Que faire des personnes fichées S, sécurité des établissements scolaires... Le "8h30 franceinfo" de David Lisnard
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Bonjour David Bissnard, avec la situation humanitaire catastrophique à Gaza et ce bombardement sur un hôpital qui a fait plus de 200 morts hier soir, mais dont Israël et le Hamas se rejettent la responsabilité, est-ce que votre soutien reste toujours inconditionnel au gouvernement israélien ?
Je ne crois pas avoir utilisé ce terme, mais la question n'est pas là. Israël a été victime de programmes, d'attentats, de groupes islamistes dont la matrice est raciste, antisémite et néo-nazi. Et donc la réaction, elle était forcément celle-là. Et le Hamas le savait très bien. C'est-à-dire que le Hamas a une responsabilité extrêmement puissante dans ce drame qui est en train de se passer, y compris sur cet hôpital. Et la difficulté, c'est que la solution diplomatique, celle qu'il faut appeler de ses voeux, elle s'éloigne de jour en jour.
Donc de permettre à Israël de se protéger de façon existentielle face à un groupuscule, enfin plus qu'un groupuscule, maintenant un groupe armé, qui occupe Gaza depuis 2007. De Gaza, Israël s'est retiré de Gaza depuis 2005 et dont la finalité est d'exterminer non seulement Israël, mais le peuple juif. Donc évidemment, la réaction d'Israël, elle est forte.
David Lissnard, la responsabilité du Hamas, est-ce qu'elle exonère Israël de ses propres responsabilités dans la riposte ?
Mais on n'est jamais exonéré de ses propres responsabilités. Le fait de poser cette question au moment où il a plus de 200 morts, d'après les sources, sur un hôpital, laisserait supposer que la responsabilité de ses morts incombe à Israël. Or, on parle aussi de la situation catastrophique et humanitaire, le reste, je crois que vous ne pouvez pas, me semble-t-il, mettre sur le même plan une différence de nature entre les exterminations de civils, de vieillards, de familles, de jeunes qui faisaient une rêve partie et de bébés décapités pour exterminer un peuple et une réaction militaire. Mais l'histoire et la guerre, c'est tragique.
Dans les deux cas, ce sont des civils morts.
Oui, il y a des civils morts aussi. Mais vous comprenez bien la difficulté de comprendre votre réaction, c'est qu'il y a des gens qui disent voilà, on ne peut pas faire la différence entre un mort civil israélien et un mort civil palestinien.
Moi, j'ai du mal à comprendre cette réaction-là, parce que c'est comme si on mettait sur le même plan Ouradour-sur-Glade et les bombardements de Berlin, quoi. Vous avez aujourd'hui, et je trouve qu'il y a bien beaucoup de précautions, moi je ne suis pas un exalté, je ne suis pas partie prenante, mais vous avez quand même aujourd'hui une force armée islamiste de tendance néo-nazis. Le terme est une réalité. Et puis, il y a donc la situation humanitaire qui nécessite effectivement de préserver au maximum enfin, on ne peut être que bouleversé par les drames humains, évidemment, comme toute guerre. L'histoire est tragique.
Et puis, il y a aussi, à un moment donné, de dire où sont les intérêts de la France. Est-ce que, pardonnez-moi de le dire de façon aussi clinique, mais est-ce que Israël menace la France nullement, jamais ? En revanche, l'international islamiste, elle décapite des professeurs, elle essaie d'imposer sa loi qui est complètement obscurantiste, qui veut nous amener à une soumission, notamment une soumission de la femme, bref, qui met à mal des siècles de progrès dans nos civilisations.
Mais cette peur-là, elle justifie la mort de plus de 2800 civils palestiniens.
Mais votre question n'est pas neutre. Rien ne justifie sauf qu'à un moment donné...
Mais j'essaie de comprendre votre raisonnement, parce que dans les deux côtés, il y a des morts civils.
