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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 30 mai 2017 9 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsEurope & internationalSécuritéÉconomie & entreprises

François Baroin : "Faire barrage au FN en tout temps, en tous lieux, en toutes circonstances"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 55 %Attaque 30 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    Ce que la France dit aux Russes, ce qu'Emmanuel Macron a dit hier à Vladimir Poutine, est-ce que ça vous convient ?

  • 0:19FerméeRéponse directe

    Vous militez pour une levée des sanctions ?

  • 0:38OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous auriez pu dénoncer, comme l'a fait Emmanuel Macron, les organes de propagande que sont Russia Today et Spoutnik ?

  • 1:06FerméeRéponse partielle

    Il a sa place chez les Républicains, Nicolas Duyck ?

  • 1:49OuverteRéponse directe

    La campagne législative avec une prise de position importante, on en a parlé dans les journaux, là où le Front National menace de l'emporter, vous prenez le désistement en faveur du candidat le mieux placé, c'est bien ça ?

  • 2:50FerméeRéponse directe

    C'est le Chiracien qui parle, là ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:12Invité politiqueFait
    « L'impact de l'embargo est quand même très sévère sur les denrées alimentaires et les productions à l'école européenne. »
  • 0:24Invité politiqueFait
    « Je pense qu'il y a un chemin diplomatique et je pense que comme tout le monde désormais établit le consensus selon lequel la Russie doit être un partenaire pour éradiquer Daesh à terme. »
  • 2:12Invité politiquePromesse
    « Cette position, elle vise tout simplement à faire barrage au Front National, en tout temps, tout lieu, toutes circonstances. »
  • 2:24Invité politiquePromesse
    « nous avons appelé, sans aucun état d'âme, à voter pour Emmanuel Macron pour faire barrage au Front National. »
  • 2:35Invité politiqueFait
    « qui a été incapable de défendre son projet de sortie de l'euro, qui est une folie. »
  • 3:53Invité politiqueFait
    « D'abord, parce que le projet, nous le combattons. »
  • 6:09Invité politiqueFait
    « La campagne présidentielle a été pour moi, pour nous, une campagne de l'ambiguïté. »
  • 6:50Invité politiquePromesse
    « le projet qui a été modifié et que nous portons est un projet susceptible de rassembler les Français. »
  • 7:43Invité politiqueFait
    « Une France fracturée comme jamais avec 4 blocs d'égale intensité. »
  • 7:57Invité politiquePromesse
    « Nous ne voulons pas d'augmentation des impôts. »
  • 8:00Invité politiqueFait
    « Nous avons retiré l'affaire de la TVA ce qui permet de marquer une première différence avec En Marche qui propose une augmentation de la CSG de manière spectaculaire. »
  • 8:32Invité politiquePromesse
    « Nous voulons rétablir l'universalité des allocations et nous voulons rétablir le quotient. »

Temps de parole

  • François Baroin76 %
  • Présentateur24 %

5,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonjour François Baroin. Ce que la France dit aux Russes, ce qu'Emmanuel Macron a dit hier à Vladimir Poutine, est-ce que ça vous convient ?

0:06
François Baroin

Oui, ça va dans la bonne direction. Je pense qu'il faudra peut-être définir un calendrier sur ce qui était évoqué à l'instant, c'est-à-dire les relations concernant l'Ukraine. L'impact de l'embargo est quand même très sévère sur les denrées alimentaires et les productions à l'école européenne.

0:19
Présentateur

Vous militez pour une levée des sanctions ?

0:21
François Baroin

Je suis favorable en tout cas à ouvrir le jeu des discussions. Je pense qu'il y a un chemin diplomatique et je pense que comme tout le monde désormais établit le consensus selon lequel la Russie doit être un partenaire pour éradiquer Daesh à terme, il doit y avoir un chemin diplomatique, un sentier en quelque sorte dans les semaines et les mois à venir sur cette problématique-là.

