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interviewC dans l'air· 19 avril 2022 65 min

Macron / Le Pen : la semaine de tous les dangers #cdanslair 18.04.2022

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Bonsoir à toutes et à tous, dernière ligne droite de cette campagne présidentielle avec un point d'orgue mercredi soir. Ce sera le fameux débat de l'entre-deux-tours. Ce duel sera-t-il décisif ? Qui a le plus à perdre mercredi soir ? Comment vont voter les électeurs de Jean-Luc Mélenchon au second tour ? Cette élection marque-t-elle un clivage générationnel avec des plus de 65 ans en faveur d'Emmanuel Macron et une jeunesse plus empreinte de radicalité ? Et puis, comment voteront les électeurs de Valérie Pécresse ? Le parti Les Républicains pourra-t-il se relever après son humiliante défaite du premier tour ?

C'est le sujet de cette émission de ce C'est dans l'air, intitulé ce soir « Macron-Le Pen, la semaine de tous les dangers ». Pour répondre à vos questions, nous avons le plaisir d'accueillir Yves Tréard. Vous êtes éditorialiste, directeur adjoint de la rédaction du Figaro. Je rappelle l'ouvrage que vous avez dirigé, « Une certaine idée de la France » est aux éditions du Rocher. Cécile Cornudet, éditorialiste politique au journal Les Échos. Et je cite votre documentaire sur les débats d'entre-deux-tours qui est toujours disponible sur le site de LCP et qui s'intitule « Face à face pour l'Elysée ». Astrid Devilaine, vous êtes chef du service politique du Huffington Post.

A lire votre article « Présidentiel 2022, Le Pen et Macron face à une semaine risquée ». Et enfin, Pascal Perrineau, politologue, professeur des universités à Sciences Po, auteur de « Populisme » aux presses universitaires de France. Merci de participer à cette émission en direct. Yves Tréard, on commence avec vous. Mercredi soir, vous serez devant votre télévision avec gourmandise, avec une vraie attente. Ce sera le point d'orgue, on peut dire, de cet entre-deux-tours, là, ce que tout le monde attend ? Oui, on va dire ça comme ça, parce qu'on a coutume de dire que finalement, ça ne fait pas changer beaucoup les opinions des Français. Je ne suis pas sûr que ça soit aussi vrai que ça.

La preuve, c'est que le dernier débat entre Mme Le Pen et M. Macron en 2017, chacun s'accorde à dire que ça a été catastrophique pour elle. Je pense qu'elle aurait de toute manière perdu, cette présidentielle, mais peut-être qu'elle aurait été un peu moins basse, si vous voulez, dans les votes, si elle avait réussi son débat. Or, chacun s'accorde à dire qu'elle avait vraiment raté ce débat.

Donc là, je pense qu'il y a une grosse attente de la part des Français de savoir si Mme Le Pen, si Marine Le Pen est en mesure de faire jeu égal ou même de mettre en difficulté le président de la République, dont on a aussi coutume de dire qu'il a réponse à tout, qu'il arrive à répondre à toutes les questions. Donc ça va être intéressant. Est-ce que ça va faire changer la face du vote ? Je n'en sais rien. C'est très difficile de répondre à cela. Moi, je pense que les gens convaincus n'ont pas besoin du débat pour continuer à voter pour leurs favoris.

Et ça peut peut-être avoir une incidence sur des électorats qui viendraient d'ailleurs, des électorats tiers, qui peuvent se dire, finalement, je préfère... C'est plutôt un vote en contre, si vous voulez. Le moins celui qui... Non pas qui est le plus proche de moi, mais le moins mauvais. Cécile Cornudet, ce dont on se rend très bien compte dans votre documentaire, c'est que Marine Le Pen n'est pas du tout dans le déni. Elle a un regard très lucide sur ce qu'elle a raté en 2017. Donc, elle ne fera pas deux fois la même erreur. Que dit-elle dans votre documentaire ? Alors, c'est vrai que c'est la première fois qu'elle avait accepté de reparler de son débat dans mon documentaire.

Et ce qu'elle dit, c'est, j'ai trop voulu attaquer Emmanuel Macron, je sentais l'imposture, et donc je me suis focalisée sur lui. J'ai été très agressive, au lieu de parler de mon projet à moi, et de rassurer. Et je crois que cette fois, elle va faire l'inverse. Elle va essayer de rassurer, de montrer qu'elle pourrait être présidente. On voit bien, ces jours derniers, elle était vraiment dans un ton extrêmement apaisé, parce qu'elle sait qu'il y a des grosses interrogations sur son programme. Donc, elle va essayer de compenser par la posture les failles de son programme.

La société, en ce moment, est fatiguée, on le voit bien, les gens n'ont pas aimé cette campagne, il y a eu beaucoup de violence. Et toute la question, c'est de savoir s'ils sont prêts, dans cet état de fatigue, à faire un grand saut dans l'inconnu, que serait une Marine Le Pen au pouvoir. Et c'est ça qu'Emmanuel Macron va essayer de démontrer, que ce serait un saut dans l'inconnu, que ce serait une aventure. Avec lui, il y a un problème, c'est qu'en fait, on voit bien aussi dans la campagne que s'est réactivée une hostilité contre le président de la République. On a beaucoup critiqué son arrogance. Donc, comment il va pouvoir montrer que ce qu'elle dit est n'importe quoi ?

Et d'ailleurs, il avait dit en 2017, ce que vous dites est n'importe quoi, Mme Le Pen. Et cette phrase-là, il ne peut plus le dire, parce qu'aussitôt, c'est professoral, ça réactive l'arrogance. Donc, il va devoir faire la démonstration sans lui réactiver une forme de mépris ou de supériorité. Qui a le plus à perdre, du coup, Astrid De Villene ? Qui va y aller en disant, il ne faut pas que je me rate, parce que là, sinon, ça va mal se terminer ?

5:15
Invité

Je crois qu'ils ont deux enjeux distincts. Emmanuel Macron, il ne faut pas qu'il perde deux points, puisqu'il y arrive quand même en position de force.

5:20
Présentateur

C'est le favori.

5:21
Invité

Voilà, aucun sondage ne le donne perdant. Donc, lui, elle, je pense qu'elle va avoir envie de le pousser à la faute. Elle, à l'inverse, elle est plus dans un mode de conquête. C'est-à-dire qu'elle, elle peut gagner des points sur ce débat. Mais le risque, c'est de sortir du couloir, de s'énerver comme la dernière fois. Moi, j'ai l'impression, en regardant les débats, que ceux qui s'énervent, et celles qui s'énervent, comme par exemple Ségolène Royal en 2007, Marine Le Pen en 2017,

5:44
Présentateur

c'est aussi comme ça qu'on perd. Donc, il faut rester dans son couloir, donner son projet,

5:49
Invité

mais attaquer, en tout cas pour Marine Le Pen, l'adversaire. Mais pour autant, je n'ai pas l'impression qu'Emmanuel Macron prépare ce débat de manière défensive. J'ai l'impression qu'il a assez envie. C'est en tout cas ce que nous disent ses proches, les ministres aussi qui sont proches de lui. Ils disent qu'il a envie de déconstruire le projet de Marine Le Pen, de montrer le vrai visage de l'extrême droite. Et on voit bien, d'ailleurs, dans les derniers jours de la campagne, c'est vraiment sur ce créneau-là qu'il a envie d'aller.

6:13
Présentateur

Pascal Perrineau, est-ce que néanmoins, il pourrait se passer quelque chose lors de ce débat, où il pourrait le dérouler, faire avec eux, il aurait une vraie influence et il pourrait changer le cours des choses, avoir une vraie importance sur le résultat ?

6:25
Invité

Il peut toujours se passer quelque chose, toujours, dans un sens ou dans l'autre. C'est vrai que dans la série des six débats avec celui-là, depuis 1974, en général, les débats ne déplacent pas les lignes, sauf la dernière fois. Yves a raison de rappeler qu'elle était tout de même aux alentours de 40. Elle s'est retrouvée à 33, Marine Le Pen. Donc il y a eu une perte en ligne. On a même vu des électeurs qui avaient voté Marine Le Pen au premier tour qui ont voté pour Emmanuel Macron au second tour, c'est à environ 10%, à la suite de la très médiocre performance de Marine Le Pen. D'autre part, il faut bien voir que les Français, jusqu'à maintenant, ils ne sont pas fascinés par le spectacle.

Ni Emmanuel Macron, ni Marine Le Pen, ni les challengers du premier tour n'ont passionné les Français. Et les Français notent très sévèrement, en ce moment, la campagne. Donc, il faudra, pour les deux qui restent en lice, attirer le chaland. Attirer le chaland parce que tous les indicateurs de participation montrent que la participation est en train de faiblir, l'abstention, le vote blanc et nul augmente. Or, aussi bien Emmanuel Macron que Marine Le Pen ont besoin de mobiliser. Et puis, enfin, il y a, si vous voulez, les Français sont de plus en plus indécis. Jadis, on était de gauche, de droite, on votait Sarkozy, on votait Ségolène Royal comme un seul homme, Hollande. Voilà.

Là, si vous voulez, ça n'est plus le cas. Vous avez vu dans les enquêtes de premier tour qu'un Français sur trois a attendu les derniers jours pour se décider. Un sur trois. Et 18% ont voté dans l'isoloir. Alors, bien sûr, ça va peut-être, et même certainement, un peu faiblir. Mais ces gens qui vont voter dans les derniers jours, mercredi, dimanche, les derniers jours, c'est jeudi, vendredi, samedi, eh bien là, il y a une cible qui sera certainement très sensible à l'effet débat.

