Clément Beaune : Victime d’agressions homophobe, Grindr & Politique, Les Traitres, Attal VS Macron
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Je suis très respectueux et d'Emmanuel Macron par affection, par adhésion. On aime ou qu'on aaime pas quelqu'un en politique euh rien n'autorise qu'on soit dans ces dans ces trucs dégueulasses. Comment savoir où se situer en tant qu'homme politique ?
C'est dur. Tu prends du Xanax ? [rires] Non.
Si LFI se retrouve face au RN, tuappelles à voter pour qui ? Ça, je serais très embêté pour être honnête parce que je considère ces deux dangers énormes. Mais si tu as pas le choix aujourd'hui, je sais pas complètement te le dire.
Ce qui est sûr, c'est que je voterai jamais pour le Rassemblement national. Mais devenu agressif, dangereux, moi il me fait un peu peur. Il fait plus peur que Marine Le Pen Non, j'ai pas dit ça.
Moi je pense que le danger principal pour notre pays, ça reste quand même l'extrême droite. On n'est pas pareil, tu vois. Moi, je suis plus peut-être sage que Marlè.
Elle a une forme de liberté. J'ai pas approuvé tout ce qu'elle a fait, mais ça c'est les gens libres, des trucsim tuaimes pas. Mais est-ce que toi tu pourrais participer au traître ?
Pour te dire, on m'a proposé. Ouais. Mais maintenant, je suis encore actif en politique donc non.
Mais peut-être peut-être un jour, on verra. Je suis gay, je l'assume, je me souviens encore. Mais j'ai lu que tu avais mis 2 ans à le dire à ton père.
Ouais. Et 17 ans à le dire à ta mère. Ouais, ça j'aime pas trop en parler mais en tout cas j'ai mis du temps, j'ai porté plainte, il y a eu un procès, la personne a été condamnée.
Euh voilà, quelqu'un qui voulait qui disait avec un long message téléphonique, on sait où tu habites. Voilà, je préfère même pas dire la suite mais [musique] alors c'est un sacré CV que je dois faire en introduction. Clément, déjà comment ça va ?
Bah, ça va bien quand être là. Un vrai ça va. Est-ce que tu as bien dormi ?
Tiens ? J'ai bien Je dors toujours bien moi. Ouais ouais.
Je fais peut-être deux insomnies par an. Moi je dors bien. Ouais.
Et ben écoute moi aussi j'ai très bien dormi. Je suis en pleine forme pour cette interview. Ah non pas toujours.
Pas toujours. Le stress moi, tu vois parfois ça me fait moins bien dormir. Alors je te disais sacré CV quand même pour cette introduction.
Clément Bonne, tu es tu es un homme politique donc au parcours quand même très singulier hein, ancien conseiller d'Emmanuel Macron sur les questions européennes, secrétaire d'État chargé des affaires européennes sous le gouvernement Castex, ministre délégué chargé de l'Europe puis ministre délégué chargé des transports sous le gouvernement d'Élisabeth Born. Tu redeviens député de la 7e circonscription de Paris après la démission d'Élisabeth Born. Après la dissolution, tu es battu au législative et depuis tu as été nommé au commissaire à la stratégie et au plan.
Alors exactement au commissaire à la stratégie et au plan, j'ai vu que ça faisait parler hein comme poste. Ouais, je sais. Tout le monde dit qu'il ne comprend pas ton poste.
Qu'est-ce que tu as envie de répondre ? Bah je vais expliquer d'abord, c'est un poste parce que souvent la critique pour être claire c'est on t'a recé ou on l'a créé au moment où il y avait François Bairou. Bon et moi je rappelle quand même c'est important que c'est une institution qui est très ancienne.
Ça a été créée par de Gaulle juste après la guerre. Donc en 46, on va fêter les 80 ans du plan. Alors à l'époque, c'était vraiment la reconstruction.
Donc littéralement c'était la petite structure avec des ingénieurs et tout qui prévoyait les objectifs de production. On disait faut faire tant de tonnes d'acier, tant de tonnes de blé et cetera région par région et cetera. On fait plus comme ça.
Mais aujourd'hui l'idée et c'est vrai que ça avait un peu perdu de son lustre, de sa notoriété, moi j'essaie de lui redonner de la vigueur, c'est queon doit planifier des choses. Par exemple, si on s'occupe du changement climatique, si on parle de démographie, moi je suis très obsédé par le sujet de la démographie. Oui, j'ai vu tu travaillais même sur 2035 et 2050.
Exactement. Mais si par exemple, tu veux savoir combien il y aura d'enfants dans les écoles en 2035, en 2050 pour savoir combien il faut de prof, pour savoir combien il faut d'encadrants dans les cantines et cetera, bah ça ça se planifie évidemment. On travaille avec les ministères, nous on essaie de synthétiser ce que font les différents ministères qui travaillent chacun dans leur coin alors que tu as des sujets comme la démographie qui vont concerner tout le monde, les soignants, les profs et cetera.
On va parler de tout ça Clément, mais ce que j'ai vu en me renseignant, c'est que j'ai vu que le haut commissaire à la stratégie et au plan, il est nommé par le président de la de la République donc Emmanuel Macron. Donc je voulais savoir si tu étais poto avec Emmanuel Macron pour avoir eu ce poste là parce que c'est vrai que tu as été de tous les gouvernements. Il a jamais voulu te lâcher, j'ai l'impression.
Bah, je suis parti quand même au moment de la loi immigration, c'était un peu plus compliqué, on va dire. Moi, je fais partie de ceux qui ont eu un moment des débats politiques dans ma famille politique, pas seulement avec le président. Moi, je suis très respectueux et d'Emmanuel Macron par affection, par adhésion parce que moi, je l'ai suivi quand il était pas encore ministre.
Il travaillait à l'Élysée, je l'ai connu à ce moment-là. Il a été ministre, il a constitué une équipe parce que lui, il était nouveau en politique aussi. maintenant on a l'impression que il a toujours été président en quelque sorte mais il a été un jeune ministre inconnu et il a créé une équipe.
J'ai fait partie de cette équipe dès le premier jour et après je l'ai suivi en campagne. C'était pas du tout le favori. On y a cru, on s'est battu pour lui avec d'autres et puis après j'ai été son conseiller pour l'Europe.
Comment tu décrirais aujourd'hui ta relation avec Emmanuel Macron ? De respect et d'affection parce que en tout cas de mon côté, je parle pas à sa place parce que j'ai de l'admiration pour ce qu'il a créé. Après, il y a des débats, on aime, on aime pas.
Mais moi, je j'adhère notamment à tout ce qu'il a fait sur l'Europe parce que je pense que ça paraît aujourd'hui évident d'être pro européen. Quand il a été c'était courageux en 2016-27 un candidat, c'était le Brexit, il y avait un pays qui était sorti de l'Union européenne, de l'Angleterre et lui, il a dit "Moi, je pense que l'Europe, on doit la défendre, la changer, la renforcer." Qu'est-ce que tu as appris d'Emmanuel Macron ?
J'ai appris, moi je suis un tempérament parfois prudent, sage, j'ai appris une certaine audace. Alors, quand tu es audacieux, parfois ça passe, parfois ça casse, mais euh c'est quelqu'un qui prend des risques. Euh et moi je ça m'a un peu contaminé, si je peux dire, au bon sens du terme.
J'ai appris à sortir un peu de moi-même. Euh tu vois, quand j'ai fait une campagne, tu as dit que j'avais été député de Paris. Euh moi, quand j'étais gamin, j'avais beaucoup de mal à parler en public.
J'aurais jamais fait quelque chose qu'on fait comme ça. Ah si, complètement. Moi, je faisais du théâtre parce que mes parents m'ont forcé à faire du théâtre.
Ils ont bien fait pour que j'apprenne à parler devant même un petit groupe, tu vois, pour te sortir de ta coquille. Me sortir de ma coquille. J'étais un bon élève mais j'étais hyper timide.
Donc je levais pas la main, j'espérais qu'on me fasse pas parler et cetera. Moi, j'aimais bien faire l'écrit, tu vois. J'étais sage, je faisais mes devoirs.
Mais l'oral, c'était dur, très dur. Et encore aujourd'hui, tu vois le le jour où j'ai été nommé ministre, enfin le lendemain, le premier truc c'était d'aller répondre au parlement, ce qu'on voit à la télé le mardi, le mercredi, les questions gouvernement. Et je pensais pas que j'aurais une question et j'ai une question surprise de Sébastien Chenu.
Et qui t'a dit quoi ? Bah déjà c'est l'opposition, c'est l'extrême droite. Donc il a posé une question qui était un peu dure.
On savait pas qu'il y aurait cette question parce que les partis politiques parfois ils disent qu'ils ont une question à poser, parfois ils disent pas. Lui ilavait pas dit. Et moi j'étais là depuis 24 heures.
J'avais jamais répondu au Parlement tu vois. Et Sébastien Chuli me pose une question sur l'Europe sur un sommet européen. Bon je connaissais le sujet mais il faut regarder le timing, il faut regarder le député.
Il faut tu es devant 600 personnes presque qui sont pas toutes sympas avec toi et puis qui attendent toutes de savoir si tu fais un bisutage, tu vois, si tu vas répondre ou pas, même les gens de ton parti. Et bon, je l'ai fait pas mal mais ça m'a libéré, tu vois. J'ai j'ai parlé, j'ai j'ai répondu, tu as pas le choix, tu sautes dans le grand bain.
Euh voilà. Mais tout ça, je l'ai appris quand j'ai fait une campagne électorale. Je disais député de Paris, faire une campagne, tu vois, all est tous les jours serrer des mains, discutter, te faire engueuler.
Tu as des moments magiques et puis tu as des moments où tu te fais un peu chahuter quoi. Donc en fait, tu t'es fait violence. Ouais.
Ouais. Mais moi ce que j'ai adoré dans ces années et puis c'est pas fini j'espère, mais de politique, tu vois, c'est au-delà de l'activité elle-même où moi, je trouve ça passionnant de s'occuper de grands sujets ou de sujets locaux pour ta circonscription euh mais jusqu'à l'Europe. Mais c'est surtout que moi j'ai appris, moi j'ai changé.
Moi, j'ai appris ce que je dis souvent, c'est que j'ai je fais aujourd'hui des choses que j'étais incapable de faire il y a 5 ans ou 10 ans. Et ça dans la vie, c'est quand même une chance énorme de faire des choses où tu apprends, où tu t'enrichis, où tu fais des rencontres, où tu as des compétences que tu avais pas avant. Et moi, c'est passé par la politique.
Je dis parfois c'est une forme de thérapie la politique, le super timide que j'étais, bah il a appris à se battre un peu. Et qu'est-ce que tu as vu d'Emmanuel Macron que les Français ignorent ? Je pense que on oublie qu'il a beaucoup d'humour. quelqu'un de très drôle euh et très chaleureux.
Je sais quand on est président de la République, on est vu comme un peu distant, comme un peu vertical comme on dit. C'est normal, c'est la fonction. Il peut lâcher des petites blagues comme ça de temps à autre.
Ouais, ouais, ouais, ouais, ouais, ouais. Et tu riais sincèrement. Ah ouais, franchement, ouais.
