Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewBACKSEAT· 13 septembre 2025 133 min

BACKSEAT - S05E01 - Backseat x ça ira - Lecornu, taxe Zucman et extrême droite, avec Alexis Corbière

Source d'origine 10 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:02
Locuteur 1

Summer heats up in FX's The Shards. Set in 80s Los Angeles, The Shards follows a group of beautiful, privileged prep school students who are preyed on by the trawler, a serial killer targeting teenagers across the city. This fever dream of youth, beauty, sex and mystery is a must-see. FX's The Shards, streaming August 5th on Hulu on Disney+. Sign up now at DisneyPlus.com.

0:29
Présentateur

Un tonnerre d'applaudissements pour Malek et Namou. Zaline et moi a co-animé cette émission. A côté de nous, nous avons des chroniqueurs et chroniqueuses exceptionnelles. Un tonnerre d'applaudissements pour Emilio Mele. Emilio, tu as une double casquette. Tu es grand reporter politique et écologie à l'humanité et tu es aussi chroniqueur de backseat.

2:23
Locuteur 3

Ouais, c'est ça. Du coup, ça veut dire que je suis le mieux placé pour reprendre Malek. Il a dit « mariage, mariage, je vais faire mon relou ». On va commencer par un couple libre et ensuite on verra si on reprend. Surtout que moi j'étais là il y a deux ans et je trouvais le public vraiment plus chaud il y a deux ans. Mais bon...

2:37
Présentateur

Nous sommes également avec Lumi.

2:56
Locuteur 9

Côte de popularité pour Lumi, allez-y !

3:08
Présentateur

Ma chère Lumi, tu es chroniqueuse pour Saïra. Tu co-présentes Rhinocéros, l'émission d'analyse des médias sur Blast. Tu vas bien ? Ça va Lumi ?

3:20
Locuteur 7

Ouais ! Première émission que je fais en public. C'est pas du tout impressionnant. Pas du tout. Mais je suis très très très heureuse d'être là.

3:34
Présentateur

Et enfin, nous sommes avec Usul, mesdames et messieurs. Eh ben, on est mieux reçus que Paul Watson. Ça fait plaisir ! Usul, tu commentes l'actualité politique et médiatique sur tes réseaux. On te retrouve aux côtés de Lumi dans Rhinocéros et bien sûr régulièrement sur le plateau de Backseat. Yes ! Merci à tous les trois d'être avec nous ce soir. Est-ce que vous avez passé une bonne fête de l'Humain ? C'est quoi ce qui vous a le plus marqué dans cette fête de l'Humain ? Paul Watson. Paul Watson ? Les baleines et tout, j'étais scandalisé. Lumi, qu'est-ce qui t'a marqué toi ?

4:28
Locuteur 7

Dans le micro.

4:33
Locuteur 3

Dans le micro ! Emilio, Emilio ! Moi, ce que je trouve dingue, c'est qu'on a quand même fermé la billetterie aujourd'hui à 15h parce que vous êtes un nombre incalculable. Je n'ai jamais vu ça dans les allées. C'est un truc de malade.

4:46
Locuteur 9

Oui, et peut-être que tout le monde ne le sait pas, mais c'est la toute première fois que ça arrive depuis que la fête de l'Humain a déménagé ici. C'est vraiment une première. Ça veut dire, ça en dit long sur à quel point est-ce que les gens ont envie de se réunir, de faire du commun. Alors peut-être de se mettre sur la gueule aussi, mais en tout cas, il y a une vraie envie d'échanger et d'être ensemble à la fête de l'Humain.

5:10
Présentateur

Ah bah vous voyez quand vous voulez. Lumi ?

5:13
Locuteur 7

Ah ouais, il faut que je me concentre.

5:15
Présentateur

Pareil, laisse tomber. Tout à l'heure, sur la scène ici de l'Agora, il y a eu la grande discussion de la gauche comme il y a tous les ans à l'Humain, à la fête de l'Humain. C'était assez intéressant. J'ai entendu le public de la fête scander unité, unité. Je ne m'y attendais pas forcément. J'ai trouvé ça intéressant. On va en parler, évidemment. On va en parler.

5:35
Locuteur 9

Ouais, on a l'impression d'en parler. Mais ce qui est sûr, c'est qu'il y a, comme on pouvait l'attendre, évidemment, beaucoup, beaucoup de débats, beaucoup, beaucoup de moments sur la Palestine. Et il y a eu un moment très, très émouvant tout à l'heure au village des médias indépendants parce qu'il y a un journaliste, Gazaoui, qui directement a témoigné. Il parle un très, très bon français. Et il a témoigné pendant l'échange sur à quel point est-ce que c'était dur en ce moment de faire ce métier. Franchement, on était quasiment toutes et tous en train de pleurer. C'était un moment très, très fort. Et l'Humain, c'est aussi ça, la fête de l'Humanité.

C'est aussi ça, un moment où on donne la parole à celles et ceux qui sont en train de vivre ce terrible nettoyage ethnique. Franchement, c'était un moment vraiment très fort.

6:19
Présentateur

Et je pense que ce n'est pas pour rien qu'une des plus grandes fêtes de la gauche, qu'un moment de retrouvailles se fasse aussi autour d'un organe de presse. Aujourd'hui, qu'est-ce qui reste aussi de la gauche ? Malgré l'éclatement des parties, c'est quand même quelques organes de presse qui subsistent malgré des attaques et malgré la concentration des médias dans les mains de quelques-uns. Mine de rien, la presse de gauche se porte quand même relativement bien. On est là. Mais abonnez-vous quand même. Abonnez-vous. Abonnez-vous. Et force aussi au syndicat, et force aussi à tous ceux qui essaient de faire vivre la gauche par d'autres moyens.

Mais ça fait plaisir que tout le monde soit là à la fête de l'Humain, que ce soit un rendez-vous où on se retrouve. Et ce n'est pas pour rien que ce soit autour de la presse aussi. Je suis bien d'accord avec toi.

7:06
Locuteur 7

Tous les militants et tout aussi en cette période avec le 10 septembre, etc. C'est vrai que c'est une fête de l'Humain qui tombe vraiment dans un moment hyper particulier. Et je pense que c'est hyper important qu'on se retrouve aussi à ce moment-là. Ça fait beaucoup de bien. Le 10 septembre a fait du bien à beaucoup de gens. Et je pense que cette fête aussi, le fait de nous réunir, etc., elle est particulière.

7:24
Présentateur

Est-ce que ça vous dit qu'on parle de l'actualité de la semaine, mesdames et messieurs ? Alors c'est parti pour l'actualité de la semaine ! Alors, cette semaine, il s'est passé beaucoup de choses. Tu l'as dit, Lumi. On est dans un moment particulier politique. On est entre deux mobilisations sociales. Celle du 10, qui est un petit peu protéiforme, assez intéressante à analyser. Et celle du 18, un peu plus classique, à l'appel de l'intersyndical. Et au milieu de tout ça, la nomination d'un nouveau Premier ministre, Sébastien Lecornu. Et non, ce n'est pas Olivier Faure qui a été nommé Premier ministre. C'est fou, la tension était à son comble. J'y croyais. Ah ouais, j'en y croyais tous.

Mais Jdalene, est-ce que tu penses qu'Emmanuel Macron essaie de gratter du temps ?

8:06
Locuteur 9

En fait, je ne vois que cette solution parce qu'on sait tous et toutes que Lecornu, c'est dans la droite ligne de Barnier, de Beyrou. On sait très bien que ça ne va absolument rien changer. Mais du coup, j'avoue que je n'arrive pas encore à comprendre pourquoi est-ce qu'il a été nommé pour faire exactement la même chose que les autres. Tout à l'heure, je regardais un sondage qui disait que Sébastien Lecornu obtient la confiance de seulement 34% des Français. Et les journalistes s'en étonnaient en se disant « mais tiens, c'est étrange, pourquoi est-ce qu'il arrive avec si peu de confiance ?

» Et à aucun moment, dans tous les reportages que j'ai regardés, les journalistes se disaient « mais peut-être c'est parce qu'en fait, il n'est pas ici deux urnes, peut-être que ce n'est pas le bon Premier ministre, pas issu du bon clan. » Vraiment, je me suis questionnée. Et ce sondage qui arrivait de nulle part, j'arrive pas à comprendre le move d'Emmanuel Macron dans la période. Tu comprends toi, Emilio ?

8:54
Locuteur 3

Non, alors je le comprends, oui, parce que le mec, il ne veut pas lâcher le pouvoir, il défend son bilan. Mais ce qui m'étonne, c'est que Sébastien Lecornu nous a fait un cadeau juste avant de monter sur scène. Il a donné une interview à la PQR, où en fait, il a enfin parlé, parce que le Premier ministre, il n'avait toujours pas parlé, et donc il a annoncé ses premières mesures. Alors attendez, on va faire peut-être un petit référendum à l'Agora. Le premier truc, on va voir si ça vous va, c'est qu'il renonce à supprimer les deux jours fériés. Voilà. Juste, il renonce.

9:18
Locuteur 7

On en est là, quoi.

9:20
Locuteur 3

Et il renonce à une deuxième chose, c'est qu'il renonce à rouvrir le conclave. Donc, a priori, il ne va pas vraiment parler à la gauche, là. Non, il n'a pas parlé. On le savait déjà, ce n'est pas très original. Il promet des ruptures sur le fond, je cite. Des ruptures sur le fond. Alors, j'ai noté, Bayrou, lui, il voulait faire un chemin inédit. C'est le même bullshit sémantique où ils nous font croire que c'est de la nouveauté. Et Barnier, lui, il voulait faire de la politique autrement. Il promettait déjà des ruptures. Donc, on sait déjà ce qu'il faut attendre des ruptures de Sébastien Lecornu. Et donc, a priori, je pense que vous le voteriez la confiance, vous, de Lecornu ?

9:59
Présentateur

A mon avis, il ne va pas la demander. Je peux me tromper. Déjà que le précédent m'a surpris en la demandant. Mais à mon avis, il ne va pas la demander la confiance. Est-ce que Sébastien Lecornu a les moyens de faire quoi que ce soit d'un point de vue politique, compte tenu de la composition de l'Assemblée qui n'a pas changé depuis deux premiers ministres qui se sont fait jarter ?

10:16
Locuteur 7

Non, moi, j'allais dire, je trouve ça assez épuisant. Je pense qu'on est tous très fatigués.

10:20
Locuteur 2

On est saoulés.

10:21
Locuteur 7

Nous, qui faisons la critique média, à chaque fois, en fait, d'avoir des discours pas possibles. C'est ce qu'on fait encore là, maintenant. Mais c'est assez épuisant d'être toujours en train de commenter la personnalité d'un nouveau premier ministre ou d'ailleurs de beaucoup de personnalités qui, finalement, font exactement les mêmes politiques. Il y a, comme tu viens de le dire, il n'y a rien qui change en réalité. Mais on va commenter pendant des heures et des heures et des heures tel premier ministre comme si c'était un événement alors qu'il n'y a rien qui bouge. Et on sait très bien qu'on va toujours avoir retaillot.

On sait très bien qu'en gros, tout ce qui nous pose gravement problème, ça va rester et que ça, on ne pourra pas le changer. Darmanin s'est même permis de dire qu'il ne voulait pas changer. Moi, c'est quelque chose qui... J'ai vraiment beaucoup de mal, en fait, de tout l'espace que ça prend, en fait. Et ça nous fait perdre beaucoup de temps, en fait. Nous, politiquement, on a beaucoup de choses à faire, beaucoup de choses à construire. Et on passe beaucoup de temps à parler de ça.

11:16
Présentateur

Si vraiment, si vraiment l'état d'esprit, c'était de faire une rupture, déjà, tu nommes pas le cornu. Non, mais le cornu arrive, le mec dont on sait qu'il est un des mecs dans les dîners avec Thierry Soler, avec Le Pen, etc. Moi, dès que j'ai entendu, il va faire de la rupture, pas seulement sur la forme, mais aussi sur le fond, je fais ouh là là là. On part vers une rupture en mode plutôt facho, en fait. C'est ça, la rupture. T'as le RN. Bah ouais. T'as le RN qui dit, moi, je n'accepterais de voter qu'un budget RN. Bon, écoute, les cartes sont sur la table. La majorité à l'Assemblée nationale. Bon, l'Assemblée nationale, elle ne bouge pas.

Donc, à mon avis, les tours de claquettes, là, avec le PS, c'est histoire d'eux. Tu penses ? Mais oui, je pense qu'eux-mêmes ne pensent pas accorder grand-chose au père. En fait, ils sont en train d'essayer de rejouer le macronisme en redisant, ah mais nous, on va rassembler les raisonnables des deux bords. Mais ça fait 7 ans que vous faites ça. Ça fait 7 ans que vous essayez de rassembler des mecs. Alors, ouais, vous allez peut-être choper un que vous n'aviez pas eu, un Pokémon, un Yannick Jadot, que vous n'aviez pas encore eu jusque-là, des débauchages individuels. C'est peut-être vous en avoir 2-3. Ils l'ont déjà fait avec Répsamen et Méadelle.

Mais voilà, à chaque fois, ils en rechoppent 2-4 qui se disent, ah bah au moins, j'aurais été ministre. Ouais, super. Mais le fond de la politique, c'est le même. C'est-à-dire, on coupe les deux bords de l'omelette et on continue à faire la politique pour les riches au milieu. Après, je sais qu'on parlera de la taxe Zoukman, il y a beaucoup de choses à dire aussi. Mais il est peu probable qu'on n'ait pas la taxe Zoukman et que la rupture soit une rupture sur, eh bah on va... Ce que Bayrou avait commencé à dire avant, l'AME, on pourrait commencer à en parler, de l'aide médicale d'État pour les réfugiés, pour les... je sais pas quoi. Bayrou avait commencé à lâcher du laisse là-dessus, etc.

Donc je pense que le corps nu, le mec qui fait les dîners secrets avec Marine Le Pen, c'est là-dessus qu'il va lâcher sur le fond. Et en même temps, en gros, c'est le macronisme à nu, le macronisme à nu comme à poil devant son seul salut, c'est la non-censeur du RN. Il donnera rien au PS. Même si le PS est prêt à se foutre à genoux pour je sais quoi, il aura rien. Et on l'a déjà vu la dernière fois ! Mais du coup... Mais la dernière fois, il a eu un conclave, un beau conclave. Un beau conclave, hein ? On s'en rappelle du conclave. Et il s'est dit, on a eu quelque chose, on a eu un conclave. Mais vous voyez bien, il vous balade. Et c'est humiliant pour le PS.

Je trouve que c'est vraiment humiliant pour le PS de continuer. Et après, je sais qu'il y a eu Olivier Faure, tout à l'heure, j'ai écouté, qui disait, non, mais nous, si on est là, c'est pour faire un gouvernement de gauche. Il y aurait... Est-ce qu'il a été clair sur le fait qu'il n'y aurait pas de macronisme dans son gouvernement de gauche ?

13:59
Locuteur 3

Ça, il le dit, c'est hors de question. Ils disent que c'est un...

14:01
Présentateur

Donc, c'est hors de question, Olivier Faure. De quoi ?

14:04
Locuteur 3

Donc, il n'aura pas quoi que ce soit. Non, mais de toute façon, ils n'ont jamais cru, hein, en vrai. En vrai, ils ont toujours pensé qu'il fallait réclamer, parce que c'est ce qu'ils réclament depuis la fin des législatives. Parce que Macron n'a pas respecté le résultat des urnes. Et donc, maintenant, ils sont obligés de dire la même chose, mais en réalité, ils ne le veulent pas vraiment. Il suffisait de croiser deux socialistes qui soient en dehors d'un micro à la télévision pour qu'eux entendent. Non, mais surtout, s'ils nous nomment, on est vraiment dans la merde, parce qu'en plus, il faut gérer le déficit.

Et comme ils ne veulent plus gouverner avec LFI, c'est-à-dire qu'il y a 75 députés de moins à l'Assemblée nationale. Donc, en fait, ça veut dire qu'à la fin, ils ne font rien.

14:35
Présentateur

Enfin, je sais, j'ai fait comme Thomas Legrand, j'ai pris des cafés avec des gens qui m'ont dit, comme toi, bon, en fait, on ne sait pas où on va, il est peu probable qu'on soit nommé OPS, voilà. Donc, un nouveau tour de piste, mais à mon avis, là, la seule planche de salut, c'est un truc plus franc avec l'ERN. Tu penses ? Mais bien sûr. Pourtant, l'ERN n'a pas l'air chaud pour accorder sa confiance à le corps nu. Il fait monter les enchères.

Parce que, et là, je trouve que le petit système médiatique, le petit ronron, il est autour du fait que, ah, ils aimeraient bien débaucher du PS pour faire un peu de gauche, pour faire un peu de l'ouverture, mais ça va se finir comme Barnier, comme Bayrou, par un truc qui tient surtout par l'ERN. Donc, c'est la phase finale du macronisme, la phase terminale.

15:20
Locuteur 3

Enfin, c'est glauque, ce qui nous arrive, c'est glauque. Mais le truc qui change quand même depuis l'été, depuis que Macron est réarmé sur la dissolution, c'est que l'ERN, en fait, eux, ils veulent foutre le bordel pour pouvoir soit avoir une dissolution, soit une démission de Macron, parce qu'ils ne veulent pas la destitution, disent qu'ils sont trop respectueux des institutions. Ça, c'est pour mettre des taquets à LFI. Mais en gros, l'ERN, c'est ça qui change la donne pour Macron, c'est qu'en fait, il n'a plus personne vers qui vraiment se tourner. Parce que Le Pen, elle, veut déposer son recours au Conseil qu'on cite pour pouvoir être candidate le plus vite possible.

Donc, a priori, même le cornu, je ne suis même pas sûr qu'il fasse vraiment monter les enchères. Pour l'instant, Le Pen, elle a donné deux, trois lignes rouges. C'est des trucs qui sont inacceptables pour eux, qui apparaissent pour l'instant inacceptables pour le cornu. On verra comment ça évolue. En tout cas, si ça ne saute pas, ce sera le à cause du RN et grâce au RN. Surtout, c'est Macron qui se retrouve tout seul au centre, maintenant. En fait, tout le monde a bien compris que le problème de la situation politique se trouvait à l'Elysée. Donc, il faut en tirer les conséquences. Macron, démission !

16:13
Locuteur 9

Les gens sont chauds pour te suivre, Usul. Tu parlais de la taxe Zuckman tout à l'heure. Alors, je rappelle que la taxe Zuckman, il s'agit de prélever à hauteur de 2% les patrimoines de plus de 100 millions d'euros. Et en fait, ça concernerait seulement 1 800 foyers fiscaux en France. Ça rapporterait jusqu'à 20 milliards. Et évidemment, le centre, la droite, s'y sont opposés. Est-ce que la gauche, à raison d'en faire un totem, est-ce que c'est quelque chose qu'on peut porter ? Parce que là, pour ne pas tomber dans la politique politicienne, Lumi, à quel point est-ce que cette taxe Zuckman, ça doit être quelque chose d'important ou pas dans la période ?

16:51
Locuteur 7

Justement, je trouve que ça rejoint un petit peu ce qu'on disait par rapport à OPS, etc. En fait, la taxe Zuckman, c'est très bien, mais effectivement, c'est 2%. Donc, on réclame des miettes. Donc, c'est vraiment... Je trouve qu'il y a un côté qui est humiliant aussi, qu'on nous refuse de nous donner, que ce soit 2%. Et c'est Zuckman lui-même qui avait dit sur Mediapart il y a quelque temps, mais le communisme, 100%, en fait, on leur demande 2%. Et ils sont foutus de nous dire que non. C'est humiliant. Il faut qu'on aille chercher beaucoup, beaucoup plus. Et là, c'est pas possible.