8:23
Présentateur

Et alors, je voudrais ajouter quelque chose, c'est que le débat, me semble-t-il, est toujours un risque quand il y a un président sortant. Valéry Giscard d'Estaing, en 1981, le débat n'avait pas été fameux de son côté, alors qu'il avait été excellent en 1974. En 2012, Nicolas Sarkozy est arrivé en se disant, il ne faut pas que j'agresse, et moralité, il a été déstabilisé par le président. Moi, président, etc. Voilà, la fameuse anaphore de François Hollande. Et donc là, il faut qu'il fasse attention, Emmanuel Macron, effectivement, parce qu'il est en position, même si, comme l'a dit Cécile, elle ne veut pas être agressive, il va quand même, il a un bilan.

Et quand vous avez un bilan, c'est toujours plus difficile. Il faut l'assumer. Cécile, quand on eut des dents, le détail et le coulisse de ce débat, tout est préparé jusqu'à la température, la lumière, les plans de coupe. Alors c'est quoi les plans de coupe ? C'était, par exemple, lors du dernier débat, on a vu... C'est la première fois où vous pouviez être filmé, même quand vous ne parliez pas. Et c'est là où on a vu Marine Le Pen beaucoup dans ses fiches. Ah, comme ça ? Il y a eu une grosse, grosse négociation. Et elle dit qu'elle s'est fait piéger par l'équipe Macron au moment des... C'est en ce moment, d'ailleurs, je pense à France Télévisions, que se passent toutes ces négociations.

Elle s'est fait piéger et le réalisateur a imposé les plans de coupe. Là, on ne sait pas encore s'il y en aura ou pas. Donc ça, c'est une question. Mais il y en a plein. Et là, on voit bien le pré-travail un peu psychologique, où elle, effectivement, dit « je vais me reposer », elle veut montrer. à Emmanuel Macron, qu'elle n'a pas peur, qu'elle a pris de la hauteur, etc. Lui, il fait encore beaucoup de médias. C'est sa façon de se préparer et de montrer qu'il est très actif. On sait un peu pour déstabiliser l'adversaire. Donc c'est vrai que ce pré-débat est toujours amusant à ce que...

Elle s'est retirée, donc, Marine Le Pen, dans une maison, à l'isolement, où il y a un faux Emmanuel Macron qui a le même profil. C'est ça ? Il y a une doublure qui a fait les mêmes études, qui réfléchit comme Macron, c'est ça ?

10:33
Invité

Moi, les quelques politiques qui ont accompagné des candidats et que j'ai pu interviewer dans des débats, ils me disent que c'est essentiel de s'entraîner comme ça, en fait. Par exemple, Ségolène Royal n'avait pas voulu que Julien Drey joue Nicolas Sarkozy, lui qui aurait adoré le faire. Et elle dit qu'elle s'était juste... Voilà, elle avait bossé ses fiches, elle avait travaillé avec des conseillers, mais elle n'avait pas fait cet exercice. Et c'est difficile comme exercice, parce que ce n'est pas un exercice journalistique. On peut être surpris par l'adversaire, il faut avoir de la répartie. Et en même temps, il faut défendre un projet.

Donc là, en effet, la dernière fois, vous vous souvenez, elle avait eu des migraines ophtalmiques, elle dit qu'elle avait très peu dormi, elle n'avait pas bossé ses dossiers. Elle s'était quand même pris les pieds dans le tapis. J'ai revu le débat sur des dossiers quand même industriels majeurs de dernières années. Elle avait confondu SFR et Alcérum. Et elle n'avait pas vraiment sur bon dire, à part pour l'attaquer sur des sujets presque complotistes, en disant, oui, vous avez des conflits d'intérêts, mais qui n'étaient pas prouvés, etc. Là, il va falloir, à mon avis, pour elle, aller sur le fond des choses, mais pour lui aussi.

Parce que là, elle commence déjà dans la presse à l'attaquer de fake news sur les attaques qui commencent à arriver sur la Russie, etc. À mon avis, si les deux vont sur le mot fake news, déjà, ça ne va pas être un bon débat de qualité.

11:41
Présentateur

Psychologiquement, Yves Tréard, on se dit, les premières minutes, c'est un peu comme une équipe de foot. On voit tout de suite comment elle joue sur le terrain. Marine Le Pen va être hantée par le fantôme de la Marine Le Pen de 2017, non ? Probablement les premières minutes. Ah bah oui, certainement, oui. Elle a effectivement ce passé-là, et ce passif-là, d'une certaine façon. Elle va sans doute y se longer. Mais je pense que, justement, si elle fait le ménage dans sa tête pendant ces 48 heures qui nous séparent du débat, c'est pour cette raison-là. C'est pour... Je pense qu'elle va être hyper concentrée.

C'est comme un boxeur qui arrive sur scène, sur le ring, ou effectivement un chanteur, enfin un acteur, quoi. C'est complètement concentré sur sa tâche. Ça doit quand même être possible, mais pour elle, de toute manière, elle ne peut pas faire pire. Donc, vous êtes... Quand on est challenger, quand vous vous dites ça,

12:28
Invité

vous êtes déjà plus à l'aise. Allez, go. Et puis, je crois, si vous voulez, une dernière remarque, il y a un art du débat. Les Français, il ne faut pas croire, quelle que soit leur tendance politique, ils sont porteurs d'une certaine... Ils attendent une certaine culture du respect. Ce n'est pas le combat entre deux ennemis. C'est le combat entre deux adversaires. Et attention à celui ou à celle qui diabolisera. La dernière fois, surtout à la fin du débat, Marine Le Pen était tombée dans le travers de la diabolisation d'Emmanuel Macron. Et là, on voit depuis quelques jours, tout même, qu'Emmanuel Macron et beaucoup de macroniens se contentent d'une diabolisation de Marine Le Pen.

Quand on a écouté tout de même M. Attal qui ressortait, en effet, de très vieilles munitions disant que pour Marine Le Pen, les morts en Ukraine étaient un point de détail de l'histoire, le moins qu'on puisse dire, c'est que ça ne fait pas dans les nuances. Ça participe, en effet, d'une diabolisation un peu primaire. Et là, j'ai dit, attention, parce que si c'est importé dans le débat tel quel, on prend des risques.

13:29
Présentateur

Alors, à six jours du second tour, Emmanuel Macron et Marine Le Pen continuent donc de se rendre coup pour coup. Objectif des deux candidats, gagner le vote des électeurs de Jean-Luc Mélenchon avec en ligne de mire, bien sûr, le débat de l'entre-deux-tours. On vient d'en parler. Sujet de Juliette Perrault et Erwann Nylion.

13:48
Invité

Un lundi de Pâques en Terre Normande pour Marine Le Pen. Ce matin, la candidate du RN effectuait son dernier déplacement avant le débat d'entre-deux-tours. De longues minutes de déambulation et une rencontre imprévue avec un soutien d'Emmanuel Macron. Et ils sont locataires à 5 ans. Emmanuel Macron a déjà,

14:10
Marine Le Pen

a déjà, pendant 5 ans, fait la preuve de son incapacité totale à redresser l'économie, à créer de l'emploi.

14:19
Présentateur

Et à trouver l'économie française pendant la crise sanitaire.

14:21
Invité

Deux candidats qui, en attendant, leur face-à-face s'invectivent à distance. Ce matin toujours, Emmanuel Macron étrie Marine Le Pen et ses troupes. On les voit rarement discuter avec des gens qui ne pensent pas comme eux. Et d'ailleurs, ce serait intéressant de voir comment ils réagissent quand ils sont avec des gens qui ne sont pas comme eux. Ils ont une violence verbale, parfois physique, qui surprendrait. Le président, également en opération, mais à coup le pas. Il reconnaît certaines maladresses et se prête même à un exercice d'autocritique sur son quinquennat. Si vous aviez 20 ans aujourd'hui, vous direz quoi sur l'Emmanuel Macron d'aujourd'hui en exerçant votre esprit critique ?

14:58
Présentateur

C'est dur.

15:06
Locuteur non identifié

Vous séchez, non ?

15:07
Invité

Oui. Ben non, j'essaie d'être sincère. Je ne sais pas. Je dirais qu'il peut quand même il pourrait faire davantage. Ça pourrait aller plus vite. Plus vite et surtout plus à gauche, réclament les électeurs réticents à glisser un bulletin Macron dans l'urne ce dimanche. Alors pour les convaincre, le président se pose en candidat de l'écologie. La politique que je mènerai dans les 5 ans à venir sera donc écologique ou ne sera pas. Mon prochain Premier ministre sera directement chargé de la planification écologique. coup d'accélérateur d'un côté, modération de l'autre. Sur l'interdiction du voile dans l'espace public d'abord.

15:56
Marine Le Pen

Ce sont des problèmes qui sont des problèmes complexes. J'en suis parfaitement consciente de cela. Je ne suis pas, comment dire, obtue.

