Gabriel Attal : "On a le droit d'être optimiste, les efforts des Français portent leurs fruits"
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Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin dans le grand entretien du 7-9 le porte-parole du gouvernement. Question réaction au 01 45 24 7000 sur les réseaux sociaux et l'application mobile de France Inter. Bonjour Gabriel Attal. Bonjour. Et merci d'être au micro d'Inter ce matin. Nous allons évoquer dans quelques instants les questions de sécurité alors qu'une cérémonie d'hommage présidée par Jean Castex se tient cet après-midi à la préfecture du Vaucluse à la mémoire du brigadier Eric Masson tué mercredi dernier au cours d'une tentative d'interpellation de trafiquants de drogue.
Mais un point pour commencer sur le sanitaire et les annonces faites ce matin dans les colonnes du Parisien par le Premier ministre sur les modalités précises du déconfinement de la France. Nous sommes en train de sortir durablement de cette crise sanitaire, dit Jean Castex. Cela veut-il dire dans votre esprit qu'il n'y a pas de rechute en vue, pas de nouvelle vague possible ? Premier ministre n'est-il pas un peu optimiste en disant les choses comme ça ?
On a le droit d'être optimiste Nicolas Demorand aujourd'hui. Tout simplement parce qu'on voit d'abord que les efforts des Français depuis maintenant des mois et renforcés ces dernières semaines portent leurs fruits. L'incidence diminue, on est passé en dessous des 200 au niveau national. Le nombre de personnes en réanimation diminue aussi très vite et le nombre de personnes hospitalisées diminue aussi. Et l'autre raison d'être optimiste, c'est le développement de la vaccination. Parce qu'on sait que la vaccination, elle protège celles et ceux qui sont vaccinés du risque d'avoir une forme grave, mais elle limite aussi le risque de transmission du virus.
C'est donc une protection supplémentaire pour la société. Et évidemment, c'est pour ça qu'on va continuer à déployer la vaccination.
On a raison d'être optimiste, dites-vous. Emmanuel Macron avait, après la première vague, prédit le retour des jours heureux. En réalité, on a eu la deuxième vague à l'automne et la troisième vague au printemps. Le Conseil scientifique, dans son dernier avis, dit craindre une quatrième vague cet été. Karine Lacombe disait l'été peut-être cauchemardesque. Tous ces scientifiques se trompent ?
Je ne dis pas ça. On ne peut évidemment jamais rien éclure par principe. Et d'ailleurs, le Président, comme le Premier ministre l'ont dit. Vous avez parlé de la deuxième, de la troisième vague. Elles ont finalement surpris le monde entier. Et le monde entier espérait, après la première vague, qu'on en soit sortis. Ce que je dis, c'est qu'aujourd'hui, on est dans un contexte différent, notamment grâce à la vaccination. Et c'est un énorme progrès que de pouvoir bénéficier, un an après le début d'une pandémie mondiale avec un nouveau virus, d'un vaccin qui permet de protéger.
Et donc, oui, la vaccination, c'est une nouvelle donne dans la sortie de crise qui nous permet d'espérer une sortie durable de la crise. D'autant qu'on a adapté nos capacités industrielles pour être capables de produire très rapidement des vaccins, adaptés à des variants si c'était nécessaire. Évidemment, ça ne veut pas dire qu'il faut baisser la garde, au contraire. Mais en tout cas, on a le droit d'être optimiste.
Jean Castex évoque dans l'entretien les fameuses mesures de freinage. Le seuil de 400 nouveaux cas pour 100 000 habitants, au-delà duquel on reconfine. Alors, précision ce matin sur ce point. À la seconde où ce seuil de 400 est dépassé, qu'est-ce qui ferme ? C'est la ville, le département, la région ? Dites-nous.
C'est un dispositif de freinage. On a organisé la levée des restrictions par palier. Vous savez qu'il y a un premier palier qui a été franchi avec la réouverture des écoles. Ensuite, le 19 mai, vous avez la réouverture des lieux qui ont été fermés avec des jauges. Ensuite, le 9 juin, les jauges se réduisent pour qu'on puisse avoir plus de monde. Et après, vous avez à la fin du mois de juin une dernière étape. Si on constate qu'il y a une reprise épidémique importante dans un département entre ces étapes, ça freinera évidemment le passage à l'étape suivante.