Euh mais moi, j'ai une particularité, c'est que j'ai connu mal Macron avant qu'il soit président. Euh donc évidemment, j'ai ensuite quand il était président, on respecte la fonction, on respecte la personne. Le cadre de l'Élysée, c'est c'est plus solennel, tu vois, c'est plus grave.
Mais euh voilà, je je l'ai connu dans des fonctions qui étaient déjà des fonctions de responsabilité et quand il était conseillé à l'Élysée, quand il a été ministre. J'ai vu l'évolution d'ailleurs, les institutions, ça compte. Quand tu es ministre, c'est quand même plus détendu quand tu parles à un ministre que quand tu parles à un président et c'est normal parce qu'il représente tous les Français, il représente la France à l'international.
Je l'ai vu dans des sommets européens avec Angela Merkel, avec le président chinois, avec Trump et cetera. Bon bah, tu as tu as un poids sur les épaules mais voilà, il y a une personne privée qui a voilà qui est beaucoup plus cool, si je puis dire, détendu, drôle que que peut-être ce qu'on voit dans l'image t de télé. Est-ce que tu as pu être là pour lui dernièrement ou pour Brigitte Macron euh face à la à la campagne de dénigrement, de diffamation aussi euh qu'elle a vécu qu'ils ont subi du dû à Candis Owens qui disait que que Brigit Macron était né homme ?
Alors moi j'en je parle jamais de mes conversations privées avec le président ou la première dame, mais là-dessus, moi j'ai trouvé ça faut çaut qu'on aime ou qu'on aaime pas quelqu'un en politique, rien n'autorise qu'on soit dans ces dans ces trucs dégueulasses. Bon et donc j'imagine, j'essaie d'imaginer que c'est une blessure. Même quand on a le cuir épais, même quand on est en politique, Brilique Macron, elle est pas élue directement, elle est la première dame, c'est une fonction importante de représentation. le fait très bien avec dignité, mais en plus je trouve ça beaucoup plus dur d'attaquer quelqu'un qui a pas choisi d'être en politique, qui est pas vraiment en politique sur des trucs privés, personnels immondes.
Bon, donc voilà, moi je évidemment je porte mon soutien mais ça dit quelque chose aussi sur notre époque euh où on se permet de d'attaquer sans limite euh qu'on dise "J'aime pas la mesure prise par le ministre machin ou le président." Bon, OK, ça c'est la vie démocratique et c'est jamais très agréable. Moi quand j'étais ministre des transports, parfois les gens ils disent "Tu es nul, tu as fait n'importe quoi sur tel dossier, sur tel projet." Bon mais ça c'est la vie.
On peut le dire poliment, pas obligé d'être agressif. Mais quand c'est perso et quand en plus c'est n'importe quoi, qu'on invente des choses sur son identité, sur sa personne, sur son intimité. Bon, c'est vraiment là le pire, pas que de la politique d'ailleurs parce que ça concerne aussi des sportifs, des personnalités.
Tu le vis peut-être aussi, on est attaqué dès qu'on est public, on est attaqué. Alors les gens disent bah vous le savez quand vous êtes public c'est vrai. Mais c'est pas pour ça que tous on doit s'habituer à ça parce que tu peux être public, tu as des avantages, des inconvénients, ça c'est la vie.
Mais en revanche que on tape sur la personne, l'intimité, je trouve ça horrible. Oui, il faut savoir où çaarrête la liberté d'expression. Et ta liberté d'expression, je vais l'activer bonne en te demandant qu'est-ce que tu penses de Pascal pro.
Je vais essayer d'être cohérent. Je vais pas attaquer une personne. Euh bah la moi je suis déjà je suis déjà allé dans ces émissions, pas beaucoup.
Euh je trouve qu'il y a un truc qui est là aussi de l'ordre maintenant de plus en plus du personnel. Quand il tape sur le pr de la République, il a le droit politiquement. Après, c'est parfois avec des espèces de fake news, de rumeur, je trouve pas ça bien.
Euh et puis même si j'entends dire c'est la liberté d'expression et cetera, très bien liberté d'expression mais on va pas dire que c'est le pluralisme politique non plus. Moi je regarde de temps en temps les chroniqueurs et cetera. Euh bon, ils ont tous une ligne politique.
Bon, il y a pas une grande diversité. Ils a manifestement ils aiment plus Bardella que la gauche ou que Macron et les proches de Macron. Bon, c'est leur droit.
Moi, j'ai aucun problème avec ça. Mais simplement, faut être là aussi honnête et cohérent. C'est une ligne politique, c'est un projet politique.
Voilà. Donc ils ont le droit, il faut qu'il y ait de tout de la diversité tant qu'on tombe pas dans des propos excessivement violents, agressifs ou faux, mais voilà, moi c'est pas mal ligne politique et je trouve que dire il y a une diversité d'opinion, il y a un pluralisme d'opinion, c'est pas ce qu'on voit. Et est-ce que c'était violent de la part de Pascal pro te concernant de dire Clément Bonne, on sait pas à quoi il sert.
Clément Bonne, il sert à rien. Il a répété plusieurs fois. On va revoir un extrait de cette séquence.
Ça se passe ici. Euh vous connaissez Clément Bone ? J'ai cet honneur.
Alors vous vous servez à quelque chose, vous êtes préfé Clément Bone, il est au commissaire au plan. Désolé, désolé Clément B, je voulais je voulais un peu chauffer avant le sait pas à quoi il sert. Bon donc c'était sur Europe, hein.
Ouais. Comment tu l'as vécu cette séquence ? Euh en fait là ce qu'on voit, j'ai juste après, je vais rentrer en studio et je vais avoir l'occasion d'expliquer.
Bon euh je suis pas sûr de l'avoir convaincu, mais bon ça c'est la vie. Euh non, juste avant, une semaine avant, il m'avait appelé au téléphone par surprise pour l'anecdote. J'allais prendre un train et puis j'ai un numéro masqué.
Je réponds jamais au numéro masqué mais là bon, je sais pas pourquoi, je venais de prendre mes fonctions et donc je me suis dit ça se trouve c'est un truc important, un numéro que je connais pas. Voilà, je réponds et c'était Pascal pro qui m'a mis en direct à l'antenne. Bon ah sans te prévenir.
Sans me prévenir. Bon ça c'est la vie ça pour le coup tu vois c'est pas ça se fait ça c'est pas génial parce qu'on prend les gens par surprise. Mais bon ça c'est la vie.
Tu as décidé d'être une personnalité exposée pour le coup faut être prêt à répondre. Ça ça me choque pas. Donc j'ai répondu qu'il m' il décroche tout de suite en me disant à peu près ça.
Il me dit "Bonjour, vous avez été nommé un truc qui sert à rien et cetera." Bon, c'est jamais sympa. Mais ça pour le coup, c'est le c'est le c'est c'est le débat politique.
J'allais dire il faut être prêt à faire ça. Moi, j'étais un grand timide, je te disais mais maintenant j'ai appris à répondre. D'ailleurs, je réagis tout de suite.
Voilà, je fais du pingpong et cetera. Et je lui dis, "Bah, écoutez, si on est honnête et si vous voulez qu'on débatte de à quoi ça sert, je viens de vous voir." C'est pour ça que je suis allé.
Voilà. Après, c'est ça que j'ai pas aimé dans l'émission mais c'est pas pour moi, c'est parce qu'il y a des équipes derrière. Il y a des gens qui bossent, il y a des gens qui bossent tard le soir dur pour faire des rapports, des études.
Ils y croient, ils essayent de mettre dans le débat public des chiffres pour qu'on ait justement des débats un peu rationnels et cetera. Et je trouve que les attaquer en disant dans l'émission, il dit vous appartenez à des machins des agences, c'est des gens qui sont pas très bien payés. Lui, il est payé beaucoup beaucoup d'argent.
Je veux pas renvoyer d'os mais enfin quand on gagne bien sa vie, qu'on a un micro entre les mains et qu'on attaque des gens qui peuvent pas se défendre, moi je trouve pas ça bien. Mais lui c'est pas l'argent du contribuable. Non, c'est pas l'argent du contribuable.
C'est vrai. Enfin, tout le monde paye à un moment donné quand on est payé par la pub. C'est le consommateur qui paye.
Donc moi, je veux bien. Mais les fonctionnaires, ils sont pas tous bien payés. Ils sont pas tous d'ailleurs fonctionnaires à vie.
Il y a des gens dans les structures publiques comme la mienne, ils ont un contrat. Donc une ferme de précarité aussi. Et c'est des gens qui bossent dur.
Alors, on peut dire il faut qu'il fasse autre chose et cetera. Très bien. Moi, je suis leur chef et leur responsable.
J'encaisse et je défends. Mais je note que beaucoup de gens disent là aussi la cohérence. Ouais.
à quoi ça sert d'avoir un truc qui réfléchit à 2050 et cetera et après on dit à l'État, vous êtes pas foutu de prévoir les infrastructures de TGV pour demain, le nombre de médecins qu'il faut recruter, le nombre de profs qu'il faut recruter. Ils sont incohérents les Français ? On est tous incohérents.
Ouais, on est tous incohérents. Je prends l'exemple, on parlait du de la fonction du président. Le président, on lui demande d'être à la fois proche et lointain.
On lui demande d'être à la fois un président qui va à l'international, qui fait des sommets, qui parle les langues étrangères et cetera et puis d'être dans le quotidien des Français, de répondre à tout. Donc on est incohérent. Voilà, c'est comme dans la vie, on est incohent.
Comment savoir où se situer en tant qu'homme politique ? C'est dur. Tu prends du Xanax ? [rires] Non mais je dors bien déjà, ça aide.
Euh non, bah c'est ça que j'ai appris au début, tu vois quand j'ai été au début on est un peu naïf. Moi je suis pas un tu as dit mon CV c'est gentil mais en fait j'ai eu un boulot avant d'être en politique et ça j'insiste beaucoup là-dessus parce que Ah donc pas comme Bardella. Pas comme Bardella.
Mais c'est important parce que et c'est pas une question d'âge, je pense que c'est important d'avoir pas été que en politique dans le public ou dans le privé ou dans une association où on veut. Euh je pense c'est important de faire des allers-retours. Alors là aussi, on est un peu paradoxaux parce qu'on dit les politiques euh il faut euh qu'il change, il faut pas qu'il fasse que de la politique, il faut qu'il connaisse la vraie vie quoi, le monde du travail euh quel qu'il soit.
Et en même temps, quand ils font des allers-retours, on dit bah attends, pourquoi il est parti dans le privé ou pourquoi ? Bon, donc faut savoir ce qu'on veut. Mais ça, je vais t'en parler dans quelques instants.
Tu vais voir, tu vas voir. Clément, je vais te montrer des photos d'ancien ministres et tu vas pouvoir me parler de leur activité actuelle. Mais juste pour réagir à quelques commentaires qui étaient sous cette vidéo repostée par Europe 1, donc de Pascal pro te concernant, on peut lire 7000 € pour brasser de l'air.
Pourquoi l'État fait appel au cabinet de conseil et en plus, il y a des personnes qui réfléchissent pour 7000 balles par combien de personnes ? Combien d'emplois fictif, c'est scandaleux. Ou encore chat GPT ferait un meilleur boulot que 70 fonctionnaires dans un comité bidon.
