Meeting de l'Union populaire à Rennes avec Clémentine Autain et Éric Coquerel
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonsoir. Un, deux, on nous entend. Bonsoir à toutes et tous. Merci d'être venus aussi nombreux dans cette belle salle de la Cité pour ce meeting de l'Union Populaire. On voulait déjà excuser Caroline Fiat qui ne sera pas présente ce soir. Mais nous avons bien Clémentine Autain et Éric Coquerel qui sont bel et bien présents. Ils sont en bas, ils vont arriver. J'entends les murmures de contentement. Alors sur scène, je vous présente Laure Cargren qui est porte-parole de la France Insoumise à Rennes Métropole.
Et Florent Le Breton qui est animateur des groupes d'action de Rennes. Merci.
Merci surtout à vous tous. Merci au public d'être venus aussi nombreux. Je vois que ça monte jusqu'en haut. Il y a de tout âge.
On remercie également tous les bénévoles et tous les militants qui se sont investis tout au long de la journée pour préparer ce meeting.
On remercie bien sûr nos deux députés qui se sont déplacés, Clémentine Autain et Éric Coquerel et qui étaient là depuis cet après-midi. On peut faire un certain nombre de rencontres assez instructives aussi pour eux.
On y reviendra dans un second temps. Et puis on remercie aussi la salle de la Cité.
La salle de la Cité qui est un lieu particulièrement symbolique pour nous, pour nos luttes.
C'est la maison du peuple. Elle a été occupée pendant la loi El Khomri. Ensuite elle a été en travaux. Elle fait écho de nombreuses réunions syndicales et politiques depuis des années sur Rennes. Donc c'est un grand plaisir d'être là ce soir avec vous.
Alors vous le savez, nous sommes donc dans une réunion publique de l'Union Populaire. L'Union Populaire, c'est le nom de la campagne que nous sommes en train de mener présidentielle autour de Jean-Luc Mélenchon. Et avec ce qu'on appelle un parlement de campagne, le parlement de l'Union Populaire. Alors peut-être que cette notion paraît assez obscure à certains d'entre vous. Il se trouve que nous avons des membres locaux du parlement de l'Union Populaire qui vont pouvoir venir sur scène vous expliquer un peu de quoi ils retournent.
Donc voilà, ce soir nous avons la chance d'avoir Caroline Faisselier et Léo Charles qui vont venir vous présenter un peu l'Union Populaire. Merci pour eux. Bonsoir à tous. Alors moi du coup je suis Caroline Faisselier. Je suis militante en Ile-et-Vilaine dans la cinquième circonscription, donc la circonscription du pays de Vitré. Je suis aussi correspondante Fakir pour l'île-et-Vilaine et je suis au sein de la France Insoumise co-animatrice du livret ruralité aménagement du territoire. Et donc c'est à ce titre là que je fais partie du parlement de l'Union Populaire. Bonsoir à toutes et à tous.
Donc moi je me présente Léo Charles, je suis enseignant chercheur à l'université de Rennes 2, économiste et membre du parlement populaire en tant que société civile. C'est la particularité de ce parlement de l'Union Populaire, on vous expliquera. Mais il y a aussi des gens de la société civile, donc moi je ne suis pas militant, je suis sympathisant, il n'y a pas de soucis. Mais voilà, c'est à ce titre que je participe aux travaux. Alors je suis assez émue en fait d'être là ce soir parce que les dernières fois où je suis venue dans cette salle, c'était pour des concerts. Je suis un peu fan de musique et là du coup ça me fait bizarre d'être là pour autre chose.
Puis d'habitude je suis en bas et je saute dans tous les sens. Là je suis ici, ça change un peu du coup. Alors le parlement de l'Union Populaire, qu'est-ce que c'est ? C'est un objet politique un petit peu inédit. Il a été lancé à Paris le 5 décembre et il regroupe des membres, des militants de la France insoumise, donc des députés, des élus, des militants, des animateurs de livrets thématiques, etc. Et il regroupe aussi des membres de la société civile. Et son originalité, c'est d'être à parité. Il y a autant de militants que de membres de la société civile. Sa présidente, elle s'appelle Aurélie Trouvé. Elle a été présidente d'Attaque pendant très longtemps. Il y a trois vice-présidents.
Donc on a Éric Coquerel qui est vice-président, qui sera là ici ce soir. On a Manon Aubry qui est notre députée européenne. Et on a Azzedine Taibbi qui est maire de Stins et qui milite beaucoup pour les quartiers populaires. Au sein de ce Parlement, on va trouver des personnalités diverses et variées. Des artistes comme Barbara Stiegler, Bruno Gachiot, Yvan Le Bolloc. On va trouver des militants associatifs comme Suzanne Georges par exemple. Des militants des quartiers populaires, des militants écologistes. Les derniers arrivés, vous en avez peut-être entendu parler. On a eu Alma Dufour, Claire Lejeune, Emeric Caron qui est président du mouvement La Rêve. Des syndicalistes.
Dernièrement, on a André Bouchu qui est arrivé. Donc c'est l'ancien secrétaire national de la Confédération Paysanne. On a Sabrina Benali qui est très connue puisqu'elle est médecin urgentiste. Anthony Smith qui est lui aussi connu puisque c'est un lanceur d'alerte. Et on a aussi des membres d'autres mouvements politiques. Donc on a Thomas Porte qui était directeur de campagne de Sandrine Rousseau pour les primaires écologistes. On a Sébastien Jumel qui est député du Parti communiste. Ali Rabé qui est maire aussi. Donc voilà, plein de gens différents. On est à 300 personnes aujourd'hui dans ce Parlement.
L'objectif de ce Parlement, il est de participer pleinement à la campagne de Jean-Luc Mélenchon pour porter en fait notre programme, l'Avenir en Commun. C'est un organe aussi qui fait la liaison entre tous les mouvements sociaux et la campagne. C'est une force de proposition parce qu'on se regroupe régulièrement. Il y a plein de groupes de travail qui existent. Et donc c'est une force de proposition sur les thématiques qu'il faut mettre en lumière. Et le but, c'est vraiment d'enrichir les débats et de porter notre programme. Parce qu'aujourd'hui, je pense qu'on est quand même le seul mouvement politique qui a un programme aussi complet que le nôtre. On a 694 propositions.
On a 40 livrets thématiques. On va avoir une quinzaine de plans thématiques qui vont sortir d'ici le 10 avril. Et on sait aussi qu'on n'aura pas le soutien des médias pour parler de ce programme et le faire connaître. Donc avoir autant de membres du Parlement de l'Union Populaire qui peuvent aller faire des réunions publiques, qui peuvent aller sur les marchés tracter, nous représenter aussi dans les médias, c'est vraiment une force. Et ça multiplie les occasions de parler de notre programme. Ce Parlement de l'Union Populaire est déjà bien au travail. Je participais à une réunion en visio samedi matin. Et moi, j'ai l'impression que ça me donne, c'est une ruche.
Une ruche qui fourmille de partout. Il y a des idées partout. Il y a plein d'envie, plein de dynamisme. On a déjà réalisé pas mal de tribunes. Des tribunes pour reconstruire le service public de l'éducation, pour l'université. Il y a eu un appel avec plus de 200 cheminots. On a eu un appel d'un millier d'intellectuels pour la gratuité de l'enseignement supérieur. Et dernièrement, on a eu une tribune de militants laïcs qui est sortie aussi. Et ce Parlement de campagne, il a lancé ce qu'il appelle le tour de France des luttes. Et pour l'instant, ça se passe autour de quatre thématiques. On a une campagne sur les services publics.
Là, si vous allez sur les réseaux sociaux, vous pourrez voir des membres de l'Union Populaire qui sont allés faire des petites vidéos devant des services publics qui sont maltraités, qui sont fermés, qui sont en déclin. et qui parlent du pourquoi nous, on veut remettre des services publics partout et qui parlent de notre programme. La prochaine campagne, ce sera une campagne sur le partage des richesses. Il y aura ensuite une campagne sur l'écologie et une campagne sur la VIe République et les droits nouveaux. Il y en aura d'autres après. En Bretagne, pour l'instant, nous sommes neuf membres. On a des gens que vous connaissez peut-être.
On a Pierre-Yves Cadalin, qui était notre tête de liste pour les régionales, qui est aussi co-animateur du livret VIe République. On a Françoise Quincard, dans les Côtes d'Armor, qui est animatrice des communistes insoumis. On a Ulysse Rabaté, qui est responsable associatif et qui a été deux fois suppléant de Farida Amrani pour les législatives face à Manuel Valls. On a Marie Messmer, qui est très impliquée dans les jeunes insoumis et qui est secrétaire générale du syndicat L'Alternative. On a Antoine Veillet, qui est journaliste sportif, qui est bien connu, qui fait du vélo et tout ça. Yolande Bouin, qui a été membre de la Convention climat.
Et on a Léo Charles, économiste, à qui je laisse la parole. Je vais essayer de ne pas être trop long, mais pour vous donner mon sentiment, ce qui m'a vraiment plu dans ce mouvement de l'Union Populaire et du Parlement de l'Union Populaire, c'est qu'on est venu chercher des citoyens, des citoyennes, des non-militants. Et nous, moi, en tant qu'économiste plutôt de gauche, tu l'as bien dit, dans les médias, on ne nous écoute pas trop, on passe pour des fous, on est un peu blacklisté. Et puis là, moi, je suis tombé sur des gens qui ont dit « Tiens, est-ce que tu peux nous expliquer ça ? » « Qu'est-ce que tu aurais à dire sur ça ? » Et quelle bouffée d'air d'être entendue.
Et vraiment, je voudrais dire ça ce soir devant vous, c'est qu'on a souvent l'impression que la France insoumise, c'est un ovni qui n'écoute pas, etc. Mais il faut vraiment vous rendre compte que le programme, moi, on est venu me chercher en 2017, j'ai pu faire des propositions qui ont été prises en compte, qui ont été retenues, et on est plein comme ça de chercheurs et chercheuses à avoir proposé des choses, et on a l'oreille des gens de la France insoumise, des militants et des militantes.
Et donc c'est quelque chose qui est vivant, c'est un programme qui est vivant, et c'est un programme qui, aujourd'hui, pour moi, c'est ça qui m'a convaincu, c'est le seul programme qui est rodé, qui est chiffré, qui est sérieux. On ne va pas taper sur la gauche, ce n'est pas l'objet, mais aujourd'hui, si on prend les programmes de gauche, alors Jadot, c'était samedi dernier, Hidalgo, on ne sait pas trop, là, on a un programme qui est là depuis 2012, 2017, qui a évolué en fonction, et donc moi, c'est ça, vraiment, qui m'a plu, c'est cette écoute, et on va chercher, finalement, le regard et l'analyse des chercheurs et des chercheuses, mais aussi des militants et des militantes de terrain.
Donc j'en profite, je ne vais pas faire mon économiste devant vous, mais pour une fois qu'on écoute mes chiffres, juste pour vous convaincre, on va passer une campagne qui va être très, très, très dure, on va vous mettre dans les oreilles que la dette, c'est affreux, qu'on ne peut pas vivre, qu'on vit au-dessus de nos moyens, vous avez Agnès Verdier-Molinier qui passe partout à la télé, sous l'étiquette économiste, ce qu'elle n'est pas pour nous dire des choses affreuses, mais voilà, dans l'avenir en commun, moi, il y a deux choses qui me tiennent à cœur, on refonde les services publics, juste rendez-vous compte, aujourd'hui, avec le quinquennat Macron, les 10% les plus riches gagnent 21 fois plus que les 10% les plus pauvres.
