"Être contre Emmanuel Macron est devenu un sport national" - Jean-Michel Blanquer
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Midih 14h, Sud Radio, la France dans tous ces États, le face-à face. Et oui, aujourd'hui c'est un jour, tous les jours sont importants. Celui-là est particulièrement parce que nous avons dans le studio une personnalité politique pas hors norme mais qui s'est distingué de la, j'allais dire de la la doxa générale, Jean-Michel Blanquer qui produit un document historique, sociologique, politique, civilisation française.
C'est pas nation ou République française, c'est civilisation française. L'ancien ministre de l'éducation nationale considère à juste titre et il le démontre avec talent et précision que la France est aussi est aussi une civilisation et que de ce constat découle beaucoup beaucoup de phénomènes et et beaucoup d'espoir mais aussi beaucoup d'inquiétude. Jean-Michel Blanqu vous dites oui la France est une civilisation.
Moi, je vous dis vraiment et vous dites que oui, elle peut cesser de l'être ou là. Euh, elle peut au contraire trouver une vitalité nouvelle en se reconnaissant comme telle car elle est d'abord une idée et quand on a une idée, on parle d'une certaine idée de la France. Alors, est-ce que la civilisation française relève d'une certaine idée de la France que vous auriez en vous ?
Oui, parce que c'est une des particularités de la France d'avoir d'abord été une idée. Si euh vous cherchez une date de naissance de la France, c'est pas évident parce qu'en fait il y en a plusieurs. Il y a plusieurs étapes.
Est-ce que si vous cherchez une date de naissance de l'Allemagne, vous pouvez essayer 1870 à Versailles à Versailles. Vous pouvez dire chercher une date de naissance des États-Unis. Ça va être 1776 la déclaration d'indépendance. peut-être une sorte de 2è naissance avec la Constitution de 1787 tandis que la France euh plonge au fond des âges quand vous dire que c'est un récit.
C'est un récit. La France est une histoire d'abord c'est un texte sont des textes ou et il faut pas certains disent oui c'est un récit donc elle n'existe pas ou c'est une fiction alors que c'est justement le contraire. Euh l'être humain est fait de de récits et le la France est née d'abord dans la tête des rois, si je puis dire, avec euh une extension progressive, une idée du territoire, une idée des frontières.
Euh Jules César avait déjà une idée de ces frontières-là et d'ailleurs un autre Jules Michelet nous le dit euh très bien au 19e siècle. Vous le réhabiliter, hein, vous le réhabiliter un petit peu. Je réhabilite Michelet parce que je pense que Michelet fait partie de ceux qui justement scandent ce récit français et qu'il n'y a rien à démitifier de ce qui a été écrit.
Il y a à ajouter parce qu'en histoire on peut toujours ajouter mais il n'y a pas à retrancher. Et je pense surtout que la civilisation pour ça vaut sur l'ensemble de la planète c'est la couche la plus profonde d'un pays d'un ou d'un d'une société et c'est ce que nous dit Fernand Brodel quand il distingue la couche la plus superficielle qui est l'événement. Or aujourd'hui nous vivons le nez sur l'événement.
Deuxième couche, l'époque des périodes dans qui se comptent en décennies 30 40 ans et puis troisème couche la plus profonde de la civilisation qui se compte en siècle et qui est mortelle comme nous l'a dit Paul Valérie, mais qui peut aussi durer des siècles voire des dizaines de siècl. Ça c'est pour la notion temps. C'est la notion de temps.
Ensuite, vous faites un distingo sur la notion espace. Oui. Local, nationale, internationale.
Oui. Nous sommes tous les produits à la fois de ces trois temporalités et de ces trois espaces et le local, le national et l'international. Ça fait un peu comme un Rubik cube si vous voulez trois trois tr deux fois trois couches si vous voulez et ce qui parfois nous effrait dans les temps actuels, c'est que ce rubiscub c'est accéléré c'est des rbouches dans tous les sens et on voit pas la cohérence et or cette cohérence elle existe.
Elle est dans notre socle civilisationnel et je pense qu'on doit en retrouver la sève parce que c'est ça qui créera la qualité de vie, le bonheur et la pérennité de notre société et de et de ses enfants. Idée fondatrice de l'ouvrage, vous dites c'est l'État qui fit la nation. Vous dites pas que ça, vous dites plein de choses formidables.
Faut vraiment lire ce livre, édité chez Albin Michel. Et je vous disais quand vous êtes rentré tout à l'heure, si entre guillemets la classe politique et la Macronie l'avait lu avant, vous me dites "Ça fait longtemps que j'y pense, peut-être qu'on en serait pas là aujourd'hui." C'est un aspect de notre échange sur lequel on va revenir.
Je vais faire un peu de politique politicienne avec vous parce que je sais que vous aimez ça. C'est l'État qui fit la nation. Où situez la nation Jean-Michel Blanquer avant ou après la civilisation ?
L'appartenance à une entité éthique et culturelle dispense-t-elle d'une conscience d'appartenir à une communauté de destin ? Non, il faut en effet appartenir à une communauté de destin qui s'appelle la nation et qui là aussi prend une forme particulière dans dans le cas de la France. Dans le cas de la France, il y a une relative coïncidence entre nation et civilisation euh puisque d'une certaine façon la nation c'est ça s'affirme notamment après la Révolution française, c'est le fameuse nation de Valmi hein et donc c'est un peu l'appropriation par le peuple de quelque chose qui a été fabriqué au cours des siècles par la construction monarchique et cette construction monarchique elle a été porteuse de civilisation.
Il y a eu quelques nuances de nation, on va dire avec euh Philippe Lebel, Jean Dark, Louis 11 François Ier. Ce sont des regarde, ce sont des esquisses, hein. Ce sont des esquisses.
Mais vous savez, Tocville a très bien montré que il y avait plus de continuité que de rupture entre l'ancien régime et la révolution. C'estàdire bien sûr, il y a des ruptures et des ruptures importantes comme la pollution des privilèges, la déclaration des droits de l'homme et cetera. Mais ce que montre très bien Tocville, c'est que euh la révolution parachève l'œuvre des rois, c'est-à-dire qu'elle elle crée définitivement finalement la nation par l'État.
