Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewfranceinter· 8 juillet 2026 30 min

Condamnation de Marine Le Pen : réactions de Jean-Philippe Tanguy, Gabriel Attal et Manuel Bompard

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Trois invités à la suite donc pour réagir à la condamnation pour détournement de fonds publics de Marine Le Pen et de son parti et à sa décision de se présenter malgré tout à l'élection présidentielle. Nous serons dans quelques minutes avec l'ancien Premier ministre, lui aussi candidat, Gabriel Attal, puis avec le coordinateur national de la France Insoumise, Manuel Bompard. Posez aussi vos questions, vous qui nous écoutez, au 01 45 24 7000 et sur l'application de Radio France. Et d'abord j'accueille le député Rassemblement National de la Somme, président délégué du groupe RN à l'Assemblée. Jean-Philippe Tanguy, bonjour. Bonjour, merci pour votre invitation.

Merci à vous d'être avec nous ce matin. Faites-vous confiance, Jean-Philippe Tanguy, à la justice de votre pays ?

0:36
Manuel Bompard

Absolument, et je lui fais confiance et grès d'ailleurs d'avoir rétabli Marine Le Pen dans ses droits et rendu le droit aux Françaises et aux Français de choisir leur candidate à la présidentielle et avoir signifié que l'atteinte à la probité avait été réparée par l'exécution de la peine d'illigibilité provisoire que Marine a subi pendant 15 mois, perdant, personne ne le dit, alors que ça lui a beaucoup coûté à titre personnel son mandat de conseillère départemental du Pas-de-Calais et alors qu'elle nous estimons, elle s'estime parfaitement innocente.

1:08
Présentateur

Mais vous dites, je fais confiance à la justice de mon pays, malgré tout, elle s'est trompée deux fois malgré des décisions motivées, très étayées, qui établissent des faits graves en première instance et en appel.

1:23
Manuel Bompard

C'est la raison de l'existence de la cour de cassation, moi je m'étonne, c'est parce que vous faites vous ce matin, un certain nombre de commentaires, notamment vous l'avez cité, monsieur Gabriel Attal, que l'état de droit ce soit jamais pour leurs adversaires politiques. Vous savez, Marine Le Pen, elle a sans doute beaucoup de défauts, nul n'est pas fait, mais enfin elle a une qualité que tout le monde lui reconnaît depuis 25 ans, c'est d'avoir toujours défendu les principes pour tout le monde, y compris pour nos adversaires politiques et pour ceux qui, certaines décisions de justice auraient pu arranger, le Rassemblement national. Voilà, les principes, c'est pour tout le monde.

Donc Marine Le Pen se pourvoit en cassation avec nos autres amis, elle s'estime parfaitement innocente des faits qui lui sont reprochés, donc elle est présumée innocente à partir du moment où elle se pourvoit en cassation. Et c'est important parce que s'il n'y avait jamais d'erreur judiciaire ou d'erreur d'appréciation judiciaire, ce qui n'est pas un manque de confiance dans la justice, parce que c'est une chose différente, il n'y aurait pas trois degrés de juridiction.

2:16
Présentateur

Marine Le Pen dit qu'elle est innocente, vous le dites aussi ce matin, un autre cadre de votre parti, le maire de Perpignan, Louis Alliot, se pourvoit lui aussi en cassation, non pas en disant je suis innocent, mais en disant la peine est trop sévère. Il ne dit pas je n'ai pas détourné d'argent. Je suis, j'étais avec Louis Alliot encore hier, il s'estime parfaitement innocent. Il dit la peine est trop sévère, la peine est trop l'autre, c'est pour ça que je vais en cassation.

2:40
Manuel Bompard

Par définition, quand vous êtes innocent, toute peine est trop sévère, monsieur le baron. Est-ce que la parole politique compte pour vous ? Bien sûr qu'elle compte, en particulier pour l'Assemblée nationale, qui mène des combats sur le fond des dossiers pour les Françaises et les Français, une fois plus qu'on soit d'accord ou pas avec nous, avec témérité, avec détermination, depuis 25 ans pour Marine Le Pen, c'est ce lien, vous verrez, c'est ce lien de confiance qui changera tout entre Marine Le Pen et les Français.

3:02
Présentateur

Justement, au début des années 2000, c'est sur la probité, après la condamnation du maire d'Énim-Beaumont dans le Pas-de-Calais, il s'est lancé dans les compagnies électorales dans cette ville.

3:11
Manuel Bompard

Oui, oui, et que nous avons gagné. Il n'y a pas une contradiction. Et Steve Broua et Bruno Bild gèrent cette ville avec beaucoup de détermination, d'intégrité, de probité. Ils ont été réélus. Je vous rappelle qu'Énim-Beaumont, ce sont le maire le mieux réélu de toute la France.

3:26
Présentateur

Aucune contradiction avant Marine Le Pen, condamnée deux fois, en première instance et en appel.

3:31
Manuel Bompard

Non, mais non, parce que dans ce cas-là... Elle promettait l'inéligibilité à vie pour les politiques condamnées,

3:42
Présentateur

notamment pour des tournements.