Je pense que les personnes qui m'ont écouté auront compris le raisonnement. Et je vous le répète, il y a des morts qui ne sont pas de même nature. C'est comme ça. Quelle que soit la responsabilité, y compris dans le contexte géopolitique, et y compris sur le fait que Hamas gouverne Gaza, et qu'il y a eu une stratégie d'Israël avec le Hamas qui s'est retourné contre Israël. Mais il n'empêche que, vous avez un groupe terroriste qui aujourd'hui est en train d'asseoir sa domination sur le peuple palestinien. Et nous devons clairement dire que les palestiniens ne peuvent pas être assimilés à tout le Hamas. Autrement, on accepte cette logique de polarisation infernale.
Mais il faut être très clair dans le soutien à Israël, qui a été victime d'une agression innommable, barbare, et qui est peut-être le pire de ce qu'on a vu dans l'histoire.
David Lissner, la députée de la France Insoumise, Daniel Obono, a qualifié hier le Hamas de mouvement de résistance. Gérald Darmanin décide dans la foulée de saisir le procureur de la République pour apologie du terrorisme. Est-ce qu'il a raison ?
On verra s'il a raison juridiquement, parce que ce qu'elle dit est énorme et insupportable. Quelle offense à tous les résistants de tous les conflits, y compris à ceux qui portent une voix palestinienne différente du terrorisme. quelle énormité, mais qui finalement s'inscrit dans la continuité méthodique, volontaire de tout ce que l'on entend autour de Jean-Luc Mélenchon. Ce n'est pas une erreur de langage. Ça fait dix jours que ces personnes sont incapables de dire que c'est du terrorisme, y compris quand il y a des attentats au nom de ce journée mondiale du djihad qui est appelé par le Hamas en France. Donc ce qu'elle a fait, c'est innommable. En plus, est-ce que c'est une apologie ?
Les juges le diront, mais j'allais dire, ce n'est pas sur le terrain judiciaire que ça doit se placer. C'est évidemment sur le terrain politique, éthique, moral que l'on doit combattre ce révisionnisme extrêmement lourd qui fait que l'extrême gauche est en train de fourvoyer toute la gauche.
Les insoumis, David Lissnard, qui alerte aussi sur le fait qu'une quinzaine de leurs parlementaires sont menacés de mort depuis le début du conflit au Proche-Orient. C'est Mathilde Panot, la présidente du groupe ELEFI, qui en appelle aujourd'hui aux autorités. Est-ce que vous leur apportez votre soutien ?
Mais quiconque est menacé de mort pour ses opinions doit être soutenu. Mais vous comprenez bien que c'est comme la discussion que nous avions tout à l'heure sur la situation à Gaza. C'est-à-dire qu'il y a une volonté de créer une équivalence victimaire. Non, je suis navré, mais je ne m'apitoierai pas sur les responsables de l'extrême gauche qui tombent hors du champ républicain, qui soutiennent des activités terroristes. Mais en revanche, comme je suis un républicain moi-même et pour l'état de droit et la démocratie, évidemment, ils doivent être protégés s'ils sont menacés de mort. C'est inacceptable.
Il y a quatre groupes du Sénat, LR, les centristes Horizon Renaissance, qui ont proposé une résolution pour condamner le Hamas, les crimes terroristes, demander le contrôle des aides financières au territoire palestinien. On en parlait ce matin sur France Info. Le gouvernement a préféré ne pas inscrire le vote de cette résolution à l'ordre du jour. Le débat devait avoir lieu ce mercredi. Le gouvernement, ou en tout cas ses conseillers, qui invoquent le contexte inflammable, le fait qu'il ne faut pas brouiller la diplomatie française. Est-ce que vous le comprenez ?
Non. Non, parce qu'il me semblait qu'il était clair qu'y compris le gouvernement de la France et le président de la République condamnaient le Hamas comme organisation terroriste. Il me paraissait clair que l'aide européenne devait être réellement humanitaire et non pas se joindre à des fonds d'autres états islamiques, dont le Qatar, pour financer le Hamas.
