ContreMatinale # 50 | Zemmour : le démon de la violence
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 7 %Attaque 75 %Défensif 18 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 84 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:06OuverteRéponse directe
Pourquoi nous avons décidé de reparler d'Éric Zemmour ?
- 2:48OuverteRéponse directe
Quels titres de la presse ont retenu ton attention aujourd'hui ?
- 9:22OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui s'est passé lors de ce meeting de Villepinte ?
- 12:44OuverteRéponse directe
Peux-tu nous raconter ce qui s'est passé lors de ce meeting de Villepinte ?
- 14:09RelanceRéponse partielle
Comment ça fond sur vous, en fait ?
- 14:43OuverteRéponse directe
Pourquoi avoir pris le risque de se jeter dans la gueule du loup ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:02PrésentateurFait
« Inonder la zone de merde, c'est-à-dire multiplier les provocations, les fausses infos, les faux scandales, et laisser la mayonnaise médiatique prendre. »
- 2:17PrésentateurFait
« Les contre-manifestants, ça existe depuis des décennies dans les grands rassemblements de ce type. »
- 2:34PrésentateurFait
« On ne leur jette pas de chaise sur le visage, on ne les roupe pas de coup de poing, on ne les tabasse pas au point de les laisser ensanglantés. »
- 10:57InvitéFait
« La violence autour de sa candidature, les pressions, les intimidations, les perturbations de ces militants, qui ne sont pas des militants antiracistes, sont des militants violents, antirépublicains et antidémocratiques. »
- 14:00InvitéFait
« On a été littéralement lynchés, en fait. On s'est fait passer à tabac. »
- 25:05InvitéFait
« Nous savons que la France s'est terriblement appauvrie ces dernières années. Nous ressentons les difficultés de tant de Français à boucler leur fin de mois. »
- 25:31InvitéChiffre
« Je veux que le salaire net soit plus élevé. Il n'est pas normal d'avoir un tel écart entre le salaire net et le salaire brut. »
- 26:15InvitéPromesse
« Je réduirai donc les cotisations qu'il paye afin de rendre chaque année un 13e mois aux salariés touchant le SMIC. »
- 27:12InvitéFait
« Il doit être roi de France. »
- 29:28InvitéFait
« C'est la transmission des entreprises familiales. Il veut exonérer de droits de succession la transmission de ces entreprises familiales. »
- 30:10InvitéFait
« Pas de droits de succession pour les entreprises familiales parce qu'il faut favoriser ce tissu de PME ou autres qui sont dans une sphère de la famille qui existe depuis très longtemps des décennies et des décennies. »
- 37:42InvitéFait
« Il veut supprimer l'aide médicale d'état, c'est-à-dire la possibilité pour les étrangers qui n'ont aucun moyen de subsistance d'être soigné gratuitement. »
- 39:22InvitéFait
« Il a même dit qu'il se méfiait de la charité chrétienne. »
- 39:22InvitéFait
« il se méfiait de la charité chrétienne »
- 40:03InvitéFait
« la charité chrétienne la défense des plus démunis doit passer au second plan face aux zones de non droit »
- 40:36InvitéFait
« l'entourage d'Éric Zemmour a reconnu qu'il y avait des membres des OIV à cette manifestation »
- 41:08InvitéFait
« depuis 2014 ils se reconnaissent dans le projet politique d'Éric Zemmour »
- 47:28InvitéFait
« clandestins dehors pas de droit d'asile »
- 48:48InvitéFait
« est-ce qu'elle interdit le voile dans l'espace public »
- 48:52InvitéFait
« est-ce qu'elle explique qu'elle va fermer des mosquées salafistes frères musulmans »
- 51:31InvitéFait
« il promet d'expulser absolument tous les immigrés clandestins »
- 51:35InvitéFait
« mettre fin au droit d'asile »
- 52:02InvitéFait
« moi je parle pas à tous les français je parle à mes français »
- 52:55InvitéFait
« les français qui selon lui ne ressemblent pas à la France »
Temps de parole
- Invité40 %
- Présentateur35 %
- Invité 212 %
- Auditeur5 %
- Invité 33 %
- Invité 43 %
≈ 0,9 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
On va commencer cette édition de la contre-matinale du Média TV par une sorte de questionnement philosophique. Les médias parlent-ils trop d'Éric Zemmour ? Certains d'entre vous répondent oui à cette question. Ce qui nous concerne, nous. Quand je dis vous, je dis vous, qui nous regardez et qui nous aimez. On nous a d'abord demandé pourquoi nous parlions de lui alors qu'il n'était pas encore candidat. Et maintenant, certains nous reprochent de faire sa pub. Bien entendu, il ne nous reproche pas de l'enconcer, mais même en le critiquant, même en le démasquant, nous ferions son jeu.
C'est un peu la thèse que défend Mathieu Magno-Dex, journaliste à Mediapart, qui parle d'un infernal piège médiatique. Inonder la zone de merde, ce serait la stratégie suggérée à Donald Trump par son ancien conseiller en com' Steve Bannon. Et ce conseil, Éric Zemmour le suit. Inonder la zone de merde, c'est-à-dire multiplier les provocations, les fausses infos, les faux scandales, et laisser la mayonnaise médiatique prendre. Tout ceci est vrai, mais quand on est un petit média qui ne peut pas imposer aux autres son agenda, dans une période aussi cruciale, on a le devoir de s'exprimer, même si on le faisait uniquement pour l'histoire, pour que personne ne puisse prétendre qu'il ne savait pas.
Aujourd'hui encore, après son meeting ultra-violent de Villepinte, nous reparlons d'Éric Zemmour, de cet homme dont les outrages verbaux se sont désormais déplacés des plateaux de télé de Vincent Bolloré aux estrades des meetings électoraux, au risque d'y libérer les démons de la violence. La contre-matinale du Média, épisode 50, c'est parti. Pourquoi nous avons décidé de reparler d'Éric Zemmour ? Parce qu'il y a eu ce déchaînement de violence à Villepinte, ce déchaînement de violence contre des contre-manifestants pacifiques. Les contre-manifestants, ça existe depuis des décennies dans les grands rassemblements de ce type.
Ils font leur agite propre, les organisateurs les interrompent, le service de sécurité les fait sortir manu militari ou avec doigté, mais on ne leur jette pas de chaise sur le visage, on ne les roupe pas de coup de poing, on ne les tabasse pas au point de les laisser ensanglantés. Nous parlerons de cette expérience douloureuse avec notre ami Romain, militant de SOS Racisme, qui était à Villepinte et par la suite nous analyserons les premiers pas de campagne d'Éric Zemmour et de son clan avec Étienne Girard, journaliste à l'Express, auteure de l'essai très enrichissant, le radicalisé, enquête sur Éric Zemmour que nous avons déjà reçu ici il y a quelques semaines.
