Dissolution : Porcher dézingue le piège explosif tendu par Macron
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À l'heure où l'on est assommé par les discours de toutes parts, il est bon de se poser, faire le tri et décrypter. Bonjour, Thomas.
Salut, Lisa.
Alors avec toi aujourd'hui au programme, évidemment, la victoire du Rassemblement National aux élections européennes et Emmanuel Macron qui dissout l'Assemblée Nationale. C'est parti. Bardella en tête des élections européennes. Macron qui dissout l'Assemblée Nationale. La soirée d'hier soir est un vrai cap. Hier soir, donc, dimanche soir, avait lieu le vote aux élections européennes. Jordan Bardella, tête de liste RN, a recueilli plus de 31% des voix. Renaissance, parti présidentiel mené par Valérie Ayet, fait 14,6%, donc loin derrière. Et Raphaël Glucksmann, avec la liste PS Place Publique, obtient 13,83%. Ensuite, LFI 9,89%, LR 7,24% et ELV 5,5%.
Et reconquête aura bien des députés européens puisqu'ils ont franchi le seuil des 5% avec 5,47% des suffrages. Une élection où l'abstention ressort grande gagnante, un 48,6% en recul cependant. L'extrême droite a, pendant toute cette campagne des européennes, nationalisé l'élection en réclamant d'Emmanuel Macron la dissolution de l'Assemblée Nationale si le score désavouait le parti présidentiel. Et quelques minutes après le résultat, le président de la République l'a annoncé.
C'est pourquoi, après avoir procédé aux consultations prévues à l'article 12 de notre Constitution, j'ai décidé de vous redonner le choix de notre avenir parlementaire par le vote. Je dissous donc ce soir l'Assemblée Nationale.
Emmanuel Macron a annoncé la dissolution de l'Assemblée Nationale. Qu'est-ce que ça veut dire ? Dans trois semaines, nous voterons pour élire les députés de l'Assemblée Nationale et le gouvernement. Le premier tour sera le dimanche 30 juin, le deuxième tour sera le dimanche 7 juillet, donc dans pas vraiment longtemps. Si le RN arrive en tête, nous aurons un Premier ministre et un gouvernement d'extrême droite. Thomas, comment tu juges la décision d'Emmanuel Macron ?
Moi, je pense qu'Emmanuel Macron veut voir si les Français sont vraiment prêts à aller jusqu'au bout. Parce qu'il y a un vote d'opposition, très clair. Il y a un vote qui met très haut le Rassemblement National. Et là, il veut voir si les Français sont prêts à aller déposer cette fois-ci un vote pour que ce parti gouverne. Il a l'idée, avec les deux débats notamment qu'il a menés avec Marine Le Pen, que chaque fois que le Front National, même s'il monte, chaque fois qu'il est proche du pouvoir, il s'écroule. Il s'écroule parce que les gens se disent qu'ils ne sont pas crédibles, etc. Et donc, ça ne va pas jusqu'au bout.
Donc, il veut vraiment faire la part entre ce qu'il appellerait un vote d'opposition et une clarification sur est-ce que les gens sont prêts à y aller. Et il veut le faire d'autant plus dans un contexte où la gauche est divisée et 10 minutes avant son annonce, elle était quasiment en train de s'entretuer sur les plateaux. Et donc, il parie qu'avec une gauche divisée et avec des gens qui ne sont pas prêts, une grosse partie ferait comme dans les élections. Le Barrage contre le Rassemblement National. Et donc, là, il pourrait dire, je vous ai donné un petit peu comme un référendum, je vous ai donné la parole. Vous avez vu que vous ne voulez pas. Donc, c'est moi qui continue.
Donc, il y a un jeu vraiment depuis le début. De toute façon, je l'ai dit dans un livre que j'ai écrit en 2016. Il s'appelait Introduction inquiète à la Macron-économie. Premier livre contre le projet de Macron, pas sur sa personne, ses réseaux, contre son projet. D'accord ? Avec ce qu'il avait fait notamment en tant que ministre de l'économie. Et les bases du plan, parce qu'il n'y avait pas trop de projets encore, mais il les annonçait. Les bases du plan économique qu'il voulait faire pour la France.
