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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 8 février 2026 19 min

Démission de Jack Lang, énergies renouvelables, critiques du patronat... Le "8h30 franceinfo" de Maud Bregeon

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Maud Bréjon, bienvenue sur France Info, Camille Vigogne-Lecouat du Nouvel Obs à mes côtés. On va bien sûr parler des annonces du Premier ministre ce matin dans la presse régionale sur l'énergie notamment, les municipales également. Mais avant cela, on l'a appris hier dans la soirée, Jack Lang a finalement proposé sa démission de l'Institut du Monde Arabe après plusieurs jours de polémique, l'ouverture d'une enquête par le parquet national financier sur ses connexions avec le milliardaire pédocriminel Jeffrey Epstein, démission dont a pris acte l'Elysée. Est-ce que vous vous en félicitez ce matin ?

0:39
Jack M.E. Lang

Il n'y a pas à s'en féliciter. Je crois que Jack Lang a pris la seule décision possible, la seule décision souhaitable. En l'état, la situation était, me semble-t-il, intenable et donc c'est en ce sens qu'effectivement le Quai d'Orsay a pris acte de sa lettre de démission.

0:53
Présentateur

Dans les documents dévoilés par la justice américaine, la semaine dernière, l'ancien ministre de la Culture apparaît comme un obligé presque de Jeffrey Epstein. Il profitait manifestement de son argent alors même que Epstein avait déjà été condamné dès 2008 pour pédocriminalité. C'est une faute morale qu'a commis de Jack Lang de rester proche de Jeffrey Epstein ?

1:16
Jack M.E. Lang

D'abord, ce sera à la justice de dire pour l'ensemble des parties prenantes quelles sont les responsabilités. Et ça, ce n'est pas, encore une fois, la responsabilité de la porte-parole du gouvernement que de le dire.

1:28
Présentateur

Mais sur le plan moral ?

1:29
Jack M.E. Lang

En revanche, il y a une question morale qui se pose, me semble-t-il, de façon évidente et à laquelle Jack Lang a répondu, probablement pour lui, mais aussi pour l'institution, l'Institut du monde arable. Au fond, est-ce qu'aujourd'hui la situation allait dans le sens de favoriser les intérêts de l'institution ? De toute évidence, la réponse est non.

1:46
Invité

Maud Bréjean, on voulait vous parler ce matin des annonces de Sébastien Lecornu dans la presse régionale. Il a annoncé notamment la signature de la prochaine programmation pluriannuelle de l'énergie, PPE dans le jargon politique. C'est grosso modo la feuille de route de toute notre politique énergétique jusqu'en 2035. Elle va ressembler à quoi, cette trajectoire ?

2:05
Jack M.E. Lang

Alors, d'abord, c'est une décision absolument majeure parce que ça relève des intérêts supérieurs du pays et des intérêts supérieurs des Français.

2:13
Invité

Tous les énergéticiens et le secteur de l'énergie attendaient cette...

2:16
Jack M.E. Lang

Derrière la programmation pluriannuelle de l'énergie, il y a des enjeux de souveraineté. Il y a des enjeux d'écologie, de préservation de la planète. Il y a des enjeux de pouvoir d'achat pour les Français qui nous écoutent. Et donc, on avait appérativement besoin d'avancer. Sur la philosophie, on dit une chose très simple. Il y a 60% de l'énergie qu'on consomme en France qui provient des énergies fossiles. Le gaz, le fioul, le pétrole, on importe pour l'équivalent de 60 milliards d'euros par an d'énergie fossile. C'est vous dire le niveau de dépendance.

Il faut donc qu'on sorte de cette dépendance-là en s'appuyant sur l'ensemble des énergies décarbonées, le nucléaire, c'est ce qu'a annoncé le président de la République lors de son discours de Belfort et qui est confirmé par le Premier ministre, et les énergies renouvelables, l'un ne s'opposant évidemment pas à l'autre.

