Face à Face : François-Xavier Bellamy - 19/05
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Apolline de Malherbe Il est 8h32 et vous êtes bien sûr RMC et BFM TV Bonjour François-Xavier Bellamy Bonjour Merci de répondre à mes questions ce matin Vous êtes député européen Vous étiez d'ailleurs le chef de file LR au Parlement européen Et vous êtes aujourd'hui numéro 2 du parti Les Républicains Vice-président exécutif des Républicains Vous êtes l'un des premiers soutiens de Bruno Retailleau Qui a donc, je le disais, plié le match hier 74,3% des suffrages des adhérents face à Laurent Wauquiez Il est donc élu et très bien élu président du parti Et maintenant ?
Et maintenant le travail commence Parce que l'essentiel c'est ce qui va se passer à partir d'aujourd'hui On a maintenant un immense travail devant nous Un immense chemin pour reconstruire une famille politique Qui doit pouvoir réunir une majorité de français pour relever ses pays Parce que vous savez, ce qui compte pour nous, ce qui compte pour Bruno Retailleau Et je pense que les français l'ont senti depuis qu'il est au ministère de l'Intérieur Les français l'ont connu, l'ont reconnu Ce qui compte pour nous, ce qui compte pour lui Ce n'est pas d'abord un parti, c'est le pays La France traverse une crise politique profonde Et elle ne sortira pas de cette crise sans qu'on ait une vraie alternance Sans qu'on ait un vrai changement avec la politique menée depuis trop longtemps Et qu'on puisse faire en sorte d'agir pour tout ce qui aujourd'hui préoccupe les français
Comment vous définiriez ? On va rentrer évidemment dans le détail Ce qu'on peut attendre ou pas d'ailleurs du partenariat avec Laurent Wauquiez A quoi ça va ressembler ? Est-ce qu'il peut rester d'ailleurs au gouvernement Bruno Retailleau ? Est-ce que pour 2027 c'est évident ? Mais en fait je me disais, c'est quoi le Retailleauisme ? Si je puis me permettre, c'est quoi ?
D'abord c'est une constance Bruno, je le connais depuis des années, je ne l'ai jamais vu changer d'opinion Au gré des circonstances, au gré des opportunités C'est quelqu'un qui croit en ce qu'il dit et qui fait ce qu'il croit devoir faire Et ça tout le monde l'a vu au ministère de l'Intérieur Ça fait des années qu'on défend avec Bruno la nécessité de retrouver une politique migratoire Qui nous permette de maîtriser nos frontières C'est ce que Bruno est en train d'essayer de faire aujourd'hui à Beauvau Ça fait des années que nous disons que l'insécurité qui monte partout dans le pays Est le signe d'un effondrement de notre vie civique, de notre civilité commune Et aujourd'hui Bruno mène ce combat déterminé pour lutter contre ces violences
Tout est dans le « essayer de faire » Est-ce qu'il peut se contenter d'essayer de le faire ?
Aujourd'hui oui, parce qu'aujourd'hui on hérite d'une situation infiniment difficile Et cette situation fait qu'il n'y a pas de majorité à l'Assemblée nationale Nous ne sommes pas rentrés au gouvernement avec Bruno Retailleau et les ministres qui représentent notre famille politique Nous n'avons pas fait collectivement le choix de rentrer au gouvernement Parce que nous aurions le sentiment d'avoir déjà gagné l'élection présidentielle Nous savons très bien que ce n'est pas le cas Et donc dans ce contexte très incertain Il fallait assumer cette responsabilité Pour empêcher que la gauche mélanchonisée Ne soit le premier parti à l'Assemblée nationale Susceptible de pouvoir revendiquer le pouvoir
On y a été par défaut, vous voulez dire ?
