Delphine Batho : "Je suis candidate à la tête du PS parce que ce parti doit appartenir à ses adhérents"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 65 %Attaque 20 %Défensif 15 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 71 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:45OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il ne va pas être très difficile de faire une unité après l'élection avec 4 ou 5 candidatures ?
- 2:05OuverteRéponse directe
Avez-vous l'intention de vous rapprocher de M. Hamon ou des écologistes pour créer une nouvelle structure ?
- 3:00ComplaisanteRéponse partielle
Delphine Bateau vous répond.
- 4:12OuverteRéponse directe
Si vous dirigez le PS, allez-vous l'ancrer à gauche ou vous rapprocher de Macron ?
- 4:57ComplaisanteRéponse partielle
Delphine Matteau vous répond Mathieu.
- 6:00OuverteRéponse partielle
Est-ce que vous saluez l'attractivité retrouvée de la France sous Macron ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:10Invité politiqueFait
« Dans la situation dans laquelle on est, ce qu'il faudrait faire c'est rendre cet outil qu'est le Parti Socialiste aux citoyens, à ses adhérents. »
- 3:06Invité politiqueFait
« Je regrette le départ de Benoît Hamon du Parti Socialiste, même si j'ai des différences avec lui. »
- 8:37Invité politiqueFait
« Beaucoup de citoyens n'attendent pas seulement une contestation de la politique d'Emmanuel Macron. Ils attendent une espérance crédible. »
Temps de parole
- Delphine Batho53 %
- Présentateur12 %
- Invité10 %
- Présentateur 28 %
- Invité 26 %
- Invité 36 %
- Invité 45 %
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France Inter. Le 7-9. Intervenez. Delphine Bateau est notre invitée jusqu'à 9h. Tout de suite la parole aux auditeurs d'Inter. Bonjour Pierre.
Donc une question, mais un petit commentaire ce matin sur France Inter. Le fait que Macron reçoive 140 patrons a été qualifié d'opération séduction. C'est votre droit le plus total. Pour moi c'est une opération soumission. Non, il va capituler. Il a capitulé face aux présidents chinois sur les droits de l'homme. Il a capitulé face à 400 zadistes. Il capitulera, il se soumettra face à 150 patrons.
Voilà donc pour l'observation Pierre. Avez-vous une question ?
Madame Bateau, la multiplicité de toutes les candidatures européennes prouve sa vitalité démocratique. Et cela contrairement à d'autres partis politiques. Cependant, comme pour les primaires, après l'élection, est-ce qu'il ne va pas être très difficile de faire une unité puisqu'il y a 4 ou 5 candidatures ?
Merci Pierre pour cette question. Delphine Bateau vous répond.
Dans la situation dans laquelle on est, ce qu'il faudrait faire c'est rendre cet outil qu'est le Parti Socialiste aux citoyens, à ses adhérents. Parce que c'est eux qui peuvent donner la légitimité, qui créent l'unité dont vous parlez. Et moi je crois que le congrès qui arrive là, en fait ce n'est pas un congrès programmatique.
La vraie question qui est posée aujourd'hui, c'est est-ce que le Parti Socialiste, alors qu'on voit bien qu'il y a tout un chamboulement, avec notamment la révolution numérique, des formes d'organisation politique à inventer pour le XXIe siècle, est-ce qu'il reste dans des formes d'organisation, j'allais dire, excusez-moi l'expression, un peu ringardes, ou est-ce qu'il est capable de devenir une grande formation démocratique du XXIe siècle en utilisant tous ces outils ? Mais pour moi c'est l'ampleur du vote, c'est la légitimité du vote qui fait le rassemblement.
Bonjour Claude, et bienvenue.
Oui, bonjour. En fait j'avais une question à poser à Mme Bateau. D'abord j'admire énormément ce qu'elle a fait jusqu'à présent. Et en fait je voulais savoir si elle avait l'intention plutôt de se rapprocher de M. Hamon, avec son mouvement Génération, et puis actuellement avec le mouvement des écologistes, Génération Ecologie, de telle façon à créer un nouveau parti ou une nouvelle structure qui pourrait offrir une alternative à tous les partis un peu obsolètes qu'on a maintenant, pour vraiment avoir une nouvelle vision de ce qu'il pourrait être la France de demain, une vision plus écologique, plus humaine, plus ouverte vers les autres, etc.