0:38
Présentateur

Est-ce que vous auriez pu dénoncer, comme l'a fait Emmanuel Macron, les organes de propagande que sont Russia Today et Spoutnik ?

0:45
François Baroin

Oui, sûrement. Oui, ça fait partie des discussions de haut niveau. On a vu par le passé, sous l'autorité du président Sarkozy, avec le Premier ministre François Fillon, des relations très franches. D'ailleurs, Vladimir Poutine, c'est quelqu'un de direct. Quand vous l'avez en face à face, il est aussi direct que vous l'êtes. Donc, c'est plutôt bien.

1:01
Présentateur

Je vous dis ça aussi parce que certains de vos amis sont des familiers de ces organes. Par exemple, votre voisin du département de l'Aube, Nicolas Duyck, homophobe et défenseur de Bachar el-Assad. Il a sa place chez les Républicains, Nicolas Duyck ?

1:15
François Baroin

Écoutez, il a des positions singulières, mais c'est une... Oui, oui, bien sûr, je ne les partage pas toutes, mais d'ailleurs, je ne partage pas toutes les positions des uns et des autres et que les autres ne partagent pas toutes les miennes non plus. Mais c'est une famille politique où, comme par le passé, on allait de Charpalsko à Édouard Balladur. Aujourd'hui, vous pouvez aller d'un axe à l'autre sans pour autant être dans une situation d'être montré du doigt.

1:39
Présentateur

Ça, c'est un peu restreint quand même, ces dernières semaines.

1:42
François Baroin

Oui, c'est vrai, mais voilà, vous n'empêchez pas, les parlementaires, tout le mandat impératif est nul, chacun est libre, on est dans un pays libre, chacun dit ce qu'il veut.

1:49
Présentateur

Alors, la campagne législative avec une prise de position importante, on en a parlé dans les journaux, là où le Front National menace de l'emporter, vous prenez, François Baroin, le désistement en faveur du candidat le mieux placé, qu'il soit en marche ou socialiste, c'est bien ça ? C'est la fin du nini ?

2:04
François Baroin

Écoutez, on a tenu dès le lendemain des résultats du premier tour de l'élection présidentielle, un bureau politique, et on a adopté une position. Cette position, elle vise tout simplement à faire barrage au Front National, en tout temps, tout lieu, toutes circonstances, et en rappelant que l'abstention n'est pas un choix. D'autres sont allés plus loin, Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, François Fillon, moi-même, nous avons appelé, sans aucun état d'âme, à voter pour Emmanuel Macron pour faire barrage au Front National.

L'entre-deux-tours a montré Marine Le Pen qui s'est noyée dans le débat, qui a confondu vulgaire et populaire, comme toujours, qui a été incapable de défendre son projet de sortie de l'euro, qui est une folie. Et je combats pour ma part le Front National, les extrêmes et les gaullistes ont toujours été les adversaires historiques de l'extrême droite, du Front National, versus père, versus fille. Aujourd'hui, le Front National...

2:50
Présentateur

C'est le Chiracien qui parle, là ?

2:52
François Baroin

Oui, mais je ne me suis jamais éloigné des raisons pour lesquelles je suis rentré en politique. Voilà, oui, j'ai grandi dans une filiation gaulliste, un atavisme familial, et puis dans une filiation chiracienne qui a été le rempart le plus absolu. Et j'ai toujours été partisan d'un barrage. Si vous mettez une pièce de la taille d'un euro dans le barrage, sous la pression, vous avez des difficultés. Donc, il faut rétablir ce barrage. Et la position, qui est une position personnelle, qui n'est pas celle du bureau politique, qui se réunira au soir du premier tour des législatives, c'est qu'effectivement, là où ce cas de figure se présentera, mais il sera très limité.

La participation ne sera pas la même. Je pense qu'il y aura assez peu de triangulaires. Et ce cas de figure, en réalité, sera assez marginal à traiter. Mais nous attendons la réciproque. Et je suis surpris de la réaction de M. Delvoye, dès hier, sur cette problématique.

