Législatives : et si Mélenchon réussissait son coup ?
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Quels sont les avantages de la NUP selon toi ?
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Quels vont être les défis de la NUP pour gagner les législatives ?
- 6:45RelanceRéponse directe
Quels sont les défis de la NUP pour gagner les élections législatives selon toi ?
- 12:33OuverteRéponse directe
Comment penses-tu que Macron perçoit l'ANUP ?
- 14:43OuverteRéponse directe
Quel profil recherche-t-il pour nommer son Premier ministre ?
- 18:03OuverteRéponse directe
Quelle stratégie va-t-il mettre en place pour les législatives ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« le SMIC va passer à 1 400 euros. »
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« Il va y avoir une désobéissance sur les traités européens. »
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« Ce score de 19% qu'il avait fait en 2017, c'était en fait la conséquence d'un quinquennat de gauche qui s'était trahi, le quinquennat de Hollande qui avait fait la politique de l'offre, le CICE, la loi travail »
- 10:06InvitéChiffre
« le SMIC va passer à 1 400 euros. »
- 10:12InvitéFait
« Il va y avoir une désobéissance sur les traités européens qui nous empêche de faire des politiques de relance. »
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« la réforme des retraites à 65 ans »
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« la réforme du RSA avec des 20 heures obligatoires. »
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Cette alliance des gauches, c'est une alliance des partis de gauche. Vraiment la gauche de l'Atlantique à l'Oural. Donc là, maintenant, il faut transformer ces accords de partis en union populaire. Si Jean-Luc Mélenchon réussit son coup, c'est un truc de dingue. On va pouvoir tester, peut-être pour la première fois depuis 30 ans, une nouvelle politique économique. C'est-à-dire que là, le SMIC va passer à 1 400 euros. Il va y avoir une désobéissance sur les traités européens. Et là, on va pouvoir peut-être faire une politique de relance des services publics. Ça n'a jamais été... Non mais vraiment, ça n'a jamais été vu.
Bonjour à toutes et à tous, et bienvenue dans ce nouvel Instant Porchet. Après un week-end marqué par deux temps forts, celui de l'investiture d'Emmanuel Macron et celui de la convention de la NUP, nous sommes ravis de vous retrouver aujourd'hui pour décrypter l'actualité avec l'œil expert de notre économiste Thomas Porchet. La NUP, la nouvelle union populaire, écologique et sociale, peut-elle porter Mélenchon à Matignon ? Arrivé en troisième place à la présidentielle, le leader des Insoumis est parvenu à réunir en quelques jours la gauche longtemps divisée. Si elle s'est affichée unie et combative samedi dernier, lors de son premier meeting, il reste néanmoins des dissidences.
Alors quels sont les défis qui attendent de la NUP ? Nous aborderons la question avec Thomas. Et puis face à cette gauche réunie, quelle est la stratégie d'Emmanuel Macron pour les législatives qui arrivent à grands pas ? On le rappelle, le prochain rendez-vous aux urnes est le 12 juin. Alors pour vous aider à y voir plus clair, on décrypte la situation, c'est l'instant porchet. D'un côté, Emmanuel Macron investit pour cinq nouvelles années. De l'autre, une gauche unie et combative. Autant dire deux salles, deux ambiances, samedi dernier au Palais de l'Elysée et au Doc d'Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis, où se déroulait la première convention de la NUP.
La NUP, nouvelle union populaire, écologique et sociale, qui a présenté ses 577 candidats, samedi 7 mai. Jean-Luc Mélenchon a souligné la profondeur historique de ce moment. On l'écoute. Il n'y a pas de hasard. Il n'y a que des rendez-vous. J'ai assez vécu et mon expérience du combat politique me fait mesurer la profondeur historique de ce que nous sommes en train de réaliser. Je le sais. Je sais que, à cette heure, nous sommes en train, bien sûr, d'écrire une page de l'histoire politique de la France. Et parce que nous l'écrivons, parce que nous écrivons cette page de cette façon, alors, nous pouvons prétendre écrire une page d'histoire de France.