Et à la fin du livre, on termine, on l'a écrit avec Frédéric Farah, on termine en disant, de toute façon, ce qu'il fait va diviser la société et va dérouler le tapis rouge au Rassemblement National. En 2016, c'était écrit. En 2018, j'ai eu un débat avec le porte-parole d'En Marche. Et je lui ai dit, avec ce que vous faites, les lois de travail, les coupes dans la dépense publique, les réformes sur les retraites que vous envisagez à l'époque, c'est la retraite à point, mais ils ont changé. Vous déroulez le tapis rouge au RN. Et lui m'a dit, non, non, non, on veut justement lutter contre le RN. La preuve en est que chaque fois qu'il y a le libéralisme qui passe, vous avez le RN qui monte.
Ça a été le cas en Italie, ça a été le cas en Hongrie, ça a été le cas aux États-Unis. Et c'est le cas aujourd'hui chez nous.
Mais surtout quand il s'inspire des extrêmes droites, on pense encore à toutes les lois, la loi migration, même en application tous les jours, sécurité globale et j'en passe.
Moi, je pense qu'il y a eu dans la tête des dirigeants politiques après 2002. Vous savez, 2002, il y a eu une surprise. Jospin et Chirac devaient être au deuxième tour. Jospin était persuadé qu'il allait au deuxième tour. D'ailleurs, il n'a pas prononcé une seule fois le mot ouvrier dans sa campagne. Il n'est pas arrivé au deuxième tour, c'est Le Pen. Et là, Chirac a fait 80%. Et à partir de ce moment-là, je pense, plutôt que de se dire, il faut absolument faire redescendre le RN, la stratégie, ça a été de le faire monter pour se retrouver face à lui et jouer le barrage républicain. Et là, on nous la joue encore. Et en réalité, c'est ce qui se passe depuis.
À part en 2012 où il y a eu Sarkozy-Hollande, ça a tout le temps continué. Et le but, c'était ça, de faire monter le Front National pour essayer d'arriver face à lui et se faire élire avec le barrage républicain. Donc, à jouer à ce jeu, on voit aujourd'hui le résultat. C'est-à-dire que soit vous allez chercher des voies à l'extrême droite, comme l'avait fait Sarkozy en 2007 notamment, sur la sécurité, sur plein de choses, comme le fait aujourd'hui Macron. Soit vous vous arrangez aux élections pour que ça monte suffisamment et pour être en face et jouer le barrage républicain. Mais les gens commencent à être fatigués avec ça.
On pourrait se dire qu'Emmanuel Macron joue avec le fait, mais il y a aussi le fait que si demain, l'extrême droite gouverne, le programme économique d'Emmanuel Macron ou leurs intérêts à Emmanuel Macron, aux gens au pouvoir ou encore aux grands patrons d'entreprise, ils ne seront pas vraiment remis en question. C'est moins dangereux pour eux d'avoir le RN en face que la gauche.
De toute façon, le RN a fait une grosse mutation dans son programme économique. C'est-à-dire qu'on est passé de la sortie de l'euro, qui était vraiment un choc qui faisait très peur aux industriels, à « je veux rembourser la tête, je veux rester dans l'euro, je veux rester dans les traités », comme Mme Mélanie. Et ce qui, finalement, ne dérange pas trop, il y a peut-être un effet d'image sur les marques françaises, mais ça ne dérange pas trop le grand capital. De toute façon, le programme économique, et nous l'avons dit ici, de Macron et du Rassemblement national, est quasiment le même.
C'est un programme où on dérèglemente, où on n'augmente pas le salaire minimum, où on fait des économies sur la dépense. C'est quasiment le même programme, il y a très peu de différences. Alors, certains vont dire, oui, c'est Macron qui copie sur moi, l'autre va dire, non, c'est moi. Mais au final, c'est quasiment la même chose. Et d'ailleurs, quand on rajoute Zemmour, c'est quasiment la même chose. Et moi, ce que je regrette, c'est qu'on parle trop peu, finalement, d'économie. Alors, j'ai peut-être un biais, parce que moi, je suis économiste, mais pour moi, c'est le nerf de la guerre. C'est le nerf de la guerre, l'économie.
