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interviewÉlysée· 30 octobre 2025 52 min

Prise de parole du Président Emmanuel Macron lors de l’évènement sur l’intégrité de l’information.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Si vous nous rejoignez, tout juste, je suis là pour modérer cette tableau. Et j'aimerais accueillir Son Excellence le Président Macron de la République française,

0:19
Invité

ainsi que John Mahama, le Président de la République du Ghana,

0:25
Présentateur

Maya Sandou, Président de la République de Moldavie, Edi Rama, Premier ministre de l'Albanie,

0:34
Invité

et Nicole Pachignan, Premier ministre de la République de l'Arménie.

0:39
Présentateur

Nous avons bien sûr parlé de l'intégrité de l'information, qui est la mère de toutes les batailles. Nous pouvons mener de front cette bataille collectivement avec les Etats et les gouvernements qui ont été des leaders dans cette bataille. Nous entendrons d'abord le Premier ministre Pachignan d'Arménie.

0:58
Emmanuel Macron

Merci beaucoup, M. le Président Macron,

1:08
Présentateur

M. le Président Mahama,

1:11
Emmanuel Macron

Mme la Présidente Sandou,

1:14
Présentateur

M. le Premier ministre Rama,

1:17
Emmanuel Macron

très chers amis, mesdames et messieurs. Tout d'abord, j'aimerais exprimer ma plus profonde gratitude envers le Forum de l'information et de la démocratie

1:32
Présentateur

et le Forum de Paris sur la paix pour organiser cette conférence essentielle. J'aimerais également remercier la France et l'une de nos autres partenaires pour leur soutien.

1:43
Emmanuel Macron

C'est un honneur de m'exprimer aujourd'hui lors de cette conférence

1:47
Présentateur

à une époque où les espaces informationnels, leur indépendance et l'indépendance des médias sont mis à l'épreuve plus que jamais.

1:57
Emmanuel Macron

Ce ne sont pas que des défis

1:59
Présentateur

qui se retrouvent dans des secteurs spécifiques, des problématiques spécifiques. Non, ce sont des sujets qui se trouvent au centre même de nos démocraties. Et en tant qu'ancien journaliste, c'est un sujet qui ne parle particulièrement. En effet, l'Arménie,

2:17
Emmanuel Macron

comme toute démocratie, souhaite promouvoir des médias pluralistes,

2:25
Présentateur

indépendants et libres, les Etats doivent créer les conditions nécessaires pour s'assurer de l'indépendance véritable des médias. Mais dans une époque qui évolue, celle qui est la nôtre aujourd'hui, nous devons nous assurer de l'indépendance des médias. Et ce n'est pas seulement le rôle des gouvernements, en effet, la manipulation des informations par des acteurs étrangers, ainsi que les ingérences mettent à mal notre sécurité

2:55
Emmanuel Macron

et mettent en difficulté cette protection des médias. Et cela nous amène aux racines mêmes des médias et de leur nature.

3:05
Présentateur

Que sont les médias ? Et quelles sont leurs grandes causes ? Je pense que le rôle des médias est de pouvoir servir des causes importantes et publiques. C'est une mission importante, celle également de faire en sorte que les gouvernants prennent leurs responsabilités et de mener aux réformes. Après la révolution de Velours,

3:32
Emmanuel Macron

l'Arménie a fait bien des progrès

3:35
Présentateur

pour développer des indices sur la liberté de la presse, des indices et des indexes internationaux.

3:44
Emmanuel Macron

De 2019 à 2024, l'Arménie a progressé de 88 à 24 sur l'intégralité des pays

4:01
Présentateur

en matière de liberté des médias. Nous continuons à travailler dans un environnement médiatique compliqué pour nous assurer que l'indépendance de ces derniers soit un bien public. Et nous devons continuer ce combat pour protéger et renforcer les principes sur lesquels tout cela repose. Dans un même temps, nous devons nous reconnaître la gravité et la sévérité de ces défis. L'intelligence artificielle est en croissance exponentielle. Les limites entre la vérité et le mensonge se font de plus en plus floues et la désinformation est instrumentalisée. Ce ne sont pas des menaces abstraites, elles sont concrètes, elles sont mondiales.

Elles menacent les fondements même de la gouvernance démocratique. Elles sont à l'origine de la polarisation des sociétés et de l'affaiblissement de l'intérieur des institutions démocratiques. Tout cela se fait à une échelle et à une vitesse sans précédent. Et c'est pour cela que nous devons renouveler nos engagements. L'intelligence artificielle évolue et réussit de mieux en mieux à participer à la manipulation des contenus. Une manipulation qui se fait de plus en plus sophistiquée. Nos efforts collectifs doivent se concentrer aujourd'hui sur la défense de la vérité, la protection des journalistes indépendants et le renforcement d'une société qui agit pour la vérité.

La manipulation des informations

5:43
Emmanuel Macron

et les ingérences sont une menace sécuritaire que tous et toutes connaissons dans le monde. Et grâce à plus de coopération entre les pays qui partagent un même état d'esprit,

5:59
Présentateur

nous pouvons protéger l'état de droit, la démocratie et les droits fondamentaux.

6:06
Emmanuel Macron

Nous devons respecter l'ordre international basé sur des règles. Et dans ce contexte, nous pensons que renforcer la résilience envers la manipulation de l'information

6:15
Présentateur

doit se faire à travers l'éducation et la sensibilisation. Aujourd'hui, le développement des technologies change complètement le concept des médias traditionnels. Nous savons toutes et tous que nous avons des téléphones portables, des smartphones dans nos mains qui nous permettent de créer nous-mêmes des médias. Et je souhaite souligner l'importance de renforcer l'alphabetisation médiatique de tout un chacun.