3:34
Présentateur

La réciproque ?

3:36
François Baroin

Jean-Paul Delvoye, oui, il était à notre micro. Dans le cas de figure, où vous avez, dans des circonscriptions, le risque que la présence d'un candidat en marche, d'un candidat socialiste, d'ailleurs, fasse élire un député Front National de plus. Et nous en voulons le moins possible. Et pourquoi nous en voulons le moins possible ? D'abord, parce que le projet, nous le combattons. Mais ensuite, moi, je ne veux pas que le débat démocratique des cinq années qui viennent se résume entre un parti unique en marche et le Front National.

4:00
Présentateur

Vous n'avez pas compris que le désistement serait réciproque ?

4:03
François Baroin

Je n'ai pas compris ça, en tout cas. Peut-être que vous, vous l'avez interprété comme ça, mais je ne l'ai pas compris comme tel.

4:07
Présentateur

Non, je n'en ai pas gardé le souvenir précis. On va réécouter. Mais on va réécouter cela. Moi, j'avais cru comprendre que ça allait de soi. Donc, c'est la position...

4:16
François Baroin

Moi aussi, mais je trouvais que c'était plus confus, un peu plus flou. Enfin, quand il y a un flou, comme disait Martine Aubry, il y a un loup, on demandera des précisions.

4:22
Présentateur

Donc, c'est la position de François Barouin et pas celle des Républicains. Vous en avez parlé d'ores et déjà avec Laurent Wauquiez, par exemple ?

4:29
François Baroin

On en a parlé, mais on n'a pas retenu de bureau politique. Le bureau politique s'est réuni, en tout cas, lui, au lendemain de la présidentielle. Vous connaissez la position. Faire barrage au Front National et sans aucun état d'âme.

4:39
Présentateur

Sans aucun état d'âme, donc. Mais il risque d'y avoir des mêmes types de divergences que dans l'entre-deux-tours de la présidentielle.

4:46
François Baroin

Je pense que ce sera marginal. Honnêtement, la participation, comme je le disais, pour se qualifier au second tour, avec 12,5 des inscrits, il faut taper 20, 21, 22. Donc, en réalité, à mon avis, on aura des cas de figure assez limités à traiter. Est-ce que vous faites campagne ? Et il y a des cas où vous aurez des situations où la présence d'un candidat peut empêcher l'élection d'un député Front National. Et vous avez des cas où le retrait est une nécessité. Ça s'était fait au moment des régionales. Et c'était plutôt la gauche qui avait été dans cette situation. Vous vous souvenez ? La gauche avait retiré ses listes dans le Nord. Elle avait retiré ses listes dans le Sud.

En revanche, le PS avait maintenu sa liste dans le Grand Est. Et ça avait été plus compliqué.

5:22
Présentateur

Alors, il y a un mot-clé dans vos rangs ces temps-ci, François Barouin. C'est le mot constructif. Donc, démarche constructive, état d'esprit constructif, opposition constructive, est-ce que vous vous placez dans l'idée encore de pouvoir gouverner, éventuellement d'accéder à Matignon en ayant une majorité à l'Assemblée nationale ? Ou est-ce que vous résolvez à l'idée d'être soit une force d'appoint, soit d'être un aiguillon, mais dans un état d'esprit constructif ? Je vais terminer. Vous prenez ma question.

5:54
François Baroin

J'ai bien compris votre question. Je ne me bats pas pour l'opposition. Je ne me bats pas pour avoir une majorité pour la France avec nos candidats. Ils sont à 60% renouvelés. Ils incarnent une génération qui se lève, qui demande un espoir. Et le monopole du renouvellement n'est pas du côté d'En Marche. La campagne présidentielle a été pour moi, pour nous, une campagne de l'ambiguïté. Elle a été dominée avant le premier tour par les affaires Fillon. Elle a été dominée avant le second tour par le rejet de Le Pen. Cette campagne doit être la clarté, les grands choix.