Et c'est pour ça qu'on doit être toujours très attentif à l'autorité de l'État dans dans notre pays. Et puis euh Fernand Brodel, encore lui nous montre après Tocville, donc il arrive un demi plus tard. Oui, parce que parce queil faut jamais oublier que c'est Tocville est un auteur essentiel du 19e siècle, Brodel est un auteur essentiel du 20e siècle et Brodel Brodel parlant du 19e siècle nous dit que les chemins de fer d'une part et l'école publique gratuite, laïque obligatoire pour tous au 19e à la fin du 19e et au début du 20e siècle sont les éléments de paraachèvement du projet national et qui ensuite devient un socle et nous sommes les héritiers de ce socle à nous de de le porter plus loin sans sans vouloir vous flatter à l'excès, mais je me suis noté à un moment donné en lisant et j'ai dû relire certains chapitres pour bien les bien les décrypter.
Votre franche, c'est du Renant et du Brodel revu par Montescu et Tocville. C'est un peu la synthèse de parce que Renant aussi est important dans votre dans votre approche. Alors humain comme le dit Marcel Mos ou terre patrie comme le dit Morin pour la civilisation française ?
Alors ni l'un ni l'autre parce que ces deux ces deux définitions valent pour la civilisation humaine. Non non je les rejette pas. simplement ces deux définitions valent pour la civilisation humaine et la civilisation mondiale qui existe aussi c'est-à-dire nous sommes nous appartenons tous à une civilisation humaine.
Fortusement la découverte du feu, la découverte de l'écrit domestication tout ça ça a été des grandes étapes de ce qu'on peut appeler la civilisation humaine l'humanisation. Et au 18e siècle on invente le mot civilisation pour dire quelque chose qui veut dire s'élever qui veut dire comme civilité le fait de se de se respecter soi-même et de respecter les autres. C'est-à-dire de d'être finalement exigeant avec soi-même et exigeant collectivement.
Et c'est ça la civilisation, c'est finalement par le langage, par les coutumes, par toute une par le droit, par toute une série d'éléments. Éviter la barbarie et chercher au contraire à avoir une forme de d'excellence collective et parfois on s'en éloigne et mais dans notre histoire, nous avons su parfois nous hisser de cette façon. Alors vous dites civilisation.
Quand on pense à civilisation, l'enseignant que vous avez été euh et le ministre de l'éducation nationale euh aujourd'hui et c'était le thème de la Constitution européenne, on avait reproché de ne pas avoir précisé qu'on était dans une civilisation hellénojud judéo-chrétienne. C'est quand même bien, vous dites la Méditerranée, c'est quand même bien la matrice de cette civilisation. Elle puisse quand même ses fondements en tout cas philosophique dans la philosophie grecque reprise par les Romains et ensuite dans la conception de l'État et de la nation à travers ce que l'Empire romain fait de la France.
Les paysages aujourd'hui, il y a un chapitre sur les territoires qui est essentiel. Les territoires ont été façonnés et définis par Auguste du temps des Romains. C'est cet héritage qui aujourd'hui fait la civilisation française.
Bien sûr, tout tous nos paysages euh traduisent une main de l'homme et et des mains parfois très anciennes. Euh bien sûr, nous avons deux grands courants qui sont fondateurs de ce que nous sommes qui sont le courant judéochrétien d'une part, greco-latin d'autre part. Et c'est cette convergence qui a fait qui d'une certaine façon a fait la France.
Bien sûr, il y a d'autres apports aussi. On est vraiment à la synthèse he Oui, bien sûr. Et c'est ce qui a fait la force de notre langue, la force de notre culture, la force de notre élan vital et il est très important de se de se nourrir à cela avec une capacité Jean-Luc Mélenchon parle de créolisation mais elle a toujours existé.
Euh la civilisation galo-romaine, c'est une formidable créolisation avec une intégration de la culture romaine. Et même les invasions barbares dont on se dit mais c'est une plongée dans la nuit et ben il en résume quand même quelque chose et c'est l'ensemble de ces strates qui se sont criolisées au fur et à mesure de l'histoire de France qui fait qu'aujourd'hui la France est une nation exceptionnelle. Oui, tout à fait.
Alors, on peut utiliser les les mots et en faisant attention à leur sens, c'est-à-dire euh l'intégration, le creuser, le creuser républicain, c'est la bonne c'est je trouve la bonne formule pour notre pour notre temps et d'une certaine façon l'intégration, c'est-à-dire le fait que oui, la France est tout à fait capable d'intégrer des apports divers que ce soit des apports de population ou même des apports euh culturels par exemple dans dans le domaine du langage, dans le domaine de la gastronomie, dans le domaine de la vie culturelle et cetera. et et elle est capable de fabriquer de bons français à partir d'enfants qui sont nés en France ou qui peuvent être nés hors de France. Le tout c'est que ce soit fait dans de bonnes proportions et par l'école.
Tout à fait. Mais après, il le faut si les flux migratoires sont trop importants, on n'y arrive plus. C'est un peu ça le problème.
Donc le sujet n'est pas tellement cela parce que je pense que finalement il peut y avoir une une forme de consensus national sur le fait que bien sûr il y a un creusé républicain et que l'école joue le rôle central. La question c'est de savoir avec de quelle façon, avec quelle qualité pour que ce soit dans l'intérêt de tout le monde. Vous restez avec nous parce qu'on est avec Jean-Michel Blanquer qui a écrit civilisation française et qui décrypte quelque part à travers cet ouvrage, on a beaucoup d'explications sur les mots qui nous bouleversent et en même temps sur les espoirs que suscite cette analyse sur cette vision de la France.
À tout de suite Sud Radio, la France dans tous ses États. Nous sommes avec Jean-Michel Blanquer, vous savez le l'excellent ministre de l'éducation nationale que nous avons eu, que beaucoup regrettent et qui a écrit ben conséquence de tout ça, il a réfléchi, il a écrit civilisation française qui est un message très fort, civilisation française, ça dit ce que ça veut dire. il est avec nous sur Sud Radio et nous nous dégustons nous nous dégustons nous nous discutons alors non pas à bâton rompu mais à bâton fleuri parce que tout ce qui est dit est beau et on essaie quand même d'aller au fond des choses parce que ce livre soulève beaucoup d'interrogations et suscite désespoir euh l'idée de Mark Block écrit Fernand Brodel c'est commide et est de et de replacer la civilisation française dans le cadre européen sans omettre la diversité des composants de des des particules de la France.