6:46
Emmanuel Macron

Il faut bien se rendre compte que les valeurs de non-discrimination, du respect pour la diversité et des droits des autres,

6:55
Présentateur

peu importe leur origine ethnique ou leur croyance religieuse, ces valeurs sont essentielles, doivent être protégées. Et cela est particulièrement vrai pour les jeunes générations. Et ces outils, qui sont le plus souvent dans les mains de ces jeunes générations, sont parfois utilisés à l'encontre de ces valeurs. Nous devons créer des ponts entre les générations et entre les peuples. Et il nous faut donc un dialogue inclusif basé sur des faits et fondé sur un respect mutuel. Dans un monde où de nombreuses conversations risquent de devenir des monologues parallèles, nous avons besoin de dialogues,

7:35
Emmanuel Macron

de dialogues pour aller plus loin, aller plus loin. Et l'Arménie est prête aujourd'hui

7:44
Présentateur

à contribuer à cet effort collectif. Nous réaffirmons notre engagement ferme pour la défense des médias libres et indépendants envers la protection des espaces numériques. Et ensemble, avec tous nos partenaires internationaux, nous souhaitons promouvoir un espace mondial d'information qui repose sur la vérité, la transparence et le respect. Nous reconnaissons l'importance d'un écosystème de l'information sain partout dans le monde. L'Arménie pense également rejoindre le Fonds international pour les médias d'intérêt public. Mesdames et messieurs,

8:29
Emmanuel Macron

j'aimerais féliciter les organisateurs

8:33
Présentateur

et les participants de cette conférence importance. Merci pour votre engagement envers la vérité, la transparence et la liberté d'expression. Les discussions et les échanges qui se tiennent ici contribueront sans aucun doute à notre compréhension commune, à notre capacité commune à faire face aux défis communs qui nous attendent dans l'espace informationnel. Je suis sûr qu'un dialogue, une coopération et un respect mutuel peuvent nous permettre d'atteindre une société résiliente ancrée dans la vérité et dans les valeurs démocratiques. Je vous souhaite une très belle conférence et des débats très productifs et beaucoup de succès dans vos travaux. Merci beaucoup.

Merci beaucoup, Votre Excellence. Merci pour vos remarques, vos commentaires et vos mots de soutien. J'aimerais à présent donner la parole au Président Edi Rama, ou plutôt Premier ministre de l'Albanie, s'il vous plaît. Votre Majesté, très chers amis, c'est avec beaucoup d'humilité que je participe aujourd'hui à ce forum pour vous soutenir au nom de mon pays et soutenir la Déclaration de Paris pour l'intégrité de l'information et l'indépendance des médias. Tout comme mon très cher ami président de l'Arménie,

10:11
Invité

je ne vais pas répéter tout ce qui a déjà été dit

10:20
Présentateur

et avec une grande justesse. J'aimerais simplement souligner mes propres inquiétudes et vous en faire part des inquiétudes

10:32
Invité

qui parfois s'inscrivent également dans un cadre commun. En effet, nous assistons aujourd'hui à une scène de crime,

10:50
Présentateur

une scène de crime qui, tous les jours, chaque jour, est de plus en plus sanglante, destructrice et sème davantage encore de confusion. Il s'agit de la liberté d'expression. En effet, nous nous sommes trompés. Nous nous sommes trompés lorsque nous parlons de liberté d'expression. Nous confondons l'indépendance des médias et l'irresponsabilité des médias. À une certaine époque, il y a bien longtemps, nous vérifions les faits en Europe. Il s'agissait du royaume de la vérification des faits. Nous voyons l'Europe comme étant le paradis des libertés, une terre d'indépendance et de créativité. Et aujourd'hui, celle-ci est devenue le royaume du chaos.

Et là où l'on trouve le chaos, évidemment, il n'y a pas d'intégrité pour quoi que ce soit. Car par nature, le chaos est une force destructrice, désintégratrice. À une certaine époque, nous pensions qu'il y avait une protection de la liberté. Et l'anonymité, qui à une certaine époque, la liberté, est devenue aujourd'hui synonyme d'ignomine. La liberté de s'exprimer anonymement est devenue une forme de licence, de permis, de s'exprimer comme chacun l'entend des manières les plus honteuses possibles, de se conduire de la manière la plus honteuse qu'il soit. Et lorsque j'observe tout cela,

12:45
Invité

de manière très légitime,

12:49
Présentateur

mais d'un point de vue véritablement simple, celui de la liberté des médias, et de la liberté d'expression, je n'ai pas l'impression que toutes les générations avant nous avaient tort lorsqu'elles demandaient aux médias de prendre leurs responsabilités

13:09
Invité

face à la vérité. Je pense que les grandes démocraties

13:18
Présentateur

doivent prendre leurs responsabilités et que ce qui est dit dans la sphère publique doit absolument être vérifié et doit être responsable lorsque ce qui a été dit dans la sphère publique n'est pas vrai et n'a pas été vérifié. Nous ne pouvons pas nous cacher derrière des avatars anonymes. Il est nécessaire de faire face à la vérité, de faire face aux croyances, et j'ai l'impression qu'on ne peut pas dire que personne ne ment, c'est faux. Je pense qu'il y a certaines choses, des petites choses que nous avons prises pour acquis par le passé et qui aujourd'hui, finalement, se retournent contre nous et créent ce terrain fertile pour ce chaos dans le monde.

Et chacun et chacune d'entre nous, au nom d'une bataille, nous retrouvons dans une bataille contre les politiciens. Il y a une bataille contre les politiciens tous les jours,

14:25
Invité

de tous les côtés. Et dans mon pays

14:36
Présentateur

ou à d'autres endroits en Europe, nous assistons à une extorsion des entreprises, une extorsion des personnes dans le monde des affaires

14:46
Invité

pour et au nom de la liberté d'expression.