17:21
Présentateur

En même temps, je suis curieux d'entendre ce que vous avez à en dire, mais j'ai l'impression que la taxe Zuckman a quand même réussi à percer dans le système médiatique. Ce qui n'est pas évident. On en parle. Zuckman est invité, etc.

17:35
Locuteur 7

Ils ont l'impression qu'ils négocient quelque chose. Mais c'est pas... Qu'est-ce que c'est ? Au bout d'un moment, alors oui, c'est intéressant que ça arrive, mais comment on ose nous dire non pour 2% ? C'est quand même ça que je trouve assez incroyable, quoi.

17:47
Locuteur 3

Emilio ? En fait, pour aller plus loin par rapport à ce que tu viens de dire, Lumi, effectivement, c'est peanuts quand même la taxe Zuckman. Juste si on prend un patrimoine à 100 millions d'euros, le rendement moyen de ce patrimoine, c'est entre 6, 7, voire 8%. Si on en prend 2, c'est-à-dire que ces mecs, ils continuent encore à s'enrichir, même si on ne leur prend que 2%. Et en fait, le problème, c'est que c'est ça qui cristallise le débat public. On parle de 15 à 25 milliards d'euros. C'est rien du tout. On est passé en 20 ans des 500 plus grosses fortunes françaises qui avaient 200 milliards d'euros. Ils sont à 1 200 milliards aujourd'hui.

Et même 25 milliards, si on prend la fourchette haute, c'est quand même pas grand-chose. Mais en réalité, c'est que le débat médiatique aussi, il se cristallise autour de ça, parce que ça les arrange de focaliser sur un truc assez petit. Quand on parle de ça, on ne parle pas de nationalisation, par exemple. On n'entend plus parler de la nationalisation d'ArcelorMittal, par exemple. Alors que c'est quand même autre chose, c'est quand même un autre rapport au capital. Et il suffit de regarder ce qui se passe sur les plateaux télé. Je ne sais pas si vous vous souvenez, à Baxit, avant l'été, on a reçu Amélie de Montchamin, la ministre du Budget. Ah oui. Voilà.

Non, pardon, ministre démissionnaire du Budget. Et en fait, on l'avait mis en difficulté assez vite, parce que, justement, elle n'arrivait pas à justifier le fait qu'il cédait absolument au chantage des ultra-riches qui menaçaient de partir. Et donc, ils sont quand même des cons. Mais pour autant, sur les plateaux de télé, les Bruno Jeudy, les Rutel-Krieff, les François-Olivier Gisbert et compagnie, quand on les écoute, et bien, voilà, on a appris que Martin hier. Et bien, globalement, c'est les mêmes éléments de langage, alors qu'on sait que tout ça est faux. Nous, on est des matérialistes. On part des faits. Les ultra-riches, c'est une étude d'une agence qui est rattachée à Matignon.

Les ultra-riches ne partent pas dans des proportions importantes. Donc, on pourrait même aller plus loin, quand même, que 2 petits pourcents, mais pourtant, c'est là-dessus que ça tient. Et donc, on parle de chaînes d'information en continu, c'est des chaînes de désinformation en continu, en fait, où on observe le même catéchisme libéral en permanence. Et c'est ça qui aseptise, en fait, le débat économique. L'économie ne sort pas du champ démocratique. Il y a eu des élections, et donc, ils sont tenus de respecter les autres.

Mais pourtant, c'est le seul moment où, en fait, comme ils se pensent dans le cercle de la raison en excluant tout le monde, et bien, voilà, ils excluent de fait les choix économiques du champ démocratique. Et ça, c'est une honte.

20:05
Présentateur

Jules, toi, tu as vu des traitements médiatiques de la taxe Zuckman qui t'ont énervé, je crois. Oui, non, mais globalement, ça m'énerve. Mais comme tu l'as dit, le communisme, c'est on leur prend 100%, mais même au-delà d'une certaine tranche, il ne devrait pas y avoir deux multimilliardaires. C'est-à-dire qu'on est en train... Non, mais j'ai envie de dire, les multimilliardaires nous amènent la guerre, comme la nuée porte l'orage, je ne sais plus quoi, là. Mais vous voyez où ça nous conduit, un pays dans la main des multimilliardaires. Ça nous conduit déjà... Ça nous conduit à des Trumps, à des machins, etc. C'est-à-dire que le capitalisme... Nous, on aurait envie de dire agonisant.

Mais il n'est pas agonisant. Il va très bien. Ces gens-là vont très bien et ils veulent que leur modèle se perpétue. Ils savent très bien qu'ils ont tout intérêt à financer ce qu'ils financent, notamment dans la fabrique de l'opinion, etc. Ils n'ont pas encore peur. Ils sont en train de nous entraîner vers la guerre, vers la guerre civile, raciale, le racisme, le je-sais-pas-quoi. Il va falloir qu'on arrive à dire une démocratie qui se porte bien... Alors, par exemple, je vais prendre un truc précis.

Quand tu entends Gabriel Attal dire au MEDEF, mais il l'a redit depuis, dire qu'il faut en finir avec le modèle social issu de 1945, là, tu fais, mais pourquoi on a fait ce modèle social en 1945 ? Pourquoi c'est des communistes et d'autres qui ont porté la sécurité sociale au sortir de la guerre ? Parce qu'on s'est posé la question de comment on fait une société, comment on crée un sentiment commun, comment on fait du politique avec ce bordel. Le social n'en est pas exclu. Il y a un certain nombre de droits que tu donnes aux citoyens. Ah, ça doit être aussi des droits sociaux, et il faut créer des institutions qui donnent les moyens de ces droits sociaux.

Donc moi, quand j'entends des gens qui disent, comme Gabriel Attal, mais c'est pas le seul, j'entendais une autre... Je vais pas dire son nom, parce que j'allais la sortir d'une insulte, mais dire... C'était danser ce soir avec Karim Rissouli, je sais pas si vous connaissez. Elle disait, la démocratie est forcément déceptive, parce que, évidemment, il y a des gagnants, il y a des perdants, et il est écrit nulle part, en fait, que tout le monde doit être gagnant, et évidemment, du coup, les gens sont fâchés, mais bon, c'est ça la démocratie. Non !

Si tu veux un système démocratique, avec des droits pour tout le monde, eh bien, il faut la sortir de droits sociaux, il faut faire un système qui soit pas trop dégueulasse, qui écrase pas les uns pendant que les autres s'éclatent, parce que sinon, ta société éclate. Et c'est ça, c'est ça la leçon, c'est ça la leçon qu'ont tiré les gens qui ont rédigé le programme issu du Conseil national de résistance, et évidemment que, derrière, ça fait 40 ans qu'ils nous sabotent tout l'héritage du CNR, mais dans les milieux patronaux, ils le disent, comme Gabriel Attal, ils disent, il faut en finir avec l'héritage du CNR. Ils le disent directement.

Ben ouais, mais c'était peut-être ça le ciment de notre vie sociale, c'était peut-être ça qui faisait que ça pétait pas. Et alors là, si tu sabotes tout ça, derrière, soit ça pète, soit, pour contenir quand ça pète, tu envoies les chars centaures, tu dis que c'est pas grave, on tape sur la gueule de tout le monde, et c'est un autre régime. C'est plus la République, c'est un autre régime.

23:24
Locuteur 9

Usul, en tout cas, je sens que t'es hyper chaud sur les impros, j'espère que, enfin, sur les imitations, j'espère que tu vas nous en faire plein ce soir. Oui, j'ai fait Attal, ouais, je peux t'en faire. Attal et même la dame de C'est ce soir-là. Non, mais je pense qu'on va être nombreux à être d'accord avec toi ce soir, mais en même temps, on sent bien à quel point cette histoire de juste 2%, juste 1800 personnes, déjà, ça crispe énormément sur les plateaux télé, et ce que je veux dire, c'est que si on veut construire un monde plus juste, il va falloir quand même convaincre les autres, et notamment les gens qui ont les moyens de faire en sorte que ça n'arrive pas.

Du coup, puisque avec Lumi, vous êtes très porté sur la critique média, qu'est-ce que vous avez pu voir peut-être ces derniers temps, Lumi, je te pose la question, à propos de cette taxe Zuckman, justement, sur comment est-ce que c'est présenté alors qu'on ne parle que de 2%, à quel point est-ce que l'offensive réactionnaire en face, elle est très solide ou pas ? Ou est-ce qu'on est en train de réussir à gagner, au moins, sur ce thème-là ?

24:20
Locuteur 7

Presque tous nos médias, déjà, sont aux mains des milliardaires, ça on le sait. Je crois que c'est 9 milliardaires qui ont quasiment la totalité de nos médias, et qui en rachètent de plus en plus tous les jours, là encore hier, je crois que c'est Brut qui a été racheté par...

24:32
Présentateur

Ça a des sur Brut.

24:34
Locuteur 7

Voilà. Tous les jours, ils rachètent des choses. Et le Parisien risque d'être... Le Parisien peut être racheté, effectivement, par Bolloré. Donc, déjà, ça n'explique pas tout, évidemment, parce qu'il y a énormément d'autres choses, évidemment, l'idéologie de la plupart... Alors là, principalement sur la télévision, mais même, on peut le voir dans la presse écrite, à la radio, etc.

24:53
Présentateur

Et Mathieu Pigasse qui rachète tous nos humoristes ! J'aimerais qu'on en parle aussi. Pardon, j'arrête.

24:59
Locuteur 7

Non, non, mais évidemment, il y a ça. En fait, il va y avoir une défense des milliardaires, parce que c'est leur patron, évidemment, mais aussi parce que c'est leurs intérêts de classe, parce que c'est des bourgeois aussi qui s'adressent à nous, et c'est eux qui défendent aussi leur statut, qui défendent leur classe, en fait, tout simplement, et qui sont prêts à aller extrêmement loin pour ça. Et on l'a vu, ils sont terrorisés, en fait, quand les gens commencent à avoir des demandes sociales, des demandes de justice fiscale, même quand on demande un minimum, ça les terrorise.

Quand les gens se mobilisent, ça les terrorise, et en fait, pour eux, il ne faut rien bouger, comme tu dis, même, il faut tout détruire de plus en plus, en disant, oui, on réforme, de toute façon, tout ça, c'est vieux, il faut passer à autre chose, il faut absolument faire des réformes et tout changer, parce que vous voyez le reste du monde, etc. Et à côté de ça, c'est vrai qu'on ne peut pas compter sur le système médiatique, et on voit, par contre, qu'on peut les faire trembler très, très vite, comme beaucoup de politiques aussi, et comme ce patronat, comme toute cette bourgeoisie, on peut vraiment les faire trembler très vite.

Mais pour ça, on ne peut pas demander des toutes petites choses. Je ne parle pas que de la taxe du Dupin, je parle de, en général, il faut vraiment que nous, si on veut négocier quelque chose, et on parle encore de négociation, on est gentil, parce qu'on pourrait aller chercher, justement, ce qu'on voudrait récupérer. Pour le coup, il faut qu'on demande beaucoup, quoi.

26:09
Locuteur 3

En fait, le contexte que tu décris, Lumi, il fait que la gauche se retrouve quand même dans une posture en permanence défensive à devoir gratter à la porte pour avoir deux petits points. Oui, mais ça, c'est possible. Alors qu'en réalité, si on compare de façon totalement factuelle, on prend le programme du nouveau Front populaire. Le nouveau Front populaire, il n'a pas un programme non plus qui renverse la table et qui renverse le capitalisme. Il est moins important, il est moins radical que celui de François Mitterrand en 1981. En fait, il faut quand même qu'on se rende compte de comment le libéralisme a aussi emmené...

La gauche a été forcée, en fait, de s'embarquer avec le mouvement du capitalisme. Et en fait, c'est ça, c'est là-dedans que se cristallise la difficulté du Parti Socialiste. Parce que le Parti Socialiste, pendant des années, c'est... Qu'est-ce que c'est le socialisme ? C'est... On va redistribuer les gains de la croissance en espérant pouvoir faire accepter à ceux qui sont opprimés le système capitaliste. Parce qu'en fait, en leur disant, vous aussi, vous êtes gagnant. Sauf que le problème, c'est que ce système capitaliste, il fait de moins en moins de gagnants. Et donc le Parti Socialiste, il se retrouve un peu en carafe. Il est là en train d'essayer de tirer, de gratter.

Mais en fait, ça ne marche pas, puisque les libéraux ne veulent même plus rien, leur accorder même pas 2 petits pourcents sur 1 800... 1 800 milliards... Non, milliardaires. Les 1 800 fortunes, ils ne veulent même plus avoir ça.

27:30
Présentateur

Je voulais vous demander à tous les trois comment vous voyez la suite dans les mois qui viennent. Est-ce que vous pensez que le cornu va tenir ? Est-ce que vous pensez qu'on va avoir une dissolution ? Est-ce que vous pensez qu'il va réussir à négocier quelque chose soit avec le RN, soit avec le PS ? Comment vous voyez les choses ? Je pense qu'il va tenir avec le RN. Point de... Voilà, point. OK. Voilà. Et que ça va se poursuivre. Moi, je vais rebondir juste sur le programme du NFP. Le programme du NFP, et même la taxe Zuckman, et même ces trucs-là. En vrai, on gagne du temps. Et ce qui est intéressant dans le programme du NFP, c'est... En fait, ce qu'il nous faudrait, c'est avoir le pouvoir.

Ça ne changera pas la donne, fondamentalement. C'est-à-dire qu'on continuera... Vous imaginez bien que n'importe quel Premier ministre NFP arrive, que ce soit Jean-Luc ou qui que ce soit, arrive au pouvoir, il se fait pilonner sur tous les médias privés, mais tous, mais de Bouygues à femme actuelle. Ça va être bourrin. Et ça va être très, très compliqué d'exercer quoi que ce soit.

28:27
Locuteur 7

Par contre... Oui, mais on pourrait changer des trucs comme l'ARCOM. On pourrait effectivement prendre... Par contre, ça donne quelques pouvoirs

28:33
Présentateur

pour justement désamorcer des pouvoirs que la bourgeoisie a dans les médias, dans la mainmise qu'ils vont avoir sur quelques... Il va falloir dérégler leur machine. On ne va pas dérégler le capitalisme avec le programme du NFP. On va faire du palliatif, et il faut le faire. Il y a plein de choses à faire qui sont de toute façon urgentes. Remettre à flot certains services publics, autant que faire se peut, retaxer un petit peu. Mais ça n'inverse pas la vapeur. Mais il faut le faire. Mais ça n'inverse pas la vapeur.

Là où il faut inverser la vapeur, si jamais la gauche, à un moment, arrive au pouvoir, à la gauche, que vous avez vue sur cette scène tout à l'heure, je parle de cette gauche-là, c'est qu'il va falloir mettre au pas l'influence des capitalistes sur notre vie politique. Dans les médias, dans les lobbies, dans tout ça, il va falloir arriver à créer une étanchéité entre le... Mais non, mais vraiment ! Ça, c'est l'urgence. Parce que ça, c'est la bataille d'après. Et que sinon, on est condamnés à... Mais vous les voyez autour de nous, les démocraties libérales, se faire rouler dessus, voire renverser.

Parce qu'à force d'être libéral, en disant « tout s'achète », ben non, tout s'achète peut-être pas. Il va falloir qu'à un moment, on sanctuarise deux, trois trucs. Les médias, l'éducation, la santé, et qu'on redise non. L'éducation nationale aussi. L'éducation, il va falloir aussi re-sanctuariser plein de choses. Donc, la tâche urgente du NFP, en effet, le NFP n'aurait peut-être pas les moyens de directement faire la politique dont le pays a besoin, vraiment. C'est-à-dire, ça paie le pouvoir économique de la bourgeoisie, mais au moins, ça paie son pouvoir politique. Ça devrait être son urgence.

30:18
Locuteur 9

De toute façon, on va poser pas mal de questions politiques à notre... Et on en parlera avec Corbière, je pense. Avec Alexis Corbière, tout à l'heure. Évidemment, il va y avoir aussi deux autres personnes qui vont venir témoigner des luttes en cours. Lumi et Emilio, dans votre boule de cristal, qu'est-ce que vous voyez par rapport aux semaines à venir ? On a entendu tout ce que disait Usul sur l'importance de gagner la bataille politique sur le fond. Qu'est-ce qui peut nous attendre dans les semaines à venir ?

30:42
Locuteur 7

C'est ce que je disais tout à l'heure. Je ne sais pas tellement qu'en dire. Parce que, voilà, à part faire un peu du commentariat, etc., je ne saurais pas vraiment... Effectivement, je suis assez d'accord. De toute façon, on ne peut rien en espérer. Il ne faut rien en espérer. Je ne vois même pas comment on peut avoir pu envisager d'attendre quelque chose. Comment on a pu se dire « Ah, peut-être qu'on aura droit à ceci ou cela. » Effectivement, le programme du NFP, encore une fois, c'est rien. On demande peut-être des bases, ce qui devrait être des bases, on demande de protéger des choses qu'on a déjà, mais qu'en fait, on a tout perdu. On est en train de tout perdre.

Donc, on est en train d'essayer de récupérer des trucs qu'on perd. Et donc, effectivement, il y a non seulement garder ce qu'on a, mais aller chercher de nouvelles choses, le plus possible, le plus loin possible. Et là, pour le coup, il faut vraiment... Je ne vois pas, en fait... Malheureusement, je ne vois pas comment ce gouvernement... Là, les gouvernements actuels... Il y a la question de... Est-ce que Macron, pas Macron, etc., mais c'est aussi plus profond que ça, quoi. C'est vraiment, est-ce qu'on veut rupture et tout ça ? Est-ce qu'on veut sortir aussi vraiment de ce système néolibéral ou pas ? Et là, vraiment, qu'est-ce qu'on demande ?

Et il faut qu'on le demande très, très fort si on veut en partir. Et je pense que c'est urgent qu'on en sorte quand on regarde la situation actuelle, quand on pense à l'international, etc. Et voilà, qu'on se mette aussi peut-être dans cette lutte internationale qu'on essaie de changer, pour le coup, profondément le truc. Je ne dis pas que c'est facile, mais clairement, on n'a pas la solution immédiate. Mais pour le coup, là, ce qui va se passer dans les semaines à venir, j'avoue que, entre guillemets, ça ne m'intéresse pas tellement. J'ai envie qu'on aille plus loin, qu'on aille voir plus loin que ça, quoi.

32:08
Locuteur 3

Emilio ? Je n'ai pas de boule de cristal, mais je ne suis pas d'accord avec Ujul. Moi, je pense qu'il va y avoir une dissolution assez rapide parce qu'en réalité, je ne vois pas comment le corps nous tient. Je pense qu'au vu du niveau de défiance, en réalité, dans le pays pour la politique macroniste... Je ne crois pas qu'il est prêt à tout céder au RN ? Non, je ne pense pas. Je pense qu'en fait, il prépare déjà la dissolution et qu'il parie sur la division de la gauche justement pour essayer de se refaire la cerise ou alors de mettre carrément le RN au pouvoir en essayant de jouer le résistant depuis l'Elysée. Ça, pour moi, je n'ai pas de boule de cristal, mais je vois les choses comme ça.

