La tendance "No Kids" se démocratise
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:00OuverteRéponse directe
Pourquoi interdire les espaces No Kids ? Est-ce une discrimination ?
- 2:00OuverteRéponse directe
Pourquoi ce phénomène se multiplie-t-il selon vous ?
- 4:00OuverteRéponse directe
Les wagons famille sont-ils une autre forme de discrimination ?
- 6:00OuverteRéponse directe
Le taux de natalité en berne est-il lié à ces pratiques ?
- 8:00OuverteRéponse directe
Les réseaux sociaux renforcent-ils la pression sur les mères ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:10Laurence RossignolFait
« le code pénal prévoit que d'interdire les discriminations, y compris celles qui sont fondées sur l'âge. »
- 0:30Laurence RossignolFait
« On voit plus d'enfants dans les rues. »
- 6:30Laurence RossignolFait
« Le conseil départemental est en train de fermer des crèches. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Vous connaissez le phénomène No Kids, restaurant, hôtel, camping interdit aux enfants. Il se multiplie et c'est ce que dit la commissaire à l'enfant Sarah Elie. Elle alerte et vous aussi Laurence Rossignol.
Bonjour, vous êtes l'ancienne ministre aujourd'hui sénatrice PS et vous avez déposé une proposition de loi pour interdire cette pratique de nos kids. Parce que quoi ? Ce serait une discrimination ?
Mais c'est une discrimination. incontestablement déjà le code pénal prévoit que d'interdire les discriminations, y compris celles qui sont fondées sur l'âge. Mais quand on pratique cet article du code pénal, tout le monde comprend qu'il vise surtout des discriminations liées au grand âge, qu'on peut pas dire à quelqu'un "Je t'embauche pas parce que tu es trop vieux" par exemple.
On n pas compris que ça pourrait que ça touche aussi les enfants maintenant. Donc je propose de le préciser et je me réjouis que la commissaire la haut commissaire reprenne cette idée. J'espère qu'elle va agir pour que cette proposition loi soit inscrite à l'ordre du jour du parlement.
Elle a beaucoup plus les moyens que moi de déterminer l'ordre du jour du parlement. C'est quoi ? C'est un phénomène de mode ?
C'est un côté un peu égoïste et doniste ? C'est c'est quoi ? Pourquoi est-ce que ça se multiplie dans les restaurants, dans les hôtels, dans les campings ?
On a moins l'habitude peut-être des enfants qu'avant. Je pense que c'est un signe à la fois d'intolérance de nos sociétés à l'égard de tout ce qui perturbe l'environnement immédiat des individus. d'abord et puis aussi c'est c'est le l'aboutissement d'une société dans lesquelles les enfants ont quasiment disparu de l'espace public et collectif.
On le sait tous, on voit plus d'enfants dans les rues. Alors les parents ont des bonnes raisons moins quoi. Ah dans en ville on en voit tout seul.
Ah non tout seul non. Oui tout seul non. Aucun.
Euh moi je suis d'une génération on jouait où on jouait à l'extérieur, on jouait en bas de l'immeuble euh dans les dans les grandes villes et on voit plus d'enfants dans les rues. Et puis euh on a à l'égard des enfants un le sentiment qu'il serait maintenant devenu trop bruyant, trop agité. Il y a quelque chose de très contradictoire qui se joue.
En fait, on dit que les enfants sont trop agités. On dit que les parents élèvent mal leurs enfants et en même temps le niveau d'exigence que l'on a à l'égard des enfants en terme de comportement est incroyablement élevé. C'est-à-dire qu'on voudrait que les enfants soient des petits adultes en miniature.
Un enfant de 2 ans et demi ça bouge. On peut rien y faire. Il faut qu'il bouge cet enfant.
Alors on n'est pas obligé de le laisser crier. Et le je crois que l'endroit le plus significatif c'est le train. On voit bien dans les trains la manière dont les parents essayent d'amortir au maximum.
Ah ben on se retrouve quand on est parent. très angoissé à l'idée que son enfant va faire trop de bruit pour les voisins. On peut le comprendre.
Oui, mais ça dépend où on situe le niveau du trop de bruit. Il faut accepter que les enfants font partie de notre société. Je trouve que les gens sont incroyablement indulgents à légard des chiens.
Je vois dans dans le train, on engambe le gros chien qui est couché au milieu. On dit "Bouge pas mes dors, je fais que passer." Et dès qu'il y a un enfant qui bouge un peu, tout le monde on se retourne comme ça.