Quand vous faites la redistribution via les impôts et les aides et les prestations sociales et les services publics, cette différence tombe à 6. On peut dire que c'est encore beaucoup trop, mais on passe de 21 fois plus à 6 fois plus. Et c'est ça, je pense, le modèle de société qu'il nous faut défendre. Sur le pouvoir d'achat, on va parler très bientôt de la répartition des richesses. C'est absolument une nécessité. Macron et ses ministres ne vont jamais vous le dire, mais aujourd'hui, les chiffres qu'on a sur le quinquennat Macron, les 5% les plus riches ont gagné 5% de pouvoir d'achat. Les 5% les plus pauvres, ils ont perdu 450 euros par mois.
Ça, c'est une réalité, et ça, c'est un chiffre qu'il faut dire sur les marchés, qu'il faut convaincre. Et si on regarde un peu dans le détail, c'est ça qui est intéressant, les 0,01% les plus riches, donc c'est pas vous, c'est pas moi, rassurez-vous, eux, ils ont gagné 25% de pouvoir d'achat. Donc aujourd'hui, on a un programme en face de nous qui est clair, qui est précis, c'est tout pour les plus riches. Et moi, ce qui me séduit dans l'avenir en commun, c'est qu'on a toutes et tous à y gagner en pouvoir d'achat, en qualité de vie, en qualité des services publics. Et voilà, on a en face de nous un programme complet. Et donc je profite de faire cette tribune pour faire la pub.
On a monté un petit groupe d'économistes, une vingtaine d'économistes du Parlement de l'Union Populaire. Donc n'hésitez pas à nous suivre sur Twitter. On fait un gros travail pour passer en revue les différents arguments que vous allez très certainement entendre pendant la campagne. Et n'hésitez pas à nous demander des précisions, des analyses. On est vraiment là pour ça. Des interventions publiques. Voilà, on est au moins deux économistes ici, à Rennes, pour faire vivre cette Union Populaire. Donc voilà, n'hésitez pas à nous utiliser. On est là avec plaisir. Merci. Merci.
Je terminerai juste du coup pour vous dire que, étant donné qu'on est membre de l'Union Populaire ici, en Ile-et-Vilaine, il ne faut vraiment pas hésiter à se servir de nous. On est aussi à votre disposition. Moi, je suis référente d'une thématique compliquée, les ruralités. Je sais que c'est difficile d'en parler. Je suis disponible à votre disposition pour venir intervenir dans les réunions publiques, pour faire des moments de formation, s'il y a besoin, etc. Donc n'hésitez vraiment pas à nous solliciter. Merci, Caroline. Merci, Léo.
Merci pour ces explications très complètes et très enthousiasmantes pour tout le monde, je l'espère. Alors, on vous évoquait tout à l'heure les rencontres que nos députés avaient pu effectuer dans l'après-midi. Donc, pour rappeler rapidement, concernant Clémentine Autain, elle a pu aller à la rencontre des migrants du gymnase de la poterie. Je ne sais pas si tout le monde est au courant de cette situation, mais un certain nombre de personnes se retrouvent obligées d'être hébergées actuellement dans ce gymnase sans solution de relogement par la mairie ou par la préfecture. Et là, voilà, le dialogue avec Utopia 56, avec Sud, a pu permettre aussi de prendre conscience de ce type de situation.
Ensuite, c'était la rencontre avec l'ADAPEI. Donc, pour ne pas me tromper, association départementale de parents et d'amis de personnes handicapées mentales, des représentants CGT et Sud, qui ont pu, voilà, nous montrer à quel point le Ségur de la santé, qui est parfois montré comme la réaction du gouvernement, la prise de conscience du manque de valorisation de ces métiers, est en réalité très souvent un leurre, avec une augmentation de 183 euros qui va aller à certains salariés, pas à d'autres, et susciter de la division entre les salariés pour aussi diviser les luttes.
Et donc, c'est une manière aussi de nous faire prendre conscience que ces métiers du soin et du lien, il ne faut pas être complètement dupe des rideaux de fumée que le gouvernement peut envoyer là-dessus et que la véritable revalorisation de ces métiers supposerait, évidemment, un ensemble de mesures bien plus conséquentes. Et enfin, des représentantes de Nous Toutes 35, de collectifs de mamans dans les quartiers populaires qui essayent de s'organiser pour faire entendre la voix aussi des femmes de la diversité et de leurs problèmes concrets qui ne sont pas entendus en général par les pouvoirs publics.
Cette question de communication, c'est aussi à nous de la porter lorsque les médias ou les pouvoirs publics ne sont pas capables de les entendre.
Merci. Et pour Éric, du coup, Éric Coquerel s'est rendu dans le quartier du Meurpard. Il a rencontré... Nous sommes allés parce que j'étais avec lui au Secours Populaire. Nous avons aussi rencontré des personnes de l'association Un Toi, c'est un droit. Également, des personnes du syndicat du CGT Sud et Poste et aussi la Confédération nationale du logement et le droit au logement également qui étaient présents. Donc maintenant, on va les accueillir parce qu'eux-mêmes vont plutôt partager avec vous tout ce qu'ils ont ressenti, tout ce qu'ils ont vécu cet après-midi. Donc, je pense qu'ils sont bientôt là, pas encore. Donc, Éric Coquerel, qui est député pour la Circo 1 des Seine-Saint-Denis.
et Clémentine Autin, qui est député de la 11e circonscription de Seine-Saint-Denis, Sevran, Tremblay, Villepeintre pour les communes concernées. Nous les accueillons.
Pardon ? Ah oui, on va les accueillir, la musique.
Merci. On vous laisse avec eux. Bonne soirée.
Et aux Insoumises, nombreux ici, et bonsoir à toutes et tous parce que je suis sûre qu'il y a beaucoup de curieuses et de curieux dans cette salle. Et je suis ravie de vous voir ce soir aussi nombreux. Il faut savoir que les meetings, cette campagne qui commence à battre un peu son plein, enfin, parce que les Français tardent, je trouve, à avoir la tête à cette élection qui est pourtant fondamentale, l'élection présidentielle. Et si les gens tardent à avoir la tête à cette élection, c'est parce que le climat est particulièrement difficile avec la crise, bien sûr, du Covid et puis la crise sociale qui est très violente.
Et donc, j'espère qu'ici, ce soir, il y a non seulement beaucoup de militants, de sympathisants, mais aussi des curieux qui ont envie, enfin, de s'intéresser à ce qui va constituer l'avenir de notre pays. C'est un enjeu tout à fait majeur. Alors, je suis ravie d'être avec Eric ce soir. On tourne, il y a député. Alors, c'est la tournée des députés. C'est un vrai plaisir. Caroline n'est pas là, malheureusement, ce soir.
Elle est retenue, mais c'est un vrai plaisir aussi de tourner parce qu'il me semble, ensemble, de le faire ensemble, parce que je crois que les 17 députés que nous avons représentés dans cette mandature qui, elle aussi, se termine et va se renouveler, ça fait partie de ce qui a marqué le paysage politique depuis 5 ans et j'ai l'impression que collectivement, on a réussi quelque chose à les faire chier, d'abord, pour quand même dire les choses franchement. Et avec... C'est vrai. Et je trouve qu'on a collectivement abattu un sacré boulot à seulement 17. Il faut se rendre compte de 17. Ils sont 5. sur 577 avec 300 en marche.
Vous n'imaginez pas la vie que c'est, mais c'est quand même quelque chose d'assez important. Alors, ce soir, évidemment, c'est l'occasion pour nous de vous raconter quel est notre projet, quelles sont nos propositions. Et si je devais, au fond, résumer notre projet qui se décline donc en propositions concrètes dans l'avenir en commun, je dirais qu'il s'agit tout simplement de satisfaire les besoins véritables de la population. Alors, dit comme ça, ça a l'air basique. On se dit, il y a répondre aux besoins, tout le monde veut répondre aux besoins.
Et en fait, non, je pense que partir des besoins de la population, c'est en réalité profondément, et je pèse mes mots, révolutionnaire par rapport au système que nous avons aujourd'hui en place avec le capitalisme. Parce que, alors, on est embêté, on n'a pas de pupille, donc je vais me baisser, me lever, vous ne m'en voulez pas, tout va bien se passer, mais comme il n'y a pas de pupille, je fais comme ça. Bref, pour vous dire que, donc, le capitalisme, lui, est incapable de satisfaire les besoins authentiques de la population. Parce que, d'un côté, dans notre système économique, on voit bien que l'immense majorité de la population est privée de la satisfaction de ses besoins essentiels.
Ça commence par des choses très basiques. On sait qu'aujourd'hui, en France, il y a 300 000 sans-abris, 4 millions de personnes qui sont mal logées, donc ne pas avoir un toit sur la tête, c'est un besoin fondamental et le système, aujourd'hui, économique, n'est pas capable de répondre à ce besoin fondamental.
Et tout à l'heure, puisque nous étions, Eric et moi, à différents endroits avant de venir à ce meeting, et j'étais, vous connaissez sans doute, le gymnase La Poterie, qui est aujourd'hui occupé par des réfugiés, donc je suis allée apporter notre soutien à cette mobilisation en disant, parce qu'il y avait quelques journalistes, que je voulais saluer le travail qui était fait par des citoyens, des collectifs associatifs, parce que l'État ne fait pas son travail.
L'État devrait être capable de venir en aide aux réfugiés qui sont sans-abri, être capable aussi de répondre à leurs demandes en termes de droits, et dans les préfectures partout en France, et moi, je le vois bien du point de vue de la Seine-Saint-Denis, où nous avons des flux migratoires importants, et où en réalité, le recours aux droits, simplement faire valoir ces droits, droits d'asile, renouvellement de cartes, etc., est devenu compliqué parce qu'on n'arrive pas à avoir de rendez-vous.
Et là, dans ce gymnase, il y avait 90 personnes qui dorment, donc qui sont là, installées nuit et jour, puisque le 115, on ne vous fait pas un dessin, ce n'est même pas la peine de téléphoner, vous y restez collés pendant je ne sais pas combien de temps, et qu'il n'y a pas de solution d'hébergement pour ces personnes.
Il y avait là 25 enfants, et honnêtement, ça nous le vide de voir, il y avait une toute petite qui était en train d'apprendre à marcher, qui était là, et qui, ben voilà, commence sa vie à marcher dans un gymnase dans lequel il y a des difficultés pour avoir de l'eau, dans lequel la solidarité des voisins permet tout simplement de pouvoir manger, et des camarades d'un collectif militant qui nuit et jour se relaient pour tout simplement leur venir en aide.
Voilà, c'est quand même ça aujourd'hui la France, et je leur ai dit que je vous passerais le mot d'aller à la poterie parce qu'il y a notamment un des réfugiés qui m'a interpellée et qui m'a dit on a là tout de suite un problème, c'est que non seulement on n'a pas d'eau, mais on a un problème de papier pour les toilettes. Donc j'ai dit ce soir, je dis à ceux qui sont là que demain, s'il y en a qui sont capables dans cette salle d'aller à la poterie, au gymnase de la poterie, et de ravitailler un peu en papier toilette et en eau, ça serait vraiment super, donc je voulais vous le dire et compter sincèrement sur vous pour faire ce travail.
Mais vous comprenez bien que ce travail de solidarité, ce n'est pas normal que ce soit vous, que ce soit nous qui le fassions et c'est donc à l'état de le faire et ça ne fonctionne pas dans le régime économique et politique qui est le nôtre. Mais de la même manière, on a vu pendant la crise du coronavirus qu'on était arrivés à des sommets puisque c'est un Français sur dix qui ont eu recours à l'aide alimentaire. C'est absolument considérable et ça fait écho à la difficulté que rencontrent les Français pour se nourrir en règle générale puisqu'il faut savoir que par exemple, il y a un Français sur trois qui n'a pas les moyens de s'acheter quotidiennement des fruits et des légumes.