Il n'y a pas d'automaticité au sens où, dès lors qu'il y a un critère qui est rempli, parce qu'il n'y a pas que les 400 pour 100 000 habitants, ça peut être aussi un péril imminent sur les réanimations, ou une dynamique très forte de l'épidémie. Qu'est-ce qui se passe à ce moment-là ? On réunit les acteurs locaux, avec les représentants de l'État, préfets, ARS, les élus. On regarde quelle est la situation et on prend les bonnes décisions pour protéger les habitants de ce département. Voilà très concrètement comment ça se passera. Aujourd'hui, il n'y a plus aucun département au-dessus des 400.
Aujourd'hui, c'est le cas. Mais si dans un mois, par exemple, on ne l'espère évidemment pas, mais si dans un mois, prenons le cas de Paris, puisque c'était une des régions les plus touchées, une des villes les plus touchées, si Paris remontait à 450, un taux d'incidence de 450, on ne ferme pas automatiquement, on ne reconfine pas automatiquement. C'est ce que vous dites ce matin.
Ce que je dis, c'est qu'à ce moment-là, on regardera quelle est la situation. Est-ce que c'est une augmentation exponentielle de 20-30% par semaine ? Quelle est la situation des réanimations ? Et à ce moment-là, on réunit les acteurs locaux et on prend des décisions adaptées. Il n'y a pas d'automatisme. Évidemment, tout se fera en concertation.
À partir du 19 mai, toutes les terrasses vont rouvrir avec une jauge de 50%, 6 personnes maximum autour d'une table. Comment empêcher que des foules s'agglutinent dans les rues, autour des terrasses, des cafés et des bars ? Il fera beau, voilà.
D'abord, malheureusement, parce que je regarde la météo tous les jours en ce moment, en prévision du 19 mai, pour l'instant, ils n'annoncent pas tout à fait du beau temps dès le 19 mai. On espère que ça va arriver très vite. Et je vais vous dire, je pense que dès le 19 mai, indépendamment de la météo, beaucoup de Français se précipiteront pour retrouver les terrasses de leurs cafés, de leurs restaurants, parce que ça fait trop longtemps qu'ils en sont privés et parce qu'ils n'avaient qu'une hâte, c'est de pouvoir les retrouver. Et oui, Nicolas Demorand, la responsabilité de chacun va beaucoup jouer en la matière.
Et moi, je suis convaincu que les Français ont montré depuis plusieurs mois maintenant qu'ils étaient responsables et qu'ils le seront encore à l'occasion de ces réouvertures. On a dit, je me souviens, certains scientifiques, ou parfois politiques, nous ont dit au moment de Noël, vous ne devriez pas laisser tout le monde aller fêter Noël en famille partout en France sans restrictions, etc. L'épidémie va repartir dès le début du mois de janvier très fort parce que les gens vont se contaminer. Qu'est-ce qu'on a vu ? On n'a pas vu ce départ exponentiel de l'épidémie en janvier parce que les gens ont été très responsables. Donc moi, je crois beaucoup à ça. Par ailleurs, c'est des terrasses.
Donc on est en extérieur. On sait que le risque de contamination en extérieur, il est infiniment moins important qu'en intérieur. C'est pour ça qu'on fait les choses très progressivement, y compris avec des jauges en extérieur. Moi, j'entends que c'est très progressif et qu'on aimerait que ça soit plus tout de suite. Mais si on fait les choses en douceur et progressivement, c'est précisément pour éviter ce type de risque.
Même réponse pour les événements sportifs qui s'annoncent. Le Tour de France aura lieu normalement, a dit le Premier ministre hier. Et il y aura des fanzones pour l'Euro de football. Est-ce que là aussi, vous ne prenez pas le risque d'un portant brassage de population ? Certes, on est en extérieur, mais tout de même, quand on regarde un match sportif, on éructe, on crie et on n'est pas calme et muet.
C'est humain, évidemment. C'est pour ça que pour les fanzones, le Premier ministre a dit qu'on n'allait pas les empêcher, mais qu'il y aurait un protocole sanitaire adapté. Donc il y a des choses qui vont être précisées, peut-être en fonction du nombre de personnes, etc. Et là aussi, c'est vrai que dans un match de foot, on a la joie au moment du but. C'est quand même difficile de dire aux gens qu'ils ne peuvent pas crier ou célébrer. Mais voilà, là aussi, je pense que la responsabilité de chacun jouera, mais il y aura aussi un protocole sanitaire pour éviter qu'il y ait des cohus monstres à l'occasion de ces fanzones.