3:43
Manuel Bompard

Oui, mais elle n'est pas condamnée définitivement. Et il faut bien comprendre que l'éthique, ça va dans les deux sens. L'éthique, c'est accepter, évidemment, l'État de droit, c'est accepter la justice, mais ce n'est pas accepter l'injustice. Et je suis désolé de vous le dire, Marine Le Pen, elle a mieux placé pour savoir si elle est innocente ou coupable. Elle est innocente, donc elle ne va pas accepter...

4:03
Présentateur

C'est la justice qui est la mieux placée pour savoir si les règles ont été respectées ou non. En l'occurrence, la justice dit que les règles du Parlement repéré étaient parfaitement claires. Et que le système de détournement a duré 11 ans.

4:14
Manuel Bompard

Monsieur Le Baron, par définition, une personne sait avant tout autre si elle est innocente ou coupable. Et la justice établit ou reconnaît ou pas votre innocence. Mais vous ne pouvez pas dire que des tiers qui ne sont pas dans la vie et la tête de Marine Le Pen savent mieux qu'elle-même sa vie est ce qu'elle a fait. C'est facile. Vous qui réclamez la sévérité pour les délinquants... Mais on réclame la sévérité.

4:32
Présentateur

Ceux qui nous écoutent ce matin peuvent dire « Je m'estime innocent, je suis le mieux placé pour le dire ». Oui, et vous avez le droit de vous défendre jusqu'au bout.

4:38
Manuel Bompard

Et pas au milieu du guet, pas au milieu de la procédure. Et les adversaires politiques n'ont pas à dire qu'on est coupable quand on est encore présumé innocent. Et donc Marine Le Pen s'estime innocent. Et vous faut remarquer, monsieur, de manière constante, parce que l'avantage avec Marine Le Pen, c'est qu'elle a 25 ans de vie politique. Qu'on n'a jamais accepté une justice pauvre qui n'a pas les moyens d'établir l'innocence ou de la culpabilité. On n'a jamais demandé, comment dire, la sévérité contre les moyens de la justice. On a toujours proposé, bien avant que ce soit, entre guillemets, à la mode, des moyens dignes pour la justice.

À l'époque, c'était vu comme un état policier, alors que c'est un état de droit, puisque garantir les moyens de la justice pour tout le monde, pour tout le monde, qu'on soit Marine Le Pen ou qu'on ne soit pas Marine Le Pen, c'est essentiel.

5:20
Présentateur

Se défendre jusqu'au bout pour Marine Le Pen, c'est donc aller en cassation. Si la Cour de cassation rend sa décision avant la fin de la campagne présidentielle et que le pourvoi de Marine Le Pen est rejeté, et donc qu'à ce moment-là, elle est condamnée définitivement, est-ce qu'elle devra mettre fin à sa campagne et passer la main à Jordan Bardella ? Non, elle l'a dit hier, les Français seront à leur juge.

5:41
Manuel Bompard

Donc, elle renie sa parole ? Non, parce qu'elle respectera la décision de justice, elle se défendra devant les Françaises et les Français.

5:49
Présentateur

Elle renie sa parole, elle a toujours plaidé pour l'approbité et l'exemplarité en disant, encore une fois, que les élus condamnés devaient être inéligibles à vie. Et, deuxièmement, elle a, de multiples reprises ces derniers mois, promis qu'elle ne ferait pas campagne sous bracelet électronique. Là, il y a deux reniements.

6:03
Manuel Bompard

Ce n'est pas des reniements, M. le Baron. Déjà, la première affaire dont vous parlez, c'était les cas d'enrichissement personnel. Je rappelle que la Cour d'appel hier a rappelé qu'il n'y avait aucun enrichissement personnel. Marine Le Pen n'a pas détourné d'argent à son profit, ni directement, ni indirectement. Ce n'est pas du tout le cas d'Espèce. Et sur le bracelet électronique, moi, si vous voulez, je suis avec Marine Le Pen presque tous les jours. Donc, je sais exactement ce qu'elle dit. La politique d'une petite phrase qui consiste à isoler des bouts de parole de ce qu'a dit Marine Le Pen ou pas ne correspond pas à la réalité.

6:35
Présentateur

Elle a très clairement promis, plusieurs fois, de ne pas faire campagne sous bracelet électronique. C'est-à-dire prison ferme, aménagée.

6:41
Manuel Bompard

Elle a dit qu'elle ne pourrait pas faire l'intégralité de cette campagne sous bracelet. On estime qu'aujourd'hui, elle ne va pas le faire et que dans tous les cas de figure judiciaire, elle n'aura pas de bracelet. Voilà, vous verrez bien. Le temps que la cassation, évidemment, se prononce et ensuite les délais légaux faits... Donc, on en revient à cette stratégie de faire traîner, en fait. Ce n'est pas traîner. Ce n'est pas traîner. Ce n'est pas traîner. Les délais sont les mêmes si elle n'avait pas été candidate. Ça n'a rien à voir. Les délais ne sont pas aménagés. Non, mais attendez, M. le baron. M. Bosslu, qui était avec nous... Non, mais ça, je ne l'ai pas le laissé passer.

