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interviewPublic Sénat (sur YouTube)· 10 juillet 2026 26 min

Présidentielle 2027, Marine Le Pen candidate

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour à tous. Très heureuse de vous retrouver pour ce nouveau numéro de Parlement hebbdo, l'émission qui vous fait vivre les temps forts de la semaine au Parlement. Aujourd'hui, nous recevons Gaetan du Saucet.

Bonjour. Bonjour. Vous êtes député [musique] Rassemblement national des Vauges et face à vous Olivier Paco Bonjour.

Bonjour. Vous êtes sénateur les Républicains de l'OIS. Au menu de ce débat, l'actualité incontournable de la semaine. [musique] Marine Le Pen condamné mais candidate à la présidentielle.

Les juges considèrent que sa peine d'inéligibilité est purgée. Côté Sénat, la création d'une aide à mourir pour la troisème fois. La chambre haute a rejeté la proposition de loi.

L'assemblée aura le dernier mot mardi. En moins d'une heure mardi, Marine Le Pen est fixée sur son sort. Elle est condamnée mais elle n'est plus inéligible.

Elle peut donc juridiquement se présenter en 2027. À 20h, elle annonce qu'elle est candidate. Dès le lendemain, elle part en campagne.

Récit Elsa Mondingava. Premier déplacement de campagne en binô mais les rôles sont désormais actés. Elle candidate pour l'Élysée, lui pour Matignon.

La cour d'appel m'a rendu mon éligibilité. Je suis donc aujourd'hui éligible. Je me réjouis qu'on puisse ensemble entrer en campagne pour offrir aux Français et offrir au pays l'alternance que que le pays mérite et que les Français attendent.

Mardi un peu avant 14h au palais de justice de Paris, Marine Le Pen entend l'arrêt de la cour d'appel. Reconnu coupable de détournement de fonds publics, elle est condamnée à 3 ans de prison dont deux avec surcis, 100000 € d'amende et 45 mois d'inéligibilité dont 30 avec surcis. Traduction, elle peut-être candidate mais avec un bracelet électronique.

Après plusieurs heures de réunion au siège du parti, entouré de ses proches et de Jordan Bardella, Marine Le Pen annonce ce pourvoir en cassation, un pourvoi suspensif qui lui permet de se lancer dans la campagne pour 2027, sans bracelet, mais dans l'attente d'une nouvelle décision de justice. Tout est prêt. le site, les affiches, le slogan en se présentant pour la 4e fois à l'élection présidentielle avec une incertitude judiciaire, Marine Le Pen offre un angle d'attaque à ses adversaires.

Elle peut pas être présidente, c'est une honte. Mais le RN reste de loin favori des sondages à 9 mois du scrutin. Gaan du Saucet, Marine Le Pen a finalement décidé d'être candidate alors qu'elle est condamnée.

Ça révole toutes les oppositions. Vous entendez les critiques ? Alors les critiques qui viennent des militants de la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon évidemment elle ne vous ai de Gabriel de la droite mais ça c'est malheureusement le grand drame de la macronie et j'y reviendrai dans dans quelques instants qui en fait se font systématiquement les avocats et les grands chantres de l'état de droit mais qui partent sur le principe que cet état de droit s'arrête à partir du moment où commence la liberté et l'état de droit pour leurs adversaires politiques.

Je pense que quand on a des principes, quand on a un haut respect pour le fonctionnement de nos institutions à commencer par l'institution judiciaire, il faut en respecter son fonctionnement pour tout le monde, y compris quand cela ne nous sert pas dans un intérêt purement personnel ou politicien. Olivier Paco, vous en pensez quoi de cette candidature ? Bah écoutez, elle ne me surprend pas et peut-être de façon un petit peu ironique, je dirais que la justice a été la meilleure alliée paradoxalement de Marine Le Pen parce que cette espèce de feuilleton très long, très compliqué l'a d'abord fait passer pour une martyre d'une certaine façon.

Alors que quand même le chef d'accusation, détournement de fond public, c'est du lourd, c'est du très lourd. Il y a pas que Marine Le Pen, il y a toute une équipe hein, un boys band derrière. Bon euh mais je suis dans un département l'Ois que connaît bien Gan du Soil pour y avoir été candidat il y a quelques années.