16:04
Invité

Sur la peine de mort ensuite, quitte à paraître brouilleux. La question de la peine de mort pourrait passer par un référendum. Tout pourrait passer par un référendum. Et la question de la peine de mort ? Sauf ce qui va à l'encontre de la Constitution. Vous pourriez faire un référendum sur la peine de mort ? On ne peut pas, c'est anticonstitutionnel. Un argument de plus pour les marcheurs qui se félicitent dans le même temps des appels à voter Emmanuel Macron. des tribunes de soignants, de syndicats, la CFDT et la CGT, ou encore de personnalités du monde culturel. En face, les lieutenants de Marine Le Pen répliquent.

16:41
Locuteur non identifié

Vous avez le choix entre Emmanuel McKinsey

16:43
Présentateur

et Marine Le Peuple. Et des diabolistes. Agiter des fantasmes. Expliquer que le soleil va arrêter de briller. Ce très beau soleil de Pâques aujourd'hui va arrêter de briller si dimanche prochain, Marine Le Pen est présidente de la République. Ça ne marche plus. Vous avez aujourd'hui un mouvement national, patriote, qui défend les classes populaires, mais en aucun cas une extrême droite.

17:03
Invité

À six jours du second taux reste toujours une inconnue. Comment voteront les électeurs de Jean-Luc Mélenchon ? Selon la consultation réalisée en ligne par l'Union populaire, 33% seraient prêts à voter Emmanuel Macron. Le reste préfère voter blanc ou s'abstenir. Aucune option en faveur de Marine Le Pen n'était proposée dans le questionnaire.

17:23
Présentateur

Alors, question téléspectateur de Henri en Gironde. Astrid De Vilaine, Emmanuel Macron reprend les thèmes de Jean-Luc Mélenchon sur l'écologie. Il a parlé de planification écologique. Planification, est-ce une improvisation de dernière minute ?

17:37
Invité

Oui, c'est une stratégie de dernière minute en tout cas. Il reprend le terme phare du programme de Jean-Luc Mélenchon, planification écologique, mais il reprend aussi les mots de son programme, l'avenir en commun. C'est ce qu'il a dit, Marseille, en faisant un discours quasiment entièrement dédié à l'écologie. Moi, je crois que c'est un petit peu gros pour l'électeur de gauche ou l'électeur écologiste qui va aller voter Macron s'il va voter Macron plutôt pour faire barrage à Marine Le Pen que pour le bilan climatique du président sortant qui n'est pas bon. Il a quand même eu quatre ministres de l'écologie en cinq ans.

Il a eu un ministre, Nicolas Hulot, qui a démissionné sur fond de désaccord. Il a eu beaucoup de recul dans la loi climat, notamment, par exemple, sur la publicité des véhicules polluants. Il n'a pas respecté sa promesse du glyphosate. Et il y a eu, à mon avis, ce point noir du bilan climatique d'Emmanuel Macron qui est la convention citoyenne qui partait d'une idée assez innovante et très démocratique de donner les clés du destin climatique de la France aux citoyens et dont il n'a pas respecté sa promesse initiale de respecter ses engagements. Je crois que ce n'est pas là-dessus, à mon avis, qu'il peut convaincre.

18:46
Présentateur

Pascal Perrineau, ce virage à gauche, comme on l'a décrit d'Emmanuel Macron pour essayer de capter le vote Mélenchon, il est subtil ou il est... J'entendais, ce n'est pas des clins d'œil, c'est des gros sabots verges.

18:57
Invité

Subtil, le mot est excessif. Non, ce n'est pas dans la subtilité dans cet entre-deux-tours. Le grand paradoxe du candidat, du président candidat, c'est qu'au premier tour, au fond, qui est le candidat de la droite, de la droite classique ? C'est Emmanuel Macron. Quand vous regardez sa base électorale, le nombre d'électeurs qui avaient prévu de voter en faveur de Valérie Pécresse qui sont allés voter, beaucoup sont allés voter directement pour Emmanuel Macron. Mais pour le second tour, c'est là qu'il y a le problème. La grosse réserve de voix, elle n'est pas simplement à gauche, elle est à la gauche de la gauche.

Donc, il faut faire le grand écart, il faut utiliser des procédés, en effet, qui s'apparentent un peu aux grosses ficelles, quitte à courir le risque d'en faire un peu trop et de paraître quelque peu brouillon. On le voit sur le terrain de l'écologie, on l'a vu sur le terrain de la réforme des retraites, de l'allocation handicap. Tout d'un coup, ça n'est pas simple qu'un candidat, au fond, de la droite, devienne subitement un candidat crédible pour la gauche et même parfois la gauche la plus extrême.

C'est un peu à cela qu'il est en train de se prêter, sachant que, du côté des gros bataillons mélanchonistes, parce que c'est là qu'il y a la ressource fondamentale, pour l'instant, les enquêtes montrent qu'un sur deux à peu près de ces électeurs dit, nous, on restera chez nous ou on votera blanc ou nul.

20:21
Présentateur

Ce que vous dites, c'est que ces clins d'œil à gauche, ça ne trompe personne. En revanche, ça donne l'image d'un candidat qui n'a pas de colonne vertébrale ou qui est prêt à...

20:28
Invité

Ça, c'est le risque. C'est le risque de donner l'impression, contrairement à 2017, d'un candidat qui, à force de cumuler les références à la droite avant le premier tour, à la gauche dans l'entre-deux tours, devient carrément insaisissable. Mais, voilà, comme le disait tout à l'heure Yves Tréhard, ce vote de second tour, c'est un vote contre, beaucoup. Donc, il s'agira de savoir si l'hostilité à Marine Le Pen est plus importante que l'hostilité à Emmanuel Macron.

20:59
Présentateur

Alors, précisément, Yves Tréhard, est-ce que ça fonctionne ? On a eu les deux anciens présidents de la République qui ont appelé à faire barrage à Marine Le Pen et à utiliser, pour cela, le bulletin Emmanuel Macron. On a eu les deux grands leaders syndicaux, on a eu des sportifs ce week-end, on a eu des artistes. Est-ce que, au fond, c'est une façon de sonner le toxin en disant « Attention, dimanche prochain, nous pourrions basculer dans un autre monde ? » Je ne serai pas loin de vous dire que tout ça, c'est un peu contre-productif pour Emmanuel Macron. Vous dites même que c'est contre-productif ? Ça peut l'être.

Parce que, justement, vous savez, on est dans une société où, malheureusement, il y a une division. Grosso modo, il y a les élites, il y a Paris, il y a ceux qui décident et puis, il y a le peuple qui se sent, justement, pas respecté ou pas écouté, invisible, ce qu'on appelle les invisibles qui se sont devenus visibles avec les Gilets jaunes, précisément. Il ne faut quand même pas oublier cet épisode des Gilets jaunes qui a duré deux ans en France et qui n'est pas éteint.

C'est un événement qui est arrivé dans notre pays qui est bourrement important et personne n'a réussi à l'éteindre même si Emmanuel Macron, grâce au grand débat, a réussi, finalement, à faire en sorte que ça se termine par les élections européennes qu'il a réussi à bien négocier. Mais on est encore dans un fond, un pays qui est éruptif, qui n'est pas loin d'être révolté. Il est cerné, le président de la République sortant. Vous vous rendez compte qu'il fait un tiers, un quart de l'électeur. Il y a quatre quarts, c'est simple. Vous avez un quart Macron, vous avez un quart révolté de gauche, un quart révolté de droite et un quart qui s'abstient. Il est cerné.

Et donc, pour lui, moi, je suis tout à fait d'accord avec Pascal, je crois qu'il n'a pas intérêt, si vous voulez. Il est le candidat de la droite, personne n'est dupe. Et si les gens qui n'ont pas voté pour lui au premier tour votent pour lui au deuxième tour, c'est pour faire barrage. Ce n'est pas parce qu'il aura décidé d'un programme écologique particulièrement. D'ailleurs, tout ça est improvisé, comme l'a dit Astrid, puisqu'il va le trouver, son Premier ministre, dans son entourage, qui va avoir une fibre environnementale telle. On les cherche en France. Le Premier ministre sera aussi en charge de l'écologie, de la planification écologique.

Oui, la planification écologique, c'est pour un homme qui est réputé éduqué au libéralisme, c'est aussi assez cocasse de voir ça. Alors, on voit bien les zigzags qui est obligé de faire, la danse du ventre qui est obligée de faire Emmanuel Macron pour essayer de puiser le vote Mélenchon. à l'inverse, on a vu dans le sujet aussi que Marine Le Pen a été en difficulté, ne serait-ce que sur le voile. Oui, elle a bougé, elle aussi, sur le voile. En fait, tous les deux, ils ont quand même été au contact des gens et ils ont senti cette colère dont parlait Yves et ils se sont dit le pays est dans un tel état qu'il faut rassurer, rassurer, rassurer.

Donc, Emmanuel Macron, c'est vrai, dès le lendemain du premier tour, il a dit la retraite à 65 ans, ce n'est pas un dogme, alors que c'était la mesure emblématique du premier tour, il y a eu le virage sur l'écologie. En fait, tout ça, c'est la conséquence du premier tour. Toutes les réserves de voix, elles ont été aspirées dès le premier tour. Vous avez eu trois candidats, trois blocs, Marine Le Pen, Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon et tous les autres ont fait moins de dix, ont été ratiboisés. Donc, ce n'est pas là qu'ils peuvent vraiment puiser.