Mais on commence par la titrologie. Angoisse sanitaire à la une des quotidiens, libération et la croix. Covid et enfants, ça nous pend au nez, écrit Libé. Vaccination, fête de fin d'année, vacances scolaires. Libé promet de décortiquer les conséquences de la hausse abrupte du taux d'incidence chez les plus jeunes. Le renforcement des normes sanitaires à l'école primaire a été annoncé par le gouvernement, mais les syndicats enseignants sont mécontents. Encore une fois, rien n'a été anticipé à l'école, déplore une responsable du suivi NUIP FSU, dont Libération, autre journal, autre maladie, en tout cas maladie probable, maladie dont on se doute, maladie quasiment prouvée.
Recherche sur le prion, attention, danger, titre le quotidien catholique. Le décès de deux personnes travaillant sur le prion, une protéine pathogène inquiète dans les laboratoires, écrit La Croix, qui raconte l'histoire d'une jeune retraitée d'un laboratoire de haute sécurité de l'école nationale vétérinaire de Toulouse, qui est morte le mois dernier de la maladie de Creutzfeldt-Jakob, comme une jeune assistante ingénieure de 33 ans qui était décédée en 2019 après s'être coupée en 2010 en manipulant des prions infectieux. Conséquence de tout ça, la sécurité des laboratoires français mis en cause nous explique La Croix.
Un guide des bonnes pratiques sera présenté ce mardi au ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. Valérie Pécresse, couronnée candidate des Républicains pour la prochaine élection présidentielle et à la une du Monde et du Figaro présidentielle, les deux fronts de Valérie Pécresse, écrit Le Monde. Pourquoi deux fronts ? Parce qu'elle est tiraillée entre l'option rassurée et les électeurs d'Éric Ciotti, c'est-à-dire ceux qui sont franchement marqués à la droite extrême, pour ne pas dire à l'extrême droite, et pourrait être tentée par le vote Éric Zemmour, et l'option amadouée, les centristes, qui pourraient être tentées par Emmanuel Macron.
Et le Figaro a une bonne nouvelle pour la candidate de son bord politique, selon un sondage IFOP fiducial. Elle bondirait de 7 points au premier tour et passerait à 17% d'intention de vote après cette primaire LR. Conclusion du Figaro, Valérie Pécresse s'invite dans la bataille du second tour. La politique allemande occupe aussi les Unes des journaux, un espace assez important à la Une du Figaro, qui indique qu'Angela Merkel s'en va au fait de sa popularité après 16 années de pouvoir. Et la grande Une de l'humanité qui s'en prend au nouveau chancelier Olaf Scholz, qui aurait berné la gauche.
Le social-démocrate qui a construit une coalition avec les écolos et les libéraux, tracerait une ligne austéritaire et atlantiste, selon l'UMA. Désormais le moment de la Minute Citoyenne. Nous allons joindre par téléphone notre socio Dominique, qui nous appelle depuis l'Ardèche. Bonjour Dominique.
Salut Théo, je t'entends.
Alors, quels titres de la presse ont retenu ton attention aujourd'hui ?
Alors, ce qui est étonnant, c'est que j'avais vu les titres de presse, mais je ne savais pas comment la contre-matinale de ce matin allait traiter les sujets. Et spontanément, c'est vrai que j'avais envie de parler de Zemmour. Voilà. Donc, on se rejoint, je crois, avec quelques préoccupations citoyennes sur le terrain. Ça me préoccupe beaucoup, cette violence des bandes et des milices fascistes qui s'expriment en ce moment. Il y a quelques jours, à l'occasion de la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, j'ai eu écho de deux agressions fascistes, pas bien loin de chez nous, contre des féministes mobilisées ce jour-là, à Valence et à Nice.
Ces deux agressions, elles résonnent fort pour les femmes. Et elles sont le signe de la haine que ce courant a pour elles de façon très, très, très profonde et ancrée. Et voilà que dimanche, on constate qu'en gros, les mêmes personnages se retrouvent à servir de claque et puis de garde-sourne à notre orglube nationale. Et ça balance des coups de poids à une femme et ça tabasse des militants, dont vous l'avez dit, vous allez sûrement le développer tout à l'heure, qui étaient là simplement arborant leurs opinions sur des t-shirts. Et puis, ça exclut des journalistes aussi du suivi de l'événement. Donc, des femmes, des citoyens opposés au racisme et des journalistes.
Ça commence à faire une liste inquiétante pour moi. Je trouve que c'est très, très, très occupant parce que nous rentrons, voilà, nous sommes même en campagne électorale, moment où est censée s'exercer la démocratie, où les gens sont censés pouvoir discuter librement. Et je crains que la double menace de mesures liberticides sous couvert d'urgence sanitaire et les menaces fascistes sur le terrain, sur les militants qui vont coller, sur les militants qui vont faire des réunions politiques, etc., que tout ça soit de très mauvais augure pour la démocratie dans cette campagne. Voilà. Et puis, alors, j'étais aussi assez surprise.
Alors, à moins que je n'ai pas toutes les informations, mais je n'ai pas entendu dire que les journalistes présents dans ce meeting se soient précipités pour sortir suite à l'expulsion de leurs confrères. Et là, je trouve ça absolument lamentable. Si c'est vraiment le cas, si les gens, les professionnels du journalisme ne sont pas sortis, j'estime qu'ils ne méritent plus leur qualificatif de journaliste. Voilà pour moi.
En général, il y a quand même un peu de chaos dans ce genre de manifestation. Et ce n'est pas évident de comprendre, au moment où ça se passe, ce qui se passe, puisque c'est quand même des espaces assez grands. Je pense que beaucoup d'entre eux se sont rendus compte de ce qui s'est passé avec les journalistes de Quotidien et à l'air libre de Mediapart après la cérémonie.
Oui, je comprends. C'est possible qu'effectivement, il y ait… D'ailleurs, en plus, vu la façon dont la presse l'a relatée, c'est des fois très confus également.
Merci beaucoup, Dominique. Et tous nos bonjours à tous les Ardéchois.
D'accord.
Je vais maintenant recevoir Romain. Romain est un jeune militant de SOS Racisme. Il était un des contre-manifestants au meeting de Zemmour de ce week-end. C'est contre-manifestant pacifique, proprement lâché par des nervis, des mouvances allant jusqu'aux néo-nazis. Mais avant tout, regardons anti-magnéto.