Ça c'est pas vrai. Factuellement, qu'est-ce que tu réponds aux Françaises et aux Français qui pensent ça ou encore aux sénateurs qui ont voté pour la la suppression des crédits du haut commissariat ? Même les Républicains qui étaient pourtant alliés ponctuel de la majorité qui proposent de supprimer 2/ tiers des agences de l'État.
Qu'est-ce que tu réponds aux gens qui disent franchement il fait un boulot qui sert à rien ? Bah je vais te dire, je vais être honnête. Il y a des gens tu les convaincras jamais.
Ouais parce qu'elle proche je le convainquerais pas parce que c'est son business te dire que l'État c'est nul que les agences les fameux machins autour de l'État et cetera, c'est nul. Bon, il gagne sa vie avec ça. Bon, c'est son droit.
Tant mieux s'il gagne bien sa vie, plus que nous, plus que moi. Bon, mais moi, j'ai pas de problème avec ça. J'y vais quand on m'invite parce que je veux pas laisser attaquer une institution.
Moi, je dirige des gens. Mais après, il y a des gens, il se posent la question sincèrement. Même des copains, moi, ils m'ont dit "C'est quoi ce truc là ?" Bon, je prends un exemple.
On a fait un un travail sur la démographie. Je prends la démographie. Ça veut dire que cette année, pour la première fois en France, il y a plus de gens qui meurent que de gens qui naissent.
Donc la population, elle va baisser. Mais il y a des ministères pour ça. Ouais.
Mais alors, on travaille avec les ministères. dirait l'avocat du diable he bien sûr il y a des ministères mais d'ailleurs moi je le dis les gens qui bossent avec moi ou pour moi, ils viennent des ministères, ils viennent quelques années dans cette structure, on l'a pas recruter des gens en plus ils viennent quelques années du ministère de la santé, du ministère de l'écologie, du ministère des finances et ils travaillent ensemble justement, c'est ça l'idée. C'est pas des emplois en plus, c'est des emplois qu'on rassemble pendant quelques temps.
Et sur la démographie, on dit bah si on a moins d'élèves de 15 % dans 15 ans, on va voir avec l'éducation nationale comment on ouvre ou ferme les écoles à certains endroits. Si par exemple on a moins de soignants qui sont recrutés parce qu'il y a moins de jeunes qui rentrent sur le marché du travail dans 10 ans, comment on fait pour protéger les personnes âgées qui ont besoin de plus de soins ? Et est-ce qu'ils ont raison ?
Est-ce que ta fonction est-ce que ton métier il est payé 7000 € par mois ? Alors oui, Brut, c'est ça, c'est à peu près ça. Parce que Berou disait qu'il prenait pas de salaire.
He ouais. Alors j'insiste François Berou c'était un autre schéma. Il était maire d'une ville et président de d'uneagglomération et il faisait ça partie de la semaine en complément de son activité politique.
C'était un autre modèle. Ça existait. Moi, je suis un fonctionnaire.
Euh, je suis j'étais déjà payé par l'état avant. Je suis fonctionnaire. Euh, alors certains ils disent les fonctionnaires, ils servent à quoi et cetera.
Si j'étais parti dans le privé, on m'aurait dit "Tu es parti gagner mieux ta vie dans le privé." Moi, je vais rester dans la fonction publique. Je pourrais être beaucoup mieux gagner de ma vie dans le privé.
Je gagne bien ma vie, je me plains pas du tout. Mais j'ai fait le choix du secteur public parce que je pense que c'est important. J'ai cette fonction aujourd'hui.
J'en aurai d'autres après dans le secteur public. Mais tu vois, on traverse une période aujourd'hui en France où beaucoup s'accordent à dire qu'il faut faire des économies. Voilà.
Est-ce qu'il faudrait pas faire des économies sur un poste comme le tien ? Bah si on fait des économies dans la structure avant je veux pas être trop long mais c'est important François Berou donc avait cette fonction puis il y avait une autre structure qui faisait à peu près la même chose. Moi j'ai fusionné c'était la demande d'ailleurs du Sénat et de l'Assemblée nationale de plein de députés de plein de partis politiques.
Ils ont dit il faut fusionner. On est la seule agence dans l'État où on a fusionné deux structures cette année. Je dis quand même parce que comme les Frit McCain ce qu'on parle le moins qu' mange le plus.
Nous on a fait vraiment une fusion et on fait des économies. Cette année, moi je rends 15 % de l'économie de fonctionnement sur ma structure. On fera pareil l'année prochaine.
Moi, j'ai parfaitement conscience que quand on est dans le secteur public, on doit justifier de chaque euro qu'on utilise pour le contrib. Et moi, je fais très attention à ça. On va réduire les emplois aussi.
On fait des économies. Maintenant, la question c'est est-ce que la mission, elle est utile ou pas ? Moi, je pense qu'elle est utile.
Si elle est pas utile, ben on fera autre chose. Moi, je pense qu'elle est utile et qu'on a justement besoin de plus de gens qui réfléchissent un peu à la durée pour anticiper, gérer des crises. On va avoir des menaces cyberes, militaires et cetera.
On travaille avec les ministères, nous on rassemble des gens, on coordonne des gens pour essayer d'anticiper tout ça. Et par exemple, tu vois quand le président de la République a présenté un service militaire volontaire il y a quelques jours, il y a un débat là-dessus, moi je pense que c'est très bien. Et ben nous on a fait le travail technique avant, c'estàd c'est toi qui l'a suggéré.
Non, il avait déjà l'idée. Mais nous, on a fait le travail technique. Combien ça coûte, combien de jeunes tu peux mettre par an ?
Ce que font les autres pays européens, on a tout regardé parce que quand tu prends une décision, il faut qu'elle soit travaillée. Le président, il a eu cette intuition il y a quelques mois, il l'a présenté là. Entre-temps, il y a eu travail de pas mal de gens dont nous Hm hm.
Donc tu travailles sur des projections au niveau de ta fonction. C'est ce que j'ai appris, c'est ce que c'est ce que j'ai découvert en 2027. Faisons une projection.
Tiens, si LFI se retrouve face au RN, tu appelles à voter pour qui ? Ça, je serais très embêté pour être honnête parce que je considère ces deux dangers énormes. Mais si tu as pas le choix aujourd'hui, je sais pas complètement te le dire.
Ce qui est sûr, c'est que je voterai jamais pour le Rassemblement national. Tu l'avais fait avant les pas les municipales, avant les législatives dire. Exactement.
Et je l'assume deux choses. Moi, je mets pas de signe égal. Euh ce que je dis c'est pas l'égalité absolue.
Pourquoi ? Parce que je pense que dans l'histoire l'extrême droite et l'extrême gauche c'est pas pareil. Pour moi, c'est deux extrêmes, c'est deux dangers mais c'est pas pareil parce que l'extrême droite dans notre pays, c'est une tradition euh qui a été violente, agressive, antirépublicaine.
Les choses ont probablement changé, évolué, mais il faut pas oublier ça. Et ça, ça se dans l'histoire, ça se voit dans le militantisme de certains à l'extrême droite, le Rassemblement national. Alors, on dit en Italie, on a un parti qui était d'extrême droite qui est au pouvoir avec madame Mélony, c'est pas si grave, mais c'est une coalition.
Euh déjà, mais est-ce que tu peux répondre à ma question si en 2027 tu dois appeler à voter si c'est LFI qui se retrouve à Soar ? Je réponds pas c'est ça aussi ta fonction c'est de prendre des responsabilités. C'est ma fonction personnelle.
Tu me demandes une conviction personnelle, c'est pas le plan. Mais c'est intéressant la question que tu poses parce que tu dis LFI contre le RN si on est dans cette hypothèse, moi je vais d'abord me battre pour que ça n'arrive pas. C'est ça ma responsabilité de ma question.
C'est pas LFI FA d'ailleurs, c'est une personne. Donc c'est a priori Jean-Luc Mélenchon contre Marine Le Pen ou Jordan Bardella. Bon moi je pense que Jean-Luc Mélenchon c'est quelqu'un qui aujourd'hui il peut pas toujours été comme ça mais est devenu agressif, dangereux.
Moi il me fait un peu peur. Il fait plus peur que Marine Le Pen Non, j'ai pas dit ça. Moi je pense que le danger principal pour notre pays, ça reste quand même l'extrême droite.
Il faut pas l'oublier parce que eux ils peuvent arriver au pouvoir. L'extrême gauche elle a aucune chance d'arriver au pouvoir. Donc tuappelleris à voter pour Jean-Luc Mél.
Je te dis que je voterai jamais pour le RN. Et euh donc tuappelleras à voter pour Jean-Luc Mélenchon. Je l'exclus pas mais ça dépend un peu de comment ça se porte comment ça se fait dans la campagne et qu'il y a derrière.
Ça c'est très important. Mais j'assume ce que j'ai dit en 2024 pour être très concret parce que ça c'est pas de la politique fiction. C'est ce qui s'est passé.
On me l'a reproché parfois. Moi j'ai dit même quand il y a un candidat LFI contre le RN législatif de 2024 et bien je j'appelle à voter LFI. Pourquoi ?
Ils étaient pour certains pas mes copains. Moi je me suis battu contre des candidats LFI. Mais parce que le danger à ce moment-là, c'était que l'extrême droite arrive au pouvoir.
Et il faut qu'on ait en tête aujourd'hui que le danger pour notre pays concret, le danger concret, je parle même pas de moral, c'est l'arrivée de l'extrême droite au pouvoir. L'extrême gauche au pouvoir, elle a aucune chance. Aucune chance.
On voit les sondages. Euh quand tu vois Bardella contre le Mélenchon, c'est 75 % 25 %. C'est pas Et pourtant, c'est c'est Jordan Bardella qui bénéficie de la confiance des Français au niveau des derniers sondages qui sont sortis.
Bah moi ça m'inquiète parce que justement Mélenchon beaucoup de gens disent il est dangereux et cetera et je partage. On oublie du coup que l'extrême droit c'est aussi très dangereux et d'autant plus dangereux que eux ils sont aux portes du pouvoir. Donc moi je me bats pour que on ait pas ce choix qu'on ait plus que plus de choix que ça et qu'il y ait pas un extrême qui arrive au pouvoir et surtout pas l'extrême droite.
H je vais te montrer un extrait vidéo Clément où tu es assez touté. Non, tu es beaucoup touché, je trouve quand même. T'explique que tu vas quitter tes fonctions de ministre et tu le fais avec beaucoup d'émotions.
Regarde, c'est dur ça. Alors, depuis plus de 3 ans comme ministre, j'ai voulu agir en ayant deux exigences : accomplir ma mission et servir mes convictions. Et je pars en ayant le sentiment de ne pas avoir transigé avec ces deux exigences.
J'emporte avec moi ces convictions à l'Assemblée nationale pour mener mes combats, les défendre au sein de notre majorité. Pour mon équipe dont je sais la tristesse, je veux dire que partir en ayant défendu ses convictions n'est jamais un échec ni un déshonneur. Au contraire, on sent que tu retiens tes larmes.
Ouais, ça me rit aimeux de le voir. Je l'ai pas revu. Ouais, parce que parce que bah on est des humains.
Et donc au-delà du fait, c'était au moins de la loi immigration, au-delà du sujet politique, du désaccord politique, ben j'ai travaillé avec des gens pendant plus de 3 ans. Euh, ils partent d'un coup, hein, faut avoir en tête que c'est très brutal. Euh, c'est brutal dans les deux sens.