Alors entrons dans un autre sujet important, les aides au commerce, aux restaurants, aux entreprises, ce sera du cas par cas, dit Jean Castex, du sur-mesure. Mais quand on regarde les chiffres en détail tels que les publie le Parisien ce matin, on s'aperçoit que les aides vont baisser fortement au fil de l'été, août, juillet, août, septembre. Est-ce qu'on peut considérer que le quoi qu'il en coûte est là en train de s'arrêter après la saison estivale ?
On passe au quoi qu'il arrive. Ça veut dire que quelle que soit votre situation et votre reprise d'activité, vous continuez à être accompagné. Et oui, on fait du sur-mesure parce que la reprise de l'activité, elle ne va pas se faire pareil partout. Je vous donne deux exemples. En fonction des secteurs d'activité, vous avez peut-être des commerces qui vont rouvrir, qui vont reprendre tout de suite une activité importante. Puis vous avez d'autres secteurs, je pense à l'événementiel, ou parce qu'il y a peu de salons, peu de foires, l'activité va être moins forte au début. Donc il faut adapter en fonction de ça.
Et puis même au sein d'un même secteur, je vous donne un exemple, prenez le secteur de l'hôtellerie. Un hôtel à La Baule ou dans le sud de la France, à l'occasion des vacances d'été, il va peut-être reprendre, et probablement très fort, très vite. Un hôtel qui est à côté de Roissy, à un moment où vous avez très peu de trafic aérien, il reprendra moins vite. Donc concrètement, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que vous êtes une entreprise, aujourd'hui, vous êtes accompagné avec le fonds de solidarité. En mai, rien ne change.
Quelle que soit votre prise d'activité, si vous êtes un restaurant, que vous rouvrez votre terrasse, que vous faites un peu d'activité, vous recevrez en mai le même fonds de solidarité que vous avez reçu dans les mois précédents, c'est-à-dire 10 000 euros ou 20% de votre chiffre d'affaires. Et ensuite, qu'est-ce qu'on fera chaque mois ? Je vous donne l'exemple du mois de juin. On regarde votre chiffre d'affaires en juin, on le compare au chiffre d'affaires que vous aviez fait en juin 2019, évidemment, on ne rend pas 2020 parce que c'était déjà la crise. On fait le delta et là, on vous verse 40% du delta.
Donc, oui, il y a une dégressivité pour inciter aussi à la reprise de l'activité, mais on continue à vous accompagner sur mesure en fonction de votre activité.
C'est vrai que c'était le point un peu compliqué de ce long interview dans Le Parisien du Premier ministre, c'est-à-dire qu'on a du mal à comprendre comment vous allez faire pour les aides au cas par cas. Si, par exemple, pour reprendre votre exemple, j'ai un hôtel en bordure de Roissy et que le trafic aérien ne reprend pas, en août prochain, il se passe quoi pour moi ?
En août, vous continuez à être accompagné. Encore une fois, il y a le... Mais ça diminue ? Oui, ça diminue. Mais vous êtes accompagné, évidemment, jusqu'à 20% de votre chiffre d'affaires. Et ensuite, évidemment, si la situation devait se poursuivre, et Bruno Le Maire l'a dit, il y a une forme de clause de revoyeur à la fin de l'été pour, évidemment, continuer à adapter nos dispositifs. Vous avez vu qu'on a toujours adapté nos dispositifs en fonction de la situation. parce que celles et ceux qui, aujourd'hui, sont empêchés de travailler, d'ouvrir leur commerce, leur restaurant, leur hôtel, ce n'est pas par choix, c'est à cause du virus.
Et donc, évidemment, il faut qu'on continue à les accompagner.
Samedi, Jean Castex a encouragé les Français à se faire vacciner avec tous les vaccins disponibles, en particulier l'AstraZeneca. Emmanuel Macron a, lui, déclaré dimanche que pour répondre aux variants, on voit aujourd'hui que d'autres vaccins sont plus efficaces que l'AstraZeneca. Premier ministre et président de la République ne disent pas exactement la même chose. Est-ce que vous pouvez clarifier la ligne du gouvernement, Gabriel Attal, et nous dire s'il y a, oui ou non, selon vous, un problème AstraZeneca aujourd'hui ?