Alors, historique, la NUP, c'est à elle de le devenir, écrit la journaliste Rachid Lairech dans un biais pour Libération. Il est vrai que, comme tout nouveau-né, la NUP est un objet fragile. Et même si le V, signe de victoire, est déjà adopté par toutes et tous au sein de la NUP, rien n'est encore acquis jusqu'aux législatives. Alors, Thomas, toi, quel est ton point de vue sur la NUP, cette convention qui a eu lieu samedi ?
Déjà, c'est que personne n'aurait pu prévoir, mais vraiment personne n'aurait pu prévoir un jour voir cette union de la gauche avec un Mélenchon qui arrive et qui va serrer la main à Olivier Faure, le discours d'Olivier Faure qui est applaudi par les Insoumistes et on est à la limite de la standing ovation. Personne n'aurait pu prévoir ça. Dans tous les projets d'union de la gauche qu'il y a eu, la plupart des projets avaient pour but de placer la France Insoumise en situation de difficulté. C'était plutôt une union entre les écologistes, le Parti Socialiste, Génération et rarement, elle prenait en compte la France Insoumise. C'était toujours comme ça.
Pour un certain nombre de dirigeants de gauche, en réalité, ce qu'avait fait Mélenchon en 2017, ils ne pouvaient pas le reproduire. Ce score de 19% qu'il avait fait en 2017, c'était en fait la conséquence d'un quinquennat de gauche qui s'était trahi, le quinquennat de Hollande qui avait fait la politique de l'offre, le CICE, la loi travail et donc ils se sont dit voilà, il a surfé là-dessus mais il ne pourra pas le refaire. Les deux premières années, il y a eu l'affaire des Perquisitions, il y a eu tout un tas d'affaires où les gens ont dit c'est fini, Mélenchon ne pourra pas le refaire.
Et donc là, beaucoup des gens qui prenaient l'alliance, Jadot la prenait, Olivier Faure, tout le monde la prenait, il le faisait souvent sans la France Insoumise. Et puis là, il y a eu ce score de Mélenchon qui a été encore plus loin qu'en 2017, les autres scores qui se sont écroulés, les électeurs qui ont en fait choisi de même presque une alliance des gauches sans les partis et là, Mélenchon qui reprend tous ses partis sous la France Insoumise ce que personne n'aurait pu prévoir il y a quelques années sous la France Insoumise et tout le monde se réunit et s'applaudit.
Donc il y a quelque chose de très surprenant et puis il y a aussi un moment quelque part un petit peu historique pour la gauche de ce pays puisque la gauche dans toutes ses différences parce que c'est vraiment la gauche de l'Atlantique à l'Oural est réunie dans une convention et c'est Mélenchon qui est le leader de tout ça. C'est très surprenant mais c'est aussi ça les joies, moi je pense, des surprises politiques qu'il peut y avoir.
Alors certes, il y a convergence sur plusieurs points mais au-delà de ça, quels sont vraiment les avantages de l'ANUP ?
Alors les avantages, c'est que ça répond à un souhait des électeurs de gauche. Je ne dirais pas peut-être des sympathisants un petit peu mais je ne pense pas des militants parce que quand on est militant, on suit l'histoire politique, on suit les événements politiques, on suit les prises d'opposition de certains partis et je pense qu'aujourd'hui ça doit être très difficile de ravaler tout ça et d'applaudir Olivier Faure ou d'autres parce qu'il y a eu quand même plein de débats, il y a eu beaucoup de débats.
Vous en citez plein ces dernières années mais je veux dire le CICE, le Parti Socialiste a trouvé ça super alors que le CICE a été compensé par la baisse des dotations aux collectivités locales qui a été dramatique pour les villes les plus pauvres. Alors aujourd'hui quand on nous dit oui on fait ça pour les classes populaires, bon bah visiblement il y a quelques années on ne le faisait pas. Il y a eu la loi travail, il y a eu la mise en orbite de Macron, puis il y a eu le soutien de la manifestation des syndicats de police. Je ne parle pas des syndicats de police les plus virulents.