Quand tu arrives en politique, moi quand j'ai été nommé ministre, tout à coup euh tu es au parlement, tu fais un média, tu es protégé par un officier de sécurité. Ça fait bizarre quoi. Tu te retrouves dans le quotidien.
Tretouve dans le quotidien ou voilà tu dès que voilà, exactement. Dès que moi on me dit que je prononce des trucs bizarrement, donc je me on se fout de ma gueule quotidien. Ouais.
Que j'ai une voix snob. Bon, j'espère que non. Oh, tuas tuas tuas tu as un petit accent du 16e.
Oui. Alors que pas du tout. Je viens pas du tout du 16e et ma famille vient pas du tout du 16e.
Donc tu vois, parfois on a des clichés sur les gens et moi je viens d'une famille de fonctionnaires justement, un prof et une infirmière. Euh voilà, j'en suis très fier mais c'est pas du tout une famille bourgeoise du 16e. Alors c'était à force de côtoyer Macron.
Ah tu non, il parle pas comme ça. Puis lui il vient pas de Paris en plus, pas du 16e. Bref, mais là bah et ça s'arrête mais ça c'est la République et c'est la démocratie he on n'est pas propriétaire de son ministère donc on a la chance de servir.
On sait que ça va s'arrêter. Et quand ça s'arrête, bah d'un coup euh les gens ils pensent que les politiques, ils ont la voiture, le bureau et cetera. Quand on est ministre et seulement qu'on est ministre, on a joli bureau, une voiture et cetera.
Mais l'heure où on est viré, tout s'arrête. C'est l'autre ministre qui reprend la voiture, le bureau et c'est normal quand tu t'ostes. Et donc là, c'est surtout qu'il y a une équipe avec qui j'ai bossé, je les vois en face de moi et puis on dit au revoir après.
Oui. Donc ça te touche ? Bah ça me touche et puis parce que c'était des circonstances qui étaient un peu difficiles.
Mais quand tu t'opposes Clément à la loi immigration comme tu l'as fait alors que c'était défendu par ton propre camp. Ouais. Est-ce que tu savais que tu allais perdre ton poste ?
Est-ce que tu savais qu'ils allaient te mettre au placard ? Au fond de moi, oui. Au fond de moi, oui.
Je savais. J'ai pris le risque. Ouais.
Pourquoi tu as pas démissionné ? Ça, c'est une bonne question. Ouais, beaucoup.
Je sais euh ce que je disais des étudiants l'autre jour qui me posaient la question. Ouais. Euh, je leur ai dit c'est marrant parce que moi vous me posez la question et je vais y répondre.
Pourquoi tu as pas démissionné ? Donc pourquoi tu es pas allé au bout de l'opposition ? C'est ça le truc.
Oui, comme d'autres l'ont fait. Un, l'autre l'a fait, Aurélien Rousseau et je salue forme de courage. Bon, après, on a des accords sur d'autres sujets, mais je salue son courage.
Euh mais euh moi je l'ai et donc je disais on te reproche quand tu as fait un truc bon à moitié disons moi je considère pas ça mais disons que j'ai fait un truc à moitié. Les gens ils te reprochent plus que si tu avais rien dit du tout. Oui, tu vois, c'est quand même toujours paradoxal dans ce pays, on aime la conflictualité, la violence, on aime pas la nuance.
Et moi, c'est peut-être un défaut d'ailleurs en politique parce que parfois faut être plus clair. Tu vois, peut-être je suis trop long, peut-être je suis pas euh et ben moi je suis un nuancé, je suis un modéré et puis il y a un aspect affectif, je je l'ai dit dans mon bouquin, je l'assume. Bah moi, je me suis engagé avant même que le président il soit président.
J'ai fait sa campagne deux fois. Euh j'avais des gens dans son équipe que j'aime beaucoup, que je connais bien, même qu'on a parfois des débats ou des désaccords. Donc il y a ce que j'ai dit c'est qu'il y a des désaccords qui sont pas des ruptures.
Et moi j'avais pas envie d'une rupture. Peut-être que parfois il faut créer des ruptures alors qu'on a pas envie et peut-être qu'il faut une démarche soit on ferme sa guule comme disait un ancien ministre, un ministre ça ferme sa gueule ou ça démissionne. Moi j'ai pensé qu'il y avait un truc entre les deux qui était de dire un désaccord et puis de continuer à mener d'autres combats parce que j'étais ministre des transports.
Bah oui mais c'est dingue. Ça veut dire qu'en tant que ministre, tu as pas le droit d'être contre une idée de ton camp. Bah tu as tous les droits.
Mais bah non, si vraisemblablement tu es viré. C'est pas une question de droit. C'est que les gens, tu vois, on voit bien, te reprochent parfois cette espèce de nuance.
Les gens à gauche ou à droite, ils disent "Bah, tu es pas d'accord, pourquoi tu parles pas ?" Ben oui, mais au sein d'une famille, on a le droit de pas être toujours en accord avec son père, avec sa mère, avec son frère ou avec sa sœur sans être viré de la famille. Pour ça je dis il y a des désaccords qui sont pas des ruptures.
Tu peux t'engueuler avec ton père, ta mère, ton frère et puis le lendemain bah tu passes à autre chose. Alors il y a des choses, il y a des moments où il faut acter des ruptures parce que c'est trop, tu vois. Si tu as quelqu'un dans ta famille qui est extrémiste, tu vois, moi si j'avais quelqu'un d'extrême droit dans ma famille, je pourrais pas continuer la discussion.
Bon, parce que c'est des valeurs qui sont différentes. Euh, sans doute, on continuera à se voir et cetera, mais il y a un moment de rupture. Bon, en politique, évidemment, comme en plus tout est sur des convictions, il faut parfois des ruptures, des clartés.
Mais je pense encore, moi j'ai pas de regret là-dessus, que parfois il faut dire ce qu'on pense, pas cacher les choses pas tous les jours parce que sinon c'est le bordel. Mais quand il y a un sujet important, là c'est un sujet important sans que ça remette en cause tout le reste. Moi j'ai eu un désaccord sur cette loi mais il y a plein de choses sur lesquelles avec Emmanuel Macron avec députés de mon camp, j'ai des accords enfin des accords au sens positif sur ce qu'on a fait sur l'Europe, ce qu'on a fait sur les entreprises.
Voilà et donc de toute façon quand tu es dans un collectif c'est jamais que des plus ou que des moins. C'est il faut qu'il y ait plus de plus que de moins. Là tu restes et moi il y avait plus de plus que de moins.
Mais néanmoins, j'ai pensé qu'il fallait dire quelque chose. Voilà. Mais je vois bien que dans mon camp, on m'a dit "Tu es pas clair, tu es un traître." Et puis les autres à gauche notamment, ils m'ont dit "Tu es pas courageux." Bon bah c'est et je dis pas que j'ai bien fait, c'est encore je me refais parfois le film.
Bon maintenant c'est comme ça et puis que je regarde devant. Non non, tu es pas un traître. Tu es pas un traître.
Crément Bonne, tu sais qui est un traître ? [rires] Vas-y. Ton ancienne collègue Marlè Chapa.
Oh là là. Ah oui parce qu'elle a fait l'émission. Elle a fait l'émission les traîtres.
Bah justement, je vais te montrer des photos d'ancien ministres. On va parler de leur reconversion. Il s'agit donc de l'ancienne ministre de l'égalité entre les femmes et les hommes qui est devenue bah quelque part candidate dans une émission de divertissement sur M6 qui s'appelle Les traîtres.
C'est vrai que Marline Chapa, on l'a vu à un très haut poste au sein du gouvernement avec des sacrées responsabilités. Il y a peu, elle participe donc à cette émission d'M6. Est-ce que ça t'a surpris ?
Euh, enfin, ça m'a surpris, je savais pas, elle m'a pas confié ça avant. Mais bah Marlen Chiappa d'abord, elle a sa liberté. Moi c'est un personnage, je dis un personnage parce que c'est c'est une personnalité forte que j'aime bien.
J'ai été au gouvernement avec elle. On n'est pas pareil, tu vois. Moi, je suis plus peut-être sage que Marlen.
Elle a une forme de liberté. J'ai pas approuvé tout ce qu'elle a fait mais ça c'est les gens libres. Il des trucs tuaimes pas.
Mais est-ce que toi tu pourrais participer au traître ? Pour te dire, on m'a proposé. Ouais, mais maintenant je suis encore actif en politique donc non.
Mais peut-être peut-être un jour on verra. Mais si tu n'avais pas été actif en politique comme Marlenè Chapa, est-ce que tu aurais pu accepter cette proposition ? Je me posé la question là, je me suis pas posé la question.
Du coup, c'est pas trop mon truc. Euh je regarde hein des émissions comme les traîtres et d'autres. Euh ça me détend et j'aime bien.
Mais euh mais non, moi je me moi je me je me projette pas là-dedans. Mais est-ce que ça doit poser questions sur le rôle et le statut d'un ancien ministre selon toi ? Ça c'est une question qu'on se pose toujours et chacun répond à sa manière.
Tu vois euh des gens qui m'ont dit "Est-ce qu'il faut venir discuter avec Sam parce que c'est un format qui est pas classique, c'est pas une émission de débat sur une chaîne d'info et cetera. Moi, je pense qu'il faut le faire. Euh et chacun dose, il faut le faire de temps en temps parce que un politique, on attend qu'il se livre puis on attend pas que il parle que de lui.
On attend aussi qu'il parle d'un dossier technique un peu chiant et cetera. C'est la vraie vie politique. Donc il faut doser.
Je pense que quand voilà, moi je me dis mon risque c'est de presque paraître trop obsédé par les dossiers et cetera et puis parfois faut merci de m'en donner l'occasion, tu vois, de discuter, s'ouvrir un peu et cetera. Là, c'est encore autre chose. C'est une émission.
On voilà, on est dans on parle pas de soi, on parle pas de ses dossiers, on parle de complètement autre chose. Donc je pense faut faire attention parce que si on donne l'impression que les politiques cherchent que la lumière et je crois que c'est pas vrai au fond, euh et bien on accrédite l'idée dont on parle depuis le début, c'est qu'il y a un manque de confiance. Et je veux le dire quand même, je dis pas ça du tout pour moi parce que moi j'ai pas fait de politique depuis le début de ma carrière.
Peut-être j'en ferai pas après. Mais moi, j'ai rencontré quand j'étais ministre des transports notamment sur le terrain plein de ma plein de pris région de tous les partis qui sont des gens dingues, formidables, dingue au bon sens du terme, d'engagement, de sacrifice et tout. Il faut quand même le dire parce que on dit ils sont bien payés, ils ont des frais de machin et cetera.
Honnêtement, il y a des cas, il y a des brebis galeuses, il y a de la corruption, c'est limité. Il y a plein de gens, c'est une immense majorité quand même, ils font des efforts, je dis pas ça du tout pour moi, ils font des efforts énormes pour pas grand-chose en terme de reconnaissance. Il faut quand même aussi le dire parce que sinon il y aura plus personne qui voudrait être maire de son village et on sera bien embêté.
Autre reconversion à laquelle j'aimerais te faire réagir, il s'agit de celle de Christophe Castaner. Ah ouais. Ah bah oui, tu me vois venir.