3:00
Invité

Justement, cette proportion entre le nucléaire, le renouvelable, le fossile, c'est ce qui était au cœur du débat, c'est ce qui crispait aussi beaucoup. Sur l'éolien, terrestre notamment, sur Terre, Lecornu a affirmé que la priorité sera donnée à la remotorisation des parcs existants, donc les rendre plus efficaces, plus performants. Ça veut dire un moratoire sur la construction de nouveaux parcs éoliens ?

3:23
Jack M.E. Lang

Alors, vous me tendez la perche. Certains responsables politiques ont effectivement parlé de moratoire, donc je vais être extrêmement claire ce matin. Il n'y aura aucun moratoire sur les énergies renouvelables.

3:33
Invité

On continuera à construire de nouveaux parcs éoliens terrestres ?

3:37
Jack M.E. Lang

Nous continuerons à construire de nouveaux parcs éoliens terrestres avec une priorité qui est donnée à ce qu'on appelle le repowering. Ça veut dire qu'on change les unités de production électrique des éoliennes déjà en place. Pourquoi est-ce qu'on le fait ? On le fait parce que les premiers parcs datent de 2001. Et donc, on voit qu'on était sur des technologies qui ne sont plus les mêmes que celles qu'on a aujourd'hui. Elles étaient moins performantes. Et donc, permettre une mise à jour, si je puis dire, de ces éoliennes, changer ces unités de production lorsque c'est possible pour leur permettre de produire davantage, eh bien, ça va dans le sens de produire davantage d'énergie d'énergie.

Mais personne ne s'oppose à ce qu'elles fonctionnent mieux,

4:14
Invité

ces éoliennes, avec des nouveaux moteurs. Ce qui pose problème, c'est leur présence même, notamment à la droite, à l'extrême droite, qui en avait fait un nœud, un nœud politique. À l'époque, François Bayrou avait refusé de promulguer ce décret sur la PPE. Il l'avait tenu au chaud, mais il n'avait pas voulu la signer, la promulguer, justement pour ne pas fâcher Marine Le Pen. Qu'est-ce qui se passe là ? Le budget est passé, donc on peut se permettre de fâcher la droite et l'extrême droite ?

4:40
Jack M.E. Lang

Chacun sait où Sébastien Lecornu et où le gouvernement se situe vis-à-vis du Rassemblement national. On s'oppose à ce qu'il porte et on ne court pas après. Vous ne vous auriez plus la promulguer il y a cinq mois. Sur les énergies renouvelables, pardonnez-moi, le président de la République, et ce depuis des années, a été un des premiers à dire que nous avions besoin tant du nucléaire que des énergies renouvelables sans jamais opposer l'un à l'autre. Nous avons porté une loi d'accélération du nucléaire en 2022. Nous avons porté une loi d'accélération des énergies renouvelables en 2023 et ça nous a été reproché par ceux que vous citez.

En fait, encore une fois, quand on dépend à 60% d'énergies fossiles importées, on n'a pas le luxe de débattre entre le nucléaire et les énergies renouvelables. Il faut qu'on arrive à produire à partir des deux.

5:25
Présentateur

Donc il n'y aura pas moins de renouvelables dans la future stratégie énergétique de la France ?

5:29
Jack M.E. Lang

Il n'y aura pas moins de renouvelables. Nous avons besoin de construire plus de renouvelables et nous avons besoin de construire plus de nucléaire, de produire à partir de plus de nucléaire. Il y a en revanche, pardonnez-moi, un défi très important, c'est la question de l'électrification. Il faut qu'on arrive à accélérer cette électrification pour avoir besoin de davantage d'électricité et moins de production fossile carbonée. Et pour ça, ça nécessite d'accompagner les Français, d'accompagner les industries et c'est l'enjeu majeur des années à venir.

5:59
Invité

Cette programmation pluriannuelle de l'énergie, elle va être adoptée par décret. Ça veut dire qu'elle ne va pas repasser à l'Assemblée nationale. Elle a été passée une fois à l'Assemblée, une fois au Sénat en première lecture, mais elle devait revenir à l'Assemblée. Ça ne sera pas le cas. Sébastien Lecornu a toujours dit qu'il promettait une nouvelle méthode, de faire confiance au débat parlementaire. En l'occurrence, est-ce que vous n'avez pas peur qu'on vous dise que vous vous asseyez sur ce travail parlementaire ?