C'est ça qui est difficile à comprendre pour les Français puisqu'ils ont eu huit mois de débat intense et ils ont l'impression et c'est très clair. Le chef de l'État a des responsabilités constitutionnelles et l'article 20 dit bien que c'est le gouvernement qui dirige et qui conduit la politique de la nation. Et ce choix-là, il sera effectué par les Français eux-mêmes. Donc parler de recomposition, parler de positionnement, d'opposition ou autre n'a aucun sens avant le choix des Français. Je pense que la majorité est possible. Est-ce qu'elle est absolue ? Est-ce qu'elle est relative ? Dans quelque proportion ? Sous quelle forme ?

Mais le choix que nous proposons, le projet qui a été modifié et que nous portons est un projet susceptible de rassembler les Français. et quand je dis constructif, c'est que nous respectons les institutions. Emmanuel Macron est élu, il est là pour 5 ans, sa tâche est immense et nous souhaitons le succès de la France. Et que je n'utilise pas non plus le terme cohabitation parce que ça ramène à un passé où les présidents sortants ont été battus, où les présidents en place ont été battus. C'était le cas de Mitterrand ou ça a été le cas de Chirac au moment des cohabitations. C'est quelque chose de tout à fait nouveau.

Et donc c'est quelque chose qui doit se vivre dans l'apaisement et pas la confrontation mais dans la mise en lumière des divergences profondes qui existent entre En Marche, les Républicains et UDI.

7:29
Présentateur

Projet modifié, avez-vous dit François Baroin ? Sur quelle base ? Ce n'est pas le projet présidentiel de François Fillon ? Ce n'est pas non plus celui de Nicolas Sarkozy ? Pas tout à fait ? Pas celui d'Alain Juppé ? C'est une synthèse des trois ?

7:39
François Baroin

Ce sont deux choses. D'abord, d'avoir entendu le message des Français du premier tour. Une France fracturée comme jamais avec 4 blocs d'égale intensité. Près d'un Français sur deux si on additionne Poutou, Arthaud, Dupont-Aignan, Le Pen qui étaient prêts à choisir entre le chaos et l'anarchie au second tour et une synthèse de nos débats aux primaires qui n'avaient pas été faites. Donc nous ne voulons pas d'augmentation des impôts. Nous avons retiré l'affaire de la TVA ce qui permet de marquer une première différence avec En Marche qui propose une augmentation de la CSG de manière spectaculaire qui impactera les retraités, les fonctionnaires, les professionnels libéraux.

8:09
Présentateur

Moins la baisse des cotisations chômage et maladies.

8:12
François Baroin

Oui, mais enfin vous allez expliquer à un retraité qui ne paye pas contre un fonctionnaire. Ça dépend. D'abord, ce n'est pas tout à fait dans les mêmes proportions mais on va rentrer dans le détail et vous allez faire fuir vos auditeurs. Deuxième élément sur la politique familiale. Nous avons des divergences. Nous voulons rétablir l'universalité des allocations et nous voulons rétablir le quotient. Nous avons des divergences sur la méthode concernant la sécurité. Nous avons des divergences profondes sur l'évolution du communautarisme. Nous avons des divergences profondes avec En Marche. Bref, si nous avions été En Marche, nous aurions soutenu Macron. Nous avons un autre projet.

Nous avons soutenu un autre candidat. Nous avons nos convictions. Nous nous battons pour faire valoir ce projet qui est à mon avis le mieux à même de soutenir le pouvoir d'achat et en même temps de baisser la fiscalité des prélèvements obligatoires.

8:58
Présentateur

François Baroin, vous restez avec nous. Vous répondrez aux auditeurs de France Inter dans quelques minutes après la revue de presse dans un instant.

François Baroin : "Faire barrage au FN en tout temps, en tous lieux, en toutes circonstances" — François Baroin · Pourquijevote