Il y a la question des otages aussi qui est mise en avant par le gouvernement.
On est en pleine négociation. Après, la volonté d'éviter tout embrasement, elle est très légitime. Mais objectivement, pensez-vous que c'est une initiative parlementaire française, qui me semble pertinente sur le fond, qui modifierait la perception des belligérants dans la région ? Enfin, tout ça me paraît un petit peu décalé avec la réalité.
David Lissner, vous êtes l'invité du 8.30 France Info. On vous retrouve dans un instant, juste après le fil Info, 8h40, Maureen Suigneur.
Les versions s'opposent toujours ce matin. Que s'est-il passé à Gaza hier ? Un hôpital touché par une frappe. Le Hamas accuse Israël, qui à son tour accuse le groupe terroriste du djihad islamique. Des centaines de morts au total. Cette frappe agit comme une déflagration dans le monde musulman. Des manifestations dans les territoires palestiniens hier, en Turquie, en Iran, en Irak ou encore au Liban. Cette frappe rend le déplacement du président américain encore plus sensible. Le président américain arrive aujourd'hui en Israël, mais son étape en Jordanie pour une rencontre avec le président de l'autorité palestinienne et le président égyptien n'aura pas lieu.
Le groupe terroriste État islamique revendique l'attentat de Bruxelles. Il y a deux jours, deux supporters suédois tués. L'assaillant a été abattu. La justice belge estime qu'il ne faisait pas partie d'un réseau terroriste plus large. Une cérémonie d'hommage se déroule aujourd'hui dans la capitale belge. Elles peuvent décrocher leurs billets pour la Ligue des champions. Match barrage retour pour les footballeuses du Paris FC face à Wolfsburg ce soir. Le PSG est aussi face à Manchester United. Hier, l'équipe de France masculine s'est imposée 4 buts à 1 en match amical face à l'Ecosse, deux buts de Benjamin Pavard.
France Info
Le 8.30 France Info Jérôme Chapuis, Salia Brachia
Toujours avec le président de l'Association des maires de France David Lissnard. Hier, le ministre de l'Education nationale, Gabriel Attal a annoncé que 179 élèves avaient perturbé la minute de silence en hommage à Dominique Bernard, le professeur assassiné à Arras. Pour chacun des cas, une saisine auprès de la justice a été effectuée. 179 procédures disciplinaires ont également été déclenchées. Certains élèves ont même été exclus de leur établissement en attendant les sanctions. Est-ce que vous dites c'est trop ou alors vous validez cette fermeté ?
Non, je dis que ce n'est pas assez. Mais pas du tout pour mettre des nuances sur ce qu'a fait le ministre. Il a bien fait, il a pris une bonne décision parce qu'à un moment donné, ça suffit et il y en a assez des niaiseries, des mièvreries. Pouvoir provoquer une minute de silence, il ne faut pas qu'on banalise des faits pour un professeur qui a été assassiné parce qu'il est professeur et qu'il enseigne les lumières et les bienfaits d'une civilisation qui, lorsqu'on la compare, est plutôt pas mal. Ce n'est pas assez, donc il faut faire quoi ? Non, mais donc il faut à un moment donné dire stop, il faut qu'il y ait des mesures immédiates.
J'appelle votre attention aussi sur les alertes à la bombe. Vous avez vu ces alertes à la bombe se multiplier, y compris dans le lycée Gambetta d'Arras. Il y a quand même des gens en France aujourd'hui qui vont jusqu'à narguer la France au moment où on rend hommage à un enseignant tué par un terroriste islamiste. Donc il ne faut surtout pas banaliser ces faits. Mais où je dis qu'il faut aller plus loin, c'est que tout cela ne serait que détournement d'opinion si on n'allait pas plus loin, c'est-à-dire dans la maîtrise des flux migratoires, dans un redressement de l'instruction publique, de l'éducation nationale, qu'on refasse de l'enseignement les voies de l'émancipation individuelle.
