Jean-Philippe Tanguy : "Le cordon sanitaire autour du Rassemblement national a largement sauté"
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Et dans le grand entretien d'Inter ce matin avec Marion Lourd, nous recevons un député élu Rassemblement National de la Somme. Il est numéro 2 du groupe RN à l'Assemblée Nationale. Bonjour Jean-Philippe Tanguy. Bonjour Monsieur le Dame. Dans quelques minutes, vous pourrez dialoguer, échanger avec les auditeurs d'Inter qui peuvent vous appeler et vous interpeller au 01 45 24 7000 ou tout simplement sur l'application France Inter. On a beaucoup de dossiers à aborder avec vous. L'actualité est riche. La campagne pour les élections européennes vient de commencer. Trois mois, trois mois c'est long, c'est court aussi. Et on va commencer malgré tout par une question de géopolitique.
Emmanuel Macron, le président de la République, recevait les chefs de parti dont le vôtre, Jordan Bardella, jeudi, pour parler de l'aide à apporter à l'Ukraine. La thèse d'Emmanuel Macron, je le cite, c'est que face à un ennemi qui ne met aucune limite, nous ne pouvons pas nous permettre d'en formuler. Je ferme les guillemets. Qu'est-ce qui vous a gêné dans cette phrase qu'on comprenne bien votre position aujourd'hui dans le conflit russo-ukrainien ?
Ce qui nous a inquiétés, d'ailleurs, plus que gênés, et pas seulement nous, moi j'ai été attentif à toutes les réactions des forces politiques qui ont été reçues et sur ce sujet-là, elles sont quasiment unanimes de la gauche jusqu'au Rassemblement National, c'est l'envoi de troupes au sol. Déclaration qui a inquiété grandement l'âge majorité de Français, si j'en crois, les sondages, qui a inquiété l'ensemble de nos alliés, aussi bien au sein de l'Union Européenne qu'au sein de l'OTAN, tant et si bien que la plupart des dirigeants de ces pays ont dû recadrer publiquement M. Macron. M. Macron a été même recadré par ses propres services.
Ce n'est plus le cas aujourd'hui.
Hier, la Pologne a soutenu le président de la République, les pays baltes également. Sur une autre formulation, et donc M. Macron, ensuite, a dû revoir ses déclarations. Je l'ai aussi entendu M. Lecornu, hier, qui lui-même a fait des déclarations bien différentes, où on revenait en fait à un soutien logistique et à un soutien de formation de l'armée ukrainienne, et c'est sûr, ces déclarations... Il n'a jamais été question de troupes combattantes au sol. Écoutez, moi je veux bien qu'on réécrive ce qu'a dit M. Macron. Il a tout au moins eu une ambiguïté lors de ses déclarations, puisqu'il avait un taux extrêmement martial.
Il n'a absolument pas précisé lors de ses déclarations, lors de ses déclarations, lors de ses conférences de presse assez longues, qu'il voulait se limiter à la formation de troupes ou l'envoi de services logistiques. On voit bien, au mieux, enfin au mieux, il était pour l'intérêt du monde, de la paix dans le monde, il était dans la provocation du débat national. C'est ce que vos confrères de l'opinion ont révélé. C'est qu'ils voulaient visiblement démasquer le Rassemblement National et les autres forces politiques, dire qui, soi-disant, était dans la caricature et qui était dans la caricature, c'est lui.
Or, sur des décisions aussi importantes, sur des déclarations aussi importantes que la guerre ou la paix, je ne conçois pas qu'un président de la République puisse être dans la politique politicienne. Et c'est quand même assez grave. Et d'ailleurs, je pense que même ses soutiens au sein de la majorité, je l'ai vu au Parlement, n'étaient pas très fiers des déclarations de M. Macron. Alors, ça s'appelle l'ambiguïté stratégique. En tout cas, l'Élysée appelle ça comme ça. Le fait de ne pas dire qu'on a des forces au sol, mais qu'elles ne sont pas combattantes, c'est aussi une façon, peut-être, de peser sur Vladimir Poutine. Parce que, sinon, qu'est-ce qu'on fait ?
