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InterviewRCF — L'Invité de la Matinale (sur Site radio)· 10 février 2022 13 minComplaisantMixteEnvironnement & énergieAgriculture & alimentationÉconomie & entreprisesInstitutions & élections

Alain Rousset, président de la région Nouvelle Aquitaine

Audio original de l'émission.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 20 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:54OuverteRéponse directe

    Est-ce que demain, par exemple, vous serez prêt à accueillir une nouvelle centrale s'il le fallait ?

  • 3:15OuverteRéponse directe

    Dans quelques semaines va se tenir le salon de l'agriculture. On parlait agriculture tout à l'heure.

  • 4:47OuverteRéponse directe

    Alors justement, Alain, vous savez qu'on parle de prendre soin de la terre, les consommateurs ces derniers mois, ces dernières années, notamment avec la pandémie.

  • 5:22OuverteRéponse directe

    Le fait d'aller investir à Limoges sur une école vétérinaire.

  • 9:10OuverteRéponse directe

    Mais au fond, quand on vous écoute ce matin à la Rousset, il y a une logique.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:47Invité politiqueFait
    « un plan de relance du nucléaire civil »
  • 1:16PrésentateurFait
    « Un, sobriété. »
  • 1:31PrésentateurFait
    « Deuxièmement, il faut qu'on développe les énergies renouvelables. »
  • 3:22PrésentateurChiffre
    « Nous sommes la première région agricole d'Europe, notamment en valeur ajoutée »
  • 4:37PrésentateurPromesse
    « engagé dans un programme qu'on appelle Néothera, qui est accompagné par 450 scientifiques, 450, pour sortir des pesticides d'ici 2030 »
  • 6:31PrésentateurChiffre
    « Pourquoi publique ? Parce qu'il y a un projet d'école privée, coût annuel 16 000 euros. »
  • 7:30PrésentateurChiffre
    « on ne forme aujourd'hui que 48% des vétérinaires qui travaillent en France »
  • 9:57PrésentateurFait
    « la France a une gestion coloniale »
  • 12:31PrésentateurFait
    « les centaines de pages qu'on reçoit du ministère de l'Éducation nationale pour savoir comment placer les enfants dans les cantines »

Temps de parole

  • Présentateur84 %
  • Alain Rousset15 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Ce programme est disponible grâce au don de nos auditeurs. Pour diffuser un message d'espérance, rendez-vous sur rcf.fr. Le grand invité, spécial présidentiel en direct de Bordeaux, Simon Marty.

0:24
Alain Rousset

Bonjour Alain Rousset. Bonjour. Merci d'être avec nous ce matin. Vous êtes le président de la région Nouvelle-Aquitaine. Ça fait une semaine qu'on la parcourt, cette territoire, avec nos journalistes pour montrer un petit peu aux Français la réalité très diverse qu'elle a vôtre aujourd'hui. Plus grande région de France. Avant de revenir sur cette région, j'aimerais vous faire réagir à l'actualité chaude, celle d'hier avec le président Macron qui annonce à deux mois de la présidentielle un plan de relance du nucléaire civil. Alors que vous avez une centrale nucléaire pas très loin d'ici, dans la région bordelaise.

Est-ce que demain, par exemple, vous serez prêt à accueillir une nouvelle centrale s'il le fallait ?

0:59
Présentateur

On est au cœur du débat sur l'énergie. On n'en parle peut-être pas assez d'ailleurs. Vous avez vu que RTE a présenté une analyse. Alors, je ne peux qu'être d'accord sur les grandes lignes. Un, sobriété. Philippe Barr évoquait tout à l'heure comment un groupe de bâtiments comme celui-ci à Darwin reconquête de friches, sobriété, requalification des objets. Deuxièmement, il faut qu'on développe les énergies renouvelables. On le voit bien. Même s'il y a des difficultés à faire accepter les éoliennes, notamment, sur Terre. Ce qu'on peut comprendre. Mais même en mer, ce n'est pas toujours beaucoup plus simple quand on regarde les parcelles de la Bézanne-Brieu.

Oui, mais on peut le faire un peu plus. On oublie trop souvent la géothermie. On oublie peut-être un peu trop l'hydroélectricité. Pardon, il est tôt ce matin. Et puis le nucléaire. Je pense qu'un des problèmes sur le nucléaire, c'est qu'on a abandonné pendant trop longtemps la recherche. D'ailleurs, au début de son mandat, Emmanuel Macron avait dit qu'on arrête. Et on sait que quand la recherche s'arrête dans un domaine, et on le verra tout à l'heure, je suppose, sur nos difficultés de réindustrialisation, eh bien, il est beaucoup plus difficile après de remonter la pente. Donc je pense qu'il faut qu'il y ait ce mixte.

