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Podcast / conversationC dans l'air (sur YouTube)· 6 juin 2026 12 minComplaisantPortrait personnelInstitutions & électionsSolidarités & famille

Bernadette Chirac : "une acharnée sans violence"

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Chapitres

Questions et réponses

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  • 0:00OuverteRéponse directe

    Votre dernier livre a été publié chez Odile Jacob. Anne Fulda, pour vous, Bernadette Chirac était l'incomprise qui a réussi à se faire aimer.

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    Une de ses amies disait d'elle que c'était "une acharnée sans violence".

  • 0:30OuverteRéponse directe

    Elle a réussi à s'imposer dans un monde politique dans lequel une femme de président et même une femme tout court n'était pas la bienvenue.

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    Elle s'est engagée auprès de son mari en Corrèze. Une fois celui-ci à l'Elysée, elle a réussi à se faire une place.

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    Bernadette Chirac était froide, pas très liante.

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    Elle n'était pas toujours aimable et affable. Elle pouvait être d'un abord assez rude.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:15Anne FuldaFait
    « Une de ses amies disait d'elle que c'était "une acharnée sans violence". »
  • 0:30Anne FuldaFait
    « Elle a réussi à s'imposer dans un monde politique dans lequel une femme de président et même une femme tout court n'était pas la bienvenue. »
  • 0:45Anne FuldaFait
    « Elle s'est engagée auprès de son mari en Corrèze. Une fois celui-ci à l'Elysée, elle a réussi à se faire une place. »
  • 1:00Anne CasseFait
    « Bernadette Chirac était froide, pas très liante. »
  • 1:15Anne FuldaFait
    « Elle n'était pas toujours aimable et affable. Elle pouvait être d'un abord assez rude. »
  • 1:30Anne CasseFait
    « Elle faisait mémère. Jacques Chirac voulait incarner la modernité. »
  • 1:45Pierre PerrineauFait
    « Elle avait conscience de tout cela. Elle en parlait avec pas mal d'humour et de distance. »
  • 2:00Anne CasseFait
    « Qu'est-ce qui fait qu'elle marque autant les Français? »
  • 3:00Anne CasseFait
    « Qu'est-ce qui fait qu'il y a eu une Bernadette-mania? »
  • 3:15Anne FuldaFait
    « Elle est devenue populaire lorsqu'elle a fait ce livre avec Patrick de Carolis. »
  • 3:30Anne CasseFait
    « Elle a reconnu qu'elle avait avalé beaucoup de couleuvres, notamment concernant les femmes. »

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Jean Guarrigues, bonsoir. Votre dernier livre a été publié chez Odile Jacob. Anne Fulda, pour vous, Bernadette Chirac était l'incomprise qui a réussi à se faire aimer. -A.Fulda: Une de ses amies disait d'elle que c'était "une acharnée sans violence".

Elle a réussi à s'imposer dans un monde politique dans lequel une femme de président et même une femme tout court n'était pas la bienvenue. Christine Clerc l'a connue aussi. Elle y est allée un peu à reculons.

Elle s'est engagée auprès de son mari en Corrèze. Une fois celui-ci à l'Elysée, elle a réussi à se faire une place. Elle a été élue, réélue et elle est même devenue populaire. -A.Casse: Bernadette Chirac était froide, pas très liante. - Anne Fulda: Elle en avait tout à fait conscience.

Elle n'était pas toujours aimable et affable. Elle pouvait être d'un abord assez rude. Elle pouvait être assez rosse.

Juste après l'élection de Jacques Chirac, il y avait des images où elle a repoussé des gens d'un air agacé, car il y avait un peu la cohue...

Quand il est élu en 1995, Jacques Chirac est élu après une campagne sur la fracture sociale. Bernadette Chodron de Courcel, elle n'est pas bien vue par les communicants de Jacques Chirac. Elle ne faisait pas moderne. -A.Casse: Elle faisait mémère.

Jacques Chirac voulait incarner la modernité. Le premier 14 juillet après sa victoire, il y a une tablée avec des jeunes. Il est vite décidé qu'elle ne sera pas autour de la table. -P.Perrineau: Elle avait conscience de tout cela.

Elle en parlait avec pas mal d'humour et de distance. Elle était très lucide sur celles et ceux qui l'entouraient. Le terme "acharnée sans violence" lui colle à la peau.

C'était une acharnée sans violence mais pas sans défense. C'était une femme qui avait un humour vachard...

Elle avait une manière de qualifier nombre de collaborateurs de son mari. Souvent, elle tapait juste. D'autre part, c'était une femme, et c'est un élément qui m'a frappé, une femme qui avait des valeurs.

C'était vraiment une catholique. Elle y croyait véritablement. La foi catholique était pour elle quelque chose d'important, comme repère personnel mais aussi comme inspiratrice de pratiques.

Je l'ai rencontrée dans des moments compliqués, de deuil dans la famille... -A.Casse: La perte de sa fille? -P.Perrineau: Non, la perte de son gendre.

Le premier époux de Claude Chirac. J'avais été frappé par la manière dont la foi n'était pas un vague référent. Cela mettait aussi en pratique une capacité à aider ceux qui étaient touchés par cette disparition à dépasser leur deuil.

Elle avait un sens des réalités. J'étais assez sensible à ça. Je me souviens de discussions, en particulier avant la présidentielle de 2002, où personne ne pensait qu'il y avait un risque que Jean-Marie Le Pen s'invite au second tour, et elle, elle l'envisageait comme une hypothèse à prendre sérieusement.

Ca suscitait des ricanements. -A.Casse: Une autre expression lui a beaucoup collé à la peau, celle de la tortue.