Et en fait, c'est pour ça que j'en veux quelque part, moi, à la gauche, avec ses alliances, on va dire, à intervalles, et quand on regarde ces 20 dernières années, on a énormément. Mais depuis l'arrivée de Hollande, la deuxième partie, et Macron ensuite, il y a eu une accélération de la destruction, notamment du droit du travail et que les lois travaillent, de l'assurance chômage, des retraites, des financements des services publics. Il y a eu quand même un certain nombre de choses. Et il a fallu des grosses crises pour que ça s'arrête. Mais s'il n'y avait pas eu les crises, ça aurait été encore plus loin.
Et malgré tout, les gens continuent à se dire, bon, est-ce qu'on s'allie pour cette élection ou pas ? Et ils ne s'allient que quand il y a urgence, comme c'est le cas des discussions aujourd'hui ou comme c'était le cas au moment de la NUPES, mais jamais en amont, alors qu'il y avait beaucoup de choses à sauver qui ont été détruites.
On va revenir sur l'alliance des gauches. Mais tout d'abord, cette élection, elle est dans trois semaines. Elle est, je l'ai dit, le 30 juin et le 7 juillet. Beaucoup de départs en vacances, beaucoup d'étudiants qui ne seront pas possibles de voter, etc. Les procurations sont encore un petit peu compliquées entre l'application, le commissariat. Il n'y a pas des commissariats partout. Qu'est-ce qu'on pense de cette halte un peu dans trois semaines ?
Il avait le choix d'avoir un temps plus long. C'était possible. Là, il a choisi vraiment le temps le plus court. Donc, c'est vraiment une clarification éclair. Il aurait pu prendre plus de temps, mais là, il a choisi le temps le plus court. C'est comme si il voulait faire une photographie de ce qui s'est passé aux européennes et de dire, voilà, maintenant, est-ce que vous êtes prêts à aller plus loin ou pas ? Donc, c'est un pari qui est très, très risqué. C'est un pari qui est très risqué. Mais en même temps, il a fait un choix de la clarification. C'est-à-dire qu'à un moment, c'est les électeurs qui votent. Donc là, est-ce que vous êtes prêts à voter pour ça ? Oui ou non ?
Et la question va se poser même chez les électeurs de gauche ou aux abstentionnistes. Est-ce que les abstentionnistes, vous allez rester absents ? Vous allez vous déplacer ? C'est une vraie question qui va se poser. Donc, oui, il a choisi un temps très court. Et c'est vrai que c'est en fin d'année, c'est en début de vacances. Certains avaient prévu des choses. Ça peut avoir un impact, mais c'est un retournement politique important. Mais bon, c'est une clarification. Et moi, je trouve que toutes les clarifications sont bonnes. Parce qu'on ne peut pas continuer à faire comme si le RN était méchant tout en le faisant monter. Non, mais c'est vrai.
On ne peut pas dire aussi aux gens, ne votez pas le RN ou des choses comme ça. Il faut à un moment aussi avoir un programme qui fasse que les gens vont se déplacer pour aller voter. Ça ne peut pas être qu'un jeu électoral, une somme de calcul pour se retrouver face à et faire en sorte de dire, donc j'ai gagné, donc on a choisi mon programme. Alors que ce n'est pas du tout ça qui se passe depuis pratiquement une dizaine d'années.
Mais même au sein de la majorité, beaucoup pointent un choix complètement irresponsable.
Vous savez, moi, je fais très attention aux politiques. Bien sûr que dans la majorité, vous venez d'être élu député depuis trois ans. Et là, vous devez repartir. Les forces ont changé. Et cette question va se poser aussi à gauche. Et d'ailleurs, on a vu les FIP à 180 degrés de certains partis de gauche qui sont devenus en quelques minutes des gens qui ne voulaient plus s'allier et en finir avec Mélenchon. Et aujourd'hui, ils veulent se réallier avec les gauches. On nous sent bien sûr que c'est très grave. Et nous partageons ce constat parce que le RN peut arriver au pouvoir. Mais il est vrai aussi qu'il y a de fortes chances qu'ils perdent leur poste.