On s'attendait, je vous le dis, à se faire bousculer, peut-être à devoir descendre et peut-être à devoir s'échapper très rapidement. Ça, on l'avait anticipé. Mais on n'avait pas anticipé de se retrouver au sol où il n'y a pas à savoir comment faire pour sortir de cette foule, en fait. C'est intolérable ce qui s'est passé. La violence autour de sa candidature, les pressions, les intimidations, les perturbations de ces militants, qui ne sont pas des militants antiracistes, sont des militants violents, antirépublicains et antidémocratiques. Antidémocratiques et anti... Non, mais non, premièrement, ce n'est pas SOS racisme. C'est SOS raciste.
Parce que ces gens-là, aujourd'hui, ont des méthodes de groupuscule qui visent à cliver, qui visent à perturber et qui visent tout simplement à d'ici de la violence. Quand on vient dans un meeting politique qui pose des idées absolument inverses de ce qu'ils défendaient, ils prenaient un risque. Alors, comment ça s'est passé ? Quelle a été l'initiative ? Quel est celui qui a tapé le premier ? Je n'en sais rien, je ne peux rien vous dire parce que moi, je n'ai à peine rien vu. J'ai entendu quelques bruits. Oui, mais Mme Goutin, vous dites quand on vient avec des idées inverses, vous étiez simplement là pour dire non au racisme. Mais tout me choque. La violence et la provocation.
Ce que je veux dire par là, c'est que des militants extrémistes qui s'introduisent quand on va à un meeting, ce n'est pas pour chercher la bagarre.
Je suis à présent sur le plateau avec Romain. Romain qui a eu le courage de venir témoigner à la rédaction du Média alors qu'il est encore sous le choc. Il était donc un des militants de SOS Racisme qui sont allés contre-manifester au meeting de Villepinte d'Éric Zemmour. En fait, on a vu ce qu'on a vu. Comment tu vas, Romain ?
Ça va encore un petit peu sous le choc. Je ne vous cache pas qu'en fait, on ne réalise pas vraiment. Encore, on n'a pas eu le temps, nous, de se retrouver entre nous, d'en discuter vraiment. Mais pour l'instant, je pense qu'on tient le coup.
En tout cas, les hématomes sont encore apparents sur la bouche, sur une partie du visage.
Oui.
Est-ce que tu peux nous raconter ce qui s'est passé lors de ce meeting de Villepinte ? Ce que tu as vu et ce que tu as entendu ? Parce que nous, on voit des images, mais on n'a pas été les cibles de cette violence. Qu'est-ce qui s'est passé là-bas ? Alors, ce qui s'est passé,
c'est que nous, on avait prévu de faire un happening pour rappeler quand même qu'Éric Zemmour n'est pas un candidat comme les autres, qu'il tient des discours qui sont dangereux. Et donc, nous avions prévu d'intervenir. Et donc, on s'était placés dans le fond de la salle parce que l'objectif, ce n'était pas non plus de perturber plus que ça le meeting. Donc, on était dans le fond de la salle et l'objectif, c'était vraiment de monter sur nos chaises avec les t-shirts avec lesquels on écrivait non au racisme et on scandait non au racisme.
Je suppose que vous aviez des vêtements et que vous avez enlevé ces vêtements.
C'est ça. Donc, on a retiré nos vestes et on est montés sur nos chaises. On tournait le dos à la scène parce que c'est aussi symbolique de dire qu'on lui tourne le dos et on ne veut pas avoir à faire à cet individu. Et extrêmement rapidement, en fait, on s'est jeté sur nous. Il y a eu un déferlement de haine et de violence. On a été littéralement lynchés, en fait. On s'est fait passer à tabac.
Et ça se passe comment ? Il y a une sorte de personne qui donne un mot d'ordre, qui lance des cris. Comment ça fond sur vous, en fait ?
J'ai du mal à déterminer, je ne vous cache pas. On était un petit peu... En fait, on s'est pris des coups de tous les côtés. Donc, ça vient vraiment comme une vague, en fait. Enfin, plusieurs vagues même qui défèrent les... C'est assez incessant. Et donc, je ne sais pas qui a pris en premier d'entre nous. Mais voilà, c'est parti vraiment
de tous les côtés. Alors, on peut se demander pourquoi avoir pris le risque de se jeter dans la gueule du loup ? Est-ce que vous imaginez une telle furie ?
On était préparés à recevoir des coups. On savait que ça pouvait être mal pris. Mais pas de cette ampleur-là. On était quand même placés pas loin des caméras. Et on pensait que ça nous protégerait aussi indirectement. C'est-à-dire que les caméras étaient braquées quand même sur nous. et que la haine ne pourrait pas se déchaîner comme ça aux yeux de tous. Dans une telle proportion.
C'est ça. Alors, on a regardé un petit magnéto. Comment tu vis, de là où tu es, les différentes manœuvres langagières de relativisation de ce qui vous est arrivé ? Ils l'ont bien cherché. Alors, en fait, quand même, c'était provocateur. Comment tu vis ça ? Que le spectre politique, une partie du spectre politique, en tout cas, refuse de condamner franchement ce qui est arrivé, sachant que des contre-manifestants, ça existe depuis des décennies et des décennies dans toutes les manifs. Oui, effectivement.
Et puis, je trouve ça assez insultant, en fait, de nous qualifier de provocateurs, alors que le seul message qu'on portait, c'était de dire non au racisme. En fait, je ne comprends pas dans quelle mesure on est des provocateurs. Je m'interroge quand même.
Vous avez un peu trôlé quand même.
Ça peut être vu comme ça, mais en vérité, c'était un message qu'on a fait passer. Dire non au racisme, je ne vois pas qui ça insulte, à part peut-être des gens qui se sentent touchés personnellement et qui revendiquent le droit d'être raciste, mais autrement, c'est un message républicain de dire qu'on est contre le racisme. Donc, je ne sais pas trop.
Quel est le rôle que les policiers ont joué ? Est-ce qu'ils ont été franchement à vos côtés ? Est-ce que certains d'entre eux ont participé avec les gros bras d'Éric Zemmour ? Est-ce qu'il y a eu des indices ?
Je ne pourrais pas trop vous dire parce qu'on a été passé à tabac par un certain nombre de militants. après, on a été exfiltré par le service d'ordre et on a ensuite été remis aux policiers. Moi, j'étais complètement sonné. Je ne savais pas trop où j'étais. On a remis aux policiers. Le service d'ordre qui nous a exfiltré. Et après, pour certains d'entre nous, on a été pris en charge par la protection civile et les pompiers.