Mais, madame, moi, ça j'entends ce que vous dites. C'est effectivement les propos de M. Locornu hier. Vous n'avez pas eu de réaction négative aux propos du ministre de la Défense, qui était, dans ce que vous dites, dans la position que vous indiquez, mais sans aller, comment dire, sans ouvrir des perspectives martiales, des perspectives d'entrée en guerre de la France avec des troupes au sol, qui ont inquiété, en une fois encore, tout le pays. Donc, moi, je veux bien qu'on ne refuse que M. Macron fasse des erreurs, que tout ce que dit M. Macron est toujours parfait. Moi, je pense que M.
Macron a commis une erreur, qu'il a voulu entrer en campagne politique de la pire des façons possibles, et qu'il s'est fait recadrer, aussi bien en interne qu'à l'extérieur, par l'ensemble de nos alliés, par toutes les forces politiques françaises. Et tant mieux, puisque je crois qu'il n'y a pas de Français, aujourd'hui, qui veulent partir en guerre en Ukraine. Alors, on a du mal, quand même, Jean-Philippe Tanguy, à comprendre votre position, la position du RN vis-à-vis de la Russie. Parce que, par exemple, pour le premier débat télé des Européennes, jeudi prochain, votre président, Jordan Bardella, envisage de se faire représenter par l'eurodéputé Thierry Mariani.
Thierry Mariani, en 2019, épinglé par la DGSI, comme un relais d'influence de Moscou. C'est quoi le message, là ? Non, mais, il y a deux choses totalement différentes. La première chose, notre position sur l'Ukraine, la position du RN depuis le premier jour, Marine Le Pen, Jordan Bardella, elle est très claire.
Nous voulons la victoire militaire de l'Ukraine, nous voulons que le droit international soit rétabli, à savoir la préservation des frontières telles qu'elles sont reconnues par l'ensemble des pays du monde, que l'Ukraine récupère ses frontières et ses territoires, et qu'on restaure un climat de paix, évidemment, et de dialogue sur notre continent, qui ne soit pas géré par la Chine, la Turquie ou d'autres pays. Et comment ? Nous soutenons l'effort de guerre ukrainien par l'ensemble des aides que la France a versées pour le moment, par les prêts... Vous allez voter celles qui vont être présentées...
On va en reparler, j'imagine, par les prêts qui ont été faits à l'Ukraine, par un soutien matériel, tant qu'il ne s'agit pas de matériel militaire lourd qui permettrait d'attaquer le territoire russe et d'entrer dans un engrenage que nous ne voulons pas. Et en fait, M. Macron ne supporte pas que notre position sur le sujet ukrainien soit en fait quasiment la même que la sienne et veut s'inventer un personnage de leader très courageux qui ne l'est pas. Voilà, donc tout ça est assez fallacieux. Sur le fait que M. Mariani soit envoyé au débat politique, M. Mariani est député européen, M. Mariani est un de nos plus brillants orateurs, je ne vois pas pourquoi il ne pourrait pas assurer ce débat.
Et en 2018, il allait dans le Donbass superviser une élection jugée illégale par la communauté internationale qui était organisée par la Russie pour annexer cette région, clairement. Il n'a pas, à cette occasion, soutenu les positions de la Russie. Non, il supervisait une élection qui était jugée illégale. Ce n'est pas le seul parlementaire occidental et européen qui allait superviser ces élections. Certes, il l'a fait. On peut être en d'accord, on peut être en désaccord, ce n'est pas pour ça que ça en fait un pro-russe. M. Mariani a toujours eu ses positions et s'en est expliqué devant la commission d'enquête parlementaire de l'Assemblée nationale sous serment.
Vous remarquerez que les déclarations qu'il a faites n'ont jamais été contestées pour mensonge, puisque vous savez que devant cette déclaration, devant cette commission d'enquête parlementaire, pardon, on ne peut pas mentir. Aucun membre de cette commission d'enquête parlementaire de la majorité ou de la NUPES a contesté les propos qu'a tenus M. Mariani. Donc en fait, on est en permanence autour de M. Mariani ou autour du Rassemblement national dans la diffamation, dans la propagation de fake news sur les ingérences étrangères. Excusez-moi, il y a eu deux poursuites aujourd'hui qui sont engagées suite à la commission d'enquête parlementaire sur les ingérences et concernent M.