Effectivement, est-ce que c'est 40, 50% de nucléaire et le reste d'énergie renouvelable ? On doit se préoccuper, on n'est pas très loin de l'océan ici, de tout ce qui est énergie de la houle. La France a peu d'expérience dans ce domaine-là. On a fait l'usine marémotrice de la Rance, qui rencontre des difficultés, mais qui peut produire beaucoup. Donc je pense qu'on n'a pas exploré toutes les pistes, y compris celles de l'hydrogène.

3:08
Alain Rousset

Et il y a encore d'autres voies à explorer, comme vous nous le dites ce matin, effectivement, à la Rousset. Je rappelle que vous êtes le président de la région Nouvelle-Aquitaine. Dans quelques semaines va se tenir le salon de l'agriculture. On parlait agriculture tout à l'heure. L'agriculture est aussi un secteur fort, ici, de la Nouvelle-Aquitaine.

3:22
Présentateur

Nous sommes la première région agricole d'Europe, notamment en valeur ajoutée, parce qu'on a toujours parié sur les produits de qualité, sur les produits de label. On continue de le faire à l'échelle de la grande région. L'Aquitaine, c'est son réseau autour de grandes coopératives, qui nous permettent d'ailleurs d'engager plus vite la transition agroécologique dont on a besoin. On parlait tout à l'heure de la qualité de l'eau. Il est évident que l'eau qui arrive dans les parcs à huîtres, si elle n'est pas propre, ça pose des problèmes sanitaires, tout simplement.

Donc on est en train de travailler avec le monde agricole à une transition tout aussi importante que la transition des années 50 du siècle dernier, où on a mis de la chimie partout pour faire bondir les rendements. On s'aperçoit que ce n'est pas la solution à l'avenir, qu'il faut de l'assolement, qu'il faut régénérer le sol, qu'il faut utiliser le pesticide. Et nous avons d'ailleurs engagé dans un programme qu'on appelle Néothera, qui est accompagné par 450 scientifiques, 450, pour sortir des pesticides d'ici 2030.

4:47
Alain Rousset

Alors justement, Alain, vous savez qu'on parle de prendre soin de la terre, les consommateurs ces derniers mois, ces dernières années, notamment avec la pandémie. Il y a quand même une certaine accélération de la volonté de bien-être, de consommer local, de prendre soin de sa santé d'une manière générale. Alors je fais un lien un petit peu osé avec la notion de la santé, mais dans votre territoire, du côté de Limoges, vous allez doter ce territoire d'une cinquième école vétérinaire. Alors c'est audacieux, je vous l'accorde la transition.

Mais justement, je parlais tout à l'heure de la diversité de ces territoires et de comment en maintenir l'attractivité d'un bout à l'autre à Bordeaux ou dans la Creuse, par exemple. Le fait d'aller investir à Limoges sur une école vétérinaire.

5:24
Présentateur

Mais Limoges est dans la région, c'est une des capitales de la région. Pourquoi une école vétérinaire ? Et pourquoi notre grand projet qu'on appelle One Health, une santé globale ? D'abord, j'entendais votre collègue de Poitiers dire déprise médicale, mais il y a tout autant de déprise vétérinaire. On ne maintiendra pas l'agriculture, les agriculteurs, l'élevage s'il n'y a pas de vétérinaire. On n'accompagnera pas la transition agroécologique au bien-être animal s'il n'y a pas de vétérinaire. Que vit-on dans cette crise sanitaire du Covid ? Eh bien, une zoonose, c'est-à-dire le problème de la diffusion d'une maladie de l'environnement des animaux vers l'homme.

Nous sommes en train de vivre une crise aviaire liée aux oiseaux migrateurs, d'une certaine manière. Donc il faut impérativement créer une cinquième école publique, publique, vétérinaire. Pourquoi publique ? Et pourquoi une école supplémentaire ? Pourquoi publique ? Parce qu'il y a un projet d'école privée, coût annuel 16 000 euros. Aller me dire quel est le fils de paysan, ou la fille d'un paysan, qui aura envie de s'occuper des animaux de ferme, qui peut payer 16 000 euros par an. Je trouve cela honteux. On y reviendra sûrement. Alors on en voit le scandale qui devrait être pénalisé d'Orpéa.