C'est vrai que la France cette civilisation est à deux visages. Il y a le grand état nation et en même temps vous expliquez attention ce grand état nation n'est rien si on ne tient pas compte de la subtilité des mosaïques culturelles, géographiques, territoriales. Oui, la la grande patrie est faite de petite patrie et c'est bien pour ça qu'il a fallu un état nation assez fort pour assembler tout cela.
Et c'est ça a toujours été la dialectique française bien particulière dont les rois depuis au moins Philippe Auguste étaient parfaitement conscients. C'est-à-dire que d'où le fait d'ailleurs qu'ils ont souvent joué le peuple face au baron et d'où le fait que bah l'histoire de France c'est presque peut être lu presque uniquement de cette façon-là, c'est-à-dire la tension entre centre et périphérie mais au bénéfice des deux si je puis dire. L'instant l'instant civilisationnel apparaît quand ?
Bon, il y a pas de moment précis hein, mais il y a un moment donné, on va dire que c'est le début de l'arrivée des Capéciens plutôt plus plutôt Louis 11, plutôt François 1er où il y a pas vraiment de moment. C'est c'est les textes qu' Est-ce que la chanson de Rolland est un acteur fondateur ? Oui, je tr c'est c'est vraiment un continuum avec des moments qui alors évidemment parfois sont reconstruits un peu rétrospectivement mais qui néanmoins scandent quelque chose d'un récit français.
La chanson de Roland en est un bel exemple, ce qui fait qu'on peut faire à la fois une histoire enfin voilà, il y a une histoire culturelle de la France, il y a une histoire économique de la France, il y a une histoire politique de la France qui s'enchevre, qui font comme une tresse française. Relé, on est dans la civilisation français. Ré, on est au cœur de la civilisation française.
Bien sûr, bien sûr. Nous sommes le pays qui est le plus bâti par ses écrivains. Et tout à l'heure, je citais la pléade.
La pléade, on on on l'oublie parfois mais ça arrive donc très peu de temps après l'ordonnance de Viller Côer de de François 1er bien sûr. Et c'est vraiment des qui le français comme langue obligatoire du royaume de France. Exactement.
À partir de ce moment-là, le français à la place du latin devient la langue du royaume. C'est donc un acte d'autorité qui vient d'en haut et qui mais qui a qui est un acte de civilisation par excellence. Mais vous avez aussi très peu au détriment de régionale avec laquelle vous avez pas toujours été sympa.
Je me souviens d'une petite alors c'est non c'est pas exactement ça. Je vais je vais en parler. Non non, je suis pour les langues régionales mais pas n'importe comment et je vais je m'en expliquerai si vous voulez mais le et donc après l'ordonnance de Villerre Côery peu de temps après, vous avez Dubélé avec sa sa fameuse défense et illustration de de la langue française et vous avez le mouvement dit de la Playade qui est magnifique à voir parce qu'il illustre ce que vous disiez, c'est-à-dire le volontarisme des écrivains, c'est-à-dire une bande d'écrivains, si je puis dire, qui dit au fond, on va isser la langue euh à un niveau d'excellence civilisationnel. faire de la langue française quelque chose qui soit digne du latin et qui puisse être une langue de littérature et donc une langue par laquelle tous les Français vont s'élever.
Et et c cette ce volontarisme, c'est comme après la création de l'Académie française par Richelieu et cetera, euh montre bien que il y a toujours eu cette une idée de la France et une volonté qui ensuite rencontre un écho euh dans la population et c'est ça qui fait la nation française. Vous dites Napoléon conquère la Russie, ça c'est un acte politique, j'allais dire dans le temps, dans le mouvement, mais quand il fait le col civil, il participe de la civilisation française. C'est ça.
Et quand on vit dans dans ces ces moments là, on il y a des événements qui paraissent particulièrement importants, mais en réalité, c'est comme aujourd'hui si vous voulez, en réalité derrière les événements, il y a des choses en profondeur qui sont beaucoup plus importants que ce dont on parle. Et l'exemple typique, c'est ça. C'està-dire évidemment que l'invasion de la Russie par Napoléon, c'est un événement très très important.
Néanmoins quand il est Oui, on rappelle que c'est la France pour l'instant que c'est la France qu'envoy la Russie jusqu'à présent. Ils sont revenus ensuite à fin en 1814. Oui, ça ça reste ça reste une référence pour certains.
Et donc là le fait est que lorsqu'il promule le code civil, là il fait un acte civilisationnel ne serait-ce que d'ailleurs parce que ça avoir ça va avoir un impact très au-delà de la France et et le traité de Moscou sur l'Académie française. Enfin cette même chose même c'est autrement dit conclusion de cela, on peut être on peut faire des actes politiques qui ont un impact civilisationnel. Il y a pas quelque chose d'étanche entre l'événement, l'époque et la civilisation.
Et d'ailleurs, ça marche en bien comme en mal. On peut aussi faire des actes politiques qui sont destructeurs de civilisation. Quand un dictateur comme Chaosesku décide de détruire une partie de Bucarest pour faire des immeubles très lais, il tue de la civilisation.
Vous dites euh la civilisation française, Jean-Michel Blanquer, la civ la civilisation française, elle peut cesser de l'être. Quelle est la menace qui pèse aujourd'hui concrètement sur ce qu'est ou ce qui reste de la civilisation française ? D'abord, le principe même d'être mortel est posé de manière évidente.
Il y a la fameuse phrase de Paul Valérie. Nous savons que les maintenant que les civilisations sont mortelles et bien sûr nous avons d'illustres exemples dans le passé. La civilisation égyptienne était une splendeur.
Elle elle est néanmoins morte. La civilisation romaine aussi. Donc la nôtre peut parfaitement s'éteindre.