Buntan, ancien parlementaire macroniste sur la Chine et M. Julien Laferrer, parlementaire NUPES, ancien macroniste. Voilà, il n'y a aucune poursuite judiciaire suite à cette commission d'enquête qui a rassemblé toutes les forces politiques contre des membres du Rassemblement national. On peut être un relais d'influence sans être dans quelque chose de répréhensible pénalement. Mais si vous êtes un relais d'influence, il y a des dispositions aujourd'hui du code pénal qui permettent de vous mettre en cause et rien ne permet de vous mettre en cause. Je rappelle aussi que nous avons auditionné la DGSI lors de cette commission d'enquête. Elle ne l'a pas mis en cause, M. Mariani.
En revanche, le président de la République, lui, a dit très clairement que la Russie s'était ingérée dans sa campagne présidentielle de 2017 et il disait qu'il y avait un risque d'ingérence russe dans la campagne des Européennes en France.
Il y a eu une tentative d'ingérence russe en 2017 par la propagation d'un certain nombre de fake news. Mais je le rappelle aussi qu'à cette époque, M. Lavrov, ministre des Affaires étrangères, avait classé ainsi les candidats qui avaient sa préférence pour le régime russe. Et l'ordre était M. Fillon, M. Macron et il n'y avait pas Mme Le Pen dans ce duo de tête.
D'un mot, Jean-Philippe Tanguy, la Suède est le 30e pays membre de l'OTAN. C'est fait. Vous leur dites bienvenue aux Suédois ? Bienvenue dans l'Alliance Atlantique ?
Oui, oui. Nous avons soutenu le fait que la Suède puisse rentrer dans l'OTAN.
On va retourner maintenant au standard. Bonjour Laurent et bienvenue sur Inter. Vous nous appelez de Marseille.
Oui, bonjour. Vous m'entendez ?
Oui, parfaitement. Et vous aviez une question sur la politique étrangère, justement.
Laurent, oui, de Marseille. Bonjour. Bonjour. Je vais essayer de ne pas être long. Une question et une réflexion. Réflexion, il y a l'île de France Inter, tout simplement avant de démarrer et ne me couper pas. Ça fait 40 ans que j'écoute la radio. Mon père écoutait aussi. Je trouve que la gestion du conflit sur le palestinien par France Inter est très partisane, voire un petit peu limite propagande pro-palestinien. Il y a des moments où on oublie qu'Israël, c'est la pointe avancée de l'Occident.
Écoutez, nous faisons tout pour ne pas être partiaux. Non, voilà.
Je suis un peu déçu et je voudrais que vous ne me coupiez pas parce que ça me fait beaucoup de peine.
On a entendu ce que vous vouliez nous dire.
Dernier mot, c'est la pointe avancée de l'Occident Israël et elle lutte contre de l'obscurantisme comme nous, nous le faisons au quotidien. Et je trouve que tous les jours, j'ai l'impression d'être sur une chaîne partisane, compassionnelle, ça me gêne.
En tout cas, c'est votre jugement et on ne va pas le contester. On ne va pas en débattre. Mais là, une question à Jean-Philippe Tanguy.
Ça me fait beaucoup de peine pour la radio que j'écoute, qui est une chaîne privée.
Alors, votre question, Laurent.
Question, monsieur. Justement, sur le conflit Israël-Palestinien, parce qu'on a beaucoup parlé d'Ukraine et tout, et à juste titre, je n'arrive pas à avoir une vision claire de leur positionnement dans ce conflit. Je les trouve assez discrets, on n'entend rien. Donc, où en est-il aujourd'hui, monsieur Tanguy, sur ce conflit-là ? Parce que quand le Hamas a fait ses monstruosités, tout le monde s'est un peu réveillé. Or, bien sûr, je les insoumis. Et après, on n'entend plus parler.