14:53
Présentateur

Et tout cela est quotidien.

14:55
Invité

Et enfin, j'aimerais conclure en disant que la société, dans ce qu'elle a de plus mauvais,

15:09
Présentateur

est en train de s'exprimer de la manière la plus facile et nous la laissons faire au nom de la liberté d'expression.

15:16
Invité

Mais nos sociétés

15:18
Présentateur

utilisent exactement

15:20
Invité

cette même technique

15:24
Présentateur

pour finalement mettre à mal nos démocraties et nos communautés, nos populations avec des trolls, avec des mensonges, avec des fake news, de la désinformation. Et nous y assistons et nous continuons à dire que nous n'allons pas, ou plutôt que nous allons bâtir des murs et des barrières et des pare-feux pour protéger nos élections, pour protéger nos démocraties,

15:52
Invité

de la Russie

15:53
Présentateur

et d'autres acteurs qui oeuvrent jour et nuit pour utiliser ces lacunes, ces lacunes que nous avons nous-mêmes créées.

16:01
Invité

Nous avons laissé nos fenêtres ouvertes sans même les sécuriser,

16:06
Présentateur

sans alarmes, sans rien. Et aujourd'hui, nous demandons comment d'autres acteurs peuvent entrer dans la maison et dormir dans nos lits, traiter nos femmes comme des prostituées et faire ce qu'ils veulent avec nos enfants. Nous nous posons ces questions-là, mais nous ne devrions pas.

16:25
Invité

Nous devrions finalement

16:27
Présentateur

faire des discours comme ceux de mon ami Pachinian. Et si vous le faites, vous allez être crucifiés. Mais je m'en moque. Moi, je m'en moque. J'ai été élu quatre fois, deux fois plus qu'Emmanuel. Donc, je ne peux pas en demander davantage, mais il faut vraiment que je sois honnête avec vous et que je vous explique ce qui se passe exactement. Puisque lorsque je dis ce genre de choses, on va me tomber dessus en me disant « Mais vous êtes un autocrate. » Alors oui, peut-être que je ressemble à un autocrate. C'est vrai, mais personne ne peut accuser la France ou l'Allemagne des mêmes choses. Peut-être pas pour l'instant.

17:07
Invité

Et l'Europe doit aujourd'hui

17:09
Présentateur

prendre ses responsabilités et mettre fin à cela. Faire quelque chose, agir maintenant, c'est une folie. C'est une folie. Nous avons interdit TikTok. Et à ma grande surprise, les personnes qui suivaient TikTok ont été sensibles à cela. et je pensais qu'ils allaient se battre contre cette interdiction. Mais non, ils ont compris cela. Ils ont compris et ils ont dit « Nous avons compris pourquoi. » Et pourquoi ne le faisons pas plus ? Pourquoi ne faisons pas ce genre de choses en Europe ? Je pense que nous avons un grand pouvoir d'action. Vous avez un grand pouvoir d'action.

Je ne peux simplement répondre à ce genre d'investation et avoir ce privilège et cet honneur d'être ici et de m'asseoir aux côtés de Sa Majesté. Alors, je vous remercie de votre attention. Et s'il vous plaît,

18:03
Invité

nous sommes ici

18:06
Présentateur

dans un espace très particulier. Nous avons ici, dans une toute petite salle, le roi de la France. Et s'il vous plaît, ne nous étouffons pas avec des discours, des discours qui ne sont bons qu'à être donnés à Paris-Bercy, mais pas dans cette salle. Pas dans cette salle. Dites des choses qui viennent de vos entrailles, de votre cœur. Et ne faites pas des discours qui sont simplement polis, gentils. Et simplement, je voulais dire que l'Union européenne a 27 membres, 27 Etats membres

18:37
Invité

qui ont,

18:39
Présentateur

et je pense qu'ils ont raison, des lois contre la diffamation. La diffamation est un crime pénal. Je pense que nous devons, à présent,

18:55
Invité

voir pourquoi en Albanie,

18:57
Présentateur

aujourd'hui, la diffamation est une liberté. Et je comprends. Je comprends cette confusion, car les lois peuvent être dangereuses. et avant d'arriver dans l'Union européenne, nous devrons remplir ce prérequis. Nous devons donc accepter la diffamation en tant que liberté.

19:14
Invité

Et c'est quelque chose que nous devons faire. Oui, je sais que j'ai été très long. Je suis désolée,

19:18
Présentateur

mais j'ai l'impression que votre programme est encore plus long. Merci beaucoup pour vos propos très honnêtes. Je suis ravie, à présent, de donner la parole à Son Excellence Maya Sandou de la République de Moldavie.

19:35
Invité

Merci beaucoup, Monsieur le Premier ministre Pachinian,

19:41
Présentateur

Monsieur le Président Mahama, Monsieur le Président Macron, Monsieur le Premier ministre Rama. La paix ici est synonyme de vérité, et la vérité en elle-même doit être défendue. Notre voisin, l'Ukraine, a été attaquée par la Russie. Et au moment où la Russie a passé les frontières pour attaquer l'Ukraine, le terrain avait déjà été miné pour pouvoir créer plus de confusion entre les victimes et les agresseurs. L'Ukraine est la victime de l'agression russe, mais depuis cette agression, la désinformation et la manipulation de l'information a pris des niveaux sans précédent.

Une campagne furieuse a été lancée pour mettre à mal le leadership en Moldavie, la crédibilité du gouvernement, et essayer de remplir la tête des citoyens et citoyennes en leur disant que si la Moldavie votait pour se ranger aux côtés de l'Europe, alors les citoyens devraient le même sort que l'Ukraine. et ce sont des menaces qui ont pesé contre nous sur les trois dernières élections. Et d'ailleurs, la France a été attaquée pour nous avoir soutenus et pour avoir soutenus l'Ukraine et les valeurs démocratiques. La manipulation de l'information va encore plus loin.