Alors, est-ce que tu as vu ces images où on voit le service d'ordre justement qui félicite les OIV, c'est-à-dire les milices néo-nazis qui, peut-être, en tout cas, sont sans aucun doute au nombre de ceux qui vont tabasser ?
Oui, je les ai vus. Je les trouve extrêmement violentes, symboliquement, j'entends. Parce qu'en fait, le service d'ordre est quand même là pour maintenir l'ordre. Et là, il encourage la violence purement et simplement.
Et le désordre aussi. Alors, certains de vos camarades sont allés en garde à vue, on m'a dit. Oui, effectivement.
Donc, en fait, j'ai pas tout suivi, pour être honnête, mais ils ont été remis aux policiers par le service d'ordre qui les a désignés comme étant à l'origine des violences. Et donc, ils ont été placés en garde à vue. Et voilà, en fait, c'est des dénonciations calomnieuses. En vérité. Et c'est pour ça qu'ils ont été relâchés rapidement quand les vidéos sont sorties. Parce que c'était clairement évident qu'ils n'ont pas pratiqué les moindres violences.
Justement, tu m'as dit avant qu'on prenne l'antenne en direct qu'aujourd'hui même, tu es allé porter plainte. Parce que justement, en réalité, la violence était du côté des nervis d'Éric Zemmour. Est-ce que tu as confiance, disons, dans la justice de ton pays pour les retrouver ? C'est pas difficile de les retrouver. On les voit sur les vidéos. Oui, j'ai confiance.
J'ai pas de raison de douter que la justice fera son travail. Après, j'espère que, voilà, ils seront condamnés
à la hauteur des actes qu'ils ont commis. Alors, c'est pas tellement dans le logiciel de SOS Racisme de faire ce type d'action, en tout cas dans ce type de contexte quand même. Ces dernières années, en tout cas, SOS Racisme a l'air d'être un peu plus institutionnalisé. Est-ce que c'est une mutation à laquelle on assiste avec vous qui allez quand même ? Finalement, il y a eu quelques... Sur les réseaux sociaux, certains antifas ont été un peu charriés en disant, ben voilà, les antifas, ils gueulent, mais SOS Racisme était sur le terrain courageusement. Est-ce que c'est un changement de tactique ? Qu'est-ce qui se passe ?
Est-ce un changement de tactique ? Je ne sais pas. Après, il faut savoir qu'on était pas mal de jeunes militants, donc peut-être qu'on apporte aussi une nouveauté ou un vent de fraîcheur. Mais il faut aussi avoir en tête que l'époque qu'on vit, elle est grave. Et le fascisme rampe. Et c'est, en fait, impossible de laisser passer ça. Donc, pour nous, on ne pouvait pas ne rien faire. Il était nécessaire qu'on soit là et qu'on montre que, véritablement, il y a un danger. Et on ne peut pas faire
comme si de rien n'était. Donc, c'est des circonstances, en fait, qui vous poussent à durcir ? Oui, probablement.
Probablement qu'en vérité, s'il n'y avait pas besoin d'intervenir, on ne l'aurait pas fait. Mais là, il y a une réelle nécessité.
Et qu'est-ce qu'ils ont dit, les anciens ? Parce que je suppose que vous avez demandé conseil ou que vous en avez parlé à la direction de SOS Racisme. Ils vous ont laissé y aller. Ils étaient inquiets. Qu'est-ce qui s'est passé, en fait, en interne, la décision de partir à cette manifestation, à ce meeting ? Est-ce qu'elle a été largement l'objet d'un large consensus ?
Pour être honnête, le matin même, on a fait un briefing pour essayer de déterminer le meilleur moment d'intervenir, le meilleur moment d'agir. Et on a eu aussi cette... On a eu des discussions. On a hésité à y aller. On se disait qu'on n'était peut-être pas assez préparés. Et effectivement, certains anciens nous ont indiqué que nous allons potentiellement faire face à un déchaînement de violence considérable. Donc, nous étions conscients des risques quand même. Mais on a eu cette naïveté vraiment de penser que parce que les caméras étaient là et qu'il y avait autant de journalistes accrédités, ils n'oseraient pas déchaîner autant de violence.
Certains journalistes accrédités ont été malmenés en plus. Alors, à SOS Racisme, je disais, vous aviez une culture politique un peu moins frontale que les antifas, les fameux antifas dont on parle beaucoup et que certains politiciens comme Eric Ciotti voudraient interdire comme si c'était une organisation spécifique. Est-ce que ça pourrait changer demain ? Est-ce que vous pourriez justement être plus... amener à être plus frontaux ?
Je ne pourrais pas vous parler au nom de l'association entièrement. Moi, je suis militant. Après, nous, en tant que membres du groupe qui est intervenu, disons que ce qui s'est passé dimanche soir, ça nous a vraiment encouragés dans notre militantisme et on n'est plus
déterminés que jamais. Une chose est sûre, c'est que vous avez fait preuve d'un certain courage, d'un courage certain. Est-ce que c'est ce qui vous remonte des commentaires et des gens qui vous appellent ? Oui, beaucoup.
On salue ça. Alors, est-ce qu'on a été courageux ? Je ne sais pas. Peut-être un petit peu inconscient aussi. Mais, s'il fallait le refaire, on le referait parce que, véritablement, il y a un danger du fascisme et on ne peut pas laisser passer ça.
Merci, Romain, d'avoir été avec nous pour nous raconter ce qui vous est arrivé, tous nos encouragements, toutes nos amitiés aux autres membres du groupe et voilà, on va suivre la plainte que vous avez faite, on va observer le comportement du gouvernement et de l'État qui a donné l'impression à certains observateurs à Villepin de marcher main dans la main avec et le groupe de protection officielle et la sécurité officielle et les miliciens officieux que tout le monde voyait parce qu'en fait, il était difficile de ne pas les voir. Merci beaucoup, Romain. Merci.
Je vais maintenant appeler sur le plateau le journaliste Étienne Girard, auteur d'un essai riche et bien documenté dans le titre « Le radicalisé, enquête sur Éric Zemmour ». Nous l'avions reçu ici quand Éric Zemmour n'était encore qu'un non-candidat, qu'un candidat putatif et nous le recevons à nouveau pour décrypter avec lui les premiers pas de ce candidat qui s'est déclaré à la faveur d'un meeting où ses nervis, je le disais, ont fait assaut de violence et où lui-même a été agressé par une personne qui était là, une agression qui, selon lui-même, lui vaudrait neuf jours d'ITT.