Et on doit mener un combat judiciaire, un combat policier face à l'islamisme, mais aussi un combat culturel, moral. C'est extrêmement important. Juste avant de parler de tout ça,
quand même, il y a la question de la sécurité des établissements scolaires en ce moment, parce qu'il y a une menace. Laurent Wauquiez, par exemple, président de la LR de la région Auvergne-Rhône-Alpes, veut exploiter la reconnaissance faciale aux abords des établissements scolaires pour détecter les individus qui seraient suivis pour radicalisation et qui s'approcheraient d'un établissement. Est-ce que vous le suivez là-dessus ?
Il y a plusieurs choses. Évidemment, dans l'immédiat et dans l'émotion, on a toujours tendance à prendre des mesures de protection. Et moi-même, à partir de 2015, j'ai lancé un grand plan de protection des écoles avec des boutons alarmes. Il y a plus de 200 boutons alarmes dans les écoles. On a rehaussé les clôtures, on a mis de la vidéosurveillance, etc. Mais on sait très bien, au fond de nous, que c'est efficace parce que ça peut ralentir un acte de malveillance et ça peut permettre, s'il y a des exercices d'évacuation, de protection, d'éviter des victimes. Mais que le problème, il est bien plus majeur, c'est d'aller éradiquer cette idéologie totalitaire et élimatrière.
Ensuite, sur la question de la reconnaissance faciale, on a des nouvelles technologies. Il y a un grand débat depuis une dizaine d'années sur la reconnaissance faciale. Je crois qu'elle peut être utilisée avec des précautions. Ça doit être toujours sous le contrôle du juge. Moi, on a un réseau de vidéosurveillance à Cannes. On a une caméra pour 80 habitants, donc c'est le plus dense de France. Mais il est évident que ça peut être protecteur, mais ça ne doit pas non plus porter atteinte aux libertés. Mais enfin, identifier un radicalisé dangereux près d'un établissement, ça me paraît du bon sens et il est temps de faire preuve de bon sens.
David Lissnard, le maire LR de Montélimar réclame que les maires puissent avoir accès aux fichiers S dans leur commune. Mais ce n'est pas déjà le cas avec la circulaire du 13 novembre 2018 qui vise à mieux informer les maires sur les cas de radicalisation ?
Non, ce n'est pas le cas, comme beaucoup de choses qui sont annoncées. C'est-à-dire que cette circulaire, c'est à discrétion de l'État d'informer ou pas le maire.
Mais très concrètement, vous êtes maire de Cannes, vous avez besoin de connaître les fichiers S qui sont sur votre commune. Vous faites comment ? On ne les connaît pas.
On demande au préfet et ça dépend du préfet qui vous en indiquera quelques-uns, malgré toutes les réunions que l'on fait. Et je vais vous dire quelque chose aussi.
Juste parce qu'il faut le signifier, il y a des informations importantes pour le renseignement intérieur dans les fichiers S. Et donc, ça peut freiner les enquêtes.
Oui, mais vous disiez qu'on y avait accès tout à l'heure. Je vous dis qu'on n'y a pas accès. Oui, mais j'ai l'accueillement du gouvernement pour ça. Ensuite, l'État, de toute façon, a beaucoup de mal à faire confiance aux maires et aux citoyens en particulier. C'est un des gros problèmes qui animent nos débats régulièrement. Mais moi, connaître les fichiers S, si je ne peux rien faire, ça ne m'intéresse pas non plus. C'est-à-dire que, je l'ai déjà dit, on a des débats aussi au sein des maires.