Par contre, il y a aussi ce qu'on peut espérer. Et on a eu les prémices avec le 10 septembre. Ce qu'on peut espérer, c'est quand même un mouvement social d'ampleur. Ça a commencé et on sait très bien que la gauche n'a arraché des victoires que grâce aux mouvements sociaux. Et donc, il y a le 18 et ça va recommencer le 18. Et ça continuera plus tard. Il y a une marche climat aussi à la fin du mois parce que le climat, on n'en parle plus jamais. Jamais, jamais, jamais. Alors que c'est quand même ce qui nous menace. On l'a encore vu cet été. Et donc, c'est comme ça que les choses pourront bouger parce que c'est comme ça que ça a toujours été.

33:06
Locuteur 9

Mais de toute façon, on va dire qu'il y a quand même... Alors, je ne sais pas si c'est comme ça qu'on peut le dire pour autant, mais est-ce qu'il n'y a pas un boulevard qui s'ouvre là pour la gauche entre effectivement le 18 et la nécessité qu'il y ait un mouvement populaire qui puisse s'installer ? Moi, vraiment, le 10 septembre et là potentiellement le 18, ça m'a vraiment fait penser aux Gilets jaunes, mais avec tout de suite les syndicats, avec tout de suite les partis politiques qui s'investissent. Et donc, cette envie viscérale d'aller dans la rue pour dire stop, je n'en peux plus. J'ai l'impression qu'il est là ce mouvement. Et ça, mais pour la gauche, c'est du pain béni.

Il faut réussir à faire en sorte de se nourrir de ce mouvement-là pour réussir à faire quelque chose derrière. Et n'oublions pas que dans quelques mois, il y a les municipales. Et les municipales, c'est aussi ça qui donne de l'argent aux partis. C'est aussi ça qui permet de changer concrètement les choses, le quotidien des gens. Est-ce que ça, ce n'est pas un formidable motif d'espoir de se mobiliser pour réussir à changer les choses, finalement, à courte durée, avec les municipales en ligne de mire ?

34:04
Locuteur 7

Il faut à tout prix que ce mouvement, il dure le plus possible. En fait, c'est ça. Nous, on est en train de faire la fête. Donc, je n'arrive pas à savoir ce qui se passe. Je regarde un petit peu dans les boucles et tout ça. Donc, moi, région lyonnaise, du coup. Et je vois que ça se mobilise toujours, qu'il y a toujours des AG, qu'il y a toujours des marches et tout ça. Et c'est vrai qu'à la fois, on est content de faire la fête ici. En même temps, ça fait culpabiliser aussi de ne pas être sur le terrain, de voir un petit peu tout ce qui se passe. Mais c'est chouette de voir que ça n'a pas retombé.

J'ai l'impression que si on regarde les médias, ça nous donne l'impression que c'est tout de suite retombé. C'était le 10 et hop, on passe à autre chose. Moi, je ne crois pas. En tout cas, en région lyonnaise, il y a des trucs qui se font. Et pour le coup... Il y a plein de lyonnais, apparemment. Non, pour le coup, c'est ça qui est super important. C'est ce qu'on disait. C'est-à-dire qu'on ne peut pas faire tous les samedis ou tous les mercredis ou une fois par semaine. Il faudrait qu'on puisse que ça dure en se relayant, évidemment. On sait très bien que tout le monde ne peut pas être mobilisé tous les jours.

Mais on se relaie les uns les autres et que ça dure le plus possible et qu'on soit vraiment sur la durée, tous les jours, sur le terrain, jusqu'au 18, mais après... Et en fait, jusqu'à ce qu'on décroche quelque chose. Et on voit bien aussi que le fait qu'il y ait entre guillemets... Enfin, qu'à la fois, on soit organisé, mais qu'en même temps, ce soit des mouvements, entre guillemets, désorganisés. C'est-à-dire que la préfecture ne peut pas vraiment contrôler, etc. Ça les terrifie. C'est-à-dire que ça se passe dans toute la France. Ça se passe... On a vu, en tout cas, dans les grandes villes, dans toutes les rues. C'est pas les manifestations classiques et tout ça.

Et ça, la police, ça la déstabilise. Ça déstabilise les politiques, ça les fait flipper. Et c'est hyper important. C'est vachement bien, ce genre d'action. Il faut vraiment qu'on les mène le plus possible et le plus fort possible.

35:36
Présentateur

Il y a aussi... Cet été aussi, on a vu quelque chose qui n'est pas nouveau, mais qui s'accélère. C'est la montée en puissance de l'extrême droite dans le monde. Aux Etats-Unis, on l'a vu en... Attends, on n'a pas fini sur le 10, si ? Non, mais après, on a des invités pour en parler avec des invités après. Ah, merde. Attends, c'est une super émission, vachement bien écrite et tout. Moi, je voulais t'interroger sur...

35:56
Locuteur 9

Tu l'arrêtes de tout casser !

35:57
Présentateur

Non, mais moi, je suis d'accord, j'avais des choses à dire encore. Si t'as un truc à dire, vas-y, j'avais un truc à dire pour donner de l'espoir, parce qu'il y a des gens, là, il y a des gens qui sont en lutte et tout. Je voudrais juste dire un truc. C'est que ce qu'on est en train de vivre, là, cette lutte-là, c'est la lutte contre quelque chose qu'on n'a pas résolu. T'as la chute du mur, les espoirs qui s'effondrent, etc. Et la première grosse baston, et les anciens s'en souviennent, c'est 95. C'est-à-dire, ça commence à déglinguer les services publics, les régimes spéciaux. Ça, c'est l'avancée du néolibéralisme. À l'époque, ça recule un petit peu, c'est Juppé, c'est le début de Chirac.

Et puis ensuite, t'as d'autres luttes, les mouvements des chômeurs, le mouvement social se reconfigure, c'est plus le PCF, à ce moment-là, en effet, qui mène la charge principale. Le mouvement se reconfigure, puis t'as les alter-mondialistes. Et puis après, tu vas avoir d'autres luttes. Mais c'est toujours la même question, c'est toujours le même problème qui n'est pas résolu, qui est, qu'est-ce que les capitalistes sont en train de faire à notre société ? Qu'est-ce qu'ils sont en train de faire à nos services publics ? À nos conditions de travail ? À nos salaires ? Et ça, on résiste, on a mené plein de luttes. Certaines ont été victorieuses, d'autres non. Les retraites, etc.

Et là, on ne vit jamais qu'un autre épisode de cette même longue lutte qui a 30 ans. Alors ça peut être désespérant, mais moi, je me rassure souvent en me disant « Les arbres ne montent pas jusqu'au ciel. Ils ne vont pas nous avoir comme ça pendant encore 60 ans. Ce n'est pas possible. » À un moment, il y a un point de rupture. Ça fait 30 ans que nous, on lutte dans ce sens-là. J'ai bon espoir que cette lutte-là du 10 septembre, elle est inventive, elle est nouvelle, elle est hybride. Il y a des choses qui viennent des gilets jaunes, il y a des choses qui viennent du mouvement syndical.

Il y a des choses qui viennent de la rue, du mouvement étudiant, des gens qui crament des poubelles, des lycéens qui les mettent devant les portes de leur lycée pour les bloquer. Il y a une société qui est en tension. Et bon, il y a peut-être des marxistes dans la salle. Vous savez ce que c'est que les contradictions d'un système qui, au bout d'un moment, il faut bien les résoudre. Et bien là, pour moi, ça fait 30 ans qu'on est en train d'essayer de résoudre les contradictions de ce système. On a fait tout. On a fait Occupy Wall Street, les indignés, les machins. C'est toujours la même question qui est posée. C'est le rapport entre le capital et la société.

Et bien peut-être que cet épisode-là, il est dans cette longue lutte-là. C'est peut-être pas l'épisode dernier. Par contre, il pousse toujours dans le même sens. Et on n'est pas morts. On n'a pas dit non. Et on va continuer à dire non. Et heureusement qu'on est là. Et bravo à tout le monde. Et on va y arriver. On va y arriver. Allez, abattez la citadelle. Ça, c'est gratuit. Ne cédez sur rien. On va en reparler. On va en reparler du 10 septembre avec des personnes qui luttent et qu'on va recevoir sur le plateau. Mais avant ça, je voulais quand même vous entendre tous les trois sur l'international fasciste. Ça aussi, c'est quelque chose qui monte de plus en plus.

On le voit aux États-Unis avec les dingueries Donald Trump. On le voit peut-être de manière concentrée avec Netanyahou en Israël et ce qu'il fait à Gaza. Quel regard vous portez sur l'été qu'on vient de passer du point de vue de l'international fasciste ?

39:05
Locuteur 3

Eh bien, on sait qui le capital soutient lorsque le capital a à faire un choix. C'est-à-dire que dans tous les pays où concrètement les libéraux, ce qu'on appelle les capitaines d'industrie, les géants de la tech, etc., eh bien dès qu'ils ont à faire un choix entre Hitler et le Front populaire, ils choisissent systématiquement Hitler. Voilà, c'est ça la leçon de l'été. Et on le voit avec Donald Trump. On le voit avec Netanyahou. On le voit avec Victor Orban. C'est la même chose en Argentine. C'est la même chose partout, systématiquement. Et le problème, c'est qu'on commence à le voir en France. On a des gens, lorsqu'ils sont revenus de l'investiture de Trump, qui s'appelle Bernard Arnault.

Bernard Arnault s'est dit « Ah, mais c'est quand même pas mal, il y a un vent d'espoir qui souffle aux États-Unis. » On la voit, la bascule. Je sais que c'est le livre de l'été, tout le monde en parle. D'ailleurs, il sera là demain matin, c'est Johan Chapoutot, « Les irresponsables ». Comment une société bascule ? Il y a des similitudes. On n'est pas dans les années 30, mais il y a quand même des similitudes. Et là, c'est la tech. Aujourd'hui, on le voit aux États-Unis, c'est eux qui décident, parce qu'en fait, c'est des gens qui ont la main sur le débat public. Les milliardaires, ils achètent les médias, ils ont la main sur le débat public.

Et donc, l'international fasciste, c'est comme ça qu'elle continue à vivre. Et les géants de la tech qui ont fait le baise-main à Donald Trump, d'ailleurs. Oui, non mais exactement. C'est Zuckerberg, c'est Musk, etc. Parce qu'en fait, ceux qui leur offrent des perspectives de continuer à gagner, de continuer à s'enrichir, parce que c'est ça l'objectif des capitalistes, évidemment, s'enfonce une porte ouverte. Parce que la gauche, elle veut leur prendre. Donc, qui est-ce qui leur permet de continuer à accumuler alors que la plupart des gens subissent ces répressions ? Eh bien, ce sont les fascistes, parce qu'eux, ils répriment davantage et qu'ils permettent de maintenir un système.

40:40
Présentateur

D'ailleurs, juste une incise, je fais juste une incise là-dessus, parce qu'on parlait de... Vous avez vu cette vidéo où vous voyez tous les plus grands patrons, les mecs les plus riches du monde, en train de dire à Donald Trump qu'il est génial, et lui dire merci, merci monsieur Donald Trump. T'as des impressions de Corée du Nord complètement folle, avec l'autre derrière qui est là. Bravo, notre grand leader, vous nous avez permis de... Et c'est les mecs les plus puissants du monde. Et chez nous, on vient nous dire que l'État n'est pas capable de leur faire payer un peu d'impôts, là-bas, il leur fait lécher les pompes de... Mais c'est pareil, Poutine, avec ses oligarques.

C'est-à-dire, à un moment, ces gens-là, comment ils font de l'argent, ces milliardaires, si ce n'est en pillant l'État et en... Et pour ça, il leur faut des complices dans l'État. Quand l'État leur dit stop, quand l'État les met à genoux, et ils se mettent à genoux, en fait. Et ça, c'est aussi une leçon du trumpisme, c'est que les milliardaires, ils ne sont pas partis, ils ne partent pas, ils vont à la gamelle. Et la gamelle, c'est l'État ! Et la gamelle, c'est nous ! Donc, voilà, celui qui tient l'État, il tient aussi ses milliardaires. L'oumi ?

41:44
Locuteur 7

L'international fasciste, elle va aussi beaucoup avec des choses très concrètes, des politiques vraiment de suprémacisme, des persécutions racistes. Il y a des conséquences réelles qui sont... Enfin, voilà, qui touchent énormément de monde, les personnes trans, les femmes. On voit qu'il y a de plus en plus de droits qui sont détruits. Et ça va très, très, très vite. Voilà, je ne parle évidemment même pas du régime de Netanyahou. Voilà, enfin, ça dépasse absolument tout. Ils se soutiennent tous les uns les autres et ils sont tous complices avec ça. Et il y a aussi, ça s'accompagne aussi d'une véritable persécution des opposants politiques qui va de plus en plus loin.

Et évidemment, de tout ce qui ressemble un tout petit peu à quelque chose de gauche, et on le voit encore plus là ce week-end, enfin, ça n'arrête pas. Et la France accompagne ça très bien, d'ailleurs, de criminaliser de plus en plus les personnes de gauche, tous les opposants politiques, toutes les personnes, ne serait-ce qu'un peu critiques. On ne parle pas des communistes, on parle juste des personnes qui vont essayer de dénoncer ces choses-là. Non seulement il y a volonté de les faire taire, mais aussi de plus en plus, en fait, oui, quand je dis persécutés, c'est les enfermer, il y a des déportations, il y a toutes sortes de choses. Et ça va très, très loin, en fait.

Et ça va très, très vite.

42:49
Présentateur

Et on a l'impression que face à ça, l'Europe est complètement coincée, alors que ça devrait être l'identité de l'Union européenne, la défense des droits humains et la démocratie. On a une Europe qui est coincée, qui n'ose pas emmerder Benjamin Netanyahou, qui n'ose pas emmerder Donald Trump, qui ne sait rien dire, qui ne sait rien faire. Au contraire, qui va faire le baise-main à Donald Trump, comme l'a fait Ursula von der Leyen avec la négociation des accords de libre-échange.

43:12
Locuteur 3

Mais en réalité, en Europe, il y a une marche à suivre, et ce n'est pas des gauchistes, c'est l'Espagne. L'Espagne, ils prennent des mesures. Ils font ce qu'ils peuvent, dans le contexte qu'ils ont... Je tenais absolument quand même à avoir un mot surgarde, parce qu'on parle de l'international fasciste, on la voit concrètement à l'œuvre avec un génocide qui est en cours. Et il faut en parler, parce qu'effectivement, la France s'apprête à reconnaître l'État de Palestine. C'est une bonne chose, c'est ce qu'on réclame, mais il ne faut pas qu'on oublie que ceux qui le réclament depuis le départ, c'est nous, c'est ici, c'est à la fête de l'Huma, c'est d'ailleurs, c'est la gauche qui le réclame.

Parce que la gauche, elle a compris que pour l'obtenir, c'est par le rapport de force. Alors elle le fait avec ses moyens, et donc c'est pour ça que je vais avoir une pensée aujourd'hui pour ceux qui essayent de briser le blocus à Gaza, ceux qui sont sur la flottille de la liberté. J'ai un collègue qui s'y trouve, Émilie Urbach, il n'est pas tout seul, ils sont attaqués.

C'est difficile, on sait que c'est symbolique, que ça ne changera pas tout, mais c'est grâce à ça qu'on met la lumière aujourd'hui sur ce qui se passe, et pour arrêter ce silence coupable, parce qu'on doit agir, et merci à vous ici, parce que c'est la fête de la Palestine aussi, et merci à tous ceux qui êtes là, et tous ceux qui crient Free Palestine. Merci.

44:22
Locuteur 9

Et j'en profite pour dire qu'Adèle Haenel sera en direct sur la fête de l'Huma demain, depuis la flottille de la liberté. Donc vous pourrez demain écouter Adèle Haenel en direct. Et juste, je rebondis sur ce que tu dis, Emilio, parce qu'effectivement, ce qui se passe en Espagne, donc avec ce gouvernement d'alliance de gauche, ce ne sont même pas les plus radicaux, mais par contre, ils sont en train de prendre une série de mesures pour faire en sorte que, par exemple, il y ait du boycott des produits, des colonies, tout un tas de choses.

Là, peut-être que si vous suivez le sport et la vuelta, ils poussent pour faire en sorte que l'équipe israélienne soit exclue, et en fait, moi, ça me rappelle, alors, je n'étais pas née à ce moment-là, mais quand même, ça me rappelle l'apartheid avec l'Afrique du Sud. Évidemment, on voit bien ce qui se passe à quel point, enfin, l'Ukraine, etc., et à quel point est-ce que les pays européens ne se positionnent pas du tout de la même manière. Eh bien, l'Espagne, c'est un très bon exemple, porteur d'espoir de, finalement, ce n'est pas si difficile que ça, de prendre des positions, et un gouvernement de gauche, eh bien, ça fait ça aussi, et ça fait du bien.

45:33
Présentateur

Non, et puis, moi, je vous le dis, l'international fasciste, c'est aussi en France. La France n'est pas une île, la France n'est pas extérieure, et en France, on a un péril massif qui est l'extrême droite, qui est le premier parti de France, le Rassemblement national, qui est loin devant dans les sondages, et c'est quelque chose qui devrait mobiliser la société par-delà les militants antifascistes qui sont le public de la fête historique. On a, je trouve, quelque chose qui menace de manière grave, on le voit dans les médias, on le voit avec la pression...

45:59
Locuteur 7

C'est le maillot qui a déjà commencé les persécutions racistes et tout, ça a déjà commencé...

46:02
Présentateur

Les rafles, les rafles, ouais. Donc, il faut se battre, et on continuera à se battre, évidemment. Attends, moi aussi, je veux dire un truc sur les fachos. Je peux ? Vas-y, vas-y, vas-y. Non, parce que, moi, par exemple, je trouve, l'Europe est en dessous de tout sur la Palestine, il n'y a pas à chier une seconde. Encore que, bon, il y a eu des réactions, de temps en temps, t'as Macron qui se réveille, qui dit, on va faire un truc, à un moment, on va faire un truc, ouais, ok. L'Espagne et quelques autres, quand même, font le boulot. Mais, globalement, c'est pathétique, et t'as honte que ce soit ça, nous, notre modèle.

Et là, je sais pas, le dernier truc où je me suis dit, mais vraiment, mais jusqu'où on va aller dans le déshonneur, c'est, on fait un communiqué, on va en parler juste après, à mon avis, on fait un communiqué au Quai d'Orsay, là, pour dire que Charlie Kirk, la mort de Charlie Kirk, on est triste, on est désolé.

46:53
Locuteur 9

Explique qui est Charlie Kirk, parce que tout le monde ne sait pas.

46:55
Présentateur

Je pense qu'ici, tout le monde sait que Charlie Kirk n'avait aucune responsabilité au gouvernement d'où que ce soit. Charlie Kirk est un influenceur d'extrême droite américain, certes, proche du trumpisme, etc. Le mec, en effet, il s'est pris une balle, sans doute par un autre maga d'une autre branche, mais enfin bon, on verra plus tard, mais apparemment, c'est plutôt parti pour ça. Et alors, nous, au nom de la liberté d'expression de je sais pas quoi, on a fait un communiqué officiel qui est d'Orsay, machin. On est très tristes. Alors, les fachos sont même allés jusqu'à demander à ce qu'il y ait une minute de silence dans le Parlement européen. Il faudrait peut-être pas non plus pousser.