Oh Christophe Castaner, donc ancien ministre de l'intérieur, il a quand même été nommé hein un poste clé par Chine, donc le mastodonte de l'Ultra Fast Fashion, l'ancien ministre de l'intérieur qui travaille dans le privé pour une entreprise au cœur de multiples controverses telles que le non respect des droits humains ou encore qui a un impact environnemental jugé catastrophique. Ça t'inspire quoi ? Alors il y est plus les morts, je crois.
Oui, depuis juin. Ouais, exactement, il l'a été. Écoute, je vais être honnête, moi je le connais assez bien, Christophe Castonner.
On a fait des combats politiques ensemble et j'ai de l'amitié pour lui. J'ai jamais eu cette conversation. J'aimerais avoir cette conversation parce que comme tout le monde, je me pose la question pourquoi et cetera.
Moi sur le fond, je suis très clair. Chine, je pense c'est un modèle affreux euh qui trompe le consommateur parce que on te donne l'impression que tu peux acheter un vêtement pas cher et cetera. En fait, tu le payes beaucoup plus cher en vrai parce que il va s'user plus vite et cetera.
Et puis on oublie que bah quand on achète quelque chose, il y a des gens derrière, parfois des gamins qui ont fait un travail dans des conditions horribles en Chine ou en Asie du Sud-Est et cetera. Donc moi, je suis contre ce modèle. J'ai même dit un des premiers, je crois qu'il fallait taxer non pas avec 2 € les petits colis mais beaucoup plus que ça.
Et l'Europe d'ailleurs considère l'Europe considère, je me permet quand j'étais au Parlement euh européen à Bruxelles, j'ai eu la chance d'assister euh euh à une réunion qui nous expliquait qu'en fait euh l'Ultra Fast Fashion mettait toutes ses billes en Europe parce que justement ils étaient bloqués par les États-Unis. Résultat, on nous expliquait, alors je sais pas si c'est vrai, tu me le diras, mais qu'en gros l'Europe pour l'Ultrafast fassion, c'était la poubelle. Exactement, tu vois. de la Chine.
Donc faut pas être naïf hein. Euh évidemment l'argument de Chine Tou et d'autres c'est de dire on aide les gens les plus pauvres et je comprends très bien quand on gagne bien sa vie et qu'on a un CDI et cetera, c'est plus facile de s'habiller, de dépenser un peu d'argent pour ses vêtements que quand on a pas d'argent. Je dis simplement on vous trompe parce que quand il y a un jouet qui va être dangereux pour les gamins.
Oui, mais résultat, est-ce qu'il nous a trompé Christophe Castan ? Il était ministre, il était censé avoir la confiance des des français en travaillant pour Chine honnête. Honnêtement, non mais je vais être honnête, moi j'aurais pas fait ce choix.
Je sais pas pourquoi il l'a fait. J'ai pas eu cette conversation. Je veux pas stigmatiser le sujet.
Le sujet c'est pas Castell, c'est Chine. Le sujet l'argent peut-être. Je sais pas honnêtement.
Donc je veux pas te dire ça serait facile de te dire c'est sûrement l'argent. Euh j'ai pas eu cette discussion et je veux pas stigmatiser mais sur le fond du modèle Chine, moi je suis très clair, c'est un drame. C'est un drame parce que ça tue des petits commerces en France et donc voilà, moi je suis euh super engagé et tu parlais de à quoi sert le plan pour y revenir.
Nous on a fait déjà des propositions, certaines étaient originales, par exemple des brigades européennes de contrôle aux frontières de tous les grands ports européens pour contrôler ça et ça on le défend avec d'autres plans européens pour essayer d'avoir une action concrète, tu vois. Donc ça aussi parce que quand on projette Chine sur 10 ou 20 ans, c'est un massacre pour le petit commerce en France. Il y a aussi un autre ministre peut-être que tu as dû connaître qui s'appelle Jean-Baptiste Jbari.
Oui, c'est mon prédécesseur au transport. Exactement. Il était ministre des transports.
Il s'est reconverti dans le privé. conseille plusieurs entreprises euh sur la mobilité, l'aviation, la transition énergétique. Quand on est ministre, on est d'accord que en tant que ministre, vous gérez des dossiers qu'engagent l'État, qu'engage l'argent public, qu'engage les entreprises, qu'engagent les Français.
Et ensuite, c'est vrai qu'on retrouve un certain nombre d'entre vous embauchés dans les mêmes secteurs qui régularisaient avant. Est-ce que ça pose problème ? Est-ce que ça pose un problème d'éthique ?
Oui, mais c'est vérifié, c'est hyper strict. Jean-Baptiste Jarry, je savais même pas où il était aujourd'hui, tu vois. Donc je veux pas parler à sa place mais je sais qu'il a recherché plusieurs jobs où on l'a bloqué parce que tu as un truc qui s'appelle une haute autorité.
La haute autorité pour la transparence de la vie publique, c'est très sérieux. Quand tu arrives dans un ministère, tu remplis et c'est public ton patrimoine, tous tes conflits d'intérêt potentiel et cetera. et quand tu sors, ils peuvent te bloquer pendant 3 ans pour des postes dans ton secteur.
Donc je je sais qu'il y a plein de ministres, pas de cas particulier, mais il y a plein de ministres que je connais qui ont été bloqués alors qu'ils étaient parfois évidemment sincères pour aller dans une entreprise même parfois publique en disant "Ah non, tu as été ministre de la culture, de la santé, de l'agriculture, des transports et vous ne pouvez pas pendant 3 ans." On est le seul pays en Europe à voir ça. Moi je pense c'est bien, c'est contraignant mais c'est bien.
Faut pas aller trop loin non plus. Je dis pas ça pour les ministres. Par exemple, quelqu'un qui a travaillé pour un ministre dans un cabinet ministériel, il est jeune, il est brillant, il peut pas aller dans le secteur pendant parfois très longtemps.
C'est un peu dommage de se priver de talent. Du coup, souvent cette règle, elle marche pour les entreprises françaises, elle ne marche pas pour les entreprises étrangères. Donc tu as des gens qui vont bosser pour les entreprises étrangères parce que là, il y a pas de contrôle.
C'est un peu dommage. Donc, mais on est hyper strict, moi je je peut-être qu'on peut toujours faire mieux. On est quand même en France hyper strict dans le domaine public, politique pour les maires, les ministres et cetera pour les reconversions.
Et puis il y a les anciens ministres aussi qui cachent presque pas leurs ambitions pour 2027. Je pense forcément à Gabriel Atal euh et à une question du JDD. Gabriel Atal a répondu "Je récuse ce terme.
La question c'était pourquoi les Français élirait-ils le petit frère d'Emmanuel Macron ? récuse donc complètement ce terme. Est-ce que tu considères que Gabriel Atal qui a été un très proche de Macron qui a eu des opportunités aussi grâce à Emmanuel Macron crache aujourd'hui dans la soupe.
Moi j'étais j'ai pas partagé ce qu'il a dit sur je ne comprends pas les décisions du président et cetera. Après il y a sans doute c'est en politique il y a aussi des des et ça je sais pas tout des blessures personnelles. La dissolution c'est sans doute très violent pour Gabriel Atal.
Euh et peut-être que le président a considéré que il avait eu des phrases qui lui plaisaient pas. Bon, moi j'essaie d'être clair pour moi-même. Moi, j'ai eu des désaccords sur le fond et pourtant jamais je dis euh de mal parce que je le pense pas euh du président et surtout de notre aventure collective.
Euh moi je suis dans ce parti au côté de Gabriel Atal, j'y suis attaché cette partie qui a été fondée par Emmanuel Macron et donc il faut qu'on soit fidèle à ça. Après il faut qu'on renouvelle parce que l'idée c'est pas simplement de dire on est la suite c'est Emmanuel Macron. Il faut qu'on renouvelle, faut qu'on ait des idées nouvelles.
Moi, je préfère qu'on se mette là-dedans parce que là où tu disais les gens en ont marre et c'est pas de la langue de bois, c'est on a l'impression qu'on se parle de nous-même. J'ai parfois fait ça hein, ce qu'on appelle des offs. Tu dis du mal de quelqu'un ou du bien de quelqu'un.
Bon en fait on se prend un peu au jeu. Moi quand je rentré en politique, tu vois, tu as du risque qui t'interrogent et on se prend un peu au jeu et en fait on parle beaucoup trop de ça et il faut se désintoxiquer nous-même parfois de ces discussions les uns sur les autres. Certains diraient que c'est de l'opportunisme quand il dit les Français attendent 2027 avec impatience pour tourner une page, celle du chaos.
Ceux qui disent opportunisme, moi je l'entends dans le sens bon, tu as pris ce que tu as pu prendre tant que tu le pouvais et maintenant que Macron il a plus les Français derrière lui, maintenant qu'il est très bas dans les sondages et maintenant que tout le monde veut tourner cette page, et ben tu vas dans le sens du vent quoi. Ouais, faut lui demander. Moi je moi j'ai pas dit ça.
Je pense je pense pas ça d'ailleurs. Donc je me force pas. Euh moi, j'ai eu des désaccords et j'ai assumé le prix des désaccords euh parce que comme je te disais, je savais que quand j'allais émettre, même si c'était euh pas une menace de démission parce que ça ça n'a pas existé, mais une critique, un désaccord, ça risqué mon poste.
Faut être prêt à prendre des risques en politique. Euh sinon, on fait ça pour de mauvaises raisons. On fait ça pour euh le poste, pour la position, il faut pas ça pour les convictions et pour l'action.
C'est toujours un mix, personne n'est parfait. Mais euh voilà, moi je suis fidèle à ça. Si Emmanuel Macron n'avait pas été pr de la République, comme beaucoup de tous ceux qu'on a vu là, j'aurais pas été nommé ministre et ensuite je me suis battu pour être élu et là ça été sur mon nom.
Mais il m'a soutenu, il m'a investi. Euh donc quand on parle du gouvernement par exemple, on a tendance, c'est humain à en vouloir aux autres, aux gens, compris au président. Moi, je me suis soigné de ça, guéri de ça, en me disant en fait, attends, tu as perdu quelque chose qui était passionnant, mais d'abord c'est pas un droit, c'est pas un acquis.
Et puis tu l'as eu grâce à qui ? Grâce à la même personne. Clément, je vais te poser une question.
Est-ce que tu peux me répondre par oui ou par non ? Pour être plus rapide. Juste oui ou non.
Est-ce que Gabriel Atal, il a les épaules pour la présidence en 2027 ? Je sais pas encore. Oui ou non ?
Non mais ça c'est c'est toi qui fixe les règles du jeu. Je sais pas encore. C'est trop difficile à dire aujourd'hui.
Je pense que tous les sondages Mais selon toi, je pense qu'il a la capacité pour l'être un jour. Je sais pas si ça sera prêt pour 2027. Alors, tu es né en 1981.
Oui. Clément bonne. L'année où où où François Mitteran est élu, Dallas cartonne sur TF1. [rires] Dallas, ton univers impitoyable.
Ça disait quelque chose de ton avenir ça. Alors, tu es dur parce que je suis né en 80, Dallas cartonnait. Bon, après moi quand j'ai été quand j'avais 7 8 ans c'était déjà un peu autre chose.
