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interviewLe Figaro· 24 mai 2025 9 min

Islam politique: Bellamy dénonce l’aveuglement des institutions européennes

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Les institutions européennes ont été pendant très longtemps et sont toujours malheureusement d'une très grande naïveté. On n'arrive pas encore à comprendre à Bruxelles euh dans les couloirs de la Commission européenne que nous sommes face à des adversaires idéologiques extrêmement déterminés qui utilisent nos institutions pour les retourner contre elles-mêmes. La Cour des comptes européennes a épinglé la Commission européenne pour avoir financé de nombreuses organisations promouvant l'islam politique et radical.

Comment cela a-t-il pu arriver ? Le Parlement européen créé des programmes, des dispositifs de soutien, par exemple, à des organismes de recherche ou bien à des initiatives citoyennes. Le Parlement européen comme autorité budgétaire, il vote le budget de l'Union européenne sur la proposition de la Commission et des États-membres.

Là, nous avons une responsabilité pour créer le cadre, mais ensuite, nous ne décidons pas nous-même de qui va percevoir ces financements. Et c'est là que le point de vulnérabilité arrive. Bien sûr, dans les critères généralement retenus pour recevoir des fonds européens, il y a le respect des valeurs européennes.

Mais il y a deux difficultés là-dedans. Le premier, c'est que c'est très difficile de définir exactement ce que c'est que ce respect des valeurs européennes. Surtout quand vous avez devant vous des associations qui avancent masqué en utilisant les valeurs européennes ou en revendiquant des grands principes généraux qui paraissent séduisant aux décideurs finaux sur ces questions de subvention.

Quand une association vient vous voir en vous parlant d'inclusion, quand elle vient vous voir en parlant de diversité, quand elle vous parle d'antiracisme, de lutte contre les stéréotypes ou les préjugés, et bien tout cela peut donner le sentiment de converger avec des valeurs qui sont partagées par beaucoup de décideurs dans ces lieux où on doit attribuer finalement ces ces budgets. Le deuxième problème et la Cour des comptes européennes l'a récemment évoqué, c'est qu'en réalité il y a très peu de contrôle de l'action des structures bénéficiaires de ces fonds et donc on se prononce sur des dossiers, sur des demandes, sur des déclarations beaucoup plus que sur des faits. C'est un un vrai grand sujet mais encore une fois aussi parce que les institutions européennes ont été pendant très longtemps et sont toujours malheureusement d'une très grande naïveté.

On n'arrive pas encore à comprendre à Bruxelles euh dans les couloirs de la Commission européenne que nous sommes face à des adversaires idéologiques extrêmement déterminé qui utilisent nos institutions pour les retourner contre elles-mêmes. Et quand je vous parle de ça, je crois que nous-mêmes, alors que nous sommes au combat sur ce sujet tous les jours, nous n'avons pas encore tout vu parce que il faut avoir l'œil très exercé pour réussir à distinguer dans le panel très large des bénéficiaires de fonds européens ceux qui en réalité sont porteurs d'un agenda idéologique lié à l'islamisme. Pouvez-vous nous donner des exemples ?

Je pense par exemple à une plateforme qui s'appelle En European Network Against Racism, réseau européen contre le racisme. Ça paraît évidemment très sympathique de lire un titre comme celui-là. Derrière ce réseau, il y a des associations dans tous les pays européens qui sont liés en réalité à l'agenda de l'islam politique.

Et on le constate par le fait que Enard, par exemple a pris position pour défendre le CCI, le comité contre l'islamophobie en France qui a été dissou par le gouvernement français parce qu'il avait contribué à mettre une cible dans le dos de Samuel Patti. Et bien une situation comme celle-là suffit à montrer où se trouve ce prétendu combat antiraciste. Ce n'est pas un combat antiraciste, c'est un combat islamiste.

Et Nar voulait par exemple, chose incroyable, placer l'un des siens au conseil de surveillance d'Europol. Une personne qui avait publiquement tenu des propos des coloniaux, qui le conduisait à se décrire lui-même comme anarchiste antiétat. Euh cette personne-là proche des frères musulmans allait rentrer au conseil de surveillance de l'agence des polices européennes.

Je pense à une organisation qui s'appelle FizO, une organisation euh qui est liée euh au frères musulmans mais qui bien sûr ne se présente pas de cette manière-là. Femiso, c'est une organisation qui a pour but de promouvoir les injonctions de la charia à destination des sociétés européennes, en particulier à destination des femmes. Comment se présente-t-elles ?

Elle se présente comme une organisation féministe des féministes musulmanes. Évidemment, pour des institutions européennes qui veulent promouvoir l'inclusion, la diversité, le féminisme, et bien ce sont des mots qui paraissent extrêmement séduisants. En réalité, ce qu'on appelle le féminisme musulman chez FISO, c'est le fait de banaliser l'injonction du port du voile.