Il faut en être conscient. Et généralement la la démographie est un est un signal de ça. C'est pour ça que le fait que notre démographie soit des bébés.
Oui. Oui. Je considère si vous voulez, on a 1,7 enfants par femme aujourd'hui en moyenne en France.
C'est c'est beaucoup trop peu par rapport au 2,1 qui permet le renouvellement. Et quand on fait des enquêtes auprès des femmes de France et ça c'est l'élément d'espoir, le désir c'est 2,3. Donc ce serait un acte démocratique profond que de réussir à ce que les femmes françaises puissent avoir les enfants qu'elles veulent avoir et ça féliciterait le paiement des retraites.
Je pense c'est la première des réformes des retraites. C'est celle-là. C'est évidemment celle-là.
Euh même si je viens abondamment sur ce point après mais dans le livre mais en tout cas c'est cela et donc la démographie est un élément essentiel. Et puis il y a quelque chose qui concerne toutes les civilisations aujourd'hui qui est ce qu'on peut appeler la l'américanisation du monde ou en tout cas le et qui ne concerne pas que les États-Unis et qui est le le la le fait que nous sommes rentrés dans une civilisation scientifique et technologique qui peut écraser les particularités. Et donc ça c'est évidemment un sujet civilisationnel.
Il y a bien sûr les mouvements migratoires. Il y a qui qui s'ils sont trop forts peuvent empêcher une civilisation d'être ce qu'elle est. Évidemment, là aussi le phénomène n'est pas que français puisqu'on est rentré dans une période mondiale où il y a beaucoup de migration, notamment du fait des des changements climatiques.
Il faut donc regarder ces choses-là avec lucidité à certains égards les dépolitiser et les repolitiser. est dépolitisé au sens où c'est dommage que ce soit parfois des thèmes mal regardés, mal étudiés parce que objet de de lutte politicienne alors même qu'il faut les repolitiser au sens où bah bien il faut avoir une politique de civilisation qui soit lucide sur ces très grands enjeux structurels qui valent pas pour l'année prochaine mais pour les décennies prochaines si vous voulez alors vous les pointerz les dangers de la civilisation notamment de ce qu'est la la civilisation française dans ses fragilités moi je vous pose une question est-ce que le néolibéralisme financier ne rêve-t-il pas finalement qui est la source de tous nos mots aujourd'hui d'une grande civilisation mondiale civilisation du marché autrement dit le marché de rive la gaillarde remplacé mais à l'échelle planétaire est-ce qu'il y a pas un risque là de monétaisation de la civilisation qu'il y a c'est qu'il y a des grandes tendances profondes derrière lesquelles en réalité il y a personne. C'est c'est comme des grandes vagues de l'histoire qui se présentent.
De nouveau, il faut faire appel à Fernand Brodel qui d'une certaine façon nous a fait une histoire mondiale et parfois régionale du capitalisme et notamment dont l'une des traductions est la métropolisation du monde. Et cette logique marchande qui c'est pas c'est pas péjoratif de parler de de logique marchande. C'est le ça fait partie de la culture à structurer cette métropolisation du monde.
Et mon propos n'est pas de dire arrêtons cela parce qu'à la limite c'était d'ailleurs un propos en réalité impuissant si on dit cela. C'est canalisons cela. Sachons être maître de notre destin.
Et par exemple la métropolisation est en partie inévitable. Il y a des villes mondes qui structurent la planète aujourd'hui, mais elle peut se faire soit au détriment de nos petites villes, de nos villages, soit au service de nos petites villes et nos villages. Et ça fait toute la différence.
Chine, s'abme la civilisation. Vous êtes d'accord ? Voilà.
Complètement d'accord. C'est évidemment totalement une illustration de la de la branche enfin de de l'alternative négative dans ce que je dis. Euh nous avons connu des périodes où cela jouait positivement.
Nous avons encore des traces de cela. Quand Toulouse est une capitale mondiale de l'aéronautique, c'est au bénéfice des petites villes où on va avoir les sous-traitants de l'aéronautique. Donc dans ce sens-là, dès lors qu'on a une vision de la façon d'irriguer économiquement, culturellement le territoire, alors il y a quelque chose à faire et c'est d'où le sens des propositions que je fais déjà pour retrouver notre vocation maritime qui a un impact énorme ensuite sur notre prospérité générale et ensuite mieux irriguer notre territoire et retrouver une politique d'aménagement du territoire. comme il y en a eu à certaines périodes de notre histoire, notamment dans les années 60 et d'où l'idée d'une datar plus de la réindustrialisation verte de notre pays, du renouveau de l'agriculture qui est absolument essentiel puisque pas de civilisation sans les sans les paysans qui sont à l'origine même de la civilisation française.
Et donc cette cette approche c'est celle qui nous permettrait d'avoir une sorte de nouvel élan de civilisation. Ce qui est déjà arrivé dans notre histoire, nous avons eu des des hauts et des bas et nous avons eu des sursaut. Par exemple, nous avons eu un bas démographique démographique très fort au 17e siècle après avoir été fort au 16e et on est reparti au 18e siècle.
Donc le fait d'avoir cette espèce de malaise du 20e siècle et du début du 21e siècle en France ne signifie pas que nous sommes perdus. Ça mais par contre maintenant il faut il faut repartir de l'avant quoi. Nous sommes avec Jean-Michel Blanquer.
Nous sommes en train de réinventer, sauver, repenser la France d'une façon pertinente et très étudié. Vous restez avec nous. On se retrouve dans quelques instants.
Midi 14h Sud Radio, la France dans tous ces États. Nous sommes avec Jean-Michel Blanquer qui a écrit Civilisation française chez Albin Michel. Un document de de forte pédagogie.
Vous avez été ministre de l'éducation. C'est un c'est un cours d'histoire. C'est un cours de sociologie, c'est un cours de politique.
Et je vous jure, amis, amis hommes politiques et femmes politiques élus de la nation, si vous lisez ce document, je dis pas que vous serez guéri ou vous serez sauvé, mais vous aurez une vision plus pertinente et plus intelligente de ce qu'il faut faire pour la France et du monde du monde qui nous attend. Jean-Michel Blanquer, on va mettre un peu les pieds dans dans les pieds dans le plat de la politique. Je vais vous taquiner un petit peu parce que qu'est-ce que je peux vous faire comme reproche ?