On a 6 députés RN sur 7, on a beaucoup de d'électeurs du RN. Marine Le Pen n'est pas entre guillemets entaché par un probre que beaucoup de de politiques veulent lui adjoindre. Je pense quand même que sur le fond, le Rassemblement national qui ex-front national qui pendant des années a voulu apparaître comme un parti différent, le parti de l'exemplarité, de la probité, la fameuse euh affiche tête haute main propre, il y avait d'un côté la République des coquins et des copains, les magouilleurs, les affiristes et cetera.

Bah finalement, il est pas mieux que les autres. C'est un tous les partis ont été touchés par des affaires tous. Il a étant du SA pas mieux que les autres. le rassemblement national voyez c'est exactement le problème que je soulignais en introduction à cette émission c'est qu'encore une fois il y a un état de droit et vous savez qu'avec le pourvoi de cassation et ce n'est pas uniquement le rassemblement national qu'il vous dit ni le député des Vau que je suis désormais Marine Le Pen a retrouvé l'intégralité de sa présomption d'innocence et y compris le Rassemblement national d'ailleurs qui se pourvoit en cassation également.

Alors, si vous voulez euh si jamais vous n'avez pas vous n'entendez pas pour le coup cette cette phrase parce qu'elle vient d'un député de Ration nationale et que nous sommes adversaires politique, et bien à ce moment-là euh écouez ce que dit la procureur générale près de la cour d'appel de Paris, écoutez ce que dit euh le procureur général près euh de la Cour de cassation et qui nous explique qu'en effet à ce titre, à ce jour, Marine Le Pen est présumé innocente et donc elle n'est pas accusée des torts que vous lui affublez. Il y a quand même quelque chose, c'est que le fond de l'affaire pour y revenir quand même quelques instants parce que très souvent euh on est aujourd'hui dans le commentaire du commentaire et on oublie exactement les raisons pour lesquelles en première instance il y avait eu une peine d'inéibilité qui a été d'ailleurs démentie par la cour d'appel. C'est pour un désaccord administratif.

Non, il y a pas de d'accusation d'emploi fictif. Les personnes qui ont été rémunérées ont bien fait un travail d'enrichissement. un désaccord avec l'administration du Parlement européen et de la Commission européenne sur le rôle que doivent jouer les assistants parlementaires.

C'est le même désaccord d'ailleurs qui avait motivé les des affaires identiques pour monsieur Jean-Luc Mélenchon et monsieur François Baou qui tous deux ont eu droit ou à une relaxe ou à un non lieu. En 2013, Marine Le Pen réclamait l'inligéibilité à vie pour notamment le ministre socialiste Kausac qui avait été qui avait été accusé de fraude fiscale. Est-ce que là finalement elle ne s elle ne s'applique pas vraiment elle-même ce qu'elle ce qu'elle prenait ?

Mais je vais vous le dire de façon la plus claire. On ne retire pas une virgule de ce que disait Marine Le Pen en 2013. Parce que lorsqu'on parle des peines d'éligibilité, on parle d'enrichissement personnel, c'est-à-dire des responsables politiques.

On parle des responsables politiques de gauche comme de droite qui se sont servis dans la caisse. Permettez-moi, qui on qui se sont servis dans la caisse qui ont pris l'argent des Français pour se le mettre dans leur poche pour retaper leur bel appartement parisien ou pour alors ne pas déclarer les impôts en allant planquer ça sur des comptes à l'étranger pour éviter les impôts auxquels ils sont pourtant redevables. Encore une fois, Marine Le Pen n'a pas touché un seul centime du Parlement européen dans cette affaire des assistants parlementaires.

Donc on voit bien qu'il y a quand même deux affaires qui sont littéralement différentes qui n'ont strictement rien à voir. Et moi je me réjouis de voir que la cour d'appel a justement donné raison à Marine Le Pen le Rassembl national quand on disait que l'inégibilité allait porter atteinte à la liberté surtout des Français de pouvoir choisir souverainement leur candidate à l'élection présidentielle. Alors je suis d'accord avec Gaidan du Saucè sur le fait que dans une démocratie le juge suprême doit être l'électeur.

On est d'accord. Après, il y a le droit et ce feuilleton qui malheureusement dure depuis des années où actuellement vous pouvez encore dire sur ce plateau, il y a une présemption d'innocence. La seule chose, c'est qu'il y a un système qui a été dénoncé, qui a donné lieu à euh une enquête d'une longueur, d'une lourdeur qui peut effectivement perdre beaucoup de gens qui le suivent et qui à l'arrivée effectivement bon ne donne pas une bonne image qu'on le veuille ou non de la politique et de Marine Le Pen.