Mais je me suis dit, ça dit beaucoup de... Parce qu'il faut voir comment Charlie Kirk parlait notamment de l'Europe. Ça dit beaucoup de notre vassalisation. Est-ce qu'on est vassalisés, vraiment ? Est-ce qu'on est des chiens des Etats-Unis ? Et s'il se passe un truc, on chiale pour eux. Ils ont beau nous traiter comme un paillasson, on va continuer à... Alors même que... Et même à faire un mot officiel de notre gouvernement pour un influenceur d'extrême droite. On fait ça maintenant, nous ? C'est très très bizarre. Donc, on est pris en sandwich entre cette espèce de... Oui, de vassalisation qui est en partie aussi économique. On est vassalisés parce que...

Qu'est-ce qu'on fait sans les gars-femmes ? Est-ce qu'on est autonome sur un certain nombre de points stratégiques, y compris de notre économie ? Et à côté de ça, on a Poutine. Alors là, on comprend un peu mieux quand même. Parce que c'est quand même un peu plus évident que c'est un méchant. Lui, il s'attaque directement à nous. Il nous fait des faux tags chez nous. Là, récemment, il y a les affaires de tête de porc qui ont été retrouvées un petit peu partout. On a retrouvé, apparemment, c'est plutôt signé 4-16, le truc. Et là, on voit un peu plus. Mais alors, sur les Etats-Unis... Donc, on est pris en étau par les fachos américains et les autoritaristes poutiniens. Je ne sais pas quoi.

Est-ce que l'Europe, ça veut encore dire quelque chose ? Est-ce que notre modèle... Est-ce que faire des grands mots sur nous, quand même, c'est la liberté, c'est les droits de l'homme, je ne sais pas quoi, ça vaut quoi à l'épreuve des faits ? Donc là, il y a un sursaut. Mais, Isul, je propose

49:07
Locuteur 9

qu'on continue d'en parler avec les... Je ne veux pas te couper, mais termine ta phrase, mais il faut vraiment qu'on en discutera après.

49:13
Présentateur

Et y compris en France. En France, il y a plusieurs moments où on a su réagir là où d'autres n'ont pas réagi. Je pense aux années 30 où nous, on ferait le Fonds populaire pendant que d'autres font les fascistes. Je pense même aux années 80 où on va élire François Mitterrand à Contre-temps, là où tous les autres sont partis en mode Reagan-Thatcher. est-ce que la France, par sa culture politique particulière, par le fait qu'on a des trucs comme la fête de l'humain, allez, on continue à lécher le cul des gens qui sont là.

Mais comme une culture de gauche solide, comme un mouvement ouvrier, comme un mouvement social, comme une culture de gauche vraiment solide dans ce pays, une culture révolutionnaire aussi, nous ne l'oublions pas, fait qu'on a une voix un peu différente. Est-ce qu'on va tenir bon ? Est-ce que l'Union Européenne va tenir bon aussi parce que la voix de la France va être différente de celle de certains de ses voisins ? On l'espère. Et pour ça, on va s'arrêter là, mais ça demande... Merci, monsieur. On verra effectivement comment ça évolue. En tout cas, chers amis, vous êtes toujours sur l'émission Backseat Saïra. Est-ce que tout va bien ?

50:10
Locuteur

Oui.

50:13
Présentateur

Merci à vous d'être là, que ce soit en ligne sur Twitch ou ici à la fête de l'Huma à l'Agora. On l'a dit, cette rentrée est aussi une rentrée de lutte avec la journée du 10 septembre qui a eu lieu et la journée du 18 septembre qui arrive. On a voulu recevoir sur ce plateau des personnes en lutte pour venir nous en parler. Un tonnerre d'applaudissements pour Baptiste et Thomas ! Alors, Baptiste, tu as 31 ans, tu es en reconversion professionnelle pour devenir pâtissier après plusieurs années en bureau d'études et tu habites à Lille. C'est ça. Merci d'être avec nous, cher Baptiste. Et on est également avec Thomas.

Thomas Druon, tu as 33 ans, tu es technicien chez Enedis, bâtisseur de la fête de l'Humanité et secrétaire général du syndicat CGT, Énergie, Garonne et Tarnes. Merci, cher Thomas, d'être venu au pied levé. Tu remplaces une syndicaliste CGT qu'on voulait recevoir mais qui a eu peur de la répression syndicale. On lui envoie énormément de force et on la remercie quand même d'avoir voulu venir. Merci à tous les deux d'être avec nous. On avait très envie de vous entendre parce que vous avez un rapport à la mobilisation sociale et à l'engagement politique qui est très différent. Racontez-nous un petit peu comment vous avez vécu votre 10 septembre, votre mobilisation.

Baptiste, toi c'était ta première mobilisation ?

51:51
Locuteur 4

Oui, c'est ça. C'était ma toute première manifestation, mobilisation sur le terrain. Et alors, tu as fait quoi ? Alors, concrètement, j'ai eu des contacts avant cette mobilisation. Avant le 10 septembre, il y a eu plusieurs AG qui sont passés à Lille et c'est là où je me suis un peu plus politisé sur le terrain. Avant, j'étais déjà politisé depuis environ 5-6 ans.

52:15
Locuteur 8

Quand tu dis politisé,

52:16
Locuteur 9

ça veut dire que tu ne votais pas, par exemple ?

52:17
Locuteur 4

Tu ne suivais pas

52:18
Locuteur 9

beaucoup les infos ?

52:19
Locuteur 4

Si, je votais mais un peu en suivant mes parents au tout début et ensuite, je me suis un peu plus renseigné. Je n'étais vraiment pas du tout dans la politique et c'est en regardant des contenus, notamment YouTube, etc., les réseaux sociaux et grâce à des potes de travail qui m'ont politisé là-dessus. Par la suite, sur les réseaux, j'ai vu qu'il y avait des AG à Lille et c'est là que j'ai décidé de les rejoindre, de sauter le pas après cette année mouvementée qui allait crescendo. Du coup, c'est là que j'ai voulu manifester.

52:59
Présentateur

Comment tu l'as vécu ta toute première manifestation ?

53:02
Locuteur 4

Ça s'est très bien passé. Forcément, un peu d'appréhension mais j'avais déjà des camarades sur place, j'avais déjà des contacts grâce aux AG. Et c'est grâce à ces contacts que j'étais avec Révolution Permanente

53:19
Présentateur

entre autres

53:20
Locuteur 4

et ils m'ont tout de suite bien accueilli et on a discuté, on a marché pendant environ 4 heures.

53:29
Locuteur 8

Vous vous êtes fait taper dessus par la police ou pas ? Parce que si tu ne te fais pas taper dessus, c'est que ce n'est pas une vraie manifestation. Il paraît.

53:34
Locuteur 4

Non, je n'étais même pas préparé pour ça. Je n'avais rien. Non, non, j'étais un peu juste derrière avec eux et au bout de 4 heures, on a vu de la fumée au fond, on a vu que ça commençait à gazer, que les policiers ont commencé à tirer de la crimogène. Donc, effectivement, on a pris chemin en travers pour partir au bout de 4 heures. Donc, ça s'est globalement bien passé vu qu'on était derrière et c'est à peu près tout.

54:02
Présentateur

Thomas, toi, tu es un peu plus habitué. Je le disais, tu es syndicaliste CGT. Comment tu as vécu ce 10 septembre qui était un mouvement étrange au début venu d'Internet qui n'appelait pas spécifiquement un mouvement de type syndical habituel ? Comment tu t'es greffé à ça ? Comment ça s'est passé ?

54:17
Locuteur 2

Moi, sur le 10 septembre, j'étais déjà sur la fête puisque je suis bâtisseur au comptoir des énergies sur le forum social. Mais on a les collègues qui sont en grève conductive depuis le 2 septembre sur tous nos chambres fédérales. Et donc, forcément, dès le 2 septembre, dans toutes nos assemblées générales, la question du 10, elle s'est posée immédiatement. Et après en avoir discuté dans nos assemblées générales, le mouvement s'est construit naturellement et on a appelé à rejoindre les manifestations et les initiatives organisées et à préparer la suite de notre lutte également. Mais le 10 faisait partie de notre cheminement.

54:57
Présentateur

On va parler de la suite de la lutte, effectivement, avec la journée du 18, notamment. Les chroniqueurs, si vous avez des questions à poser à nos invités, surtout, n'hésitez pas.

55:06
Locuteur

Oui ?

55:06
Présentateur

Oui ? Vas-y, vas-y, vas-y.

55:10
Locuteur 7

Non, j'avais posé une question très bateau. Mais oui, du coup, comment ça s'est passé, la mobilisation pour vous ? Parce que... Ben, pardon.

55:17
Locuteur 9

Qu'est-ce que vous avez mis dans la rue ? Pourquoi est-ce que ce jour-là, vous êtes allé, vous êtes descendu dans la rue ?

55:23
Locuteur 7

Qu'est-ce qui a été l'élément déclencheur un petit peu qui a fait que, ben là, il fallait y aller et de rejoindre, en fait, ce mouvement ?

55:30
Locuteur 4

Je pense que c'est quand même ma politisation au crescendo face à tous les événements qui sont déroulés suite aux législatives et au non-respect des élections. Ce qui a fait que je me suis de plus en plus renseigné. J'ai, on va dire, j'ai donc scrollé et j'ai vu tout ce qui se passait. Je me suis plus renseigné et c'est là que j'ai trouvé un peu plus de comptes Instagram qui parlaient dès le 10 septembre et j'ai décidé de rejoindre l'AG. C'est tout un processus long avec toute une liste de revendications qui commençaient, comme vous avez mentionné avant.

56:06
Locuteur 7

Des revendications, du coup, qui vous parlaient, c'est ça ?

56:10
Locuteur 4

Oui, c'est ça. C'est sur les salaires, ça peut être sur la sécurité sociale. Moi, je touche environ 900 euros de chômage et je suis en stage donc non rémunéré donc ça me touche quand même pas mal. Et donc, oui, le chômage, suite à une fin de période d'essai, pas à mon initiative. Et donc, c'est ça. Enfin, toutes ces raisons professionnelles aussi, comme je ne rentrais pas dans le moule du travail, j'ai eu des mauvaises expériences. Donc, c'est par là que je me suis politisé et puis après, quand on voit la politique.

56:45
Locuteur 9

Donc, c'est entre un ras-le-bol, un ras-le-bol, on va dire, lié à ta situation professionnelle et puis aussi, cette histoire des élections qui t'ont poussé quand même dans la rue.

56:53
Locuteur 4

Oui, c'est un tout. C'est vraiment, tout est lié. De toute façon, tout est politique. Donc, c'est un tout qui m'a politisé et toutes ces revendications qui devraient être normales mais qui ne le sont pas, malheureusement.

57:08
Présentateur

Moi, j'ai une question pour les deux, en fait, qui n'est vraiment pas polémique mais qui est une question qui est beaucoup revenue sur les plateaux télé où ils nous ont beaucoup dit à partir du moment où Mélenchon a dit qu'il soutenait l'Odys, ça va démobiliser les gens. Donc, j'ai une question et ça pourrait être vrai pour le syndicaliste comme pour celui qui n'était pas engagé en politique avant. Est-ce que vous avez perçu cet effet-là, peut-être pas pour vous mais autour de vous, est-ce qu'il y a eu un effet ? Est-ce qu'il a pété le truc Mélenchon ou pas ?

57:42
Locuteur 2

Moi, je n'ai pas eu l'impression, non. Il y a eu un ras-le-bol citoyen qui s'est exprimé. Peu importe ce que dit Mélenchon. Au contraire, d'ailleurs, de ce qu'on a pu voir dans la rue et ce qui a pu se passer un peu partout, sincèrement, je n'ai pas l'impression que ça ait démobilisé quoi que ce soit, non.

57:55
Locuteur 7

De toute façon, oui, c'est la gauche qui très vite a repris le mouvement en fait et qui a finalement posé des revendications plutôt de gauche donc effectivement que Mélenchon ait parlé ou pas ça n'aurait peut-être pas changé grand-chose.

58:07
Locuteur 4

Moi, c'était plutôt que je regardais la team, donc la page du team et c'est ceux qui ont créé On ne veut plus et c'est grâce à eux que je me suis un peu mobilisé en partie et c'est la brèche.

58:20
Locuteur 9

Et du coup, Thomas, là où les mouvements organisés avaient d'abord regardé d'un très mauvais oeil le mouvement des gilets jaunes alors parfois il y avait eu des convergences parfois non toi, comment ça s'est passé avec la CGT ? Est-ce que vous avez tout de suite dit on y va et peu importe finalement qui a déjà dans ce mouvement qu'est-ce qui fait la différence avec par exemple le mouvement des gilets jaunes pour le 10 septembre et potentiellement pour le 18 ?

58:46
Locuteur 2

On a peut-être fait une erreur nous au moment des gilets jaunes on s'est posé certaines questions on s'est peut-être freiné là on y est allé directement et en fait les syndicalistes c'est des citoyens donc s'il y a un mouvement citoyen on prend notre part pleinement là-dedans et nous on bataille aussi parce que même si on est en lutte en ce moment pour l'augmentation de nos salaires on y est aussi pour la baisse de la facture des usagers donc en fait on y était pleinement cette journée-là elle était pleinement faite pour nous aussi et le reste de l'année on se bat aussi pour le service public en général donc pour nous ça avait tout son sens

59:21
Locuteur 9

Et toi c'est quoi ton parcours militant ? Comment est-ce que t'en es arrivé à te syndicaliser ? Donne envie aux gens de prendre leur carte un petit peu dans l'assistance

59:30
Locuteur 2

Alors moi j'ai été embauché en septembre 2014 donc chez ERDF à l'époque et en octobre j'étais syndical à la CGT j'avais eu la chance de passer deux années d'apprentissage avec plein de collègues des plus jeunes des plus anciens qui nous ont raconté l'histoire de la CGT l'histoire de nos entreprises aussi et d'où elles viennent donc c'est super important et naturellement après l'adhésion première prise de participation aux premières initiatives des prises de responsabilité en local assez rapidement et puis le cheminement il a suivi

1:00:02
Présentateur

Alors c'est quoi la suite les gens sont chauds pour le 18 ?

1:00:08
Locuteur 2

Alors nous on a toujours des piquets de grèves qui sont installés partout en France donc en grèves conductives depuis le 2 septembre et ça va faire

1:00:15
Présentateur

Avec l'idée que ça va monter au 18 ?

1:00:17
Locuteur 2

Et bien là l'idée c'est de continuer au moins jusqu'au 18 d'aller partout dans la rue le maximum de nos collègues dans la rue aux côtés de tous les autres et ça se construit encore cette semaine Et le 18 Baptiste toi tu iras ?

1:00:32
Locuteur 4

Oui bien sûr maintenant que j'ai fait la première manifestation le plus dur est passé parce que j'avais un peu cette appréhension Après on y prend goût C'est ça le problème

1:00:41
Locuteur 9

Tu avais peur de quoi ? Quand tu parles d'appréhension

1:00:49
Locuteur 4

qu'est-ce qui te traînait le plus ?

1:00:51
Locuteur 9

La répression ?

1:00:52
Locuteur 4

Ce soit la répression et puis surtout je n'avais pas de contact avant la manifestation donc c'est un peu bête pour la ministre des retraites je n'ai pas forcément voulu faire grève et dans ma boîte non plus il n'y a pas grand monde qui a fait grève je crois qu'il n'y a qu'une seule personne Et pour quelles raisons ? Pour quelles raisons ?

1:01:13
Locuteur 3

Pourquoi toi et tes collègues vous vous êtes dit à ce moment-là ce n'est pas le moment d'aller dans la rue j'imagine qu'il y avait des pressions dans l'entreprise qu'est-ce qui fait que la mobilisation soit venue ici avec le 10 septembre et pas au moment de la réforme des retraites ?

1:01:26
Locuteur 4

Je pense que le 10 septembre ça englobait quand même beaucoup beaucoup de sujets par rapport à la fronte des retraites qui est un seul sujet enfin je crois et c'est ça qui fait qu'on en parle beaucoup plus sur les réseaux

1:01:36
Présentateur

Dans les grands médias on entend qu'il n'y avait pas de mot d'ordre clair pour le 10 C'est quoi le mot d'ordre qui revenait le plus ? Parce que ça ça les rend un peu confus il n'y a pas d'interlocuteur clair il n'y a pas de mot d'ordre central Qu'est-ce que vous vous avez entendu et qui vous pour le 10 en particulier Ouais c'est pas mal

1:01:57
Locuteur 4

Macron démission le cornu Il y a ça il y a l'histoire des deux jours fériés qui était un leurre aussi mais sinon il y a toutes les autres revendications qui sont tout à fait justes sur le pouvoir d'achat etc et c'est vraiment du salaire

1:02:18
Locuteur 7

On parlait

1:02:18
Locuteur 4

du salaire oui bien sûr

1:02:19
Locuteur 9

Et est-ce que à votre avis là c'est une question un peu posée à tout le monde que ce soit les chroniqueurs ou les invités est-ce que pour vous ce mouvement du 10 septembre il a été une réussite très vite effectivement sur les plateaux télé on a entendu ah il n'y a eu que 20 000 personnes à tel endroit c'est un échec etc on sentait qu'il y avait une vraie volonté de tout de suite qualifier ça d'échec comment est-ce que vous vous l'avez vécu est-ce que c'est un début est-ce que c'est une vraie réussite est-ce que c'est un échec comment vous le voyez

1:02:47
Locuteur 3

de toute façon les médias qui sont détenus par les médias ont tout intérêt à présenter cette mobilisation comme un échec on racontera que le 10 est un échec on racontera que toutes les suivantes sont un échec sauf si ça s'amplifie vraiment en réalité on jugera de la réussite de ce mouvement un que s'il est massif et il continue c'est pour ça d'ailleurs qu'à l'humain on a titré jeudi ce n'est qu'un début parce qu'aussi on espère que ce ne soit qu'un début et deux si justement il arrive à accentuer ce rapport de force pour obtenir ceux dont parlait Baptiste du pouvoir d'achat la fin de le cornu et de ses budgets austéritaires et du suivant et de celui d'après et de celui d'encore après potentiellement etc donc aujourd'hui c'est un poteau pour crier à la réussite mais en tout cas il faut le dire ce n'était pas un échec il y avait 250 000 personnes au minimum le problème c'est qu'un mouvement

1:03:37
Présentateur

qui s'appelle bloquons tout met la barre très très haut en termes de succès c'est à dire que si tout n'est pas bloqué c'est difficile de dire que c'est un succès je pense qu'il y avait aussi cette difficulté là moi je pense que c'est un début je ne pense pas que ça a été un succès je ne pense pas non plus que c'était un échec je pense que c'est un début que le mouvement du 18 va pouvoir embrayer et amplifier je pense qu'il y aura plus de monde dans le mouvement du 18 que dans le mouvement du 10 et on verra ensuite ce que ça donnera pour les mouvements suivants

1:04:02
Locuteur 7

après qu'est-ce qu'on appelle une réussite si la réussite et le succès c'est on renverse le gouvernement on installe complètement autre chose bon là ok le fait de juste mobiliser énormément de gens en fait on l'a bien vu même par exemple pour la réforme des retraites on avait tendance à dire on n'a rien obtenu ça n'a servi à rien etc on sait bien que si ça sert toujours même si c'est désespérant parce que justement ça politise des gens ça ramène des gens à la politique ça permet en fait d'avancer même si on a l'impression qu'on fait énormément d'efforts et qu'on se bat beaucoup pour rien du tout en fait c'est pas rien derrière c'est quand même ça sert toujours en fait ça nous sert toujours après oui c'est à nous de se battre pour l'amplifier le plus possible ceux qui en ont la possibilité bien sûr faire la grève c'est hyper important et c'est formidable voilà que tu puisses y avoir des mouvements de grève qui se lancent et oui alors peut-être que ça n'a pas été complètement toute la France ça n'a pas été toute bloquée mais après on va avoir l'espoir que c'est que le début