Quelques minutes après l'annonce de la dissolution d'Emmanuel Macron, ELV, PCF, LFI et PS ont appelé au front populaire. C'est ce qu'ils reprennent tous dans leurs éléments de langage de ce matin. Ils ont appelé à l'Union pour le scrutin dans trois semaines, même si certains, dès hier soir, ont annoncé leur candidature dans leurs circonscriptions avant même de se réunir et de décider comment ils allaient faire dans les circonscriptions. Est-ce que c'est possible une nupe ce 2 là, Thomas ?
Enfin, moi, je suis vieux. Donc, je commence à être très vieux et je commence à être fatigué avec tout ça parce que j'ai été quand même quelqu'un qui a appelé constamment aux alliances. C'est-à-dire qu'il faut faire un peu d'histoire. Enfin, un peu d'histoire pour les plus jeunes. C'est-à-dire qu'en 2005, il y a eu ce non à la Constitution avec une frange à la gauche du PS parce que le PS était pour. François Hollande était pour le oui à la Constitution. Dans la Constitution, quand vous lisiez le texte, il y avait des choses qui disaient qu'il fallait ouvrir les services publics à la concurrence. Enfin, c'était vraiment quelque chose de très libéral.
Or, une Constitution, normalement, elle a pour but de mettre un certain nombre de valeurs communes, mais en aucunement, elle ne doit faire des choix de politique économique. Or, là, cette Constitution faisait des choix de politique économique. Des gens de gauche, du NPA, des ONG, d'Attaque, LCR, et des gens des partis de gauche ont lu cette Constitution. Et ils ont dit, non, nous, on n'est pas d'accord avec ça. Et ils ont gagné. Ils ont gagné. En grosse partie, en disant, voilà, on n'est pas... Et en face, la gauche vous disait, exactement le même discours que l'on peut entendre au PS. Oui, vous êtes contre l'Europe. Oui, l'Europe, c'est la solidarité. Oui, on a envie d'Europe.
Oui, on est, nous, des gauches, mais pro-européens. Sans lire le fond du texte qui était une véritable horreur qu'on nous a resservi après sous Sarkozy. Et à la suite de ça, ces partis de gauche ont dit, nous allons présenter une seule candidature à la gauche du PS. Et personne n'a voulu. Le NPA est parti tout seul avec Besancenot. José Bové, qui à l'époque était alter-mondialiste, est parti tout seul. Et c'est parti en confetti. Ils n'ont pas pesé à gauche, alors qu'ils pouvaient montrer, en fait, même en faisant un score important, qu'il fallait que le PS, à l'époque, se réoriente. Ils sont partis, ça n'a pas eu lieu.
Puis ensuite, vous avez eu 2012, Hollande, social-démocrate, qui gagne, qui fait un premier quinquennat de gauche social-démocrate, avec des Mondebourg, des Duflo, des Hamon. Voilà, c'est une gauche qui existe, social-démocrate. Et qui fait un tournant avec Macron et Valls, comme nous n'avons jamais vu, et qui devient un parti qui fait encore plus de réformes libérales qu'un parti de droite. Et aujourd'hui, ces gens-là qui étaient là sont sur les listes du PS avec Luxman. Il faut le rappeler. Ils font émerger Macron. Macron gagne.
Ils appellent même, Hollande appelle même, il dit qu'il ne va pas voter pour, grosso modo, il dit qu'il ne va pas voter pour, enfin, il laisse entendre en tous les cas que ça va être compliqué. Des personnalités comme Valls appellent à ne pas voter pour Hamon, etc. Et là, à l'époque, il y a quand même un certain nombre de signatures qui disent Macron a un programme trop sévère. Il faut une alliance entre Hamon, Jadot, Mélenchon. Deux tribunes ont été signées par Caroline De Haas, Maxime Combesse, Mathilde Harère et moi-même pour dire, voilà, là, face à l'austérité, moi, j'en ai même signé une dans le monde avec Varoufakis. Et là, moi, je me suis fait tout le temps insulter.