Parce que là, vous êtes en train de suggérer qu'il y aurait des délais différents si Marine Le Pen avait été candidate ou si elle n'avait pas été candidate. Enfin, pas du tout. Non, pas du tout. La Cour de cassation a dit

7:19
Présentateur

qu'on examinera le pouvoir en cassation en procédure à accélérer.

7:24
Manuel Bompard

M. Bosslu dit non, non, ce n'est pas la peine. Donc, mais parce que c'est la procédure normale. La procédure normale.

7:28
Présentateur

Donc, c'est dans votre intérêt que la Cour de cassation ne rende pas sa décision avant l'élection et que Marine Le Pen bénéficie

7:34
Manuel Bompard

le cas échéant de l'immunité présidentielle. Vous êtes en train de faire du machiavélisme. La procédure accélérée était liée au fait qu'il y avait une exécution provisoire. L'exécution provisoire faisait que Marine Le Pen subissait une peine, qu'elle a d'ailleurs subie et ce que le juge d'appel a dit puisqu'elle a... La juge a dit qu'elle avait réparé une atteinte à la probité qui, par définition, n'est pas encore définitivement prouvée. Donc, il y a déjà eu une peine et donc l'accélération était liée au fait qu'on ne pouvait pas laisser Marine Le Pen condamner alors qu'il lui restait des voies de recours.

À partir du moment où il n'y a plus de condamnation exécutée provisoirement aujourd'hui, la procédure redevient normale. Donc là, on demande Marine Le Pen redevienne justiciable normale. Tout est redevenu normal. Et là, j'ai l'impression que la normalité, l'exorbitance qu'il y avait, est considérée comme normale parce que c'est Marine Le Pen et là, on revient à la normalité et c'est scandaleux. Enfin, ce serait scandaleux pour nos adversaires. On comprend bien parce que c'est Marine Le Pen. Oui, mais c'est un peu compliqué quand même.

8:26
Présentateur

Jean-Philippe Tanguy de voir Marine Le Pen définitivement condamnée et candidate à la fonction suprême si, encore une fois, son pourvoi était rejeté avant la fin de la compagnie.

8:35
Manuel Bompard

Ça me dérangerait de l'avoir définitivement condamnée. Oui, mais ça ne me dérangerait pas de l'avoir candidate à la présidentielle.

8:39
Présentateur

D'accord, on a bien compris. Est-ce que ce n'aurait pas été plus simple de passer la main à Jordan Bardella qui était prêt et préparé manifestement puisque c'est ce que vous répétiez depuis des mois ?

8:48
Manuel Bompard

Oui, Jordan Bardella a parfaitement préparé, parfaitement prêt, parfaitement apte. Mais le projet que Marine Le Pen et Jordan Bardella ont conçu, c'était un binôme tous les deux face aux Français avec le projet de redressement national et capable de redresser le pays parce que les défis, on en parle enfin, sont tellement immenses pour le pays et les difficultés sont tellement présentes qu'ils ne sont pas trop de deux personnalités aussi fortes et solides pour relever le pays. Ça va être compliqué pour vous de faire campagne ? Le débat commence ?

9:17
Présentateur

D'aller en plateau, dire qu'il faut des peines sévères contre les délinquants ? Pas du tout, c'est très simple.

9:24
Manuel Bompard

Tout va bien, je n'ai pas l'impression d'être très gêné là.

9:27
Présentateur

Oui, vous n'êtes pas gêné à l'idée de faire campagne avec une, encore une fois, candidate deux fois condamnée en première instance ?

9:32
Manuel Bompard

Non, mais je comprends bien que ça va être sans doute, puisqu'ils n'ont rien à proposer, rien à dire, le seul argument de nos adversaires politiques, mais moi je pense que les gens ne sont pas dupes et que le débat commence. Vous savez, ça fait 12 ans qu'on vit avec cette procédure, qu'on a gagné un certain nombre d'élections, que Marine Le Pen a remporté un certain nombre de débats politiques, de lignes idéologiques, qu'on le voit aujourd'hui sur l'écologie, la lutte contre le réchauffement climatique et l'adaptation au changement climatique, malheureusement.

Une fois de plus, même sur ce sujet, nous gagnons un certain nombre de batailles idéologiques, puisque garantir la qualité de vie et le bonheur des gens face au réchauffement climatique n'empêche pas la lutte contre le réchauffement climatique. Donc ces batailles idéologiques, elles ont été menées, elles sont gagnées, et je mets au défi nos adversaires, et je salue l'entrée de Gabriel Attal, qui sera un adversaire éminent parmi d'autres, de venir nous chercher sur le fond et pas sur les bas fonds. Merci beaucoup Jean-Philippe Tanguy,

10:25
Présentateur

député rassemblement national de la Somme, président délégué du groupe RN à l'Assemblée. Bonne journée à vous également, et j'accueille justement Gabriel Attal, en effet, qui nous a rejoints dans ce studio. Bonjour, ancien Premier ministre et candidat à l'élection présidentielle, député Renaissance des Hauts-de-Seine. La justice a-t-elle raison, selon vous, Gabriel Attal, de laisser aux électeurs leur liberté de choix ?