Et en ce qui me concerne, si on me dit, voilà, tel et tel est fichier S, il est potentiellement dans le jeu, mais vous ne pouvez pas lui refuser un logement social parce que ça porterait atteinte à l'enquête, mais vous êtes obligés de lui assigner une aide ou une aide sociale, etc. Mais c'est pire que tout. Donc, la doctrine, il faut qu'elle soit clarifiée en la matière. Mais savoir qu'il y a des fichiers S sans pouvoir rien faire serait peut-être pire que tout.
Emmanuel Macron a demandé au préfet de passer au peigne fin les fichiers pour radicalisation islamiste expulsables. J'ai été très surpris de ça.
Pourquoi ? Je vais vous dire pourquoi. Parce que j'étais convaincu que ça se faisait tous les jours. J'étais convaincu que le travail des renseignements et des autorités de l'État, notamment depuis les attentats de Charlie, du Bataclan, de Nice et d'autres, et l'assassinat de Samuel Paty. J'étais convaincu puisqu'on avait eu des grandes déclarations à l'époque pleines d'emphase sur la République qui serait impitoyable. On a entendu les mêmes. Je vous le dis, je réagis un peu parce que j'étais convaincu que tous les jours, ces services-là passaient au crible, les fichiers S, qu'on essayait d'expulser les étrangers, qu'on essayait d'incarcérer ceux qui sont dangereux, évidemment, en France.
Et je découvre qu'il faut attendre un attentat pour qu'il y ait une directive de contrôle des fichiers S. C'est cette impuissance publique que l'on n'accepte plus. C'est lié à quoi, selon vous, cette impuissance publique ? Le fait que... C'est une question très ouverte. Ça anime tout mon engagement.
Non, mais vous connaissez la difficulté à renvoyer, à expulser quelqu'un. Il faut que le pays d'origine donne un laisser-passer, par exemple.
Est-ce que le mélimélo juridico-administratif et politique que l'on constate illustre tout le propos qui est le mien et l'engagement qui est le mien, c'est d'ailleurs au sein de Nouvelle Énergie, pour dénoncer la bureaucratie, y compris dans le régalien. C'est-à-dire que quel est l'État souverain dont l'État de droit ne peut plus être appliqué ? C'est là où est le paradoxe. Là, c'est pas seulement la bureaucratie,
c'est aussi les traités internationaux qu'on a signés, la Cour européenne des droits de l'homme.
Mais parce qu'ils ajoutent des couches sédimentaires à toutes ces contradictions juridiques, à tout cet excès de jurisprudence, de normes et de règles qui font que... Vous allez à la Cour d'appel du droit d'asile qui n'est pas très loin d'ici. Vous verrez qu'il y a des spécialistes associatifs et avocats qui aident les déboutés à raconter des récits, à profiter de toutes les interstices du droit et qui nous rendent impuissants. Ce qui se fait au détriment de la sécurité, ce qui se fait au détriment de l'État de notre société, ce qui se fait au détriment des immigrés légaux qui voudraient pouvoir s'assimiler tranquillement sans qu'on les renvoie à leur identité d'origine.
Donc, c'est une situation explosive. L'impuissance publique est aujourd'hui une des causes de la crise de la démocratie dans laquelle nous sommes.
En parlant d'impuissance, Gérald Darmanin cherche une solution pour y remédier. Il souhaite pouvoir retirer un titre de séjour à un étranger pour adhésion à l'idéologie djihadiste. Est-ce que... Déjà, concrètement, comment ça peut se faire ? Est-ce que vous êtes d'accord avec ça ? Et concrètement, comment ça peut se faire ?
Je souhaiterais qu'effectivement, ceux qui adhèrent à une idéologie qui veut nous exterminer ne soient pas sur le territoire national. Mais vous constaterez que les interdictions de séjour ne valent pas interdiction, que les obligations n'obligent pas, les obligations de quitter le territoire. Donc, c'est... Tout... Il s'agira non seulement d'adapter le droit, mais d'avoir aussi des personnes à la direction du pays qui n'attendent pas des drames pour travailler de façon clinique et méthodique pour lutter contre ces phénomènes. Ça va être un des gros enjeux des prochains mois. Et cela passera... Et elle erre à raison là-dessus. forcément par un changement constitutionnel.