Elle souhaite éroder le soutien public envers la sécurité et la défense, mais également à convaincre les citoyens et citoyennes que l'investissement dans la protection est une provocation et que cela peut mener à l'escalade. Une économie de guerre est en place en Russie

21:29
Invité

et cette guerre de l'information est menée envers les pays européens

21:39
Présentateur

pour les affaiblir mentalement, psychologiquement et politiquement. Il est nécessaire évidemment que nous tenions des élections qui soient justes et équitables. Et il est très clair aujourd'hui que la propagande russe n'est pas simplement une collection de publications hasardeuses. C'est une campagne extrêmement bien orchestrée par un régime autoritaire pour changer les vues des citoyens et citoyennes sur la démocratie et changer l'issue des votes dans des élections démocratiques. La langue est importante et tout cela est utilisé. Les langues, l'ethnicité, la religion, tout est utilisé dans la propagande pour rendre les divisions plus profondes encore et transformer les voisins en ennemis.

Tout cela est alimenté par des fonds illégaux

22:34
Invité

et des figures publiques

22:38
Présentateur

et des figures publiques sont transformées en influenceuses et influenceurs sur les réseaux sociaux et sur des plateformes publiques. Nos démocraties

22:49
Invité

sont attaquées

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Présentateur

avec des actions en ligne qui vont plus loin que le monde du numérique. Tout cela a un impact sur les sociétés, le monde de la religion, le monde politique, les sociétés dans leur ensemble et cela met à mal la confiance. Pour nous, il est très clair que la défense de la souveraineté et notre droit de décider de notre avenir dépend de l'intégrité de notre espace informationnel et de ceux qui luttent pour ce dernier. Le panorama médiatique de la Moldavie a auparavant souffert des régimes au pouvoir et nous avons œuvré pour que les journalistes puissent travailler sans peur et informer nos citoyens et citoyennes de l'année dernière.

Nous étions 31 dans le monde en matière de liberté de la presse. Nous avons donc gagné 50 places dans le classement de Reporters sans frontières. Ce n'est pas qu'une question de liberté d'expression, il en va de notre sécurité car nos médias indépendants, leur résilience et leur indépendance sont une manière de nous défendre contre la propagande russe.

Effectivement, les journalistes arrivent à découvrir des problématiques et des propagandes et des campagnes ainsi que des proxys qui essaient d'acheter de l'influence avec de l'argent illégal, de l'argent sale et nous avons besoin de ces journalistes pour que nos démocraties puissent faire face à toutes ces problématiques et nous sommes ici dans une des guerres d'information, une des guerres hybrides les plus intenses de notre histoire. Nous sommes intimidés

24:40
Invité

par des messages,

24:43
Présentateur

des cyberattaques, des harcèlement. C'est ce que vivent nos journalistes, des journalistes dont le silence est exigé et aujourd'hui,

24:49
Invité

j'aimerais remercier

24:52
Présentateur

tous nos partenaires qui soutiennent des médias libres et indépendants et je remercie tout particulièrement les organisateurs de la conférence qui est organisée aujourd'hui. Vous avez tout notre soutien. Nous soutenons les journalistes et la démocratie par extension et cette initiative permet également aux médias de survivre à la propagande russe qui ont énormément de ressources et des ressources opaques.

25:21
Invité

La Moldavie

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Présentateur

a des journalistes qui peuvent oeuvrer de manière indépendante en toute liberté. En Russie, ce n'est pas le cas. C'est pour cela que nous avons une législation stricte en la matière et renforcée pour que nous puissions agir dans ce sens et parfois cela demande des décisions difficiles comme par exemple de suspendre l'activité de chaînes qui ont des activités qui nous mettent à mal ou qui donnent de fausses informations. Malgré tout, la désinformation persiste dans plus de 300 chaînes russophones. La propagande est mêlée à des programmes de divertissement et la haine est mêlée également à ce genre de programme joyeux et tout cela met à main la démocratie.

Le meilleur antidote est ce que nous faisons avec de la résilience, nos efforts pour aider la population à voir la manipulation pour ce qu'elle est vraiment. Tout cela est la réponse. Aujourd'hui, le combat se mène en ligne et l'espace numérique n'est pas réglementé comme il se doit. Les réseaux sociaux qui, à une certaine époque, devaient être des modèles de transparence aujourd'hui sont des terrains de désinformation et de manipulation de l'information.

Ces plateformes aujourd'hui sont utilisées pour ne pas servir les intérêts des démocraties comme elles le revendiquaient, mais bien pour diffuser de la désinformation, des informations qui sont fausses et cela met à mal la liberté même des citoyens, des citoyennes, met à mal des élections, la liberté des élections car nous le savons, la Russie a utilisé des réseaux sociaux, Telegram, Instagram et bien d'autres plateformes encore pour donner aux utilisateurs des informations issues de propagande, issues de campagne, de désinformation et nous savons que certaines de ces vidéos ont des dizaines de millions de vues et des centaines

27:23
Invité

de faux comptes

27:27
Présentateur

sur TikTok ont été utilisés et d'ailleurs certains de ces comptes ont été vus, ont publié des vidéos qui ont été vues par plus de 55 millions de personnes selon des recherches menées aux Etats-Unis. Tout cela veut dire que les batailles qui se mènent en ligne sur TikTok arrivent dans nos parlements et ont une influence sur la politique. Ce qui s'est passé lors des trois dernières élections en Moldavie ou en Roumanie l'année dernière pourrait arriver chez vous n'importe où. Cela pourrait se dérouler lors de vos prochaines élections ou lors du vote au Parlement européen.