Et c'est ce qui conduit la Commission européenne à la fin après tout ce travail de pénétration progressive à financer des publicités qui disent "La joie est dans le hijab ou "La liberté est dans le hijab." J'ai dénoncé ces publicités avec ma délégation et j'ai obtenu dans le dernier mandat d'interdire à la commission de financer quelque message que ce soit qui promouvrait une injonction liée à l'islam. Au moment où les femmes iraniennes étaient en train de se battre. de se révolter, de risquer leur vie et pour beaucoup d'entre elles de mourir parce qu'elles refusaient de porter le hijab.

La Commission européenne leur répondait, je cite, "Apporter de la joie, accepter le hijab." Cette situation, elle est le résultat d'un travail de longue haleine et il faut reconnaître aux partisans de l'islam politique d'avoir eu l'intelligence tactique d'investir depuis longtemps dans la construction de cet environnement, de cet écosystème d'associations, d'institutions, d'ONG qui en fait promuent le même agenda. Avec ces révélations, peut-on espérer un sursaut ?

Le sursaut, il existe déjà. Pour ma part, ça fait des années que je me bat sur ces questions et on se battait, il faut bien le dire, malheureusement un peu seul au cours des dernières années. Aujourd'hui, le constat, il est très largement partagé.

Il y a heureusement à travers ce rapport de la Cour des comptes, des éléments qui objectivent le problème que nous ne cessions de de dénoncer. Maintenant, il va falloir passer à l'action et c'est là que le parlement doit prendre ses responsabilités. Et c'est la raison pour laquelle avec notre groupe parlementaire, nous voulons évidemment aller plus loin dans le cadre de la commission du contrôle budgétaire.

Nous voulons créer une commission spécifique pour cette question. Je dis pas que toutes les ONG sont corrompues ou corruptres, mais ce que je dis c'est qu'aujourd'hui dans un processus législatif où tout le monde est sommet d'être plus transparent, les parlementaires par exemple, moi je déclare tout ce que j'ai gagné au cours des dernières années dans mon métier de professeur. Les entreprises doivent être très transparentes.

Elles doivent déclarer tout ce qu'elles dépensent en lobby et comment elles organisent leur influence dans les institutions. Mais les ONG, elles sont les seules à ne pas être soumises à cette exigence de transparence alors même qu'elle joue un rôle absolument clé au cœur de l'Union européenne et qu'elle bénéficie massivement de financement européen. Ce sont des milliards d'euros qui sont dépensés au profit de ces de ces organisations et donc il y a une nécessité absolue qui est de sortir de cette opacité et de réclamer enfin une véritable transparence sur le financement des ONG.

Peut-on encore gagner la bataille ? Je dirais pas qu'on peut gagner la bataille, je dirais qu'on doit la gagner et on va la gagner. En fait, ceux qui sont face à nous ne sont forts que de notre faiblesse.

La vérité, c'est que si on veut s'en donner les moyens, on a toutes les possibilités pour retrouver une véritable sécurité dans le financement européen, dans la manière d'engager de l'argent qui nous est confié par les citoyens qui doit pouvoir être dépensé d'une manière absolument sûre. Vous savez, l'Union européenne, elle sera ce que nous en ferons. Et à nous de nous battre tous les jours pour déjouer les manœuvres de ceux qui cherchent à utiliser l'Union européenne contre nos pays et les principes auxquels ils doivent tenir.

Cela intervient alors qu'un rapport vient d'être rendu public sur l'entrisme des frères musulmans en France. Quel parallèle faites-vous ? Ce rapport, il est fondamental et je crois que Bruno Retaillot, ministre de l'intérieur, a eu parfaitement raison de le partager au public parce qu'il faut que les Français comprennent ce qui est en train de se jouer.

Il faut aussi que tous les Européens comprennent que ce défi n'est pas seulement français, il est pour tous nos pays. Et dans tous nos pays, nous sommes aujourd'hui devant ce travail d'entrisme progressif. La plus grande menace pour la France et l'Europe, c'est la tentation du renoncement, de la résignation, de la naïveté, de la lâcheté, de la paresse, de l'endormissement.

La vérité, c'est qu'aujourd'hui la plus grande menace, c'est notre propre faiblesse. Ce n'est pas difficile de combattre ces structures pour peu qu'on décide, pour peu qu'on le veuille, pour peu qu'on s'engage à ne jamais rien laisser passer. Charles Peggy disait "Il faut avoir le courage de dire ce que l'on voit, mais surtout il faut avoir le courage de voir ce que l'on voit." Et je crois que sur la question de la lutte contre l'islam politique en Europe, le premier défi, il est d'abord ce défi intérieur, avoir le courage de voir ce que l'on voit et refuser de s'habituer. [Musique]