Dallas, j'ai pas trop trop connu mais je vois ce que c'est. Ouais, mais ça cartonnait quand même dans cette génération. Et quand je te dis ça donna un peu le tu allais vivre, c'est parce que par la suite tu deviendras un homme politique et on sait que le milieu de la politique est un milieu quand même assez impitoyable aussi.
Et il y a Bob Marley qui est décédé dans cette décennie là également. Bon ça c'était pour les petits fun facts. Voilà.
J'ai vu que ton papa était professeur de médecine à l'hôpital Necker enfant malade. Ta maman, elle était infirmière. Quel impact en fait a eu le métier de tes parents sur Clément Bonne adolescent, Clément devenant adulte ?
Ah bah il y a un impact très clair. C'est le service public. Moi j'ai été c'était presque une religion.
Euh moi j'étais pas religieux, j'ai pas eu d'éducation religieuse dans aucune religion. Euh mais pour mes parents, parfois même c'était un peu trop rigide. C'était il faut travailler dans le public.
Le public c'est bien parce qu'on sert l'état, on sert les autres, l'intérêt général et cetera. Moi-même j'ai un peu évolué. J'ai plein de copains qui font des choses formidables dans une association, dans une entreprise et cetera.
Donc il faut s'élargir. Mais j'ai eu quand même eu cette culture et moi très jeune, je savais pas exactement ce que j'allais faire mais j'avais envie de travailler pour pour mon pays, pour l'état, pas la politique forcément au sens être élu, être ministre, j'imaginais pas. Mais ça m'intéressait et ils m'ont vraiment transmis cette culture.
Tu vois, par exemple, l'école, l'école publique notamment, je fais toute ma scolarité dans l'école publique, c'était vraiment il faut bien travailler, faut respecter le prof. Euh, j' parent de gauche mais là-dessus très classique si je puis dire avec une certaine notion de l'autorité mais au bon sens du terme je pense on respecte l'école c'est une institution le prof c'est une institution même si voilà on n jamais mes parents, ils contestaient jamais une décision d'un prof. Aujourd'hui les parents, ils vont négocier avec les profs.
Moi, ça me paraît fou. Euh quand le prof mettait une mauvaise note ou tu engueulais, ça m pas arrivé trop souvent, mais ça m'est arrivé comme à tout le monde. Euh bah mes parents, ils m'engueulaient moi.
Ils allaient pas voir le prof en disant "Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? Moi, j'ai un souvenir de réunion parents prof où mon prof, mon père, il disait à la prof de français, ils ont pas assez de boulot. Et la prof dit très bien, on va coller un exposé à votre fille ou à votre fils voilà et donc on était content avec mon frère et ma sœur d'avoir ce genre.
Mais ça m'a construit beaucoup. Moi j'ai été très attaché au public, tu vois. Au public.
Ou mais tuas tu as grandi quand même dans une famille stricte, c'est ça ? Non, on était très cétait c'était assez cool. Mais il y avait ces principes Ouais. ces principes de de la rigueur, de l'honnêteté, de l'intérêt général.
Ça paraît un peu grandiose ou grandiloquant comme ça, mais c'était important, tu vois, le prof, les études, le respect des parents, la vie collective, par exemple, on avait pas le droit d'avoir la télé pendant qu'on mangeait parce qu'il fallait un moment ensemble. Ah oui, donc il y avait des règles. Ouais, c'était non, honnêtement, je je donne l'impression comme ça que c'était strict, c'était pas très strict, mais il y avait quand même ces principes mais qui étaient un peu intégrés, tu vois.
C'était pas du tout contraignant. Mais euh moi je trouve c'est bien ce cadre. Hm.
Ça m'a aidé. Tu dis que tu as grandi sans religion. Moi j'ai vu que ta maman elle était de confession juive.
Alors sa famille. Ah sa famille. Mais est-ce qu'elle pratiquait le judaïsme ?
Est-ce que c'était une religion que tu as connue étant enfant ? Non. Et et ça ça me avec le temps ça me fait un peu de peine parce que en fait ma la mère de ma mère, ma grand-mère maternelle que j'ai bien connu que j'adorais parce qu'elle habitait dans mon immeuble.
Ouais. Elle me faisait déjeuner le midi. C'était une personne que j'adorais, Rose.
Euh, elle est elle veit à une famille ukrainienne juive. Ils ont émigré parce qu'ils ont fui dans euh les persécutions à Odessa. Tu as un grand-père qui a été gazé au juit.
Ouais, son père. Ils sont arrivés avec son père et ses frères et sœurs étaient neuf frères et sœurs. C'est une grande famille pauvre.
C'est aussi une belle histoire française parce qu'ils se sont intégrés. Ils ont pris, ils avaient un nomif russe, ils ont pris un nonjuif allemand en pensant que ça allait les protéger. Puis pas de chance 30 ans après, alors qu'ils avaient tout reconstruit.
Ça bossé comme des fous. Il avait ouvert mon arrière grand-père un petit atelier d'artisanat. C'était un tailleur couturier euh rue de la République à Marseille.
Euh et ils ont été lui il a été déporté et il est mort à Aushwitz. Et toi ça t'a fait grandir avec un héritage comme celui-là quand même malgré toi ? Un peu caché parce que c'est une génération qu'on parlait pas trop.
Tout à fait. Mais ça fait ça ça fait grandir comment ? Ça fait grandir j'ai su qu'après tu vois parce que sur le moment je me rendais pas compte.
Ma grand-mère, elle m'en parlait par, j'ai compris après qu'elle me passait des messages. Oui. Elle m'en parlait par petite touche, tu vois.
Elle me disait pas, elle m'a pas dit "Asssi-toi, je vais te raconter que ton grand-père est mort" et cetera. Mais je le savais euh qu'il était mort en déportation. Euh, il y avait quand même ces deux côtés.
C'était encore un peu le tabou. On essaie d' d'enfouir ça parce qu'on a beaucoup souffert. Et en même temps, elle voulait transmettre.
Euh, elle a dû se convertir au catholicisme parce que c'était imposé par sa belle famille. C'est des trucs très dur. Elle a dû changer de prénom parce que c'était forcé. euh pour s'intégrer.
Euh moi quand j'entends aujourd'h les gens, ils disent les prénoms, c'est pas grave, on a qu'à prendre un prénom français. C'est une douleur quand même. Eric Zemour.
Éric Zemour. Moi, je trouve, il dit ça légèrement comme ça. Bon, il y a plein de gens qui ont fait ce choix, c'est vrai, pour s'intégrer mais c'était une démarche qui était dure.
C'est quitter ses racines en fait. C'est quitter ses racines. Donc moi, j'ai pas envie vivre dans une société où on oblige les gens à changer de prénom et à cacher leur nom.
Ma grand-mère, elle a changé d'identité deux ou trois fois dans sa vie. Elle s'est sa famille sont cachées. Il y en a certains qu'on malgré ça ont été déportés, trois dans la famille.
Donc je veux dire et après elle était très forte. Moi quand j'imaginais ma grand-mère après que j'ai réalisé que son père et son frère étaient mort en camp, c'est un traumatisme énorme. Donc elle m'a transmis pas du tout au sens d'un droit.
J'avais pas le droit de revendiquer quelque chose parce que d'autres ça aurait été indécent étit mort aux générations d'avant. mais un devoir de d'être conscient de ça. Donc elle m'a dit "Moi, tu sais, je suis arrivé en France, j'ai connu la République, j'ai appris le français, ses parents il parlait pas un mot de français mais ils avaient interdit aux enfants de parler leur langue à eux, le russe et le le yidich pour qu'ils soient des bons français." Et donc, elle m'a transmis implicitement.
Elle me faisait pas de leçon, mais l'amour de la République est d'une certaine de forme de tolérance. Donc moi, le seul judaïé ou le seul judaïsme que j'ai, c'est celui qui dit attention discrimination et ne le reproduisons pas pour les autres. Donc moi, je suis très pas parfait hein, je suis très vigilant à ça, à ne pas stigmatiser parce qu'on est gay, parce qu'on est d'une autre religion, parce qu'on est gros, parce qu'on est il faut et on est on a tous nos nos formes de discrimination mentale en fait hein.
C'est un combat mais cet héritage familial, il m'impose de me poser la question. Oui, parce que c'est tu c'est marrant, tu parles d'orientation, c'est en 2020 que tu as parlé pour la première fois de ton orientation au magazine Têtu. Est-ce que tu l'as vécu comme une étape dans ta vie ?
Et je parle pas d'étape politique. Quoique peut-être aussi hein. Alors, je l'ai pas, ça va te faire tu croiras peut-être pas, mais c'est vrai, je l'ai pas planifié.
D'abord, je savais pas que je serais nommé ministre à ce moment-là et puis j'avais fait une une interview où j'avais dénoncé les persécutions antiLGBT ou les discrimination en Pologne et Hongrie. Oui. Avec les droits qui reculaient.
Exactement. Et Têtu, le magazine Têtu m'a contacté et m'a dit "On aimerait bien vous interroger comme ministre de l'Europe sur ces sujets." Et puis ils m'ont dit "Mais c'est très transparent.
Bon, on se permettra de vous poser la question, c'est personnel, personne n'est obligé de répondre à ces questions mais sur votre orientation à vous." Et j'ai dit "On verra." Ouais.
Et puis euh l'interview s'est passé et ils m'ont posé la question et ils m'ont pas piégé hein, ils m'ont posé la question sincèrement. J'ai répondu simplement, je suis gay, je l'assume, je me souviens encore. Et puis en relisant après l'interview, je me suis dit "Bah c'est bien, on laisse ça, très bien." Et euh et c'est sorti dans la presse plus tôt que je pensais.
Et un jour, j'étais surpris, je recevais plein de messages un matin en me levant parce que le truc était sorti dans la presse. Et en fait, si c'était à refaire, je le ferai exactement pareil. Ouais, pas prévu.
Je respecte tous les points de vue. Il y a des gens qui sont gay, des hommes, des femmes en politique et qui le disent pas et c'est leur choix. Moi, je donne aucune leçon mais c'est important qu'il y en ait certains qui le disent.
J'ai fait partie de cela parce que moi j'aurais aimé comme gamin me projeter. Moi, j'étais intéressé par la politique. Avoir un politique qui dit "Je suis gay, pas de problème." Bah, ça m'aurait aidé.
De même queun gamin qui est passionné de basket, s'il a un basketteur qui dit "Moi, je suis basketteur, je suis star, je suis gay, ça l'aide." C'est une représentation. C'est une représentation.
Et moi j'ai j'ai mis du temps à comprendre les représentations. C'est super important parce que chaque gamin, il a envie de ressembler à quelqu'un de son centre d'intérêt, de son milieu, de ce que tu veux. Euh je raconte toujours cette histoire.
Moi, j'ai réussi à faire mon coming out à un de mes amis parce qu'il m'a dit que son frère était gay. D'accord. Tu avais quel âge ?
J'avais 20 ans. Tu avais 20 ans. Et son frère, il faisait les mêmes études que nous.
Et c'est parce que évidemment, c'est absurde. Heureusement qu'il y a de la diversité que euh moi j'étais à Sciencep, son frère faisait du droit. Je me suis dit "Ah, il y a un un mec que je connais qui fait des études euh qui euh veut faire avocat.