Donc il y a eu plein de choses comme ça qui je pense ont laissé pour les militants des cicatrices et aujourd'hui doivent passer par-dessus ça. Mais pour les électeurs qui sont un peu éloignés de la vie politique, qui sont un peu éloignés des appareils, qui suivent ça de loin et qui sont plutôt de gauche, de sensibilité de gauche, c'était leur souhait. La majorité des électeurs de gauche voulaient une alliance des gauches. Ils le voulaient. PS, Europe Écologie Les Verts, LFI, ils ne s'intéressent pas trop là-dedans, ils n'ont pas été là au fond des questions, ils ne sont pas trop dans la vie politique. Donc eux, ils vont aller voter tranquillement.
Et donc là, cette alliance répond majoritairement à cela. La grosse difficulté, ça va être surtout sur les militants et ceux qui connaissent en fait, ceux qui ont un passif. C'est dur de réconcilier les gens qui ont un passif.
Et puis, tu l'as dit, il y a eu un peu un standing ovation devant Olivier Faure et autres. Il y a eu beaucoup d'acclamations, mais il y a aussi beaucoup de critiques et puis bien sûr des différents qui ne sont pas encore totalement oubliés, qui existent. Quels vont être les défis de la NUP pour gagner les élections législatives selon toi ?
Les premiers défis, c'est de transformer en fait ce qui est d'abord cette alliance des gauches et une alliance des partis de gauche. C'est des accords de partis. Alors je pense que tout le monde a bien compris, surtout encore une fois ceux qui connaissent un peu la vie politique, que c'était un accord sur des circonscriptions. C'est surtout ça. Alors là, tout le monde est heureux parce que tous ceux qui sont heureux sont ceux qui ont sauvé leur poste ou qui vont avoir un poste ou qui vont ne pas avoir de concurrents et donc qui ont une possibilité de gagner. C'est ça qu'on a vu. Jusqu'à aujourd'hui, c'est ça. Alors il y a des éléments programmatiques. Il faut bien sûr que je sais.
Mais je pense que les négociations conduisent à être à mon avis terribles parce que pour les négociations politiques, c'est quand même des choses un petit peu, je pense, physiques. Mais je pense qu'elles ont été plus sur les circonscriptions à accorder et les gens un petit peu un jeu de chaises tournantes que sur les histoires de fond. Donc ils ont un peu changé à la virgule quelques mots pour dire quelque chose de différent ou trouver des arguments pour ne pas avoir l'air de trop se soumettre. Mais grosso modo, c'était des accords de poste. Tout le monde le sait. Donc là, maintenant, il faut transformer ces accords de partis en union populaire.
Il faut transformer cette union des partis de gauche en union populaire. Et là, c'est la campagne qui doit débuter. C'est ça, le véritable défi. Et le défi, ça va être de quoi, à travers cette campagne ? De convaincre tous ceux qui ont dit plus jamais PS. Parce qu'il y en a beaucoup qui sont des vrais militants, encore une fois, Front de Gauche, LFI, qui ont fait les trois campagnes de Mélenchon et qui ont dit plus jamais PS quand il y a toutes les trahisons du PS, qu'ils là vont devoir voter pour un candidat PS parfois dans le cerco. Ça, ça va être quand même, je pense, difficile.
Et à l'inverse, il y a des gens qui sont de gauche, d'une gauche un peu plus centriste, qui auront du mal à voter pour Mélenchon Premier ministre. Vous voyez ? Je veux dire, ou pour un candidat LFI. Donc là, il va falloir convaincre quand même une partie de ces gens pour que ça se passe bien. Mais moi, ce que je dis, c'est que les militants sont ceux qui sont toujours le plus proches qui ont perdu leur place. Vraiment, ils l'ont dit. On en a vu sur Twitter. Ils ont perdu leur place au profit de quelqu'un qui a été parachuté. Je pense que ça doit être extrêmement difficile.
