu'effectivement, il y a tellement d'autres sujets qu'il faut mettre sur la table. Vous pensez à quoi ? Des sujets sur le long terme. C'est-à-dire que là, on est dans l'urgence. Il faut effectivement prévenir ce que dit Delphine Bateau.

Vous voyez, moi, l'histoire d'alerte rouge, alerte orange, je n'avais pas tout à fait compris. Donc, j'ai appris quelque chose à l'instant. Et ensuite, il faut quand même commencer à mettre sur la table, si on engage des discussions, sur la phase suivante. Et après, qu'est-ce qu'on fait ? D'autant qu'effectivement, il y a peut-être une autre vague de chaleur qui va nous tomber dessus dans les semaines qui viennent. Donc, je trouve que limiter ce débat à ce sujet, et je ne prends pas parti, pour ou contre,

11:27
Invité

Moi, il me paraît nécessaire, mais vous nous dites, oui, qu'il y a une dimension à la crise qui mérite d'être dépassée. Dépassée, et assez vite. Partagez cette analyse.

11:38
Présentateur

Oui, la climatisation, en fait, je ne comprends pas pourquoi on se polariserait là-dessus. C'est une solution qui est nécessaire dans certains cas. D'abord, dans les établissements où il y a des populations fragiles, et en fonction du bâti, honnêtement, il y a des établissements, soit on les détruit, soit ils ne seront jamais vivables pendant une canicule. On voyait dans un sujet une école avec une verrière. Quand vous avez fait une verrière dans une école sans climatisation, c'est impossible, en fait, d'obtenir une température acceptable. On utilise beaucoup, ces dernières années, le verre dans les constructions.

Le verre, ça fait rentrer la chaleur par rayonnement, et ensuite, c'est très difficile de le contrer. Donc, je pense qu'il y a beaucoup de questions à se poser sur le bâti, justement, on n'a pas préparé les logements ces dernières années. On s'est énormément concentré sur les passoires thermiques, donc faire en sorte que les logements consomment moins en hiver. Et en fait, on n'a pas du tout traité la question de l'été. Elle est assez méconnue. Dans certains cas, pour améliorer les performances énergétiques d'un bien, on le dégrade dans sa capacité à gérer l'été, et on crée ce qu'on appelle des bouilloires thermiques. Donc, tout ceci, on s'est vraiment concentré sur l'hiver, en fait.

Maintenant, on voit qu'on va avoir de plus en plus de canicules. Donc, il faut intégrer l'été. Alors, la bonne nouvelle, c'est qu'on sait faire en sorte qu'un logement soit à la fois performant en hiver et performant en été, au sens où il conserve de la fraîcheur. mais il faut le faire. Et c'est des travaux et ça va être des plans longs. Ça demande une certaine vision. Et là où je rejoins ce qui vient d'être dit, c'est que la question, ce n'est pas oui ou non la climatisation. Il faut un plan global qui est prêt, qui tient en compte les différentes contraintes qu'on a. Là, on sort d'une canicule. N'oublions quand même pas l'hiver, parce qu'en hiver, ce sera un autre problème.

On parlera des consommations d'énergie, donc une vision.

13:28
Invité

Ma première... Comment dirais-je ? J'avais 16 ans, on était en 1976. J'ai l'impression que le débat n'a absolument pas évolué depuis. Est-ce que j'exagère ou est-ce qu'on en est quand même un peu là ?

13:41
Delphine Batho

Non, on n'en est pas là parce qu'on sait exactement à quoi s'en tenir en termes de changement climatique. Et on savait que ce qu'on appelle le franchissement du seuil de 1,5 degré de réchauffement mondial, qu'on vit là, se traduirait par plus 7 jours de nuit tropicale en France et une augmentation de 50% du risque de canicule extrême. Donc, personne ne peut être malheureusement surpris par ce qui nous arrive. Ça, c'est la première chose. La deuxième, c'est pas de relâchement par rapport à l'été 2026. La troisième, c'est que oui, évidemment, il y a une question de la fraîcheur et du froid, qu'il y a des endroits qui doivent être climatisés.

Quand j'entends le Premier ministre dire qu'on va prévoir la climatisation des EHPAD pour dans 10 ans, je me dis qu'on n'a pas compris en fait l'urgence dans laquelle on est. Maintenant, la question, c'est celle de la fraîcheur et du froid. Et il y a des climatiseurs autres que ceux qui polluent et ceux qui réchauffent les rues. Il y a les arbres, il y a l'ombre, il y a l'isolation des logements. Donc, ce qu'on doit faire, c'est une mobilisation générale de la République, ce que j'appelle une république terrestre qui organise notre adaptation au changement climatique tout simplement pour une chose, c'est que la France reste un pays vivable et où on a une certaine qualité de vie.