Qu'est-ce que je vais vous dire Jean-Michel Blanquer ? En 2016 quand vous êtes engagé, vous saviez déjà beaucoup de choses de tout ça. Vous y êtes allé quand même plein de bonnes foi.
Je suis sûr aujourd'hui, on est on est très très loin. Qu'est-ce que je peux vous dire d'autre ? Que pour avoir écrit la moitié de ce que vous dites là-dans de façon courageuse sur la République, sur la laïcité, sur la souveraineté, d'autres se feraités de Rac voire de voire de fachaot.
C'est pas un chemin de Damas pour vous, vous êtes pas mais quand même vous êtes d'accord que si la Macronie avait tenu plus compte de cette approche que vous avez de la France et vous représentez un mouvement dans la Macronie en 2017, il y a cette ouverture bon sociale, culturelle, on sent qu'elle s'en est éloignée. Pourquoi ? D'abord un, est-ce que c'était bien des valeurs en commun que vous aviez tous ensemble en 2017 ?
Est-ce que ensuite il y a eu divergence ou j'allais dire diversification qui fait que cette unité s'est disloquée ? Alors, il y a beaucoup de choses dans ce que vous dites. Ce qui est certain que ce qui est écrit là, je l'ai toujours pensé et d'ailleurs personne ne peut me mettre en contradiction avec des choses que j'ai pu dire ou faire précédemment au travers de ce que j'ai écrit là.
Je pense l'avoir incarné autant que j'ai pu euh au ministère de de l'éducation nationale et j'ai vraiment beaucoup cru et je crois encore d'ailleurs à ce qui était euh à mes yeux constitutifs de de ce que portait Emmanuel Macron en 2017, c'est-à-dire le rassemblement. En réalité, aujourd'hui, nous avons besoin de réunir les Français. Et il y avait dans l'idée du dépassement d'éclivage quelque chose de vrai et peut-être quelque chose de risqué.
La la chose vraie, c'est celle qu' expérimente tout président de la République une fois élu, c'est que même si vous êtes élu par la droite ou élu par la gauche, une fois que vous êtes président, il faut rassembler les Français. Et ça signifie pas un centre mou, ça signifie être capable d'aller retirer dans notre sève démocratique ce qu'il faut faire de bien pour le pays. C'est normal.
En tout cas, il faut être dans cet état d'esprit, sinon c'est grave. Donc le fait d'avoir de penser ça en amont de de de l'élection et surtout de résoudre à l'époque la crise qui existait déjà en fait la crise politique qui était déjà là en partie me paraissait tout à fait valable et et je ne renis rien de de ma participation à cela. D'autant plus que pour moi le sujet principal à mes yeux a toujours été l'éducation et je le pense toujours évidemment et que j'étais vraiment fier et honoré de pouvoir mener une politique de long terme, j'insiste de long terme pour l'éducation nationale.
Et donc quand je dis de long terme, c'est que j'avais 10 ans en tête, non pas pour être moi-même 10 ans ministre, 5 ans, c'est déjà beaucoup, mais c'est que deux ministres sur 10 ans puisse vraiment mener une politique dont on a besoin. Puisque les sujets éducatifs comme certains autres sujets, mais plus que n'importe quel sujet nécessite une vision dans la durée de la constance parce que c'est pas du jour au lendemain que vous faites progresser le niveau des élèves. Il y a eu une dégradation sur une trentaine ou une quarantaine d'années.
Donc c'est pas c'est pas d'un coup de baguette magique que vous allez changer ça. Par contre en en plant quelques graines de la bonne manière au bon endroit. Ce que je prétends avoir fait bien sûr ce qui vous vaut Jean-Michel Blanquier d'être à un moment donné en odeur de santé au prix de l'opinion française.
Vous vous êtes même pressenti à un moment donné comme étant premier ministrable et puis tout d'un coup on ne sait pas pourquoi aussi vous allez nous expliquer le ventour. Je me souviens que moi je dis pourquoi vous êtes conscient des enjeux de de ce qui est dans cet ouvrage civilisation française ? Quand quand vous prescrivez de commencer la scolarité à 3 ans et non pas à 6 ans, c'est que vous avez compris que c à la maternelle qu'on réintroduit la civilisation et plutôt on le fera mais on se portera.
On est bien d'accord. Tout ça c'est typiquement un message de civilisationnel. D'ailleurs, l'instruction obligatoire avait été portée à 6 ans par Jules Ferry.
On avait jamais changé ce cet âge jusqu'à 2019 et on l'a fait. C'était un message sur l'importance de l'école maternelle. elle-même, c'est normal.
Mais c'est plusieurs choses que j'ai eu à dire ou à faire euh ont suscité une certaine violence des réactions que ce soit hors de mon camp ou dans mon camp. Introduire du savoir à 3 ans, c'est pas bête. Ah non non mais je me suis expliqué de cela dans mon précédent livre qui s'appelait La citadelle euh où je montre comment si vous voulez à un moment donné se cristallise des oppositions contre vous à partir du moment où vous franchissez certaines étapes.
La crise sanitaire n'a pas aidé aussi parce que aujourd'hui pardon de le dire mais quand on fait le bilan à postériori je rappelle que la France a fermé 12 semaines pendant la crise sanitaire ses écoles les pays voisins. Allemagne ou Italie c'est 38. Ça aurait pu être pire si vous aviez pas été là Jean-Michel Blanc.
Vous vous souvenez ? Oui, je le discuité, je me suis bien sûr, c'est un travail collectif et merci les professeurs de France d'avoir été de ce combat et merci le président qui à l'époque sur ce point-là m'a m'a pleinement soutenu. Mais en revanche, la la violence que vous suscitez dans ces moments-là est extrême et et il en reste quelque chose après.