Donc après, je veux bien qu'on fasse la pub à H24 à la télévision pour dire manger cinq fruits et légumes par jour mais si vous avez un Français sur trois qui n'est pas capable d'acheter quotidiennement des fruits et des légumes, vous voyez bien qu'il y a un truc qui ne rentre pas dans la case et qui pose problème. Mais pour des raisons financières également, avoir accès aux soins est un problème puisque de très nombreux Français renoncent à se soigner parce qu'ils n'en ont pas les moyens ou alors parce qu'ils vivent dans des déserts médicaux. Donc d'un côté, vous voyez bien qu'on a une privation de l'accès à des besoins fondamentaux et de l'autre, vous avez des gens qui se gavent.
Mais qui se gavent à un point d'ailleurs qu'on se demande ce qu'ils font si ce n'est gaspiller, gaspiller des ressources et empêcher l'égalité d'exister. Et c'est cette consommation, cette surconsommation des hyper-riches qui fait miroir avec les besoins non satisfaits de l'autre partie de la population. Parce que, ne jamais oublier, même si beaucoup le contestent, je ne sais pas si vous avez déjà entendu dans des discussions que vous pouvez avoir avec les uns et les autres, des fois on me dit non mais moi, je veux juste qu'il n'y ait plus de pauvres, mais ce n'est pas grave s'il y a des riches.
Souvent, vous avez déjà entendu ça, ce n'est pas grave, s'ils sont riches, c'est tant mieux pour eux, c'est parce qu'ils ont réussi, etc. Il y a un caractère relatif entre la pauvreté et la richesse. Et donc, ces hyper-riches sont en miroir absolument avec la pauvreté dont je vous parlais à l'instant. Or, il se trouve que là encore, dans la crise sanitaire, sociale, que nous traversons, les riches sont encore plus riches et ils le sont de façon éhontée et indigne puisque je vous donne juste deux chiffres qui moi m'ont frappé.
Le monde compte désormais un nouveau milliardaire toutes les 24 heures un nouveau milliardaire toutes les 24 heures alors que 160 millions de personnes sont tombées dans la pauvreté et qu'en France, les 1% les plus riches, donc les 1% les plus riches, c'est ceux qui gagnent plus de 10 500 euros, et bien ceux qui gagnent plus de 10 500 euros, merci Macron, ont empoché sur le mandat macroniste 3 500 euros de plus chaque année. Et pendant ce temps, 300 000 personnes en France ont sombré dans la pauvreté. ça me paraît assez clair, assez édifiant de ce qui dysfonctionne profondément dans ce système capitaliste et ce en quoi il ne répond pas aux besoins de la population.
Alors, je vais revenir à un économiste que vous connaissez peut-être, qui est assez connu pour ses recettes qui ont inspiré notamment les courants socialistes, Keynes. Keynes, au moment de la crise de 1929, il a écrit un petit texte assez célèbre parmi les économistes qui est la lettre à nos petits-enfants. Et dans cette lettre à nos petits-enfants qu'il écrit en 1929, vous voyez, en 1929, on est en période de crise maximale. Alors, il s'est trompé, en réalité, il s'est trompé dans cette lettre, mais il avait, parce qu'il avait prédit un truc qui n'est pas arrivé, c'est la fin de la rareté.
Il avait pensé que ça serait terminé, qu'on vivrait la fin de la rareté et qu'on vivrait dans une société d'abondance. Il était même persuadé qu'en 2030, tous les besoins seraient satisfaits grâce au système capitaliste et que du coup, même le capitalisme aurait fini, enfin, n'aurait plus de raison d'être puisqu'il aurait répondu à tous les besoins et il avait daté ça en 2030. Et ce qu'il voit à ce moment-là, c'est l'écart entre le système de moralité du capitalisme et le fait de pouvoir jouir justement de cette abondance et de l'oisiveté potentiellement dégagée par cette société d'abondance.
Il voit bien qu'il y a une tension et il pense que du coup, il va y avoir une sorte de défi civilisationnel, si vous voulez, parce que la volonté du capitalisme qui repose sur toujours plus de profit, donc l'argent, l'appétit de l'argent, va contrevenir à ce que le capitalisme pourrait apporter, c'est-à-dire le fait qu'on travaille moins et qu'on ait répondu à nos besoins. Et que ça, c'est une grande tension et il ne voit pas bien comment ça va se gérer. Il peut être relativement optimiste, mais en tout cas, il pense ça. Sauf que, en réalité, il s'est trompé parce que ce n'est pas du tout ce qui s'est passé, comme vous pouvez le constater.
Et en réalité, le capitalisme a entraîné un surplus de production de marchandises. lui pensait que ce serait la rareté et en fait, ce qu'on a, c'est encore plus de marchandises. Et ça, il ne l'a pas vu parce que, même s'il a vu que le verre était dans le fruit, comme vous le constatez, le verre était dans le fruit, mais il n'a pas pensé que le capitalisme aurait ce génie, si j'ose dire, de créer des besoins en permanence et donc, en fait, de créer le puits sans fond dans lequel nous sommes aujourd'hui enferrés. Alors, ce puits sans fond, il repose sur une chose simple, c'est que, comme il ne cherche pas à satisfaire nos besoins, il crée des besoins en vue de les satisfaire.
C'est ça, en fait, qui se passe. Et ça, ça change absolument tout parce que ça donne le consumérisme et ça donne le productivisme. C'est de ça que ça naît. C'est pour ça que tout est transformé en besoin. Et, au passage, je dirais qu'il y a une forme de liquidation de nos désirs. Je vais donner quelques exemples un peu concrets, mais je pense que ça va vite vous parler. Et vous voyez bien que dès que vous avez acheté quelque chose, immédiatement, vous imaginez que ça va être obsolète, soit obsolète par la mode, soit obsolète parce que le truc ne marche pas bien et que vite, il va falloir acheter autre chose. Et puis, il y a une espèce de moteur sans arrêt.
Vous avez le iPhone 2, il faut le iPhone 3, le iPhone 4, le iPhone 5, et bon Dieu, le iPhone 6 est sorti. Tout le monde voit bien ça. Mais ça va encore plus loin que ça, puisque avec la logique des marques, vous voyez bien que nous sommes aussi obligés de nous confondre avec la marque elle-même et que le besoin, il devient encore plus profond que ça. Puisque si j'achète ceci, c'est ma personne elle-même qui devient quelque chose. Alors prenons l'exemple, au début, vous achetiez du Coca-Cola. Donc le Coca-Cola, c'était bien parce que c'était sucré et ça allait vous donner la pêche parce qu'il y a l'intérieur de la caféine.
Mais après, on vous a vendu, une fois que vous avez acheté du Coca, on vous a vendu un autre truc qui est le Coca-Lite. Donc le Coca-Lite, c'est le Coca sans le Coca, en fait. C'est-à-dire la promesse du Coca, mais en fait, il n'y a plus de sucre et il n'y a plus de caféine. Donc je ne sais pas ce qu'on boit, on doit boire du rien, sans doute, mais on vous vend du rien, en fait. On vous vend quelque chose qui est le non-produit. Mais ensuite, ça ne suffit pas, une fois que vous en êtes là, maintenant, on a le Coca-Life. Et le Coca-Life, il est vert. Et donc si vous achetez le Coca-Life qui, en fait, est du Coca-Lite, comme il est vert, vous achetez Écolo, vous achetez Développement Durable.
Et donc, on vous vend une certaine idée des choses. Mais c'est exactement ce qui se passe. Bon, je prends toujours l'exemple du dentifrice que tout le monde a vécu. Au début, moi, quand j'étais jeune, j'achetais du dentifrice, j'arrivais, il y avait un ou deux trucs de dentifrice, j'achetais un dentifrice et puis c'était terminé. Bon, ensuite, il y a eu le dentifrice spécial Gencive, le dentifrice spécial Cari, le dentifrice spécial Blancheur, le dentifrice je ne sais pas quoi. Alors, le total. Voilà, parce qu'en fait, on revient à l'étape d'avant. Donc là, il y a, ah bah oui, super, comme ça, je ne me prends plus la tête de savoir si je veux les gencives, les dents blanches, etc.
Je prends le total. Sauf que maintenant, faites gaffe, vous avez le total plus Blancheur. Non, mais c'est vrai. Donc, ça rend complètement dingue. Sans compter les mensonges. Les mensonges, je ne sais pas si vous avez vu les pubs Erta, vous voyez Erta qui fait du jambon, etc., les saucisses. Il y a eu toute une campagne de promotion de Erta où vous voyez gambader des porcs dans l'herbe, etc. Vous dites, je vais acheter Erta, je vais devenir écolo, c'est bien, etc.
Bon, en fait, les porcs qui sont faits pour les saucisses et les jambons de Erta ne sont absolument pas en train de gambader dans les prés puisqu'ils sont élevés hors sol et qu'en fait, Erta, c'est juste l'horreur d'un point de vue du traitement des animaux et de la gastronomie. Mais dans la publicité, on vous raconte une autre histoire et donc c'est ça qui est tout à fait passionnant, je trouve, et à la fois débectant, c'est que ce capitalisme-là, ce qu'il fait, c'est qu'il joue de vos besoins et de nos désirs, en fait.
Et il fait tout passer par la marchandise et l'appétit de la marchandise et c'est par là que ça passe et le monde, notre rapport de monde devient un rapport à la marchandise qui devient fétichisée et qui devient elle-même objet et objet de sublimation de nos désirs. Et donc, remettre en cause ça, je vous assure que ça touche vraiment à toute la structure de nos systèmes économiques et sociaux.
Et nous, c'est ce que nous voulons, c'est rompre avec ça en mettant l'appareil productif au service des besoins authentiques, véritables, de la population si on entend par là qu'il y a une différence entre les besoins superflus créés par le capitalisme et les besoins authentiques qui sont ceux de la population qui nous permettent réellement de vivre. Et que, par ailleurs, un des moteurs de cette histoire des besoins, c'est aussi le désir de parvenir. C'est-à-dire que vous voulez aussi un certain nombre de choses pour vous identifier à une classe sociale. Et que ça, c'est un moteur terrifiant et que les pauvres eux-mêmes ne sont pas exemptés de cette folie-là.
Il y a bien sûr les hyper-riches qui achètent des choses de façon boulimique et complètement délirante au point même qu'on se demande ce qu'ils vont faire de tout cet argent-là quand on sait qu'au-delà de 5 000 euros en gros par mois, en fait, même le rapport au bonheur est terminé. Donc les mecs qui ont 300 000, 400 000 euros par mois, c'est une obésité qui n'a absolument aucun sens en vérité, absolument aucun sens.
Mais même les pauvres, regardez, prenez l'exemple par exemple de familles qui sont capables de se priver de bouffe pour acheter justement un iPhone ou une tenue vestimentaire qui a un peu d'allure avec une marque pour juste que les gamins ne soient pas humiliés dans la salle de classe. Ce rapport marque, il est aussi dans ça, dans cette absurdité du système qui fait que tout le monde est pris dans cette histoire-là. Et donc il faut rompre et partir des besoins véritables pour construire la société que nous voulons.
Ça suppose d'abord un haut niveau de démocratie parce que ça a l'air simple quand je dis comme ça, on a besoin d'un toit sur la tête, de manger à sa faim, d'avoir accès à la santé, etc. Mais après pour le reste, quand vous ouvrez une boîte de Pandore qui est en fait très complexe parce que les besoins, ça peut être les besoins par exemple du rapport à la nuit, du rapport à la lumière, le besoin, c'est des besoins en médicaments, mais on n'a pas tous les mêmes besoins. Vous voyez ce que je veux dire ? En fait, on rentre dans des choses qui sont à la fois collectives et qui correspondent aussi à l'individu, qui traitent de la question du collectif et de l'individu.