Lorsqu'il y a plus d'opacité que de vérité, nos démocraties se retrouvent sur une bataille qu'ils ne peuvent pas contrôler dans une adversité et qui est exploité. Et nous devons alors nous demander sommes-nous en train de lutter pour la liberté d'expression ou nous laissons-nous pirater par des personnes qui essaient de mettre sous silence les voies de la vérité. Nous devons lutter sur cette manipulation qui est largement financée. Nous devons agir ensemble pour restaurer l'intégrité dans l'espace informationnel ce qui est illégal dans la vie réelle doit aussi être illégal en ligne. Les plateformes doivent continuer à suivre leurs règles et la loi.

Elles doivent donner un accès réel aux données de la transparence sur leur financement et mener des audits notamment sur la publicité politique. Nous savons que cela demande des ressources mais aucune plateforme ne devrait accepter de publicité politique notamment de la part d'individus qui sont sanctionnés et cela ne peut pas être simplement traité comme quelque chose de normal. Nous le faisons pour nos peuples. Les démocraties doivent être explicites dans leur exclusion

29:33
Invité

des entités

29:36
Présentateur

qui mettent à mal la vérité surtout en période d'élection. Nous ne pouvons pas nous arrêter non plus aux frontières Schengen. Nous devons nous élargir pour plus de sécurité. L'UE doit s'élargir pour plus de sécurité et l'Europe est donc plus forte, plus résiliente lorsqu'elle prend cette approche plus à même de protéger son mode de vie et ses citoyens. Il faut également compter sur des outils pour protéger le débat démocratique et de toute manipulation car la démocratie ne peut pas attendre d'être protégée de la prochaine crise.

30:19
Invité

Nous devons agir ensemble de manière forte et unie pour résister aux adversaires qui cherchent à nous diviser. La paix ne peut survivre sans l'intégrité de l'information et les démocraties ne peuvent pas survivre sans ceux qui les protègent, les journalistes, les citoyens et les leaders. La Moltavie est particulièrement reconnaissante envers la France pour son leadership et pour son soutien pour nous aider à répondre aux attaques hybrides de la Russie et pour son soutien pour notre candidature à l'Union européenne. Ensemble, nous ne défendons pas simplement nos nations mais aussi l'idée d'une Europe libre et unie. Merci beaucoup, Votre Excellence, pour ces commentaires extrêmement puissants.

Nous allons maintenant donner la parole à Son Excellences le Président Mohamed de la République du Ghana. Votre Excellence, M.

le Président de la République française, Excellences Président de la République de Moldavie et d'Albany, Premier ministre de la République d'Arménie, Mesdames et Messieurs les participants, au nom du gouvernement et du peuple du Ghana, je voudrais exprimer toute notre reconnaissance aux organisateurs au Fonds international pour les médias d'intérêt public au Forum sur l'information et la démocratie et notre co-organisateur, la République française, pour avoir organisé cette réunion opportune et importante des chefs d'État, des experts de la société civile et des journalistes qui ont enrichi ces discussions et que vos contributions ont été particulièrement importantes. Merci beaucoup.

À travers cette session, nous avons fait face à l'un des défis les plus importants de notre époque, c'est-à-dire comment défendre la vérité et soutenir la confiance à une époque où la manipulation de l'information ainsi que les perturbations technologiques menacent les fondements même de nos démocraties. Il nous faut réaffirmer cette vérité profonde que l'intégrité de l'information n'est pas simplement une inquiétude des médias, mais une question de sécurité nationale, de stabilité économique et de survie démocratique.

Nous avons entendu des voix puissantes nous rappeler que l'accès à des informations vérifiées et viables sont une base des droits humains, un prérequis pour la paix, la justice et le développement durable. Cette conférence nous a enseigné non seulement parler simplement des résultats tangibles, par exemple, l'adoption de la déclaration de Paris sur l'action multidénératiale pour l'intégrité de l'information et les médias indépérents. Elle a aussi réaffirmé notre engagement pour une presse pluraliste et indépendante.

Elle a aussi été l'occasion d'un renouvellement de notre engagement financier avec pour objectif 130 millions d'euros d'ici à 2028 pour soutenir le journalisme indépendant partout dans le monde. L'établissement d'un comité consultatif pour renforcer renforcer la coordination entre les Etats, la société civile et le Forum pour l'information et la démocratie et pour créer une connaissance partagée du fait que la défense de la paix, de la vérité doit être faite ensemble était importante. Le Ghana va devenir membre de ce partenariat pour la démocratie et l'information.

Cela a été communiqué officiellement à travers les canaux diplomatiques appropriés pour réaffirmer l'engagement du Ghana pour la transparence, la gouvernance ouverte et la redevabilité. Nous envoyons un message clair à la communauté internationale que le Ghana travaille de manière acharnée pour défendre la liberté. L'État de droit est une nation qui promeut la démocratie et la bonne gouvernance. De plus, je suis fier de déclarer que le Ghana va être le premier pays africain à contribuer au Fonds international pour les médias d'intérêt public. Cela reflète notre conviction que le journalisme indépendant et l'information fiable est indispensable en tant que bien commun.

Il est temps pour nous tous de transformer nos idéaux partagées en actions tangibles et de démontrer un engagement pour les médias d'intérêt public et sauvegarder l'intégrité de l'information. Il nous faut travailler ensemble pour remporter la guerre contre la désinformation et la désinformation. La désinformation, ce n'est pas une question abstraite, c'est cela que nous emportons avec nous. Elle façonne les élections, elle fausse l'image du grand public et sape la lutte contre le changement climatique. Dix ans après les accords de Paris, ceux qui continuent à saper la confiance envers la science et les politiques sont nos adversaires. Il nous faut avoir un public informé pour avancer.