Bien sûr, on y a été pour faire en sorte d'éviter le pire Et pour faire en sorte que ces deux ans soient aussi utiles que possible au pays Maintenant, on ne se fait aucune illusion Pour réussir à changer en profondeur la politique migratoire Pour sortir de la folie fiscale Pour reconstruire un budget sérieux Pour faire en sorte de libérer les entrepreneurs Et tous ceux qui travaillent tous les jours Et qui se sentent asphyxiés par le poids des charges Pour sortir les impôts de la folie fiscale qu'on connaît aujourd'hui Pour faire tout ça, il va falloir une majorité claire et forte Et cette majorité-là, il faut qu'on la construise Entre aujourd'hui, entre maintenant, ce matin Et les deux ans qui viennent
Alors jusqu'où est-ce qu'elle va cette majorité ? On y reviendra dans un instant Parce que Laurent Wauquiez lui avait dit Qu'il était prêt à gouverner avec des alliances Qui iraient, je cite, de Gérald Darmanin à Sarah Knafo Mais d'abord Laurent Wauquiez précisément Lui, il dit, il a reconnu sa défaite Il dit, nous devons nous ajouter Et non pas nous diviser Mais il pointe tout de suite un risque Que je cite, de dilution Dans le macronisme Qu'est-ce que vous répondez à ça ?
La première chose que je voudrais dire C'est que Laurent Wauquiez aura évidemment Un rôle à jouer dans cette famille politique On a la chance d'avoir eu une élection démocratique Transparente, ouverte A laquelle 122 000 Français ont pu participer Cette élection, elle fait le point de départ D'un nouvel élan Et moi je voudrais dire d'ailleurs A tous les électeurs de droite Qui veulent contribuer à ce travail de reconstruction C'est le moment de nous rejoindre On voit qu'il y a un nouvel espoir qui s'est levé Et on sera tous unis pour porter cet espoir On nous a expliqué que ça allait être La division de la droite Que de nouveau on allait se déchirer Qu'il allait y avoir du sang sur les murs Ça n'a pas été le cas On a vécu un vrai débat Une vraie discussion A l'intérieur d'une même famille Et maintenant cette famille est unie Pour pouvoir reconstruire demain
Laurent Wauquiez, vous dites On est unis Mais enfin il a tout de suite Pointé ce qui à ses yeux Est un problème Chez Bruno Retailleau C'est le fait d'être à la fois Membre d'un gouvernement Sous la présidence d'Emmanuel Macron Et de l'autre côté Président des LR Quand il dit Le risque c'est la dilution Dans le macronisme
Moi je pense que Tous les Français l'ont compris Bruno Retailleau En rentrant au gouvernement N'a pas changé d'un iota Le discours qu'il tenait Et il n'a évidemment pas Changé d'avis Sur la nécessité Des changements Très profonds Qu'il va falloir porter Pour l'avenir du pays Nous ne sommes pas Devenus macronistes Nous sommes rentrés Dans ce gouvernement Je le répète Pour éviter que la gauche N'exerce le pouvoir D'une part Et d'autre part Pour faire en sorte Que dans ce contexte Où il n'y a pas de majorité A l'Assemblée nationale On fasse au moins Ce qui est possible Et ce qui est possible C'est déjà beaucoup C'est la loi narcotrafic Qui a été votée A l'Assemblée et au Sénat Portée par le groupe LR Initialement au Sénat C'est bien sûr Tout le travail Qui se fait aujourd'hui Pour la lutte Contre la délinquance C'est ce que fait Annie Gennevard Pour soutenir Nos agriculteurs C'est ce que nous faisons Aussi depuis le Parlement européen En accord avec Nos parlementaires nationaux Pour porter Les changements profonds Dont l'Europe a besoin Pour que la France Soit mieux posée
Vous avez dit de l'envoquer Il aura un rôle à jouer Lequel ?