Donc, tous les deux, la vraie surprise, c'est Jean-Luc Mélenchon, c'est le score qu'a fait Jean-Luc Mélenchon et les réserves de voix, elles sont là pour tous les deux. Donc, tous les deux, à leur façon, parlent à cet électorat-là. Emmanuel Macron en mettant l'accent sur l'écologie et les jeunes, elle en mettant l'accent sur le social, elle a fait un meeting à Toulon, à Avignon vendredi, elle n'a quasiment pas parlé d'immigration et de sécurité, elle ne parle que de social et sur le voile, elle tempère un petit peu parce que ça peut être un sujet...

L'idée, c'est moins dans ce débat de mobiliser ses propres troupes, elles sont mobilisées, mais de convaincre les indécis pour l'un comme pour l'autre. Emmanuel Macron, comme le barrage républicain ne marche pas complètement, il y a beaucoup d'électeurs Mélenchon par exemple qui disent d'accord, on ne votera pas Marine Le Pen mais de là à voter Emmanuel Macron, c'est à ceux-là qu'il veut parler. Il veut donner le petit plus, l'écologie, une petite musique qui fera que malgré tout, ce vote anti-Le Pen, ce sera un vote Macron même si ce n'est pas un vote d'adhésion parce que s'il y a trop de démobilisation de ces gens-là, le président pourrait être en risque.

On a bien compris que l'objectif c'est d'aller puiser le vote Mélenchon. La proposition sur le voile, l'interdiction du voile dans le domaine public, il y a ce sondage La Croix qui montre que 69% des électeurs de confession musulmane ont voté Jean-Luc Mélenchon. Est-ce que cette proposition ce n'est pas un énorme caillou dans la chaussure du programme de Marine Le Pen ?

25:50
Invité

Bien sûr, mais on le sait, c'était déjà le cas la dernière fois. Si vous voulez, le vote Mélenchon, sa base essentielle, là où il bat des records, indépendamment de certains milieux de la fonction publique, c'est en effet dans le vote musulman. Jean-Luc Mélenchon est considéré comme étant la barrière la plus efficace à ce qui serait perçu comme des attitudes défavorables à l'islam. Mais ce qui est intéressant dans Mélenchon, Mélenchon, vous savez, c'est une gauche très particulière. Pendant des années, il n'a plus utilisé le terme gauche. Il le réutilise récemment mais il n'utilisait plus le terme gauche. Il se mettait dans une optique populiste et c'est un populiste de gauche.

Alors, il y a deux manières de s'adresser à ces électeurs populistes de gauche. C'est ou bien on parle au réflexe de gauche et à ce moment-là réapparaît l'hostilité au Front national, au Rassemblement national à Marine Le Pen ou bien on parle, ce que tente de faire Marine Le Pen populaire et populiste des électeurs de Mélenchon et là, il y a une marge de manœuvre pour elle. On s'aperçoit qu'aujourd'hui, par exemple, entre 18 et 20% des électeurs qui ont voté Mélenchon disent « Ah, on pourrait voter Marine Le Pen ». Donc, ça n'est pas complètement négligible. Ils étaient 7% seulement en 2017.

27:07
Présentateur

Il y a une grosse progression. C'est les fâchés mais pas fachos comme on dit. Fâchés, un peu fachos. Voilà.

27:13
Invité

Et qu'en votant Marine Le Pen, ils n'ont pas l'impression de voter pour une facho.

27:17
Présentateur

Alors, pour revenir sur le débat de mercredi soir, à un moment, on va parler de la guerre en Ukraine. Est-ce que là, elle va être en difficulté sur les questions internationales ? On l'a vu d'ailleurs s'emmêler les pinceaux en disant que l'Algérie de Bourguiba avait interdit le voile. Alors, d'abord, ce n'était pas dans l'espace public et puis Bourguiba, c'est en Tunisie.

27:33
Invité

Elle s'est beaucoup emmêlée les pinceaux, moi je trouve, dans cet entre-deux-tours. Là, en ce moment, ils sont très embêtés au Rassemblement national sur la question des éoliennes qu'il voulait démanteler. Aujourd'hui ou hier, Louis Alliot ne veut plus les démanteler. Je crois qu'il y a beaucoup de voile, le référendum sur la peine de mort comme on le voyait dans votre reportage. Il y a beaucoup, en fait, de points sur lesquels appuyer pour Emmanuel Macron sur ses revirements et surtout quand on prend les programmes du Rassemblement national des dernières élections. Le Frexit, la sortie de l'euro, etc. Il va pouvoir l'interroger là-dessus.

Mais ce qui est sûr, c'est que la situation internationale, à mon avis, c'est, pour elle, c'est un galet dans la chaussure de Marine Le Pen parce que la guerre en Ukraine l'a surprise et ces alliances pro-russes d'avant la guerre qu'elle essaye de cacher vont ressortir forcément. Et les Français, moi, ce que j'ai pu voir sur le terrain, très souvent, ils n'avaient aucune envie de voter Macron. Ils étaient très en colère, surtout ceux qui ont des petites retraites, ceux qui, justement, pourraient être tentés par Marine Le Pen

28:23
Présentateur

sur tout son aspect qu'elle met en avant sur le pouvoir d'achat. Mais ils disaient très souvent « Je déteste Emmanuel Macron, mais dans la période,

28:31
Invité

j'ai très peur de la guerre et c'est lui parce que je crois que malgré tout, il a marqué des points, même s'il ne faut pas le voir que comme ça vu la situation dramatique à nos frontières.

28:40
Présentateur

Mais malgré tout, je crois que les Français lui reconnaissent d'avoir géré, d'avoir été en première ligne dans cette crise. Moi, j'étais en Amérique latine il y a un mois, on ne me parlait que d'Emmanuel Macron.

28:50
Invité

Il est arrivé comme, à mon avis, l'Européen dans cette présidence française

28:55
Présentateur

de l'Union européenne. Tout ça, c'est des thématiques sur lesquelles il va pouvoir, à mon avis, marquer des points mercredi. D'ailleurs, ça fait partie des négociations préalables entre les équipes sur la place que va tenir l'international dans ce débat d'entre-détour. On sait qu'en général, c'est cinq minutes à la fin. Et là, Emmanuel Macron veut vraiment qu'il y ait une grosse partie internationale. Je crois même qu'il voulait commencer par ça et il y a une bagarre là-dessus entre les deux équipes. Elle, elle ne veut pas. Le moins possible parce qu'elle sait qu'elle sera en difficulté. qui peut la mettre en difficulté sur l'Europe, notamment.

Parce qu'elle a aussi, elle a deux points, enfin, elle a beaucoup de points faibles, mais elle a deux points qui sont, à mon avis, très, très, où il va s'engouffrer très facilement. C'est sur l'Europe. Parce qu'en fait, on dit qu'elle a changé de point de vue sur l'Europe, mais elle veut quand même ... Elle n'est plus pour la sortie de l'euro. Elle veut renégocier tous les traités, en gros. Elle ne veut pas participer normalement au budget de l'Europe. Elle veut faire 5 milliards d'économies sur la cotisation. Elle va se mettre à dos tous nos partenaires. On est 27. Donc son programme mène à un frexit caché, comme on dit. Oui, peut-être un peu caché.

Et la deuxième chose, alors à mon avis, sur laquelle il est en train d'affûter, c'est que... Pardon de cette expression qui est peut-être un peu excessive, mais c'est un peu un coup d'État institutionnel, ce que veut faire Marine Le Pen. Parce qu'elle veut passer par le référendum. Elle veut faire plein de référendums. Sauf qu'en France, on ne peut pas faire des référendums comme ça, n'importe comment, et en utilisant la Constitution n'importe comment non plus. Pour faire les référendums qu'elle veut faire, elle est obligée d'avoir l'avis positif et un vote qualifié et de l'Assemblée nationale et du Sénat. Or, elle a à peine 10 députés pour le moment.

Donc, je ne sais pas comment elle peut faire. Et là, là-dessus, je pense que lui, il va beaucoup l'attaquer. Mais Pascale Perrineau, est-ce qu'elle n'a pas pour elle ces mots magiques qui est « Écoutez, on a tout essayé, on va essayer avec elle. » Ça fait des années qu'on nous dit tatati, tatati, tatati.

30:56
Invité

Bien sûr, on a vu l'épuisement des Français par rapport au face-à-face gauche-droite. Là, on a vu au travers du mouvement des Gilets jaunes, au travers tout même des nombreux échecs de La République en marche dans toutes les élections intermédiaires, locales, on a vu au fond la difficulté du macronisme à convaincre les Français. Et donc, certains Français, avec un gros pragmatisme, se disent « Bah voilà, Marine Le Pen, on n'a pas essayé. » Simplement, en effet, il faut, dans la perspective du débat, qu'elle soit prudente parce que la présidentialité, c'est aussi respecter les règles de droit qui encadrent l'action du président de la République.

Alors là, on le voit très bien, le combat a commencé, Emmanuel Macron tente de dire « Mais en effet, si elle veut utiliser le référendum pour changer la Constitution, c'est en dehors du champ républicain. » Simplement, il oublie, il faut réviser ses classiques, il oublie qu'en 1962, le général de Gaulle, était-il en dehors du champ républicain, avait utilisé le référendum de l'article 11 pour réformer la Constitution afin d'introduire l'élection du président par le peuple.