Et l'intelligence artificielle a aussi transformé le paysage de l'information. L'intelligence artificielle offre des opportunités d'innovation mais amplifie également les risques de mésinformation et de disruption économique. Les deepfakes, les médias synthétiques et les manipulations algorithmiques transforment notre vision de la vérité dans nos sociétés. Notre tâche collective doit donc être d'exploiter l'intelligence artificielle de manière responsable, de promouvoir la transparence et de s'assurer que les progrès technologiques renforcent plutôt que sape la confiance du public. Pour conclure, nous devons être clairs. Le journalisme indépendant n'est pas un luxe, c'est un bien commun.

Lorsque les journalistes peuvent tenir leur gouvernement responsable, les sociétés prospèrent. Lorsque la vérité est défendue, la paix est préservée. Et lorsque les citoyens ont accès à des informations fiables, la démocratie est maintenue. Et donc, il nous faut investir dans la vérité de manière délibérée autant que nous investissons dans l'infrastructure, dans l'énergie ou la défense. Le coût de l'inaction sera beaucoup plus important que le coût de ces engagements. Et donc, il nous faut maintenant quitter Paris avec une détermination renouvelée de soutenir les institutions et les journalistes qui défendent l'intégrité et la transparence.

Demander la transparence des plateformes d'intelligence artificielle et des plateformes numériques et de renforcer la coopération internationale pour protéger l'information en tant qu'actifs partagés du monde entier. Comme le disait Nelson Mandela, une presse indépendante est au cœur du bien-être de la société. Et c'est cette conviction qui doit nous guider alors que nous mettons en œuvre les leçons de cette conférence. Merci à toutes et à tous. Merci, Excellence, pour cet engagement fort que vous présentez et pour votre leadership continental et mondial. Maintenant, j'ai l'honneur de donner la parole à son Excellence, le Président Macron de la République française.

Oui, je veux remercier Madame la Présidente, Monsieur le Président et Monsieur les Premiers Ministres pour leurs mots, pas simplement leur présence mais leur engagement. Remercier les ministres, ambassadrices, ambassadeurs, Madame la Commissaire, les coprésidents de l'IFPIM, président du Forum pour l'information et la démocratie. Mesdames et Messieurs, vos grades et qualités. D'abord, je veux vraiment remercier le Fonds international pour les médias d'intérêt public et le Forum pour l'information et la démocratie grâce à leurs travaux aux coalitions innovantes qui nous permettent de refonder cette approche commune qui a été évoquée.

Et en vérité, je voudrais juste en deux mots revenir à la source parce que tout ça naît en 2018 d'une initiative et d'un processus politique qui a été initié au Forum de Paris-sur-la-Paix et c'est l'initiative de Reporters sans frontières qui avait lancé un appel à la communauté internationale pour réaffirmer les principes fondamentaux d'un espace global de l'information et de la communication. Et 12 Etats avaient signé alors une déclaration d'engagement. C'était en 2018 et en le disant, je pense beaucoup à Christophe Deloire à qui tout ça doit beaucoup et qui a été un artisan très courageux pendant toutes ces années de ces initiatives.

Trois ans plus tard, en 2021, c'est à nouveau au Forum de Paris-sur-la-Paix que nous avons vu naître le Fonds international pour les médias d'intérêt public qui est le bras armé de cette coalition. Et je salue les coprésidents, Maria pour son investissement en marque et toute l'équipe qui ont fait un travail remarquable pour que tout cela avance et au fond qu'on bâtisse des choses extrêmement solides.

C'est des coalitions d'acteurs étatiques mais aussi d'ONG, de journalistes, d'institutionnels, d'académiques qui permettent de donner une substance à ce pacte international sur l'information et la démocratie qui ont mis en place la défense de médias indépendants et un processus de labellisation totalement unique. Et en 2018, c'était un grand mot parce que quand des dirigeants vous parlent de vérité, ayez peur. Parce qu'à la première seconde, on va vous dire quelle vérité la tienne ?

Et donc c'est par une maillotique qui est justement celle qui consiste à avoir des professionnels indépendants qui vont chercher la vérité, confrontés à d'autres dans un cadre qui garantit leur indépendance et la transparence de ces débats, que la vérité émerge. Mais elle ne peut pas venir de gouvernants. Et c'était toute la difficulté de cette initiative de se dire nous on veut soutenir quelque chose mais qui ne soit pas fait par nous, qui ne peut pas être fait par nous. Et c'est la force de cette coalition et c'est exactement l'ADN du Forum de Paris sur la paix qui est une approche d'acteurs multiples.

Et donc ces mécanismes de coordination qui sont mis en place sont très précieux permettent de promouvoir des médias d'intérêt public, des plateformes d'intérêt public, de la labellisation que j'évoquais et je veux ici vous dire que la France renouvelle son soutien à l'IFPIM avec une nouvelle contribution de 10 millions d'euros. Mais au-delà de ça, tout ce qui a été dit par mes collègues et ce que je dis là, au fond, c'est qu'on vit une crise multiple. D'abord, il y a encore un énorme travail pour avoir des médias d'intérêt public et des médias indépendants dans beaucoup de pays. C'est un combat pour que la démocratie puisse exister.

Ensuite, on a un deuxième problème, c'est que dans les médias où ça a existé, on est confronté, et Diarmal le disait très bien, à un processus que je qualifierais un processus de dégénérescence. Je vais y revenir. Et en plus de ça, on est confronté maintenant à un processus d'ingérence qui vient de Pays-Tiers. Et c'est cette bataille, cette triple bataille qu'il faut mener et que, précisément, cette coalition d'acteurs permet d'avoir. D'abord, on a besoin de continuer dans tous les pays où il n'y a pas une infrastructure informationnelle libre et indépendante à la bâtir. Ça, c'est notre première mission et c'est un des rôles de l'IFPIM, notre coalition, donc d'aider, d'accompagner.