En plus, c'est des gens souvent qui n'ont pas voix au chapitre, qui n'ont pas place dans la presse, qui ne pèsent que localement. Et donc ceux-là, on les évacue pour mettre quelqu'un qui va plus peser, probablement médiatiquement parlant, ou dans le parti. Donc ça, c'est très difficile à gérer. Et puis l'autre chose aussi qui va être difficile, c'est aussi qu'il y a un certain nombre de gens qui ont pris des risques pendant cette campagne.
Moi, je pense à tous ces écologistes qui étaient élus, qui ont appelé à voter pour Mélenchon, donc qui ont été en frontal contre leur parti, ou même parfois des gens du PC qui ont appelé à voter Mélenchon, qui ont dit « Voilà, là, il y a l'urgence sociale et écologique qui va passer avant l'urgence de préserver mon parti » et qui, eux, ont disparu. Parce qu'ils ne sont pas dans les accords de parti, parce qu'ils n'ont plus de parti. Donc ils ne sont pas à la France Insoumise, ils ne sont pas à Europe Écologie des Verts, ils ne sont pas au PC. Et ceux-là, ils ont joué le jeu, ils ont eu le courage, vraiment, vraiment d'aller...
Ça doit être dur, ils ont été radiés de leur parti et ils n'ont rien. Donc, non, il va y avoir quand même un certain nombre de rancœurs. Donc il faut passer au-dessus de tout ça. Et l'important pour passer au-dessus de tout ça, c'est là, et là on va revenir à ce qui a été minoré un peu dans les débats, à mon avis, c'est l'accord programmatique. Parce que, imaginons-nous un petit peu ce qui se passerait si Jean-Luc Mélenchon réussit son coup. C'est un truc de dingue. Il va réussir son coup, il devient Premier ministre, on va pouvoir tester, peut-être pour la première fois depuis 30 ans, une nouvelle politique économique. C'est-à-dire que là, le SMIC va passer à 1 400 euros.
Je veux dire, depuis toujours, on nous dit que ça va être une catastrophe. On va pouvoir voir si ça va être une catastrophe ou pas et l'effet que ça va avoir. Il va y avoir une désobéissance sur les traités européens qui nous empêche de faire des politiques de relance. Quand on va investir dans l'hôpital, ce n'est pas pour rien que la Commission a envoyé aux pays membres plusieurs alertes qui réduisent leurs dépenses sur la santé. À un moment, les traités nous obligent à faire des politiques d'austérité. Et là, on va pouvoir peut-être faire une politique de relance des services publics. Ça n'a jamais été... Non, mais vraiment, ça n'a jamais été vu.
L'expérience politique que l'on pourrait vivre là, pour moi, ce serait à la hauteur, alors pas que ça finisse de la même façon, mais ce serait à la hauteur de Syriza en 2015 en Grèce. Moi, je me souviens quand Syriza a gagné en 2015 en Grèce, il y a eu un vent d'espoir des Grecs et de tous ceux qui suivaient ça. Et à l'époque, je crois que le PS ne soutenait pas Syriza, soit dit en passant, parce qu'il faut dire aussi les choses, parce que la France n'a pas été derrière Syriza et c'est pour ça que Syriza a été écrasée. Mais il y avait eu un espoir réel qui a mal fini. Ça ne finira pas de la même façon parce que là, nous ne sommes pas la Grèce, nous sommes la France.