15:03
Invité

Je continue nos trois questions taboues. Faut-il stocker l'eau l'hiver pour l'utiliser l'été ? Comme dites-vous ? C'est des choses qui se font déjà dans certains territoires. Oui. Donc, ce n'est pas quelque chose de révolutionnaire. Là, je vous demande si d'après vous, il faut le généraliser. La ressource en eau, c'est la clé. De toute façon, tout le monde le sait, j'enfonce une porte ouverte en disant ça. Le sujet, c'est plus que le stockage, c'est la gestion de la ressource en eau, en réalité. L'eau mobilise beaucoup plus, en réalité, les acteurs de la sécurité civile que le feu. Oui, bien sûr. L'eau tue beaucoup plus que le feu, par exemple.

Les inondations, en particulier, qu'on connaît sur chaque sortie d'été. Donc, la question de l'accès à la ressource en eau et surtout de la gestion de la ressource en eau, c'est quelque chose d'absolument central. Je pense qu'il faut, sur ce sujet, comme sur beaucoup d'autres, se garder d'avoir des visions trop schématiques et trop globales. Il faut regarder territoire par territoire. Il y a des territoires où ça peut certainement être une réponse adaptée, mais d'autres, non.

16:09
Delphine Batho

J'ai vu que vous me faisiez signe. Oui, parce que d'abord, là, on est dans une situation critique immédiate pour la situation de la ressource en eau pour l'été 2026 et pour la sécurité en eau potable. Donc, ma demande qu'on ait une approche en termes de sécurité nationale, des conséquences en cascade de la canicule, du risque ou pas qu'elles se reproduisent au cours de l'été et des mesures de précaution et de prévention à prendre, elles se posent de façon critique sur la ressource en eau. Donc, ça, c'est la première chose. On sait où en sont nos lacs créatiques ? Oui, on le sait en temps réel. En temps réel ? Ce que je dis, c'est que... Mais qui détient cette information ? C'est le BRGM.

Mais là, la... Le BRGM ? Oui, le Bureau de Recherche Minière et Géologique. Merci. Voilà. Donc, ça, on l'a. Mon point, c'est de dire, en fait, là, on n'en parle pas, mais il y a des conséquences graves et en cascade sur l'agriculture, sur la nature, sur la faune et la flore. Et on doit, garantir notre sécurité en eau potable pour l'ensemble de l'été. Donc, ça, c'est une première chose. La deuxième, c'est qu'en termes de stockage d'eau, il y a les arbres, il y a les forêts, il y a les rivières, il y a les fleuves, il y a les zones humides et il y a les nappes phréatiques.

Et donc, en fait, ce qu'il faut bien comprendre, c'est que les solutions technologiques de type grande infrastructure qui coûtent très cher, qui consomment de l'énergie, etc., seront toujours moins résilientes que le fait d'organiser, en fait, la capacité de nos paysages, de nos sols agricoles et de nos milieux naturels à faire un rôle d'éponge et à stocker naturellement de l'eau.

17:46
Invité

Je constatais en préparant cette émission que 30% des logements classés A sont des bouilloires thermiques. En fait, trop bien isolés. C'est ce que vous avez commencé à aborder il y a quelques instants. Alors, vous savez, c'est toujours facile après de donner des leçons, mais j'ai quand même été surpris.

18:01
Présentateur

On ne l'a pas vu arriver, ça ? On s'est concentré sur les passoires thermiques. Donc, effectivement, le diagnostic de performance énergétique, il mesure combien le logement consomme en hiver d'énergie pour chauffer et donc il ne mesure pas à quel point il retient la chaleur et, effectivement, parfois c'est contradictoire si vous faites un logement très bien isolé mais que vous avez, par exemple, des baies vitrées par lesquelles la chaleur va rentrer. L'isolation, elle va marcher dans les deux sens. La chaleur va rentrer et elle va rester emprisonnée à l'intérieur du logement. Et donc là, vous allez avoir un logement qui est très bien classé mais en été qui peut devenir invivable.

Donc, pour gérer la chaleur, il faut vraiment faire attention aux ouvertures. La bonne nouvelle, c'est que les solutions sont quand même, avant de mettre des climatisations partout, il y a quand même vraiment des solutions sur les ouvertures. Il faut construire, moi je pense que, bon, les baies vitrées, honnêtement, je sais qu'on aime bien la luminosité mais je pense que ce n'est pas une bonne idée. Souvent, si vous allez dans le sud, les architectures sont quand même, il y a les fenêtres qui sont plus petites et puis vous avez toujours des volets parce qu'il faut pouvoir fermer. Historiquement, c'était nécessaire. Voilà.

Et en fait, il faut quand même revenir à ces principes de base qui protègent de la chaleur depuis longtemps. Il faut empêcher la chaleur de rentrer dans le logement une fois qu'elle est rentrée. Après, il y a aussi des solutions d'urgence. Là, si on va probablement avoir de nouvelles canicules cet été. C'est les couvertures. Voilà. Il y a quand même deux solutions qui peuvent se mettre en place rapidement. C'est les couvertures de survie sur les fenêtres. Ça marche quand même très bien. Si vous les posez à l'extérieur des fenêtres, ça va empêcher 80% du rayonnement de rentrée.