Ah oui, tu veux faire renaître le PS et tout, alors qu'il y avait quand même un certain nombre de réformes qui n'avaient pas été faites. Ça n'a pas été fait. Et puis après, d'autres sont nés, primaire.org, dont on a discuté ici, avec qui a fait naître arrivé Taubira en tête pour une alliance des gauches en 2022. Ça n'a pas eu lieu. Et après l'élection présidentielle, quand des partis comme le PS sont retrouvés à 1%, pareil pour le PC, pareil pour les écolos, là, il y a eu un intérêt, un alignement d'intérêts.
Alors, on nous a dit que c'était pour sauver la gauche, mais il y a eu aussi des intérêts personnels puisque Mélenchon voulait être Premier ministre et les autres voulaient sauver leur poste parce que sinon, le PS aurait disparu, le PC aurait disparu, la majorité des partis, les écolos auraient disparu. C'est ça. Et là, si Mélenchon avait fait comme en 2007, ces partis auraient disparu. Et là, il y a eu cet accord pour le faire renaître.
Tout le monde a ravalé ce qu'il avait dit sur les uns et les autres en disant « Oui, oui, en fait, on est tous amis, c'est génial, on a acclamé, le PS a été acclamé par la France Insoumise et inversement, tout le monde s'est fait la bise, l'ANUPES a fait un super score et après, il a fallu, il y a eu cette question de « Est-ce qu'on siège sur le même nom pour représenter une force ? » Et là, plus personne n'a voulu. Alors, une fois qu'ils ont leur poste, ils ne veulent plus. Ah non, non, non, non, on est un groupe mais on n'est pas un groupe qui a une forme de légalité.
Voilà, donc, il y a la France Insoumise, il y a les écolos, il y a le PS et puis trois mois après, on commence à s'en prendre à une partie de la LFI alors qu'on était mis au pouvoir avec lui, il faut en finir avec lui, il faut en finir avec l'autre et ainsi de suite parce que là, les gens disent que le désaccord date d'octobre mais ça date bien d'avant, ça date bien d'avant ce désaccord. Et donc, là, on va aux européennes en ordre dispersé. Mais quand même ! Et on voit le score là, mais quand même ! Et quand on regarde les campagnes européennes, elles ont été faites, notamment la campagne de Raphaël Luxman en désaccord frontal avec la LFI et inversement d'ailleurs.
Oui, c'est pour tous les gens. Et bah oui ! Et maintenant, là, on va nous dire oula, l'heure est grave, on va se resserrer la main et là, on voit sur des plateaux télé des gens qui ont leur mine décomposée. Moi, ça m'a fait drôlement rire ça. Tu vois des mecs du PS qui s'ils repartent en circo, ils peuvent perdre là. On leur mine décomposée. Avant, on fait les fanfarons, on a un super score, ça a bougé et puis là, on a une autre mine. Ah bah non, on va faire l'alliance tout de suite parce qu'il faut faire le barrage contre le RN, on va faire la soupe de logo, on va se dire mets-moi personne devant moi pour que je retrouve ma circo.
Il faut arrêter de prendre les électeurs de gauche pour les abrutis aussi. C'est ça aussi un moment. C'est-à-dire que personne n'a envie que le FN arrive mais tout le monde en a marre de ces arrangements là pour qu'un tel retrouve sa circo. Enfin, il faut arrêter de prendre les gens pour des idiots. Moi, je pense qu'il faut faire confiance aux citoyens. plus idiot que ça. Il ira voter. S'il ne vote pas, c'est qu'il y a une raison aussi.
C'est difficile aussi cette phrase de on fait confiance aux citoyens dans le sens où le vote extrême-droite est quand même très fort et en plus, c'est ma question d'après. Il y a un vote raciste pour l'extrême-droite et ça, il ne faut pas le nier. Il y a aussi un vote qui est manipulé par rapport à tous les discours qu'on fait croire que Bardella ou le RN sont les défenseurs du peuple, les défenseurs des travailleurs où on entendait les gens dire oui, moi, je vois sur TPMP ou je vois sur TikTok qui défend notre vraie vie parce que nous, on s'arrache à travailler, etc.