Nous sommes la deuxième puissance de la zone euro, de l'Union européenne. Donc si nous commençons à remettre en cause les traités, il va y avoir une vraie discussion si on a quelqu'un qui est capable de le faire parce que François Hollande n'a pas été capable de le faire. On est la deuxième puissance de la Grèce. C'était une puissance très petite. C'est pour ça qu'elle a été écrasée à un prix humain extrêmement lourd avec la complaisance d'une partie de la gauche française. Bon, voilà. Mais là, il y aurait un vrai espoir et on pourrait mettre en place des politiques économiques différentes. Donc c'est à ça qu'il faut penser maintenant. C'est horrible.
Le monde politique est horrible parce qu'il fait des victimes collatérales. Mais derrière, si ça passe, on aurait un programme de rupture qui serait assez intéressant. Moi, je pense que même pour des gens qui ne sont pas des sympathisants LFI ou des militants LFI ou même... Ce serait quand même une expérience assez particulière. C'est-à-dire qu'on tenterait une autre politique économique que l'on n'a pas tentée depuis 30 ans. Et là, on peut c'est à portée de bras. Donc rien que pour ça, moi, je pense qu'il y a un élan quand même qui serait... Voilà.
Même si j'étais un analyse politique parce que moi, je ne suis pas un analyse politique de bas, je serais intéressé de voir ça juste pour l'expérience politique que ça pourrait représenter.
On l'a compris, la nouvelle Union Populaire Écologique et Sociale a officiellement été investie à Aubervilliers samedi. Mais plus tôt, dans la même journée, c'est Emmanuel Macron qui, lui, était réinvesti au palais de l'Elysée. Le chef d'État a affirmé vouloir présider avec, je cite, une nouvelle méthode en planifiant, en réformant, en associant les Français. Alors, est-ce que cette nouvelle méthode inclut l'hypothèse d'une éventuelle cohabitation ? On a le droit au doute. Toi, Thomas, comment penses-tu que Macron perçoit l'ANUP ?
Je pense qu'il est très mal parce que là, en fait, qu'est-ce qu'on a pensé quand on a regardé cette campagne ? On a pensé que la France était passée à droite. Tout le monde disait que maintenant la France est de droite, la gauche est inaudible, on ne la voit pas. C'était ça que les gens pensaient, on ne la voit pas. Et puis là, quand même, surprise, il y a trois blocs quasiment à égalité au premier tour. Macron, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Et là, vous avez tout le bloc de gauche maintenant qui est uni. Donc, on va gagner quelques points. Macron sait très bien que le Front National, c'est quand même un peu plus difficile pour les élections législatives.
Et donc, il pensait qu'il n'allait avoir que ça en face de lui. Le Front National et qu'il allait pouvoir, que ça allait être moins facile que la dernière fois, mais qu'il allait pouvoir encore avoir la majorité. Et là, il doit se dire, bon, il y a quelque chose qui se passe à gauche, j'ai un bloc entier, ça va être très difficile. Donc là, son ennemi, ce n'est plus en fait celui qu'il a eu au deuxième tour, ce n'est plus l'extrême droite. C'est la gauche.
Voilà, et en même temps, trouver des candidats qui puissent aller récupérer une partie de l'électorat de gauche qui refuse ces accords-là, une partie d'Europe Écologie-Les Verts qu'on a vu hier, la tribune de José Bové, Daniel Cohn-Bendit, etc., une partie du PS, Cazeneuve, Carole Delga, etc. Et en même temps, il doit garder son cap à droite parce que toute sa présentielle, il l'a fait à droite. C'est-à-dire la réforme des retraites à 65 ans, la réforme du RSA avec des 20 heures obligatoires. Il ne peut pas perdre la droite. Donc là, ça va être, à mon avis, alors il est très très bon.
C'est quelqu'un qui est très bon normalement pour mettre des coups de volant à droite et à gauche en fonction des événements. Mais là, ça va être quand même difficile parce que pour qu'il gagne, il faut qu'il rapporte une partie des derniers électeurs de droite qui n'arrivent pas à voter pour lui et une partie des électeurs de gauche, tu vois, qui sont déçus de l'accord. C'est comme ça qu'il s'assurera vraiment un socle solide. Donc ça ne va pas être évident. Je pense que là, il doit être travaillé alors qu'avant, il pensait que ça suffisait de prendre un petit peu à droite et c'était bon. Et là, je pense que ça doit être un peu plus compliqué pour lui.