Non, c'est il faut aider. sent le poids d'ailleurs du regard parfois des des autres passagers du du train. Il y a donc désormais par exemple dans le TGV des wagons famille et c'est censé être sur la base du volontariat mais c'est vrai que ça fait peser une sorte de culpabilité si vous avez des enfants et que vous ne vous êtes pas enfermé avec les autres enfants dans le wagon famille.
Est-ce que c'est pas une autre forme de discrimination soft mais un wagon famille encouragé à aller dans le wagon famille. Ce qu'il faut surtout dans les trains, c'est des endroits où les enfants vont pouvoir bouger. C'estàd que c'est des c'est des petits lieux de jeu quoi.
Voilà le le wagon, il y a le wagon bar se se dégourdir les jambes. Il faut un endroit où les enfants peuvent bouger. Bien sûr, ils ont envie de bouger.
Mais il faut essayer quand même d'être solidaire les uns avec les autres. Euh je pense que cette ce regard qu'on porte sur les enfants, d'abord moi mes deux causes principales dans la vie, ce sont les femmes et les enfants. Et comme par hasard, ça retombe sur les femmes parce qu'on voit aussi que bien sûr il y a les papas font beaucoup d'efforts, ça va beaucoup mieux qu'auparavant.
Voilà. Mais en réalité, moi je vois des mères avec les enfants sur les bras qui partent dans le dans qui sortent du wagon et qui vont essayer d'amortir ce que le le ce que l'enfant peut produire comme nuisance. Un enfant n'est pas une nuisance.
Il faut commencer comme ça. On a besoin des enfants, sinon on va devenir des sociétés totalement sinistres. Il y a Laurent qui nous appelle au 32.
Vous allez avoir du mal là Laurent, mais vous nous avez appelé pour défendre justement le le no kids. Soyez le bienvenu. Vous nous appelez Dancy ou vous êtes jardinier.
Laurent, il y a des moments où le no kids, ça vous convient très bien. Bonjour Pauline. Bonjour madame Rossignol.
Oui. Alors moi j'ai passé des vacances, je suis parti en vacances et j'avais le choix entre côté famille ou côté adulte. Alors, bien évidemment, j'ai choisi le côté adulte parce que j'avais pas d'enfant et moi, je suis allé me balader après côté enfant parce que moi j'avais le droit mais pas eux.
Et euh quand j'y suis allé, je me suis dit "Mais quelle chance !" Euh après c'est un choix, on a le choix et quelle chance c'est-à-dire que de l'autre côté, il y avait beaucoup de bruit, beaucoup d'agitation et ça courait dans tous les sens. Moi moi j'ai eu des enfants qui sont grandes maintenant, mais maintenant si je peux profiter du fait d'avoir du calme, honnêtement je signe de suite.
Et mo vacances, ça a été un vrai bonheur parce que voilà, effectivement côté famille, les enfants, bah ça court, ça saute comme des enfants, c'est bien. Mais si on a le choix, je trouve que c'est bien d'avoir le choix. Est-ce qu'on pourrait quand même avoir le choix comme le dit Laurent Laurence Soignol ?
Non, mais on peut organiser des espaces collectifs dans lesquels il y a des zones qui sont non pas interdites aux enfants des zones adultes, mais des zones au contraire dans lesquelles il y a des activités qui vont permettre aux enfants euh d'y aller spontanément et aux parents de les accompagner. Ce que je n'aime pas, c'est le côté discrimination. C'est pas simplement une question pratique pour c'est aussi une question de société du regard que l'on porte les uns sur les autres de la pression qu'on fait poser sur les Moi je suis frappé par les injonctions contradictoires qu'on donne aux gens.
On dit aux gens, on a besoin de réarmer démographiquement le pays. On a besoin d'enfants parce que demain les retraites comment on va les financer. Ta natalité n'a jamais été natalité.
Mais franchement l'accueil des enfants dans dans notre vie n'est pas privilégié et à la fin toujours sur les mèes. C'est une énorme pression sur les mers. D'autant qu'on a quand même aujourd'hui 25 à 30 % de familles monoparentales.
Donc il faut concevoir aussi que les mères monoparentales ont le droit de sortir, elles ont le droit de prendre le train, elles ont le droit de partir en vacances et elles sont seules pour s'occuper de leurs enfants. À deux, c'est déjà plus facile. Et puis on a toute cette affaire aussi sur les les réseaux sociaux, les les plateformes, les téléphones portables et les écrans.
Tout ce qu'on sait aujourd'hui, c'est que les écrans sont extrêmement toxiques pour les enfants. Donc on dit aux parents euh ne mettez pas ne donnez pas un écran à votre enfant. Et en même temps, débrouillez-vous pour que votre enfant soit muet, silencieux, inexistant.