Alors, quelle clarté aura cet assemblage de gauche ? Quand vous avez un candidat qui dit oui, vive l'Europe, j'ai envie d'Europe alors que deux tiers des délocalisations en France se sont faits à l'intérieur de l'Europe et que vous avez cinq paradis fiscaux en Europe. Non, mais c'est... Le RN joue dessus. Quand on ne fait pas le bilan, quand la partie de gauche ne fait pas le bilan de ce qui se passe dans l'Europe parce qu'on ne nous a pas arrêté de nous dire que c'est une élection européenne. Non, c'est une élection aussi nationale et les gens, ils sont tenus par, comme vous dire, par des problèmes qu'ils voient au quotidien. Ce n'est pas le problème qui a 4000 kilomètres.
Bon, ça s'en est un aussi important mais beaucoup moins important que le problème quand tu vas faire tes courses au quotidien de pouvoir d'achat qui est resté d'ailleurs toujours en haut lieu. Donc, quand vous dites à des gens oui, moi, l'Europe c'est super alors que c'est une Europe de délocalisation, c'est une Europe qui fait passer, c'est une Europe de l'austérité budgétaire qui est en train de passer là où on demande à chaque pays de faire encore plus de réformes. Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise moi ?
Vous avez une gauche qui pense ça, qui a fait un très bon score et d'ailleurs je pense que c'était bien de mettre la tête de Raphaël Glucksmann seul parce que si on mettait les gens derrière on retrouvait une grosse partie des gens de Hollande ou de Valls, des gens comme Calfon. C'est ça qui va au Parlement aujourd'hui avec la gauche, c'est ça. Ils ont tenu des propos, ils assument leurs propos, c'est Delga aussi, on voit très bien les propos qu'elle a eus. Donc, c'est cette gauche-là, je veux dire, quelle est la clarté entre un programme de gauche comme ça et un programme de gauche plus radical porté par LFI ? Mais même sur l'économique, quelle est la clarté ? J'en vois pas.
Donc les électeurs vont dire oui, je vote à gauche mais ça veut dire quoi voter à gauche ? C'est du court terme pour éviter. Ça veut dire quoi voter à gauche là ? Honnêtement. C'est un programme qui ressemble comme deux gouttes d'eau à celui de Macron avec quelques touches de gauche et puis t'en as un autre c'est quand même compliqué. Non mais c'est vrai que c'est très compliqué. Donc là, ils vont tous se serrer la main. Ils se sont insultés pendant à peu près un an là, grosso modo. Ils vont tous se serrer la main en 2-2 et ils vont faire une belle photo.
Ils vont tous retrouver leur poste et deux mois après, quand ils auront gagné, enfin ils auront empêché, ils auront pas gagné, ils auront empêché le RN d'arriver, ce qui est une bonne chose. Deux mois après, ils vont se tirer dans la bourre, ils vont se tirer dans les pattes en disant oui, c'est moi qui vais représenter 2027. Oui, c'est moi. Lui, il faut en finir avec Mélenchon. Lui, c'est la gauche pro-européenne, anti-mé, et ça va repartir comme avant. Donc, je veux dire, moi, je suis perdu comme beaucoup de gens, mais une clarté sur le programme, c'est aussi important. Une clarté sur les positions, c'est aussi important.
Et la soupe au logo et la protection de son poste en dernier lieu, en agitant le FN qui va arriver, on nous a fait le coup, mais alors là, je crois, un million de fois. Et c'est très fatigant.
Et qu'est-ce que tu répondrais justement à ces gens qui votent le RN car, comme je disais, ils ont entendu à droite, à gauche que c'est eux les défenseurs des travailleurs. On l'a démonté plein de fois ici, mais je pense que c'est important de le rappeler.
Quand je vois, moi, les débats qu'il y a eu, en fait, sur les européennes, ça a été des débats, toujours, on l'a dit ici, qui ont été très annexes, par exemple, à des questions très simples. Le pouvoir d'achat. Le pouvoir d'achat, c'est l'augmentation des salaires. Le seul salaire qui a résisté à l'inflation, parce que le SMIC n'est plus un salaire minimum. Il faut arrêter. Ce n'est plus un salaire minimum. Vous ne pouvez pas vivre avec le SMIC. Il faut un moment en parler parce que l'immobilier a augmenté. Vous ne pouvez pas vivre avec le SMIC. Donc, l'augmentation du SMIC, c'est un vrai débat. On n'en a jamais parlé. D'ailleurs, le PS, je ne sais pas s'il propose l'augmentation du SMIC.