Et donc si on en est là, ça veut dire qu'il faut qu'on ait en permanence un débat démocratique pour savoir de quoi nous avons véritablement besoin et de quoi nous n'avons pas besoin. Et c'est pourquoi nous disons dans notre programme que nous avons besoin d'une nouvelle République et que cette nouvelle République, la sixième du nom, puisque nous avons la cinquième, sera l'occasion de faire tout simplement de vivifier la démocratie qui est en berne aujourd'hui. Elle est complètement à Tône. C'est même dramatique de le voir à ce point-là, de la défiance entre les institutions et les citoyennes et les citoyens, mais aussi le sentiment d'être dépossédé, que ça se passe ailleurs.
Donc revivifier tout ça, ça passe par un chambardement assez profond de notre système institutionnel par le biais d'une constituante comme nous le proposons. Et au cœur de cette constituante et de ce que nous mettrons en route, il y a le besoin de dire précisément que nous définirons quels sont les besoins que nous aurons à satisfaire et comment nous mettrons l'appareil productif au service des besoins que nous allons décider. La deuxième chose qui va avec, en fait, cette histoire de besoins, c'est qu'une fois qu'on a décidé dans nos besoins, il y a aussi le besoin de loisirs, le besoin de ne pas faire que travailler et de n'avoir qu'une vie qui dépend de ce rapport au travail.
Donc, jauger de combien de temps de travail on a envie de mettre au regard de quels besoins on a envie de satisfaire, ça, c'est aussi, en permanence, quelque chose qu'il faut que nous discussions et que nous avancions. Et donc, pour moi, vient l'idée que organiser nos besoins dans le temps et la satisfaction de nos besoins suppose une anticipation aussi. C'est-à-dire la planification dont nous parlons.
Moi, je ne suis pas très fan de ce terme-là, mais il a le mérite de dire les choses, d'anticiper dans le temps les transformations et d'organiser la société pour pouvoir y répondre et de ne pas se retrouver comme on s'est retrouvé avec le Covid, avec un État qui n'est même pas foutu de produire des masques, qui n'est pas foutu de produire des tests, qui n'est pas foutu, en fait, de répondre à nos besoins parce qu'il a tout liquidé et qu'il ne s'est pas organisé. Donc, ça suppose aussi cette capacité d'organisation et de planification. Troisième élément, c'est ce qu'on appelle la règle verte, ne pas prendre à la nature plus qu'elle ne peut donner.
Et le défi civilisationnel que Keynes n'avait pas vu, c'est aussi celui-là. C'est-à-dire que le défi environnemental, il est là, il n'est pas simplement pour l'avenir, il est déjà là. Les catastrophes, elles sont déjà là et elles vont s'amplifier. Et donc, nous avons la responsabilité historique d'avoir un système économique et social qui permet de relever ce défi-là.
Et si nous mettons dans la Constitution la règle verte et que nous adossons à notre logique de besoin, de rapport au temps, la question environnementale, eh bien, vous voyez que là, nous avons un haut niveau d'exigence démocratique et une possibilité d'atteindre un projet qui, du sol au plafond, va revisiter la façon dont nous sommes aujourd'hui organisés comme société et comme pays. Enfin, l'enjeu majeur du partage des richesses et des temps de la vie parce qu'on le sait au moins depuis Victor Hugo, l'enfer des pauvres fait le paradis des riches. Ce n'est pas nouveau, ça ne vient pas de sortir, mais c'est quand même pas mal de se le dire.
Et donc, pour répondre à nos besoins, il faut aussi qu'on soit capable de partager les richesses de façon radicale parce qu'aujourd'hui, pendant que le commun des mortels n'a plus seulement des fins de mois difficiles, mais aussi des débuts de mois difficiles, c'est impressionnant de le voir à quel point on a basculé là dans ce moment que nous vivons.
L'autre jour, moi je suis élue de Sevran-Villepeinte et Tremblay en Seine-Saint-Denis et à Sevran sur le marché l'autre jour, il y avait une dame qui avait un caddie, c'était pourtant le début du mois et je lui dis on discute et puis elle m'explique que dans son caddie il n'y a que des pommes de terre parce qu'elle ne peut pas s'acheter plus que des pommes de terre et donc sa question va être de savoir comment elle va cuisiner pour toute sa famille pour la semaine avec seulement des pommes de terre. On en est quand même là.
Ce ne sont plus les fins de mois seulement, c'est dès les débuts de mois qu'il y a cette dureté, cette violence parce que c'est une violence inouïe et la vie chère qui est liée à l'augmentation des prix, aux salaires qui sont stagnants, à la précarité, aux temps de droit, aux allocations chômage et tout ça et aussi à l'augmentation des prix que vous connaissez. L'augmentation de l'électricité c'est quand même fou parce qu'en 10 ans ça a pris 50% mais pour les produits aussi très simples pour l'alimentation, le beurre je crois que c'est plus de 30% si ma mémoire est bonne et les pâtes, premier prix, c'est plus de 25% là avec l'inflation toute récente.
Donc c'est juste pas possible de joindre les deux bouts et pendant ce temps-là on a plus de milliardaires et on a les riches qui sont encore plus riches.
Donc il y a quand même quelque chose qui déconne à plein de tubes, c'est le moins que l'on puisse dire puisque les entreprises elles du CAC 40 et ce chiffre-là est sans doute celui qui est le plus dur à digérer, qui fait froid dans le dos, c'est les 69 milliards d'euros qui sont en train d'être redistribués en dividendes, c'est le CAC 40 et c'est les profits faramineux qu'ils ont fait et ils ont fait de façon tellement faramineux que ne croyez pas qu'ils vont réinvestir pour faire des trucs utiles, ils les gardent et ils se les mettent dans la poche et après nous on est là à chercher des bouts de ficelle, c'est 4 fois le budget de l'hôpital public pour avoir un ordre de grandeur, 4 fois le budget de l'hôpital public donc pendant qu'ils s'en fout de plein les poches, tous ceux qui ici dans cette salle sont en train de galérer parce qu'ils sont étudiants et qu'ils n'ont pas de revenus, parce qu'ils sont au chômage et qu'ils ne trouvent pas de boulot, parce qu'ils sont ouvriers, employés avec des métiers pénibles et qui ne permettent pas de joindre des debouts, pendant ce temps-là vous avez les mêmes là-haut qui sont en train de s'engraisser comme des porcs.
Ce que nous disons et ce que dit Jean-Luc Mélenchon et ce que dira le bulletin de Jean-Luc Mélenchon, c'est que ça, ça suffit. C'est fini. Il faut qu'on arrête avec cette logique où les pauvres sont toujours plus pauvres et les riches sont toujours plus riches. C'est aussi simple que ça ce que nous avons à défendre. Et c'est pas... On nous dit « Ah oui, mais c'est pas possible, il y a la mondialisation, il y a ci, il y a la... » Non. Il y a la loi dans ce pays. Et la loi, elle peut permettre de taxer les profits. Ici, maintenant, tout de suite, de dire que les dividendes, ça suffit. On les redistribue pas, on les réquisitionne et on les met dans les biens communs.
C'est archi-possible de le faire. Il faut une volonté populaire, il faut une autre majorité et alors nous serons capables de faire ces... Tout simplement de récupérer ce qu'ils nous doivent. Parce que cet argent-là, ils l'ont pris sur le travail. Et quand les mêmes, vous entendez les mêmes qui nous expliquent qu'ils tiennent à la valeur travail, mais on s'étrangle. Mais on s'étrangle. Parce que ceux qui nous disent ça à droite aujourd'hui, et toutes les droites le font, ce sont ceux qui servent le capital. Et même l'extrême droite. N'allez pas croire. Ils ont l'obsession des immigrés. Ça permet de faire un halo. D'abord, c'est une horreur. Et nous sommes sur...
On fait tout ce qu'on peut pour tenir tête à cette espèce de marée raciste qui dégouline de partout et pas seulement sur C8. C'est une news, je ne sais plus quoi, là, toutes les chaînes affreuses de Bolloré. Je ne les regarde pas pour ça. De temps en temps, je suis obligée, mais on n'a pas envie de les voir. Mais on est obligé. On est obligé d'être face à eux. Et tout est ramené, tout est ramené à l'immigration. Un problème, hop, les immigrés. Mais allez gratter sur le fond de leur programme social. Mais allez-y gratter. C'est épouvantable. Ils sont tous pour la retraite à 60 ans. Même Marine Le Pen, elle est revenue pour la retraite à 65 ans, pardon. La retraite à 60 ans, c'est mieux.
Je prends mes rêves pour des réalités. Non, non, c'est 65 ans. 65 ans. Allez, c'est parti. Tous, tous, les Zemmour, etc., ils sont pour nous faire travailler plus longtemps. Ils sont tous pour défiscaliser les heures supplémentaires. Aucun ne veut augmenter les salaires. Ils trouvent des subterfuges. Ils parlent de charges. Vous l'avez vu, la prime zéro charge de Zemmour. C'est la dernière qui vient de sortir. La prime zéro charge de Zemmour. Charge, c'est le mot de droite qui veut dire normalement cotisation sociale.
Et donc, ils proposent non seulement que ceux qui travaillent fassent des heures subs, ce qui ne permet pas aux chômeurs de trouver du boulot, un emploi proposé pour 13 chômeurs. C'est un chiffre à retenir, franchement, c'est celui-là. Un emploi proposé pour 13 chômeurs. Alors, allez-y, vous nous expliquez que c'est des feignants et qu'ils ne veulent pas trouver du boulot. Il n'y a pas de boulot. Et si on ne partage pas le temps de travail, moi, je ne vois absolument pas comment on se sort de cette histoire-là. Donc, il faut partager le temps de travail. Aucune des droites ne le veut. Ni celle qui est au pouvoir, ni celle qui est en train de lornier là et de préparer le climat préfasciste.
Ils ne veulent pas de ça. Les droits sociaux, ils veulent les massacrer. D'ailleurs, ils ne parlent pas de droits sociaux, ils parlent des assistés. Parce que pour eux, les assistés, ce n'est pas Bolloré, ce n'est pas tous ces grands patrons qui s'en foutent plein les fouilles. Non, les assistés, c'est ceux qui galèrent avec le RSA, qui n'est quand même pas élevé, le RSA 565 euros. Alors, les profiteurs qui vivent avec 565 euros par mois, excusez-moi, mais on repassera. On repassera. Et leur grande idée, c'est d'opposer celui qui gagne 565 euros avec le RSA à celui qui va gagner un peu plus de 1 000 euros parce qu'il est au SMIC. Et eux, ils organisent la guerre entre ces deux-là.
Nous, on ne veut pas organiser la guerre entre ces deux-là. On veut donner plus de droits et un meilleur minima social pour ceux qui sont dans la galère et faire en sorte que le SMIC passe immédiatement. à 1 400 euros. C'est ça qu'on propose. C'est une logique qui n'a rien à voir. Absolument rien à voir. Et pareil pour les jeunes. Et pareil pour les jeunes. Les jeunes, nous proposons une allocation pour la jeunesse à 1 063 euros. C'est le temps quand même. Mais ouais. Moi, c'est un peu vieux, mes études, mais je m'en souviens parce que ça marque quand même. Mais moi, quand j'ai fait mes études, j'étais boursière au Allé-Lchon, le plus gros échelon. Et je bossais.
Je bossais, je faisais mes études et j'avais cette bourse et j'avais du mal à me loger. C'était compliqué et je comptais les sous. Ce n'est pas possible de faire des études dans ces conditions-là. Donc, soit on fait des études, soit on travaille, mais l'idée qu'on peut tout faire en même temps, ce n'est pas possible. Et donc, moi, j'entends tous les discours la jeunesse, blabla, l'avenir, blabla. La jeunesse, c'est ici maintenant et on doit être capable de lui offrir des conditions correctes pour pouvoir faire ses études et investir justement dans ce temps d'études qui est fondamental et qui ne doit pas être non plus aussi toujours arrimé à la rentabilité.