10:47
Gabriel Attal

Moi, ce que je vois, c'est qu'on a une responsable politique de premier plan qui a été condamnée à deux reprises pour détournement de fonds publics à la prison ferme et qui se lance dans une forme de guérilla judiciaire pour amener une candidature à l'élection présidentielle.

11:04
Présentateur

Elle utilise des voies de recours auxquelles on doit tous les justiciens.

11:07
Gabriel Attal

On entend aujourd'hui des déclarations pour essayer de faire pression sur la cour de cassation pour que la décision en cassation ne soit pas rendue avant l'élection présidentielle. Vous savez, moi, en écoutant Mme Le Pen hier, je me suis dit que c'était les mêmes réflexes, la même rhétorique qu'aurait Donald Trump. Voilà, c'est ça ce à quoi on est en train d'assister en France aujourd'hui.

11:27
Présentateur

Simplement sur la question, est-ce que c'est aux électeurs de trancher ?

11:30
Gabriel Attal

De facto, les électeurs devront trancher si Mme Le Pen peut être candidate.

11:34
Présentateur

Mais ça vous aurait gêné qu'elle ne puisse pas être candidate ?

11:36
Gabriel Attal

Moi, je n'ai pas à faire de déclaration là-dessus, je n'ai pas à faire de jugement sur une décision judiciaire. Ce que je constate encore une fois, c'est qu'on a une responsable politique condamnée deux fois pour détournement de fonds publics qui engage une forme de guérilla judiciaire et juridique pour se présenter, qui prend par là même en plus en otage toute la campagne présidentielle. Parce qu'on comprend bien là que d'ici le mois de mars, tout peut encore changer dans cette campagne présidentielle. Sa candidature ne tient qu'à un fil judiciaire et on a vu hier dans son intervention que c'était davantage une chronique judiciaire qu'une campagne présidentielle.

Vous vous rendez compte quand vous aspirez à être président de la République. Vous aspirez donc à être celui ou celle qui garantit aux Français que la loi va être respectée, que les règles vont être respectées. Quel message vous envoyez ?

12:18
Présentateur

Si on parle de la loi et des règles, pourquoi n'aurait-elle pas le droit de les utiliser et d'aller en cassation comme on doit encore une fois de faire tous les justiciables ?

12:25
Gabriel Attal

Vous avez tout à fait décidé d'aller en cassation mais vous voyez bien qu'aujourd'hui, il y a une forme de pression qui est mise dans les déclarations pour empêcher la Cour de cassation de rendre sa décision de cassation avant l'élection présidentielle. C'était ça qui transparaissait hier du discours de Mme Le Pen sur TF1. C'est ce qu'on entend aujourd'hui chez ses soutiens, chez son avocat. Enfin, on est en train de s'habituer en France quand même à des choses auxquelles on ne devrait pas s'habituer. Il faut un sursaut de tous les démocrates, de tous ceux qui sont attachés à la probité. Dans n'importe quel autre pays européen, ce type de comportement déclencherait un tollé général.

Moi, j'appartiens à une nouvelle génération pour qui les questions et les valeurs de probité, d'exemplarité, ça veut dire quelque chose. Face, encore une fois, à des réflexes du passé de ceux qui cherchent à se maintenir coûte que coûte, qui connexionnent les condamnations comme des médailles et qui expliquent aux Français que ce serait presque une fierté.

13:11
Présentateur

Vous réclamez, vous aussi, ce sera peut-être dans votre programme présidentiel, comme le faisait Marine Le Pen, l'inéligibilité à vie pour les politiques, les responsables politiques condamnés pour corruption, favoritisme ou en l'occurrence détournement de fonds publics.

13:24
Gabriel Attal

Je m'étais engagé comme les autres députés en 2017 à ce qu'il puisse y avoir un casier judiciaire vierge pour se présenter à toute élection, d'ailleurs. Il y avait eu un enjeu constitutionnel, donc la mesure avait dû être adaptée. Mais vous savez, après, je crois que c'est aussi ça renvoie à la décision, à la conception que chacun se fait de l'état de droit et de la probité.

Et encore une fois, quand vous aspirez à être celui ou celle qui explique aux Français qu'il faut respecter la loi, aux délinquants qu'il faut être sanctionnés, quand vous avez par ailleurs passé l'essentiel de votre carrière politique à expliquer que c'était le tous pourris et qu'on ne pouvait pas être candidat à une élection quand on avait été condamné, notamment pour détournement de fonds publics. Objectivement, vous mettez à mal un certain nombre de principes.

14:01
Présentateur

Vous avez appartenu à presque tous les gouvernements jusqu'à un certain temps d'Emmanuel Macron. Vous en avez été jusqu'en 2024, la dissolution. Vous en avez été vous-même le Premier ministre. Il avait promis la République exemplaire en 2017. Est-ce qu'on a progressé là-dessus ?

14:13
Gabriel Attal

Écoutez, moi, en tout cas, je ne vois pas de candidat dans notre espace politique, candidat à une élection présidentielle alors même qu'il aurait été condamné pour détournement de fonds publics. Après, vous pouvez prendre situation après situation. C'est en tout cas la conception que j'ai de la politique et c'est moi ce que je défends en termes de valeurs.