1:04:51
Présentateur

le problème du mouvement du 10 septembre c'est qu'il a aussi souffert de la comparaison avec le mouvement des gilets jaunes qui a été massif très rapidement dès le mois d'octobre pas beaucoup plus

1:04:59
Locuteur 7

il y avait autant de policiers il n'y a pas un changement d'échelle il y avait presque autant de policiers la répression policière était déjà énorme à peine la présence policière était importante les gens qui se mobilisent par exemple pour la première fois maintenant ils ont affaire à des policiers qui sont aussi dans un état pas possible qui sont très très très nombreux c'est peut-être pas non plus la même chose

1:05:19
Locuteur 3

vous vous en pensez quoi les gars parce qu'en fait c'est juste un truc

1:05:22
Présentateur

le mouvement du 10 l'organisation du mouvement du 10 l'annonce du 10 même le préavis de grève de FO qui dit dès le 1er septembre tout ça ça a fait tomber Bayrou ça a fait tomber Bayrou je ne pense pas du tout mais si ça a fait paniquer Bayrou qui a dit allez moi je vais précipiter mon truc de vote de confiance je ne sais pas quoi ça a fait paniquer

1:05:44
Locuteur 3

Bayrou est-ce que vous prenez la chute de Bayrou comme la première victoire du mouvement justement mais oui Bayrou et son budget de crevard bien sûr laisse les parler

1:05:53
Locuteur 4

c'est vrai que c'est juste le début je ne vois pas ce que ça change parce que s'il met quelqu'un d'autre comme le cornu ou autre ce sera la même chose qu'avant donc pour moi c'est vraiment une toute petite étape de ce qu'il y a à faire si on va aller beaucoup plus loin

1:06:09
Locuteur 9

j'aimerais savoir peut-être un petit peu par applaudissement les gens qui se sont mobilisés le 10 et du coup parce que je suis persuadée comme toi Jean qu'il va y avoir encore plus de monde le 18 est-ce qu'il va y avoir des gens qui n'étaient pas mobilisés le 10 qui vont se mobiliser le 18 quand même un petit peu donc globalement tout le monde va sortir le 18 quoi c'est ça

1:06:37
Locuteur 3

et même vous avez une mission c'est ramener une personne qui ne s'est jamais mobilisée comme ça on sera encore plus nombreux

1:06:46
Présentateur

et toi Thomas alors comment ça se prépare le 18 les AG continuent

1:06:56
Locuteur 2

les AG continuent c'est la mobilisation elle est toujours à la hauteur c'est une date qui est attendue parce que quand on est en reconductible ça peut être compliqué aussi donc on est intelligent dans la grève et les camarades ont besoin d'avoir des dates fortes comme celle-là et nous on sait que cette date-là elle va mettre la pression à nos employeurs de toute façon on est là pour faire chier nos patrons donc on va essayer de faire le plus possible et puis ce qui nous permet d'avoir un peu plus une perspective intéressante et d'emmerder encore plus nos patrons c'est ce qui est en ligne nous depuis ce matin donc il y a une pétition qui est en ligne sur le site du Sénat et si elle atteint le nombre de signatures minimum ça va faire...

1:07:41
Locuteur 9

Vous prenez bien comme ça devant toi comme ça ça sera pris par la caméra

1:07:43
Locuteur 2

voilà donc le Sénat sera obligé de se saisir donc c'est une pétition pourquoi ? donc c'est une proposition de loi de Fabien Ngué qui a été travaillée avec notre fédération la FNME CGT et qui ferait en sorte de baisser la TVA sur les factures d'énergie de 20% à 5,5% donc c'est ce qu'on expliquait on se bat pour nos salaires mais aussi pour les usagers

1:08:03
Locuteur 9

Oui et c'est vrai qu'avec ce qui s'est passé autour de la loi Duplon et du coup du nombre de signatures qui a explosé on a bien vu qu'effectivement une mobilisation presque digitale ça pouvait effectivement faire reculer un projet gouvernemental en tout cas dans une certaine mesure

1:08:22
Locuteur 2

Oui exactement et puis ça nous a permis aussi de démontrer que même si on réclamait parce qu'on sait l'expliquer les potes savent l'expliquer en local nos boîtes elles sont en capacité d'augmenter nos salaires et également de faire baisser la facture des usagers donc c'est aussi important pour nous et ce que je disais tout à l'heure ça rejoint notre bataille de tous les jours c'est systématique c'est toute l'année c'est le service public pour les usagers Alors on l'a dit se mobiliser dans la rue

1:08:47
Présentateur

c'est difficile à cause de la répression policière est-ce que toi tu constates que dans l'entreprise aussi c'est difficile de se mobiliser est-ce qu'être syndicaliste c'est plus dur qu'avant ?

1:08:56
Locuteur 2

Alors j'ai pas un comparatif énorme mais il y a des nouvelles choses qui ont été mises en place qui nous empêchent de militer correctement par rapport à avant la loi la loi travail de Macron qui nous met en place les IRP où on perd la plupart de nos prérogatives en tant que représentant du personnel c'est quelque chose qui a été très compliqué et on le subit encore aujourd'hui donc ouais c'est aussi compliqué dans la boîte et on a eu nous suite à la réforme la bataille contre la réforme des retraites les plus de 1000 syndicalistes qui ont été inquiétés qui se sont retrouvés dans des commissariats dans des tribunaux ou nous par exemple dans des conseils de discipline chez nous donc ouais ouais on l'a senti on a encore une camarade du syndicat de la Rochelle qui était convoquée qui était au commissariat il y a une semaine donc on voit que ça s'accentue un petit peu

1:09:43
Présentateur

les copains ouais vous la sentez comment cette mobilisation du 18

1:09:50
Locuteur 7

est-ce que le fait justement je rebondis juste très rapidement mais je pense que le fait peut-être de savoir aussi du coup comme le 10 ça a été on va dire on en parlait des semaines avant etc pareil le 18 est-ce que le fait de savoir aussi qu'il va y avoir beaucoup de gens on va dire qui vont être derrière vous etc ça aide aussi à se dire bah là il y a plus de force à ce moment là parce qu'évidemment ce que tu viens de dire ça n'empêche toutes les pressions syndicales et ça dépend évidemment des endroits et tout ça mais aussi de se dire bah là il va y avoir plusieurs personnes qui vont se mobiliser dans différents secteurs etc et ça peut faire une force plus forte et peut-être esquiver entre guillemets un petit peu plus les pressions que quand on est tout seul isolé quoi

1:10:31
Locuteur 2

ah bah c'est sûr que là le niveau de rapport de force il est pour nous et on travaille tous les jours à continuer à le faire grandir donc forcément ça crée une émulation et on a tendance des fois sur le départ des mobilisations à s'attendre un peu à regarder à côté et là on sent que c'est parti et j'aurais dit nous ce qui se passe nous dans nos branches depuis début sept ans et on a la chance dans notre nous dans notre syndicalisme de tous les jours à la CGT d'avoir une forte solidarité surtout dans la lutte donc ça va peser et je pense que ça va nous permettre d'avoir une belle journée le 18

1:11:02
Présentateur

et puis il faut un peu de temps aussi pour aller chercher chaque collègue y compris ceux qui doutent parce qu'ils sont jeunes ils viennent d'arriver ou qu'ils sont vieux et que la retraite est pas loin et c'est un peu c'est ce que j'ai entendu je me suis retrouvé embarqué dans une AG de cheminots le 10 et eux ils n'étaient pas partis en grève dans cette gare là et ils racontaient à quel point bon pour le 18 ils construisaient en fait une grève ça se construit donc là en l'occurrence il y a encore quelques jours y compris vous autour de vous pour convaincre les gens autour de vous évidemment que là vous êtes à la fête de l'humain c'est bien on est entre gens qui s'intéressent à ces choses là qui se passionnent pour ces choses là qui envoient l'enjeu mais autour de vous je pense que la haine de Macron ça marche bien et au delà de la réforme des retraites de la taxe Zuckman ou machin parce que c'est vrai que là on est sur des objectifs un peu lointains on veut changer de modèle en gros c'est pas juste la réforme des retraites y'a pas un mot d'ordre qui est si clair que ça surtout parce qu'on a changé de premier ministre etc on veut changer de monde en fait et c'est difficile parce que derrière y'a les questions de logement de coût de la vie de machin c'est dur de trouver le truc comment on c'est quoi le truc qui convainc et là je parle à l'un comme à l'autre c'est quoi c'est en finir avec Macron comment tu prends la chose pour l'expliquer à quelqu'un qui est peut-être moins dedans t'accélères riche oui c'est un mot d'ordre

1:12:26
Locuteur 4

oui c'est même un début après on peut aller plus loin encore on peut je t'en prie on peut reprendre les moyens de production enfin c'est je pense

1:12:36
Présentateur

et toi t'as été approché par ceux de Révolution Permanente

1:12:42
Locuteur 4

je les ai connais

1:12:43
Présentateur

depuis seulement une semaine et oui et bah ils ont fait du bon boulot

1:12:47
Locuteur 4

comment ça se passe d'ailleurs je suis d'accord

1:12:51
Présentateur

comment ça se passe parce que toi encore une fois c'est intéressant Baptiste on voulait te recevoir sur ce plateau parce que tu es un primo mobilisé c'est ta première mobilisation c'est la première fois tu fais partie donc tu es approché par un groupe qui s'appelle Révolution Permanente à Lille comment ça se passe avec eux c'est des discussions c'est des boucles Whatsapp tu les revois souvent ?

1:13:07
Locuteur 4

non pour l'instant j'ai pas vraiment officiellement rejoint c'est juste que j'ai des contacts et on discute c'est tout et après ça va se faire précisément au fil du temps et j'essaie juste un peu plus de m'éduquer et faire en sorte de ne pas me laisser faire par ce système

1:13:26
Locuteur 3

et c'est une question qui s'adresse aussi à tous les deux on le sait il y a ce qui se joue dans la rue mais il y a aussi ce qui se joue dans les institutions qu'est-ce que vous attendez aujourd'hui des partis de gauche et est-ce que vous les trouvez à la hauteur de la situation et si vous avez un message pour eux ils vous écoutent peut-être

1:13:40
Locuteur 2

alors nous pour ce qui nous concerne il y en a au moins un avec qui on travaille régulièrement et je parlais de la proposition de loi par exemple qui est portée par Fabien Guay

1:13:50
Locuteur 8

le parti communiste du coup

1:13:52
Locuteur 2

oui tout à fait mais c'est une question qui revient souvent et c'est ce qui nous permet aussi des fois d'expliquer la mobilisation aux collègues qui ne veulent pas se mobiliser et qui ne comprennent pas tout à fait que la CGT puisse sa place mobilisée sur un sujet de société si on n'a pas nous cet outil là de transcription dans la loi de certaines victoires qui peuvent être gagnées dans les entreprises on ne pourra pas passer à cette fameuse étape la deuxième de transformer la société et c'est un des petits créneaux qui peuvent nous aider à aller à la rencontre des collègues et leur expliquer qu'en fait il y a les deux parties les deux champs et qu'on ne peut pas en faire qu'un seul si on veut que ça fonctionne

1:14:29
Présentateur

et toi Baptiste ? pardon j'ai oublié la question ton rapport avec les partis politiques de gauche qu'est-ce que t'attends encore des politiques ? est-ce que t'attends quelque chose ou pas du tout aussi ?

1:14:40
Locuteur 4

je suis encore en hésitation pour les partis politiques je ne sais pas du tout sur quoi me positionner en tout cas moi j'essaie de militer sur le terrain pour l'instant et après on verra parce que le vote présidentiel c'est juste une partie du jeu politique donc non pour l'instant pas spécialement d'opinion

1:15:03
Présentateur

est-ce que tu avais voté aux dernières législatives ?

1:15:06
Locuteur 4

ouais j'avais voté LFI dans ma commune je crois qu'il n'y avait pas tellement d'autres choix non plus ça s'appelle l'union de la gauche

1:15:15
Présentateur

à gauche il y en avait qu'un normalement c'était le bon vieux temps c'est vrai qu'il y avait ça il ne sera peut-être pas comme ça la prochaine fois

1:15:23
Locuteur 4

on verra

1:15:24
Locuteur 3

tu voulais demander un truc Emilio ? non non parce que tu disais que tu n'allais pas forcément t'engager dans les partis mais est-ce que tu les trouves à la hauteur ?

1:15:33
Locuteur 4

à la hauteur en tout cas les partis de gauche c'est sûr que le PS ce n'est même pas en discussion mais LFI c'est à voir franchement c'est dur à dire avant qu'il soit élu à quoi s'attendre c'est à dire pourquoi pas je ne sais pas

1:15:52
Présentateur

et qu'est-ce que vous avez pensé du traitement médiatique de la journée du 10 septembre ? est-ce que vous avez regardé un petit peu les JT ? est-ce que vous avez regardé un peu les chaînes d'info en continu ? qu'est-ce que vous en avez pensé ?

1:16:02
Locuteur 2

alors regardez non pas trop puisque je le disais on était déjà sur le montage de la fête mais des premières images déjà on voyait autant voire plus de forces de l'ordre que de manifestants donc ça donnait un peu aussi une idée de la trouille qu'ils pouvaient avoir là-haut parce que sinon on ne met pas autant de toutes ces forces pour sécuriser les manifs et après j'en ai pas vu beaucoup plus sur le traitement médiatique j'en ai lu suffisamment un peu trop habitué voilà tout dépend de quels médias on décide de suivre et quelles lignes et puis toi

1:16:40
Locuteur 3

tu avais déjà le meilleur média et le meilleur traitement médiatique ici donc voilà exactement est-ce que vous pensez

1:16:45
Présentateur

que le traitement médiatique je pose la question au chroniqueur est-ce que vous pensez que le traitement médiatique du 18 sera différent de celui du 10 parce que c'est une mobilisation à l'origine des syndicats

1:16:53
Locuteur 3

oui je pense que ça compte ils aiment bien jouer Macron il le dit régulièrement notamment au moment des gilets jaunes et après la réforme des retraites il dit non mais les manifestations organisées par les syndicats elles se tiennent toujours bien ils savent organiser on a un interlocuteur donc ils peuvent essayer de mettre en concurrence en fait les mobilisations aussi pour faire peur pour diaboliser ceux qui se mobilisent avec le mot d'ordre de Boulot-Contou pour circonstruire ça à des manifestations syndicales et éviter en fait une forme de convergence des luttes entre des gens qui sont déjà habitués au combat et à manifester et à faire grève et d'autres peut-être qui sont des primo manifestants donc en fait c'est ça le danger c'est qu'eux de toute façon ils ont intérêt à enfoncer un coin dans les mobilisations pour de toute façon que les convergences ne se fassent pas donc ils ont intérêt à traiter un petit peu mieux en réalité la mobilisation du 18 et c'est là où en fait il va falloir faire bloc aussi ensemble pour éviter et contrer ce récit parce que c'est un récit qui est puissant qui est relayé on va pas le répéter par tous les milliardaires et les médias qu'il possède etc mais ça fait partie du sujet

1:17:52
Locuteur 9

Toi Baptiste il y a des journalistes qui sont venus à votre assemblée générale c'est ça ? Est-ce que de France Inter si je ne dis pas de bêtise ?

1:18:00
Locuteur 4

C'est France Inter et France Illusion

1:18:01
Locuteur 9

Et comment est-ce que ça s'est passé derrière quand tu as vu le reportage est-ce que tu as trouvé ça juste ? Comment tu as évalué ça ?

1:18:09
Locuteur 4

Ils ont juste gardé quelques passages après ils n'ont pas été autorisés à rester dans l'AG ils ont juste interviewé des gens qui voulaient bien être évovés bon ils nous ont quand même filmé en fond on voit ma tête mais sinon à part ça ils ont passé juste 2-3 extraits ça a duré 20 secondes après ils sont passés à autre chose Qu'est-ce qui vous donne

1:18:31
Présentateur

de l'espoir pour l'avenir ?

1:18:34
Locuteur 4

Ces manifestations-là Ouais Déjà le fait que ce soit qu'il y ait beaucoup de grèves de blocages c'est ça qui fera plier je pense le pouvoir parce qu'avec les manifs des retraites on a vu que ça n'a pas trop bien marché même si ça m'a politisé moi en plus voilà mais oui il y a plus d'intensification des mouvements ça donne de l'espoir

1:18:55
Locuteur 2

Thomas ? Je dirais que j'ai l'impression qu'il y a de plus en plus de prise de conscience surtout dans la jeunesse on voyait un peu moins nous avant et moi j'ai la chance d'être sur la fête de l'Huma avec tous les collectifs jeunes de notre fédération et on se sent bien alors ça fait quelques temps maintenant mais je pense que c'est un signal qui est hyper positif prise de conscience des enjeux et aussi plus de conscience politique que ce qu'on a pu connaître il y a quelques temps

1:19:23
Présentateur

C'est vrai que la sociologie du mouvement du 10 septembre a aussi été analysée comme un mouvement particulièrement jeune et beaucoup d'étudiants il y avait des lycéens mobilisés c'est quelque chose qui est assez intéressant qu'on n'avait pas forcément retrouvé dans le mouvement des gilets jaunes après j'arrête de les comparer je vous promets oui parce que c'est l'écueil dans lequel sont tombés beaucoup de commentateurs à ce moment là notamment dans les grands médias c'est à se raccrocher à est-ce que c'est et d'ailleurs il y a beaucoup plus de parallèles qui ont été faits avec les gilets jaunes qu'avec ce que ça a fini par ce à quoi ça a fini par ressembler à savoir le mouvement des retraites ou même nuit debout au moment de la loi travail scélérate de Hollande etc avec une sociologie en effet alors ça ne veut pas dire qu'il n'y avait personne notamment dans l'ouest de la France dans les villes moyennes etc il y avait du monde mais comme dans la réforme des retraites comme au moment de la réforme des retraites donc en effet ils ont beaucoup focalisé et je l'ai vu dans les JT parce que je ne vous cacherai pas qu'on a regardé avec attention pour rhinocéros comment les gens racontaient ça notamment Léa Salamé et quelques autres et on voyait un focus sur en fait ça les arrangeait bien le moment où c'était un message confus sur les réseaux le bloquons tout le ne payez pas par carte bleue et c'est ça qu'ils sont allés vérifier est-ce que le pays a vraiment été bloqué alors qu'ils avaient dit qu'ils bloquaient tout et qu'on n'allait pas payer bah non les gens ils ont quand même fait leur course bah oui évidemment oui les gens ils ont allé faire oui s'il y a besoin ils ont allé faire c'était pas ça c'était déjà devenu autre chose et ça faisait un bout de temps c'était devenu autre chose et vous avez fait semblant de croire que c'était encore un truc bizarre avec Francis Lalanne ou Eric Cantona qui dit qu'il faut pas et qu'il faut retirer l'argent des banques non c'était plus ça depuis longtemps

1:21:04
Locuteur 9

t'as eu une imitation de Cantona ou de Lalanne ?