Je crois que moi, je plaide pour un droit à l'enfance. En réalité, c'est pas c'est pas tant les droits des enfants, c'est qu' le droit à une période de la vie dans lesquelles dans laquelle on est enfant et on est protégé dans la différence que c'est d'être enfant. Il faut qu'un enfant grandisse avec des règles, avec bien entendu un cadre, avec des limites, tout le monde le sait.
Mais en tant qu'enfant, ce ne sont pas des petits adultes. Donc avec aussi le bonheur de pouvoir ruer dans les brancards. Euh Laurent, vous-même quand vos enfants étaient petits, quand vos filles étaient petites, vous alliez euh euh malgré tout j'espère que vous aviez quand même une vie.
Oui, évidemment. Et vous les emmeniez ? Ah ben évidemment, on les emmenait et puis il y avait des enfants, ça courait partout, c'était super.
Mais euh je et je crois que la plupart des gens euh qui ont des enfants petits quand ils vont être grands et quand ils vont vouloir partir en vacances, je suis euh quasiment sûr à 95 % qui vont se dire "Ah ouais mais non mais si on peut être peénard euh autant prendre un côté tranquille même si on aime beaucoup les enfants. S'il y a la possibilité, on le fait mais c'est sûr, si vous partez en couple, quand vous allez manger au McDo en couple, vous vous collez pas directement au là où il y a les jeux pour enfants, vous éloignez le plus possible. Et ben là, c'est pareil.
Merci Laurent d'être passé par par le le 32, le taux de natalité en berne, je le je le disais Laurence Rossignol, est-ce que là aussi vous voyez une forme d'injonction contradictoire ? C'està-dire qu'on a parlé des no kids, vous parliez à l'instant des réseaux sociaux, on a l'impression que sur les réseaux sociaux, on dit on montre des maires qui seraient absolument impeccables, sublimes, qui font la cuisine, qui font de plus en plus la cuisine. C'estàd qu'on a l'impression qu'à nouveau le fait d'être au fourneau, ça serait magnifique, merveilleux.
Elles se montrent tous toutes Mégan Merkel et les autres en train de de cuisiner et en même temps de s'occuper de leurs enfants qui auraient l'arrêt bien peigné et et de l'autre en effet du coup la pression sur ces mères où on a l'impression que si vous avez des enfants, il faut qu'ils soit impeccables, que vous leur fassiez les meilleurs petits plats et que vous leur fassiez uniquement manger bio quoi. Est-ce que est-ce que ça c'est pas une des injonctions totalement folles de notre époque ? On est dans des injonctions contradictoires constantes en ce qui concerne les enfants, les mères et les familles.
Euh on demande, on pense qu'on a un problème de de natalité. C'est vrai que s'il y avait si les gens ont autant d'enfants qu'ils ont envie, c'est quand même la meilleure des c'est le meilleur des taux de natalité. Dans mon département là, en ce moment, le conseil départemental est en train de fermer des crèches alors qu'on sait très bien que pour accueillir des enfants, pour décider de faire un enfant, il faut pouvoir continuer de travailler après.
Donc on n' pas les politiques publiques qui sont à la hauteur de nos ambitions démographiques et les individus le savent et ils adaptent leurs ambitions démographiques à la à leur vie et à ce qu'on leur offre. Donc on a un véritable Moi, je pense qu'on vit dans une société qui ne s'intéresse pas à l'enfance. On parle mal des enfants.
J'entends toujours beaucoup de discours sur ils sont plus mal élevés. Vous vous savez euh Socrate le disait déjà que les enfants de la sa génération étaient plus mal élevé que la génération précédente. Donc ça fait des des siècles qu'on dit ça.
Les enfants sont plus mal élevés. Euh on on ne parle pas bien des enfants. Quand les enfants c'est jusqu'à 18 ans, un enfant c'est un mineur.
C'est pas que des tout petits. Quand je vois comment on parle aussi euh des enfants qui sont des enfants délinquents, je vois quand dit il faut les il faut les les faire passer en comparition immédiate des 13 ans alors qu'on sait aujourd'hui qu'un enfant délinquant est le plus souvent un enfant victime avant d'avoir été un enfant délinquent. Il faut le temps d'accompagner les enfants.
Il y a plus de pédopsychiatre dans des départements. Les parents sont seuls avec des troubles du comportement qui sont effectivement des phénomènes nouveaux. On laisse les parents seuls et après on leur dit "Vos enfants, on n'en veut pas parce qu'ils font trop de bruit, c'est pas possible." C'est pas une belle société ça.
Merci beaucoup Laurence Rossignol d'être venu défendre donc votre position contre le no kids. Et merci à Laurent d'avoir également témoigné ce matin. Il est 7h51. [Musique]
Laurence Rossignol