Il aura le rôle Qu'il voudra jouer Dans cette famille politique Il représente évidemment Un atout Et je partage totalement Son avis Lorsqu'il dit Que maintenant Il faut additionner Plutôt que soustraire Je n'ai aucune inquiétude Sur le fait Que dès aujourd'hui Nous sommes tous unis Autour de Bruno Qui est notre chef de file Pour mener ce travail
Vous lui faites toute confiance ?
Bien sûr On a tous conscience Et je crois que c'est ça Qui fait que la droite A changé Et qu'elle suscite un espoir Vous savez On est aujourd'hui Le premier mouvement politique En France Avec ses 120 000 adhérents Et si les gens Viennent et reviennent Et certains Je l'ai vu partout dans le pays En allant faire campagne Pour Bruno Ces dernières semaines Des gens qui n'avaient jamais adhéré Au LR Qui n'avaient jamais adhéré A un parti politique Ont décidé de nous rejoindre Pourquoi ?
Parce qu'ils voient Que la droite a changé Et que le premier changement C'est celui-là C'est que nous avons tous Une conscience très claire Que ce qui nous engage ensemble C'est l'avenir du pays Et dans la crise politique Que la France traverse aujourd'hui Personne ne peut se payer Le luxe de division inutile
Quelle est la différence Entre les LR de Bruno Retailleau Et le RN de Marine Le Pen Ou de Jordan Bardella ?
Mais d'abord On n'a pas besoin De se comparer Pour se définir Nous nous sommes La droite française Ce que Marine Le Pen N'a jamais réussi à dire D'ailleurs Jusqu'à la dernière élection législative Et encore aujourd'hui Elle passe son temps A expliquer que le RN N'est pas un parti de droite Finalement Elle a un point commun Avec Emmanuel Macron Et elle a parfaitement le droit C'est la cohérence de sa ligne Je lui reconnais D'être totalement clair Sur ce point Elle ne croit pas au clivage Droite-gauche Elle ne croit pas Qu'il faille Qu'à la gauche Qui s'assume dans ce pays Et qui reconnaît Qu'elle est de gauche Et qui l'affirme haut et fort Elle ne croit pas Qu'à cette gauche-là Il faille qu'un parti politique Réponde en disant Nous sommes la droite Et bien moi je crois à cela Je crois que le clivage Gauche-droite Structure la vie démocratique Dans tous les grands pays Dans toutes les grandes Démocraties occidentales Et je le vois en Europe Vous savez
Au Parlement européen C'est-à-dire que Quand je vous demande C'est quoi la différence avec le RN Vous me dites En fait elle Elle ne dit pas que c'est la droite Mais on dit que c'est la droite
Mais ce n'est pas une question de dire C'est une question de cohérence De vision Au Parlement européen Ce que je vois C'est que les deux grandes forces politiques Qui structurent le débat politique C'est d'un côté Nous La droite européenne Le PPE De l'autre côté Les sociodémocrates Mais donc c'est-à-dire C'est un changement C'est une différence de forme Et le problème C'est que moi Je n'ai pas été macroniste Parce que je n'ai jamais cru En même temps Et je ne pense pas Qu'on sortira la France de la crise Par d'autres en même temps Notamment sur la question Du rapport au travail Du rapport à la liberté Du rapport à l'économie Ce ne sont pas des sujets anecdotiques Pourriez-vous Quand Marine Le Pen A le même discours Que Jean-Luc Mélenchon Sur ces sujets-là Je ne crois pas Qu'elle puisse incarner L'espoir Dont notre pays a besoin Pour sortir de cette crise Qui est une crise globale La question migratoire Elle est liée aussi Aux impasses de notre modèle social Et si on ne touche pas Aux impasses de ce modèle social Qui est devenu un modèle antisocial Parce qu'il punit ceux qui bossent Il punit ceux qui travaillent