1:21:06
Présentateur

non je suis pas fouteux malheureusement mais non c'était plus et ils ont continué à faire comme si c'était un truc bizarre ah le truc bizarre a échoué non c'est devenu un truc qui a beaucoup plus à voir avec Nuit Debout et avec le mouvement des retraites on arrive à la fin de notre échange Baptiste où est-ce qu'on peut te retrouver sur la fête de l'Humain ? je crois que tu se tiens à un stand

1:21:28
Locuteur 4

à la fête d'Humain oui je tiens un stand à Nanterre je suis bénévole à Nanterre comme ministre de Nanterre

1:21:34
Présentateur

allez retrouver Baptiste merci beaucoup Baptiste et Thomas d'être venus bon courage pour la lutte

1:21:41
Locuteur 9

merci bravo bon courage merci beaucoup et surtout on se retrouve le 18 septembre dans la rue évidemment Baptiste et Thomas on va désormais accueillir notre invité politique Alexis Corbière député de la 7ème circonscription de Seine-Saint-Denis ancien membre des Insoumis et fondateur de l'association pour la République écologique et sociale après bonsoir Alexis Corbière

1:22:06
Présentateur

bonsoir Alexis Corbière

1:22:08
Locuteur 9

alors le fait parce que j'ai écouté beaucoup de débats depuis le début de la fête de l'humanité évidemment on est là pour échanger pour discuter on n'est pas d'accord avec tout mais par contre on se respecte on n'est absolument pas comme les fascistes évidemment donc on ne se censure pas évidemment les uns les autres on s'écoute et quand on est d'accord on crie c'est très bien voilà mais je vous propose que le débat se déroule de la meilleure des manières possible donc bonsoir Alexis Corbière

1:22:40
Locuteur 5

bonsoir ça va

1:22:41
Locuteur 9

ça va et vous comment ça va

1:22:42
Locuteur 5

impeccable impeccable

1:22:44
Locuteur 9

très bien vous avez circulé un petit peu dans les allées de la fête

1:22:47
Locuteur 5

c'est une énorme fête je sais que les communistes ils disent tout le temps que la fête de l'humanité il y avait plus de monde que l'année dernière mais je crois que c'est vraiment exact cette année il y a énormément de monde partout et comme un couillon je me suis fait une entorse il y a 10 jours et la fête de l'humanité quand on a une entorse c'est douloureux parce que les chemins sont mais c'est super j'espère que tout le monde passe une belle fête

1:23:08
Locuteur 9

alors Alexis Corbière on va tout de suite vous questionner mais on ne va pas y passer trop trop de temps parce qu'on en a déjà parlé avant longuement dans l'émission l'arrivée de Sébastien Lecornu à Matignon comment est-ce que vous en quelques mots vous jugez son arrivée il parle de rupture et pas uniquement sur la forme qu'est-ce que ça dit de la stratégie de Macron cette nomination

1:23:32
Locuteur 5

le mot a été dit par plein d'autres il y a un côté provocation moi j'avais dit il était ministre de la défense il reste désormais premier ministre de la défense mais du macronisme il est là pour ça dans un moment il faut comprendre la séquence dans sa globalité il y a eu 33 millions d'électeurs qui sont venus à l'occasion des élections législatives il faut remonter 40 ans en arrière 1986 pour avoir une élection législative où il y a une telle participation donc il y a un haut niveau de participation et donc d'une certaine représentativité on nous dit souvent personne n'a vraiment gagné on peut en discuter mais il y a une force qui a réellement perdu c'est Emmanuel Macron il tombe à 6 millions d'électeurs indiscutablement ils ont pris une reince à ces élections et ils venaient de la prendre deux mois avant ou un mois avant à l'occasion des élections européennes et depuis il y a un entêtement de la part d'Emmanuel Macron qui ne le fait pas seulement par caractère même si le personnage a l'air d'être assez entêté il défend une politique et il veut la défendre coûte que coûte alors on a eu Barnier on a Bérou et la singularité c'est que le cornu c'est la continuité de ça alors je vous annonce il va y avoir une différence de style c'est un gros malin il va vouloir dire qu'il discute qu'il faut changer qu'il est à l'écoute mais bon globalement il va de soi qu'il est là pour que le macronisme continue alors que le macronisme est défait alors comment je le prends moi je me suis bagarré vous m'avez invité moi je suis un unitaire aujourd'hui la force que nous avons réalisé et je m'adresse aux plus jeunes qui sont dans la salle qui est un exploit politique la capacité qu'on avait déjà fait à la NUPES en 2022 de refaire le nouveau fonds populaire en 2024 c'est à dire que toute la gauche dans sa globalité de Philippe Poutou jusqu'à qui vous voulez même Hollande tout le monde s'est réuni pour faire des candidatures communes non mais

1:25:13
Présentateur

c'est pas le meilleur exemple

1:25:15
Locuteur 5

pourquoi on a fait ça ?

parce que nous sommes aussi en train de vivre un moment très particulier de l'histoire de notre pays pour la première fois depuis 1945 l'extrême droite peut l'emporter par les urnes c'est un moment particulier de l'histoire du pays c'est un moment particulier de l'histoire de la classe ouvrière on ne peut pas par rapport à ça avoir une réponse stratégique qui est la même que ce qu'on a eu précédemment donc je suis favorable à ce qu'on maintienne ça et ce que je voulais te dire c'est qu'il va de soi que je pense que dans la mesure où cette coalition cette coalition magnifique du nouveau fonds populaire est arrivée en tête Emmanuel Macron aurait dû nommer l'un d'entre nous à Matignon pour que nous puissions mettre en place un gouvernement et je vais le dire clairement quand moi je dis l'un d'entre nous c'est quelle que soit la formation politique dont il fait partie il aurait choisi un PS un PC un écolo ou un insoumis je réapplaudis l'un d'entre nous c'est tout le monde gouvernement nouveau front populaire pour essayer d'avancer parce que les nôtres ils attendent qu'on mette en place une politique conforme à leurs besoins augmenter les salaires abroger la réforme des retraites

1:26:22
Locuteur 3

je comprends que vous ne pouvez pas dire autre chose depuis 2024 mais est-ce qu'en réalité ce n'est pas un peu du théâtre est-ce que vous voulez vraiment gouverner aujourd'hui au vu de l'état 1 du rapport de force institutionnel et 2 l'état de la gauche il suffit de parler quelques minutes micro-éteint avec un responsable politique de tous ceux qui disent on veut le pouvoir pour qu'ils disent en réalité s'ils nous nomment on est dans la merde non non non attends deux choses

1:26:48
Locuteur 5

premièrement ce qui est du théâtre et je le dis avec verve ici c'est de surjouer à l'heure actuelle des grands désaccords au sein du nouveau front populaire j'indique vraiment et croyez-moi en vérité jamais la gauche même le PS n'a été

1:27:04
Locuteur 7

entre le NPA et

1:27:06
Locuteur 5

oui mais même on n'a jamais été aussi proches programmatiquement jamais été aussi proches programmatiquement donc je n'accepte pas quand l'extrême droite fait aujourd'hui quasiment on a vu plus de 10 millions de voix législatives quand Marine Le Pen est au second tour de l'élection présidentielle qu'on surjoue le fait qu'on ne peut plus désormais être unis ça c'est du théâtre et un théâtre pardon et sur la question de gouverner alors et la question de gouverner il va de soi que si nous avions été en responsabilité le gouvernement je pense n'aurait pas tenu longtemps mais on aurait pu selon moi pendant les quelques semaines ou les quelques mois on était en responsabilité montrer à des millions de gens comment quand le NFP est en responsabilité il ouvre un chemin qu'est-ce qu'on aurait fait selon moi d'entrer commencer par décret augmenter le SMIC d'entrer 1600 euros d'entrer par décret abroger la réforme des retraites il y aurait eu un rapport de force dans le pays mais qu'est-ce qu'on aurait fait et je le dis en respectant les organisations syndicales les autres se seraient mobilisés contre nous et on aurait appelé la mobilisation à dire mobilisez-vous pour défendre ce gouvernement qui va mettre en place cette politique je pense que ça aurait terminé par une dissolution mais on aurait créé les conditions non mais soyons clairs mais on aurait ce que je veux dire c'est que on est dans un moment où il n'existe aucune solution stable rien ne durera nous sommes devant quelque chose qui va se dénouer très fortement la question c'est comment nous arrivons à créer un rapport de force qui fait que la force électorale et sociale qu'on a constituée l'année dernière 9 millions de voix du NFP ne se disloquent pas et deuxièmement comment nous amenons à nous des millions d'autres personnes si on veut gagner la prochaine élection présidentielle et je pense que c'est le seul objectif acceptable à se fixer je dis bien non pas de faire un bon score non pas d'être en tête de la gauche mais l'emporter à l'occasion de la prochaine élection présidentielle parce que si ce n'est pas nous ça risque d'être l'extrême droite nous devons rassembler 17 à 18 millions de voix donc nous devons nous adresser à des millions de gens qui pour l'instant n'ont pas voté pour nous et nous ne pouvons le faire qu'en mettant en application quelque chose où les gens se disent avec eux ça va changer c'est pourquoi si on avait été en responsabilité même pendant quelques semaines ou quelques mois on aurait pu créer ce rapport de force où les gens se disaient il faut les aider parce qu'avec eux ça change vraiment ça aurait été un gouvernement de combat un gouvernement tremplin mais qui aurait permis qu'on ne soit pas dans la posture non non surtout pas ne faisons rien tout va se régler à la prochaine notamment élection présidentielle ce qui me semble un peu sec par rapport à la période

1:29:35
Présentateur

Alexis tu dis toi même qu'aucune solution n'est stable

1:29:39
Locuteur 5

notamment quand on regarde la tronche de l'Assemblée nationale est-ce que le NFP a les moyens de gouverner ? je le répète on est aujourd'hui 192 on aurait pu sans aucun doute commencer en mettant en place selon moi des dossiers sur lesquels on est majoritaire sur la question de l'abrogation de la réforme des retraites même dans cette assemblée on est majoritaire vous avez suivi ?

avec le RN oui mais je le dis à ce micro avec le RN et alors j'ai un RN à foutre moi j'abrogerai la réforme des retraites avec le diable s'il le faut j'abrogerai cette réforme on ne peut pas non mais que les choses soient claires je ne vais pas dire que je n'abroge pas la réforme des retraites parce que c'est avec le RN ce dont on parle c'est de la vie de 33 millions de salariés donc oui on l'aurait fait

1:30:20
Présentateur

sur les autres sujets alors

1:30:21
Locuteur 5

pardon ? sur les autres sujets comment tu fais une majorité ? la taxe sucmane grâce notamment à Clémentine Autain et Vassas on l'a fait adopter dans cette assemblée on aurait pu je ne vous vends pas des choses je ne raconte pas que ce gouvernement aurait été long j'essaie de l'expliquer mais on aurait pu sur certains points démontrer que c'est autour de nos propositions qu'on peut faire avancer pourquoi ?

parce qu'en vérité on est majoritaire dans le pays sur ces questions là sur ces questions là on est majoritaire dans le pays 70% des gens veulent en finir avec la réforme des retraites regardez ce qui est intéressant d'un point de vue idéologique sur la question de la fiscalité taxe sucmane nous sommes ultra majoritaire de la même façon sur les salaires je ne vais pas faire trop long mais je répète je ne me la raconte pas le gouvernement qui aurait fait ça aurait été nécessairement un gouvernement de combat comprenant que nous allons vers des événements importants et aurait pu parce que si on n'avait pas fait ça et qu'on avait voulu faire un gouvernement à la papa le pire en essayant y compris d'avoir des ministres macronistes avec nous échec assuré et je n'aurais évidemment surtout pas soutenu cette solution

1:31:25
Présentateur

il y a un élément important dans cette discussion et ce rapport de force et là je vais m'adresser à Alexis Corbière le prof Front Républicain mine de rien surprise aux dernières législatives on nous disait que c'était fini et mine de rien il s'est reconstitué il y a quelque chose qui a sédimenté quand même dans le corps social qui fait que ça s'est remanifesté alors même que parfois les chefferies n'y croyaient pas tellement mais ça s'est refait et aujourd'hui on nous dit d'ailleurs que ça ne se refera pas une fois de plus alors même qu'on nous disait que ça ne se ferait pas la dernière fois mais quand je dis on c'est justement les élites médiatiques plus ou moins trempées dans déjà la fascisation ambiante comment tu analyses le fait que ça s'est reformé la dernière fois qu'est-ce qui fait que ça se reforme et est-ce que tu penses que ça se reformera et pourquoi qu'est-ce qu'il y a de spécial dans ce pays

1:32:18
Locuteur 5

qui fait que ça marche encore je vais essayer de te répondre ce que je pense ce qui est encore un acquis dans un pays il y a des grandes hégémonies culturelles parmi les grandes hégémonies culturelles de ce pays c'est le fait que quand l'extrême droite était en responsabilité sur le gouvernement de Vichy ça a tué la république et donc il y a ça a été le cas pendant des années un refus de l'extrême droite qui était quelque chose de partagé on va dire du communisme au gaullisme et ça bon ça ça existe encore c'est en train de s'affaiblir quand par exemple Jordan Bardella et Marion Maréchal Le Pen sont invités en Israël pour aller à Yad Vashem c'est quelque chose qui est terrible parce que ça produit l'affaiblissement de cet anticorps vous comprenez ?

parce que la grande honte de l'extrême droite aux universités d'été du MEDEF non mais c'est encore pire le fait que quand certains travaillent à laver l'extrême droite de l'infamie de l'antisémitisme ça participe au fait que demain ça annonce l'union des droites parce que s'ils ne sont plus antisémites et de surcroît si en plus l'infamie d'antisémitisme est montrée du côté de la gauche et des insoumis c'est un bouleversement du champ idéologique on a compris la manœuvre donc ça c'est un danger très fort très fort et il faut le comprendre mais on était déjà dans cette pente-là en 2024 ouais mais voilà je pense qu'il faut être il faut comprendre ça et avoir l'habileté de ne pas tomber dans les pièges qu'on nous tend alors je pense encore là c'est mon analyse qu'il y a encore dans le pays le refus de l'extrême droite mais c'est de plus en plus fragile nous on doit pas on doit créer les conditions il y a la bagarre de premier tour mais qu'aussi au second tour si l'un d'entre nous était au second tour moi j'ai pas de honte à dire qu'il faudra aussi qu'il entraîne des gens qui votaient Macron j'en sais rien vous comprenez ce que je veux dire donc on doit créer les conditions d'une bagarre sur des principes mais qui agrègent à lui toute une série de gens sur le fait

1:34:08
Locuteur 3

que l'extrême droite c'est ce qu'il y a de pire et concrètement ça veut dire quoi ça veut dire quoi agrégé comment on permet une fois que le premier tour est passé de gagner le deuxième d'agréger les gens dont vous parlez

1:34:19
Présentateur

c'est un point commun avec les Mélenchonis c'est que vous comme eux vous êtes obsédés par les présidentielles et que tout doit se régler là non non

1:34:27
Locuteur 5

là t'es méchant tu m'arrêtes à qui

1:34:29
Présentateur

là on parle d'un second tour

1:34:31
Locuteur 5

de je sais pas quoi en cinquième république l'élection présidentielle est l'élection clé de voûte et rater l'élection présidentielle est quand même un problème mais à l'inverse il s'agit pas non plus de mettre faire rentrer toute l'idéologie mortifère de la cinquième république dans la gauche je me fais comprendre je veux dire c'est le débat au sein du parti communiste c'est difficile pour une force de ne pas avoir de candidat à l'inverse une force qui considère que toute sa stratégie n'est bâtie uniquement sur l'élection présidentielle ça pose aussi un problème parce que derrière l'élection présidentielle il y a aussi la personnalisation

1:35:02
Locuteur 3

mais sur la question comment convaincre les gens qui ne votaient pas là de s'embarquer avec la gauche de partir avec les fachos déjà sur une chose

1:35:08
Locuteur 5

fondamentale qui était un acquis mais il faut que ça reste les libertés publiques c'est la gauche qui les défend les libertés publiques c'est la gauche qui les défend la démocratie c'est la gauche qui les défend nous ne sommes pas des démocrates parce que nous sommes des petits bourgeois nous pensons que la démocratie est quand même le cadre de régulation des désaccords et que toute forme de solution autoritaire même en nom des intérêts du prolétariat c'est pas bien donc la démocratie nous la défendons et je pense qu'on doit garder cette ligne de crête à tout moment et pour que y compris des gens qui sont peut-être pas d'accord avec le programme pense que c'est nous si nous étions au second tour pour lequel il faut voter alors que l'extrême droite elle c'est elle qui menace les libertés on peut commencer par là on peut aussi le prendre sur la question sociale je l'ai dit tout à l'heure je pense qu'au second tour si nous mobilisons des affects sur les questions sociales et populaires des tas de gens vont se dire moi je suis pas de gauche mais ils ont quand même raison de dire que faire travailler jusqu'à 64 ans qui produit le fait que l'abaissement du système des retraites ça va pas le fait de défendre l'hôpital public ça va pas enfin je veux dire il y a ces affects à mobiliser ces affects populaires qu'il faut mobiliser qu'il faut incarner incarner une chose par exemple je suis en train de digresser mais un petit peu on a souvent des faits divers à la télévision quand il y a des crimes odieux et des morts odieux qui ont lieu mais savez-vous comme vous êtes à la fête de l'humain vous le savez que chaque jour il y a deux morts chaque jour de quoi ?

d'accidents du travail jamais 750 travailleurs chaque jour chaque année pardon meurent nous on doit par exemple mobiliser sur cette affaire parce que derrière la mort du travail il y a quoi ?

la suppression des CHSCT l'absence d'inspecteur du travail etc etc la mort au travail est même rentrée l'année dernière ça m'a choqué par des jeunes de 15 ans qui sont morts sur des chantiers on a 38 gamins l'année dernière à l'occasion de stages notamment qui sont morts sur un lieu de travail saisissons-nous de cette affaire là parce qu'elle concerne des millions de gens chaque année il y a 560 000 personnes un demi-million de gens qui sont blessés au travail dont 38 000 qui sont vraiment très abîmés parlons de cette question qui est une question sociale qui touche des millions de gens mais justement

1:37:22
Locuteur 7

elle nous rassemble au question du programme et par rapport à l'union etc moi je voulais vous interroger aussi sur le but de l'après parce que vous dites donc que l'après je suis allée regarder etc et de ce qu'on comprend on n'arrive pas trop à savoir si c'est une association un parti ça dépend de lequel d'entre vous en parle est-ce que justement il va y avoir une candidature ou pas ça c'est toute une autre question mais effectivement sur la question du programme quel est finalement le but de l'après parce que vous venez de dire c'est l'union du NPA jusqu'à Hollande c'est des projets qui sont complètement différents donc comment on fait ?