14:29
Présentateur

Si vous êtes élu président de la République, vous ne soutiendrez pas, contrairement à ce qu'a fait Emmanuel Macron, vos ministres ou vos collaborateurs mis en examen, par exemple ?

14:35
Gabriel Attal

Non, encore une fois, je pense qu'il y a un enjeu de faire respecter un certain nombre de règles et de principes et de valeurs.

14:41
Présentateur

Vous vous ayez engagé, par exemple, ce matin ? Si un collaborateur, un ministre est mis en examen, je m'en sépare.

14:46
Gabriel Attal

Je suis en train de vous dire que je crois à un certain nombre de valeurs, notamment l'exemplarité et la probité. Et donc, évidemment, ça doit s'appliquer en toutes circonstances.

14:54
Présentateur

On va être honnête, Gabriel Attal, ce matin, ce scénario qui est un peu la troisième voie. On était jusqu'à présent sur Marine Le Pen relaxée et donc candidate ou condamnée et Jordan Bardella candidat. Là, c'est un scénario intermédiaire qui vous arrange ?

15:08
Gabriel Attal

Non, je ne dirais pas ça. Vous savez, je crois qu'on ne peut pas dire que ça nous arrange ou que ça arrange qui que ce soit de voir un tel affaiblissement de la fonction présidentielle et une telle prise en otage de la campagne présidentielle. Moi, je préférerais qu'on parle de fonds, qu'on parle de projets, de visions. Et quelque part, ça arrange aussi le Rassemblement National, cette situation, puisque ça évite d'avoir à parler du fond de leur programme.

Ça évite d'avoir à rappeler que dans leur projet, ils l'ont encore montré à l'Assemblée il y a quelques mois, ils proposent de taxer l'épargne des Français pour financer la retraite à 60 ans, qu'ils proposent une régression climatique en mettant fin aux énergies renouvelables en France, à un moment où on vit une des pires canicules de notre histoire qui propose de mettre fin quelque part à l'Union Européenne à un moment où on fait face à la compétition et à la concurrence avec les Etats-Unis et à la Chine. Et que par ailleurs, ils sont soumis à tous les autocrates, à tous les Trumps de la planète.

16:00
Présentateur

Vous irez sur le fond contre le Rassemblement National ? Bien sûr. Vous vous contenterez de rappeler cette condamnation en appel pour l'instant ?

16:05
Gabriel Attal

Moi, je me suis engagé et c'est aussi l'un des moteurs de mon engagement politique contre l'extrême droite. Et en 2024, au moment de la dissolution, je vous rappelle que tous les sondages, tous les observateurs expliquaient que le Rassemblement National allait avoir une majorité et que Jordan Bardella serait Premier ministre. J'ai fait cette campagne un peu seule d'ailleurs au niveau national et on a réussi à les empêcher de gagner de la même manière qu'on a empêché de gagner la France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon. Donc évidemment que je vais continuer. Maintenant, je le dis, je pense qu'il faut le faire différemment. On ne peut pas être uniquement contre les extrêmes.

Il faut aussi porter un projet positif, optimiste, constructif pour le pays. C'est ce que je fais. C'est ce que je porte. Je pense qu'on peut redevenir la première puissance d'Europe en dix ans. Pour ça, on doit réussir sur quatre chantiers capitaux, école, salaire, frontière, IA et résorber deux dettes, la dette publique et la dette climatique.

16:52
Présentateur

Marine Le Pen, on sera à sa quatrième candidature. Ce sera évidemment la première pour vous. Vous êtes jeune, Gabriel Attal. On parle beaucoup de la jeunesse de Jordan Bardella comme un handicap. Est-ce qu'elle le sera pour vous ? Est-ce que Marine Le Pen est une candidate plus redoutable pour vous que Jordan Bardella ?

17:06
Gabriel Attal

D'abord, comme Jordan Bardella, elle n'a jamais rien géré. Elle n'a jamais été ni à la tête d'un ministère, ni à la tête d'une administration, ni à la tête d'un exécutif local. Ensuite, encore une fois, c'est quelque part les mêmes racines et le même projet. Un projet de régression pour le pays. Je viens de vous le dire. Vous donnez des exemples. La régression sociale, la régression climatique, la régression de la place de la France en Europe et dans le monde. Et c'est un projet évidemment que je combattrai mais encore une fois que je combattrai aussi en mettant en avance ce que nous, nous voulons porter pour le pays.

Et quelque part, le Rassemblement National, les extrêmes, prospèrent sur un système politique, institutionnel, économique qui est à bout de souffle. Ils prospèrent sur les ruines de ce système. Et moi, j'assume de vouloir le changer. C'est le sens de ma démarche. C'est le sens de mon projet.

17:50
Présentateur

Il reste pour l'instant favori. On verra si cette condamnation en appel y change quelque chose. Mais manifestement, dans les études d'opinion, les électeurs ne semblent pas définir leur vote en fonction de ces affaires judiciaires. et dans votre famille politique, la droite et le centre, c'est la cacophonie avec plusieurs ministres ou anciens ministres d'Emmanuel Macron, candidat ou candidat potentiel, même deux premiers ministres, Édouard Philippe et vous. Est-ce que vous ne dites pas qu'il y a une opportunité de battre le Rassemblement National, c'est l'heure de se rassembler ?