C'est un peu comme quand vous menez une guerre et puis qu'après la guerre, même si c'est vous qui aviez raison, on vous en veut de quelque chose et ne serait-ce que d'avoir incarné ce moment-là. Et donc le mais si vous voulez ce bilan là, non seulement j'en rougis pas, mais je pense que je l'ai mené de la manière républicaine avec priorité absolue aux enfants euh quit à prendre moi-même des risques politiques importants. Et je pense que c'est ça gouverner la France, c'est-à-dire c'est toujours avoir en tête le long terme, donc notamment les enfants et savoir parfois prendre des coups.
Et donc pour essayer de répondre plus complètement à votre question, ben j'aurais aimé que le président de la République à l'issue de tout cela me soutienne vraiment. C'est pas ce qui s'est passé parce que sur des sujets qu'on peut qualifier de régalien et républicain en effet nous avons commencé à avoir des divergences et alors que à mon avis je pouvais incarner auprès de lui une des dimensions de ce qu'il pouvait lui-même faire, il s'est il a souhaité arrêter avec ça. Je vais être brutal.
Mais comment est-ce qu'on peut avoir écrit ça civilisation française aujourd'hui avec tout ce que ça implique, tout ce que ça envoie comme message, tout ce que ça fait comme déduction et avoir été à un moment donné, alors vous me dire c'est pas la même macronie mais quand on voit aujourd'hui ce qui est devenu la macronie autour de de ce président et ce qui est dedans, c'est antithétique qu'on fait. Oui, mais je fais quand même distinction. Oui, c'est vrai.
C'est c'est vrai. Mais c'est je fais une distinction très forte entre le premier quinquena et et le deuxième quinquena. Très honnêtement, sur le premier quinquena, on peut faire un bilan avec un actif et un passif.
Euh mais l'actif est là, il y a des choses bonnes qui ont été faites et je considère aujourd'hui si vous voulez quand vous avez 400000 enfants qui bénéficient du dédoublement des classes, quand euh euh vous avez ce que je viens de dire, quand on a installé devoir fait au collège et j'en passe et des meilleurs accordé. Euh et puis euh après, il y a il y a aussi tout ce qui a été les informations fausses euh sur s'agissant par exemple de l'éducation. Par exemple, on a martelé que les math et les sciences avaient été abîmées par la réforme du c'est complètement faux et je l'ai aussi démontré dans mon précédent livre.
C'est le contraire. au moment où je vous parle, il y a jamais eu autant d'élèves en France en prépa scientifique. Donc des graines d'avenir ont été semées.
Le programme France 2030 par exemple est un programme pertinent pour la France aujourd'hui. Donc il y a des choses qui ont été semées entre 2017 et 2022 et puis quelque chose s'est perdu. Ça s'est vu dans la campagne présidentielle de 2022 qui était une non campagne.
Et ce quelque chose qui s'est perdu, c'est je dirais la jambe républicaine, c'est-à-dire celle qui nous permet justement d'être rassemblée, réunie derrière des idées simples comme l'autorité de l'État. la laïcité, le le partage de la valeur par toute la nation. Tous ces sujets-là sont des clés de l'idée républicaine et c'est ça qui peut rassembler les Français et c'est ça qui s'est perdu.
Vous dites à un moment donné que les forces qui s'avancent en souhaitant la fin du vieux monde réfléchissent à deux fois avant de briser l'une des pierres angulaires de la civilisation humaine. Vous vous adressez directement à Emmanuel Macron. On est d'accord puisque le motif de 2017 c'était que le nouveau monde allait remplacer l'ancien monde.
On a vu ce que ça donne. Non, c'est pas du tout. J'ai pas spécialement à l'esprit.
Non non, j'ai vraiment à l'esprit ce qui ce qui Non non, je je ma mon mon comment dire mon regard va au-delà. C'està-dire je pense que le le non mais parce que je non puis en plus si vous voulez désormais être contre le président é devenu tellement un sport national si vous voulez que je j'ai aucune envie d'y jouer. J'ai vraiment une des victimes injustes.
Oui, c'est vrai que j'ai j'ai quelques couteaux dans le dos, je vous l'accorde mais néanmoins, je reste en vie et et je sais faire la part des choses et et ne pas ne pas être dans dans ne pas crier avec les autres. Mais en revanche, ce qui est ce qui au-delà de ça, ce qui est très important, c'est que il y a beaucoup trop de désinvolture chez certains. Et je pense par exemple au aux élites technologiques, à ceux qui sont dans le monde de la tech et cetera.
Beaucoup trop de désinvolture par rapport à ce qui est le socle civilisationnel. Et quand on fait ça, c'est ça revient à se couper de de ces racines. À l'éducation, par exemple, quel est aujourd'hui en deux mots la grande faille de notre système d'éducation nationale ?
Quel est le quel est alors vous me dire 6h 10 jours sans revenir sur des choses que j'ai eu à affronter dans le civilisation qu'est-ce qui fait du mal à la civilisation qu'est-ce qui fait du mal à la civilation je vais vous dire très simplement c'est nous savons aujourd'hui pour la France comme pour d'autres pays notamment ceux qui ont des langages alphabétiques que euh comment on entre bien dans la lecture l'écriture et les mathématiques. Il y a des choses parfaitement démonté. C'est c'est basique ces choses-là.
J'ai fait tout ce que j'ai pu pour les mettre en œuvre et c'est ce qui fait c'est ce qui contribue à certains progrès du premier degré en France aujourd'hui parce que je je tiens vraiment à le dire devant vos auditeurs. On on entend tout le temps que le niveau se dégrade. C'est vrai en partie encore mais pas partout et pas à l'école primaire aujourd'hui où il y a une espèce de début de petit bourgeon des politiques que l'on a mené.
C'est petit, c'est faible, ça n'a pas été suffisamment piloté depuis 2022, mais on a eu il y a une é notamment et c'est vérifié, il y a notamment l'étude Pearls de 2023 qui montre ou même regarder les dernières évaluations nationales qui sont sorties il y a quelques jours. C'est contrasté hein, c'est c'est c'est pas assez ça va pas assez loin. Il y a il y a des dans certains territoires, il y a des régressions et cetera, mais quand on veut, on sait de quelle façon progresser.
Et je vous dirai par exemple un un exemple que j'ai parce que je suis un ancien recteur de Guyane aussi. Tout récemment, on a mis en œuvre ces ces outils là en Guyane et on a des progressions spectaculaires. 7 points de mieux en lecture au CP, c'est énorme d'une année sur l'autre.