On n'en a pas parlé. L'indexation des salaires sur l'inflation, est-ce qu'on en a parlé ? Je vais dire, personne n'a parlé. Personne n'a parlé. Non, mais je veux dire, et donc, le pouvoir d'achat, il se résume à quoi ? Ah, la facture d'électricité, si on va faire du nucléaire dont les résultats sont dans une dizaine, quinzaine d'années, oui, ça va faire baisser votre facture, donc ça va relancer la compétitivité des entreprises et le pouvoir d'achat des Français, il n'y a pas que ça. Il n'y a pas que ça. Il y a aussi la question des salaires. Il n'y a pas que je retire 5 centimes sur une taxe ou je fais du nucléaire ou je développe la voiture électrique, ça va coûter moins cher.
Il n'y a pas que ça. Il y a aussi la vraie question des salaires et le partage du travail dans la valeur ajoutée, le partage des salaires dans la valeur ajoutée. Ça a baissé dans les années 80, c'est jamais revenu à ce même niveau. Ça a été stable depuis, mais c'est jamais revenu au même niveau et la question, elle devait se poser. Elle n'a pas été débattue. Donc, le RN, il arrive, il dit oui, moi je protège les Français, le nucléaire, je ne vais pas les faire chier avec des affaires annexes, avec la voiture électrique, donc votez pour moi, je vais les protéger. Mais le programme est le même, on l'a démonté. Le programme est exactement le même.
C'est un programme de baisse d'impôts, c'est un programme de modération salariale et comme c'est un programme qui ne propose rien pour améliorer la qualité de vie des gens, c'est un programme qui dénonce, qui montre du doigt un coupable pour dire, regardez, bon ben, il n'y a pas suffisamment de place en HLM, c'est à cause de l'immigration. Vous avez quand même 2 millions de personnes en attente d'un HLM, il y a un problème à moi, c'est-à-dire que s'il y a une attente, il faut mettre en face une offre. On va vous dire, il n'y a pas suffisamment de place en crèche, c'est de la faute des étrangers.
Alors qu'en réalité, il y a des problèmes de recrutement, vous avez une crèche, moi, à côté de chez moi, d'austérité budgétaire, de recrutement, parce que c'est très mal payé, parce que c'est très dur, parce qu'on demande aux puricultrices d'avoir de plus en plus d'enfants et vous avez à côté de chez moi une crèche qui pourrait avoir deux fois plus de bébés et qui a une salle fermée, faute de recrutement. C'est toujours, et c'est la même chose à l'hôpital, etc. Et donc, plutôt que de dire, oui, il y a un problème, il manque des médecins, nous avons des médecins étrangers, qu'est-ce qu'on en fait, etc. On va dire, il y a trop de problèmes aux urgences parce qu'il y a trop d'étrangers.
Donc, ils ont trouvé un coup, et c'est ce que fait Mélanie, c'est ce que fait toujours l'extrême droite. Bien sûr que c'est du vent. Bien sûr que c'est du vent. Mais après, si elle monte, elle monte aussi parce qu'il y a une faiblesse, quelque part, alors, il y a une opposition à Macron et il y a une faiblesse d'offre à gauche. Quand je dis une faiblesse d'offre, c'est aussi peut-être une faiblesse parce que des gens n'arrivent pas à se mettre d'accord ou sauf qu'ils se mettent d'accord sur des périodes très courtes quand il s'agit de sauver leur poste. Il faut vraiment se poser la question qui est coupable finalement. Mélenchon a fait un très bon score au présidentiel, un score énorme.
Qui est responsable aujourd'hui de la débâcle ? Alors, tu auras toujours une partie qui vous diront c'est de la faute de Mélenchon. Il a beau avoir fait plus de 20%, c'est de sa faute. Il y en a une autre partie qui va dire non, en fait, c'est très bien, notre programme, on n'a pas à l'élargir. Donc, il faut un moment aussi que les gens se posent vraiment la question de qu'est-ce que veut dire être de gauche en France ?