18:19
Gabriel Attal

Trois choses. D'abord, on entend depuis plusieurs jours, plusieurs semaines, plusieurs mois, du fait de ce qui se passe au Rassemblement National, parler que de tambouilles, de questions d'appareil, de qui va être candidat pour le RN, de chronique judiciaire. Moi, je pense qu'il y a urgence à revenir sur un débat de fond et avoir une vraie campagne de fond. Il faut une vraie campagne présidentielle, la campagne que la France et les Français méritent. Ensuite, je vous ai dit tout à l'heure, le sens de mon engagement, c'est évidemment de m'opposer aux extrêmes et d'empêcher que la France Insoumise ou le Rassemblement National puisse prendre le pouvoir.

18:46
Présentateur

Mais vous ne gagnerez pas avec une multiplication de candidats.

18:48
Gabriel Attal

Donc évidemment qu'il faudra à terme un rassemblement de ceux qui partagent les mêmes valeurs et qui sont sur le même espace politique. Mais d'ici là, il faut une vraie campagne pour les Français. Moi, ma vision, elle est claire. Je veux qu'on puisse dire aux Français, leur garantir que leurs enfants, leurs petits-enfants pourront avoir une meilleure vie que la leur, ce qui est pour moi aujourd'hui le grand doute que je sens quand je me déplace sur le terrain et que j'échange avec les Français.

Je crois que pour la première fois dans notre histoire, vous avez des Français qui doutent de la capacité de la France à leur assurer que leurs enfants, leurs petits-enfants auront une meilleure vie que la leur. Et pour moi, si on veut y arriver, si on veut renouer avec cette promesse, il faut se fixer un cap, devenir la première puissance d'Europe en dix ans, quatre chantiers capitaux, école, salaire, frontière, IA, deux dettes à résorber, la dette publique et la dette climatique. C'est possible.

19:32
Présentateur

Merci beaucoup Gabriel Attal, candidat à la présidentielle et député Renaissance des Hauts-de-Seine. En attendant, Manuel Bompard.

19:41
Manuel Bompard

Le 6-9 sur France Inter.

19:47
Présentateur

Une matinale spéciale, vous le savez, un peu bousculée aussi en raison de cette actualité politique et judiciaire. Donc Marine Le Pen, condamnée et candidate à l'élection présidentielle. Bonjour Manuel Bompard. Bonjour. Merci de nous avoir rejoint. Merci à vous. Vous êtes député LFI des Bouches-du-Rhône, coordinateur national de la France Insoumise. Mais une question que je posais à Gabriel Attal tout à l'heure, est-ce que la justice a raison de laisser aux électeurs la liberté de trancher en permettant à Marine Le Pen de facto de se présenter ?

20:13
Jean-Philippe Tanguy

Par définition, la décision de la justice s'impose à tous. On peut avoir évidemment une appréciation personnelle sur le sujet.

20:19
Présentateur

Et la vôtre donc, est-ce que ça vous aurait gêné

20:21
Jean-Philippe Tanguy

qu'elle soit empêchée par une peine d'inéligibilité ? Nous, en fait, vous savez, on a été très clair au moment du jugement en première instance. Nous avons dit qu'il nous semblait qu'une peine aussi grave que l'inéligibilité devait nécessiter qu'il y ait une possibilité de voie de recours. En vérité, cette voie de recours a existé puisque c'est la décision en appel qui a été prise. Et je me rappelle qu'à l'époque, le Rassemblement National disait ou dénonçait un système qui voulait l'empêcher de se présenter à l'élection présidentielle. Bon, la preuve est faite désormais que le Rassemblement National mentait, remettait en cause et affrontait la justice uniquement pour ses propres intérêts.

Ce qu'il faut dire désormais, c'est qu'à deux reprises maintenant, le Rassemblement National a d'abord été condamné, il faut le rappeler, condamné pour des faits qui sont des faits extrêmement graves. On parle de détournement de fonds publics pour un préjudice qui est estimé selon le tribunal en décision en appel à 3 millions d'euros. C'est une peine et une condamnation qui est une condamnation extrêmement grave. Ensuite, la justice a considéré que Mme Le Pen devait avoir légalement la possibilité de se présenter à l'élection présidentielle.

Ceci étant dit, je veux noter que non seulement ils ont été condamnés mais en plus Mme Le Pen revient sur sa parole puisqu'elle avait indiqué qu'en gros elle ne miserait pas sur la cassation pour pouvoir être prédérés à l'élection présidentielle. Elle en a le droit d'un point de vue judiciaire. Mais je crois que ça rendit long sur le fait qu'il ne faut pas croire ce que dit Marine Le Pen puisqu'elle dit les choses et ensuite elle fait l'inverse. Et à l'aube d'une campagne électorale c'est important de savoir qu'on ne peut pas compter sur quelqu'un et que quand il dit quelque chose on ne peut pas lui faire confiance.

21:48
Présentateur

Est-ce que cette condamnation en première instance est en appel ? Il y a bien sûr le pourvoi en cassation donc mais est-ce que ce sera votre principal angle d'attaque contre le Rassemblement National pour la campagne ?