Et bien on le sait, euh certains pays francophones d'ailleurs qui ont regardé ce qu' a fait la France l'ont fait et progresse vite et nous nous ne progressons pas assez vite parce que vous avez des résistances de terrain sur ces sujets-là. Et donc ça c'est civilisationnel parce que nous sommes une civilisation si tout le monde est à l'aise avec les savoirs fondamentaux. Lire, écrire, compter, respecter autrui, c'est fondamental pour faire société.
Et bien, on sait comment faire et on a commencé à le faire. On le fait pas assez vite, pas assez fort parce qu'il y a trop de trop d'idéologie qui est mise par certains face à cela. On est avec Jean-Michel Blanquer.
Nous discertons civilisation française avec un échange passionnant. Vous restez avec nous et on conclut parce qu'il y a encore des beaucoup de choses à dire. Midih 14h, Sud Radio, la France dans tous ces États.
Nous sommes avec Jean-Michel Blanquer, auteur de civilisation française. C'est plus qu'un programme, c'est un projet, c'est une histoire, c'est une c'est une analyse non seulement de l'histoire de France, de la société française et en même temps voilà, un recueil de projet pour l'avenir. Vous dites Jean-Michel Blanquer à la fin de votre ouvrage, la question existentielle nous est posée.
L'éternelle question existentielle, être ou ne pas être ? Donc là, on est chez Shakespeare. Continuerons-nous à vivre à hauteur de civilisation ?
J'entends déjà l'écrit d'offré de certains à la seule évocation de ces mots. Ne les écoutons plus. Ils sont les apôtres du déclin et à leur façon, ils le chérissent car ils ont cessé de vouloir.
Laissons-les à leur projet de néant et tournons-nous vers notre France aimée. La France était là avant nous, elle est là après nous. Il nous appartient de la redresser loin des idéologies et des modes en refusant autant l'immobilisme que l'agitation sans boussole.
C'est en marchant l'œil rêvé à notre étoile que nous continuerons à faire civilisation. Vous êtes sacrément optimiste quand même. Nous devons l'être.
Nous, c'est d'ailleurs un devoir que nous avons vis-à-vis de nos enfants. Moi, ce qui me frappe, c'est que nos enfants ne vivent pas avec des problèmes matériel plus grand que ceux que nous avions quand nous avions leur âge en général ou en moyenne. En revanche, les les discours qui environnent nos enfants sont beaucoup plus gris que ceux que nous avions quand nous étions enfants.
Et évidemment, c'est une sorte de cercle vicieux, c'est-à-dire le pessimisme entraîne le manque de confiance en soi qui lui-même entraîne évidemment un mal-être. Et euh on parle beaucoup de la santé mentale des jeunes aujourd'hui. À mon avis, un des ingrédients, pas le seul hein, mais c'est euh euh cette espèce de sinistrose que que nous entretenons euh à tort.
Donc euh notre pays doit retrouver le sens de la de la vaillance. Voyez, quand vous regardez l'équipe de France de rugby aujourd'hui ou ou dans les temps précédents, elle a gardé ça et le le rugby français garde cet esprit français par exemple de perdre beaucoup à la première mi-temps et finalement de gagner la partie en se en en se revigorant en seconde mi-temps. cette vaillance française comme dirait Albalado, cette capacité à à être créative et cette capacité aussi à croire en soi, cette énergie, ce qui faisait l'admiration du monde jusqu'à ce que nous ne croyons plus en nous-même.
On doit la retrouver et nous le devons à nos enfants. Que disent les italiens la FIA française ? Oui, absolument.
Dès le 15e siècle, ce mot est utilisé par les Italiens parce que les parce que tout simplement il ils ont vu la la la l'énergie française dans la bataille et les armées de Valupied de 1793 à Valmi, c'est chose, c'est la vaillance française bien sûr comme les troupes napoléoniennes d'ailleurs. Et donc cette cette vaillance, on doit la retrouver. Encore une fois, je ne dis pas ça parce que je serais un optimiste bait pas les problèmes.
Les problèmes, je les vois, ils sont énormes et c'est ce que je décris aussi dans le dit que ça peut capoter surtout. Je dis même que queon peut on peut effectivement on peut périr le péril existe donc je ne le ni pas. En revanche, là où est le là où n'est où est le péril n'est aussi le l'espoir.
C'est ce qu'a dit Holderlin et c'est vrai. Bien sûr. Euh recevais tout à l'heure Arnaud Benedetti puisque le président de la République s'est inquiété qu'aux prochaines élections ça soit l'intelligence artificielle chat GPT qui détermine ou ou j'allais dire incite le vote des Français.
J'ai envie vous poser une question parce que vous abordez bien entendu la question du numérique très importante. Est-ce qu'il y a un risque si tout ce que vous avez évoqué sur cette perte de valeur, cette perte de repère, cette renonciation à des principes que finalement euh l'IA devienne une CA, c'est-à-dire l'intelligence artificielle devienne une immense civilisation artificielle. Il y a un risque potentiel ou non ?
Oui, comme sur tous les sujets, le nous sommes à la croisée des chemins, c'est-à-dire on voit bien que ce serait en quelque sorte le pompon, si vous me permettez l'expression, la l'acmé d'une tendance qui existe depuis plus d'un siècle et qui est la technologisation du monde et la disparition de de l'humain derrière la technologie. Cette ce risque là, il existe. Le l'hypothèse inverse existe aussi. euh notre maîtrise de l'intelligence artificielle peut nous apporter énormément lorsqu'il s'agit de maîtriser des problèmes complexes.
Euh par exemple demain le renouveau de la biodiversité sur notre territoire. Voilà un grand sujet. Euh moi je crois et c'est d'ailleurs des sujets auxquels je travaille très concrètement au fait que on peut sur un territoire donné renouveler la biodiversité, la rénover, la retrouver voilà un élan civilisationnel de sursaut.