Et durant son discours, il a fait le serment de léguer à une planète plus vivable. Et donc pour ce faire, son Premier ministre se verra chargé de la planification écologique. Quel profil recherche-t-il, tu penses, pour nommer son Premier ministre ?
Alors justement, moi je pense que sur les retraites, sur les impôts de production, parce qu'il va encore les baisser, sur le RSA, tout ça, il doit donner à la droite. Ce qu'il peut donner à la gauche, il ne va pas donner des mesures sociales puisque là, il est en train de casser ce qui reste du modèle social, sachant qu'il a déjà cassé l'assurance chômage et qu'il a cassé en partie le droit du travail avec la loi travail, qui était la deuxième loi travail après celle faite par Mme El Khomri. Donc là, il s'en prend vraiment au modèle social. Donc qu'est-ce qu'il peut offrir à gauche ? L'écologie. Planification écologique. Je vais dire que ça veut dire quoi planification écologique ?
C'est intéressant, ça veut dire qu'on va planifier sur plusieurs années, mais il ne va pas y avoir, on ne s'engage pas sur des montants pour le moment, rien. Il nous parle de planification, c'est-à-dire d'un rythme peut-être, je ne sais pas moi, de développement du nucléaire ou d'un rythme de rénovation des bâtiments, mais on ne parle pas de pognon, on casse rien, c'est un projet. L'autre, on casse. De l'autre côté, le RSA, on casse, les retraites, on casse. Là, c'est un projet. Donc c'est là-dessus qu'il va aller. Parce qu'il ne peut pas dire demain, je vous découvre tant de milliards, c'est là-dessus qu'il va aller.
Il y a eu le quoi qu'il en coûte pour les centristes, mais c'est là-dessus qu'il va aller. Donc là, il doit trouver un Premier ministre qui réunisse les deux planifications et écologie. Alors moi, je pense qu'ils refuseront, mais je pense que malheureusement, un profil comme Jadot, ce serait parfait. Un profil comme Montebourg, ce serait parfait. Alors Jadot, plus pour le côté écologie, Montebourg, plus pour le côté planification. Mais ça, ce serait des profils qui peuvent plaire à un électorat centre-droit, quand même, malgré tout, et qui vont perturber toute la partie zone grise qui est mal à l'aise avec Mélenchon en Premier ministre, mais qui reste quand même un peu de gauche.
Et donc moi, je pense que là, et comme en fait, Macron, il faut le dire, il est quand même très doué pour ramener des gens, en plus qui l'ont critiqué souvent très fortement, et qui sont abandonnés par leur parti. Je me souviens de Bruno Le Maire. Bruno Le Maire, il avait beaucoup critiqué. Il fait un score très faible à la primaire. Là, maintenant, il le prend. Et Bruno Le Maire, c'est le plus fidèle des macronistes. Darmanin, pareil. Et maintenant, c'est le plus fidèle des macronistes.
Donc quand vous avez comme ça une partie de gens qui se sent abandonnés par leur parti, mais qui représentent quand même quelque chose, qui ont une structure, un poste de Premier ministre, c'est difficile à refuser, je pense. C'est ce qu'on dit en politique, ce qu'avait dit Ségolène Royal. Je pense qu'ils cherchent un profil comme ça. Après, en plus, c'est des gens qui, dans la configuration actuelle, pourraient lui être même presque reconnaissants. Donc je ne pense pas que je ne pense pas, parce que Jadot, je l'ai vu, enfin, Montebourg, Jadot, je les connais, je les ai vus sur des combats. Je serais étonné, mais j'ai été surpris de plein de gens en politique.