Donc, il faut toujours se méfier des arguments un peu simplistes et binaires, mais on voit en effet que, comment dire, l'état de droit, le respect de l'état de droit, c'est vraiment pas la tasse de thé de la galaxie européeniste. Mais attention à ne pas jouer

32:26
Présentateur

au plus mal. Voilà. Alors, c'est l'une des clés de ce scrutin, le vote des jeunes. Certains d'entre eux se sont mobilisés ces derniers jours, que ce soit en bloquant des universités ou en manifestant dans la rue. Et vous allez le voir dans ce sujet de Constance Meilleur et Maxime Liogier, difficile pour beaucoup de se prononcer en faveur de l'un ou l'autre des candidats. Action coup de poing en plein cœur de Paris ce samedi.

33:07
Invité

En quelques minutes, des centaines de militants du mouvement radical écologiste Extinction Rébellion

33:12
Marine Le Pen

prennent possession des grands boulevards.

33:15
Présentateur

Barricade de bottes de foin et chaînes humaines, le blocage va durer trois jours.

33:19
Invité

On a nos bras qui sont accrochés à l'intérieur et donc on ne peut pas nous enlever tant qu'on n'a pas décidé de partir.

33:27
Présentateur

À l'aube du second tour, ils veulent bloquer l'espace public, occuper le débat politique, quitte à prendre des risques.

33:35
Invité

En fait, les risques qu'on prend aujourd'hui, c'est vraiment très léger par rapport aux risques qu'on encourt face à tout drame écologique qui est en train de se produire parce que ça fait un moment que ça a commencé mais c'est vraiment de pire en pire. Je parle du coup vraiment personnellement, je n'ai pas l'impression de prendre des risques aujourd'hui.

33:54
Locuteur non identifié

Les mensonges répétés qui nous sont donnés par la classe politique depuis une dizaine d'années voire une quinzaine d'années sur le changement climatique et les accords entrepris par les États qui sont nuls puisqu'on a déjà renié certains accords et on continuera à les renier vu la politique actuelle. Du coup, personnellement, moi, je ne peux pas laisser ça. Je suis en âge de fonder une famille, je suis en âge d'avoir des enfants et je n'ai aucune envie qu'ils affrontent le futur que je vis aujourd'hui.

34:23
Présentateur

Une jeunesse en colère face à l'affiche du second tour.

34:34
Invité

Des centaines d'étudiants ont également bloqué

34:36
Présentateur

des grandes écoles et des universités comme ici à la Sorbonne. 30 heures de blocage et un message.

34:44
Locuteur non identifié

Au second tour, les qualifiés, c'est Macron qui est un programme de droite et Marine Le Pen qui est un programme d'extrême droite.

34:51
Présentateur

Ce ne sont pas des programmes qui nous respectent beaucoup nos étudiants. On est un peu oubliés, c'est pour ça qu'on a besoin de faire entendre nos voix. On a le droit

34:58
Invité

d'être insatisfaits par les résultats de cette élection, d'autant que les 18-25 ans ont voté à 33% pour Jean-Luc Mélenchon. Alors, on peut absolument revendiquer de bloquer une SAC qui est un mouvement d'expression absolument citoyen, populaire et démocratique.

35:14
Marine Le Pen

20 ans après le 21 avril 2002, l'appel au Front républicain semble avoir atteint ses limites.

35:21
Invité

Dans une trentaine de villes en France ce samedi, démarche contre les 15 voix mais pas en soutien à Emmanuel Macron. Pour ses citoyens engagés dans des mouvements écologistes et féministes, le second tour est un vrai casse-tête. C'est la première fois à mon âge que je me dis que je n'en peux plus de faire ça. Je n'en peux plus d'aller voter et d'avoir l'impression que ça ne sert strictement à rien. Il y a des gens qui ont des arguments de dire qu'il vaut peut-être mieux qu'on continue à militer sous Macron que sous Marine Le Pen et que du coup à choisir. En fait, ce qui me fait vachement flipper, c'est de ne pas y aller et de me dire qu'elle passerait. A 20 ans,

36:01
Marine Le Pen

Adrien vote à la présidentielle pour la première fois. En faisant barrage à l'extrême droite, il a le sentiment de trahir ses idées.

36:08
Locuteur non identifié

Je me suis battu pendant deux ans, passé tout mon temps libre à vraiment militer et là, je vais mettre le bulletin de cette personne dans l'urne volontairement, en conscience, parce que je me sens obligé en fait et aussi parce qu'il y a quand même la peur de voir l'extrême d'entre-pouvoir mais on continuera dès le lendemain à aller dans la rue parce que pour moi, le combat, il se fait dans la rue et les urnes, là, ce sera un choix par dépit et puis voilà, on continuera à se battre dans la rue derrière.

36:32
Présentateur

Peu importe l'issue du scrutin, le prochain quinquennat risque d'être mouvementé. Premier grand rendez-vous pour ses militants le 1er mai. Alors, question de Catherine en Côte d'Or à Street de Villaine. Si la nouvelle génération n'accepte pas le duel Macron-Le Pen, la démocratie va-t-elle être en danger ? C'est vrai qu'on a vu à la Sorbonne des étudiants refuser et manifester contre ce résultat du second tour qui mettait Macron face à Le Pen.

37:02
Invité

Oui, ça c'est très nouveau parce qu'en 2002, par exemple, quand c'est le père de Marine Le Pen qui est arrivé pour la première fois de l'histoire de la Ve République, l'extrême droite, au second tour d'une élection, moi je me souviens très bien, j'étais au collège, c'était non, non, non, au Front National. La jeunesse, vous vous souvenez du slogan « emmerde le Front National », il n'était pas question de faire du nini. Donc là, clairement, mais c'était il y a 20 ans. Marine Le Pen a beaucoup changé. J'ai fait ma petite enquête avant de venir, j'ai appelé quelques lycéens parisiens, je leur ai dit « vous êtes dans quel état ?

» Les quelques-uns que j'ai eus m'ont dit « on entend beaucoup parler dans les cours de récré de Marine Le Pen en disant « ce n'est pas la même que son père ». Donc là, je me suis dit la dédiabolisation a opéré même dans la jeunesse. Ensuite, je crois que ces étudiants qui manifestent, ils ont été très déçus par le quinquennat d'Emmanuel Macron. Eux, leur préoccupation principale, c'est l'écologie en payé les pots cassés. Et là, ils ont deux candidats qui n'en parlent pas ou si peu. Donc je crois qu'il y a ça. Et puis j'ajoute une dernière chose,

38:00
Présentateur

c'est que je pense que la Ve République, pour moi, elle est à bout de souffle.

38:04
Invité

Elle va fêter ses 64 ans et je pense qu'il va falloir qu'elle prenne sa retraite et qu'on y retravaille. À mon avis, l'élection d'aujourd'hui, elle dit quelque chose de la fin de ce moment. C'est-à-dire qu'on a trois candidats qui arrivent en tête qui se présentent tous comme antisystèmes. Antisystèmes de gauche, antisystèmes d'extrême droite

38:23
Présentateur

et antisystèmes Emmanuel Macron. Même président sortant, il se dit antisystèmes et il l'a fracassé il y a cinq ans. Et les deux forces qui ont dominé la vie politique française de cette cinquième république ne sont plus. Donc moi, je crois qu'on arrive à un moment où il faut tout remettre à plat.

38:35
Invité

Et ce que nous dit cette jeunesse, c'est aussi ça. Le succès de Jean-Luc Mélenchon, c'est dû à l'écologie mais c'est aussi dû aux institutions. C'est lui qui portait la sixième république. Et je crois qu'il y a des choses à faire pour associer plus les citoyens, peut-être repenser ce système présidentiel, ce super premier ministre qui est en fait président de la république, le vote blanc, les gilets jaunes,

38:54
Présentateur

il parlait des institutions, il parlait du RIC. Bref, je crois qu'il y a des états généraux, quelque chose à refonder peut-être. Sur cette jeunesse, Cécile Cornunet, qui refuse notre système démocratique et ne le trouve plus légitime. Et beaucoup sur la question écologique depuis quelque temps, on voit effectivement, il y a même des études qui chiffrent ça à 30% de la jeunesse, de jeunes qui considèrent que ce n'est plus par le politique qu'on peut changer des choses. Et il y avait un jeune qui disait ça. Les politiques, d'ailleurs, les gouvernements ont été condamnés pour une action climatique. Il y a deux façons de changer la vie pour ces jeunes-là.

C'est le quotidien, par mes petits gestes sur l'environnement, et par l'action violente, et par l'action rébellion, etc. Donc, et ça se double d'autre chose qui est le fait que les jeunes, notamment, s'informent beaucoup en silo. Ils ne sortent pas de leur bulle. Ils ne regardent plus la télévision. On sait qu'ils s'informent par les réseaux sociaux. Sur leur bulle, Facebook. Voilà. Et donc, ce n'est plus tellement Facebook pour les jeunes, mais c'est d'autres réseaux sociaux. Et en gros, ils ont passé une campagne présidentielle à n'entendre parler que de Mélenchon, à ne voir que Mélenchon, d'autant qu'on a eu un rapport du GIEC très alarmiste où aucun des autres candidats n'en a parlé.

Donc, pour eux, c'était Mélenchon, Mélenchon. Ils n'ont pas vu Emmanuel Macron rester fort, Marine Le Pen rester forte. Et donc, ils ne comprennent pas. Ils ont l'impression qu'il y a presque un doute sur cette élection. Eux, ils n'ont pas assisté au débat démocratique, d'autant que la campagne a été très courte. Donc, si vous voulez, cette déception totale sur le politique, l'idée que ce n'est plus là qu'on change les choses et qu'il se passe quelque chose. Plus le fait que ils n'ont pas vu les enjeux de cette campagne très particulière auxquelles personne n'a vraiment adhéré, mais encore moins eux.