Alors, deux choses. D'abord, ils ont dit la même chose. Puisque j'ai écouté le président de la République, il a appelé les Français, qui sont évidemment dans les publics cibles, à se faire vacciner avec AstraZeneca pour sortir de la crise, comme le Premier ministre.
Mais pour répondre aux variants, on voit aujourd'hui que d'autres vaccins sont plus efficaces.
Mais le président a été interrogé sur le fait que la Commission européenne pouvait ne pas renouveler un contrat avec AstraZeneca. Et donc, il a expliqué pourquoi. Et c'est important d'expliquer les choses en transparence. Sinon, les gens se disent qu'ils ne vont peut-être pas renouveler le contrat. Pourquoi ? Est-ce que ça veut dire que c'est dangereux ? Tout simplement parce que vous avez aujourd'hui une demande de notre part d'avoir des vaccins de deuxième génération. On anticipe, en fonction des variants, sur la question de la vaccination des enfants aussi.
Et qu'aujourd'hui, vous avez des laboratoires qui sont plus avancés que le laboratoire AstraZeneca sur les essais cliniques, sur la question des variants et des enfants. Par exemple, AstraZeneca n'a pas démarré d'essais cliniques sur la question des enfants. Et donc, effectivement, aujourd'hui, c'est les contrats avec les laboratoires qui ont démarré ces essais qui sont privilégiés. Deuxième question que vous avez posée, est-ce qu'il y a un problème avec AstraZeneca ? Il y a évidemment un sujet de confiance. On le voit. Il y a un problème de confiance. Moi, je veux quand même mettre en avant le fait qu'il y a beaucoup de Français qui se font vacciner avec AstraZeneca.
On parle régulièrement de ceux qui ne le font pas ou du fait qu'on n'utiliserait pas toutes les doses. Il y a chaque jour plusieurs dizaines de milliers de personnes qui se font vacciner avec AstraZeneca. Je crois que vendredi dernier, c'était 60 000 personnes sur la journée. Il y a plusieurs dizaines de millions de personnes qui ont été vaccinées avec AstraZeneca dans le monde. Et on voit que c'est un vaccin qui fonctionne, qui est très efficace pour lutter contre les formes graves. Et donc, oui, il faut rappeler que c'est un vaccin qui est utile.
Gabriel Attal, vous l'avez mentionné, les États-Unis vont commencer à vacciner les adolescents dès l'âge de 12 ans à partir d'aujourd'hui. À partir de quand, en France, on va commencer à vacciner les enfants
de plus de 12 ans. C'est une décision qui n'a pas été prise. Je rappelle qu'aujourd'hui, notre objectif, c'est d'abord de vacciner tous les adultes qui le souhaitent, qu'on a indiqué qu'on souhaitait le faire d'ici à la fin de l'été. Évidemment que ça fait partie des travaux et des réflexions, comme c'est le cas dans le monde entier. Mais aujourd'hui, il n'y a pas de décision rendue en ce sens.
Allez, on file au standard d'Inter. Nombreux auditeurs pour de nombreuses précisions demandées. Bonjour, Pascal. Vous êtes là ? Ah, Pascal n'est pas là. Alors, on va peut-être donner la parole à Michel. Est-ce que Michel est là ? Voilà. On vous écoute. Soyez le bienvenu.
Bonjour. Alors, ce que je voulais dire en premier lieu, je suis vacciné AstraZeneca. Pour l'instant, tout va bien. Et je ne peux qu'inviter les Français à se faire vacciner pour que nous puissions sortir le plus vite possible de cette situation dramatique dans laquelle nous sommes.
Voilà un témoignage de première main. Alors, allez-y.
La question n'était pas celle-là. Oui. Voilà. Je suis un habitant de Cognac. Nous sommes jumelés avec une ville du Burkina et nous avions prévu de faire venir pour la fête de la musique des musiciens burkinabés. Le Burkina, au Burkina, le Covid, la Covid est quasi inexistante. Donc, est-ce que les frontières vont effectivement se rouvrir comme on a cru comprendre au 10 juin ou pas ? Et est-ce que, du coup, ils pourront jouer à la fête de la musique et pour d'autres concerts dans la suite ? Voilà. Merci,
merci Michel. Question pour le Burkina mais qui se pose aussi pour un nombre infini de pays. Gabriel Attal.