Tu ne réussis pas une année, tu veux changer de voie dehors, hors du système. Ça, c'est Parcoursup. Merci, au revoir. Je veux dire, quand on a 18 ans, 19 ans, 20 ans, c'est aussi un temps où on se cherche et laisser à la jeunesse la possibilité de se chercher, c'est aussi investir dans une jeunesse qui va mieux et qui donc même au final sera plus productive pour la société parce qu'elle sera mieux dans ses baskets. Et on le sait qu'en France, c'est parce qu'on a aussi plein de droits et plein de protections qu'on est plus productif qu'ailleurs. Ça, ça serait bien de s'en rendre compte.
C'est que la productivité des Français, elle est liée au fait qu'on a des temps de repos, qu'on a un bon système de santé, qu'on a le droit aux vacances, etc. Et plus on rogne ça, plus on nous met dans la nasse et dans une société qui non seulement est invivable mais qui par ailleurs ne permet pas de répondre aux défis qu'on se met. Et autre point que je voulais signaler, c'est la question du blocage des prix. Le blocage des prix, c'est quand même pas compliqué. Alors d'ailleurs, ils ont fini par trouver l'astuce, là, le gouvernement, enfin, il fallait une crise maousse, c'est que Macron a enfin bloqué le prix des gels hydroalcooliques et des masques au premier confinement.
Vous vous souvenez de ça ? Ils ont bloqué le prix des masques. C'est pas grand-chose, ils n'étaient pas foutus de les produire ni de les rendre gratuits comme nous on le demandait. Mais ils ont quand même fait ça. Preuve que donc, c'est possible de bloquer les prix. C'est tout à fait possible. Non seulement de bloquer les prix, ça a été fait, ça a été fait en 1991 par Rocard pour bloquer les prix du carburant quand il y a eu la guerre du Golfe.
Ça a été fait à d'autres moments de notre histoire et il y a même eu pendant tout un temps, de 1936 à 1986 de mémoire, un organisme qui contrôlait les prix, qui contrôlait en permanence les prix, pas simplement dans un moment d'inflation où on dit bon, là, on bloque parce que la vie est trop chère et que c'est infernal, mais même au long cours. Donc cette idée de bloquer les prix et d'intervenir sur les prix des produits de première nécessité est une mesure de salobrité publique que nous prendrons immédiatement dès que nous serons aux responsabilités. L'autre élément qui va avec, l'autre élément qui va avec, c'est que qui dit répondre aux besoins dit aussi service public.
Ce mot-là, c'est bien qu'on se le remette un peu en bouche, parce qu'avec tout le mal qu'ils disent sur les services publics, franchement, moi, je me dis, voilà, nous, ici, on est du côté des services publics. Déjà, ça commence comme ça, on arrête de dire du mal des fonctionnaires. On arrête de dire, voilà, les services publics, c'est un bien commun. Les fonctionnaires, ils ont un gel du point d'indice le plus belle lurette. Le plus belle lurette. Et je sais qu'il y a beaucoup de syndicats, mais c'est vrai, des hospitaliers, des profs, qui n'osent même plus mettre en avant les revendications salariales.
Parce que, sans arrêt, ils sont là obligés de s'excuser, de dire, mais non, c'est d'abord pour le service qu'on veut rendre. Et ce qui est vrai, puisqu'ils veulent faire correctement leur métier. Donc, ils mettent d'abord en avant les revendications qui ont un trait à leur métier, au contenu de leur métier, avant même de parler de ce qui est quand même très important, c'est de la revalorisation des salaires. Les profs en France, sachez-le, ils sont au niveau des Polonais en termes de revenus. Donc, pour un pays de l'OCDE, on est en bas, en bas, en bas de l'échelle. C'est complètement délirant. Je parle des profs, mais alors, les hospitaliers, c'est pareil.
On était le premier système de santé il n'y a pas si longtemps que ça. On dégringole avec des salaires et de la précarité à tous les étages alors qu'on était là avec nos casseroles et qu'on s'est rendu compte à quel point c'était fondamental d'avoir un hôpital public qui marche et un système de soins qui marche. Et donc, les services publics, c'est ça. Les services publics, c'est ça. C'est aussi, tout à l'heure, je rencontrais des personnels qui s'occupent des personnes handicapées, voilà, ou des personnes âgées, tout ça. C'est le service public. Ça doit être le service public.
Or, les gouvernements successifs n'ont eu que de cesse que de privatiser en nous expliquant que ça allait être mieux. On a vu le résultat. Je prends un seul exemple parce qu'il m'a frappé la semaine dernière, les autoroutes. Génial, les autoroutes. Moralité, c'est plus cher. Je ne vois pas ce qu'on a gagné. À part un immense raquette, on ne gagne rien du tout. L'électricité, vous avez vu la privatisation ? On a pris 50% en 10 ans. Où est-ce que ça marche, la privatisation ? La poste ? Où est-ce que ça marche, la poste ? Une fois, je me souviens, je vais à la poste, je voulais poster un truc et elle me dit « Oui, qu'est-ce que vous voulez ? Vous voulez quoi comme timbre ?
» Je lui dis « Je ne sais pas, je veux un timbre. » « Oui, mais vous voulez quoi, un timbre ? » « Comment ? » « Vous voulez que ça aille vite ? » « Vous voulez être sûre que la lettre arrive ? » « Je lui dis « Comment ça, je veux être sûre que la lettre arrive ? » « Oui, je veux être sûre que la lettre arrive. » « Ah, ben alors, il ne faut pas faire un timbre à tel tarif. » « Mais c'est la vraie vie, c'est ça qu'on vit. » « Mais on est où ? » « Avant, on mettait un timbre et puis voilà, il y avait la poste. Non, maintenant, il faut choisir ses tarifs et on n'est pas sûrs que ça arrive. » « Ça ne marche pas. » Le train, bon, le train, c'est terrifiant. Le train, c'est terrifiant.
Le nombre de trucs qui ne marchent pas dans les trains. Je ne connais pas ici spécialement à Rennes vos transports du quotidien, mais je peux vous dire que vu de la Seine-Saint-Denis, les transports du quotidien, c'est la cata. Voilà, ça se détériore. Donc, il faut investir dans les services publics et au lieu de les détériorer, de les casser en permanence, il faut les développer parce qu'on a aussi de nouveaux besoins. On a le besoin du quatrième âge avec l'affaire d'Orpéa. Je ne vous fais pas un dessin, c'est à peine de vous en parler pendant dix heures. Tout le monde comprend ici que se faire du blé, de l'or noir sur les anciens, c'est juste à vomir. Ce n'est pas possible.
Donc, il faut qu'on crée un service public du quatrième âge. Il faut également qu'on crée un service public de la petite enfance parce qu'on ne peut pas accepter que seul un enfant sur dix en France de zéro à trois ans ait accès à une crèche. Ça ne va pas du tout. Donc, il y a des nouveaux besoins ou par exemple, un autre service public auquel je tiens particulièrement qui est celui de la réparation parce qu'aujourd'hui, on a un truc cassé, il n'y a pas d'endroit pour se faire réparer, on jette, on rachète, on jette, on rachète, tout ça n'a pas de sens.
La réparation et le paradoxe est là, c'est que le métier de réparateur est un métier c'est peut-être exagéré mais où il y en a en tout cas de moins en moins de réparateurs. Il faut investir dans la réparation, dans le recyclage et dans le réemploi et ça, ça suppose des services publics.
Et voilà, je suis quand même très bavarde et puisque donc on va arrêter de produire tout et n'importe quoi comme je vous le disais et qu'on va investir dans ces services publics, l'avantage, c'est qu'on devrait gagner du temps et que ce temps, comme je le disais tout à l'heure, il faut qu'on l'utilise pour faire autre chose et c'est pourquoi nous proposons la sixième semaine de congés payés tout de suite, l'ouverture de négociations c'est bien ça, ça fait rêver, la sixième semaine de congés payés tout de suite, l'ouverture de négociations sur la réduction du temps de travail pour voir comment on peut avancer vers les 32 heures et la retraite et la retraite à 60 ans alors moi qui ai mené la bataille sur les retraites à l'Assemblée nationale on l'a tous mené mais bon voilà j'étais un peu chef de file sur cette question alors là on les a avec nos milliers et milliers et milliers d'amendements on leur a cassé la tête mais ça a été une victoire à la pyrus parce que on a retardé il y a eu la mobilisation et il y a eu le Covid ils ont mis ça au placard mais ne croyez pas que ça ne va pas ressortir voilà donc si vous voulez la retraite à 60 ans et les 40 annuités parce que ce n'est pas que l'âge les annuités c'est fondamental parce que Sarkozy il a mis la retraite à 62 ans Hollande il a fait les 43 annuités François Hollande et bien nous nous ferons 60 ans et les 40 annuités et je vous assure qu'on le fera last et je m'arrête sur les propositions mais dernière proposition qui va dans ce sens là c'est aussi la sécurité sociale professionnelle et cette sécurité sociale professionnelle c'est celle qui permet que les temps où on ne travaille pas les temps de chômage puissent être mis à profit pour de la formation mais sérieusement et qu'on arrête avec cette idée qu'à chaque fois il y a un tour voilà qu'on sécurise en fait les parcours et que si à un moment donné on ne retrouve pas de boulot on essaie de se former éventuellement de changer de voie si on en a envie mais on essaie de ne pas vivre ça comme une catastrophe parce qu'on est sécurisé dans ses droits et dans ses revenus et ça c'est fondamental dans une société qui a plus de 10% de chômage parce que c'est inacceptable et donc voilà ça fait pas mal déjà comme programme vous voyez comme on commence par les besoins juste de se demander de quoi on a besoin et en fait on est en train de complètement mettre à bas ce qu'ils nous proposent et qu'on ne veut plus et puisqu'on ne le veut plus il faut juste qu'on s'y mette là tous autant qu'on est parce que ça dépend vraiment de notre capacité de mobilisation cette affaire d'élection là ce qui se passe ça commence maintenant ça s'est déjà commencé vous êtes là mais je veux dire il faut compter sur nos propres forces parce que ce que nous disons aujourd'hui vous voyez bien quand vous allumez vos chaînes d'infos c'est pas tout à fait la petite musique ambiante donc c'est à nous d'être capables de convaincre autour de nous par nos propositions par notre projet par notre vision et je vais vous dire ayez vraiment confiance d'une certaine manière parce que quand vous regardez les préoccupations des français les choses auxquelles les français sont attachés dans les enquêtes d'opinion en fait nos valeurs elles sont premières donc pour l'instant il y a un truc qui déconne entre la représentation politique que nous avons les intentions de vote et la réalité de ce que les gens ont dans la tête et en particulier depuis le Covid la crise Covid etc donc moi je nous invite pas du tout à y aller tête basse mais à y aller tête haute dans cette élection et à se rappeler ce que disait Simone Veil je ne parle pas évidemment de celle qui a permis pas toute seule l'adoption de la loi sur l'IVG je ne dis pas toute seule parce que souvent on dit ah Simone Veil c'est bien elle a eu courage etc dans l'hémicycle enfin je vous rappelle qu'il y a eu un sacré bordel dehors s'il n'y avait pas eu le manifeste des 343 s'il n'y avait pas eu les manifs monstres on n'aurait jamais eu la loi de 75 de Simone Veil c'est important de le rappeler quand même et sans les voix de la gauche il n'y avait rien non plus sans les voix de la gauche il n'y avait pas de majorité ils n'avaient pas de majorité qui dit l'avenir il ne faut pas l'attendre il faut le faire et donc voilà c'est ça que je vous invite à faire à préparer cet avenir là et ça commence le 10 avril avec le bulletin de vote Jean-Luc Mélenchon