Mais ça Marine Le Pen Dit la même chose
Pardon non Quand Marine Le Pen A l'Assemblée Nationale Vote contre la proposition De nos députés Pour conditionner le RSA A 15 heures de travail Ou de formation par semaine C'est tout simple 15 heures Vous touchez des aides de l'Etat Et bien vous devez En contrepartie Vous réengager Pour pouvoir trouver un emploi C'est la moindre des choses Marine Le Pen Vote contre ça Donc non Pardon Ça n'est pas la même chose
François-Xavier Bellamy Lorsque le prédécesseur Au fond de Bruno Rotaillot Qui était Eric Ciotti Puisqu'entre temps Il y a eu une sorte de vacances De la présidence des LR Eric Ciotti lui Il a dit On va s'allier avec le RN Est-ce que cette option-là Est absolument Totalement Refusée Par Bruno Rotaillot Et par vous Ou est-ce qu'elle est envisageable Selon les circonstances
Je pense qu'on a montré Très clairement Quel était notre choix A ce moment-là Et moi je crois Que le rôle De notre famille politique Qui a traversé Bien des difficultés Qui a souvent déçu Qui a souvent manqué A ses responsabilités C'est de se reconstruire Aujourd'hui Pour mériter de nouveau La confiance des Français Et c'est ça Cette nouvelle page Parce que l'avenir De ce parti C'est pas de devenir Le supplétif D'une autre formation politique C'est pas de devenir L'auxiliaire Ni du RN Ni de qui que ce soit d'autre L'avenir de cette formation politique C'est de réunir Demain de nouveau Une majorité de Français Autour d'une ligne Qui soit claire Et je le redis Je dis pas ça pour un parti Je dis ça pour le pays Parce que c'est le seul Chemin possible Pour que la France se relève
J'ai bien compris Mais François-Xavier Bellamy Vous dites Nous ne serons pas Les supplétifs du RN Est-ce que le RN Pourrait être le supplétif DLR ? Est-ce qu'à un moment Ou un autre S'ils veulent vous rejoindre S'ils vous proposent des alliances Est-ce que vous pourriez dire Oui
Mais en fait La cinquième république C'est pas une logique D'alliance d'appareil Et c'est ce qu'il y a De plus important
Est-ce que le RN C'est non ?
Écoutez Je vous le redis C'est très clair La cinquième république C'est la proposition politique Portée par une formation Par une personnalité Qui rencontre Une majorité de Français Et notre devoir C'est d'être Cette formation politique Et de porter Celui ou celle Qui demain Réunira une majorité de Français Autour d'un projet clair Vous ne dites pas Le RN c'est non ? Non mais On n'est pas dans une situation De toute façon Quoi qu'il arrive On n'est pas en Italie On n'est pas en Allemagne On n'est pas dans une logique De coalition en France La situation Que le général de Gaulle A voulue C'est plus pour des raisons de méthode
Que pour des raisons de conviction