Ils se sont réveillés au soir du premier tour avec Mélenchon aux portes du deuxième tour, mais quand même pas. Ils se sont dit mais non, ce n'est pas nous ce choix-là. Et ils avaient voté Mélenchon justement pour ne pas avoir à choisir entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Donc, il y a une vraie désespérance qui se vote. Et c'est ça qui est dangereux je pense pour Emmanuel Macron. C'est s'il y a trop de jeunes qui certes restent quand même très anti-Le Pen, mais ne vont pas pour autant mettre un bulletin Macron dans l'urne. Il peut se passer quelque chose. C'est le principal risque à mon avis.

Pascal Perrineau, c'est vrai que la jeunesse est à deux doigts de dire, on l'a entendu, nous on nous a volé l'élection et d'ailleurs notre vote devrait compter double parce que c'est nous qui subirons plus tard le dérèglement climatique. Permettez, c'est n'importe quoi.

41:20
Invité

Ce débat sur la réintroduction du suffrage censitaire, alors pourquoi pas faire voter uniquement les riches ou se combattent plus d'eux, etc. C'est littéralement absurde. La base de la démocratie, c'est un homme ou une femme, une voix. Ça n'est pas en fonction de sa génération de peser davantage ou comme on disait jadis dans des pays très réactionnaires, le vote plural, on était chef de famille, on avait trois enfants, on avait le droit à quatre voix. Vous voyez, non. Écoutez, là, c'est un débat, vraiment, je ne comprends pas comment depuis trois, quatre jours on entend ce débat. C'est un débat indigne, c'est un débat qui n'est pas sérieux et qui n'aide pas véritablement la cause des jeunes.

Mais de quoi parle-t-on quand on parle des jeunes ? D'abord, il y a des jeunesses. Les jeunes qu'on vient de voir, ce sont des jeunes très activistes, ce sont des minorités actives. N'oublions pas tout de même que le jour du premier tour, c'est 36 millions de Français qui sont allés voter, avec pourtant un taux d'abstention élevé. Donc, ce sont des millions de Français et ne donnons pas trop d'importance à la visibilité de minorités actives. Parce que le slogan tout de même, ni Le Pen, ni Macron, c'est un slogan qui est tout simplement hostile au suffrage universel. La leçon du suffrage universel, c'est qu'elle a mis en tête que ça plaise ou non Emmanuel Macron et Marine Le Pen.

Et que donc, voilà, au second tour, on fait avec ça, si ça déplait véritablement, il y a le blanc, le vote nul et l'abstention et de nombreux jeunes l'utiliseront. Et puis, il y a des jeunesses. En effet, un jeune disait dans la cour de la Sorbonne, à juste titre, 33% ont voté Mélenchon. Donc, on est loin de 50% qui ont voté Mélenchon. Je crois savoir que 25% des 18-24 ans ont voté Macron, 18% ont voté Le Pen, 9% ont voté Zemmour. C'est-à-dire qu'une majorité de jeunes de 18-24 ans qui se sont déplacés n'ont pas voté Mélenchon. Même si Mélenchon, en effet, a connu une surreprésentation forte. D'ailleurs, même dans la tranche d'âge des 25-34 ans.

Il y a bien un phénomène, en effet, où là, la jeunesse considère que Jean-Luc Mélenchon a de l'avenir. Donc, Mélenchon n'a pas le monopole de la jeunesse. Mais bien sûr, il n'a absolument pas le monopole de la jeunesse.

43:37
Présentateur

Ça n'empêche, on voit une jeunesse, une partie de la jeunesse qui conteste. On a parlé des gilets jaunes. On a l'impression que le vainqueur de cette présidentielle n'aura pas ce souffle, cet état de grâce, vous savez, qui permet de faire tant de réformes en début de quinquennat que ça s'est fini. De ce point de vue, est-ce que ce n'est pas une fatigue de notre modèle ? Alors, oui et non. D'abord, vous avez raison de dire, en fait, cette présidentielle, ce n'est pas projet contre projet, c'est rejet contre rejet. C'est ça. Première chose.

Deuxième chose, si on regarde bien l'histoire de la Ve République, vous apercevez qu'au bout de 18 mois ou 2 ans, tous les présidents de la République ont en face de la rue. La rue. Le général de Gaulle, d'une certaine façon, en 68, donc 3 ans après 65, alors c'est une crise de croissance, c'est la jeunesse qui veut de la liberté parce que les filles n'ont pas le droit d'aller dormir avec les garçons dans les dortoirs de Nanterre. Bon, c'est joyeux. C'est beaucoup moins joyeux aujourd'hui mais vous regardez, Giscard d'Estaing, ça commence à s'effriter en 1976, Mitterrand en 83, Chirac en 95, décembre 95, il a à peine eu le temps de... Ça se raccourcit ? Ben oui.

L'état de grâce est de plus en plus court. Vous voyez bien que Nicolas Sarkozy, il arrive, il lui tombe sur la tête une crise internationale énorme qui l'empêche de faire son projet. Hollande, il se retrouve avec la crise migratoire et Macron, il se retrouve avec plein de choses et notamment la crise sanitaire que personne n'avait, quoi qu'on dise, prévu. Donc, de toute manière, les Français et le président de la République a raison de dire que ce sont des Gaulois réfractaires. ce sont des gens qui ne sont rarement contents. Le général de Gaulle et d'ailleurs, François-Olivier Gisbert dans son dernier livre qui s'appelle Le Sursaut, rappelle ce que le général de Gaulle pensait des Français.

Il dit qu'ils ne sont jamais contents. Jamais contents. Un grand journaliste qui a écrit beaucoup de livres sur le général de Gaulle qui s'appelle Tournoux et qui raconte ça, qui raconte que les Français sont difficiles à dompter, ils ne sont jamais... Alors, ça, c'est la première chose. La deuxième chose, c'est qu'il faut, à mon avis, je suis d'accord avec Astrid, revoir probablement, si vous voulez, les systèmes de participation. C'est-à-dire que la démocratie représentative a peut-être... Il y a peut-être la nécessité de la sortir d'un système participatif et c'est là où, à mon avis, il a fait une grosse erreur le président sortant.

C'est que le président sortant s'est engagé sur cette voie-là, mais il n'a pas tenu sa promesse. Il s'en est servi comme... À la front des institutions. Comme dans un... Non, non, sur l'écologie. La convention citoyenne. Citoyenne. Finalement, c'est apparu comme un gadget alors qu'il a tué, finalement, peut-être un des outils qui lui auraient permis de se réconcilier avec une partie de la population. Alors, parlons un petit peu de la droite, quand même. On peine à... Ce qui peine à se remettre de la défaite de Valérie Pécresse, les électeurs, les Républicains, convoités au premier tour par Éric Zemmour, mais aussi par Emmanuel Macron, seront un enjeu important du second tour.

Juliette Vallon et Stéphane Lopez se sont rendus à Cannes pour prendre le pouls de cet électorat qui apparaît déboussolé. À Cannes, bastion historique de la droite, la vague à l'air n'a pas eu lieu au premier tour. Elle s'est même brisée nette. À un petit tremblement de terre électorale, très commentée sur le marché ce jour-là, ici, Éric Zemmour a plus que doublé son score national.

47:19
Invité

C'est le meilleur score, hein, des... Combien il a fait Zemmour ? Plus de 17% il a fait Zemmour. Non, ils ont trouvé certainement qu'en votant Zemmour, ils se rapprochaient beaucoup plus de Ciotti que de Pécresse. C'est Ciotti, quoi, qu'ils voulaient à la place de Pécresse. Ils ont fait une erreur, hein.

47:39
Locuteur non identifié

Éric Ciotti, il était droit dans ses bottes. Il ne changeait pas de sujets. Voilà la différence. Donc Valérie Pécresse, elle est allée un peu dans tous les sens.

47:51
Présentateur

Elle est allée trop du côté de Macron ? Un peu, oui.

47:55
Marine Le Pen

Dans les allées du marché, même son de cloche chez beaucoup d'électeurs de droite. La candidate des Républicains a déçu, pas assez radicale,

48:03
Présentateur

sur la sécurité ou l'immigration. Beaucoup ici espéraient une alliance avec l'extrême droite.

48:09
Invité

Le fond des trois droites est le même. mais ils font tous la même chose, c'est-à-dire la sécurité, c'est-à-dire le pouvoir d'achat. Si l'ego de chacun n'était pas aussi important, ils auraient trouvé donc un moyen d'entente et la droite se réunit.

48:23
Présentateur

Des électeurs de droite dispersés au premier tour à Cannes avec Emmanuel Macron en tête et Valérie Pécresse en fin de peloton.

48:34
Marine Le Pen

Elle est restée fidèle aux Républicains. Mais dimanche prochain, Véronique, 54 ans, votera probablement blanc. Encore choquée par l'élimination de Valérie Pécresse, elle en veut particulièrement à un certain Nicolas Sarkozy. Je le vis comme une trahison par rapport au parti des LR et je pense que donner aussi vite son soutien à un autre candidat, surtout qu'on sait qu'Emmanuel Macron a fait exploser le paysage politique français. Aussi bien le parti socialiste que les LR, il a laminé ses partis et je pense que avant de donner son soutien à Emmanuel Macron, il aurait dû penser à sa propre famille politique et j'ai le sentiment qu'il ne l'a pas fait.

