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Pourquijevote
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interviewPublic Sénat· 31 janvier 2024 8 min

« Monsieur le Premier ministre, ouvrez les yeux »

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

monsieur le Premier ministre et malgré votre jeunesse vous n'êtes pas un nouveau né dans l'entourage du président Emmanuel Macron les crises sont là Monsieur le Premier Ministre et elle génère chez nos compatriotes une angoisse renforcée de moins en moins aggravé par la multiplication des conflits sur la planète de tout temps la peur qui marque les peuples c'est la guerre nous qui portons ce combat au cœur de notre action savons qu'il ne peut y avoir de progrès sociale de justice en temps de guerre ce grand désordre du monde s'exprime en Ukraine en Israël en Palestine et plus particulièrement à Gaza mais aussi en Arménie au Yémen au Kurdistan cette situation exige que les nations les plus influentes comme la nôtre déploient des efforts considérables pour que la diplomatie prévale à ce monde en crise répondent des crises intérieures profondes notre peuple souffre sur fond d'inégalité financière et sociale croissante la baisse du pouvoir d'achat la crise de notre système de santé les défaillance accélérées du service public nuisent la confiance de nos concitoyens dans l'avenir pour eux et pour leurs enfants alors que 46 milliards d'euros ont été remis aux actionnaires du CAC 40 en 2023 un record 11 millions de personnes ne mangent pas à leur fin en France l'inflation dévastatrice 10 % en 2 ans accélère cet appauvrissement les chiffres de l'alimentaire vous les connaissez mais il faut les répéter plus 12 % en moyenne plus 20 % pour nombre de produits alimentaires de base et pourtant les salaires ne suivent pas vous voulez Monsieur le Premier Ministre dmicardiser pardon on y arrive vous voulez désmicardiser la France mais vous ne proposez rien pour augmenter les salaires vous culpabilisez les salariés les chômeurs mais jamais vous ne pointez la responsabilité fondamentale des plus riches et actionnaires de tout poil j'ai comme nombre d'entre vous assisté à de nombreuses cérémonies de vœux ces dernières semaines quelle inquiétude quand j'entends que plus de la moitié des enfants bénéficient dans des communes de la cantine à 1 € là où le dispositif est déployé c'est dire si la pauvreté touche l'ensemble de notre pays cette France appauvrie elle ne peut plus se chauffer correctement et Monsieur le Maire votre Ministre assine qu' nom de la nécessaire satisfaction des agences de notation il faut dès demain augmenter de 10 % les tarifs de l'électricité Monsieur le Premier Ministre ouvrez les yeux au regard de la réalité sociale du pays plus 44 % d'augmentation en 2 ans plus 70 % d'augmentation en disant ce n'est pas supportable le droit à l'énergie n'est pas une question de bouclier c'est une question de droit une question de dignité logement nourriture soins transport éducation cela devient inaccessible à des millions de personnes et se dégrade pour la plupart monsieur le Premier ministre je vous dire le réarmement démographique ne se décrète pas il passe par de meilleurs salaires par par une meilleure politique familiale mais aussi par une politique de logement de hausse des salaires qui permettent à chacune d'entre à chacune et à chacun d'entre nous d'entrevoir le meilleur pour nos enfants il passe aussi inévitablement par une école publique de qualité véritable lieu de savoir d'apprentissage pour leur permettre de réussir leur vie que répondez-vous aux enseignants qui exigent par une grève massive demain des moyens pour l'école public la violente crise agricole croise finalement toutes les autres crises une mondialisation et une finanisation et freiné la domination de grands groupes qui étouffe les agriculteurs il faut simplifier repenser l'accumulation des normes mais il faut aussi s'attaquer au libre échange qui promet de livrer par cargo entier de la viande auovine de Nouvelle-Zélande ou bovine du Brésil l'urgence c'est aider les jeunes agriculs avec le retour des prêts bonifiés à l'installation le premier volet de la loi égalime doit être respecté et l'État doit être le garant du respect des agriculteurs face au requin de la grande distribution il est inacceptable que les agriculteurs ne puissent vivre de leur travail et que les consommateurs ne peuvent se nourrir correctement et Monsieur le Premier Ministre ce n'est pas un problème de marché mais c'est bien un enjeu et un choix choix politique Monsieur le Premier Ministre vous êtes aujourd'hui devant le Sénat qui selon la Constitution représente les collectivités territoriales ces collectivités territoriales ont été et sont la dernière digue face à ces crises multiples les élus et leurs administration y font face chaque jour avec des moyens décroissants alors que la demande explose difficulté d'accès aux soins au logement difficulté de pouvoir d'achat or quelle mesure apportera votre gouvernement face à à l'étranglement financier progressif et à la perte de l'autonomie financière des communes allez-vous enfin indexer la DGF sur l'inflation vous l'avez augmenté de 0,8 mais l'inflation est à 5 %. allez-vous rétablir la CVAE pour faire participer les acteurs économiques aux finances des collectivités la commune monsieur le Premier ministre c'est la proximité le maillage étroit du territoire national et de la démocratie menacer cette institution clé de la République public mais plus profondément de notre société c'est menacer l'édifice institutionnel déjà vacillant oui renforcer la démocratie locale et l'État territorial est une nécessité pour construire les politiques publique indispensable au bienvivre de nos concitoyens il ne peut y avoir de décentralisation que si l'État est fort assume ses missions régaliennes de santé de sécurité de santé et d'aménagement du territoire pour une égalité entre tous et entre les territoires et Monsieur le Premier Ministre pas d'hypocrisie entre nous les élus locaux ne pourront pas tout supporter la décentralisation demain ne peut-être celle d'absorber les défaillance de l'État quotidiennement monsieur le Premier ministre le terrain perdu que j'évoquéis d'emblé c'est évidemment celui de la démocratie votre refus de soumettre au vote de confiance au motif relativement absurde permettez et moi que vous n'avez pas de majorité accompagne de fait la main mise totale du président de la République sur les institutions la clé de voûe de la 5e République ce qui en fait un régime parlementaire c'est la responsabilité du Gouvernement devant l'Assemblée nationale c'est j'oserai dire le ventre de confiance originel ce refus de vote augure mal de la volonté de la dénonciation du recours au 493 qui a marqué l'année 2023 ce n'est donc plus au Parlement que choix politique se décide mais dans les couloirs sur les plateaux de télévision sur les réseaux sociaux ou à quelques-uns en commission mix paritaire écoutons écoutez Monsieur le Premier Ministre nos concitoyens de tous les horizons territoires ruraux urbains et ultramarins qui font la France et sa grandeur ceux qui souffrent et n'obtiennent pas de réponse face à cette politique menée depuis 2017 que vous avez servi avec zel nous ne pouvons toute logique vous accordez notre confiance mais comme vote il n'y aura pas vous sortirez de cet exercice par une analyse une évaluation médiatique alors que nos concitoyens ont plus que jamais besoin d'une analyse et d'une évaluation démocratique merci madame la [Applaudissements] Présidente

« Monsieur le Premier ministre, ouvrez les yeux » — Gabriel Attal · Pourquijevote