Non mais Je viens de vous expliquer Nos différences de fond Avec le Rassemblement National Je vais passer mon temps A expliquer pourquoi On n'est pas dans le même camp Si j'avais pensé Que le RN était l'avenir du pays Moi je ne porte pas De jugement moral Je ne passe pas mon temps A insulter les électeurs Et je n'irai pas Vous expliquer Que les gens qui ont voté Pour Marine Le Pen Sont coupables de l'avoir fait Je crois que notre devoir C'est de les convaincre De revenir Notre devoir C'est de montrer Que nous méritons leur confiance Et que nous pouvons sortir Ce pays de la crise C'est ça le sujet Mais maintenant Encore une fois On ne va pas passer mille ans A expliquer pourquoi On est différents d'eux Si on avait dû penser Que le RN était l'avenir du pays On aurait été au RN On ne l'a pas fait On va reconstruire la droite On est passé par bien des difficultés Et maintenant Un nouvel espoir se lève Et ce nouvel élan Il va devenir J'en suis sûr Une promesse pour l'avenir
Ça veut dire que pour vous Les choses sont évidentes Désormais Bruno Retailleau A la légitimité Qui lui permet D'avoir le chemin Pour 2027 J'imagine qu'il y aura Des étapes supplémentaires Mais au fond pour vous Il y a une légitimité Cette élection A donner une légitimité A Bruno Retailleau
Une légitimité forte Quand vous avez Le premier parti de France En nombre d'adhérents Qui vote à 75% Pour élire quelqu'un A sa tête Bien sûr que sa légitimité Est très forte La question de savoir Ce qu'il voudra faire lui-même Pour l'élection présidentielle Cette question-là Elle lui appartient bien sûr Mais une chose est absolument Certaine depuis hier soir C'est que Bruno Retailleau Sera l'un des artisans Absolument déterminants De cette reconstruction De la droite
Il y en a au moins trois Officiellement en lice Pour représenter Une sorte de grande droite Et encore Trois si on ne compte pas Laurent Wauquiez Qui de fait Depuis hier Est en plus mauvaise position C'est Edouard Philippe Notamment C'est Gérald Darmanin C'est Xavier Bertrand Tous les trois ont dit Leur souhait d'être candidat En 2027 Est-ce que ces trois personnages-là Edouard Philippe Gérald Darmanin Xavier Bertrand Ce sont des gens Avec qui vous pourriez travailler Est-ce qu'il faudra À un moment Se départager ?
Mais mettons les choses À l'endroit Ce qui compte le plus C'est le projet Ce qui compte le plus C'est la ligne C'est la vision Et moi je vous le redis Je n'ai jamais été macroniste Parce que je n'ai jamais cru En même temps Et je pense que Il suffit d'écouter les français Je vais partout dans le pays Et je les entends parler De la situation de la France Pour comprendre Que demain Ils vont choisir En 2027 Une alternance au macronisme Et pas sa continuité Le but C'est de faire en sorte Qu'on arrive à sortir De la crise Que le pays traverse Et je ne dis pas ça Pour distribuer les mauvais points Le but n'est pas De juger le passé Le but c'est de se tourner Vers l'avenir Mais pour incarner l'avenir Il faudra quelqu'un Et je crois que Bono a montré La voix hier Par la confiance Qu'il a suscité Quelqu'un qui n'est jamais varié Bruno n'a jamais varié Et cette constance là Elle est la clé De la confiance retrouvée
François-Xavier Bellamy Dans le travail qu'il fait Avec son autre casquette Celle de ministre de l'intérieur Il y a Comme vous le disiez Il essaye de faire Je reprends l'expression Que vous avez utilisée Parfois il n'y arrive pas Et il y a Un certain nombre de points Il avait demandé Il avait effectué Une liste de personnes Sous OQTF Jugées particulièrement dangereuses Qu'il fallait renvoyer Au moment où l'on se parle Ils n'ont pas pu être renvoyés Jusqu'à quand Est-ce que ça peut tenir Le essayer de faire ?