Le candidat d'extrême droite ressemblera-t-il trait pour trait au polémiste d'extrême droite qui a fait carrière sur les provocations racistes et sexistes son programme ? N'est-il au fond qu'un néolibéralisme qui se sert des passions mauvaises d'une partie du peuple ? A-t-il une équipe autour de lui qui peut l'aider à ne pas exploser en plein vol ? Tout ça en parlera avec Étienne mais regardons d'abord un petit magnéto.
Nous savons que la France s'est terriblement appauvrie ces dernières années. Nous ressentons les difficultés de tant de Français à boucler leur fin de mois. Nous comprenons le mal qu'ont les chefs d'entreprise au milieu des impôts, des taxes, des lois, des règlements. Nous souffrons du déclin de notre puissance dans le monde. Je veux répondre à toutes ces craintes pour que nos salariés cessent de s'appauvrir. Je veux que le salaire net soit plus élevé. Il n'est pas normal d'avoir un tel écart entre le salaire net et le salaire brut. Il n'est pas normal que le salaire brut soit si élevé pour les patrons et que le salaire net soit si faible pour les salariés.
Je veux redonner du pouvoir d'achat aux salariés les plus modestes. Je réduirai donc les cotisations qu'il paye afin de rendre chaque année un 13e mois aux salariés touchant le SMIC. La réussite des pays asiatiques qui nous ont imité. Culture classique, études scientifiques, valorisation des savoir-faire manuels, transmission des savoirs et cultes du mérite et de l'excellence. Dès la retrait prochaine, nous referons de l'école l'instrument de l'assimilation à la française et nous chasserons des classes de nos enfants, le pédagogisme, l'islamo-gauchisme et l'idéologie LGBT. Il doit n'être rien d'autre que ce que la France attend depuis un demi-siècle, l'homme de la nation.
Et de ce point de vue-là, il n'est pas assez d'être président de la République et surtout pas Jupiter. il doit être roi de France.
Bonjour Étienne, je rappelle donc que tu es journaliste, auteur de cet ouvrage Le Radicalisé, enquête sur Éric Zemmour, un livre que vraiment j'ai beaucoup apprécié et que je conseille à tout le monde pour bien comprendre ce qui se passe et qui est Éric Zemmour. Ce qui frappe dès lors qu'on fait un peu abstraction de ces provocations dangereuses, c'est qu'Éric Zemmour a en réalité un programme de droite patronale. Alors je voulais te demander qui sont ces économistes et qui sont ces idéologues au-delà de l'économie sur l'éducation, etc.
Il n'a pas d'économiste réputé pour l'instant Éric Zemmour. Ces économistes, ce sont deux jeunes gens banquiers, entrepreneurs. ils ont été cités lors du meeting d'ailleurs, Jonathan Adler, Julien Madard qui sont des gens qui sont dans la sphère patronale effectivement. Donc c'est une droite néolibérale classique. Moi ce qui m'a frappé au meeting, c'est qu'il essaye de jouer sur deux tableaux en réalité. Il veut aussi à la fois parler à ses gilets jaunes. On voit très bien que c'est le sens de sa proposition sur le salaire brut et le salaire net sur la baisse des cotisations.
C'est un baiser trompeur justement parce qu'augmenter le salaire net au pot de détriment du salaire brut, c'est ne pas du tout augmenter le salaire et c'est diminuer les retraites.
Tout à fait, c'est privilégié le court terme sur le long terme mais c'est présenté comme redonnant du pouvoir d'achat au plus précaire de la société puisqu'il annonce un SMIC en plus en 13ème mois pour ceux qui gagnent le moins. Et puis effectivement, il y a des clins d'œil, il y a un programme qui en réalité dans sa structure globale est vraiment calibré pour une droite conservatrice tout à fait classique. On est sur du phionisme absolument chimiquement pur. Il y a une proposition qui n'est pas dans le magnéto et qui moi m'a beaucoup frappé.
Alors c'est une proposition qui ne va pas intéresser quelqu'un comme moi ni quelqu'un comme toi ni sans doute la plupart des sociaux ou des téléspectateurs du média. C'est la transmission des entreprises familiales. Il veut exonérer de droits de succession la transmission de ces entreprises familiales. Ça touche très peu de gens mais en réalité ça touche le cœur de cible d'Éric Zemmour. C'est-à-dire une droite conservatrice qui a de l'argent, qui veut en avoir encore plus si possible et puis qui aime ses valeurs d'enracinement. Il a vendu sa proposition comme telle.
Pas de droits de succession pour les entreprises familiales parce qu'il faut favoriser ce tissu de PME ou autres qui sont dans une sphère de la famille qui existe depuis très longtemps des décennies et des décennies. la France de toujours c'est-à-dire ce capitalisme né il y a très longtemps parfois même au XIXe siècle. Il veut parler à cette France-là. Éric Zemmour d'ailleurs il parsème son discours de référence à la France éternelle millénaire conservatrice.