Dans les Alpes-Maritimes, la petite cuisine des Républicains a surtout fini par en lasser certains.

49:21
Invité

Un club sandwich, bacon, il y a un poulet thai.

49:24
Présentateur

C'est le cas d'Antoine Regnaud, chef dans un célèbre restaurant de Cannes qui a voté pour Emmanuel Macron dès le premier tour.

49:31
Invité

Son patron,

49:45
Marine Le Pen

également sympathisant les Républicains, c'est lui tourné vers Éric Zemmour. Alors ici,

49:49
Présentateur

on parle politique après le coup de feu.

49:52
Locuteur non identifié

Il y a le deuxième tour alors ? Moi le deuxième tour, je ne suis pas trop d'accord avec le programme excessivement social de Mme Le Pen.

50:03
Présentateur

Donc je vais voter Macron.

50:04
Marine Le Pen

Et il y a un autre élément qui fait pencher la balance.

50:07
Présentateur

Les aides aux restaurateurs pendant la crise du Covid. Il est quand même généreux parce que je veux dire, même pour une personne comme moi, sur un salaire, j'ai perdu que 400 euros. Donc c'est vrai que j'ai pu payer mes factures, j'ai pu faire plein de choses. Non mais nous, si aujourd'hui, on est en vie, c'est grâce à lui. C'est grâce à sa politique. Entre deux, pas sûr que l'harmonie politique ne survive après le second tour. Car la ligne de fracture semble bel et bien s'être installée dans le camp des Républicains. Et à moins de deux mois des législatives, pour le parti, l'avenir paraît bien incertain.

Alors, Pascal Perrineau, je vous voyais réagir à ces passerelles inattendues en passe de Zemmour à Macron.

50:49
Invité

Ah oui, ça c'est formidable. En effet, puis de voir Cannes, en effet, qui met en première position, Cannes qui est une ville de droite tout de même, en première position, le candidat des droites qui est Emmanuel Macron. Et puis surtout, cette passe d'armes entre ces deux restaurateurs où l'un explique qu'après avoir voté Zemmour tout de même, voter Mme Le Pen, ça pose problème parce qu'elle est excessivement sociale. Donc, c'est très intéressant. C'est une droite particulière.

Parce qu'on s'aperçoit, et c'est peut-être d'ailleurs un des aspects assez préoccupants de ce qui va se passer dimanche prochain, que derrière le clivage politique, il y a un clivage social tout de même extrêmement fort. C'est France contre France, comme titrait, je crois, le magazine L'Express. Une France qui va bien, celle des métropoles, des villes avec des cadres, des universités, etc. Puis de l'autre côté, une France qui va beaucoup moins bien, une France populaire, une France d'ouvriers, d'employés, de chômeurs, de gens qui habitent dans des territoires dont ils ont l'impression qu'ils sont laissés à l'abandon.

Et ça, cette fracture sociale, quel que soit le président ou la présidente qui sera élue, ça laisse présager des lendemains difficiles.

52:01
Présentateur

Cécile Cornudet, question téléspectateur. Frédéric dans le Vaucluse. Après le second tour, serait-il possible que le paysage politique français se recompose entre LFI, LREM et le Rassemblement national ? En tout cas, il va y avoir des tentatives de recomposition dans tous les sens. Parce que là, le premier tour, c'est un nouvel acte de l'explosion des partis traditionnels. On avait eu 2017, là, on a eu 2022. Il n'y a plus de PS, il n'y a plus de LR. Et donc, on voit bien qu'Emmanuel Macron, dès le soir du premier tour, a dit, moi, je veux élargir, je veux un nouveau mouvement politique. Il y a Nicolas Sarkozy qui propose de lui apporter une partie de la droite.

Il va aller aussi pêcher un petit peu à gauche. Il veut, pour sa majorité, recomposer autour des fragments de la gauche et surtout de la droite. Parce que la grande surprise, c'est quand même l'État de LR. Sur la droite, on va avoir aussi une tentative d'union des droites. Alors là, elle me paraît plus incertaine. Emmanuel Macron veut en prendre une partie, mais qu'est-ce que fait l'autre partie qui est plus Ciotti, Wauquiez, celle que voulait embarquer Éric Zemmour dans la campagne ? Lui n'est pas en très bonne posture après cette élection. Marine Le Pen, si elle perd, ce sera sa troisième défaite. On voit bien que même si elle est restée forte, son parti a eu pas mal de pertes, etc.

Donc il y aura, et puis il y aura sans doute des personnalités au sein de LR, comme Laurent Wauquiez, comme Éric Ciotti, qui voudront reconstruire une droite à partir des décombres de LR. Et à gauche, c'est un peu la même chose. Et là, Jean-Luc Mélenchon est en train d'être très dur avec l'EPS, les Verts, en leur reprochant beaucoup d'avoir été très critiques dans la campagne. Il demande des excuses. Les négociations pour les législatives s'avèrent très difficiles. Et il y a beaucoup d'experts qui parient sur un énorme groupe de la France insoumise aux élections législatives de juin. Astrid de Hélène, quelle est l'ambiance au siège de LR ?

Et Valérie Pécresse qui en plus, au-delà de la faillite politique, a une faillite personnelle, financière.

54:09
Invité

Oui, bien sûr, puisqu'elle s'était endettée elle-même à hauteur de 5 millions d'euros. Là, ils ont lancé un grand pécreston, comme on l'appelle, un peu sur les réseaux sociaux. Je crois qu'ils ont déjà un million et demi d'euros. Mais c'est vrai que c'est une faillite entre guillemets politique et financière. Mais moi, je ne suis pas très surprise, en fait. Moi, je l'ai souvent dit sur ce plateau, la droite est au pouvoir. Édouard Philippe, Jean Castex, Gérald Darmanin, Bruno Le Maire, enfin, je veux dire, les ténors de ce gouvernement, la politique menée par Emmanuel Macron est une politique qui plaît à l'électorat traditionnel des Républicains.

S'il est plus siotiste, comme on en a vu certains dans votre reportage, pourquoi n'irait-il pas plutôt vers un Éric Zemmour ? Donc moi, Valérie Pécresse, en plus, ce qui m'a beaucoup étonnée dans son parcours, c'est que c'était plutôt quelqu'un de centriste. Souvenez-vous, elle avait quitté les Républicains, justement, sur des désaccords avec Laurent Wauquiez parce qu'elle critiquait la droitisation d'un mouvement. Donc, moi, je crois que c'est aussi ça dont les Français, en fait, ce qu'ils vont sanctionner, en fait, dimanche, c'est ça, c'est les revirements. Et c'est la même chose pour Anne Hidalgo.

Anne Hidalgo qui a dit un jour qu'elle n'irait pas à la présidentielle, le lendemain qu'elle n'irait pas à la primaire, puis qu'elle irait à la primaire. Je crois que ça, c'est à l'image aussi de ce que je vous disais tout à l'heure sur les décennies qu'on vient de vivre. C'est-à-dire qu'en fait, les fausses promesses, les gens n'en peuvent plus. Et donc, Marine Le Pen, Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon, dans une certaine mesure, ils sont tous les trois à peu près nouveaux, entre guillemets, dans le paysage.

Et donc, pour moi, ces parties-là, je trouve que même journalistiquement, on y passe beaucoup de temps parce qu'on a des vieux réflexes, mais qu'en fait, les Français n'attendent plus grand-chose des Républicains. Je ne veux pas être désagréable.

55:37
Présentateur

Alors, encore une petite question sur la République, un Yves Tréard. Est-ce qu'il y a les clés, si tant est que quelqu'un les ait, pour reconstruire ce parti ? Et est-ce qu'il peut se refaire aux législatives ? Ça me paraît. Alors, les législatives, il a un avantage, ce parti, c'est que c'est le premier parti de France. En termes d'élus locaux, il a quasiment toutes les grandes villes, il a toutes les grandes régions, la plupart, tous les départements. Il est majoritaire au Sénat, il faut le rappeler. Il a un groupe de quelques 103 députés à l'Assemblée nationale. C'est quand même, tout ça, alors, à mon avis, les législatives, ils vont perdre, ils vont perdre des sièges. Pourquoi ?

Parce qu'il y a des, nécessairement, des députés qui vont faire campagne avec la majorité présidentielle, dont on ne connaît pas les contours de cette majorité présidentielle, d'ailleurs, parce que ça va être une myriade de partis, là, qui rappellent un peu ce qu'était l'UDF dans le temps, sans doute. Il y en a une partie qui va peut-être aller faire campagne derrière la droite nationaliste. Alors, est-ce que c'est Zemmour, Le Pen ? Je n'en sais rien. Et puis, vous avez au milieu certains qui vont se faire réélire parce qu'il y a une équation personnelle, si vous voulez, dans certains territoires, certaines provinces, où vous êtes élu sur votre nom.

Vous n'êtes pas élu, contrairement, d'ailleurs, aux députés de La République en marche. Ça, c'est la première chose. Après, moi, je pense que la droite, les Républicains en tant que tels, même si, à mon avis, il ferait mieux de changer de nom, les Républicains ont un avenir. Pourquoi ? Au-delà de la législative. Parce qu'en 2027, le président de la République, qui est le président, qui est le représentant de la droite aujourd'hui, ne peut plus se représenter. Et je peux vous dire que derrière lui, je ne suis pas sûr qu'on s'entende bien. Comme disait le général de Gaulle, après moi, il y aura le trop-plein. Eh bien, il y aura le trop-plein.