Donc moi je pense personnellement que le Parti Socialiste est un parti maintenant complètement verrouillé, par un groupe de personnes qui ne veulent surtout pas lâcher la main, et que je pense que l'avenir c'est plutôt vers autre chose. Donc moi je crois plutôt vers la main, en tout cas je soutiens à Hamon parce que je trouve que c'est quelqu'un de bien.
Bien compris Claude, bien compris. Delphine Bateau vous répond.
Merci de la remarque et de la question Claude. Moi je regrette le départ de Benoît Hamon, du Parti Socialiste, même si j'ai des différences avec lui. J'ai eu des désaccords, par exemple je n'avais pas approuvé une motion de censure contre un gouvernement de gauche. Mais il a apporté des idées dans la campagne présidentielle dont on doit discuter.
Mais ce dont je veux vous convaincre c'est qu'il n'y a pas d'avenir dans l'émiettement pour la gauche, et que donc la régénération que vous évoquez, pour moi elle passe par le fait de tenir ensemble les deux bouts, c'est-à-dire celui des espérances nouvelles, dans lesquelles la question écologique, mais aussi celle du féminisme, de la laïcité sont absolument centrales, et celle de la crédibilité, c'est-à-dire de la capacité à agir dans le réel, et d'être un parti, une formation politique de gouvernement.
Et ce que je regrette c'est l'émiettement qui est en cours à gauche aujourd'hui, et à mon sens si le Parti Socialiste se remet en mouvement, alors nous pourrons mettre fin à cette logique d'émiettement, où chacun crée son micro-parti à l'extérieur.
Retour au standard. Dominique, bonjour, bienvenue.
Bonjour, bonjour Madame Matteau. Ma question c'est, si vous réussissez, que vous dirigez le Parti Socialiste, est-ce que vous allez l'ancrer à gauche, c'est-à-dire protection du travail des salariés, revalorisation de la valeur travail, le plus ne le considérer comme un coût, mais comme une richesse apportée à l'entreprise, ou plutôt près de M. Macron, c'est-à-dire effectivement pro-entreprise, qui invite des patrons, qui est prêt à casser les services de l'État, et qui va sans doute s'appuyer sur le rapport de la Cour des comptes concernant par exemple les services déconcentrés de l'État en région et en département. Delphine Matteau vous répond Mathieu.
La valeur travail est centrale. Et vous voyez, on évoquait la campagne présidentielle de Benoît Hamon. Moi, j'ai jamais cru à la fin du travail. Je crois à la nécessité du travail pour avoir un revenu. Je crois à la nécessité du travail comme espace de socialisation. Et effectivement, nous sommes dans une différence nette avec En Marche et avec Emmanuel Macron, qui est cette fameuse, vous savez, théorie du ruissellement, qui est une forme d'acceptation des inégalités. Et je ne crois pas dans notre société aujourd'hui que c'est en donnant plus d'argent aux riches que l'on résout les problèmes des salariés. Donc oui, ça doit être une question fondamentale.
Mais je n'oppose pas, contrairement à vous dans votre propos, le travail aux entreprises. Et peut-être la remarque qu'il faut faire sur ce Choose France, qui est organisé aujourd'hui pour intéresser les investisseurs étrangers, c'est que moi, j'aimerais qu'on mette la même énergie auprès des PME qui sont dans les territoires, des établissements de taille intermédiaire qui sont dans les territoires et qui font le développement économique de la France.
Mais tout de même, je ne sais pas si vous avez lu le Figaro ce matin. Quelques citations. Il a rétabli l'attractivité de la France, le patron d'Euronext. Depuis l'élection de Macron, il y a un revirement flagrant de l'opinion internationale concernant la France, le patron d'Alstom. La France a retrouvé l'audace, président de Natixis. Emmanuel Macron redonne au pays un sentiment de fierté, le PDG de Saint-Gobain. Vous entendez ce concert unanime des plus grands patrons français pour louer l'avant-après l'arrivée d'Emmanuel Macron sur l'attractivité ? Est-ce que vous saluez ça ? Est-ce que vous dites France is back ?