Donc ces influences ce n'est pas des économistes en réalité c'est plutôt des politiques et vous avez vu des banquiers évidemment vous avez vu qu'à son meeting les seules figures un tout petit peu connues du grand public et encore assez peu c'était les amis de Christine Boutin Jean-Frédéric Poisson par exemple qui est son successeur à la tête de son parti et puis le mouvement qui a succédé à Sens commun qui était ce mouvement adossé à la manif pour tous et dont le combat unique était de se battre contre le mariage pour tous
qui a beaucoup aidé Fillon au moment où justement il y a eu des révélations et que sa campagne sa pré-campagne en tout cas la campagne la primaire LR était en difficulté et puis la campagne Sens commun était aux côtés de François Fillon
Tout à fait c'est des réseaux précieux en fait parce que alors ça pèse pas 5 ou 6% à une élection faut pas exagérer mais là où c'est intéressant pour un candidat c'est que c'est des militants très très actifs très très motivés très très ancrés et sur le terrain on les verra parce que ils feront les marchés ils feront les boîtes aux lettres ils font les meetings donc c'est un c'est un signe pas si anecdotique que ça pas si illusoire que ça de voir que ces gens là dès le premier jour dès la déclaration de candidature ils ont été convaincus par sa vidéo ça leur parle ses idées d'enracinement de nostalgie d'une France d'antan de se battre contre un ennemi intérieur qui défigurerait la France ça leur parle énormément ils sont là et ils influencent Eric Zemmour parce que son programme qu'il soit économique ou sociétal il est fortement matiné en réalité de ce conservatisme aux valeurs catholiques
ce qui m'a frappé quand même c'est que quand il parle de lutter contre l'islamo-gauchisme et à l'école on a l'impression d'entendre en réalité Jean-Michel Blanquer qui parle du wokisme etc et finalement on se dit que c'est les hommes politiques propres sur eux qui finalement légitiment des idées qu'il va récupérer et qu'il va disons défendre avec plus de force qu'eux parce que Blanquer il parle aussi de lutter contre le pédagogisme l'islamo-gauchisme le wokisme à l'école
alors à un niveau d'intensité qui n'a quand même rien à voir là on était j'avais l'impression de lire un dossier du Figaro magazine ou de Valeurs Actuelles c'est les lunes habituelles de cette droite ultra conservatrice sur une école qui serait en main des gauchistes des antiracistes et donc qui serait plus l'école d'antan ça marche toujours très bien en réalité politiquement quand il tient un discours comme tel il prend très peu de risques parce que ça rassemble énormément à droite dans l'électorat qu'il vise ce type de discours et donc ça a été extrêmement applaudi extrêmement salué il a bien en fait compris quel était le suc idéologique des gens qui viennent à son meeting c'est ça c'est une exaspération contre la gauche qu'ils estiment on ne sait comment hégémonique partout et donc il faut dénoncer l'emprise de la gauche en tout cas eux c'est comme ça qu'ils le vivent ils se vivent assiégés par une gauche qui serait absolument partout et ce discours en réalité ça marche assez bien et d'ailleurs je l'ai trouvé plus outrancier sur la forme je ne dis pas sur le fond mais plus outrancier sur ces thèmes là l'école et par exemple sur Emmanuel Macron que sur l'immigration et l'islam où alors il a déroulé ses propositions c'était évidemment très dur radical virulent sur le fond mais sur la forme il n'a pas eu ce petit mot cette petite phrase scandaleuse qui fait frémir qu'il a habituellement
donc quelque part peut-être qu'il recherche plus justement l'électorat de droite classique
c'est ça il visait cette droite RPR qui peut être aujourd'hui un peu en hésitation entre lui et Valéry Pécresse et puis qui se retrouve dans les valeurs et c'est beaucoup de gens en réalité de quelqu'un comme Eric Ciotti voilà il vise cette droite là
alors à un moment on avait l'impression que sa campagne tanguait notamment avec la prise de distance de Philippe de Villiers d'ailleurs tu avais fait un article assez intéressant là dessus mais on a vu des figures assez connues à Villepinte qui sont les barons de ce qu'on pourrait appeler la Zemmourie
oui c'est le début d'un nouveau réseau de nouveaux cercles Philippe de Villiers n'était pas là selon mes informations il a hésité à venir en réalité il n'est pas exclu qu'il rejoigne Eric Zemmour à une date ultérieure non il y avait qui en réalité il y avait donc cette droite catholique ultra conservatrice les réseaux boutins il y avait des personnalités comme Paul-Marie Couteau qui gravitent au sein de la droite qu'on appelle hors les murs depuis des années c'est à dire dans des réseaux entre la droite parlementaire classique et l'extrême droite puisqu'il a été la plume de Marine Le Pen il y avait des anciens membres défroqués du Rassemblement National il y avait même une ancienne membre des Gilets Jaunes Jacqueline Moureau voilà Jacqueline Moureau
elle a très vite quitté les Gilets Jaunes elle n'a pas duré longtemps parmi les Gilets Jaunes
non en réalité elle a fait une vidéo importante au début du mouvement et puis ensuite le mouvement a pris son autonomie et voilà personne ne se réclame effectivement de Jacqueline Moureau au sein des Gilets Jaunes mais enfin là où c'est intéressant pour Éric Zemmour c'est qu'elle elle porte un discours sur la France populaire sur la France des petits salaires sur la France précaire voilà laquelle Éric Zemmour ne me semble pas forcément répondre dans la globalité de son programme
il répond de la même manière qu'Emmanuel Macron c'est à dire en gros on va augmenter votre pouvoir d'achat en baissant tous les droits sociaux qui sont attachés au salaire et tout ce qui est différé en gros c'est la même chose
surtout que le fond de son discours avec Zemmour ça m'a beaucoup frappé très critique sur la dépense publique c'est là où on pourra l'interroger sur la cohérence c'est que alors il veut défendre les Gilets Jaunes et en même temps il a dénoncé un modèle social obèse parce que trop solidaire parce que trop ouvert au monde trop ouvert à l'égard des immigrés des étrangers il veut supprimer l'aide médicale d'état c'est à dire la possibilité pour les étrangers qui n'ont aucun moyen de subsistance d'être soigné gratuitement il veut supprimer ou presque a-t-il dit le droit d'asile bref on ne peut pas dire que ce soit un programme
c'est ça qui est assez caricatural c'est que l'AME c'est vraiment la mesure catho par excellence c'est à dire porter secours à l'indigent ne pas fermer la porte à l'étranger le bon samaritain etc et donc Christine Boutin et Jean-Frédéric Poisson sont avec lui pendant que le pape lui est en train d'engueuler les européens en leur disant vous êtes odieux avec les migrants est-ce que est-ce que ça va fonctionner je veux dire en dehors d'un petit cercle vraiment le catholique radicalisé c'est son truc
au sein de ses soutiens ça va fonctionner parce qu'en réalité ces catholiques là ils ont choisi leur camp c'est très frappant
c'est pas celui du pape en tout cas
mais non mais non Christine Boutin j'étais avec elle sur un plateau de télévision il y a quelques jours elle défendait Benoît XVI contre le pape François non non Christine Boutin a choisi son camp c'est à dire que entre l'enracinement la France millénaire et oui cette charité chrétienne c'est à dire le fait qu'on doit soutenir les plus fers
alors elle dit
oui je suis du côté des plus fragiles mais en réalité le choix politique qu'elle a fait c'est pas celui là c'est le choix d'une autre France d'une France sur les valeurs sur les valeurs de tradition d'ordre et pas sur l'aide aux plus démunis qui ne fait pas partie des éléments importants d'Eric Zemmour il a même dit qu'il se méfiait de la charité chrétienne il l'a dit à plusieurs reprises dans une interview notamment à Famille Chrétienne donc c'est pas du tout quelqu'un qui a cette fibre chevillée au corps ça marchera auprès d'un certain nombre de gens qui ont basculé qui eux pour eux la France maintenant qui ont basculé
sans doute au moment de la manif pour tous
alors à mon sens il y a la manif pour tous et il y a les attentats qui sont deux éléments de radicalisation ces gens là aujourd'hui sont dans un combat de civilisation ils sont persuadés que la France est menacée à l'horizon 2050 donc la charité chrétienne la défense des plus démunis doit passer au second plan face aux zones de non droit etc etc
Dans une enquête fouillée le site d'Info Street Press s'établit que les gros bras qui se sont lâchés sur les militants de SOS Racisme notamment sur Romain qu'on a vu tout de suite étaient des membres des OIV un groupe néo-nazi dirigé par un certain Marc de Cacré-Valmenier à son meeting il y avait aussi des réalistes tu en sais quelque chose ?