Par exemple, quelqu'un comme Pascal Durand, qui était premier secrétaire d'Europe Écologie Les Verts, que j'ai vu vent debout contre le TAFTA, contre le CETA. Bon, ben, il a rejoint Macron aux européennes. Pascal Canfin, ce n'était pas la gauche radicale, mais c'était quand même quelqu'un qui avait un certain principe, il a rejoint Macron aux européennes. Donc, en politique, c'est souvent une succession de déceptions. On l'a vu avec Hulot, etc. Et Macron a une très grande force de conviction et il arrive toujours à trouver quelqu'un qui lui en voulait et qui, après, devient, finalement, lui doit quasiment tout. Donc, moi, je pense qu'il doit chercher des...
Alors, il faut que ce soit des profils contrôlables, mais je pense que le Premier ministre va être un profil comme ça, un petit peu... qui va taper un petit... qui pourra un petit peu taper la gauche et qui acceptera les réformes de droite.
Et selon toi, quelle stratégie il va mettre en place pour les législatives qui arrivent très vite ?
Ça va être cette stratégie de balancier qu'il a toujours fait. Alors, je pense qu'il sait très bien qu'il ne pourra pas faire comme en 2017. C'est-à-dire que les gens ne vont pas voter. Et puis là, Mélenchon a été très malin d'instrumentaliser ces législatifs en un troisième tour. C'est-à-dire que c'est comme ça qu'on va faire venir les gens aux yeux en avant. Personne ne votait pour ça, personne ne comprenait vraiment, sauf ceux qui sont encore une fois des militants ou dans les partis politiques qui comprennent vraiment l'enjeu de ça. Mais la plupart des gens dehors, ils ne comprennent pas. Pour eux, c'était un passage obligé. On n'allait pas voter ou certains allaient voter.
Il sait qu'il ne pourra pas refaire ça. Donc là, il a regardé très sérieusement sur chaque circonscription qu'est-ce qu'il allait mettre. Parce qu'on l'a bien vu, ça, c'est ce qu'il a fait. Je pense maintenant, il faut qu'il trouve un Premier ministre qui perturbe l'union de la gauche. Tu vois, qui perturbe en disant, voilà, moi, je ne suis ni de gauche ni de droite. Je suis pragmatique. Il y aura planification écologique. Il y aura réindustrialisation avec des ministres qui symbolisent ça. Et puis de l'autre, il y aura les réformes pour que ça aille mieux et plus juste de travailler jusqu'à 65 ans soi-disant et de faire travailler des RMI pour qu'ils puissent trouver un travail soi-disant.
Donc là-dessus, il est vraiment, il doit aller creuser, il doit aller chercher finalement ces déçus. Cette petite marche qui représente quelques points des déçus de l'alliance des gauches et puis cette autre partie à droite qui sait que les législatives ne changeront rien et que c'est déjà fini et qui pourrait le rejoindre. C'est la seule solution. Mais là, il doit vraiment trouver un Premier ministre qui bloque la gauche et puis faire une politique économique, c'est comme il a toujours fait, très à droite. Voilà, c'est ça le pari.
Merci à vous d'avoir regardé cet instant porché. On le rappelle, on se rapproche des élections législatives. Elles auront lieu le 12 juin prochain. Dans ce contexte, il est important de comprendre les discours de chacun et chacune. L'information est un droit et une arme. D'ailleurs, si vous nous regardez aujourd'hui, c'est que vous avez choisi une information différente, indépendante. Alors, j'en profite pour vous dire que Le Média a toujours besoin de vous. Il ne manque plus que 200 abonnés payants à partir de 5 euros par mois pour sauver Le Média. Alors, si vous voulez nous aider, rendez-vous sur le lien en description de cette vidéo. Merci encore de nous faire confiance.
On se donne rendez-vous la semaine prochaine pour un nouvel instant porché. D'ici là, portez-vous bien et je vous dis à bientôt sur Le Média. Sous-titrage ST' 501