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interviewFrance Inter — L'invité de 6h20· 18 mai 2024 6 min

Jean Lassalle : "L'Europe a été beaucoup plus imposée aux Français qu'ils n'y ont adhéré"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

France Inter, Alibadou, Marion Lourdes, 6h20 et le premier invité de cette matinale avec vous Marion Lourdes, il est tête de liste d'alliance rurale pour les élections européennes. Bonjour Jean Lassalle.

0:18
Jean Lassalle

Bonjour Marion.

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Présentateur

Ancien député de la quatrième circonscription des Pyrénées-Atlantiques, vous vous y êtes associé pour l'élection européenne avec la Fédération Nationale des Chasseurs et lors d'une réunion vous vous êtes attaqué récemment aux députés européens que personne ne voit, je vous cite, et à une Europe qui emmerde. Alors pourquoi vous présentez à cette élection si l'Europe emmerde ?

0:40
Jean Lassalle

Justement pour essayer de faire évoluer les choses. Les campagnes et le monde rural n'en peuvent plus. Il y a des années que nous vivons de commerce dont nous ne voyons jamais les résultats. Alors nous avons beaucoup réfléchi avec Willy Schremm et nous avons dit cette fois-ci...

0:59
Présentateur

Donc le président de la Fédération des Chasseurs.

1:01
Jean Lassalle

Oui pardon, oui j'ai arrêté de le préciser. Et nous avons dit cette fois-ci nous ne pouvons pas laisser passer, c'est une voie, une voie de trop. Nos campagnes suivent inexorablement. Plus de traces de services publics depuis longtemps. Les maternités sont à des cinquantaines de kilomètres, des centaines de kilomètres. Des femmes qui en auraient besoin sont obligées de partir dans la nuit. L'enseignement est à la déroute. L'enseignement professionnel aussi. Et surtout, les agriculteurs l'ont dit il y a quelques semaines. Ils n'arrivent plus à transmettre leur exploitation à leurs fils.

1:39
Présentateur

Mais Jean Lassalle, j'entends évidemment la disparition des services publics, la désertification médicale aussi, la difficulté à transmettre des exploitations. Mais qu'est-ce qu'elle a à voir avec ça l'Europe ?

1:53
Jean Lassalle

C'est-à-dire que l'Europe a ouvert une deuxième voie. Et depuis une trentaine, une quarantaine d'années maintenant. Et ni l'une ni l'autre ne fonctionne. L'Europe a été beaucoup plus imposée aux Français qui n'y ont adhéré. L'Europe avait adhéré, les Français avaient adhéré au traité de Rome. C'était un grand moment d'espoir. Après, des vins de sang sans fin. Et l'Europe devait plutôt constituer un paradigme nouveau, entièrement à inventer, compte tenu de la spécificité du vieux continent. Il n'en a rien été. On a construit, on a élaboré un État américain de plus. Or, à notre sens, la Californie n'est pas la Rome ni la Grèce antique. L'Ohio n'est pas la vieille Espagne.

Il y a quelques siècles de différence. Et aujourd'hui, nos campagnes n'en peuvent plus. Je pense que vous les connaissez comme moi. Vous allez en vacances certainement aussi. Et vous voyez dans quel état d'abandon et dans quel état de détresse se trouvent ces hommes et ces femmes, à qui l'on ne cesse de promettre, comme le candidat de Nouvelle-Donne du Parti Socialiste, qui d'ailleurs me dit « on ne sort pas de vos studios, nuit et jour ». Il promet, il fera exactement pareil. Il faut engager, justement, pour retrouver ce que nous avions, peut-être de faire partager par l'Europe, un processus de résistance, pour d'abord remettre les sujets à l'ordre du jour.

Est-ce que le modèle que nous avons est le bon ? Nous n'avons pas le droit de faire un petit inventaire et de voir si on ne pourrait pas, par exemple, revenir à l'Europe des Nations si chère au Général de Gaulle.

3:51
Présentateur

Jean Lasselle, l'Europe s'intéresse déjà à la ruralité. Il y a la PAC, la politique agricole commune, qui est un des plus gros budgets. La France, parmi les premiers bénéficiaires, il y a le Pacte Vert. Qu'est-ce qui manque, en fait ?

4:04
Jean Lassalle

Mais pour quels résultats, madame ? Elle s'intéresse comme à vous ce matin. Mais quels sont les résultats concrets ? Combien avons-nous d'exploitation ? Combien il en reste ? Nous n'avons plus d'exploitation laitière, bovine, pratiquement plus de bovine non plus. Heureusement, nous avons quelques petites niches en matière de fromage. Quand vous faites un tour de France, comme nous le faisons, petite région par petite région, 200, 300 km par nuit, ce que nous venons de faire d'ailleurs en bus, ce qui a fait que nous avons failli, malgré toutes les précautions prises, c'est un peu juste.

Il y a un taux de désespoir, de détresse, il y a un taux de haine contre l'Europe, et je dois dire, les instances parisiennes, qui est effrayante. Et nous, nous avons voulu, justement, dire, eh bien, on va s'y coller, on va s'y mettre,

4:58
Présentateur

on va voir. Vous espérez vraiment franchir la barre des 5%, alors que pour l'instant, la plupart des études vous donnent à moins de 1%. Si vous êtes élu, vous siagerez avec qui, en un mot, parce qu'on arrive à la fin de cette interview ?

5:09
Jean Lassalle

Alors, première question, je n'ai aucune confiance dans les instituts de sondage, qui sont tous l'objet, pour la plupart, de fonds de pension américains, ou de crédits dont on ne sait même pas tellement l'origine. Aucune confiance, ils m'ont toujours mis en dessous de 1, moi, heureusement que j'ai fait 1%, un peu plus souvent que ça.

5:30
Présentateur

On arrive à la fin,

5:31
Jean Lassalle

25 élections sur 27. Qu'est-ce que nous ferons ? Eh bien, nous allons organiser la résistance.

5:38
Présentateur

Merci Jean Lassalle, tête de liste Alliance Rurale aux Européennes pour les élections, donc du 9 juin prochain. Merci Marion.