Mais encore une fois La situation politique Elle ne change pas Il n'y a pas de majorité A l'Assemblée nationale Aucun gouvernement Aujourd'hui N'aura les moyens De faire exactement Ce qu'il voudrait Parce qu'aucun gouvernement N'aura une majorité Claire au Parlement Donc la situation Elle est Donc il faut qu'il reste Le plus longtemps possible
A vos yeux
Moi je vais vous dire Je suis reconnaissant A Brune Retailleau D'une chose Et je pense que les français Partagent exactement mon sentiment C'est qu'il n'a sans doute Pas gagné tous ses bras de fer Mais il mène des bras de fer Vous parliez de ces OQTF Que l'Algérie refuse de reprendre On peut dire Que Brune Retailleau N'a pas encore gagné Son bras de fer avec l'Algérie C'est vrai Mais il mène le bras de fer Il mène le bras de fer Et tant d'autres avant lui Ne l'avaient pas mené Pendant tant d'années Vous avez entendu des gens Vous expliquer Que tout était normal Que tout allait bien Que tout était sous contrôle Bruno lui Ne fait pas comme si Tout était normal Et quand le gouvernement algérien En refusant de reprendre Ses ressortissants sous OQTF Se rend complice d'un attentat A Mulhouse Il y a quelques semaines Qui en deuille le sol français Parce que celui qui a commis Cet attentat Le gouvernement avait tenté Par dix fois De le reconduire en Algérie C'est donc le refus Du gouvernement algérien Qui produit cette insécurité Qui ensuite frappe la France Et bien je vais vous dire Une chose très simple Tant de gouvernants Avant Bruno Retailleau Aurait expliqué Circulé Il n'y a rien à voir Lui dit C'est inacceptable Et on va tout faire Et on va mettre la pression Et la pression Elle continue d'être mise Par tout le gouvernement d'ailleurs Parce que les diplomates Qui ont récemment été expulsés D'Algérie A nouveau une deuxième vague De diplomats français Ont donné lieu A une riposte du gouvernement français Il faut qu'on continue Dans cette voie Jusqu'à ce qu'on obtienne Jusqu'à ce qu'on obtienne Les succès Dont on a besoin
Vous estimez donc là-dessus Que Bruno Retailleau A fait plier en quelque sorte Puisque plusieurs lignes Étaient en concurrence En quelque sorte Sur l'attitude à adopter Vis-à-vis de l'Algérie Vous estimez qu'aujourd'hui C'est la ligne de Bruno Retailleau Qui l'a emportée
Pendant très longtemps On prenait des claques Et on disait merci Aujourd'hui c'est terminé Et cette ligne-là C'est celle du gouvernement En effet
Vous ne tendez pas la joue gauche
Ah ben non En politique il ne vaut mieux pas Vous savez Max Weber Dans le métier Et la vocation de politique Explique qu'il y a une chose Qui est la beauté Des messages de l'évangile Et une autre chose Qui est la réalité Donc il y a le chrétien
D'un côté Et il y a le philosophe De l'autre Et l'homme politique Est plutôt du côté Du philosophe
Non ce qui est sûr C'est qu'il y a d'un côté Évidemment les convictions Qu'il faut défendre Dit Max Weber De l'autre côté Il y a l'expérience De la responsabilité Et la responsabilité Ça implique Si on veut vraiment Défendre nos convictions Ça implique de mener des combats Et si nous voulons Défendre nos convictions Il va falloir mener des combats
Et qu'en est-il sur la fin de vie On sait vos convictions Elles sont aussi Celles de Bruno Retailleau Vous estimez que La loi telle qu'elle est en train D'être adoptée Par l'Assemblée La loi sur la fin de vie Est pour vous Une loi qui refuse D'accompagner les plus faibles C'est comme ça Que Bruno Retailleau le dit Si toutefois Elle était adoptée Est-ce que ça fait partie Des points sur lesquels Bruno Retailleau se dit Je devrais mettre presque Ma démission en balance Est-ce que