C'est très complémentaire du travail que fait Achille qui est aussi indépendant avec une fondation qui pense, qui aide les oppositions, etc., et qu'on détache des États et donc de toute ingérence qu'on pourrait avoir. Parce qu'on le sait bien, on ne peut pas forger une opinion libre et donc voter librement si on ne s'est pas forgé une relation aux faits, à l'offre politique qui est là et qui soit non manipulée. Donc les médias jouent ce rôle, les médias libres et indépendants jouent ce rôle essentiel.

La difficulté, c'est que dans des pays comme les nôtres, on avait l'impression que c'était maintenant une conquête de nos républiques successives, que c'était formidable, qu'on l'avait acquis, nos concitoyens étaient très bien informés, c'était libre, les médias étaient indépendants, on l'avait garantie par des lois, l'apprentissage, la sédimentation de tant de décennies. Patatras, ce n'est plus le cas. Et ce n'est plus le cas, pas de la faute des médias, ni d'abord celle des gouvernements, on a tous été collectivement trop naïfs, c'est qu'on a laissé nos infrastructures informationnelles et donc politiques se déplacer.

quand on a des enfants qui sont exposés 4h40 par jour aux réseaux sociaux, quand on a les moins de 40 ans qui s'informent très majoritairement sur les réseaux sociaux et de plus en plus, quand on a ce temps d'exposition qui s'est accru pendant la période de Covid et après, quand on a depuis 2 ans maintenant l'IA générative qui arrive dans nos démocraties, on ne peut pas faire comme si tout ça n'avait pas totalement changé parce que les gens qui nous informent par lesquels on s'informe ne sont pas des médias libres et indépendants. Et la confusion est là.

Et ce n'est pas parce qu'on va chercher l'information par ces réseaux, qu'ils soient TikTok, X, Instagram ou autre, qu'il n'y a pas un énorme problème à la clé, c'est que ces gens n'ont pas sélectionné l'information comme des médias, ils ne l'ont pas vérifié comme des journalistes, mais surtout, ils n'ont aucune responsabilité quant à cette information qu'ils me donnent et ils ne sont pas faits pour partager de l'information. Et notre bêtise est là. C'est-à-dire que ce sont des plateformes qui sont faites pour vendre de la publicité individualisée. C'est comme ça qu'ils gagnent de l'argent. Ils ne gagnent pas en vendant un numéro de journal ou un abonnement.

Ils vendent de la publicité individualisée. Ce n'est pas un crime, juste, c'est l'inverse de l'information. Et pour bien vendre la publicité individualisée, ils doivent accumuler des données sur les gens et les vendre avec un consentement approximatif à des tiers qui vont payer très cher cette publicité, des annonceurs. Mais surtout, ils sont mûs par un processus qui est de créer l'excitation maximale, qui créera le maximum de trafic pour maximiser leur page de pub. Et donc, tout l'ordre de mérite qui fondait nos démocraties, un rapport à l'argumentation, la vérité, est complètement mis en l'air.

Puisque l'argumentation est moins forte que l'émotion et l'émotion négative est plus forte que l'émotion positive puisque c'est elle qui crée le plus d'excitation. Donc qui maximise l'efficacité économique du modèle tel qu'il est conçu. C'est exactement ça. Et ça, c'est un processus de dégénérescence démocratique. On a fait n'importe quoi. Parce qu'on a totalement tort d'aller s'informer là-dessus. Et c'est ce qui fait qu'aujourd'hui, on a des scientifiques indépendants qui montrent qu'un jeune Français qui crée un compte TikTok sans aucune caractérisation, qui tape le mot islam, au bout du 3e contenu qui lui sera soumis sera exposé à un contenu salafiste.

C'est ce qui fait que je vous défie ouvrez aujourd'hui X en France avec un contenu libre. Si vous ne tombez pas immédiatement sur des contenus d'extrême droite, c'est que vous êtes mal organisés. Et des contenus d'extrême droite français ou du monde entier. Et de toute façon, ces plateformes ont décidé de rompre la neutralité informationnelle puisque le possesseur de celle-ci s'est engagé dans le combat démocratique et l'international réactionnaire. Donc ce ne sont plus des lieux où on peut s'informer. Et donc on a besoin de rebâtir des anticorps démocratiques exactement comme on l'a fait pour ce qui est de la France au 19e siècle face à la presse.

Parce qu'à l'époque, on avait une presse qui s'achetait très bien, mais il n'y avait pas de déontologie, il n'y avait pas de responsabilité des éditeurs de presse, il n'y avait pas de profession de secteur organique. Et donc on doit reprendre le contrôle de notre vie démocratique et informationnelle en régulant, et ça a été très bien dit, il ne peut pas y avoir de l'anonymat de responsabilité. Il doit y avoir une responsabilité, on l'a mis dans la directive des services, des SA. Il y a des contentieux qui existent face à Google, ça fait deux ans. On est terriblement lent, donc on est inefficace et pas crédible.

Derrière, on veut la liberté, mais on ne veut pas la liberté pour des gens qui n'existent pas. Ça a été très bien dit, les bots, les faux comptes devraient être interdits. Et si une plateforme ne nous garantit pas qu'elle supprime ses faux comptes, elle doit être interdite elle-même. Et on doit absolument avoir la transparence sur les algorithmes pour voir s'il y a des biais partagés. Et ce qu'on a fait d'ailleurs avec la fondation 41 qui est une fondation d'intérêt public qui complète totalement vos travaux, c'est de pouvoir avoir des tiers de confiance qui challengent tout ça. Aujourd'hui, dans nos démocraties, on n'a pas besoin d'aller chercher d'ingérence.