6:21
Jack M.E. Lang

Je dis deux choses. D'abord, le débat a largement eu lieu à l'Assemblée nationale et au Sénat et ce, via différents projets de loi, différentes propositions de loi. Et ensuite, la PPE, c'est un décret. Donc, c'est le pouvoir réglementaire et le pouvoir réglementaire appartient au gouvernement et au Premier ministre. Et donc, face à l'urgence, encore une fois, face aux urgences pour les Français, pour la souveraineté. On ne peut pas dire qu'on veut sortir du gaz russe de M. Poutine, du gaz algérien de M. Teboune, du GNL américain de M.

Trump et continuer inlassablement dans ce débat stérile qu'on a observé dans la classe politique à l'Assemblée nationale ces dernières années à opposer le nucléaire et les énergies renouvelables.

7:08
Présentateur

Maude Bréjon, Sébastien Lecornu, annonce aussi ce matin un ajustement, pas un remaniement, mais un ajustement au sein du gouvernement avant le 22 février. Donc, d'ici 15 jours, on sait que Rachida Dati va quitter le ministère de la Culture pour faire campagne pleinement dans les municipales à Paris. Est-ce qu'il peut y avoir d'autres départs ? Est-ce que Gérald Darmanin, par exemple, peut être concerné par un départ ?

7:30
Jack M.E. Lang

Je crois que le Premier ministre a explicité dans son interview à la presse quotidienne régionale hier que Gérald Darmanin était pleinement au travail et concentré sur les affaires de son ministère.

7:41
Présentateur

Pour le reste, vous savez, pardonnez-moi,

7:45
Jack M.E. Lang

qu'un remaniement, c'est la prérogative du président de la République et du Premier ministre. Donc, je n'ai pas plus de commentaires ou d'informations à donner.

7:53
Invité

On parle de vous pour une promotion, c'est vrai ?

7:56
Jack M.E. Lang

Je ne crois pas. Je ne crois pas. Et moi, je suis très, encore une fois, impliquée, je crois, dans mon rôle de porte-parole. En tout cas, j'y trouve beaucoup de sens.

8:04
Présentateur

C'est facile de trouver des candidats pour entrer au gouvernement parce que s'il y a des départs, ça veut dire qu'il y aura des entrées. Ça se bouscule au portillon pour entrer dans ce gouvernement qui, on l'a vu, a mis beaucoup de temps à faire passer le budget.

8:18
Jack M.E. Lang

Encore une fois, sans faire de commentaires sur ce qui la viendra de ce réajustement gouvernemental, moi, je dis une chose simple. Certes, on est dans un moment difficile. Certes, nous n'avons pas de majorité. Certes, les élections présidentielles sont dans 14 mois. Et pour autant, il y a des urgences, aujourd'hui, qui ne peuvent pas attendre les élections présidentielles. Donc, nous avons besoin, en France, de responsables politiques et pas uniquement au gouvernement, mais qui continuent à travailler, qui continuent à porter cette volonté de faire avancer les choses, de faire bouger les lignes sans attendre les échéances présidentielles.

On parlait de l'énergie, on peut parler de l'agriculture, parlons évidemment du pouvoir d'achat, parlons du réarmement militaire. Là encore, le Premier ministre en parle dans son interview ce matin. On ne peut pas attendre 2027. Dans un monde qui va à mille à l'heure, la France ne peut pas être en pause.

9:09
Présentateur

Maude Bréjean, vous restez, bien sûr, avec nous. Dans un instant, on va évoquer les propos très critiques du patron du MEDEF, Patrick Martin, vis-à-vis du gouvernement. On voit ça juste après l'essentiel de l'actu à 8h43.