D'abord, merci Michel pour votre témoignage sur AstraZeneca. Moi, je crois aussi beaucoup à la valeur de l'exemple à un niveau individuel et collectif. C'est pour ça aussi que Jean Castex, le Premier ministre, s'est fait vacciner avec AstraZeneca devant les caméras. Je pense que c'est important d'en parler, effectivement, quand des gens le font. Deuxième chose, oui, à partir du 9 juin, nous allons assouplir ce que sont aujourd'hui les motifs impérieux pour se rendre en France. Ça veut dire que nous pourrons accueillir à nouveau des touristes et évidemment, nous pourrons accueillir à nouveau des artistes qui doivent venir en France pour des représentations.
Ça se fera, évidemment, avec des règles sanitaires importantes et notamment la mise en place du pass sanitaire. Vous savez qu'il a été adopté hier soir au Parlement dans le projet de loi sorti de l'état d'urgence sanitaire. C'est ce qui nous permettra d'accueillir des personnes qui viennent du monde entier avec la garantie qu'ils sont protégés contre la Covid-19 ou qu'ils ne sont pas contaminés. Et donc, c'est ce qui nous permettra d'assouplir les règles.
Et la règle, c'est la réciprocité. Je ne sais pas si des habitants des États-Unis viennent en France. Est-ce que la réciproque est vraie ?
Il y a un travail diplomatique, évidemment, pour garantir que les Français qui souhaitent se déplacer dans d'autres pays puissent le faire dès lors qu'ils remplissent les conditions sanitaires. En tout cas, pour ce qui est du niveau européen, vous savez qu'on avance ensemble. Je vous donne un exemple. certains pays poussés au départ pour un passeport purement vaccinal, c'est-à-dire pour dire ne peuvent aller d'un pays à un autre en Europe que ceux qui sont vaccinés. Et nous, la France qu'on a porté, c'est de dire d'ici à l'été, tous ceux qui auront souhaité être vaccinés n'auront pas pu l'être faute de doses. C'est le cas partout en Europe.
Et donc, il faut qu'on ajoute dans les critères le fait d'avoir un test négatif pour ne pas qu'il y ait de discrimination. Je me mets à la place d'un jeune qui a 25 ou 30 ans qui a prévu cet été d'aller dans un autre pays européen. Donc au niveau européen, on harmonise les règles.
Alors une question, on a retrouvé Pascal très précise et matérielle sur le passe sanitaire. Bonjour et bienvenue.
Bonjour monsieur Attal. Voilà, je suis vacciné. Je n'ai pas l'intention d'acheter un smartphone. Donc je voudrais savoir comment se présentera pour moi le passeport sanitaire.
Merci Pascal pour cette question. Gabriel Attal.
Alors effectivement, il y a des Français qui n'ont pas de, beaucoup de Français qui n'ont pas de smartphone. Et c'est pour ça que le passe sanitaire fonctionnera aussi en version papier. Ça veut dire que vous pourrez imprimer un document sur lequel figurera ce qu'on appelle un QR code qui est le même que vous avez sur votre téléphone portable qui pourrait être scanné et attesté du fait que vous avez été vacciné. Léa ?
Oui, sur la sécurité, Gabriel Attal, on en a longuement parlé avec Eric Dupond-Moretti à 7h50, mais quand même une question. Il y aura l'hommage cet après-midi aux brigadiers Eric Masson tué la semaine dernière en tentant d'interpeller des trafiquants de drogue à Avignon. Les syndicats de police sont en colère. Ils ont suspendu leur participation au Beauvau de la Sécurité. Ils appellent à une marche citoyenne le 19 mai prochain. Ils se disent excédés, écoeurés face à l'augmentation des violences contre la police. Vous avez fait un certain nombre de réponses pénales. On en a parlé, je le disais, avec le ministre de la Justice tout à l'heure.