Moi, je que je pouvais pas te faire un truc comme ça." Je me suis projeté, je me suis dit "C'est moi avec 2 ans de plus. Donc s'il est gay, qu'il est heureux comme ça, à l'aise comme ça, je peux l'être aussi." Et puis après, on s'ouvre.
C'est-à-dire qu'après ça c'est quand même sympa dans le monde gay parce que il y a des fêtes, il y a des soirées, c'est qu'après on rencontre des gens de tous les âges et de plein de milieux différents. Et moi ça m'a sorti de mon confort et de mon milieu. Euh et ça m'a aidé aussi moi-même d'abord à m'accepter mais accepter au-delà d'une orientation plein de façons de s'habiller, de façon de vivre, de façon d'être que j'aurais peut-être été un peu coincé pour accepter avant.
Tu vois, c'est touchant ce que tu dis parce que tu dis ça m'a permis de m'accepter. Ça veut dire que pendant un moment, tu as peut-être refoulé, j'aime pas ce terme refoulé, il est pas beau parce qu'il est souvent utilisé comme une arme contre les personnes LGBT. On parle souvent et tu vois, tu parles du coming out, c'est le fait de le dire au plus grand nombre ou à sa famille ou à ses proches.
On parle un peu moins du coming in. Le coming in, c'est le fait de se l'avouer à soi. Tu sais ce moment où on se dit "OK, allez, j'ai beau me dire que non, j'ai beau me dire que je vais essayer de faire l'inverse, ben en fait non, j'ai je je suis comme ça et je l'ai pas choisi." Toi, tu avais quel âge quand ce comingin tu l'as eu ?
Bah, pour moi, les deux, chacun a son histoire. Pour moi, les deux sont un peu liés. Tu as raison, j'aime pas le mot refouler parce que c'est pas la réalité.
Pas que tu refoules, c'est que tu sais même moi je me le disais même pas. Alors, il y a plusieurs étapes. D'abord, tu connais ton désir à un moment, tu vois bien que tu es plus attiré par moi, les garçons que par les filles quand tu es au lycée et cetera.
Notre génération généralement, ça commença avec les magazines de l'art de doute. Alors, ah moi c'était pas ça. Moi c'était la série Queras Folk, tu vois, qui m'a énormément aidé.
Je suis de la génération en 81 et donc il y avait cette série qui était un OVNI. C'est la première fois qu'il y avait sur une chaîne, je crois que c'était Canal Plus euh à 1 heure. Bon, pas trop de grande écoute, mais quand même pas la nuit quoi.
Le soir, ouais. Voilà. Il y avait une un truc où il y avait euh des gay qui étaient à l'aise et c'était pas parce que les seules représentations gay qu'on avait aussi dans ma génération, c'était le sida.
C'est vrai. Et donc moi et heureusement on nous a dit à nous de nous protéger. On a intégré ça mais on a intégré de la peur aussi.
Et donc les deux se sont un peu mélangés parce que du coup on s'est longtemps dit en fait le monde guest c'est le monde du danger. Oui. Et puis on rappelle que l'homose était dépénalisé en 1992. 82 je crois. 82.
Mais mais il y avait ces années-là. Moi heureusement j'ai eu cette chance. Je suis la génération après le l'essentiel de la génération Sida avec les drames et les centaines et milliers de morts en France dans pas qu'en France.
Mais mais on a vécu avec cette idée. On se protège, ça c'était bien et on a peur. Cette série, elle t'a en fait, elle t'a montré qu'il pouvait y avoir des histoires d'amour entre des personnes de même orientation sans que ce soit un sujet.
C'est tout simple. Mais exactement et moi j'ai vu ça, j'avais rien vu de gay positif des gens qui faisaient la fête, qui s'amusaient, qui avaient aussi un métier, qui avait le quotidien un peu ennuyeux et les deux quoi. Et et donc ça a normalisé, j'aime pas non plus trop ce mot, mais dans ma tête l'idée d'être gay.
Ah, j'ai mis encore un peu de temps à verbaliser. Moi je dis plutôt verbaliser pour soi, se dire est-ce qu'on peut être devant sa glace et dire je suis gay. Le jour où on est capable de faire ça, après on peut faire le coming out.
Et donc moi, c'était les deux à la fois. C'est quand ce copain m'a dit "Tu sais, mon frère il est gay. comme ça euh naturellement dans une discussion, ça m'a travaillé.
Je me suis dit bah en fait moi aussi je l'ai pas dit là comme ça, je l'ai dit à moi. Je me le suis dit à moi et après je lui écris une lettre et je lui dis Oh, c'est marrant. Et et ce que j'ai vu, alors je sais pas si c'est vrai, hein, tu me rectifies si c'est pas la bonne information, mais j'ai lu que tu avais mis 2 ans à le dire à ton père.
Ouais. Et 17 ans à le dire à ta mère. Ouais, ça j'aime pas trop en parler mais en tout cas, j'ai mis du temps.
Mes parents sont séparés. Bon, je rentre pas dans Et généralement, c'est l'inverse, tu sais. Il y a une forme de pudeur avec le papa parce que c'est un homme et on se dit il pourrait ne pas comprendre, tu vois.
Et généralement on se sent un peu plus libre avec la maman parce que forcément elle serait, je dis bien serait plus à même h tu as raison. Ça aurait dû être comme ça au fond parce que j'avais à peu près ce schéma mais euh il se trouve qu'on a une conversation personnelle avec mon père à un moment donné et c'est venu et je l'ai dit et puis après je voulais le dire à ma mère et puis tu sais on a toujours des excuses euh je suis pas encore en couple, je suis pas avec la bonne personne, faut attendre et cetera. Puis un jour c'était naturel et c'était ça devenait une douleur pour le coup.
C'était pas une douleur pendant toutes ces années. Tu disais des n au ventre. Ouais.
En tout cas, à un moment donné, je me suis dit à la fois c'est absurde de pas le dire. Je suis prêt à le dire et puis j'ai envie quoi. J'ai envie que voilà et puis après la vie continue.
Entre-temps, je te rassure he j'ai quand même eu ma vie, mes rencontres. Oh, je ne suis pas inquiet. Mais donc j'étais heureux mais le jour où ça arrive, c'est là qu'on se rend compte qu'il manquait un petit truc et que c'est mieux de l'avoir dit.
Et je me permets, si tu as pas envie d'en parler, tu peux me dire Sam, j'ai pas envie hein, il y a pas de souci. Mais pourquoi tu as mis 17 ans à le dire à ta maman ? peu le hasard parce que on vivait pas dans la même ville et donc on se voyait pas tout le temps et c'est moi qui construit des représentations comme ça quand on se voyait j'avais je me suis dit bon on va parler de trucs et d'autres léger et et j'avais l'impression que amener ça c'était amener un sujet grave et qu'elle allait s'inquiéter pour moi.
C'est toi qui te freinait en fait ? Oui c'est moi qui me freinais bien sûr. C'est toi qui t'autocensurait peut-être parce que ça s'est très bien passé.
Bah oui, mais il y a des gens a j'allais dire il y a deux coming out, il y a des gens pour qui ça se passe mal, il faut le dire parce qu'il y a encore des gens qui sont virés de chez eux quand ils font quand ils font ça ou quand ça quand les parents le découvrent. Il y en a plein qui témoignent comme ça. Moi, je vais souvent soutenir une association qui s'appelle le refuge.
Ils accueillent des dizaines de gamins, il pourraient malheureusement en accueillir encore des centaines d'autres qui sont foutus à la porte parce qu'ils sont gay ou parce qu'ils sont trans ou parce qu'ils sont elles sont lesbiennes et cetera. Ça ça encore une réalité en 2025 en France. S'il y a un jeune d'ailleurs là en ce moment qui nous regarde qui est dans ce qu'on est en train de décrire, qui se sent différent, qui se sent euh marginalisé, qui se sent insulter, qui qui insulté, qui se sent peut-être pas normal, qu'est-ce que toi avec ton parcours Clément tu veux lui dire aujourd'hui maintenant que tu es ancré ?
Ouais, moi je veux je veux lui dire accepte-le, ça paraît peut-être presque une provocation parce que si tu l'acceptes et que tu te fais virer et cetera, bon la vérité c'est qu'on sait jamais comment ça va se passer. Moi, je j'ai des cas aussi d'amis qui l'ont dit dans une famille très conservatrice où il pensait que ça allait mal se passer. En fait, ça s'est très bien passé.
Ça a fait évoluer les parents aussi. Euh mais de toute façon, à un moment, il faudra le dire. Donc, il y a pas de rythme, il y a pas de règle, il y a pas de cadre.
Parfois, on le dit un repas de famille à tout le monde, parfois on le dit en tête à tête. Moi, j'ai plutôt fait ça. Euh mais en tout cas, j'ai pensé longtemps qu'on pouvait vivre en disant "C'est pas un sujet, on le dit pas." Est-ce que finalement le coming out lui-même, on pourrait pas l'abandonner ?
Pourquoi on dit ? En fait, c'est vrai aussi. Mais en fait bah ça reste quand même minoritaire dans la société d'être gu lesbienne, tran et cetera.
Et donc bah malgré tout, on peut le regretter mais il faut quand même le dire. Mais le dire ça veut pas dire qu'on reconnaît une forme d'anomalie. Ça veut dire qu'on se on se parle à soi-même.
Moi je pense qu'on se parle à soi-même quand on fait le comigou. C'est presque égoïste mais ça fait du bien parce qu'après c'est derrière. Il y a parfois des drames mais il y a quand même beaucoup de belles histoires aussi.
Et de toute façon, on sera beaucoup plus malheureux dans sa vie si on l'a pas formulé. Donc moi je je et j'essayé petite échelle de me battre quand je suis devenu un personnage public. Encore une fois, je l'ai pas planifié mais aujourd'hui je le planifierai si c'était à refaire.
Il faut qu'il y ait des gens dans tous les milieux publics, politiques ou plein d'autres qui le disent parce que c'est qu'on voit quelqu'un, c'est humain, c'est mécanique qu'on se dit bah moi aussi. C'est un avantage ou c'est un handicap d'être gay en politique ? Moi, j'ai pas souffert de ça.
C'est un j'allais dire, c'est pas un avantage dans la vie, hein. Les gens, moi, ça me rend fou quand j'entends des gens d'extrême droite notamment qui disent "Il y a une mode d'être gay, c'est sympa d'être gay et cetera." Moi, je suis très heureux comme ça et puis c'est moi.
Mais euh bah moi j'ai connu comme tout le monde et encore pas beaucoup des agressions des insultes, pas en politique. Alors, parfois comme personnage public. Tu t'es déjà fait agresser dans la rue à cause de ton orientation ?
Dans quel cas de figure ? À Paris, tu faisais quoi ? deux fois, j'embrassais un garçon, j'étais pas une personnalité publique, donc c'était pas du tout lié à la politique.
Ouais, mais et c'est OK, tu as le droit. Et c'est OK, heureusement. Mais voilà, d'ailleurs, j'ai même pas pensé que ça pouvait être un problème et ça devrait pas l'être.
Et ouais, une fois, on m'a insulté, filmé. D'accord. Téléphone.
Bon, et puis une fois euh on m'a poursuivi. D'accord. Je me suis échappé.
J'ai réussi à m'échapper. Mais tu avais quel âge ? Ça c'était la première fois en fait la fois où j'étais poursuivi.