Alors selon mes informations l'entourage d'Éric Zemmour a reconnu qu'il y avait des membres des OIV à cette manifestation alors il il le déplore officiellement l'idée c'est que ils aient plus le droit de rentrer ultérieurement ce qu'on savait c'est qu'il y avait des membres royalistes dans les soutiens et dans l'entourage d'Éric Zemmour des membres de l'action française des catholiques traditionnalistes qui ne croient pas dans la république on le savait je l'ai écrit dans mon livre et depuis de longues dates depuis 2014 ils se reconnaissent dans le projet politique d'Éric Zemmour ce qui leur parle qui est des membres de l'ultra droite c'est nouveau parce qu'Éric Zemmour est un personnage politique nouveau c'est pas la première fois il y a eu un groupe qui s'appelle les vilains fachos qui revendiquent d'avoir été présent à l'inauguration de son QG il y a quelques semaines alors c'est un groupe qui tient des propos racistes racialistes sur des boucles télégrammes
il y a eu ces mythes parce qu'ils ne sont pas une contradiction
voilà absolument on pourra là aussi interroger la cohérence de l'engagement les oives c'est un peu la même chose c'est une émanation du GUD le GUD un groupe d'extrême droite batailleur de rue né dans les années 70 pour lutter contre le communisme et l'extrême gauche ils ont été de toutes les manifestations de tous les coups de poing contre les militants d'extrême gauche de gauche radicale les oives c'est la même idée c'est une scission en fait du GUD présente à Paris ils sont là pour se battre ils ont un corpus idéologique en fait assez faible au delà de l'identité de la défense de l'homme blanc ils sont là pour castanier ça va poser un vrai problème politique et un vrai questionnement pour Éric Zemmour alors c'est un précédent ce qui s'est passé effroyable évidemment effroyable d'ailleurs de tous les côtés l'agression d'Éric Zemmour est aussi à dénoncer à mon sens
elle est d'une autre ampleur
oui oui oui tout à fait mais bon toutes les violences à mon sens sont à dénoncer dans un rassemblement politique mais enfin oui cette ultra droite est présente elle est intéressée par Éric Zemmour elle se retrouve dans Éric Zemmour alors que va-t-il se passer maintenant c'est-à-dire que est-ce que Éric Zemmour va prendre les mesures pour que ça ne se reproduise plus jamais que les contre-manifestations si elles existent se passent dans le calme comme on y assiste à chaque fois c'est-à-dire une exfiltration tranquille de contre-manifestants ça se produit partout ou est-ce que ça va continuer ces rixes ces prises à partie aussi de journalistes j'ai été frappé par ce qui s'est passé à l'égard par exemple de mes confrères nos confrères de quotidien qui ont été pris à partie c'est une alerte
les journalistes de Mediapart d'alerte libre physiquement
oui effectivement c'est ce qu'ils ont expliqué sur les réseaux sociaux ça ressemble ça fait penser je n'y ai pas assisté mais de ce qu'on m'a raconté au meeting de Jean-Marie Le Pen dans les années 80-90 voilà ces rassemblements qui pouvaient dégénérer d'un moment à l'autre avec une foule de quelques éléments chauffés à blanc et totalement virulents incontrôlables le service d'ordre a une responsabilité énorme dans ce type d'événements et il y a une responsabilité
les néo-nazis en gros on a eu des images qui ont été d'ailleurs montrées dans le Manito qu'on a fait c'est assez frappant et ça fait douter de la capacité d'Éric Zemmour à exfiltrer ces oifs qui sont quasiment les supplétifs de son service d'ordre ça c'est inqualifiable
qu'il puisse y avoir des critiques politiques à l'égard des journalistes et du monde du monde de la gauche de l'extrême gauche bon on le comprend c'est un meeting d'Éric Zemmour on n'est pas étonné ce candidat anti-système il tient sa ligne mais qu'on bascule dans une prise à partie physique de personnes soit qui font leur travail soit qui militent dans les règles républicaines sans faire de violence ça c'est pas possible
alors est-ce que finalement Éric Zemmour n'est pas capable d'éloigner ces monstres parce que globalement quand il y a l'histoire des vilains fachos ils sont tous montés au créneau pour dire non non les vilains fachos on n'en veut pas au point que les vilains fachos se sont fâchés et ont sorti quelques éléments qui prouvaient vraiment qu'ils savaient qu'ils étaient à des meetings avec des rassemblements avec eux et là maintenant après les vilains fachos pif c'est les oives est-ce que finalement c'est pas un homme seul qui ne peut pas se permettre de ranger les petits démons
dans la boîte vraie question ce n'est pas la réponse ce qui est sûr c'est qu'il fait assez peu d'excommunications morales sur les idées politiques Éric Zemmour c'est-à-dire que même les militants de l'action française il a toujours considéré qu'ils avaient sa place dans ces meetings dans ces rassemblements c'est sa famille là on parle de quelque chose quand même différent c'est-à-dire une ultra droite violente de ce que je sais il a déploré la présence de ses militants au-delà de l'aspect moral de l'aspect c'est pas bien c'est que ça va jouer en sa défaveur c'est que une partie des français qui peuvent se retrouver dans son discours je crois pas qu'il y ait une majorité de français et même une minorité de français qui peut supporter de tels déferlements de violences dans des rassemblements politiques donc ça va être un énorme problème politique dans les semaines les mois à venir pour Éric Zemmour
alors est-ce que Valérie Pécresse ne sera pas aussi un problème si elle continue à durcir son discours si elle fait vraiment ami-ami avec Éric Ciotti c'est lui dans une place prépondérante dans la mesure où encore le sondage publié par le Figaro montre qu'elle arrive à 17% c'est-à-dire à peu près au même niveau qu'Éric Zemmour mais que dans alors les sondages c'est les sondages franchement on peut leur faire dire beaucoup de choses mais que globalement elle serait à 48 contre 52 pour Macron si elle était face à lui est-ce que finalement le vote utile de cette droite qu'il essaie de draguer c'est-à-dire cette droite extrême plus que cette extrême droite est-ce que ça va pas aller à Valérie Pécresse est-ce que dans l'entourage d'Éric Zemmour il considère la menace Pécresse
bien sûr la force d'Éric Zemmour c'est qu'il défend un corpus idéologique chimiquement pur c'est-à-dire tolérance zéro sur l'immigration tous les étrangers clandestins dehors pas de droit d'asile etc.