1:37:52
Locuteur 5

on y est arrivé on y est arrivé je ne suis pas en train de rêver je ne suis pas en train de planer j'évoque seulement qu'il y a un an on y est arrivé alors on peut me dire il y avait des arrière-pensées sans concession sur le programme ? mais des arrière-pensées il y en aura toujours dans la vie

1:38:06
Locuteur 3

n'empêche qu'on y est arrivé c'est un programme défensif aussi Alexis Corbière pardon ? c'est un programme défensif au moment où vous savez très bien où il est conclu personne ne pense réellement que la gauche peut gagner les camarades

1:38:18
Locuteur 5

écoutez-moi en 1936 le programme du Front Populaire il n'y avait même pas les congés payés dans le programme d'accord ? il y a eu une victoire électorale et c'est la mobilisation sociale qui l'a imposée et cher ami même un programme des Français on ne peut pas demander plus justement ? pardon ? on ne peut pas demander plus justement ?

peut-être mais on peut discuter mais il ne faut pas détruire ça au nom qu'il faut demander plus non mais tu dis non mais attends cette affaire est sérieuse je vous le répète les amis moi j'ai changé de stratégie notamment quand j'ai constaté que ça faisait deux fois de suite que la candidate d'extra-droit était au second tour je n'ai pas toujours été un unitaire j'ai notamment souvent défendu le fait que nous devions nous tenir à distance de la gauche traditionnelle en particulier quand c'était Hollande qui était la responsabilité ça c'était la stratégie ça c'est à prendre en compte oui mais moi je pense quand on est un révolutionnaire la stratégie ce n'est pas un catéchisme qu'on répète tout le temps pareil la stratégie s'adapte à la période la période est caractérisée par la menace de la victoire de l'extrême droite qui elle progresse et de la porosité entre la droite et l'extrême droite mais du coup si on croit à ça on n'a pas la même stratégie qu'éventuellement en 2016 ou 2017 on a une stratégie qui correspond au moment politique dans lequel on est

1:39:33
Présentateur

tu dis on depuis tout à l'heure tu dis on depuis tout à l'heure mais quand tu dis on a réussi à le faire c'était l'année dernière est-ce que c'est encore faisable cette année le NFA quand j'entends y compris ici à la fête le parti socialiste et les insoumis parler de l'un et de l'autre ça me paraît

1:39:47
Locuteur 5

extrêmement difficile alors la question à quoi sert l'après l'après au point de départ moi je n'ai pas voulu créer l'après d'accord j'ai voulu mener un débat au sein de la formation dans laquelle j'étais vous en faites partie non non j'en ai été exclu tu permets je ne suis pas parti c'est pas exactement la même chose et depuis vous en faites partie vous êtes dans l'après oui depuis j'ai formé un groupe mais qui vaut ce qui vaut moi je ne suis pas un constructeur de petites boutiques ce n'est pas intéressant mais qui essaie d'agréger

1:40:12
Locuteur 7

mais qu'est-ce que c'est justement

1:40:13
Locuteur 5

mais d'abord moi de produit programmatique chacun peut aller sur notre site voir ce qu'on raconte mais est-ce que c'est un parti politique oui c'est un parti politique oui

1:40:21
Locuteur 9

mais du coup quel est le sens de réclamer l'union quand on crée soi-même un parti comment est-ce que comment est-ce que les gens peuvent s'y retrouver non mais mais c'est la bonne question non mais à l'excitement attendez laissez-moi juste finir ma phrase comment est-ce que dans cette période où il y a effectivement beaucoup besoin d'union comment est-ce que quand on part d'un parti où on dit et franchement de manière très personnelle je comprends tout à fait la critique d'un parti qui dit il faut une nouvelle constitution mais en même temps il y a un homme omnipotent qui décide de tout je la comprends totalement la critique mais en même temps quelqu'un qui du coup va créer un autre petit parti à côté avec deux trois autres personnalités extrêmement reconnues mais où il n'y a pas une base militante très solide comment est-ce que votre message sur l'union peut être audible

1:41:07
Locuteur 5

parce que parce que vous me taxinez mais il doit lui payer une étape je ne suis pas allé créer une petite boutique tout ça naît de quelque chose que je regrette d'une exclusion de la formation dont je faisais partie alors de deux choses l'une soit j'arrête de militer s'il vous plaît s'il vous plaît non mais s'il y a des camarades qui m'écoutent honnêtement des brevets en méanchionnisme en insoumission j'en ai 50 à la maison il n'y a rien à prouver d'accord mon parti c'était la France insoumise je l'ai fondé le sigle le figue vous avez sur les drapeaux c'est moi qui l'ai inventé donc c'est ma maison et ma famille politique mais en raison de circonstances je ne vais pas y revenir je n'ai été exclu pour autant moi j'étais enfant de coeur quand j'étais petit je pratique le pardon des offenses je ne vais pas passer mon temps à polémiquer avec des camarades je continue à penser que c'est la stratégie de l'union qui doit perdurer alors j'ai fait un petit groupe avec d'autres pour continuer à porter sa stratégie de l'union on a fait à Bagneux le 2 juillet autour de Lucie Casté la volonté de continuer à ce que nous préparions les échéances électorales qui sont devant nous ensemble ces fronts populaires de 2027 quelle est l'idée l'idée qu'on continue à discuter et bien sûr qu'il y a des différences pour faire en sorte que s'il y a des échéances électorales qui viennent notamment à l'élection présidentielle que nous présentions un candidat commun et unique dès le premier tour des élections présidentielles parce que ça nous semble être la meilleure façon de s'assurer qu'on est un camarade quel qu'il soit on en discute qu'il soit au second tour de l'élection présidentielle j'en suis là

1:42:36
Locuteur 3

la question c'est aussi sur quel programme parce que vous agitez le livret du nouveau Front Populaire c'est celui qui a réuni plus de 9 millions de voix en 2024 mais avec un parti aussi la France Insoumise qui refuse de rejoindre la dynamique unitaire que vous êtes donc aujourd'hui vous êtes dans des négociations programmatiques parce qu'il n'y a pas que la candidature unique à travers une potentielle primaire il y a aussi la question du programme et des discussions sur qu'est-ce que vous porterez ensemble plus tard aujourd'hui le plus gros morceau le plus gros parti de cette coalition c'est le parti socialiste est-ce que vous craignez pas qu'ils tirent quand même ce programme beaucoup plus sur le réformisme que sur la radicalité

1:43:09
Locuteur 5

mais c'est tout à fait vrai c'est pourquoi j'ai envie de dire les Insoumis venez pour que la discussion soit en quelque sorte équilibrée si vous voulez moi je ne veux pas que le paysage de la prochaine élection présidentielle soit au premier tour l'affrontement entre Glucksmann et Mélenchon si c'est ça on va perdre il nous faut tu comprends ce que je veux dire

1:43:27
Présentateur

ça va être l'affrontement entre Mélenchon Glucksmann et les unionistes au milieu si c'est ça c'est un échec mais ça risque on va vers ça alors moi je voudrais rebondir

1:43:35
Locuteur 5

sur ce qu'a dit Emilio et sur ce que tu as dit tout à l'heure il faut se battre en politique il n'y a rien qui n'est jamais écrit d'avance non bien sûr on a tous vécu dans la salle les élections européennes elles étaient terribles certains se traitaient de génocidaires d'autres d'antisémites et tout le monde s'est dit c'est fini il n'y aura plus d'union et vous avez vu quand Macron a dissous devant la menace d'extrême droite nous avons refait l'union toute l'histoire de la gauche mais alors justement chaque fois c'est selon les circonstances qu'on fait l'union c'est pas une histoire d'amour on peut détester machin on s'en fout c'est les circonstances nous sommes face à notre ennemi mortel l'extrême droite peut prendre le pouvoir putain c'est pas rien c'est pas rien donc je considère dans ce moment là on a sans doute des désaccords avec les socialistes avec les écologistes avec les insoumis mais il n'y a rien qui doit nous empêcher de briser ce front d'unité vous savez le rêve de Macron c'est quoi qu'est-ce que c'est qui va l'amener peut-être à dissoudre ou pas c'est si nous sommes divisés voilà donc j'ai envie de dire aujourd'hui comme en 68 c'était pas exactement pareil division piège à con division piège à con tous ceux qui vous disent plus jamais je voterai socialiste plus jamais je voterai insoumis sont des irresponsables dans la période mais du coup alors voilà il faut discuter et oui la politique comme on dit c'est des rapports de force mais c'est la stratégie qui doit nous guider

1:44:49
Présentateur

c'est très bien moi sur l'extrême droite tu me mets l'extrême droite je vote pour Michel-Edouard Leclerc ou Mathieu Pigasse en face en fait je vote pour ce qu'il y aura en face donc c'est à dire qu'on est tous d'accord là-dessus à gauche en effet j'ai même envie de dire c'est le plus petit dénominateur commun

1:45:02
Locuteur 5

pourquoi tu racontes ça ? pourquoi tu racontes ça ?

pour dire que pourquoi non je t'ai pas dit attends non non tu as raison je corrige une chose moi je suis pas en train de dire l'unité à tout prix même sur un timbre poste ce programme il est dans haut niveau d'exigence il est non mais Michel-Edouard Leclerc certains ils en veulent plus de ce programme Alexis mais c'est la lutte l'union est un combat c'est un communiste qui a dit ça dans les années 70 et il avait raison l'union est un combat ça a toujours été un combat en 1936 entre 34 et 36 il y a eu une bataille avant 1934 les communistes et les socialistes se tapaient dessus à coups de barre de fer et l'union a eu lieu les années 70 faire l'union avec le PS et avec Mitterrand qui avait été ministre de l'intérieur durant la guerre d'Algérie c'était pas simple pour les communistes et pourtant l'union a eu lieu et le programme commun et ça a permis la victoire de 81 c'est toujours une bataille

1:45:50
Locuteur 3

si demain vous perdez le rapport de force dans ces négociations et que c'est le parti socialiste qui arrive à tirer vers lui ce programme vous continuez à en être ? mais je me bats pour que

1:46:02
Locuteur 5

le scénario défaitiste que tu présentes n'ait pas lieu je suis dans ce moment là et j'aimerais qu'il y a des camarades qui m'entendent et qui sont vous comprenez les différentes sensibilités politiques nous devons discuter comment nous réunir sur quel programme moi je ne veux pas l'esprit zappeur c'est une base politique comment on arrive à trouver un candidat ou une candidate commune nous souffrons d'un mal c'est le piège du présidentialisme le poison du présidentialisme le poison du bonapartisme l'idée qu'une formation politique viendrait en disant c'est mon candidat parce qu'il est le meilleur quoi qu'il arrive voilà et quand je dis ça par exemple je vise Glucksmann le mec qui débarque et lui veut être candidat quoi qu'il arrive bon ça n'a pas de sens et j'en connais d'autres aussi qui ont de meilleurs atouts d'ailleurs que Glucksmann qui disent c'est nécessairement moi le candidat je dis qu'en fonction de la situation politique tout ça doit être débattu mais Alexis Corbière si nous sommes divisés l'enjeu c'est pas de savoir qui c'est qui aura la plus belle tombe du cimetière de la gauche l'enjeu c'est de gagner

1:47:06
Locuteur 9

c'est ça qui m'interrenait Alexis Corbière dans les médias et vous l'avez dit tout à l'heure les macronistes et puis peut-être les socialistes aussi appuient beaucoup sur l'anti-mélenchonisme vraiment c'est vraiment quelque chose qu'il faut monter comment est-ce que vous avec l'après vous vous situez sur ce sujet alors même que vous avez créé le mouvement en réaction au comportement de Jean-Luc Mélenchon

1:47:26
Locuteur 5

non mais ça fait trois fois que tu me présentes des choses comme ça non je n'ai pas créé un mouvement en réaction je cherchais à mener une bataille stratégique au sein de la formation j'ai perdu cette bataille et comme je suis un militant je continue à agir et j'ai fabriqué un outil pour continuer à agir

1:47:42
Locuteur 9

oui mais ce que je veux dire c'est que l'anti-mélenchonisme pour mettre deux extrêmes dos à dos c'est là c'est l'assue que je voulais vous faire réagir

1:47:50
Locuteur 5

oui oui mais on est mieux reçu dans les médias déjà non mais je ne peux pas dire d'autre je ne peux pas dire autre chose que je suis pour l'unité de LFI jusqu'au PS voilà je ne suis pas d'accord quand le parti socialiste dit quand le parti socialiste dit sans LFI je ne suis pas d'accord et je ne suis pas d'accord non plus quand je ne comprends pas pourquoi Jean-Luc est passé au journal de France 2 il y a quelques jours pour dire avant que le cornu soit nommé surtout ne nommez pas un socialiste à Matignon non je ne suis pas d'accord ça ne rime à rien tout ça ça ne rime à rien unité voilà ce que j'ai à dire ben oui mais camarades ce qu'il y a de bien à la fête de l'humain c'est qu'on peut discuter je comprends que ce que je vous dis vous semble être un chemin difficile voire pas crédible mais j'ai la conviction profonde et on verra mais que nous sommes dans un moment je vous assure toutes les digues qui ont structuré la vie politique depuis 1945 ont rompu Retailleau chef de la droite c'est un signe politique très fort que l'union des droites va avoir lieu et vous savez bien que ce qu'on appelle l'union des droites c'est l'alliance électorale entre l'extrême droite et la droite ils sont en dynamique ils ont des outils extrêmement importants puissants des chaînes de télévision

1:49:05
Locuteur 7

le PS serait adapté au macronisme aussi pardon le PS aurait pu s'adapter au macronisme aussi à conduire les mêmes politiques etc mais bien sûr mais qu'est-ce que en fait il y a une vraie vraie crainte

1:49:14
Locuteur 9

de la social-démocratie c'est quand même

1:49:16
Locuteur 5

mais on est d'accord mais vous voulez qu'on fasse l'histoire des trahisions du PS il n'y a pas de problème il y en a plein mais il n'a pas donné des armes à l'Espagne dans les années 60 Bitterrand est celui qui a fait guillotiner Fernand Hiveton militant communiste tu veux que dans les années 80 bon une fois qu'on a dit ça et ce qui est vrai une fois qu'on a dit ça on t'entend pas on t'entend pas et on peut aussi discuter de la manière dont le mouvement communiste à travers l'histoire et notamment l'union soviétique a dégénéré dans quelque chose qui est le contraire même de notre idéal donc tout ça on peut en discuter mais en 2025 malgré tout les gens qui votent PS sont des gens de gauche les gens qui votent oui oui oui oui que vous le vouliez ou non même si s'il vous plaît laissez le terminer une phrase et surtout je le répète vous allez me trouver très défenseur d'Olivier Faure mais aujourd'hui je vous assure que le parti socialiste par rapport au parti que j'ai connu dans les années 90 qui était ultra pro européen etc est plus à gauche que ce qu'il était il y a quelque temps je vous assure oui oui oui c'est la vérité c'est la vérité même si c'est quelque part l'aile droite du NFP le parti socialiste mais c'est une composante de ce que nous avons à rassembler c'est toute notre histoire est là camarade le problème n'est pas de cultiver la radicalité le problème n'est pas de créer une avant-garde le problème et que nous avons à régler c'est de créer une grande majorité populaire écologique et sociale qui l'emporte c'est ça l'enjeu c'est pas d'être le chef de l'extrême gauche c'est pas de se dire qu'on est les plus radicaux c'est comment on sauve ce pays ce grand pays qui peut basculer dans l'extrême droite tout le reste pardon de le dire vulgairement c'est du gauchisme du gauchisme et moi je suis pas d'accord oui ce que j'appelle gauchiste c'est l'incapacité à comprendre les rapports de force les camarades qui sont syndicalistes le savent dans une boîte quand on mène une lutte on en est on remporte une victoire et il y a un moment où il faut savoir apprécier les rapports de force et quand on engrange des victoires c'est utile pour la lutte et il y a parfois des copains plus radicaux qui veulent toujours continuer même quand ils sont isolés et nous quand on dirige la lutte on doit créer les conditions qu'on avance tous ensemble c'est une vieille histoire c'est même l'histoire de la révolution française l'aile la pure les enragés les mal bon mais nous on doit faire avancer tout le monde je vous assure si on ne fait pas ça on va dans le mur toute l'histoire de mouvement ouvrier du XXe siècle nous l'apprend toute l'histoire relisez relisez les années 30 en Allemagne les nazis progressaient et les socialistes et les communistes se tapaient dessus à coups de barre de fer se traitaient de social traite se traitaient bon et les nazis ont brisé la résistance ouvrière d'un des pays où elle était le plus puissant donc ne rions pas avec ça c'est sérieux c'est sérieux

1:52:05
Présentateur

vraiment question d'autant plus sérieuse parce que je sais qu'on pense ça très au sérieux la question médiatique et la question de si la gauche arrivait au pouvoir elle aurait en face d'elle un mur elle aurait en face d'elle un feu nourri un feu roulant dans les grands médias etc ça a plus en plus une question qui s'est posée aussi en 81 qui s'est bien réglée mais est-ce que la police va obéir et comment on réforme les médias d'extrême droite la police alors même qu'on se retrouve au pouvoir comment ça ne nous fragilise pas directement et comment on prend la question pas par décret les décrets là ça ne suffit pas comment on prend la question comment on prend l'opinion comment on la prend politiquement est-ce qu'on est-ce qu'on suscite je ne sais pas des assemblées citoyennes tu vois ce que je veux dire ça va être ça va être coton

1:52:54
Locuteur 5

ah mais ça va être coton je voulais que les choses soient claires nous sommes dans un moment où il n'existe aucune solution stable aucune tous les copains qui veulent participer à une solution de bricolage et de stabilité là je vais m'adresser aux socialistes ne composons pas dans la période ça ne marchera pas toute solution nécessairement se place dans un moment de dynamique politique et tu as pointé ce que je crois être une des clés nous avons besoin d'avoir une société mobilisée pour avancer ce que j'appelle une société mobilisée c'est une société qui par moment est mobilisée par pourquoi pas des assemblées populaires dans toutes les villes qui manifestent pour créer un rapport de force sociale pour appuyer un éventuel gouvernement NFP

1:53:36
Présentateur

tu veux dire que l'extrême droite a plus progressé dans les médias et dans la police que ses idées n'ont progressé dans la population donc il faut jouer la population contre

1:53:44
Locuteur 5

l'extrême droite a progressé dans la société mais je continue à penser il y a aujourd'hui 49 millions d'électeurs il y en a 33 millions qui se sont mobilisés lors des dernières législatives et l'extrême droite a rassemblé on va dire si j'ajoute Zemmour 11 millions d'électeurs donc il y a encore une majorité si je puis dire qui ne vote pas pour elle mais on voit bien qu'elle est en dynamique mais nous avons c'est ce que je disais tout à l'heure il y a les 9 millions qui sont déjà cette puissance mais on doit convaincre au-delà moi par exemple je regrette que le NFP je parle beaucoup de ça mais depuis un an n'ait pas fabriqué des affiches pour populariser des parties de notre programme ce que nous disons là-dedans sur l'école l'hôpital etc on n'a pas fait ce travail on aurait dû regarder dans les circonscriptions où l'extrême droite est très haute et dire là on va travailler dans ces endroits on va créer des réunions des mobilisations sur nos réponses pourquoi elle ne l'a pas fait ?

elle ne l'a pas fait parce que rapidement les logiques d'appareil sont revenues et que je pense que beaucoup de camarades ont considéré que l'existence du NFP qui est obligée en quelque sorte qu'on discute ne plaisait pas à certains qui voulaient reprendre le contrôle si je puis dire du fait que leur appareil était la seule boussole pour la période qui vient voilà et la responsabilité est très partagée là-dessus il n'y a pas qu'une seule force politique

1:55:06
Présentateur

tu parles de rapport de force sociale quel est le regard que tu portes sur la mobilisation du 10 septembre est-ce que pour toi c'est un début

1:55:12
Locuteur 5

est-ce que c'est un succès comment tu vois les choses ?