Je pense que j'avais euh 22 23 ans. Ah oui, ça marque hein en plus he. Et puis la dernière fois c'était il y a pas longtemps.
C'était il y a 2 3 ans. Ah il y a 2 3 ans. Donc tu avais déjà fait ton commade public quoi, politique.
Oui là oui mais c'était pas j'ai pas été agressé en tant que personnalité publique parce que c'était la nuit. Je pense qu'on m'a pas du tout reconnu et cetera. Donc c'était vraiment comme garçon gay.
Et euh et puis comme personnalité publique pour le coup, j'ai eu une vraie menace où j'ai porté plainte, il y a eu un procès, la personne a été condamnée. Euh voilà, quelqu'un qui voulait qui disait avec un long message téléphonique, on sait où tu habites. Voilà, je préfère même pas dire la suite mais c'était une menace.
D'accord. Et tu as eu gain de cause, ça été. Ouais, moi j'ai hésité puis on m'a dit faut porter plainte, faut pas les fa et là je dis à tous ceux qu'il faut le faire.
C'est dur parce queon soit on banalise en disant c'est pas grave, on n pas envie de ressasser, soit on se dit ça sert à rien. Bon bah il y a des cas où ça sert parce que là la personne elle avait laisser une trace sur les réseaux même sur les réseaux on peut retrouver les gens et quand on porte plainte en plus il peut y avoir une identification euh sinon il y a pas et il faut pas laisser ça parce que on le fait pour les autres hein parce que la personne qui aurait fait ça peut-être qu'elle l'aurait fait pour 10 autres personnes publiques ou pas publiqu peut-être qu'il aurait tapé quelqu'un dans sa rue. Bien sûr.
Et donc il faut lui montrer que moi je peux aller au procès. Ça m'intéressait pas la condamnation. C'était pour que quelqu'un dise la loi est du côté de celui qui s'est fait agresser, pas du côté de celui qui dit des trucs au qui veut agresser quelqu'un à cause de c Est-ce que ça t'a fait changer ton comportement ces deux agressions de rue ?
Est-ce que tu as arrêté d'avoir un moment de proximité avec quelqu'un à qui tu partages ta vie ? Ouais. Non, j'allais te faire une confidence mais je la ferai après.
Vas-y. Et bah moi tu as beau me voir comme ça, tu vois avec des paillettes tout ça et tout. Ça fait 11 ans que je suis en couple.
Je suis incapable de d'avoir un moment de douceur avec la personne ou avec une personne avec qui j'ai pu être dans la rue. J'ai peur. Et au-delà même de la peur, j'ai c'est horrible he ce que je vais dire mais j'ai ce truc de me dire je veux pas imposer ça aux autres.
Tu tu vois ce que je veux dire ? Ouais. Bah ça c'est ça c'est important de le dire parce que ça montre quand même que les gens ils disent c'est OK en 2025 il y a aucun problème.
On est à Paris dans une ville où il y a de la liberté où il y a un monde gay des soirées et cetera et même ça tu vois et je pense tu es plus jeune que moi. On se restera encore on s'autocensure. Et moi je m'autocensure oui bien sûr.
Euh mais maintenant j'ai parfois je me parfois je me rends compte que je m'autocensure et je me dis bah non si j'ai envie de tenir la main de quelqu'un je tiens la main de quelqu'un. Mais j'ai toujours un truc au fond de moi qui me dit c'est pas normal comme si je comme si je m'exhibais. Alors qu'en fait, c'est un geste naturel que plein de couples font.
C'est vrai. Euh mais c'est vrai et je pense que c'est le cas de tout le monde euh avec des degrés. Mais on s'autocensure.
Moi je m'autocensure et j'aime pas m'autocensurer. Et tu vois je la fois où il y a un type qui m'a filmé en train d'embrasser quelqu'un, le réflexe, il est arrivé avec son téléphone en en gueulant, hurlant, c'est c'est un peu troublant. J'ai tourné la tête, tu vois.
Et en fait, je me suis dit, je j'aurais pas dû tourner la tête. C'est quoi le problème ? C'est lui qui est dingue, c'est pas moi.
Après, faut pas se mettre en danger non plus. Voilà, donc c'est humain, c'est puis on a une seconde pour décider, donc on se protège. Mais je m'en suis voulu, tu vois.
C'est c'est c'est triste. Je m'en suis voulu d'avoir eu honte. Clément, je ne suis pas sûr d'assumer la prochaine question.
Alors, je vais me tourner. Faut pas se forcer. Oh, je [rires] me force pas.
Mais est-ce que tu as quelqu'un dans ta vie en ce moment ? Non. Est-ce que Ben non, mais franchement, vraie question, je me disais.
Est-ce que c'est évident de rencontrer quelqu'un quand on est un homme politique avec des responsabilités, tu vois, comme ça, est-ce que tu peux être sur Grinder quoi ? Non, non. Tu C'est intéressant d'ailleurs, c'est une forme d'autocensure comme tout le monde.
J'ai été sur des applis, je le serai peut-être encore. Tant que je suis un peu public, faut pas se s'élever au-udessus de sa condition hein. Je suis pas une star internationale.
Mais dès que tu es un peu public, bah tu je le fais pas parce que pour des bonnes et des mauvaises raisons. Mais il y a une mauvaise raison qui que tu as pas envie qu'on te voit. On te voit, je parle juste de ton visage.
Ouais. Ouais. Ouais. parce que on se dit "Ah, il est sur grinder" et c'est aussi pour ça avec le recul que je pense que c'était bien que je fasse mon coming out voulais pas que ça soit une rumeur, je voulais pas qu'on dise "Tu sais pas, il est gay, bon et cetera".
Bah ouais, il est gay, il le dit lui-même donc pas de problème. Oui. Bah alors, ça choque personne de savoir qu'un hétéro est sur Tinder, un hétéro est sur des applis de rencontrre, les homos sont sur des applis de rencontre.
Il y a des gens qui cherchent du des gens qui cherchent du couple, relation et c'est OK, c'est très bien. Donc moi, je suis comme tout le monde, il y a des moments où je cherche pas de relation et j'ai envie de flirter. Il y a des moments où je cherche une relation, on la trouve pas toujours.
Euh donc j'ai utilisé évidemment les de rencontre. Ça m'arrivera encore parce que c'est la vie et c'est normal. Euh mais aujourd'hui ouais, il y a une forme de pudeur et de retenue.
Bien sûr. Ben oui, ça doit pas être évident. Tu es célibataire depuis longtemps ?
Assez longtemps quand même. Genre combien de temps ? Ah, ça dépend comment on compte.
Mais une vraie relation longue depuis plus de 3 ans. J'en ai plus 3 ans. 3 ans.
D'accord. Et tu avais été en couple pendant longtemps là cette relation là pendant un peu plus de 2 ans. D'accord.
Ouais. C'est facile, c'est évident d'être en couple ou de d'avoir la place pour l'amour quand on est tant pris par la politique et ses convictions. C'est dur parce que la politique c'est un c'est non seulement une addiction, c'est vrai, mais c'est un amour en soi.
Euh c'est pour ça que je défendais les engagés en politique, quel que soit le parti parce que moi, je connais personne qui fait de la politique juste pour ce qu'on imagine, c'est-à-dire un peu de sous, un poste, des paillettes, la lumière et cetera. Il y a ça, il y a de l'ego en politique, hein. C'est un métier de représentation tout ce qui va avec comme une artiste que voilà.
Mais il y a plein de sacrifices et d'engagement parce que je me plains pas, moi j'ai choisi, j'adore et je veux continuer à en faire pas toute ma vie mais à un certain moment. Mais oui, il y a des choses bah qu'on a pas avec et c'est plus difficile de rencontrer en fait c'est pas plus difficile de rencontrer des gens parce qu'on rencontre plein de gens en politique. Ce qui est difficile c'est la rencontre un peu sincère.
Oui, des deux côtés. Et puis c'est trouver du temps et du temps de comme disent les anglais quality time. Tu as du temps où tu es pas sur le téléphone en train de gérer une urgence.
Et ça, je l'ai vécu dans des relations relations longues et puis des relations plus courtes que j'ai eu depuis. Euh je sais que la politique ça a un peu abîmé euh la relation fragilisé parce que bah c'est un peu la politique est un peu ton maître. C'est que tu donnes du temps et c'est pas seulement l'addiction au sens je veux je veux faire une émission aller au parlement défendre un dossier et cetera.
C'est que tu es un peu pris par l'urgence. miser transport pas ton téléphone la nuit parce que s'il y a un un gros accident de la route faut que tu ailles ou faut que tu réagisses, faut que tu fasses quelque chose. Voilà, c'est comme ça, tu le sais hein, pas de problème.
Moi, j'ai adoré mais il y a des inconvénients et c'est vrai que le couple il en prend un petit coup. Et enfin, je voulais finir avec la question suivante et tu as le droit et c'est OK si tu me dis je ne veux pas répondre. Oh là là, j'ai peur de la Je vais te parler de ton livre.
Je dirais malgré tout que la politique est belle. Oui. En page 7, tu écris à mes amis de 20 ans, tu sais où je vais aller.
Ouais. Parfois 30 qui sont mes meilleurs guides, à ma famille qui reconnaîtra un peu d'elle-même, à J à qui je n'ai jamais cessé de penser. Je voulais savoir qui était J.
Bah, c'est un premier amour. Ça compte toujours. Un premier amour.
J'ai mis J justement pour pas qu'on sache qui c'est, juste pour que lui se reconnaisse. Et c'est important pour toi de le notifier, de l'écrire en page 7. Ouais, c'est venu spontanément parce que j'ai fait qu'un bouquin mais on y met du cœur.
C'est on s'expose. On s'expose avec des idées politiques, un peu de récit personnel aussi. Et puis c'est un exercice classique mais j'y tenais.
On remercie les gens qui c'est l'occasion parce qu'on dit pas souvent merci à qui on pense qui vous ont aidé, construit et cetera et son premier vrai amour pour tout le monde hein gay ou pas, il compte et puis il laisse des traces bonnes et mauvaises. Voilà. Et donc je vous Ouais, je sais pas, c'était important de le dire et que la personne le sache.
Merci Clément. Bonne merci Clément. On te retrouve sur tes réseaux sociaux.
Ouais. Euh ton compte Instagram c'est Clément.bonne.
Il a TikTok aussi. J'ai pas TikTok. Tu as pas TikTok ?
Et non. Ouais, je cétais surpris. D'accord.
Bon ben tu vas le créer. OK. Tu vas tu vas le créer.
Tu verras. C'est sympathique. Il faut je passe déjà trop de temps sur les réseaux.
J'avoue, il y a plein de trucs bien. Puis il y a des trucs parfois tu es un peu embarqué dans tu regardes des chats qui font des trucs ou des recettes de cuisine. Parfois je me dis bon j'ai perdu temps.
Donc si tu m'en rajoutes un. Ah les fameux algorithmes. Les fameux algorithmes.
Mercier tout ça. Merci Clément. J'ai passé un super moment vraiment en ta compagnie.
J'espère aussi que vous avez appris que vous avez pu découvrir Clément Bonne j'espère différemment. Merci beaucoup. On se retrouve très bientôt avec une nouvelle personnalité politique.
Prenez bien soin de vous et des gens que vous aimez. Bye bye. [musique]
Clément Beaune