Alors, qu'est-ce que pourrait-nous donner le RN, qui sont sur une position pas pro-israélien, mais qui soutiennent et qui comprennent même les dérits d'Israël dans leur lutte, ou est-ce qu'ils sont, comme la majorité des gens qu'on entend, pro-palestiniens, aveuglés, sans raison et sans discernement ? Voilà.
Jean-Philippe Tanguy va vous répondre, Laurent.
Notre position, elle est très claire. Elle est réaffirmée de façon constante. Nous sommes pour le droit à Israël de se défendre dans ce conflit. Israël a été attaqué de la pire des façons possibles par un mouvement terroriste qu'il convient d'éliminer du territoire et malheureusement, la guerre est une réalité terrible et c'est le Hamas qui prend son peuple en otage et qui, je le rappelle, garde encore des personnes innocentes sous son joue. Donc Israël mène sa défense comme elle le peut, de la moins pire des façons possibles.
Évidemment, c'est une démocratie et il y aura les enquêtes nécessaires s'il y a eu des crimes de guerre ou s'il y a eu des choses qui n'étaient pas acceptables mais Israël, rappelons-nous, est une démocratie qui se défend. Quand la France a été attaquée par des attentats, personne n'est venu nous demander des comptes sur ce que nous avons fait en Irak contre l'État islamique.
Est-ce que vous pensez que la France devrait déplacer son ambassade et la transférer de Tel Aviv à Jérusalem ?
Non, nous sommes dans la ligne traditionnelle française telle qu'elle avait déjà établie par le général de Gaulle puis François Mitterrand et Jacques Chirac. Nous maintenons l'espérance d'avoir un jour deux États et nous voulons maintenir l'ambassade là où elle est aujourd'hui. Jean-Philippe Tanguy, on le disait, la campagne des élections européennes a commencé. Vous avez une tête de liste, votre président, Jordan Bardella. Il n'a pas vraiment de bilan à défendre à Bruxelles. Pas plus d'une vingtaine d'amendements déposés en cinq ans. 650e député sur 705 concernant sa présence dans l'hémicycle parlementaire européen. Ce n'est pas un handicap ça pour faire campagne ? Non, pas du tout.
Vous avez un autre classement où Jordan Bardella est le député le plus influent du Parlement européen. C'est-à-dire, quand vous êtes parlementaire... Le classement de qui ? C'est le classement du Parlement. Il y a une influence au sein du Parlement et il y a une influence en dehors du Parlement par rapport à votre rôle de parlementaire. Alors, M.
Bardella, comme leader de l'opposition à cette construction européenne, a alerté sur l'ensemble des grands sujets qui aujourd'hui sont au cœur du débat et je pense que sans lui et son travail parlementaire, les Français ne s'y auraient pas au courant sur le pacte des migrations, sur les dérives du pacte vert, sur le déri de la loi qui est très mal nommée « Restauration de la nature ». Autant de sujets qu'il y a aujourd'hui sur lesquels les européistes font machine arrière et donnent raison au Rassemblement national. C'est ça le rôle d'un parlementaire, ce n'est pas de déposer des amendements pour déposer des amendements. Il est très étrange, je dis aussi comme parlementaire français...
Pour influencer la loi ? Quand vous êtes en désaccord, un amendement, comme il le dit très bien, c'est pour nuancer une loi. Quand vous êtes en désaccord avec la totale, avec une politique européenne, vous ne déposez pas d'amendement, vous ne votez pas les lois qui vous sont proposées. C'est un peu comme au Parlement français, je me souviens, on avait jugé à l'aune du nombre d'amendements la position sur les retraites. Écoutez, ce n'est pas parce que vous déposez 6 000 amendements que vous vous opposez à une réforme des retraites, vous vous opposez, vous votez contre, point.
Voilà, c'est vraiment drôle, enfin ironique, à quel point le droit d'amendement est devenu le juge d'une action parlementaire. Ça n'avait jamais été le cas avant une période très récente. Ça montre un travail parlementaire, en tout cas. C'est de l'agitation. Non, je suis désolée. Déposer, surtout maintenant que c'est fait avec des instruments informatiques, déposer des centaines ou des milliers d'amendements ne dit absolument rien de votre travail. Vous faites partie d'un groupe au niveau européen qui s'appelle IDÉ, qui est un assemblage avec différentes droites extrêmes européennes.