bien on va essayer de relever le défi de cette excellente intervention il y a plein de choses que tu as dit je vais en dire c'est pas très grave je vais prendre un autre angle mais d'abord tout à l'heure vous m'avez peut-être vu je prenais des photos je regardais un peu j'adore compter les salles quand j'arrive dans un meeting et puis on va vous le dire avec Clémentine on a un peu une émulation avec nos camarades de l'assemblée tous les soirs on regarde et on se dit tiens vous étiez combien et vous combien oh là là dis donc et alors hier il y a eu un record qui a été établi à Montreuil ils étaient 500 bon je précise je mets Jean-Luc hors catégorie lui c'est l'unité c'est en milliers nous c'est en centaines bon mais cela dit j'ai cru comprendre que certains candidats d'autres partis aimeraient avoir le même type d'unité que nous y compris quelqu'un qui aujourd'hui je crois a fait une réunion publique je ne sais pas le nom parce que je suis sympathique à Rennes et donc là j'ai compté et je n'ai même pas compté ceux qui étaient à l'extérieur je me suis arrêté à 350 alors vous me direz bon on est battu par rapport à Montreuil oui mais sauf qu'à Montreuil ils étaient 4 orateurs nationaux nous on est 2 et 500 divisé par 4 c'est 125 ici c'est 175 bravo Rennes vous établissez un nouveau record bon tout ça pour dire que cette introduction un peu souriante pour dire que le moins qu'on peut dire c'est qu'aujourd'hui il y a une force qui fait campagne qui est présente qui met en avant et je crois que c'est une des grandes particularités de 2022 par rapport à 2017 c'est qu'il y a Jean-Luc de manière incontestable qu'on a choisi comme notre candidat comme notre futur président de la République mais il y a aussi des groupes de députés à l'Assemblée nationale Parlement européen et je compte même pas tous les orateurs qui nous ont rejoints à travers le Parlement de l'Union populaire hier c'était Aurélie Trouvé à Montreuil qui fait que montre 2 choses d'abord c'est qu'on est un mouvement important en nombre important en qualité et je suis sûr qu'à Rennes il y a autant de qualité très certainement que celle que nous alignons au niveau national mais c'est aussi que nous avons de quoi former un gouvernement peut-être même plusieurs gouvernements et que ça c'est vrai que je pense que ça crédibilise ce qu'on est en train de dire ça c'était l'introduction moi aujourd'hui j'avais envie de me concentrer contre quelqu'un face à quelqu'un en opposant de quelqu'un en alternative de quelqu'un c'est le candidat qui n'est pas candidat c'est à dire Emmanuel Macron voilà de qui aujourd'hui j'ai envie de parler enfin plus exactement on va dire Emmanuel Macron et son monde parce que Emmanuel Macron tout seul on va voir qu'en réalité avec d'autres candidats finalement ils ne disent pas des choses très différentes du point de vue économique et social tout à l'heure Clémentine a commencé à l'aborder en 2017 je me souviens de quelque chose je suis à la commission des finances vous ne voudrez pas mais je vais vous donner quelques chiffres dans cette intervention en 2017 traditionnellement chaque fin d'année donc on arrive je suis nouveau député avec Clémentine et tous les autres et puis vous savez quand vous avez la commission de vie finance vous affrontez le projet de loi de finances de l'Assemblée nationale et chaque fin d'année ça correspond à peu près à ce moment là il y a des organisations comme Oxfam Attaque et d'autres qui établissent le classement des inégalités dans le monde ce classement là je m'en souviens parce qu'il m'avait marqué il y avait 67 personnes à l'époque qui possédaient l'équivalent de la moitié de l'humanité la plus pauvre 7 mais 67 personnes petite remarque aujourd'hui ils ne sont plus que 26 dans le monde ce qui montre que les inégalités exposent et que la concentration des richesses aussi mais ce n'est pas de ça dont je voulais parler ce qui m'a attiré l'oeil dans ce classement je ne me rappelle plus exactement d'où on se situait mais c'est que la France était en bas du classement c'est à dire que parmi les pays développés c'était un pays dans lequel il y avait eu un peu moins de production d'inégalités qu'ailleurs il y en avait eu beaucoup sous Hollande sous Sarkozy etc mais quand même il y avait j'allais dire ce qui constitue en fait l'état social qui avait servi d'amortisseur et qui faisait qu'on était le mauvais élève dans la classe des inégalités ce qui est évidemment le bon élève pour nous ça va sans dire j'avais trouvé ça intéressant et en fait ce qui s'est passé c'est très simple c'est qu'en 5 ans Emmanuel Macron il a rattrapé tout ce retard il a produit plus d'inégalités qu'il n'y a jamais eu dans la 5ème république c'est ça le bilan d'Emmanuel Macron le premier bilan il est là et j'allais dire que c'est un bilan qu'on devrait répéter sans arrêt et qui se lie évidemment dans la situation concrète que vivent les gens ce qui fait que Macron c'est pas seulement le président des riches c'est pas seulement le président des ultra riches mais ce président des riches et le président des ultra riches tout ça s'est fait sur le dos de la très grande majorité des français ceux dont on disait dans le temps qu'ils n'ont que leur force de travail pour vivre voilà c'est ça le macronisme le macronisme au final et il a été élu pour ça il l'a accompli c'est un président de guerre de classe vous savez j'ai cité je regardais un peu une référence c'est Jeff Bezos Jeff Bezos il a fait son voyage dans l'espace avec sa fusée etc il revient de l'espace qu'est-ce qu'il déclare le PDG d'Amazon je vous cite je tiens à remercier chaque employé et chaque client d'Amazon car c'est vous qui avez payé pour tout ça je trouve ça intéressant ouais ouais c'est lui bon c'est assez spatial c'est finalement plus cynique mais ça rappelle évidemment cette autre phrase qui était célèbre qu'on a beaucoup commenté vous la connaissez il y a eu des classes bien sûr mais c'est ma classe celle des riches qui fait la guerre et nous la gagnerons c'était Warren Buffett c'est la même chose c'est-à-dire c'est la même chose d'ailleurs même de manière plus accrue de manière plus assumée de manière presque comme si c'était une ordre naturelle des choses et bien Macron c'est le président de ces chambres c'est le président de Bezos c'est le président de Buffett c'est le président de Arnaud parce que quand vous faites la politique des riches ça se fait sur le dos des pauvres quand vous faites la politique des actionnaires ça se fait sur le dos des salariés et ça on pourra regarder n'importe quelle loi de l'économie tout ramène à ça tout ramène à cette confrontation entre le monde du travail et le capital ça va peut-être faire un cours un peu marxiste abrégé mais c'est la réalité profonde et c'est ça qu'Emmanuel Macron a profondément incarné j'allais dire que donc vous avez compris moi je considère qu'il a il a accompli l'exploit au final de mettre la France au niveau des standards des pays les plus inégaux dans le monde tout à l'heure Clémentine a cité des chiffres moi je vais en citer deux autres juste pour confirmer ce que je suis en train de dire et confirmer qu'on a rattrapé ce retard les cinq plus grandes fortunes françaises ont vu leur revenu augmenter de telle manière qu'aujourd'hui elles gagnent l'équivalent des 40% les plus pauvres 40% les plus pauvres c'est 27 millions de personnes vous avez donc dans ce pays aujourd'hui cinq personnes qui ont l'équivalent de 27 millions de personnes alors c'est bon moi ça me enfin ça me même la rage j'allais dire surtout qu'il y a un autre chiffre par exemple pendant la crise du Covid les milliardaires français ont vu leur patrimoine doubler vous m'entendez bien pendant que la plupart des français se serraient la ceinture s'inquiétaient pour le lendemain je vais y revenir tout à l'heure pendant que les fils s'agrandissaient au niveau de l'aide alimentaire les milliardaires français n'ont jamais gagné autant d'argent voilà la réalité et qui quelque part après explique un peu mieux pourquoi finalement on essaye d'habiller tout ça par des discours idylliques alors les discours idylliques c'est ceux que notamment Bruno Le Maire c'est un spécialiste Bruno Le Maire ça je vous assure c'est le spécialiste nous dresse à l'assemblée alors à l'écouter on vit dans deux mondes différents parce que Clémentine et moi on est députés de Seine-Saint-Denis et on est députés dans le département plus pauvre de France j'ai vu que la situation tout à l'heure j'étais avec les associations qui sont à mon repas quartier populaire de Rennes c'est comparable mais la Seine-Saint-Denis c'est comparable j'allais dire de manière encore plus concentrée et plus étendue on va dire d'un point de vue spatial et nous on vit une réalité évidemment totalement différente alors il avance des chiffres juste je vais commenter quelques chiffres c'est bien d'avoir des arguments entre nous à certains moments là-dessus il nous dit quoi Bruno Le Maire il nous dit cette situation économique certes a servi à quelques riches ça il ne le nie pas ils ont un peu du mal à le nier parce que c'est relevé un peu partout mais ça a servi l'économie française alors il nous dit par exemple la France a créé un million d'entreprises jamais la France n'a créé autant d'entreprises il oublie juste de dire que dans le million d'entreprises il y a deux tiers de ces entreprises qui sont des auto-entrepreneurs c'est à dire dans le million d'entreprises on met les travailleurs ubérisés c'est à dire les travailleurs qui sont réduits au travail à la tâche du 19ème siècle sous une nouvelle forme d'esclavage bon c'est déjà un premier j'ai à dire une première chose qu'on peut évidemment opposer à ces dires alors après il nous dit on a créé un million d'emplois il oublie de dire que bon an mal an quand même même dans les pires moments l'économie française produit environ 200 à 250 000 emplois par an et donc ça n'a rien d'extraordinaire ce qui est devenu extraordinaire c'est que dans ces millions d'emplois la moitié ne sont plus des CDI la moitié c'est des travailleurs partiels CDD ça veut dire que en réalité ils ont pendant 5 ans asséché le stock des travailleurs à contrat à durée indéterminée et n'oubliez pas qu'ils ont commencé par la réforme Pénicaud qui justement attaquait le code du travail et fragilisait encore plus les statuts de travailleurs à durée indéterminée pour produire en réalité des travailleurs partiels CDD etc.