Néanmoins dans les sondages, ça ne la touche pas du tout. au contraire, elle a gagné encore des points et j'espère que désormais en fait on va sortir de cette espèce de milestrom judiciaire pour aller sur le terrain du débat d'idée parce que c'est ça la démocratie, c'est la confrontation des opinions, des options, des visions. Donc la ligne Marine Le Pen, pas la ligne Jordan Bardella.

C'est une c'est une bonne ou une mauvaise nouvelle pour vous et pour votre candidat Bruno Retaillot. Écoutez, pour moi Marine Le Pen, c'est du en même temps RN, c'est-à-dire on est à droite au niveau régalien, on est à gauche au niveau économique. Et c'est vrai que électoralement ça permet d'embrasser très large dans mon département qui est un département quand même assez populaire et bien effectivement l'électorat populaire se tourne vers Marine Le Pen.

Pourquoi ? Parce que par exemple pour les retraites, elle promet qu'on ne va pas travailler plus. Alors, c'est très flou d'ailleurs ce qu'ils sont en train de nous concocter.

Je pense qu'ils attendent le plus tard possible pour sortir de l'ambiguïté. La seule chose que les Français ont retenu, c'est que avec le RN, on travaillera pas plus 62 ans par exemple. Alors que dans le monde entier, on travaille un peu plus.

Le vieillissement fait qu'on peut pas faire autrement. Alors, quand est-ce que vous sortez de l'ambiguité ? Je vois qu'il y a une grande impatience de la part de monsieur le sénateur et je me réjouis parce que je pense qu'il y a en effet des millions de français qui attendent de savoir quel est notre projet pour la Renaissance de la France et on les invite d'ailleurs à venir nous rejoindre dans cette campagne en allant sur le site marineelepen.com pour participer à cette belle aventure.

Vous savez euh contrairement à vous, on pense pas au Rassemblement national que certains thèmes sont ou de gauche ou de droite. La question du pouvoir d'achat qui a été mis justement sur la table des solutions de droite et des solutions de gauche. Ouais, vous faites du en même temps.

Je suis en train de vous répondre pour le coup. La question du pouvoir d'achat n'est pas une question de gauche. La question de la rémunération du travail n'est pas une question de gauche.

La question de la santé au travail et de l'appréhension de la pénibilité au travail n'est pas une question de gauche. On parlait de du système de retraite. Vous savez, moi je ne partage pas toutes les solutions qui ont été avancées maintenant depuis 40 ans par l'intégralité de nos adversaires politiques qui consistent simplement à toucher à des petits à des petits paramètres, à des petits critères ou à des petits curseurs sur lequels on se dit bon allez, on va travailler un petit peu plus.

De temps en temps, c'est l'âge légal de cotis l'âge légal, le départ à la retraite qu'on décale. De temps en temps, c'est le nombre d'annuités qu'on augmente. Mais à quel moment vous dis que les Français doivent travailler plus ?

Mais à quel moment on se soucie de faire en sorte que il y ait plus de Français qui travaillent ? C'est ça la vraie enjeu. Parce que pour le taux d'emploi, le taux d'activité notamment des Pays-Bas, on ferait rentrer à minima 100 milliards d'euros de recette fiscale et sociale.

Et vous le savez pertinemment. Pour en revenir au volet judiciaire de cette affaire, Marine Le Pen fait un paris judiciaire. Est-ce que vous estimez en se pourvoyant cassation ?

Est-ce que vous estimez qu'elle joue la montre ? Comme l'a très bien dit monsieur Duset, elle en avait la possibilité. C'est bien logique qu'elle l' fait, qu'elle joue la montre, c'est possible.

Mais alors hier, j'ai entendu Remy Heights nous dire que il y aurait finalement une décision rendue en avril. Alors avant, en tout cas avant la présidentielle. Oui.

Alors si c'est le 16 avril, c'estàdire 2 jours avant le c'est le procureur général de la cour de casse. Là, j'avoue que j'ai pas compris et je pense que la justice devrait faire de la justice et pas de la politique. Donc aller plus vite, pardon, aller plus vite ou moins vite ?