Aujourd'hui, vous n'avez pas dans le cadre constitutionnel de ce que vous évoquiez à juste titre sur les jurisprudences européennes, la possibilité de faire supplanter le droit à la sécurité au-dessus du droit à constituer une famille sur un territoire. Donc, tout ça n'est plus possible.
On parle des radicalisés étrangers, mais il y a aussi des Français. Qu'est-ce qu'on fait avec les radicalisés français ?
Il faut les... Lorsqu'ils sont radicalisés et dangereux, il faut les incarcérer.
Les incarcérer, mais en prévention, ça n'existe pas, c'est un droit français.
Il faut que l'état de droit ne doit pas être un droit d'impuissance parce que c'est précisément comme ça que l'état de droit s'effondre. Lorsque vous avez des individus... S'il n'y a pas de passage à l'acte,
s'il n'y a pas de condamnation pour les internes d'office sans qu'il n'ait rien fait ?
Non, mais le passage à l'acte, tout dépend de ce que vous appelez l'acte. L'acte de propagande idéologique, c'est un acte. L'acte de prosélytisme, d'idéologies qui sont mortifères, c'est un acte. L'acte n'est pas forcément... L'ordre public ne passe pas forcément par une violence physique. Le respect de l'ordre public passe aussi pour les condamnations avec une graduation, évidemment, une proportionnalité parce que ça, c'est l'état de droit aussi au regard de la gravité des faits.
Mais des personnes qui prêchent la charia sur le territoire national, qui veulent nous opposer, qui veulent créer du conflit entre Français, qui font une distinction d'origine, qui sont des racistes, qui sont des antisémites. Ces gens-là doivent être sanctionnés et nous devons protéger la société de ces gens-là.
David Lissnard, maire de Cannes, président de l'Association des maires de France, invité du 830 France Info. On vous retrouve juste après le Fininfo 8h51. Maureen Suignard.
Le chef de l'ONU se dit horrifié par les centaines de civils palestiniens tués dans une frappe, une explosion hier dans un hôpital de Gaza. Mais toujours des doutes ce matin sur son origine. Israël accusé par le Hamas. L'État hébreu répond qu'il s'agit d'un tir raté du djihad islamique. Cette frappe tant un peu plus encore la situation au Proche-Orient. Des manifestations ont aussi éclaté dans plusieurs pays hier, notamment au Liban, où le Hezbollah appelle à une journée de la colère. Le Conseil de sécurité de l'ONU se réunit en urgence aujourd'hui. Dans ce contexte, le gouvernement français veut accélérer le projet de loi immigration. Il sera examiné en décembre.
Le ministère de l'Intérieur prêt à faire des concessions à la droite. Il accepte l'idée de quotas d'immigration régulière. Il accepte aussi de durcir le regroupement familial et soutiendra le remplacement de l'aide médicale d'État par une aide médicale seulement d'urgence. Alors que les particuliers ont de plus en plus de mal à obtenir un prêt immobilier, le prêt à taux zéro va évoluer l'année prochaine, annonce du ministre de l'Économie ce matin. Il sera augmenté à 100 000 euros et étendu à plus de ménages et davantage de villes.
France Info
Le 8.30 France Info Jérôme Chapuis Salia Braclia
On est toujours avec David Lissner, le président de l'Association des maires de France. Nombre de communes, David Lissner, ont été montrées du doigt à la rentrée à cause de la taxe foncière. Emmanuel Macron lui-même a expliqué en direct à la télévision quand vous avez votre taxe foncière qui augmente, c'est pas le gouvernement, c'est votre commune qui le décide. Ça a provoqué la colère de plusieurs maires. Est-ce que ça a provoqué votre colère aussi à vous aussi ?