Et là, vous pouvez trouver un esprit malin et rusé qui reconstruit sur les cendres des Républicains un parti qui ait une identité. Parce que c'est ça le problème des Républicains. Ils n'ont pas d'identité. Et Mme Pécresse n'a pas réussi à donner à sa campagne une identité. C'est le problème. Allez, tout de suite, on revient à vos questions. Alors, question de fil dans le Loiret. Le candidat Macron est-il serein ? On est à six jours du second tour et il y a ce débat, ce duel mercredi soir. Alors, à chaque fois que la semaine dernière on rencontrait des proches d'Emmanuel Macron, on leur posait cette question « Est-ce que vous êtes inquiet ?

» Et à chaque fois, ils disaient « Très, mais pour après ». En gros, ils sont assez sereins, j'ai l'impression, pour l'issue du second tour, mais pour toutes les raisons dont on a parlé, la rupture sociologique, la rupture générationnelle, ils sont très inquiets sur l'après parce qu'on voit bien que le pays va être compliqué à gouverner, que comme il n'y a pas eu de campagne, il n'y a pas eu d'adhésion ni Emmanuel Macron ni même Marine Le Pen n'ont eu de ferveur dans leur campagne, d'enthousiasme. Il y a eu les revirements dont on a parlé. Donc, quelles sont les vraies marges de manœuvre pour vraiment créer ? Il n'y a pas eu de souffle. Donc, ils sont très inquiets sur l'après.

Pascal Perrineau, dimanche, c'est les vacances. On voit qu'Emmanuel Macron est en avance dans les sondages. Est-ce qu'il peut y avoir une démobilisation dans l'électorat qui fait que le Brexit, les sondages, Gabriel Attal le rappelait ce matin, les sondages disaient non, non, la Grande-Bretagne va rester dans l'Union Européenne. Et il y a eu la même chose avec Trump. Les sondages de Hillary Clinton gagnantes.

58:55
Invité

Tout à fait. Il y a un risque d'avoir pensé ce calendrier en mettant le deuxième tour qui est le tour décisif en effet en pleine période de vacances. La pulsion abstentionniste qui est déjà très forte n'avait pas besoin de cela. J'allais dire qu'on pousse les Français dans le sens du poil et dans le sens du retrait par rapport à ce deuxième tour qui pourtant est décisif.

59:18
Présentateur

J'ai par deux fois fait un vote républicain anti-Le Pen. Cette fois, j'hésite avec un vote blanc car Emmanuel Macron m'a déçu. Que faire ? Astrid De Vilaine, je ne le ferai pas une troisième fois. Je ne vais pas donner de consignes de vote à Isabelle. Est-ce que ce ressentiment, on l'entend beaucoup et je l'ai déjà fait deux fois ?

59:38
Invité

Je crois que oui. Après, moi, ce que je trouve très étonnant sur ce vote blanc et c'est pour ça qu'il faudra l'intégrer un jour dans la réflexion collective, c'est qu'on en entend énormément parler avant l'élection et puis ensuite, quand on regarde les chiffres, ce n'est pas grand-chose. Enfin, 500 000 voix, je crois, pour le premier tour. Donc, moi, je crois qu'il faudrait le reconnaître parce que je crois qu'il y a des Français qui ont vraiment sincèrement envie de voter blanc. Ensuite, moi, je la renvoie à une vidéo si je peux faire un peu de promo que j'ai fait sur le HuffPost pour ne pas paniquer et savoir comment voter.

C'est-à-dire le faire en conscience et en essayant de ne pas regarder le regard des autres. Je crois que c'est ça le plus important et de ne pas regretter.

1:00:12
Présentateur

Alors, Isabelle, dans le Loir-et-Cher, pourquoi ne parle-t-on pas de la mise en examen de Marine Le Pen ? Alors, c'est des histoires de l'Europe, l'OLAF qui estime qu'elle doit rendre 140 000 euros et 600 000 ERN qui ont été injustement touchés. Alors, c'est une vieille histoire. Je pense que les électeurs doivent l'avoir en tête, mais c'est assez heureux si vous voulez qu'une campagne électorale, que les affaires judiciaires ne soient pas au milieu de la campagne électorale. Moi, je trouve que... Ce n'est pas plus mal qu'on n'en parle pas plus. Ce n'est pas plus mal qu'on n'en parle pas plus que ça parce que sinon, ça serait vraiment détestable.

Comment les candidats se préparent-ils au débat de mercredi ? Alors, vous avez fait un doc là-dessus. Je crois que la température même est négociée. Là, ils se sont mis d'accord tous les deux sur 19 degrés Celsius. Ah, je ne savais pas. C'est vrai qu'il y avait eu un gros débat entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy notamment sur la température. Donc, Ségolène Royal avait eu 22 de mémoire. Il voulait 18. Mais tout se négocie et tout se prépare, y compris, je repensais à ça, votre entrée sur le plateau.

Il y a Serge Moati qui avait expliqué à François Hollande que l'importance c'était d'arriver un peu sûr de lui et quand on a vu combien Nicolas Sarkozy a été déstabilisé par la suite, peut-être que ça a compté. Donc, c'est des infimes petites choses que chacun prépare dans son coin, se donne des trucs, essaye d'avoir une ou deux formules parce que c'est vrai que dans ces débats, on a retenu quelques formules mais il ne faut pas que ce soit que ça et surtout les points identifiés, les points de faiblesse de l'adversaire pour les mettre en exergue. Donc, les points de faiblesse, on a deux, trois formules sous le coude qu'on essaie sans que ça fasse trop artificiel.

Voilà, et puis, c'est un bras de fer psychologique. Prendre l'ascendant. Voilà, prendre l'ascendant et qu'est-ce qui peut le déstabiliser ? Quel sujet je mets sur la table dont je sais par exemple Marine Le Pen, elle savait que son point faible c'était l'économie en 2017. Au lieu d'attendre Emmanuel Macron là-dessus, elle a choisi d'attaquer sur l'économie. Le problème, c'est qu'elle s'est pris les pieds donc c'était une mauvaise stratégie mais vous voyez, c'est ce type de choses auxquelles ils réfléchissent. On voit dès les premières minutes qui va essayer, qui va dominer le débat. Oui, mais sauf que vous pouvez avoir plusieurs temps dans le débat quand même. Ce n'est pas comme un meeting.

Un meeting dès les deux ou trois premières minutes par exemple, si on reprend le... Valérie Pécresse au hasard, au délit. Tout de suite, on avait vu qu'il y a un truc qui clochait. Dans un débat, vous pouvez avoir des temps forts pour l'un ou pour l'autre. C'est comme un match de football ou un match de rugby. Vous pouvez avoir une première mi-temps qui soit plutôt à l'avantage de l'un et la deuxième mi-temps à l'avantage de l'autre. Donc, simplement, il ne faut pas sombrer. Et c'est vrai que l'énervement de Ségolène Royal en 2007, il avait coûté un peu cher, je crois. Question de Jean-Pierre dans le bar. Marine Le Pen ne sait-elle pas s'aborder avec ses propos concernant Vladimir Poutine ?

Alors d'abord, elle a redit qu'il fallait que l'OTAN se rapproche de la Russie de Vladimir Poutine une fois la guerre terminée. Enfin, de la Russie, pas précisément de Vladimir Poutine. Mais il y a cette histoire de prêts qui est toujours remboursés auprès des garques russes. Qu'elles remboursent encore. Qu'elles remboursent encore. Il y a eu ce voyage avec cette fameuse poignée de vin qu'on montre beaucoup. Est-ce que ça, ça peut compter

1:03:37
Invité

dans le vote ? Bien sûr, bien sûr, ça peut compter parce qu'on sait très bien que le président de la République sera jusqu'à la fin du mois de juillet président de l'Union européenne. donc qu'il joue un rôle fondamental dans l'attitude de l'Europe par rapport à cette agression russe en Ukraine et que, au fond, les Français n'ont pas envie de voir à l'Élysée quelqu'un qui, à tort ou à raison, serait jugé comme trop proche des Russes. Eh bien voilà.

1:04:04
Présentateur

Merci beaucoup d'avoir participé à cette émission. Tout de suite, on file sur le plateau de C'est à vous avec Anne-Élisabeth Lemoyne. Bonsoir, Anne-Élisabeth. On sera au cœur de la campagne, je crois, ce soir.

1:04:13
Invité

Oui, bonsoir, cher Axel. Parce qu'à deux jours du débat face à Marine Le Pen et à six jours du deuxième tour, le candidat Emmanuel Macron qui fera campagne jusqu'au bout avec un dernier meeting vendredi et l'invité de C'est à vous de 19h à 20h30, 1h30 de questions réponses face à toute l'équipe. Émilie, Mohamed, Mathieu, Pierre, Patrick et même Bertrand Chameroy sera là. A tout de suite.

1:04:37
Présentateur

Emmanuel Macron, C'est à vous, C'est à suivre. Et vous restez, on se retrouve demain pour un nouveau C'est dans l'air. Bonne soirée sur France 5.

Macron / Le Pen : la semaine de tous les dangers #cdanslair 18.04.2022 — Marine Le Pen · Pourquijevote