et ça ça lui assure un tapis de voix aujourd'hui qu'on voit quand même important parce que il y a des gens qui soutiennent à fond ce type de projet ce type de discours et ils veulent voter pour quelqu'un dont la main ne tremblera pas et c'est ça que vend Éric Zemmour toute la question et c'est vrai que c'est ça qui aujourd'hui interroge les amis d'Éric Zemmour Éric Zemmour et son entourage c'est à quel point Valérie Pécresse peut se rendre crédible sur ces thèmes-là en fait ça va être très simple c'est les mesures qu'est-ce qu'elle reprend et d'ailleurs ça restera quoi qu'il arrive une des victoires d'Éric Zemmour parce que par Éric Ciotti en réalité c'est la vision de la société d'Éric Zemmour qui se retrouvera ainsi dans le programme des Républicains alors là c'est un arbitrage ça va être très intéressant est-ce qu'elle met immigration zéro dans son programme est-ce qu'elle met expulsion de tous les immigrés clandestins dans son programme si oui qu'elle nous explique comment elle va faire est-ce qu'elle met fin au droit d'avile est-ce qu'elle met fin à l'aide médicale d'État etc etc on peut même aller plus loin là je vais aller très très loin mais ça figure dans le programme d'Éric Zemmour est-ce qu'elle interdit le voile dans l'espace public est-ce qu'elle explique qu'elle va fermer des mosquées salafistes frères musulmans voilà ça c'est tout ce que propose Éric Zemmour et qui lui assure ce tapis des voies ultra radicales de gens qui qui se sont radicalisés qui ont basculé voilà il faudra pour Valérie Pécresse marier à la fois c'était un électorat mais c'est ce que tu disais tout à l'heure plus modérée droite classique conservatrice mais relativement républicaine et puis ces chauds bouillants qui veulent en découdre et en fait on sait pas très bien où le balancier va tomber et quel est le niveau d'exaspération et de radicalisation du peuple de droite si la campagne se fait sur des prémices extrêmement droitiers mais en réalité peut-être que la position de Valérie Pécresse ça suffira pas et qu'Éric Zemmour par sa virulence jamais vue inédite dans le débat français il va prendre et c'est lui qui va rafler la mise quand même d'ailleurs il y a une personne dont on n'a pas du tout parlé qui se retrouve banalisée notabilisée respectabilisée par toute cette séquence par toute cette campagne c'est Marine Le Pen
Absolument et en tout cas là je vais sortir de ma position d'intervieweur pour me dire que quand on entend tout ça on a vraiment envie qu'il y ait une voix de gauche au second tour la présidentielle parce que franchement Macron Pécresse Macron Zemmour Zemmour Pécresse non là je sors vraiment de ma position pour le dire alors est-ce qu'on a affaire au Donald Trump français parce que finalement c'est un journaliste et à ces meetings on agresse des journalistes Trump était finalement aussi un nombre de médias qui a fait son beurre la détestation des médias toutes ses recettes
sont Trumpiennes la seule différence d'Éric Zemmour c'est qu'il n'a pas le plus grand parti du pays derrière lui Donald Trump il était assuré après son investiture d'être premier ou deuxième de l'élection ce qui lui permettait d'être très confortable dans sa campagne et de céder à n'importe quelle outrance de toute façon il n'allait pas être désinvesti mais en dehors de ça sur le fond et sur la stratégie tout est Trumpien c'est à dire que la dénonciation du système est empruntée à Donald Trump la dénonciation des journalistes c'est celle-là la dénonciation du politiquement correct c'est celle-là la dénonciation de l'étranger de l'immigré c'est celle-là il faut se rappeler que Donald Trump promettait de construire un mur ce qu'il a fait d'ailleurs entre les Etats-Unis et le Mexique Eric Zemmour lui il promet d'expulser absolument tous les immigrés clandestins et de mettre fin au droit d'asile et puis l'idée et là où c'est vraiment la grande similitude entre les deux et où Eric Zemmour copie totalement sur Donald Trump c'est le retournement des codes électoraux pendant des années et des années et même du côté du Front National on a dit pour gagner une campagne il faut rassembler il faut fédérer il faut parler à tous les français Eric Zemmour il dit non moi je parle pas à tous les français je parle à mes français c'est à dire les français qui sont inquiets de ne plus vivre de la même façon sur la terre de leurs ancêtres c'est comme ça que c'est dit dans son discours de campagne donc une France enracinée voilà c'est ça ça c'est la France Zemmour et qu'il oppose à une France qui se délite à l'ennemi de l'intérieur qui est l'étranger qui ne respecte pas les règles et les mœurs françaises et puis le gauchiste ou le peuple de gauche et d'extrême gauche dont les valeurs ne correspondent plus aux valeurs nationales qui sont apatrides internationalistes et donc qui sont un danger mortel pour la France Et aussi les français qui selon lui ne ressemblent pas à la France Oui bah ça c'est voilà c'est non pas seulement l'étranger mais l'immigré et cette idée d'une campagne sans empathie sans vraiment d'humanité qui se basait sur la pureté militante et la virulence alors ça c'est typiquement Trumpien et il va soutenir ça jusqu'au bout c'est à dire pas les droits de l'homme mais une France d'antan la France des années 60
La France des années 60 et on espère que ce ne sera pas la France des années 30 en tout cas c'est quand on voit les néo-nazis auprès de lui on se rend compte en fait de la réalité de la menace de cette menace de destruction de cette menace vraiment arrivée à un paroxysme en fait même qui n'avait même pas été atteint par Jean-Marie Le Pen Merci Etienne d'être venue vous expliquer tout ça on rappelle que tu es journaliste à l'Express et auteur de l'essai le radicalisé enquête sur Eric Zemmour sorti aux éditions du Seuil Voilà la compte matinale du Média c'est terminé pour aujourd'hui partagez si vous avez aimé mettez des petits pouces bleus devenez sociaux faites nous un don unique ou de préférence mensualisé demain sera au tour de ma collègue et camarade Nalia de présenter la compte matinale je vous retrouve jeudi et je vous dis bonne journée