9:23
Invité

Le nom de son successeur par intérim sera connu d'ici une semaine. Jacques Lang a présenté sa démission de l'Institut du Monde Arabe hier après plusieurs jours de pression liée à sa proximité avec Jeffrey Epstein. L'Élysée et le Quai d'Orsay disent prendre acte de cette décision. Le décret de publication de la feuille de route énergétique de la France sera signé en fin de semaine prochaine. C'est ce qu'affirme dans la presse quotidienne régionale Sébastien Lecornu. Le Premier ministre estime que les débats ont largement eu lieu. La programmation pluriannuelle de l'énergie court jusqu'à 2035. Le bras de fer entre l'Iran et les Etats-Unis et cette déclaration ce matin de Téhéran.

L'Iran ne renoncera pas à l'enrichissement, même en cas de guerre, déclare son chef de la diplomatie. Il ajoute que la pression militaire américaine n'effraie pas son pays. Aux Jeux Olympiques, l'épreuve reine du jour, c'est la descente femme de ski alpin à partir de 11h. Le compteur des médailles françaises va peut-être s'ouvrir avec le relais mix de biathlon départ à 15h05. Autre chance de médaille pour les Bleus en patinage de vitesse avec Timothy Loubineau à suivre à partir de 16h. France Info Le 8.30 France Info Thomas Sechier Camille Vigogne-Lecouat Et nous sommes toujours avec Maude Bréjon, porte-parole du gouvernement Sébastien Lecornu.

Ce matin, on lit dans Le Parisien une interview du président du MEDEF, Patrick Martin. Il est très critique vis-à-vis de vous, vis-à-vis du gouvernement. Il dénonce, je cite, les promesses importantes pour les entreprises qui n'ont pas été tenues. Est-ce que vous comprenez sa colère ?

10:57
Jack M.E. Lang

Non, je ne comprends pas toujours les propos de Patrick Martin parce que dans le budget tel qu'il a été adopté il y a une semaine, la fiscalité est entièrement stable pour 99,9% des entreprises. Alors lui, il pointe particulièrement

11:13
Invité

à les impôts de production et la surtaxe d'impôts sur les sociétés.

11:16
Jack M.E. Lang

Les impôts de production, la CVAE n'augmentera pas, évidemment, et nous gardons comme objectif de diminuer la CVAE. Première chose. Deuxièmement, le coût du travail. Vous savez que ça a été un débat important. Le coût du travail n'augmentera pas en 2026 par rapport à 2025. Et de façon plus générale, les prélèvements obligatoires restent inférieurs en France en 2026 par rapport à ce que c'était avant Covid. Donc, je peux dire ce matin à toutes les TPE, PME, ETI, les commerçants, les entrepreneurs qui nous écoutent, vos impôts n'augmenteront pas cette année. Il y a effectivement une contribution exceptionnelle exceptionnelle qui est demandée à environ 300 grandes entreprises.

Cette contribution, elle a été mise en place sous le gouvernement Michel Barnier et adoptée sous le gouvernement de François Bayrou. Elle concerne, je le redis, 300 entreprises. Nous l'avons prolongée en exonérant... qu'elle ne resterait qu'un an ? En exonérant les entreprises de taille intermédiaire parce que là encore, un budget, c'est faire des choix et donc si on estime que, par exemple, l'investissement pour le réarmement militaire de la France dans le contexte international que l'on connaît est absolument nécessaire, ça nécessite de faire des choix. Mais non, ce n'est pas un budget de matraquage fiscal pour les entreprises. Cette affirmation est fausse.

12:34
Présentateur

C'est vrai que Patrick Martin n'est pas le seul à râler. Il y a un homme qu'on entend peu se plaindre publiquement qui s'est exprimé cette semaine et qui s'en est pris à la politique budgétaire du pays. C'est Bernard Arnault. On écoute.

12:47
Invité

Avec la poursuite des crises géopolitiques, avec l'incertitude économique, avec les politiques de certains États dans le nôtre qui sont plutôt contre les entreprises pour les taxer un maximum et donc créer du chômage, il y a de quoi être un peu réservé.

13:06
Présentateur

Il s'est passé quoi pour que Bernard Arnault, fidèle soutien d'Emmanuel Macron, en tout cas en 2017, dénonce une politique menée contre les entreprises ? Est-ce qu'il y a de mauvaise foi ?