Aller à son rythme normal. Alors, aller plus vite, ce serait ce serait très grave parce que ça voudrait dire, allez, on va prendre un en otage entre guillemets l'élection en décidant de la possibilité ou pas de cette candidate de se présenter. Et je pense en plus que comme le RN a un candidat de rechange, alors là c'est l'autoroute.

Et c'est pour ça que je pense franchement que la justice, inconsciemment ou pas, a servi le RN d'une façon extraordinaire. Le procureur général de la Cour de cassation dit qu'il fera tout pour rendre sa décision. Il ne donne pas de calendrier précis.

Écoutez, c'est pas ce que j'ai entendu et ce que l'on sait, c'est qu'en général ce type de décision prend plutôt 18 mois et là ça prendra 8 mois. C'est c'est un peu gros là franchement. Vous savez, moi je fais partie des Français qui ont de gros doutes au sujet de la justice depuis l'affaire du mur des cons.

Et étend du Sauc si donc Marine Le Pen fait une sorte de paris judiciaire avec ce pourvoi en cassation pour éviter de porter un bracelet électronique dès maintenant. Mais si le pourvoi est rejeté avant euh le premier tour de la présidentielle, il se passe quoi ? Elle fait elle finit sa campagne avec un bracelet électronique, elle passe le relais à Jordan Bardella.

C'est c'est quoi le scénario ? Alors deux éléments de réponse. D'abord, le premier c'est que nous ne sommes pas les décideurs du calendrier de la Cour de cassation.

Donc par conséquent, je on se garde bien au Rassemblement national de dire il faut que ça soit comme c, il faut que ça soit comme ça parce que pour le coup ce n'est pas nous qui avons le le la possibilité de déterminer ce calendrier judiciaire. Sauf que la tonalité était avant le rendu du procès. Après le procès en première instance, vous trouviez que la justice allait pas assez vite et là vous vous dites qu'elle va peut-être trop vite.

Parce qu'à l'époque, il y avait encore la peine d'inéibilité qui, de fait privait les Français de leur liberté de pouvoir choisir Marine Le Pen, présidente de la République. Donc il y avait une raison d'accélérer le calendrier alors qu'aujourd'hui la peine d'ligibilité n'y est plus. Donc ces raisons ne sont plus valables.

Mais je vais vous dire, je je j'entends depuis quelques jours un peu cette volonté de vous dire "Mais alors hypothèse une s'il y a ça, hypothèse 2 s'il y a ça ?" Moi je je dis prudence. prudence parce qu'on a beaucoup entendu de commentateurs de plateau qui soient journaliste ou adversaires politiques euh nous dire énormément de choses et très souvent se tromper.

Il y a encore une semaine euh ces mêmes commentateurs nous expliquaient que Marine Le Pen serait inévitablement inéligible et ne pourrait pas être candidate à l'élection présidentielle tout comme Laurent Voquet serait un soutien indéfectif de de Bruno Rota. La politique c'est vivant, les décisions sont vivantes et bien nous les suivons et nous menons campagne. Mais si euh la Cour de cassation rejette son pourvoi et qu'elle doit porter un bracelet électronique et que ça tombe pendant la campagne, qu'est-ce qui se passe ?

Mais nous utilisons de tous les recours pour faire en sorte de prouver que Marine Le Pen est bien innocente et je pense que des millions de français ne comprendraient pas aujourd'hui. Alors qu'on a justement rendu euh l'appel en cours d'appel qu'il a été dit que la peine d'iligibilité, que les condamnations justement judiciaires en première instance étaient excessiv était politique, avait un objectif qui était de priver les Français de leur souveraineté de pouvoir choisir leur prochain président de la République, et bien je pense qu'ils ne comprendraient pas une telle ingérence dans le processus démocratique. Donc ce serait une ingérence pour vous.

Oui, tout à fait. Olivier Pao, ce sera une ingérence ? Oui, sincèrement, moi je je préfère que les choses soient claires et que les candidats sur la ligne de départ soient définis assez tôt pour que les Français puissent se faire en pleine conscience à partir de débats qui auront lieu dès le dès l'automne, qui sache exactement qui doit devenir leur président de la République.

On passe au deuxème thème de cette émission, le débat sur la création d'une aide à bourre. Malgré une amorce de compromis lors des discussions en commission, le Sénat n'a pas varié. Mardi, il a une nouvelle fois rejeté la proposition de loi.