Et bien l'intelligence artificielle peut être un outil dans euh pour des choses pareilles parce que c'est des choses très complexes qui nécessitent du calcul sur les interactions du vivant et donc demain l'intelligence artificielle peut être à notre service. Et donc le le l'enjeu il pour le coup c'est un enjeu français mais c'est un enjeu mondial universel sur la destinée humaine et et la France doit apporter sa pierre dans non seulement dans la réflexion mais dans l'action là-dessus. De nouveau, nous ne sommes pas nécessairement à la traî là-dessus. les parmi les meilleurs ingénieurs du monde sur l'intelligence artificielle, vous avez des Français.
Vous avez une certaine façon française de voir le monde qui est adapté à à ce au défi des temps que nous abordons. Pour autant, science sans conscience n'est que ruine de l'âme. Vous acquissez à 3000 % cette phrase de rablé et on est en plein dû.
Et on est en plein dent. Tout à fait. Et euh et donc nous nous savons euh ce que sont les problèmes, nous pouvons entrevoir ce que sont certaines solutions.
Encore faut-il avoir l'énergie et la volonté euh bah d'aller euh c'est ce que j'appelle la charrue euh qui guidé par une étoile, c'est-à-dire il faut il faut avoir il faut savoir pourquoi on veut faire les choses et vers quoi on veut aller. Et donc ça nécessite d'avoir un projet de société qui est un projet de civilisation. Aujourd'hui, il n'y a que les extrêmes qui proposent quelque chose comme un projet de société aux jeunes en particulier.
Euh d'où certaines dérives contemporaines euh et même si vous regardez le fondamentalisme islamiste, à sa façon, il propose quelque chose, quelque chose nous paraît euh tout à fait euh à écarté mais c'est un projet. Euh le marxisme en est éteint, des projets comme ça peuvent. Si on est républicain et démocrate, on doit souhaiter un projet de société républicain et démocrate qui fasse envie aux jeunes, qui disent "Demain, ça ira mieux." Et ça ira mieux parce que on va réhabiter nos villages, parce qu'on va renouveler notre industrie et notre agriculture, parce qu'il y aura de quoi faire, parce qu'on pourra fonder des familles, qu'on pourra vivre heureux en France, parce qu'on sera fier de notre culture et cetera et cetera.
Et bien ce projet de société, il est possible et d'ailleurs il vient prendre pour le coup dans la je vous prends au mot Jean-Michel Blanquet. Je ne vais pas vous faire l'injure de vous demander si civilisation française et votre programme politique d'une éventuelle candidature à la présidence de la République, je n'y pense pas. ça serait trop travers votre droit et quelque part vu ce que vous mettez là-dedans, si on l'appliquait vous ou quelqu'un d'autre, ça serait pas mal.
Est-ce que pour autant ce document politique là, il est plus seulement culturel, historique et philosophique, ce document politique, vous le mettez à disposition de toute bonne volonté, de toute femme ou homme français qui voudrait sortir cette nation et cette République pour lui redonner un côté civilisationnel. Vous êtes prêt à vous à vous engager, à vous mobiliser ? Oui, tout à fait.
C'est vraiment exactement ça. J'ai fait ça pour donc c'est un programme. Vous êtes d'accord ? peut servir le programme.
Oui, c'est un programme, il y a aucun doute. Ça veut pas dire que je suis candidat, mais ça veut dire que c'est un programme. Ça veut dire que c'est un programme d'ailleurs qui est qui peut être pour une élection présidentielle et même un peu au-delà.
C'est un programme pour quatre élections présidentielles. L'horizon fixé, il est autour de 2050. Par exemple, quand je dis que nos nos deux grands ports qui sont le Havre et Marseille doivent devenir des ports de de premier plan européen et et pouvoir faire jeu égal, voir dépasser les ports du nord de l'Europe, euh c'est évidemment un programme à 30 ans, mais c'est ce qu'on était capable de faire autrefois, ce que faisait la Datar sur l'aménagement du territoire et la planification et la planification génération bien sûr.
Et donc le le tout les idées aussi de de retour de de liberté locale forte articulé a une vision non moins forte de l'État et la planification peut aider à cela. Donc la cathédrale de Charte, il y a celui qui dit "Je casse des cailloux", l'autre qui dit "Je taille des pierres, l'autre qui dit "Je construis une cathédrale." Vous êtes d'accord que la pierre fondamentale de cette civilisation française, c'est l'école de la République ?
Jean-Michel Blanc ? Bien sûr. Et tout commence par l'enfance.
Une société qui va bien, c'est une société qui mise sur son enfance. J'ai parlé de la démographie, j'ai parlé de l'éducation. De façon générale, que soit nos choix immatériels ou nos choix matériels comme les choix budgétaires doivent nous amener à donner la priorité absolue à ce qui se passe entre 0 et 10 ans.
Et et donc ça signifie les crèches, l'école partout et avec de avec les moyens nécessaires, le la bienveillance générale de toute la société vis-à-vis de ce qui se passe pour l'enfance, pas seulement à l'école d'ailleurs, mais pendant les vacances, pendant les weekends, que ce soit du temps intelligent, qu'on réancout c'est le projet d'une société aussi et c'est et c'est possible. On sent bien que vous êtes parti trop tôt Jean-Michel Blanquer. Je vais vous dire, je vais je vais résumer euh ce titre civilisation française.
Et ben tout simplement, je vais vous dire vaste programme comme aurait dit comme a dit le général de Gaulle, c'est un vaste programme et on se réjouit d'avoir aujourd'hui en France des programmes qui nous permettent ben déjà d'échanger et peut-être certainement à ceux qui voudront bien vous lire pas la prendre par cœur mais s'en imprégner des solutions à mon avis très pertinentes de la façon dont on peut tirer ce pays du marage dans lequel il est plongé. Merci d'être venu Jean-Michel Blanquet. À très bientôt.
Je pense qu'on aura l'occasion de se revoir parce que ce qui est conu dans ce livre suscitera certainement, j'allais dire des interrogations que l'actualité auquel demandera des réponses. Pour l'instant, on va rejoindre Brigitte Laer. Alors, c'est pas civilisation française, c'est civilisation de l'amour et des sentiments, mais ça fait partie aussi du bonheur d'être français.
Merci Jean-Michel Blanqu. Aucun doute.
Emmanuel Macron