Je l'entends. J'ai dit qu'Emmanuel Macron était habile et donc qu'il joue d'une image de modernité. C'est juste de l'habileté où il y a aussi des investissements en Toyota, Facebook. Derrière, pardonnez-moi, mais il y a quand même un certain nombre de cadeaux fiscaux considérables qui ont été faits et qui sont parfaitement discutables. Et par rapport à toute une série d'électeurs socialistes qui ont été votés, Emmanuel Macron, au premier tour de l'élection présidentielle, eh bien aujourd'hui, ça ne va pas. Cette acceptation des inégalités et ce déséquilibre total. Et donc oui, je ne suis pas surprise des commentaires d'un certain nombre d'élites ou de patrons de multinationales.
Et si on parle de notre politique industrielle, vous voyez, j'aimerais bien aussi qu'on protège les fleurons industriels français. Je suis membre de la commission d'enquête sur l'affaire Alstom et Général Electric. Je me rends tout à l'heure à Grenoble auprès des salariés de Général Electric Hydro. J'aimerais aussi qu'on ait cette attention pour ne pas perdre des fleurons industriels français.
Léa ? Non, cette attention, ça veut dire le protectionnisme. Protectionnisme ? Vous défendez un protectionnisme économique ?
Non, ce n'est pas une question de protectionnisme, mais ne pas avoir de naïveté sur la guerre économique qui existe au niveau international. Donc c'est du protectionnisme ? Non, non, non, non, non. La question qui est posée, par exemple, sur les enjeux liés à la transition énergétique, c'est comment nous fabriquons, à l'image de ce qui a été fait dans le domaine de l'automobile, comment nous fabriquons des champions européens ? Et c'est la question qui est posée, notamment, de l'amitié franco-allemande, puisque je vois qu'est proposé un nouveau traité de l'Elysée entre la France et l'Allemagne.
Moi, je suis favorable à son principe, mais je demande quel en est le contenu, si ce n'est pas de faire de l'Europe le champion de la transition énergétique, y compris sur un plan industriel.
Deux questions venues des réseaux sociaux et, à mon avis, de la France insoumise. Ce n'est pas la crise de la gauche. Pour rappel, Jean-Luc Mélenchon a fait 19,6 à la présidentielle. C'est la crise de leur gauche aux socialistes, tant ils ont perdu leur valeur. Autre question allant dans le même sens, comment Delphine Bateau peut-elle nier la France insoumise en tant que formation de gauche et moderne ?
Mais qui m'a entendu nier le score obtenu par la France insoumise à l'élection présidentielle ?
Ses auditeurs disent qu'elle est là, la gauche. Elle n'est plus au PS.
Oui, mais je pense que beaucoup de citoyens n'attendent pas seulement une contestation de la politique d'Emmanuel Macron. Ils attendent une espérance crédible. Et ensuite, beaucoup de ceux... Elle n'est pas crédible, l'espérance de Jean-Luc Mélenchon ? Je ne crois pas. Il ne s'inscrit pas dans la volonté de permettre à la gauche de devenir majoritaire, d'exercer les responsabilités de l'État.
Il était à deux doigts, à 600 000 voix de passer au second tour. C'est crédible quand même.
Il a fait le choix, au soir du premier tour de l'élection présidentielle, de ne pas tracer une ligne rouge entre la République et l'extrême droite. Non, je ne crois pas que ce soit sa stratégie aujourd'hui. Il aurait pu choisir cette stratégie, mais ce n'est pas le choix qu'il a fait.
On repasse au standard. Myriam, bonjour.
Oui, bonjour. Bienvenue. Bienvenue. Bonjour. Bonjour Delphine, c'est Myriam. On s'est rencontrées la semaine dernière. Je pense que c'est, oui. Bonjour Myriam. Bonjour.
Vous vous êtes rencontrées où, sans indiscrétion ?
Oh, c'était personnel. Voilà. D'accord.
Très bien. Enfin, n'oubliez pas qu'il y a 4 millions de personnes qui vous écoutent. Oui, on est d'accord.