Quentin calmé. Jusqu'au bout, le Sénat aura dit non. Mardi en séance, la majorité de la droite et du centre a rejeté de nouveau la proposition de loi sur le droit à l'aide à mourir.

Avec cette fois aucun nouvel examen sur le fond du texte, il est écarté par le vote d'une motion de rejet préalable. En conséquence, le texte est donc considéré comme rejeté. Jusqu'au bout et après deux lectures dans chacune des deux chambres du Parlement, la droite sénatoriale a dénoncé l'équilibre du texte trouvé à l'Assemblée nationale.

L'aide à mourir voter à l'Assemblée nationale n'est pas un progrès, elle est un renoncement. Un renoncement à l'accompagnement, un renoncement aux soins, un renoncement à la solidarité. Nous le savons, ce texte conduira à légaliser l'assistance au suicide et à l'euthanasie pour un nombre extraordinairement élevé de nos concitoyens parmi lesquels plus de 400000 personnes qui souffrent d'un cancer métastatique.

À gauche de l'hémicycle, on regrette la position de la majorité sénatoriale. Il y a eu un vrai débat à l'Assemblée nationale. Autant il a été complètement chinté au Sénat, autant il a eu lieu à l'Assemblée et c'était tout à fait transpartisant.

On peut pas dire non plus, à la différence de LR ici qui s'est battu pour ne pas faire passer le texte, le LR de l'Assemblée c'était pas le cas et il y avait des gens qui étaient pour contre. Donc il y a eu un vrai débat pendant longtemps. Je sais pas si c'est un consensus mais en tout cas c'est un débat qui est arrivé à son terme avec une position d'équilibre.

Mercredi, le président du Sénat a annoncé dans le Figaro déposer un recours auprès du Conseil constitutionnel. Selon Gérard Lchet, le gouvernement n'a pas assez pris en compte les alertes de la droite sénatoriale. Il espère encore la suspension de l'examen du texte alors qu'une dernière lecture est prévue par les députés le 15 juillet.

Monsieur le président, Olivier Paco, c'était une manière de refuser le débat ? Non, c'est pas une manière de refuser le débat. Il y a eu d'abord deux lectures avec de très longs débats et il y a eu un petit débat quand même contrairement à ce qui est dit.

Il y a eu donc le vote, il y a pas eu l'examen article par article du projet de loi. Oui, il y avait 12 amendements qui avaient été déposés. Nous ne les avons pas examinés mais il y a eu un débat avant le vote de cette motion de rejet préalable.

Alors pourquoi ? [soupir] parce que on va dire que Sénat et Chaudé craint l'eau de feu de l'Assemblée nationale. À savoir que lors des deux premières lecture, le Sénat avait fortement amendé, proposé sur de très nombreux points ce texte qui nous semble dangereux, hein, parce qu'on ouvre une jarde pendore.

Euh là, il s'agit plus que d'un débat politique, d'un débat philosophique avec une question qui est véritablement civilisationnelle. On va revenir thème par thème. On va on va détailler ce qu'il y a dans le texte.

Je réponds à votre question. Pourquoi nous n'avons pas été euh en profondeur dans l'examen des articles et des amendements ? Parce que lorsque nous l'avons fait, tout ce que nous avons proposé a été balayé d'un revers de main méprisant par l'Assemblée avec la complicité du gouvernement.

Je vais vous prendre un seul exemple, c'est euh la clause de conscience des établissements. C'est le fameux article 14. Avoir balayé ça, c'est gravissime parce que cela fait que de la [grognement] l'organisation de la fin de vie qui devait être en fait la la thème de cette aide à mourir, on arrive à une institutionnalisation du droit de donner la mort voire même un devoir d'infliger la mort dans certains établissements qui ne le souhaitent pas.

Gaan du Sau, c'est l'Assemblée a a discuté longuement de cette proposition de loi. Qu'est-ce que vous pensez des propos d'Olivier Paco ? Alors, d'abord une une première chose avant d'aller Non, non, c'est pas excessif puis ça fait partie du débat démocratique et heureusement qu'on peut avoir ces échanges d'autant plus sur un un plateau de télévision.