moi je vais vous dire un truc et je vais me faire huer je pensais que le 10 septembre allait être un échec vraiment parce que les copains qui étaient là-dedans me disaient c'était vraiment dans les réseaux il n'y avait pas de parcours et tout donc je trouve qu'il y a eu le 10 septembre quelque chose qui a été très intéressant et très significatif très significatif 250 000 personnes qui manifestent dans toute la France uniquement à l'appel de réseaux de trucs c'est significatif et ça montre une disponibilité pour l'action donc je trouve que cette journée que je craignais je pensais que le Retailleau allait multiplier les provocations qu'on allait avoir des images de casse de violence de bagnoles qui crament un truc qui démoralise complètement c'est pas ça qui a eu lieu et je trouve que le 10 septembre est utile et a montré une grande disponibilité mais le 10 septembre doit venir enrichir la grande journée du 18 septembre et donc on doit trouver les directions syndicales doivent comprendre qu'aujourd'hui il y a des secteurs qui ne se mobilisent plus à l'appel des directions syndicales et de la même façon les copains qui étaient très présents sur les réseaux doivent comprendre qu'on a besoin du mouvement ouvrier organisé des syndicats pour être puissant donc tout doit se compléter c'est une manière de te répondre le 10 septembre c'est bien mais il faut être plus fort et on ne pourra pas être plus fort sans aussi l'unité du mouvement syndical donc tous présents le 18 septembre on continue parce que dans beaucoup de boîtes se mettre en grève il faut que le syndicat donc ça monte ça monte ça monte et là aussi comprenons les rythmes de la mobilisation il faut nourrir le mouvement pas lui fixer des objectifs inatteignables les choses avancent et je crois que c'est une bonne nouvelle

1:56:52
Locuteur 3

est-ce que parmi les nombreux mots d'ordre qu'il y a dans ces mobilisations Blu Contou puis la mobilisation syndicale est-ce que vous rajoutez un mot d'ordre qui est celui de Macron destitution parce que vous avez signé la motion de destitution du président de la république mais moi je suis pour que Macron

1:57:08
Locuteur 5

ça n'aille là aussi pourquoi j'ai signé Macron destitution parce que je suis pour son départ maintenant on va se parler aussi clairement il faut les deux tiers du Sénat pour que Macron soit destitué en l'heure actuelle en fonction de nos institutions c'est un bon ordre d'agitation politique qui me va mais ne faisons pas croire que dans le Sénat et l'Assemblée nationale on va l'obtenir il y a quasiment plus de possibilités que Macron démissionne ce qui est possible je rappelle que le fondateur de la 5ème république le général de Gaulle avec une Assemblée qui lui était très favorable après 68 a démissionné en 1969 donc on peut avoir un moment politique où Macron en raison des mobilisations sociales ne peut plus rien faire d'autre que de démissionner bon donc c'est une manière de te répondre oui j'ai signé Macron destitution mais c'est que le mouvement social qui pourra l'obtenir c'est pas un jeu parlementaire dans le cadre du Sénat et de l'Assemblée nationale ça c'est pas vrai c'est pas vrai donc voilà c'est utile pour se mobiliser

1:58:10
Locuteur 9

Alexis Corbière en parlant d'union de la gauche Raphaël Bluxman n'a pas appelé au mouvement du 10 septembre et effectivement on se doute que si le mouvement grossit encore c'est une façon de dépasser le parti socialiste sur la gauche juste puisqu'il y a quand même les élections municipales qui se profilent comment se situe l'après par rapport à ça est-ce que vous allez présenter des candidats comment est-ce que vous allez réussir à la maintenir cette union ça va être quoi votre ligne de conduite par rapport à ce moment là

1:58:39
Locuteur 5

bon déjà un mot sur Bluxman je ne comprends pas que cet homme est silencieux pendant des semaines et il prend la parole pour dire qu'il faut pas manifester le 10 septembre alors que franchement il reprend la parole quand nous on cherche à mettre en place une primaire ou un candidat commun pour dire que jamais il ira là-dedans enfin il est complètement à contre-temps et bon voilà c'est un des problèmes de la période et je pense que le parti socialiste devrait s'émanciper de cette affaire et c'est pourquoi quand moi je travaille à l'unité

1:59:10
Locuteur 9

qu'est-ce que vous voulez dire par s'émanciper de cette affaire ?

1:59:14
Locuteur 5

comme pendant le NFP que par ailleurs un homme comme Raphaël Glucksmann qui ne représente pas grand chose même la manière dont il parle du PS c'est même pas respectueux pour le PS je veux dire sans le PS Raphaël Glucksmann ne sera pas candidat donc il y a un truc quand même qui est un peu comment dirais-je vous voulez qu'il soit exclu Raphaël Glucksmann du parti non mais c'est pas une question d'exclusion c'est une question de dynamique politique voilà je pense que des millions de gens cherchent un candidat une candidate cherchent un espoir pour pouvoir ne pas subir la défaite qui vient voilà et je pense mais je ne veux pas avoir une polémique à ce micro entre vous que dans Glucksmann il y avait beaucoup aussi une déception notamment par rapport à la formation dont je viens et beaucoup de gens votaient Glucksmann pour ne pas voter notamment Mélenchon bon mais ça ne tiendra pas à la distance ça ne tiendra pas à la distance et après j'ai oublié

2:00:03
Locuteur 8

par rapport aux municipales

2:00:04
Locuteur 5

ouais alors les municipales la chose suivante moi je pense que une municipale c'est plein d'élections mais je vais essayer de dégager une règle je pense que notre règle et après il y aura les exceptions c'est l'union l'union moi je suis plutôt sur une ligne qui est plus je vais le dire de manière un peu vulgaire partout où il y a des mérites gauche on les soutient reconduction vous voyez ce que je veux dire voilà pour que ce soit globalement la règle et partout où il y a des conquêtes à faire on se partage pour y aller en union pour reprendre des villes à la droite et à l'extrême droite alors je sais que ce principe général il y a des villes où c'est quasi impossible parce qu'il y a des villes il y a notamment je prends l'exemple à Montpellier de la fosse qui s'est fait connaître comme étant contre l'union il ne peut pas s'étonner qu'au premier tour il n'y ait pas d'union vu qu'il a passé son temps à insulter tous les gens qui voulaient l'union mais il y a des endroits arrêtons de surjouer les désaccords et pourquoi je pense que c'est utile de faire ça parce que si on est dans confrontation gauche-gauche dans beaucoup de villes on va mobiliser des centaines de milliers de militants dans des confrontations internes alors qu'il serait bon qu'on puisse déployer des militants dans les villes de conquête entendez ça moi ça me semble plus intéressant qu'on discute tous ensemble de dire on garde les villes de gauche mais quelle ville que la droite a prise voire même que l'extrême droite a prise comment on y va on pourrait mobiliser faire des trains des cars comment on l'a fait aux législatives pour aider les copains de Perpignan à reprendre la ville à Louis-Alio moi je viens de Béziers dans le sud on va aider à combattre l'extrême droite on essaie de faire vous voyez ça on peut le faire on peut le faire si on n'est pas scotché dans beaucoup d'endroits par des combats fratricides moi je l'ai vu lors des législatives c'est terrible vous avez des gens qui

2:01:45
Présentateur

vous étiez battu pour Montreuil et toute la gauche défilait à Montreuil

2:01:49
Locuteur 5

avec beaucoup de force engagée dans cette bataille là bah toute la gauche non mais il y a mes anciens amis ont mis beaucoup d'énergie à faire en sorte que je m'ai battu et moi je comprends pas par exemple pourquoi pourquoi il y a 13 députés insoumis qui sont venus faire campagne contre moi alors que quasiment aucun est allé aider Rachel Kéké dans le Val-de-Marne ça aurait été plus utile de défendre Rachel que de venir m'emmerder voilà ça ça montre la stupidité de la division le poison du sectarisme et c'est un peu ma ligne aux municipales je dis ça de manière générale il y a des villes où c'est compliqué l'union on doit démontrer et les municipales sont utiles déjà parce que des villes de gauche c'est des points de résistance et moi je suis pour que ça s'inscrive dans quelque chose qui est cohérent par rapport à l'échéance législative et présidentielle qui vient en gros pour le dire vulgairement si on se met sur la gueule comme des chiens dans les élections municipales ce sera difficile et abstrait de faire l'union à l'élection présidentielle les gens sont pas les gens vous êtes tous des gens sérieux si on passe son temps au municipal de dire tel communiste tel socialiste c'est un enfoiré ça donne pas envie après de faire l'union aux législatives

2:02:53
Locuteur 9

donc ça veut dire que l'après ne présentera personne en face d'un candidat de gauche ou d'une candidate de gauche qui a toujours été pour l'union

2:02:59
Locuteur 5

ça oui on peut le dire comme ça et on va aider à ça je vais pas raconter on est un petit mouvement mais on va essayer partout de plaider ça pour que l'union se fasse pour qu'on ne perde aucune ville et qu'on puisse en gagner de nouvelles voilà notre ligne

2:03:12
Locuteur 3

peut-être une dernière question Alexis Corbière je sais pas où est-ce qu'on en est dans le on a encore du temps il faut qu'on parle de l'extrême droite donc tu veux que j'accueille justement sur l'extrême droite mais ne serait-ce qu'au niveau français on voit aujourd'hui c'est l'extrême droite qui dicte son tempo avec l'aide et le concours de Bruno Retailleau et de quelques ministres macronistes la gauche elle est sur la défensive sur la plupart du temps sauf avec quelques points comme l'attaque Jucman mais qui sont en réalité quand même peanuts par rapport à la masse d'argent qu'il faudrait récupérer comment la gauche elle peut redonner envie comment elle peut enfin oui c'est ça donner envie et essayer de proposer des mesures pour aller de l'avant et arrêter d'être en permanence sur la défensive comme ça c'est pas qu'une question de récit c'est une question de proposition aussi

2:04:01
Locuteur 5

mais vous allez trouver que je radote déjà une des premières conditions c'est de comprendre qu'aujourd'hui aucune force de gauche n'est la capacité toute seule de l'emporter ne nous racontons pas d'histoire donc la question de l'union c'est pas que c'est aussi une dynamique et quelque chose qui permet d'avoir un seuil de crédibilité pour les gens qui se posent des questions deuxièmement c'est un contenant pas un contenu dans le contenu oui alors sur le contenu il y a moi il y a des moments je veux bien qu'on dise parfois à la gauche vous n'avez rien à dire mais écoutez là c'est pas vrai quand nous posons la question de la taxe Jucman de dire dans ce pays il y a une accumulation de richesses et nous proposons une réponse fiscale qui fait en sorte que ceux qui ont accumulé des fortunes vous connaissez les chiffres 9% du PIB les 500 premières fortunes en 1996 aujourd'hui sont 41% du PIB justement c'est pour ça qu'on demande si on ne pourrait pas aller chercher encore plus loin moi je trouve que la taxe Jucman aujourd'hui même ma vieille maman m'en a parlé l'autre jour c'est quoi cette taxe qui a la 90 piges et les gens commencent à discuter de ça deuxièmement le débat sur celui de l'héritage doré par exemple je trouve que c'est un débat qui est intéressant dans ce pays il y a de plus en plus les principales fortunes sont en fait des fortunes d'héritiers plus que vraiment des gens qui voilà donc là il y a un sujet que je trouve qui commence à se populariser sur le fait que on puisse avoir sur l'héritage une modification des choses qui permet que cet argent puisse être utile à la collectivité notamment en faisant en sorte que des héritages supérieurs à 300 000 ou 500 000 euros ce qui concerne uniquement 5% des héritages parce que 95% on puisse avoir une redistribution plus importante enfin moi je trouve que Bayrou il a voulu poser la discussion là depuis fin août sur la question fiscale et l'impression que j'ai dans les discussions c'est que vous tous tout le monde on s'est intéressé à ces questions là et il y a des idées qui avancent dans la société l'idée que le capitalisme est injuste

2:06:02
Locuteur 7

justement que ce ne sont que des petits chiffres justement est-ce qu'on ne pourrait pas essayer d'aller chercher encore plus l'eau puisque ces petits chiffres ils sont refusés on disait la taxe d'Hugtman ça nous a été refusé 21 milliards c'est pas un petit chiffre est-ce qu'il ne faut pas négocier beaucoup plus gros pour arriver à obtenir quelque chose

2:06:18
Locuteur 3

et pour mener

2:06:19
Locuteur 5

la bataille culturelle c'est aussi ça en posant des sujets voilà la question après c'est un rapport de force c'est une discussion stratégique je suis prêt à faire la discussion mais ne sous-estimez pas vous savez le débat entre réformisme et révolution on va le faire comme ça c'est un vieux débat aujourd'hui est en train de se populariser dans le pays le fait que si on taxe à 2% les 1500 qui ont des fortunes supérieures à 100 millions on peut faire rentrer dans les caisses 21 milliards c'est une idée incroyable et on popularise l'idée qu'en fait contrairement au baratin qu'on nous raconte tous les jours les principales fortunes de ce pays payent moins d'impôts que toi que nous que nous tous on avance là-dessus si on arrive à faire ce serait une victoire considérable pourquoi rentrer dans la discussion et dire non mais il faut avoir plus essayons déjà de remporter cette victoire je trouve qu'on a avancé regardez les études d'opinion je voyais c'est l'IFOP les français sont très majoritairement favorables à ça donc il y a une dialectique du mot d'ordre qui est importante dans la période je vais te dire le SMIG à 1600 euros on peut dire ouais c'est pas grand chose mais ça peut être une mesure extrêmement radicale

2:07:24
Locuteur 7

ce que disait mon camarade c'est que c'est

2:07:25
Locuteur 5

les vraies mesures révolutionnaires c'est les victoires que nous emportons le camarade Lénine disait un pas en avant vaut mieux que 1000 programmes remportons des victoires des victoires même si et chaque victoire nous créera le rapport de force pour en remporter de suivantes et ça me semble quelque chose sur lequel en termes d'hégémonie culturelle le fait que les services publics sont indispensables le fait que le travail ne paye pas assez le fait qu'il y a des injustices progresse dans la société et nous on doit essayer de capter ça et le traduire dans des propositions ce que tout de même nous faisons il y a aussi un sujet historique

2:08:03
Présentateur

à gauche c'est l'émancipation l'émancipation des peuples par l'anticolonialisme aujourd'hui l'extrême droite on la voit en Israël coloniser de manière violente de manière génocidaire est-ce que tu penses que le sujet de Gaza qui mobilise la jeunesse en France on le voit est-ce que tu penses que c'est un sujet qui peut faire un point de bascule pour une génération

2:08:22
Locuteur 5

indiscutablement il semble que dans les années 70 la guerre du Vietnam a été un formidable lecteur de mobilisation on fait tous on voit les images Woodstock toute la jeunesse notamment le rock américain était très mobilisé sur cette guerre il y a eu des guerres comme ça qui ont marqué une jeunesse la guerre d'Algérie en France a été un élément de mobilisation de la jeunesse étudiante on sait que le syndicalisme était là-dessus et ça me semble une évidence que la jeunesse extrêmement mobilisée pour la défense du peuple palestinien sera marquée à vie par cette mobilisation c'est indiscutable et c'est magnifique que la jeunesse se mobilise c'est quelque chose qui est un acquis précieux et après on a sous les yeux quelque chose de tragique c'est que le gouvernement israélien aujourd'hui est un gouvernement d'extrême droite qui développe un discours d'une xénophobie totale et moi je pense qu'il faut être du côté de nos amis évidemment du peuple palestinien mais ne pas hésiter vous le faites à l'humain aussi la société israélienne je pense notamment à l'organisation Standing Together qui se mobilise vous avez des manifestations de centaines de milliers d'Israéliens qui portent des sacs de nourriture sur le dos pour les amener à Gaza et il faut qu'on crée pour rester internationaliste dans la période c'est à dire la solidarité entre les peuples et moi je continue à penser que le peuple palestinien évidemment les camarades doivent faire la jonction avec ceux qui en Israël refusent ce gouvernement d'extrême droite à tout moment essayer d'éviter la confrontation et voilà et la question c'était ben oui il y a une génération Gaza indiscutablement indiscutablement parce qu'on a vu sous nos yeux un massacre terrible les différentes instances internationales qui disent attention il y a risque génocidaire on a vu le droit international après avoir dit ça l'inaction des gouvernements il y a une pédagogie sombre dans tout ça mais qui restera une expérience politique qui aura marqué toute une jeunesse justement

2:10:14
Locuteur 9

Alexis Corbière dernière question pour participer à la résolution de la guerre à Gaza et enfin que le peuple palestinien puisse vivre dignement à quel point est-ce que l'Europe peut jouer un jeu mais surtout si demain il y avait un gouvernement de gauche qui arrivait en France est-ce qu'on a des alliés est-ce qu'il y a moyen de faire bouger cette union européenne ou pas ?

2:10:39
Locuteur 5

ça ce sera difficile mais on a vu qu'il y a des gouvernements espagnols et d'autres qui ont pris des mesures moi ma ligne c'est celle du boycott des ruptures de traités internationaux il faut mettre la pression sur le gouvernement actuel ça me semble une évidence mais tiens là dessus je reviens à ma marotte vous savez contrairement à ce que certains ont dit j'ai trouvé que y compris sur la question de la défense du peuple palestinien le NFP toutes formations confondues quand on y regarde de près a dit la même chose en vérité ou aujourd'hui dit la même chose sur les génocides c'est quand même moins vrai mais je veux dire à qui tu penses même Olivier Faure il parle de génocide aujourd'hui oui aujourd'hui

2:11:16
Locuteur 9

le part socialiste au début n'avait pas la ligne de tous les autres exactement

2:11:19
Locuteur 5

les amis la question c'est pas de savoir qui est le premier qui a dit quoi mais oui la question c'est est-ce qu'aujourd'hui on dit tous la même chose non mais après pourquoi vous sifflez que après à titre personnel vous vous reconnaissiez plus dans telle ou telle organisation qui a été le premier à le dire vous avez parfaitement raison mais qu'on continue à cultiver un désaccord en permanence pour en quelque sorte empêcher qu'on puisse agir tous ensemble ça c'est instrumentaliser quelque chose d'un point de vue électoral et c'est pas bien nous

2:11:49
Locuteur 7

il y a des soutiens qui ont été criminalisés pardon on va s'arrêter

2:11:54
Locuteur 5

on va s'arrêter nous ce qu'on veut c'est que la totalité de la population française soit du côté du peuple palestinien ceux qui ont été mobilisés dès le début ou ceux qui sont les derniers à rentrer dans la solidarité moi je m'en fous il faut être le plus nombreux possible parce que c'est ça dont a besoin le peuple palestinien

2:12:09
Locuteur 9

merci merci beaucoup

2:12:11
Locuteur 5

Alexis Corbière

2:12:12
Présentateur

merci d'avoir été notre invité

2:12:17
Locuteur 9

merci beaucoup à toutes et à tous et bien mes amis je vais vous continuer d'applaudir

2:12:23
Locuteur 10

on va

2:12:28
Locuteur 9

on va en terminer avec cette cette curing extraordinaire entre Bexit et Seyra donc je vais demander aux camarades qui sont assis à côté de moi de s'en aller

2:12:40
Locuteur 3

moi je bouge pas je suis bien à l'agora

2:12:42
Locuteur 9

mais on va se retrouver évidemment dans les années de la fête merci beaucoup Jean

2:12:46
Présentateur

merci Mejdaline merci à vous le public

2:12:48
Locuteur 9

merci à bien