Jacques Chirac expliquait ce surnom. Bernadette Chirac l'acceptait. -B.Chirac: Je suis lente.

Je suis très lente. Surtout par rapport à mon mari, qui est un rapide, et qui m'en fait souvent le reproche. -J.Chirac: La tortue est un animal familier, sympathique, chaleureux.

Ca n'a rien de désobligeant d'être comparée à une tortue. Elle gagne, par rapport au lièvre. -A.Casse: C'est tout de même peu flatteur. -C.Clerc: Elle s'en amusait.

Elle avait appris à accepter beaucoup de choses. A partir du moment où elle a décidé de réagir, de ne plus être uniquement la servante du Seigneur, ou bien d'être encore mieux, c'est-à-dire de l'aider à le faire élire...

Quand Jacques Chirac allait en Corrèze pendant le week-end, elle y allait en semaine. Elle a commencé à prendre les devants. Elle s'est multipliée.

Elle est allée dans les campagnes. Elle était en chaussures plates, en paysanne, si l'on peut dire. Elle adorait aller chez les paysans.

Il lui doit énormément, Chirac. Elle a fait campagne pour lui. Elle a gagné des électeurs.

Elle a renoncé...

Il lui a fallu renoncer à sa vanité propre de grande famille aristocratique pour devenir "la servante du Seigneur", comme elle disait. -A.Casse: C'est difficile, quand on regarde Jacques Chirac parler du rôle de Première dame, dire qu'une bonne Première dame doit être discrète.

Dès le début, elle se met au service de son mari, jusqu'à prendre des cours de dactylo pour taper ses fiches lorsqu'il prépare l'ENA. -C.Clerc: Avant elle, la Première dame n'existe pas.

Les Premières dames, avant, elles recevaient des artistes, elles faisaient des réceptions...

Elles n'allaient pas sur le terrain voir les électeurs. -A.Casse: Je voudrais que l'on reste sur la conquête, pour mieux comprendre ce couple. -J.Garrigues: La Première dame de France, déjà, ça n'existe pas.

C'est la femme du président. Mais c'est sans doute la femme de président qui a joué le plus grand rôle politique de toute la Ve République, de toutes les femmes de président. C'est un paradoxe.

Au départ, elle est un peu dans l'ombre. Elle aide son mari. Elle ne finit pas ses études à Sciences Po pour favoriser la campagne de Jacques Chirac.

Elle va toujours l'épauler, ensuite. Mais il y a une grande modernité chez cette femme dont la famille remonte à la noblesse du Second empire. Elle fait une carrière politique toute seule.

Pendant 30 ans, elle est conseillère municipale, conseillère générale...

Elle est conseillère politique de Jacques Chirac, et très avisée. Elle n'était pas très favorable à la dissolution de 1995, par exemple. -A.Casse: Qu'est-ce qui fait qu'elle marque autant les Français?

Un registre est ouvert depuis 15h à l'Elysée pour lui rendre hommage. Qu'est-ce qui fait qu'il y a eu une Bernadette-mania, à un moment donné? -A.Fulda: Elle a conquit sa place.

Au début, elle ne l'avait pas. C'est devenu presque un personnage. Les humoristes ont parfois été rudes avec elle. "Les guignols", sur Canal+, c'était parfois rude.

Le couple avait parfois des relations un peu houleuses. Mais dès que sa femme était attaquée, Jacques Chirac était intraitable. -A.Casse: Que faisait-il? -A.Fulda: Il la défendait avec beaucoup de vigueur.

Il n'acceptait pas qu'on dise un mot de travers sur sa femme. C'est un personnage de roman, en fait. Il y a quelque chose d'extraordinairement romanesque.

Vous parliez de sa modernité, mais c'est tradition et modernité, Bernadette Chirac. C'est une vraie liberté de parole. Elle est devenue populaire lorsqu'elle a fait ce livre avec Patrick de Carolis, où elle s'est livrée avec beaucoup de franchise.

Au bureau de Jacques Chirac, ils avaient très peur de ce qu'elle allait dire. Elle a reconnu qu'elle avait avalé beaucoup de couleuvres, notamment concernant les femmes. Elle a été franche.

Elle a dit que c'était l'homme de sa vie. Elle a parlé de la maladie de sa fille pour la première fois de façon officielle. En 1996, je voulais consacrer un chapitre à Laurence dans mon livre.

J'avais compris que c'était quelque chose de très important dans la famille et je voulais en parler dans mon livre. Elle m'avait appelé pour me demander de ne pas en parler. -A.Casse: De ne pas parler de la maladie de sa fille. -A.Fulda: Voilà.

Elle était vraie. -A.Casse: Elle était comment, avec vous? -A.Fulda: Je l'ai connue pendant la campagne présidentielle.

J'étais jeune journaliste. J'avais fait un grand portrait d'elle après l'élection de Jacques Chirac dans Le Figaro. C'était une époque où tout le monde lui courait pas après.

Elle m'avait envoyé un énorme bouquet Elle m'avait envoyé un énorme bouquet Elle m'avait envoyé un énorme bouquet de fleurs après en me remerciant. Elle m'a dit: "Désormais, on me regarde autrement au château." C'était la période faste.

J'avais écrit un livre qui s'appelait "Un président très entouré". Au cours de la promotion, sur un plateau télé, j'avais dit à l'Elysée, il y avait une première dame et une première demoiselle, et que c'était une situation inédite. Il y avait Bernadette Chirac et Claude Chirac, qui avait un rôle important à l'époque.

Elle n'avait pas apprécié cette séquence. Elle était allée dans le bureau de Dominique de Villepin pour demander que je cesse