Euh non non non, la première chose avant de rentrer sur le sur le fond du texte, euh moi j'ai quand même un regret, c'est sur la méthode et la manière dont on est arrivé à ce texte et dont a priori le 15 juillet euh la légalisation du suicide assisté avec exception autonasique parce que moi je je ne supporte pas qu'on mette des mots qui ne disent pas exactement de quoi il est question. voté pour je suis favorable donc je le dis d'autant plus librement mais je je ne pense pas que l'adhésion à ce nouveau droit et à cette nouvelle liberté soit les plus sûr avec la méthode qui a été engagée celle de la représentativité qu'on finit sur un vote qui est réservé à 577 députés puisque le Sénat n'a pas pu aller jusqu'au bout et voulait rejeter le texte et donc l'Assemblée nationale qui aura le dernier mot je le regrette je pense que sur des sujets aussi je de la navette parlementaire mais je pense que sur un sujet aussi important aussi lourd de conséquences euh qui quand même confronte les visions individuelles que l'on peut avoir et les convictions qu'on a sur comment on doit accompagner les personnes en fin de vie, sur la dignité, sur la liberté et la responsabilité individuelle sur des convictions aussi du collectif et du bien commun. Je pense que sur des sujets aussi importants que cela, c'est évidemment la voix du référendum qu'il aurait fallu privilégier.

Et je regrette qu'Emmanuel Macron, le président de la République sans aucun esprit polémique de ma part qui avait pourtant quand même annoncé à plusieurs reprises la volonté d'organiser un référendum dans notre pays au cours de ces deux mandats, et bien n'est pas saisi cette occasion parce que la avant même d'ailleurs la décision du référendum, il y a tout un temps de débats et de discussions qui aurait été sain. Là on on n pas eu alors les débats étaient très intéressants à l'Assemblée nationale. Ils sont d'ailleurs une convention citoyenne, il y a eu plusieurs débats à l'assemblée on a manqué.

Je pense l'organisation d'un référendum aurait permis de mettre un peu tout le monde autour d'une table et ne pas avoir des politiques qui ne parlent qu'à des politiques, des scientifiques qui ne parlent qu'à des scientifiques, des religieux qui ne parlent qu'à des religieux, des philosophes qui ne parlent qu'à des philosophes. Je pense qu'on a besoin de ces instants de partage et d'échange dans la Nation française en ce moment. Olivier Paco, on a entendu vos craintes sur ce texte mais le la création de ce nouveau droit prévoit cinq critères.

Ils sont précisément définis, ils sont cumulatifs. Est-ce que c'est pas une garantie suffisante pour éviter toute dérive ? Non.

Pourquoi ? Les gardes fou sont effectivement euh il y a quelques euh conditions que vous avez pas énuméré mais il y en a cinq effectivement. Néanmoins euh il y a pas de véritable garde de fou et à part il y a toujours une dynamique du droit.

C'est-à-dire qu'à partir du moment où on a posé un nouveau droit, on va aller vers la progression. C'est le patient qui le malade qui choisira jusqu'au bout quand même qui aura la volonté de dire oui ou non. C'est lui qui décide et même qui fait le geste.

On va prendre cet exemple. le malade qui demande, il y a un droit de rétractation, un délai de rétractation, il est de 48h. C'est très court quand on sait que dans notre société de consommation, quand vous avez fait l'acquisition d'un bien et que vous voulez revenir dessus, vous avez 15 jours.

Là, on est à 48h. Sur une décision aussi grave, ça me paraît plus que problématique. Attendez, il y a une autre chose qui est gravissime qui avait été proposée par le Sénat notamment, c'est que lorsque cette demande a été faite, cette demande d'adieu qui peut être tout à fait légitime quand il y a des souffrances, la loi CL Leonetti le permet, qu'il y ait un examen avec un spécialiste de santé mentale qui intervienne.

Cela a été rejeté. Ça ça me pose un énorme problème et je tiens à affirmer qu'il s'agit vraiment d'une rupture civilisationnelle. Notre civilisation, elle a été fondée sur une chose en fait, c'est euh la sanctuarisation de la vie.

On a progressé là-dessus, toute notre histoire. Et là, on inst on institutionnalise, c'est moi qui savonne cette fois-ci. Euh la mort [raclement de gorge] alors certes face à la souffrance, mais ce n'est plus la volonté seule d'un homme qui va être utilisé parce qu'il va devoir faire appel à une tierce personne.

Et c'est donc la société qui seulement s'il ne peut pas faire le geste. Oui, exactement. Tout à fait.