Ça a provoqué un rectificatif immédiat. L'Association des maires de France et les maires de France de toute tendance, y compris ceux qui sont proches du gouvernement, ont expliqué au président de la République comment fonctionnait la fiscalité locale et qu'en l'occurrence, les taux étaient décidés par les villes et les bases étaient décidées dans le cadre d'un texte national voté par le Parlement et que les 7,1% d'augmentation étaient automatiques par la loi pour s'aligner sur l'inflation et que 86% des communes de France n'avaient pas augmenté leur taux et que 14% des communes de France n'avaient augmenté leur taux.
Mais au-delà de cela, il y a des communes bien gérées, il y a des communes mal gérées, il y a des communes mal gérées qui n'augmentent pas les taux parce qu'ils ont d'autres possibilités, des communes bien gérées qui augmentent les taux parce qu'il y a un contrat local qui veut réaliser un équipement, etc. Et il y a des communes mal gérées qui augmentent leur taux. Mais le problème des comptes publics de la France, un, ce n'est pas le problème des collectivités territoriales. Et ça, on peut le démontrer très aisément. Deux, ce n'est pas les maires de France qui ont décidé de concentrer l'effort fiscal sur les seuls propriétaires.
C'est quand même inouï que par la suppression de la taxe d'habitation mais sans la suppression des dépenses qui vont en face.
Il n'aurait pas fallu supprimer la taxe d'habitation.
Écoutez, il n'empêche que faire reposer l'effort fiscal sur les propriétaires exclusivement sur les propriétaires tout profondément injustes qu'on enlève une capacité d'autonomie financière en collectivité territoriale.
On a remboursé au centime près la taxe d'habitation en collectivité.
C'est compliqué d'aller vite sur ces débats mais d'abord c'est faux. Il manquait 750 millions d'euros dès la première année de CVAE et sur la taxe d'habitation d'après le CFL il manque au moins un milliard d'euros. Premier élément. Deuxième élément, nous on ne veut pas être sous perfusion du malade. L'État est surendetté. Le problème des comptes de la France ce sont les comptes sociaux et les comptes de l'État puisqu'on dépense plus que ce que l'on produit. Donc c'est structurel et ça s'amplifie. Les collectivités territoriales, il y en a des bien gérés et des mal gérés mais sont soumises à une règle d'or c'est-à-dire que nous ne pouvons pas emprunter pour notre fonctionnement.
Donc nous sommes obligés à chaque fois réduire les dépenses quand il le faut pour maîtriser le fonctionnement. Nous apportons un excédent de fonctionnement que l'État déduit de ses déficits lorsqu'il présente ses comptes à l'Union Européenne. Et vous parlez de la loi de finances.
Mais une rallonge pour vous dans cette loi de finances ? 220 millions.
1, je répète nous ne voulons pas être sous perfusion de l'État. Nous voulons la responsabilité locale. 2, cette rallonge est inférieure à l'inflation alors que l'État a une dynamique de ses recettes sur l'inflation. Donc en réalité l'État continue de prélever on apprend la rallonge évidemment mais continue de prélever en euros constants sur les finances des collectivités. Rien que sur le bloc communal commune et intercommunalité depuis 2010 si l'État avait respecté son engagement. Je vois je dis depuis 2010 comme ça au moins j'embrasse tout le champ politique.
Ce sont 62 milliards d'euros qui ont été prélevés sur les comptes des intercommunalités des communes de France et parallèlement malgré 62 milliards l'État a vu sa situation se dégrader.
J'insiste juste David Lissnard sur la taxe d'habitation si vous étiez aux responsabilités est-ce que vous la rétabliriez ?