21:58
Jean-Philippe Tanguy

Le principal angle d'attaque ou non ? Il y a beaucoup de choses à dire. Vous savez malheureusement on ne va pas manquer d'angle d'attaque sur le programme dangereux injuste inefficace que le Rassemblement National va proposer au pays mais évidemment on ne peut pas ne pas souligner la contradiction absolue entre les propos de Mme Le Pen et du Rassemblement National sur la justice disant que la justice est trop laxiste qu'on ne sanctionnait pas suffisamment les délinquants et la manière avec laquelle elle, elle essaye de se soustraire à une décision de justice.

22:27
Présentateur

Sauf qu'encore une fois il n'y a jusqu'à présent en tout cas aucun effet de ces affaires sur les intentions de vote des électeurs du Rassemblement National qui reste de loin dans les sondages le premier parti de France et qu'il n'y a dans ces enquêtes d'opinion aucun scénario qui donne Jean-Luc Mélenchon vainqueur face au RN. Pourquoi ça changerait maintenant d'après vous ?

22:46
Jean-Philippe Tanguy

D'abord parce que vous savez en 2022 à la dernière élection présidentielle si vous preniez les sondages un an avant la date de l'élection présidentielle il y avait 20 points d'écart entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen à l'époque en gros Jean-Luc Mélenchon était sondé autour de 8, 9, 10% Mme Le Pen 31, 32% ça faisait 20 points d'écart le soir du vote à l'élection présidentielle de 2022 il y avait un point d'écart Jean-Luc Mélenchon a fait 22% Mme Le Pen a fait 23% qu'est-ce que ça dit ?

ça dit que précisément une campagne électorale ça permet de faire bouger les lignes et donc moi je vais dire à tous les gens qui nous écoutent qui sont inquiets parce qu'on peut légitimement et je le comprends et je le partage cette inquiétude qui sont inquiets d'une possibilité de l'arrivée au pouvoir de l'extrême droite je leur dis aujourd'hui il faut rentrer dans la campagne et il y a une candidature aujourd'hui qui est en capacité non seulement de tourner la page de la Macronie mais de battre l'extrême droite et d'ouvrir une nouvelle page de l'histoire de France c'est la candidature de Jean-Luc Mélenchon venez nous rejoindre signé sur Mélenchon 2027.fr venez participer à la campagne c'est comme ça qu'on voit

23:40
Présentateur

Il y a beaucoup de gens qui sont inquiets aussi de la candidature de Jean-Luc Mélenchon qui a l'habitude de changer de ton de se faire plus doux à l'approche des campagnes présidentielles ce sera encore le cas je ne sais pas

23:52
Jean-Philippe Tanguy

si vous connaissez des gens qui sont inquiets peut-être que vous en connaissez moi je leur dis juste une chose consultez nos propositions notre programme regardez le travail qui a été fait autour de ce programme regardez la dynamique qu'il y a autour de la campagne de Jean-Luc Mélenchon comme on l'a vu lors du meeting que nous avons organisé à Saint-Denis qui sera de loin et à lui seul le meeting qu'on aura réuni le plus de gens que tous les meetings de tous les autres candidats confondus lisez nos propositions notre programme il n'y a pas de raison d'être inquiet il y a plutôt des raisons d'espoir dans ce programme et que si on se mobilise tous on peut l'amener au pouvoir

24:25
Présentateur

vous dites que l'écart peut se resserrer lors de la campagne et évidemment il peut se resserrer mais nous pouvons l'abattre peut se passer dans les campagnes présidentielles sauf que cet écart ne se resserre pas pour l'instant alors que Marine Le Pen est empêtrée dans ses affaires depuis un bon moment est-ce que votre stratégie est la bonne en conséquence ?

24:42
Jean-Philippe Tanguy

je ne sais pas pourquoi vous dites que l'écart ne se resserre pas puisque si on en croit les sondages qui sont souvent l'instrument utilisé pour commenter les dynamiques des campagnes électorales Jean-Luc Mélenchon était encore il y a quelques mois annoncé autour de 10% les dernières vagues de sondages après l'annonce de sa candidature l'ont plutôt amené autour de 15% donc on est plutôt dans une dynamique de progression après vous avez raison c'est pas suffisant aujourd'hui selon les sondages pour battre le Rassemblement National et c'est la raison pour laquelle j'appelle tout le monde à agir parce que quand on est inquiet on ne peut pas seulement en quelque sorte se dire oh là là qu'est-ce qui va se passer il faut venir prendre sa part dans cette bataille et c'est une bataille de conviction qu'il faut engager et moi vous savez je crois toujours à l'intelligence du peuple français et quand on fait une campagne sur un programme quand on démontre que les propositions qu'on propose elles sont indispensables d'un point de vue social d'un point de vue économique d'un point de vue écologique vous avez vu dans quel moment dans la succession des événements climatiques extrêmes on est à un moment on ne va pas laisser au pouvoir les climato-sceptiques du Rassemblement National ou les incapables 10 ans n'ont rien fait pour nous préparer au changement climatique il faut par exemple sur ce sujet des gens qui vont faire la bifurcation écologique aujourd'hui indispensable

25:47
Présentateur

La France Insoumise aussi était visée par une enquête pour des soupçons de détournement de fonds publics au Parlement européen il se trouve que la justice vient de décider tout récemment de ne pas mettre Jean-Luc Mélenchon en examen Personne n'a été mis en examen Marine Le Pen s'est plainte hier d'un deux poids deux mesures qu'est-ce que vous lui répondez ?