Par ce processus de dégénérescence, notre système d'information ne fonctionne plus. Et il crée mécaniquement un rapport à la vérité qui s'est complètement diverti parce qu'on a du complotisme qui s'installe, parce qu'il crée de l'émotion négative et il prend le dessus. Et donc, c'est un rapport à la science, à la vérité scientifique. Et qu'il s'agisse de la santé ou du climat, comme tu as très bien dit, on a des taux de confiance qui sont en train de s'effondrer. Et donc, il y a une efficacité de l'action publique qui est en train de s'effondrer.

Aujourd'hui, en France, les politiques vaccinales que nous avons à l'égard des jeunes collégiens, nous inspirant d'ailleurs du modèle australien pour le papillomavirus, le taux d'adhésion en deux ans a reculé parce que les contenus complotistes sont diffusés partout sur ces plateformes. Grande chance que nous n'ayons pas eu ce niveau de désinformation au niveau du Covid, au moment du Covid, mais ça reviendra. Et donc, le rapport à la science, le rapport au climat, pareil, est en train de s'effondrer sur la base de fake news et donc la possibilité même d'agir politiquement dramatique.

C'est pourquoi, dans nos démocraties, on a un besoin vital de remettre de la régulation et donc de réguler, d'avoir de la transparence, d'interdire ces faux comptes, etc., d'avoir la transparence de l'algorithme ou d'interdire les plateformes qui ne nous la fournissent pas et d'être beaucoup plus efficaces et beaucoup plus vigoureux, mais à côté de cette régulation, d'avoir de l'innovation et donc de permettre à des acteurs d'intérêt public comme l'IFPIM, comme notre coalition, à des fondations libres, d'offrir des infrastructures libres, garanties comme étant libres et de garantir aussi qu'on a un modèle économique qui est viable, qu'on a des infrastructures qui garantissent cela et un processus de labellisation indépendant qui n'est pas dans la main des gouvernements, mais qui est un processus entre pairs avec des gens indépendants qui garantit l'intégrité des informations, mais je dirais aussi l'intégrité de l'infrastructure qui fournit cette information.

Enfin, le dernier point, c'est sur l'ingérence. Je le disais, ça a été très bien rappelé par Madame la Présidente Maya Sandou, ça aurait pu être rappelé par le Président de Roumanie, deux pays qui ont eu des processus électoraux récents. Quand on a un système qui a tellement dégénéré et qui n'a pas construit ses propres anticorps ou sa propre régulation, il peut être perforé très facilement par tous les régimes autoritaires de la Terre. Et c'est aujourd'hui ce qui est en train de se passer. Parce qu'en fait, aujourd'hui, c'est très simple et on a une complicité de deux choses qu'on pensait impossibles. Le meilleur du capitalisme débridé avec l'héritier illégitime du communisme.

Aujourd'hui, les plus gros acheteurs de faux comptes de Hicks et compagnie, ce sont les Russes pour venir déstabiliser les démocraties européennes. Formidable cocktail. Et nous, on est au milieu de tout ça. Alors, on a créé des instruments, faire tirer les contenus à la main, à la pince à épiler, on court après. Mais la mécanique est passée en surmultipliée. On est dans l'ingérence sous stéroïde, ce qui a été fait en Roumanie à cet égard et terrifiant avec une stratégie d'aller chercher des verticaux, de créer des faux comptes, de créer des faux contenus, de créer des faux médias sur la médecine parallèle ou la religion.

Du coup, après, des candidats qui ont plogués là-dessus et qui ont créé ce cercle vicieux entre deux liens, des réseaux sociaux et des systèmes d'information complètement fabriqués. Et ça crée de la viralité et donc de l'adhésion. Et donc, pour résister à cette ingérence, on a mis en place des systèmes, Viginum, on a essayé d'aider les amis, mais on doit absolument mettre en place des systèmes qui, dans la vie de nos démocraties, mais surtout au moment des élections, garantissent l'intégrité de nos processus électoraux. Et ça, c'est pourquoi l'IFPIM et la Fondation jouent un rôle très important, parce que c'est exactement le rôle des journalistes.

Et c'est à eux qu'on doit redonner le cœur de cette vie démocratique. Mais ça veut dire qu'il faut le sortir de plateformes qui acceptent de se faire payer par des tiers quand ce sont y compris des puissances étrangères qui veulent mettre en l'air l'intégrité de nos processus démocratiques et qui viennent s'ingérer. Voilà, je ne veux pas être plus long, mais je veux ici vous dire que nous, on va porter un agenda beaucoup plus puissant de protection et de régulation en Europe. Ce n'est pas un agenda qui est hostile à l'innovation. Je crois très profondément dans l'innovation, mais je ne crois pas une seule seconde dans l'innovation qui est au service des lumières noires.

Et c'est exactement le projet qui est à l'oeuvre aujourd'hui. Et ce rapprochement idéologico-technologique, on aurait tort de ne pas le voir. On est à un moment où il y a des acteurs technologiques qui ne sont plus dans une situation de neutralité politique. C'est leur droit, ce sont des chefs d'entreprise. Mais nous, on n'a pas le droit d'utiliser leurs entreprises et leurs réseaux pour céder à rien le cerveau de nos enfants, les émotions de nos adolescents et l'avenir de nos démocraties. Et donc, c'est le cœur de cette bataille. C'est un agenda, vous l'avez compris, de régulation qu'on va porter, de plus grande efficacité de cette régulation.

Mais c'est aussi un agenda d'innovation de la société civile et de son accompagnement. Et c'est en ça que, justement, votre conférence sur l'intégrité informationnelle et les médias indépendants est essentiel parce que ce sont les tiers de confiance de nos démocraties qui garantissent ces processus. Merci beaucoup.

Prise de parole du Président Emmanuel Macron lors de l’évènement sur l’intégrité de l’information. — Emmanuel Macron · Pourquijevote