Pas la taxe d'habitation telle qu'elle l'était parce qu'il y avait un problème sur les bases mais je pense qu'on n'échappera pas et qu'un impôt résidentiel à terme mais comme il y a trop d'impôts en France je veux juste là aussi vous montrer un paradoxe c'est-à-dire que plus l'État a supprimé des impôts locaux donc moi il a enlevé de la capacité d'action locale plus il a déresponsabilisé localement plus il y a eu d'impôts au total. On a en impôts et charges nous sommes à 46% du prélèvement obligatoire en France.
Ce serait mieux géré si c'était géré de près.
Mais oui parce que il y a un contrat social local moi en tant que maire je veux rendre des comptes à mes habitants je veux qu'ils me jugent sur ma capacité à pratiquer la sobriété fiscale à être efficace dans la dépense publique plus l'État prélève sur les entreprises ou sur les ménages ou sur les collectivités plus il s'exonère de sa responsabilité de créer de la performance publique et c'est comme ça qu'on a des fonctionnaires de très bon niveau en France moins bien payés qu'ailleurs on a des usagers de moins en moins servis sur le terrain par l'État on a des défaillances régaliennes qu'on évoquait tout à l'heure et on a des contribuables qui à la fin paient plus alors c'est parfois moins visible c'est la TVA c'est la CSG ce système on est à bout de souffle de 40 ans de social étatisme.
David Lister vous faites partie des pressentis pour 2027 dans votre famille politique avec Laurent Wauquiez avec Xavier Bertrand mais il semblerait que ce soit bien Laurent Wauquiez le chouchou de la direction est-ce qu'il faut quand même des primaires à droite ?
Si l'élection présidentielle avait lieu maintenant pour des raisons une raison pour une autre il faudrait un système de départage et de sélection comme je l'ai dit une fois je suis plutôt de droite donc je suis plutôt pour la sélection c'est un peu provocateur de le dire
mais parce qu'aujourd'hui
les enquêtes d'opinion et les sondages le montrent il n'y a personne de se détache personne ne tue le match on n'est pas dans la situation vous vous souvenez d'un Nicolas Sarkozy en 2007 qui évidemment écrasait le match ou d'un Jacques Chirac et d'un Édouard Balladur il y avait un contexte différent ou d'un Jacques Chirac un Raymond Barre ou d'un Giscard etc. Donc aujourd'hui si l'élection avait lieu aujourd'hui il faudrait bien un système et le pire des systèmes après tous les autres comme disait Churchill à propos de la démocratie c'est le vote mais peut-être que dans 4 ans Et vous vous seriez candidat donc ? Non je ne vous réponds pas à ça si ça avait lieu demain ?
Non non si on était dans ce cas de figure je répondrais à votre question mais ce n'est pas le cas Dans ce cas pourquoi est-ce que vous avez créé un micro-parti ?
Non non d'abord ce n'est pas un micro-parti je ne veux pas dire ça c'est un parti politique un parti politique qui existe depuis 2013 et qui est le moins en haut de micro Non mais dont le siège j'étais hier en Pyrénées et il y a une belle dynamique parce que je me suis rendu compte pour faire valoir un corpus je pense qu'on est dans une situation de grave crise démocratique et qu'on doit tous essayer de recréer ce que Raymond Aron dont on célébrait le 40e anniversaire de la Morière et qui était vraiment un sage appelait des conflits civilisés on a besoin de retrouver de la dialectique gauche-droite ou progressiste, conservateur mettez le terme que vous voulez de ne pas être justement dans les récits donc il faut résister à sa propre tentation de récits narcissiques pour poser un corpus quand je parle de retraite par capitalisation obligatoire pour permettre aux travailleurs pauvres d'être propriétaires de leur vie et de leur retraite lorsque je parle de politique culturelle ambitieuse bref d'une politique écologique ambitieuse à droite autour du droit de la science et de l'investissement il me semblait que dans l'offre politique actuelle on ne l'entendait pas et je trouve que pour l'instant ça reçoit un bon écho à la fiction
David Lisnard