26:04
Jean-Philippe Tanguy

D'abord ce qu'il faut savoir c'est que si la France Insoumise a fait l'obligé d'une enquête c'est parce qu'une eurodéputée collègue de Madame Le Pen a essayé de nous dénoncer

26:13
Présentateur

Oui c'est elle qui a dénoncé de manière palacieuse puisque la justice

26:16
Jean-Philippe Tanguy

C'est l'Assemblée nationale Disons que tout le monde faisait pareil C'est la preuve que non puisque en l'occurrence la justice a dit en ce qui concerne Jean-Luc Mélenchon et ses assistants parlementaires la justice a dit qu'elle ne clôturait l'enquête et qu'elle ne mettait personne en examen en gros qu'il n'y avait pas matière à mettre qui que ce soit en examen et donc Madame Le Pen elle a quelque chose qu'elle a du mal à comprendre C'est pas parce qu'on a tous des assistants parlementaires au Parlement européen quand on est député européen qu'on fait tous la même chose avec Et la seule qui a fait travailler ses assistants parlementaires européens pour son parti national qui l'a fait travailler comme garde du corps par exemple pour prendre cet exemple-là Pardon mais c'est Madame Le Pen c'est la seule Donc si Madame Le Pen se plaint elle devrait plutôt se poser la question de savoir pourquoi elle est condamnée des erreurs qu'elle a commises et que d'ailleurs j'ai entendu l'avocat du Rassemblement national ce matin sur votre antenne manifestement elle ne nie quasiment plus Aujourd'hui ils en sont arrivés à un tel point que leur seul espoir c'est que ce qu'ils priaient pour que ça ait lieu avant c'est-à-dire que la cassation ait lieu avant l'élection présidentielle maintenant ils veulent qu'elle ait lieu après pour être protégée par l'immunité présidentielle C'est quand même extraordinaire c'est-à-dire qu'on a plutôt l'habitude en France d'avoir des candidats présidents de la République qui sont condamnés après leur mandat Madame Le Pen invente la candidate qui veut être président de la République en ayant été condamnée avant quand même assez extraordinaire

27:32
Présentateur

Elle fait une erreur selon vous en se présentant coûte que coûte au lieu de laisser la place à Jordan Bardella Écoutez franchement l'un ou l'autre

27:39
Jean-Philippe Tanguy

C'est ses affaires mais ça démontre manifestement qu'elle n'a absolument pas confiance en M. Bardella et en sa capacité à être président de la République manifestement et de ce point de vue-là c'est le seul point sur lequel elle a raison M.

Bardella et absolument et a fait la démonstration ces dernières semaines qu'il était absolument dans l'incapacité de diriger ce pays Mais là où Mme Le Pen me paraît irresponsable c'est qu'elle fait peser sur toute l'élection présidentielle une épée de Damoclès puisque normalement le jugement en cassation devrait avoir lieu avant le premier tour de l'élection présidentielle et comme Mme Le Pen a dit qu'il n'était pas question pour elle de faire campagne avec un bracelet électronique si le jugement en cassation a lieu avant le premier tour de l'élection présidentielle et qui confirme le jugement de la Cour d'appel alors Mme Le Pen devra faire campagne avec un bracelet électronique à la cheville et donc elle aura menti et donc non seulement le Rassemblement National le vole mais en plus il ment

28:26
Présentateur

Dernière chose Manuel Bompard en quelques secondes une mesure que vous proposerez pour moraliser la vie publique

28:32
Jean-Philippe Tanguy

Par exemple il y a aujourd'hui il y en a plein mais là vous me prenez un peu de cours mais par exemple il y a une proposition de loi qui a été déposée il y a de nombreuses années qui est au Sénat aujourd'hui bloquée au Sénat sur l'interdiction du recours au cabinet de conseil pour prendre cet exemple là l'interdiction du pantouflage c'est à dire que quand on a travaillé dans des institutions publiques on va se retrouver immédiatement le lendemain dans des grands groupes privés qui profitent du carnet d'adresses Inéligibilité à vie c'est ce que présentait Marine Le Pen Je vais vous dire ça dépend quel type de délit Madame Le Pen elle le défendait manifestement elle ne l'applique pas mais je vous dis ça dépend quel type de délit je vais juste vous donner un exemple quand quelqu'un a été condamné parce qu'il a fauché des OGM moi je pense qu'il a raison et je ne veux pas qu'il soit inéligible pour cette raison donc vous voyez mais sur des délits qui sont des délits financiers de corruption de détournement de fonds programme encore à préciser côté LFI sur ce point à l'automne notre programme sortira vous verrez il est déjà très complet sur ces sujets là Manuel Bompard député

29:26
Présentateur

LFI des Bouches du Rhône coordinateur national de la France Insoumise merci beaucoup

29:29
Jean-Philippe Tanguy

le journal de 9h dans 3 minutes