Il a étendant du SAC, c'est une rupture civilisationnelle. Je pense que le texte est beaucoup plus restrictif que ce que les opposants au textes ne le disent. Aujourd'hui, il y a les critères qui sont cumulatifs d'ailleurs, qui ne sont pas exclusifs l'un de l'autre, qui sont cumulatifs et qui sont quand même, on va le dire, assez assez sûr et assez restrictif.

Vous avez d'abord, il faut avoir une maladie incurable bien évidemment, il faut avoir une souffrance pas uniquement psychologique. C'est la souffrance psychologique ne permet pas à elle seule de pouvoir avoir recours à ce droit au suicide assisté avec exception euthanasique. Donc il y a quand même un certain nombre de de critères qui sont assez importants.

On n'y met pas les directives anticipées et c'est une très bonne chose. Donc il y a il y a quand même un certain nombre de choses. Moi, j'entends quand même le un peu l'argument qui a été avancé par certains opposants au texte qui est celui du risque de la boîte de pandor.

En fait, aujourd'hui, par rapport au aux différentes inquiétudes qui ont été relevées par les opposants au texte et vous savez que dans mon groupe d'ailleurs majoritairement au R international, ils ont voté contre le le suicide d'assisté avec exception euthanasique, euh certains s'inquiètent de se dire "Mais peut-être que les critères que les critères très restrictifs, les restrictions que nous avons mis aujourd'hui sauteront plus tard." Mais en fait, il y a il y a un moment donné, c'est une conviction personnelle, mais il y a un moment donné, les députés ou les parlementaires, pardon, que nous sommes aujourd'hui ne sont ni plus ni moins importants, ni plus ni moins compétents, ni plus ni moins détenteurs de la vérité que les parlementaires qui nous succéderont dans 50 ans ou dans 100 ans. Alors, nous, on a répondu à cette question en disant "Nous ne voulons pas que la loi aille plus loin que là où elle va aujourd'hui et moi je me battrai dans les années qui viennent pour convaincre les parlementaires qui nous suivront de rester là-dedans." Mais le respect démocratique fait que si un jour il en il en décide autrement, de la même manière qu'on a pas la certitude qu'ils aggraveront finalement les possibilités d'accès au suicide d'assisté, nous n'avons pas la certitude qu'ils feront peut-être le chemin inverse et qui reviendront là-dessus.

Mais ça c'est le principe d'une souveraineté qui se répète au fil des temps. Olivier Paco plusieurs sondages montraient que les Français étaient favorables à ce nouveau droit. Il y a une convention citoyenne.

On a entendu des voix de malades qui disent qu'ils sont atteints d'une maladie incurable et que pour eux c'est le seul c'est la seule solution et qui réclame ce sont leurs mots de pouvoir partir dignement. Est-ce qu'il ne fallait pas répondre à cette attente ? Alors plusieurs choses.

Vous parlez des sondages. Alors si on regarde l'évolution des sondages, le oui pour cette assistance à mourir ou à dans la dignité, il n'a cessé de se restreindre. Si on s'intéresse aux aidants ou plutôt aux soignants au monde médical, là il y a une opposition majoritaire.

Mais les malades eux alors bah les malades il y en a qui réclament ce droit à mourir bien sûr. Non mais la loi le permettait. La loi class Leonti et justement quand on parle de garde fou ben on a un bon exemple la loi class Leonityti il y a un premier verro qui a sauté avec cette nouvelle loi.

On va vers quelque chose de plus permissif que vous le vouliez ou non. Et il y a un mot qu'on a' pas du tout prononcé là et qui et c'est quand même gênant puisque c'était dans le la le premier texte de loi enfin en parallèle, c'était les soins palliatif. Il y a eu une proposition de loi sur les soins palliatifs qui a été votée et adoptée par le Parlement.

Encore heureux mais on est bien sûr parce qu'on est dans un pays où malheureusement euh nous sommes très en retard là-dessus. Et donc ce qui était ce qui aurait été sain, c'est de d'abord voter cette loi sur les soins palliatifs son exit et de donner les moyens parce que après il y a des moyens financiers à mettre en place et ensuite ensuite de voir si effectivement il fallait aller plus loin. Merci beaucoup.

C'est la fin de ce débat. Merci à tous les deux d'avoir participé. Merci à vous de nous avoir suivi.

C'était la dernière de la saison. Rendez-vous donc à la rentrée. Nous vous souhaitons un très bel été sur les chaînes parlementaires.

Bonnes vacances.