Mais moi, je voudrais vous faire réagir sur ce sondage du Cevipof qu'on peut lire dans l'Opinion ce matin. 60% des policiers voteraient Marine Le Pen plutôt qu'Emmanuel Macron à un second tour en 2022. Ils sont même 74% pour ce qui concerne les militaires actifs. Comment vous réagissez à ça ?
D'abord, vous avez évoqué l'émotion très forte chez les policiers à la suite de ce drame terrible. Et moi, évidemment, je la comprends. Cette émotion, d'ailleurs, elle concerne tous les Français, pas uniquement les policiers. Parce que derrière ce drame terrible, il y a le fait que depuis 15 ans, vous avez eu un doublement des agressions en direction de nos forces de sécurité. Le fait que vous avez aujourd'hui, je crois que c'est toutes les 30 secondes, un refus d'obtempérer en France. Et que vous avez donc aujourd'hui... 30 minutes. 30 minutes, pardon. Je crois que c'est toutes les demi-heures. 30 minutes, oui. Excusez-moi.
Et donc, vous avez aujourd'hui des forces de sécurité intérieure, des policiers qui doivent être protégés, protéger ceux qui nous protègent. Vous avez évoqué la réponse pénale. Je veux ajouter qu'il y a aussi une réponse de moyens qui était très attendue. Plus 2 milliards d'euros pour le budget de la sécurité. 10 000 recrutements de policiers et de gendarmes depuis le début du quinquennat. Des crédits pour rénover les commissariats, les heures supplémentaires qui sont payées. La moitié du parc automobile des policiers qui est renouvelée. Normalement, il fallait 9 ans pour renouveler une voiture. Maintenant, on renouvelle la moitié du parc sur ce quinquennat.
Sur la deuxième question que vous évoquez...
Sur la question
que je vous pose. Moi, je vais vous dire, je ne découvre pas qu'il y a des Français qui, aujourd'hui, font le choix du Rassemblement National et de Marine Le Pen. Ils étaient 35%... Je parle de ce score
très fort dans la police.
Ils étaient 35% au deuxième tour en 2017, ce qui est déjà un chiffre évidemment très important. Ensuite, il faudrait comparer les études que vous évoquez avec celles qui sont assez régulièrement faites avant chaque élection, y compris auprès de chaque corps de métier, de chaque profession. Je ne suis pas sûr qu'il y ait des variations dans les chiffres que vous évoquez très fortes par rapport aux précédentes. Mais ça veut dire quoi ? Ça veut dire évidemment qu'il faut continuer à chercher à convaincre et à chercher à convaincre avec des actions concrètes et avec des moyens concrets.
Gabriel Attal, le référendum visant à inscrire la défense de l'environnement dans la Constitution serait enterré selon le JDD. C'est la faute du Sénat à en croire ce qu'on dit au gouvernement. Le référendum est-il effectivement mort et enterré ? Que pouvez-vous nous dire ce matin ?
On va voir ce que vont faire les sénateurs. Très concrètement, vous avez la Convention citoyenne qui a fait des propositions. Et dans ces propositions, il y a le fait de modifier la Constitution pour dire que la République garantit la préservation de la biodiversité et lutte contre le dérèglement climatique. le président de la République s'est engagé à transmettre cette proposition de modification de la Constitution au référendum pour que les Français se prononcent. Pour cela, vous savez, il faut que les deux assemblées le votent dans les mêmes termes. L'Assemblée nationale a voté dans les mêmes termes la proposition des citoyens.
Et effectivement, il semble que les sénateurs ont décidé de modifier la formulation, ce qui mécaniquement fera que ce texte ne pourra pas être soumis au référendum. Moi, je vous le dis, je le regrette. J'espère qu'ils vont se raviser. J'espère qu'on pourra permettre aux Français de se prononcer sur cette proposition.
Les sénateurs disent que, les sénateurs, notamment LR, Bruno Retailleau, dit que le Sénat a bon dos, que de toutes les manières, Emmanuel Macron n'a jamais voulu faire ce référendum et qu'il remet la faute sur le Sénat.
Si on n'avait pas voulu faire ce référendum, on ne l'aurait pas transmis au Parlement pour faire le référendum. La majorité présidentielle n'aurait pas voté dans les mêmes termes ce texte à l'Assemblée nationale. Donc, évidemment qu'on veut faire ce référendum. C'est pour ça qu'on l'a transmis au Parlement. Et donc, évidemment qu'on souhaite que les sénateurs puissent le voter dans les mêmes termes pour que les Français se prononcent. Il ne s'agit pas de dire que par leur vote, les sénateurs vont automatiquement modifier la Constitution. Il s'agit de dire qu'on permet aux Français de se prononcer sur cette question.