Elle n'est pas adoptée Et moi je veux dire Ma gratitude Ma reconnaissance A tous les parlementaires Les républicains En particulier A tous les parlementaires De tous les bords d'ailleurs Parce que Dans tous les bords Il y a des élus Qui aujourd'hui A l'Assemblée nationale Alertent sur la dérive Que représente cette loi Et ça n'est pas pour des raisons Qui appartiendraient A des convictions particulières C'est seulement parce que Nous voyons aujourd'hui La réalité dans la vie De notre pays Dans notre système de soins Moi ce qui me révolte C'est qu'aujourd'hui On voudrait faire croire aux français Que le choix est Entre souffrir et mourir On est au 21ème siècle On a plus de moyens Que jamais Pour soigner Et soulager la souffrance Et le vrai choix Ça n'est pas celui-là Le vrai choix Il est pour notre société Tout entière Entre soigner Ou laisser mourir Moi je crois Que notre société Elle s'honorerait Aujourd'hui De réinvestir Dans notre système de soins De soutenir Les personnels soignants Sur le terrain
C'est l'objet de la loi Sur les soins palliatifs
Mais le comité consultatif National d'éthique Qui s'était pourtant prononcé En faveur de l'euthanasie Avait dit qu'il serait absolument Impossible De légiférer Sur l'euthanasie Avant d'avoir Mis en oeuvre Une vraie application De la loi existante La loi Léoné Qui n'est pas
Il y a une vraie inégalité Du territoire Face à la question De l'accès aux soins palliatifs
Et cette inégalité Est une injustice Révoltante Encore une fois Vous vous rendez compte Qu'on parle là De ce qu'il y a De plus essentiel Comment on naît Et comment on meurt Ce sont les moments Les plus importants De la vie humaine Les garanties La mort aujourd'hui En France Est le lieu d'une injustice immense Vous avez 21 départements Dans lesquels Il n'y a pas un seul lit De soins palliatifs Vous avez des gens Tous les jours Qui auraient besoin Des soins palliatifs Qui pourraient être soulagés De leur souffrance Et qui n'y ont pas accès Et quelle est la réponse Que certains voudraient Leur offrir aujourd'hui Et bien vous inquiétez pas On va vous montrer la sortie Moi je crois pas que ce soit ça L'humanité La dignité Je crois pas que ce soit ça La justice Dont notre pays a besoin
Vous avez entendu La ministre de la santé Qui elle dit On va mettre Un certain nombre de garanties De garde-fous S'assurer que la personne Est totalement lucide Que ce n'est pas Le médecin seul Qui décide Est-ce que ces garde-fous Comme elle dit Vous paraissent suffisants
D'abord dans tous les pays Où l'euthanasie a été légalisée Tous les garde-fous ont sauté Et c'est d'ailleurs Ce que promet aujourd'hui Des promoteurs Ce que promettent Des promoteurs de ce texte Je pense par exemple A Jean-Louis Touraine Qui est l'un des artisans De longue date De cette réforme Et qui le disait De manière totalement explicite Devant les caméras Ne vous inquiétez pas Au début Il y aura quelques contraintes Mais ensuite On les lèvera Dans les étapes qui suivront Donc on le voit bien Moi je suis Maintenant je passe Beaucoup de temps en Belgique Au Parlement européen En Belgique On discute de l'euthanasie Des mineurs De l'euthanasie Des détenus Donc vous avez
Redouté que cette loi Ne soit que le début
D'abord c'est certain Et même dans ce texte de loi Tel qu'il est discuté aujourd'hui Je suis désolé Mais les garde-fous J'ai du mal à les voir J'ai le sentiment d'ailleurs Qu'ils ont tous sauté Le délai de réflexion Pour pouvoir être opéré D'une opération De chirurgie esthétique C'est généralement Autour de deux semaines en France Là ce sera deux jours Vous pourrez avoir accès A la fin de vie Sans avoir vu Un deuxième médecin Un seul médecin Suffira Sans collégialité Finalement aujourd'hui On le voit bien D'ailleurs Les soignants Qui sont aujourd'hui A l'Assemblée Nationale Notamment chez les Républicains Je pense à Philippe Juvin Par exemple Nous disent aujourd'hui La gravité Ce que ça représente Pour notre système de soins Pour faire une opération Des dents de sagesse Vous avez besoin De signer un formulaire De décharge Là vous n'aurez pas besoin De signer un papier Pour la mort administrée Il suffira seulement D'un consentement oral Est-ce qu'on est vraiment certain De vouloir s'engager Dans cette voie Pour ma part Je crois que c'est au contraire Le danger qui est devant nous
Merci François-Xavier Bellamy D'avoir répondu à mes questions Ce matin Député européen Vice-président des Républicains
François-Xavier Bellamy