19:34
Invité

C'est la première fois que j'entends ça. Excusez-moi.

19:37
Présentateur

Ah non, c'est très efficace. C'est très efficace.

19:39
Delphine Batho

C'est le symbole de ce qui est en train de se passer. Si vous avez des visuels des opétences. Ça marche dans les opétences. Je mets des couvertures de survie chez moi. Il y a même une pénurie

19:47
Présentateur

de couverture de survie. Et la deuxième solution dans le même registre, c'est le blanc de meudon. Vous prenez du blanc de meudon. C'est quoi le blanc de meudon ? C'est une poudre blanche. Et en fait, vous allez mettre de l'eau et la badigeonner sur vos fenêtres. Et même objectif, empêcher le rayonnement de rentrer. En fait, il faut empêcher la chaleur de rentrer. Et vraiment, ces deux solutions-là, vous pouvez quand même baisser de plusieurs degrés. 4 degrés à peu près. Voilà. Donc, ça fait quand même une différence. Donc, même si vous n'avez pas de volet, il y a des solutions d'urgence vraiment pas très chères qui existent.

Donc là, si on a des canicules qui doivent revenir, j'invite tout le monde à surveiller les stocks, ceux qui n'ont pas encore leur couverture de survie ou leur blanc de meudon. Surveillez les stocks et essayez d'en avoir toujours parce que ça peut vraiment faire une différence sur la température dans le logement. Il faut protéger les vitres.

20:32
Invité

Vous connaissiez

20:32
Locuteur 2

ces deux outils, Arlette ? J'ai appris avec cette canicule qu'effectivement, il y avait d'autres solutions et surtout, comme tout le monde m'a un peu étonné, c'est les couvertures de survie à l'hôpital parce qu'il n'y a pas de volet sur les hôpitaux et ça, c'est aussi quelque chose d'assez étonnant même dans les hôpitaux qui ont été « rénovés » où effectivement, on a considéré que... La bonne nouvelle,

20:57
Présentateur

c'est que la couverture de survie marche presque mieux que les volets si vous les mettez à l'extérieur. Mais on connaît en fait, c'est ce qu'on met dans les voitures. Donc on sait très bien, ça évite le soleil de rentrer.

21:05
Delphine Batho

Mais sur les normes, par rapport à ce que vous disiez, ça fait 5 à 10 ans qu'on le dit, que le standard en fait de ce que c'est qu'un logement bien isolé, thermiquement, etc., doit prendre en compte la problématique des vagues de chaleur et de ce qu'on appelle le confort d'été. Donc c'est malheureusement pas une découverte et c'est un changement qui a été refusé à plusieurs reprises.

21:30
Invité

Julie Marion ? Je n'ai pas de commentaire particulier à faire là-dessus si ce n'est qu'effectivement on découvre à la faveur de cette canicule des moyens de mieux isoler nos logements. Ça renvoie là encore, je pense, à la responsabilité individuelle de chacun et on voit bien qu'il y a, au-delà de ces mesures palliatives d'urgence, une réflexion beaucoup plus globale à engager mais qui excède de beaucoup la réponse immédiate. Bon, les derniers éléments qu'il faut peut-être faire dire ou faire entendre une nouvelle fois à nos téléspectateurs ce soir, autant plus que ça va durer.

Très concrète et pragmatique, nous avons un épisode orageux qui arrive sur notre pays par l'ouest et qui va être possiblement violent, notamment ici en région Île-de-France. Donc j'invite ceux qui nous écoutent à respecter les consignes de prudence en cas d'épisode orageux, en cas d'orage violent, on se met à l'abri, on ne sort pas, on se protège. Ça, c'est pour cette soirée et une partie de la nuit. Je rappelle également que nous sommes rentrés dans la saison feu de forêt comme tous les ans à la même époque.

La canicule que nous sommes en train de vivre a eu un impact évident sur l'état de la végétation et donc le risque feu de forêt augmente et notamment la semaine prochaine puisqu'on attend du vent dans le sud de la France. Donc ça veut dire que mécaniquement, le risque feu de forêt va augmenter. Je disais tout à l'heure que 9 feux sur 10 sont d'origine humaine. Donc là aussi... C'est faramineux, oui. Humaine, ça ne veut pas dire volontaire. Vous avez compris. Mais d'origine humaine.

Et donc ça veut dire que là encore, le rappel des bons comportements, on ne jette pas son mégot par la portière de sa voiture, on ne fait pas de barbecue dans une zone à risque, on respecte les obligations légales, le débroussaillement. Là encore, tout ça, ce n'est pas pour embêter les gens, c'est pour protéger les vies, protéger nos bâtiments. Donc merci à ceux qui nous écoutent de faire très attention. la semaine prochaine sera une semaine compliquée sur le front des feux de forêt. Merci infiniment à vous tous d'avoir participé à ce premier débat.