Gabriel Attal, deux questions de politique avec l'approche des régionales très rapide, si c'est possible. D'abord, en région PACA, vous aviez proposé un accord avec Renaud Muselier des Républicains pour faire barrage au Rassemblement National. Il a dit non, finalement. Et là, on lit que vous espérez toujours arracher un accord, mettre 15 à 20 % des marcheurs sur les listes de Renaud Muselier. C'est toujours d'actualité ?
Alors, d'abord, c'est lui, Renaud Muselier, qui a proposé un dépassement et une alliance large au niveau de sa région pour la relance économique du pays, pour un certain nombre de priorités dans un contexte où il y a un risque du Rassemblement National. On a saisi cette main tendue en disant qu'on était prêt à le rejoindre dans ce dépassement. Et effectivement, il y a eu ensuite des tiraillements parce qu'il y a un parti Les Républicains qui est dans une dérive absolue vis-à-vis du Rassemblement National. Vous avez des responsables des LR qui vous expliquent maintenant qu'il n'y a plus de différence entre nous et le Rassemblement National.
À part que nous, on a assez de gens à mettre dans les ministères. Ce qui est, excusez-moi, gravissime d'entendre ça.
Il est mort, l'accord ? Vous voulez essayer
encore l'arracher ? C'est que nous, on est constants depuis que le Premier ministre s'est exprimé pour répondre à cette main tendue. Ce n'était pas ce dimanche dernier mais celui d'avant. Donc, ça n'a pas changé. Nous, on est prêts à y aller. Mais évidemment, si ce n'est pas le cas, on présentera une liste pour que la majorité présidentielle soit représentée.
Dernière question rapide. Il y a une affiche électorale de La République En Marche qui, pour les départementales à Montpellier, qui fait beaucoup parler sur les réseaux sociaux. On peut y voir une femme voilée, une candidate voilée sur les listes. Stanislas Guérini, le patron de La République En Marche, a réagi. Soit la candidate change sa photo, soit La République En Marche retirera son soutien. C'est ça la ligne ? Pas de femme voilée en candidate En Marche, c'est ça ?
Vous savez qu'aujourd'hui, juridiquement, rien n'empêche à une personne de se présenter à une élection avec un signe religieux. Saint-Voile. C'est un arrêt du Conseil d'État qui date, je crois, de 2011. Ensuite, du coup, ça devient une question politique. Et ce qu'a dit Stanislas Guérini, c'est que, pour La République En Marche, effectivement, on ne souhaite pas présenter de candidats qui s'affichent sur des documents officiels de campagne avec un signe ostensible religieux. C'est une question de choix politique.
Et vous savez, je me suis replongé à l'époque où il y avait eu cette affaire avec le NPA en 2010 qui avait présenté une candidate voilée dans les déclarations notamment d'un certain nombre de responsables de gauche. Et à l'époque, les responsables du Parti Socialiste, je pense à Martine Aubry, Jean-Luc Mélenchon, à l'époque, avaient déclaré qu'effectivement, ils considéraient que le NPA avait fait une erreur. Parce qu'ils considéraient que quand on présente un candidat aux élections, ça doit se faire dans un cadre de neutralité. Et donc, c'est aujourd'hui cette même position qui a été donnée par Stanislas Guérini.
Un dernier mot. Marie-Claire Justine demande jusqu'à quand la demi-jauge pour les quatrièmes et troisièmes en collège dans une zone comme Paris ? Jusqu'à quand les demi-jauges dans les lycées ?
Aujourd'hui, il n'y a pas de date qui a été annoncée pour la fin. Et donc, vous voyez bien qu'on se rapproche de la fin de l'année scolaire.
Donc, ça risque d'aller jusqu'à la fin de l'année scolaire. Merci, M. le porte-parole du gouvernement. Merci. Merci, Gabriel Attal, d'avoir été à notre micro ce matin et d'avoir dialogué avec les auditeurs. Sous-titrage Société Radio-Canada
Gabriel Attal