13:16
Jack M.E. Lang

D'abord, chacun est libre de sa parole mais enfin, je note que depuis 2017, le président de la République et les gouvernements successifs ont largement œuvré en faveur du développement de l'innovation, du développement de l'emploi et donc du développement des entreprises. Nous avons massivement baissé les impôts et nous continuons avec cette même philosophie-là parce que nous sommes absolument convaincus que les entreprises et que les entrepreneurs créent encore une fois de la richesse, de l'innovation et de l'emploi. Donc, il y a de mauvaise foi ? Notre position n'a pas changé. Nous avons autant que possible préservé les entreprises dans le budget.

Cette année, nous avons, on peut aussi en parler, mais préservé le pouvoir d'achat des Français, ça compte. Mais bon bref, le fait que les Français ne voient pas leurs impôts augmenter, c'est aussi quelque chose d'important.

14:03
Invité

Comment est-ce que vous les expliquez ces critiques récurrentes, très fortes, notamment depuis le budget ? C'est pas à moi. C'est de la politique, c'est de la mauvaise foi, comment vous l'expliquez ?

14:11
Jack M.E. Lang

C'est pas à moi de les expliquer. Ce que je dis moi, je dis une chose simple, vous savez, je peux retourner dans ma circonscription le week-end en allant voir les chefs d'entreprise, en allant voir les commerçants et en leur disant que leurs impôts n'augmenteront pas. C'est ça, la réalité, voilà.

14:26
Présentateur

Maud Bréjean, je voudrais qu'on parle des municipales dans cinq semaines. Vous menez beaucoup moins de listes qu'il y a six ans au sein du parti présidentiel. Vous soutenez en revanche les candidats, notamment à Lyon, un candidat très médiatique, c'est Jean-Michel Aulas, l'ancien patron de l'Olympique lyonnais qui est favori d'après les sondages face aux maires sortant écologie. Jean-Michel Aulas qui a promis récemment un méga tunnel routier de huit kilomètres qui est censé passer sous Lyon. Est-ce que c'est ça la vision de la ville de demain chez vous ?

14:58
Jack M.E. Lang

C'est les programmes des candidats. Vous savez, le gouvernement s'attache aux affaires du pays, aux affaires nationales et donc libre aux candidats de présenter leur programme, de les défendre et que le meilleur gagne face aux électeurs. Moi, je ne vais pas commencer à rentrer dans le programme des uns et des autres sinon on ne va pas s'en sortir et je crois que ce n'est pas le rôle du gouvernement. Il y a quand même une question de cohérence. Les municipales, j'ai été moi-même candidate aux municipales en 2020, j'ai été élue locale dans les Hauts-Seines dans mon département du 92.

C'est des élections qui sont profondément locales et donc ce n'est pas au gouvernement, me semble-t-il, d'aller donner des bons et des mauvais points au programme de chacun. Ce que je dis en revanche, puisqu'on parlait de la stratégie du parti auquel j'appartiens, c'est que précisément parce que c'est des élections locales, on n'a pas vocation à aller planter des drapeaux dans l'ensemble des 36 000 communes de France. Et il est normal que là où on peut s'entendre avec un candidat, quand bien même il n'est pas de notre famille politique, ou là où on trouve qu'un maire sortant, par exemple, a fait du bon travail, eh bien on puisse, encore une fois, travailler de façon transpartisane.

16:03
Présentateur

Parce que la place

16:05
Jack M.E. Lang

des partis et la place des étiquettes, précisément sur ces élections locales et municipales, est à mon sens un peu secondaire.

16:13
Présentateur

À Grenoble, le candidat Renaissance se range, lui, derrière Alain Carignan, qui est l'ancien maire de Grenoble, qui a 76 ans, et qui est notamment connu pour avoir purgé une peine de près de 4 ans de prison. C'était dans les années 90. Est-ce que vous approuvez ce ralliement ?

16:28
Jack M.E. Lang

Là encore, il y a eu une réaction du parti, je crois.