qui sont évidemment plus susceptibles j'allais dire de vivre l'exploitation capitaliste il nous dit aussi il y a eu alors là je vais prendre les deux chiffres parce qu'ils sont éclairants on a atteint le record du niveau de croissance en France 7% nous dit-il et puis dans le même temps il nous dit on n'a jamais eu une baisse aussi importante du chômage moins 4,5% oui mais sauf que quand vous avez fait 7% de croissance mais que l'année d'avant vous avez fait 8% de croissance en moins vous pouvez regarder ça ne veut rien dire c'est juste un rebond mécanique chacun le comprendra la richesse nationale française en réalité j'y reviendrai tout à l'heure elle a bien baissé considérablement et ce regain de croissance n'est rien d'autre qu'un rattrapage par rapport à la baisse de croissance de 2020 c'est à dire année Covid et l'emploi c'est pareil ne vous laissez pas avoir par les chiffres que nous balance comme ça l'emploi en réalité si on le rapporte non pas à l'an 2020 mais à l'année d'avant et bien on s'aperçoit que c'est juste une amélioration de 1,5% de demandeurs d'emploi et si en même temps on regarde qu'au niveau de Pôle emploi avant même parce que là ça va être encore pire qu'ils aient appliqué la réforme à la location chômage ils ont radié des listes 50 000 chômeurs vous apercevez qu'en réalité c'est pas vrai il n'y a malheureusement pas une embellie j'aimerais j'aimerais parce que c'est un plaisir c'est une satisfaction pour personne d'avoir des concitoyens qui sont demandeurs d'emploi surtout que la moitié ne sont pas rémunérés on oublie souvent de le dire mais vous n'avez aucune embellie de ce côté là par contre là il y a des chiffres très sérieux c'est que la pauvreté elle a explosé dans ce pays quoi qu'ils en pensent la pauvreté a explosé ils ont beau nous dire mais non pas tant que ça il y a aujourd'hui plus de 10 millions de pauvres dans ce pays et dans la pauvreté figure-toi à l'intérieur de la pauvreté et bien les gens les pauvres sont toujours plus pauvres il y a une augmentation considérable considérable du RSA plus 7,4% ça a été dit tout à l'heure il y a une augmentation de personnes qui ont besoin de l'aide alimentaire plus 11% donc et je ne parle pas de la question du logement dont a parlé Clémentine donc il y a les gens qui sont pauvres mais vous vous rendez compte 10 millions de pauvres dans la cinquième puissance économique au monde il faut toujours répéter et dans celle qui produit autant d'inégalités c'est absolument considérable et c'est d'autant plus considérable que comme dans le même temps ils ont affaibli l'Etat ils ont affaibli les mécanismes de solidarité de l'Etat s'il n'y avait pas eu les associations je pense à ce cours populaire que j'ai vu tout à l'heure mais ça peut être les restos du coeur ça peut être aussi les collectifs citoyens qui se sont vus il y a beaucoup d'endroits où pendant cette crise on aurait atteint des situations qui seraient devenues totalement explosives le préfet de Seine-Saint-Denis par exemple en 2020 pourtant c'était pas un type de gauche mais en 2020 il a lui-même décrit la situation il a dit la Seine-Saint-Denis est en risque de famine alimentaire famine alimentaire il n'y aurait pas eu toutes les associations et collectifs l'entraide entre les citoyens qui est heureusement toujours très forte ça aurait sombré donc voilà la situation aujourd'hui que nous laisse Macron et de ce point de vue là j'allais dire c'est pas les les miettes qui ont été redistribuées qui vont faire la différence parce que le propre de Macron le propre monde de Macron c'est de faire des cadeaux pérennes aux plus riches on vous supprime l'ISF on fait en sorte de supprimer l'impôt sur les productions on permet un bouclier du capital avec ce qu'on appelle le flat tax qui fait que les revenus du capital ne peuvent plus dépasser 30% je vous fais l'illumération des cadeaux qu'ils ont fait et puis d'un autre côté de temps en temps on fait des mesures ponctuelles au plus défavorisées donc par exemple c'est l'indemnité inflation bon l'indemnité inflation elle est quand même suicidérante d'abord elle a deux caractéristiques vous remarquerez que par rapport au revenu du travail il ne parle plus que de primes il parle plus jamais d'augmentation des salaires c'est accès des primes c'est ponctuel si vous avez bien mérité on vous donne une prime bon alors là l'indemnité inflation elle est sidérante parce que alors là c'est même pas les employeurs c'est l'état qui donne une prime pour les gens qui gagnent en dessous de 2000 euros je ne sais pas pourquoi 2000 parce qu'à 2010 euros on ne mérite pas d'avoir cette indemnité inflation est-ce qu'on ne met pas à 2010 euros près de 90 euros dans son plein de réservoir ou son plein de gaz qui a augmenté de 50% à un an bref vous connaissez la réponse mais ils mettent cette indemnité inflation mais qu'est-ce qui se passe c'est que quand vous mettez une indemnité inflation à hauteur de 100 euros quand vous mettez un chèque énergie à hauteur de 100 euros et que comme l'a dit Clémentine vous ne bloquez pas les prix mais tout ça ne sert à rien en réalité qu'est-ce qu'ils ont fait ils ont mis un peu d'argent qui finalement repart dans les caisses de vos voitures qui repart dans la consommation énergétique pour le plus grand bonheur d'ailleurs des entreprises comme Total Total 8 milliards de dividendes l'an dernier on nous fait pleurer mais 8 milliards de dividendes il y a peut-être quoi leur prendre un peu d'argent pour pouvoir redistribuer donc tout ça pour vous dire que d'un côté c'est des mesures ponctuelles et de l'autre côté c'est des mesures qui sont évidemment elles inscrites dans le temps alors bon les inégalités on vient de les décrire elles sont évidentes en tout cas dans cette disparité terrible entre l'enrichissement des 10% les plus riches des français et notamment du 2% les plus riches et l'appauvrissement des 10% les plus pauvres à quoi ça sert cet argent qui comme ça est véhiculé et qui enrichit ces entreprises est-ce que ça sert à l'investissement parce que c'est ce qu'ils nous disent ils nous disent vous savez ils reprennent la vieille définition du chancelier Schmitt un chancelier Schmitt pour les plus jeunes c'était un chancelier de l'Allemagne de l'Ouest quand l'Allemagne était encore séparée qui avait sorti cette phrase célèbre qui avait dit les bénéfices sont les investissements de demain et les emplois d'après-demain qui avaient commencé à théoriser toutes ces théories du ruissellement qui veulent que plus vous donnez d'argent aux plus riches et notamment aux plus riches des rentiers capitalistes et bien à un moment donné ça rejaillit sur la société alors on peut se poser la question est-ce que ça rejaillit en investissement et bien figurez-vous en investissement en 2020 les entreprises françaises ont distribué une fois et demie plus de dividendes que d'investissement c'est bien entendu une fois et demie plus de dividendes et pour mesurer le chemin parcouru au début des années 80 sachez que les dividendes représentaient à peine la moitié des sommes dévolues aux investissements ça c'est une des caractéristiques justement de ce capitaliste financiarisé qui ignore même ses intérêts à moyen et à long terme parce que les investissements c'est les intérêts à moyen et long terme d'une entreprise pour des intérêts à court terme immédiats qui sont ceux du profit ça ça crée effectivement les chiffres annoncés tout à l'heure c'est à dire le fait que en pleine pandémie en pleine crise et bien les entreprises du CAC 40 ont vu leur dividende exploser record historique 69,4 milliards d'euros c'est le record d'Europe bon toute catégorie ce qui montre là aussi que Macron a bien rattrapé son retard alors après on nous dit oui mais d'accord mais quand même c'est l'autre logique ils nous disent ça sert finalement tout ça à profiter à tout le monde le pouvoir d'achat de tout le monde a augmenté et bien là moi je vous le dis il y a un mensonge là dessus il y a un excellent article d'Alter Eco qui est un journal économique qui vient de paraître et qui regarde un peu ce qu'on appelle le pouvoir d'achat du revenu arbitrable par unité de consommation oubliez ce terme je me rappelle à peine du terme une fois lu mais ce qui est intéressant c'est qu'est ce qu'il signifie c'est le pouvoir d'achat des gens une fois que vous avez calculer le nombre de personnes par foyer qui tient compte de l'inflation et des dépenses contraintes c'est à dire qu'est ce qui nous reste et bien figurez vu le revenu français des moyens en 10 ans il n'a augmenté par an que de 0,15% le pouvoir d'achat 0,15% autrement dit il a stagné en moyenne et par contre maintenant on regarde la même chose pour les PDG d'un groupe d'entreprises qui s'appelle le SBF 120 c'est à peu près les plus grosses entreprises françaises là aussi je vous propose d'oublier cet acronyme c'est juste pour bien dire pour prouver qu'on sait ce qu'on dit et bien le revenu lui de ces PDG il a augmenté 32% dans le même temps alors il faudra me prouver il faudra essayer de me prouver que les PDG ont eu leur productivité augmenter de façon telle que eux méritent d'avoir plus d'un tiers d'augmentation de leur pouvoir d'achat pendant que la moyenne des français et donc quand on dit moyenne ça veut dire que certains ont gagné encore moins ont vu leur revenu augmenter de 0,15% par an voilà cette situation et cette situation ça montre une chose c'est que ce qui coûte cher dans ce pays et encore plus cher depuis que Macron est président de la république c'est le capital c'est pas le prix du travail qui coûte cher ce que ils appellent eux le coût du travail c'est le capital qui coûte de plus en plus cher à la nation et de façon tellement insupportable qu'il entraîne effectivement un l'appauvrissement je l'ai dit mais deux aussi le fait que les salariés et bien payent la note parce que ce capitalisme financiarisé là et bien à un moment donné sa façon évidemment d'établir des marges toujours plus importantes avec des résultats à deux chiffres ce qui est historiquement haut dans l'histoire du capitalisme il le fait de différentes manières il peut le faire en délocalisant ce qu'il fait d'ailleurs il ne se prive pas de le faire et de ce point de vue là l'Union Européenne lui offre j'allais dire un espace parfait puisque c'est un espace sans contraintes douanières sans harmonisation fiscale et sociale où vous pouvez jouer comme ça d'un pays à l'autre en comptant sur que le prix du travail soit moins élevé mais il le fait sinon évidemment en jouant sur les revenus du travail voilà un peu le décor et il ne va pas s'améliorer je vous l'annonce à l'avance excusez-moi des mauvaises nouvelles si Jean-Luc Mélenchon n'est pas élu ce qui est un élément de plus pour lequel il faut qu'il soit élu c'est que l'INSEE table avec ses augmentations d'énergie sur le fait que l'an prochain eh bien les français perdront en général au premier sommet 0,5% de pouvoir d'achat et je vous assure que 0,5% n'est qu'une moyenne qui là aussi va faire mal en général aux plus défavorisés de nos concitoyens voilà les situations alors là-dessus qu'est-ce que nous dit le MEDEF regardez jeudi à la télé Jean-Luc passe à une émission de France 2 où il va être en face de Roux de Bézieux qu'est-ce que dit le MEDEF le MEDEF n'arrête pas de pleurer c'est ça qui est paradoxal le MEDEF nous dit le patronat nous dit enfin en tout cas le patronat des entreprises financiarisées parce que je ne les mets pas dans le même bain que le petit entrepreneur d'une TPE, PME qui souvent en réalité se retrouve avec les mêmes contraintes par rapport à des grosses boîtes qui sont les donneurs d'ordre ils disent ils disent bon bah oui d'accord mais s'il y a cette situation si la France connaît ses problèmes c'est parce qu'elle ne va pas encore assez loin et qu'ils mettent en avant ce qu'on appelle le taux de prélèvement ils disent la France a le record d'Europe du taux de prélèvement alors d'abord ça c'est pas je suis désolé mais bon on a le droit d'avoir des records d'Europe du taux de prélèvement vous payez nos mécanismes de solidarité mais surtout ce qu'il ne dit pas c'est que la France elle a un autre record c'est que la France c'est le pays où est redistribué le plus d'argent aux entreprises sans contrainte ni contrepartie et ça aussi Macron l'a accéléré et il l'a tellement accéléré que rien que pour rester sur l'exemple du CAC 40 on a eu l'exemple l'an dernier d'entreprises du CAC 40 qui ont eu des aides publiques à coût de dizaines de milliards que ce soit à travers le chômage partiel à travers le CICE etc.