Les maisons de retraite, qui devraient être d'ailleurs, comme à la Libération, pour les entreprises qui ont collaboré avec les nazis, qui devraient être mis dans la sphère publique sans aucune indemnisation. Personne ne dit ça.

7:16
Alain Rousset

C'est quelque chose que vous avez soufflé justement à Anne Hidalgo, vu que vous êtes dans son équipe de campagne.

7:20
Présentateur

Alors attendez, je termine sur... Je reviens au vétérinaire, parce que sinon on va perdre nos auditeurs. Pourquoi ensuite cette école ? Tout simplement parce qu'on ne forme aujourd'hui que 48% des vétérinaires qui travaillent en France. Santé animale, on ne forme que 48%. Les autres sont formés en Roumanie, en Belgique, en Espagne, etc. Et donc on a une déprise vétérinaire qui est en train de se passer. En plus, où vont les jeunes qui sortent des écoles vétérinaires de Toulouse, de Rennes, de Lyon, de Maison-Alfort ? En ville. On va s'occuper d'abord du chien, du chat, des animaux domestiques. Regardez cette émission de télé qui parle d'être vétérinaire dans un zoo.

Moi, je veux des vétérinaires qui aillent travailler en campagne pour s'occuper de veaux, vaches, cochons, etc. Pourquoi à Limoges ? C'est une des plus grandes régions d'élevage, parce qu'il y a un centre autour d'une race de bovins. Donc on est dans quelque chose d'important. Et deuxièmement, parce qu'on est en train de développer avec l'université de Limoges, avec le CHU de Limoges, une unité qui va rapprocher santé humaine, santé animale, santé végétale, santé environnementale, one health, une seule santé. Et c'est quelque chose... On travaille avec Gilles Boeuf, on travaille avec le président de Séva Santé Animal, Marc Prykiewski.

On travaille avec Martin Malvi, qui est un des scientifiques épidémiologistes les plus notoires en France. Et c'est palpitant de s'occuper de ça.

9:10
Alain Rousset

Mais au fond, quand on vous écoute ce matin à la Rousset, il y a une logique. On a envie de se dire, mais oui, ça coule de source. Comment ça se fait qu'à un moment ou à un autre, on ait perdu le cap que notre boussole se sent un petit peu déréglée ?

9:21
Présentateur

Écoutez, il faut demander à l'État. C'est pour ça que je ne me retrouve pas dans cette campagne présidentielle. J'ai pourtant croisé Emmanuel Macron il y a quelque temps. Vous savez, le centralisme, c'est un boulet au pied de la France. Michel Rocard l'avait dénoncé il y a... en 1966. Il avait écrit un article lumineux. Il était inspecteur des finances, donc il devait avoir un pseudonyme. Ce pseudonyme, c'était Cerveille. Il avait écrit un ouvrage qui s'appelle Décoloniser la province. Décoloniser. Parce que la France a une gestion coloniale.

Nous sommes, nous, quel que soit le discours que mes collègues, moi, pouvons porter, on n'est pas considérés comme des gens suffisamment compétents, adultes et responsables. Et un pays qui décide, au niveau national, plutôt que de faire des écoles vétérinaires, de former plus de médecins, de faire un effort de refaire, de s'occuper de la santé, disperse.

10:32
Alain Rousset

Là, aujourd'hui, quand on voit la fragmentation, arriver à pousser tout cela,

10:40
Présentateur

et viser, et qui a du mal à être président d'une région... Et en plus, je veux dire, j'ai eu la... Gilles Boeuf, et dans les équipes de la région, il a bien voulu, un personnage éminent, il a bien voulu... de Séva Santé à Nîmes, sur les trois dernières pages. Mais expliquer qu'un État centralisé surproduit de la norme... Regarder les centaines de pages qu'on reçoit du ministère de l'Éducation nationale pour savoir comment placer les enfants dans les cantines. Est-ce que le directeur d'une école, la directrice, est-ce que le proviseur d'un lycée, est-ce que mon directeur des services d'éducation n'est pas capable... Enfin, on...

Et donc, par définition, pour garder le pouvoir, un État centralisé de faire de la norme tous les jours.

12:52
Alain Rousset

Merci beaucoup Alain Rousset. Maître, l'intelligence des régions au service du pays, c'est ce qu'on retiendra ce matin. Merci d'avoir été avec nous ce matin. Je rappelle que vous êtes... Plaisir. Le président de la région Nouvelle-Aquitaine.