16:31
Présentateur

Au niveau local, oui, le parti n'est pas tout à fait à l'aise avec ça. Bon, dites-vous, vous.

16:35
Jack M.E. Lang

Oui, moi, je ne vais pas faire de... Je vais vous le dire encore une fois. Je n'ai pas à commenter ville par ville la stratégie des candidats. C'est un peu facile de ne pas commander ville par ville.

16:43
Invité

Vous appartenez à une formation politique qui investit des candidats dans une politique. Et cette politique, elle s'incarne dans les villes.

16:49
Jack M.E. Lang

Pardonnez-moi, et je suis porte-parole du gouvernement. Les ministres sont bien sûr encouragés par le Premier ministre pour aller se présenter aux élections municipales. Le Premier ministre, lui-même, sera candidat dans sa ville de Vernon, où il est élu depuis un certain nombre d'années maintenant. Parce qu'il estime que l'ancrage local des responsables politiques au sens large est absolument essentiel. Mais ce n'est pas, je le redis, le rôle du gouvernement d'aller s'initcer dans des débats locaux. Donc, sur Grenoble, pas de commentaire ? Pas de commentaire à faire ni sur Grenoble ni sur l'intégralité des autres villes.

Et si vous souhaitez ce type de commentaire-là, invitez le porte-parole du parti, invitez le président du parti. Gabriel Attal aura des choses à vous dire. Moi, je suis là pour vous parler encore une fois d'énergie, de pouvoir d'achat, de budget, d'agriculture, parce que le rôle du gouvernement, ce n'est pas de s'immiscer dans des débats locaux ou de préparer la présidentielle, c'est de travailler à ce qui fait le quotidien des gens.

17:44
Présentateur

Deux questions, une minute. Cette tribune, ce matin, signée par plusieurs personnalités, notamment François Hollande, mais aussi dans le concentriste Marc Fénaud, qui plaide pour un passage à la proportionnelle pour les prochaines législatives. Est-ce que vous êtes favorable d'un mot ?

17:59
Jack M.E. Lang

A titre personnel, je n'y suis pas favorable et je l'avais déjà dit il y a quelques temps de ça. Si je remets ma casse-tête de porte-parole, je dirais simplement que c'est là un débat de présidentielle et qu'en tout état de cause, ce ne sera pas une proposition qui aboutira d'ici à l'élection présidentielle. Et ce que je demande,

18:16
Invité

c'est justement qu'on puisse le faire avant, qu'on puisse profiter de cette séquence-là pour, après, à la présidentielle, être en mesure de dégager une majorité claire.

18:24
Jack M.E. Lang

Nous sommes à un an, un peu plus d'un an des élections présidentielles, de l'élection présidentielle. Est-ce qu'on pense que c'est le moment de changer le mode de scrutin ? Je ne le pense. Je n'en suis pas convaincue. Et du reste, si on prend un peu de hauteur et sans porter de jugement sur cette proposition que je comprends complètement. J'ai de la meilleure question. Je crois que, vous savez, ce n'est pas les institutions de la Ve République qui ont failli ces derniers mois et ces dernières années. Ce sont les responsables politiques, nous tous, qui, parfois, n'avons pas été à la hauteur de ces institutions. Mais ce n'est pas les institutions, le problème.

18:57
Présentateur

Bien, bien. Merci beaucoup, Maude Bréjon. Il me restait dix secondes. Donc, ça serait une réponse oui ou non. Est-ce que le président du comité d'organisation des Jeux d'hiver 2030, Edgar Gros-Piron, est sur la scellette comme l'affirme le journal La Tribune aujourd'hui ? Est-ce qu'Emmanuel Macron pourrait décider de le débrancher ? Je n'ai aucune information à ce sujet. Merci beaucoup. Maude Bréjon, porte-parole du gouvernement en réalité du 830 France Info ce matin. Bonne journée.

Démission de Jack Lang, énergies renouvelables, critiques du patronat... Le "8h30 franceinfo" de Maud Bregeon — Jack M.E. Lang · Pourquijevote