je ne vais pas vous faire l'énumération et qui dans le même temps a fait les 69,4 milliards d'euros de dividendes donc tenez-vous bien ils reçoivent des aides publiques ils font des dividendes vous avez compris ils font moins d'investissements mais en plus ils ont supprimé 30 000 emplois en France voilà comment comment voulez-vous que cette logique qui est évidemment la pure logique capitaliste fonctionne c'est-à-dire un capitaliste qui prend les aides publiques et qui après les moulinent pour à la fois créer des bénéfices et faire des suppressions d'emplois et ça c'est quelque chose qui évidemment à terme ne peut pas durer donc voilà pour résumer ce qu'est Macron Macron c'est le néolibéralisme dans toute sa splendeur le néolibéralisme on a peut-être tendance des fois à le confondre avec le libéralisme le néolibéralisme la différence avec le libéralisme c'est qu'il pense que l'Etat doit intervenir mais il pense que l'Etat doit intervenir pour justement garantir le bon respect du marché et le bon respect du fait de faire le maximum de bénéfices et donc il casse les lois sociales etc etc Macron c'est ça et Macron s'il est élu je termine là-dessus on sait ce qu'il nous promet en gros il va d'abord reprendre là où il a dû s'arrêter du fait du Covid et du fait de la mobilisation sociale il va casser complètement nos retraites ça on le sait c'est annoncé il va continuer à privatiser et puis il annonce aussi autre chose il annonce une politique d'austérité pendant 5 ans comme on n'aura jamais vu dans la 5ème République ce que je vous dis là c'est pas de la propagande c'est là aussi ce que nous dit le maire et pourquoi nous fait-il ça et pourquoi nous annonce-t-il ça parce que si vous avez bien suivi tout à l'heure je vous ai dit que pendant cette crise du Covid on a quand même perdu de la croissance on a perdu de la production de richesses comment on se retrouve dans la situation où est la sortie de la crise on se retrouve avec une production de richesses qui remontait à peu près au même niveau qu'elle était avant la crise et bien tout simplement on a fait des déficits on a fait de la dette j'ai écrit un bouquin là-dessus pour aller le trouver à la sortie qui propose d'annuler la dette mais eux ils ne proposent pas d'annuler la dette eux ils nous disent pendant les 5 ans à venir vous allez rembourser une grande partie de ces dettes autrement dit ce sont les gens qui comptent sur les services publics sur les mécanismes de solidarité sur les salaires les revenus du travail qui vont payer cette perte de production de richesses et non pas le capital faire des politiques d'austérité qui cassent les services publics qui imposent des politiques de baisse des services publics puisqu'ils ne veulent pas augmenter d'impôts ce n'est rien d'autre qu'une nouvelle traduction justement de la guerre des classes que je décrivais tout à l'heure c'est à dire au service du capital voilà ce qu'il nous promet pour les 5 ans à venir alors par rapport à ça c'est là-dessus que je vais conclure je crois qu'on peut dire une chose c'est que au final si je regarde Macron et son monde et son monde économique et social qu'il nous propose et là Clémentine avait raison de dire tout à l'heure qu'il y a d'autres candidats à droite et extrême droite qui se différencient certainement par le degré j'allais dire de dureté voire pire même pour Zemmour et Le Pen dans le domaine de l'autoritarisme du racisme etc mais par contre sur le plan économique et social il se différencie absolument pas de Macron c'est le même monde qu'il nous propose c'est le même monde au service du capital donc en réalité le seul candidat la seule force de l'Union Populaire qui aujourd'hui offre une alternative par rapport à ça et donc propose un autre système social qui est basé non plus sur une politique de l'offre mais une politique de la demande qui est une politique qui vise à faire en sorte que se dire bon bah les revenus du capital ils ont peut-être eu assez pendant 30 ans quoi il faudrait peut-être redistribuer de l'autre côté dans les revenus du travail c'est Jean-Luc Mélenchon il n'y a pas d'autre alternative aujourd'hui sur la table que celle que nous proposons pour espérer gouverner le pays et ça sera effectivement à travers un plan d'urgence ça sera effectivement à travers un plan d'urgence là je vais aller vite parce que Clémentine l'a énuméré mais ce plan d'urgence il aura effectivement d'abord comme première intention de commencer à redistribuer les richesses en faveur du monde du travail alors effectivement ça passe par le salaire le sping à 1400 euros net ça passe par le fait de contraindre à des négociations par branche dès que nous n'arrivons pas par entreprise comme ils ont contraint comme ils ont obligé à le faire ce qui évidemment met les salariés dans une situation d'infériorité mais par branche pour l'augmentation des salaires ça sert à faire en sorte d'encadrer dans une même entreprise les salaires de 1 à 20 ce qui fait que quand vous voulez vous augmenter que vous êtes au maximum des revenus de l'entreprise vous êtes obligé d'augmenter tout le monde ça sert ça a été dit à en finir avec le gel d'indice des fonctionnaires et à revenir sur ce gel d'indice depuis Sarkozy ça sert effectivement c'est une autre manière de distribuer les richesses à redistribuer le temps de travail la retraite à 60 ans des vraies 35 heures en allant vers les 32 heures et puis ça sert aussi ça se fait aussi et j'allais dire à certaines personnes de gauche que ce n'est pas contradictoire ça sert aussi à augmenter les minima sociaux parce que nous nous considérons que si on doit augmenter les salaires on ne peut pas vivre en dessous du seuil de pauvreté dans ce pays ce qui fait que le RSA doit être à 1063 euros qu'il doit y avoir un RSA jeune de 1063 euros que les étudiants et les lycéens professionnels indépendants fiscalement de leur famille doivent être à 1063 euros et que de ce point de vue là ça permette à des gens de vivre dignement même s'ils n'ont pas de travail et même s'ils n'ont pas d'emploi et enfin ce que nous proposons qui est une autre façon de remettre de l'argent dans le monde du travail c'est de créer des emplois et ça la machine pour créer des emplois le mécanisme la méthode c'est la planification écologique qui répond à la question environnementale parce que pour faire une planification écologique pour faire en sorte de suivre la règle verte que nous constitutionnaliserons c'est à dire ne plus consommer et produire plus que la terre ne peut absorber et bien il faut embaucher massivement il faut embaucher massivement des fonctionnaires en finir par exemple avec cette réduction qui fait que le ministère de la transition écologique est le ministère des pauvres de ce pays et que chaque année c'est des milliers de suppressions d'emplois en finir avec le fait que dans tout à peu près des catégories y compris ceux par exemple qui travaillent sur les questions de la fiscalité contre l'exil fiscal à Bercy qu'on continue à supprimer des fonctionnaires ça veut dire aussi qu'on va réembaucher dans les services publics qu'on va renationaliser des entreprises qui ont été aujourd'hui privatisées je pense aux autoroutes qu'on va revenir sous l'ouverture à la concurrence du chemin de fer de l'énergie tout ça c'est des choses qui vont non seulement être nécessaires pour le pays pour le climat mais ça va être nécessaire aussi pour les fins de mois ça va être nécessaire pour créer de l'emploi qui eux-mêmes cercle vertueux vont créer des cotisations des impôts et qui permettront à chacun j'allais dire de mieux vivre et de mieux respirer dans le pays donc c'est quelque chose d'absolument décisif une remarque tout ce que je viens de vous dire et c'est une des choses qui nous séparent avec beaucoup d'autres candidats de gauche tout ce que je viens de vous dire ouverture à la concurrence finie le fait justement de permettre qu'on ne s'attache pas à la fameuse règle des 3% de déficit mais qu'on estime qu'on fait les déficits qu'on doit faire pour payer les hôpitaux les investissements les écoles etc tout ça est contraire au traité européen et donc nous assumons que pour accomplir notre programme nous désobéirons au traité européen voilà aussi quelque chose d'absolument fondamental qui n'est pas contradictoire avec le fait de nous servir de rapport de force pour les négocier avec nos autres partenaires pour des nouveaux traités d'une Europe très différente de celle qui est aujourd'hui mais à aucun moment nous ferons en sorte de choisir entre notre programme et la question des traités nous désobéirons autant de fois que nécessaire et là pour le coup je termine vraiment nous sommes donc la seule alternative à Emmanuel Macron bien moi je crois qu'on peut gagner l'élection je crois qu'on peut gagner cette élection je crois que paradoxalement ça va peut-être vous étonner mais je pense qu'il va être plus dur d'aller au deuxième tour que de gagner l'élection ensuite parce que moi je suis certain dans ce pays que si Jean-Luc Mélenchon est au deuxième tour et bien il y aura quelque chose qui va se passer parce que ce pays n'est toujours pas libéral il y a plein de signaux ça peut être totalement contradictoire à certains moments ça peut être même par des expressions qui ne nous satisfait pas tout ne nous a pas satisfait par exemple en telle ou telle réaction des gilets jaunes même si on a décidé parce que ça marquait justement une révolte par rapport à la question fiscale et par rapport à la question démocratique d'y participer mais ce que je veux dire par là c'est que par contre il y a un fonds antilibéral qui reste majoritaire si Jean-Luc il est au deuxième tour moi je vous fiche mon billet que contre Macron il gagne voilà ça ça me rend par incertain et donc toute la question aujourd'hui c'est d'aller au deuxième tour alors ne vous laissez pas avoir parlé sondage on a réussi le mois de janvier on est en tête de la gauche moi les seuls sondages que je regarde sérieusement c'est ceux qui ne mettent pas de côté tous ceux qui hésitent parce qu'en fait ces sondages là ils ne font qu'une chose ils espèrent que les gens qui hésitent ne vont pas aller voter parce que les gens qui hésitent qui ne veulent pas aller voter nous les connaissons ils sont avec nous ils sont dans les classes populaires ils sont parmi les jeunes ils sont ceux qui ce qui fera soit notre victoire s'ils vont voter soit notre défaite s'ils s'abtiennent et les tenants du système ne tiennent qu'à une chose c'est qu'ils n'aillent pas voter voilà pourquoi ils produisent des sondages qui sont des sondages pessimistes qui produisent du pessimiste moi je préfère regarder les sondages il y en a un qui vient de sortir dans Marianne encore une fois ce soir qui nous met à 13% à deux points du deuxième tour et parmi les forces qui sont derrière nous et c'est mon dernier message que je voulais dire ce soir parmi les forces il y a le candidat Fabien Roussel que je diffère et que je mets dans une situation pour moi différente des candidats du centre-gauche parce que qu'on le veuille ou pas qu'on ait des choses à dire vis-à-vis des communistes qu'on ne soit pas d'accord sur tout notamment sur la question du nucléaire et bien ils sont et on le constate tout le temps à l'Assemblée du côté de la rupture avec ce système c'est pas vrai les communistes ne sont pas d'accord avec le système tel qu'il est produit que quelque part le système utilise la candidature de Roussel essaie de la promouvoir en se disant ça va gêner France Insoumise oui mais ça c'est pas le propos des communistes et moi je voudrais m'adresser à eux ce soir dans ce dernier sondage dont je parle ils sont à 3,5 3,5 plus 13 ça fait 16,5 ça veut dire que 16,5 c'est largement de quoi aller au deuxième tour et je pense que jusqu'au bout en tout cas je veux donner ce message ce soir on va s'adresser à eux jusqu'au bout pour qu'ensemble on forme une majorité parce que je suis sûr que chez eux il y a encore cet esprit qui fait qu'il vaut mieux gouverner le pays appliquer un programme de rupture que de se compter chacun dans nos parties voilà un peu le message aussi que j'avais envie de donner ce soir en tout cas quoi qu'il arrive quelle que soit la situation moi je suis sûr qu'on peut gagner le nombre que vous êtes ce soir ici le prouve on va gagner on va gagner en avril prochain il faut construire les chances de victoire parce que c'est impératif pour notre pays
merci merci merci bravo Eric bravo Clémentine on remercie tout le monde de s'être déplacé ce soir on remercie aussi la salle de la cité
je vous signale l'existence d'une petite table qui est dans ce coin là-bas avec beaucoup de livres à disposition et notamment ceux d'Eric Coquerel sur la question de la dette et du chantage à la dette et celui de Clémentine Autain sur la surconsommation qui vous le voyez recoupe un certain nombre de thèmes évoqués ce soir et évidemment le programme l'avenir en commun et bien d'autres ça ce sont des achats émancipateurs donc je vous invite et ils peuvent signer les livres évidemment c'est l'occasion d'avoir des petits autographes
et en partant n'hésitez pas à laisser une petite pièce au drapeau merci à vous bonne soirée à très bientôt
bonne soirée à toutes et tous
Clémentine Autain