Entre tout ça, il y a aussi un traitement médiatique qui a été complexe dans les débats, à part celui du média, mais dans les débats, on n'a pas parlé, comme tu as dit, des questions économiques. Puis aussi, il y a eu quand même un tapis rouge aux idées d'extrême droite sans forcément de contradictoire derrière ou de fact-checking, en fait.
Oui, il y a eu beaucoup, on a vu, il y a eu beaucoup de médias, alors il y a l'Arcom qui surveille, mais c'est vrai qu'il y en a eu qui ont eu des couvertures, etc. Il y a eu plus de couvertures pour Jordan Bardella et pour Raphaël Glucksmann. Moi, c'est surtout en termes d'images que donnent ces derniers mois où il y a eu vraiment des confrontations idéologiques de fond entre les gauches et se rabibocher comme ça en l'espace de trois heures. Je veux dire, hier, c'est un peu ce que nous vendait un peu le PS, mais s'il faut le faire, il ne faut pas prendre les électeurs de gauche pour des imbéciles.
Il y a une peur.
Je veux dire, là, en fait, la peur est importante. Elle peut marcher cette fois, mais elle va de moins en moins suffire. Mais ce n'est pas du long terme. Elle va de moins en moins suffire. À un moment, il faut aussi de la clarté. La clarté, à gauche, on ne l'a pas eu. À la NUPES, certains ont fait semblant de le croire, mais quand on regardait réellement, moi, la plupart des gens du PS, si la LFI leur met un candidat, ils perdent. C'est fini. Peut-être que toute la gauche perde, mais eux, ils perdent. C'est très difficile de perdre son poste quand vous ne l'avez pas prévu de le perdre. Là, les gens, ils se voyaient. Tout le monde préparait l'avenir. On se voit en 2027.
Grosso modo, l'idée à gauche, c'était comment on élimine Mélenchon, comment on fait naître un Ruffin ou un autre comme ça. Ça va être compliqué. Des partis parfois à 2% comme le PC, autant que le parti animaliste. C'est quand même, en faisant campagne, en étant à tous les débats, se disaient comment on fait pour l'éjecter. Et là, d'un seul coup, se pose le concret, le vrai concret. C'est peut-être dans 3 semaines, je perds mon poste. Donc là, ils sont tous pour l'alliance. Il faut s'entendre. On peut s'entendre. Il faut qu'on se parle. On peut se parler. Bizarrement, quand il n'y a pas de problème, personne ne peut se parler.
Quand il s'agit de construire une alternative crédible sur le long terme pour prendre le pouvoir, personne ne peut se parler. Tout le monde y va tout seul. Personne ne peut même s'y gérer sur la même banderole. Par contre, quand il s'agit de sauver son poste pour la NUPES, parce que la NUPES, il n'y avait pas d'urgence, il n'y avait pas le FN. Mais là, sauver son poste, là, on prend un accord en 15 jours. Quand il s'agit là de sauver aussi son poste, mais face à un danger certes, là, on va se mettre d'accord en l'espace de 15 minutes. Je ne sais pas quoi dire, moi, franchement. C'est un peu embrouillé dans ma tête comme dans la tête de tout le monde.
Mais il ne faut pas prendre les gens pour des abrutis non plus.
Merci à vous, chez vous, d'avoir suivi cet épisode de l'instant porché. J'attrape une dernière fois votre attention avant de se quitter. J'avais l'habitude de vous le dire, mais là, c'est encore plus vrai. La situation politique est inédite, urgente, de direct par jour, du terrain, du reportage, mais aussi de l'enquête. Le Média, c'est 25 travailleurs et travailleuses qui produisent de l'information au quotidien. Et nous nous rapprochons de la TNT. Vous le savez, nous avons déposé le 15 mai dernier notre dossier auprès de l'Arcom pour diffuser sur l'un des 15 canaux TNT remis en jeu pour 2025. Et notre candidature est recevable. On sera au second tour des sélections.
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