Voilà. Alors, en fait, je vous appelle parce que nous sommes quelques militants socialistes qui avons monté un collectif que nous avons appelé Nous Militants 2018 dans le but d'ouvrir le Congrès aux militants, en fait, parce que nous sommes sur la même ligne de discours que Delphine qui dit que le Congrès est complètement verrouillé par quelques-uns à Solferino et qui empêche tout le monde d'accéder aux dépôts de contributions, pas forcément à des candidatures. Nous, ce n'était pas notre idée, forcément. Mais au fait que, comme on doit avoir 5% des membres du Conseil national signataires de nos contributions, ça rend la contribution déposée par les militants absolument impossible.
Et donc ?
Et donc, nous sommes en train d'abord d'écrire cette contribution et nous allons aussi déposer un référé puisque nous n'avons pas eu les réponses de Solferino pour pouvoir déposer notre contribution pour laquelle nous allons demander l'accès aux listes du Conseil national et puis sans doute un report des dates pour pouvoir avoir le temps.
Donc, au PS, on ne dépose plus des bulletins dans l'urne mais des référés, c'est ça ?
C'est un peu ça et c'est vraiment extrêmement dommage d'être arrivé là, on a tout essayé par le discours, on a écrit, on a téléphoné et on sent que Delphine a raison, c'est verrouillé pour quelques-uns.
Delphine, bateau, vous répond Myriam. Merci.
Ce que je... Bon, d'abord, je n'ai pas du tout demandé à Myriam de téléphoner à France Inter. Non, mais que les choses soient claires. Ensuite, en fait, je reçois des témoignages comme celui de Myriam par dizaines, par centaines depuis lundi dernier. Ce qui se passe au PS est très grave et énormément de militants ressentent cette confiscation. Je vais donner un détail pour que les auditeurs nous comprennent. Le contenu des textes ne serait plus libre dans le débat du Congrès là. C'est-à-dire qu'il y aurait des thèmes obligatoires et d'autres thèmes dont on n'aurait pas le droit de parler. C'est sans précédent dans une organisation politique démocratique.
Léa Salamé. Deux questions d'actualité. D'abord, vous avez entendu Laurence Parizeau sur l'égalité homme-femme. Elle et Valérie Pécresse et d'autres veulent un congé paternité obligatoire. Vous êtes parmi elles ?
Oui, moi je veux aussi une loi.
Elle se prépare apparemment.
Non, puisque Muriel Pénicaud a dit hier qu'il n'y aurait pas de loi sur l'égalité salariale entre hommes et femmes. Moi je veux une loi qui soit comparable à celle de l'Islande. C'est-à-dire que c'est interdit les écarts de salaire entre les hommes et les femmes. On ne fait pas un système d'amende parce que ça c'est trop facile. C'est-à-dire qu'il y a des inégalités et puis on fait une amende, vous savez, pour ceux qui ne respectent pas la loi.
Vous voulez que ce soit interdit ? Oui, ça doit être interdit. Autre question d'actualité. Le cannabis. Un rapport parlementaire sur le cannabis préconise pas de dépénalisation mais assouplir les peines pour les consommateurs de cannabis, une simple contravention de 200 euros. Est-ce que ça vous semble aller dans le bon sens ?
C'est raisonnable mais c'est très insuffisant. C'est-à-dire qu'il y a une sorte de tabou sur une question de société absolument majeure. Je ne parle même pas du cannabis thérapeutique où le problème n'est toujours pas réglé en France. Il y a des enjeux de santé publique, de nocivité. Il faut tout mettre sur la table. Donc cette mesure-là, elle peut paraître raisonnable mais elle est insuffisante.
Et ce que demandent beaucoup de médecins, beaucoup de professionnels de la dictologie, beaucoup de ceux qui voient la situation aujourd'hui des adolescents en prise avec ces consommations, c'est qu'on ne peut plus être dans l'hypocrisie et ne pas traiter une bonne fois pour toutes en profondeur l'ensemble des dimensions de ce problème de la consommation d'analyser. Moi, je n'arrive pas avec une solution toute faite. Je dis, on a par exemple un débat national sur la bioéthique qui va souffrir. Le cannabis est une question... S'ouvrir, pardon. Excusez-moi. Un débat sur la bioéthique qui va s'ouvrir.
Sur le cannabis, ça mérite, au-delà de la mesure qui est proposée là, qu'on s'y attaque en profondeur.
Restez avec nous Delphine Bateau jusqu'à 9h, 8h55. Sous-titrage Société Radio-Canada
Delphine Batho