Ce groupe, il a un cordon sanitaire, ça veut dire que personne ne travaille avec vous, ça veut dire que vous ne ferez pas d'alliance avec d'autres parties. Est-ce que vous allez rester au sein de ce groupe ? Ça veut dire, est-ce que vous allez être condamné à rester dans l'opposition européenne ? Mais ça, nous verrons. Vous savez, il y avait un cordon sanitaire avant autour du Rassemblement National, il a largement sauté parce qu'on fait des politiques avec des réalités où aujourd'hui peuvent se permettre de mal se comporter avec des eurodéputés qui sont élus par les peuples, avec des listes qui étaient en tête dans deux pays importants comme l'Italie et la France. Je crois que ce sera fini.
Moi, je me souviens très bien comment on parlait de Mme Mélanie qui était présentée... Elle n'est pas dans votre groupe. Non, non, mais d'accord, oui, mais avant qu'elle gagne les élections et quel est le pouvoir qu'elle a en Italie qui était présenté. On avait inventé le terme post-facile, je ne sais pas ce que ça veut dire et Mme Mélanie n'est pas mon amie. Et puis maintenant, elle est associée à toutes les décisions dans l'Union européenne. Deuxièmement, on n'a pas spécialement envie d'être associé à la co-gestion de l'Union européenne telle qu'elle se fait depuis 50 ans contre laquelle on est. Donc, vous savez, le cordon sanitaire...
Vous avez envie d'être associé à des Bulgares qui disent que les Juifs sont des invités dans leur pays ? Vous avez envie d'être associé par exemple à des Italiens qui disent que les juges russes et les médecins russes vont juger si la Russie est responsable de la mort de Navalny ? Vous avez envie de rester avec ces gens dans ce groupe ID ? Les Bulgares, je ne crois pas qu'ils vont rester dans ce groupe pour ce qui est des déclarations italiennes et sont un peu plus compliquées que cela et le gouvernement italien est un fervent soutien de l'Ukraine. Je finis quand même ce que je voulais dire.
Moi, le cordon sanitaire, vous savez, moi j'aimerais bien qu'on le mette autour de ceux qui ont ruiné l'Europe, qui ont fait que depuis 20 ans l'Union Européenne a une croissance structurellement déficitaire par rapport aux Etats-Unis, que la richesse par habitant en Union Européenne s'est effondrée, qu'en 1992 toutes les régions de France étaient plus riches du PS, des socialistes, des républicains et de la Macronie, parfois des Verts, qui s'allient depuis 50 ans pour ruiner l'Europe et la France.
Les résultats de l'Union Européenne sont catastrophiques dans le domaine économique, dans le domaine financier, dans le domaine industriel, dans le domaine de la défense, on le voit, où nos industries sont incapables de soutenir l'effort ukrainien et de combattre une puissance comme la Russie. Elles sont catastrophiques en agriculture, elles sont catastrophiques dans le domaine de la santé, où nous sommes dépendants sur l'ensemble des molécules les plus importantes pour soigner les habitants de l'Europe.
Donc on voit bien que cette co-gestion des européistes, nous, c'est nous qui voulons mettre un cordon sanitaire contre eux, puisqu'ils ont échoué sur tout et j'ai absolument pas envie d'être associé à ces gens.
Hier, il y avait une cérémonie officielle place Vendôme, Jean-Philippe Tanguy, l'interruption volontaire de grossesse, s'était scellée dans la Constitution, dans le texte fondamental et à ce moment-là, vous, par exemple, vous soutenez l'inscription de l'IVG dans la Constitution, contrairement à un certain nombre de députés RN, au moment même ou quasiment votre parti présente aux élections européennes et en position éligible, un homme dont le nom n'est pas connu du grand public, c'est Alexandre Varro, qui est farouchement opposé à l'IVG. Il a eu cette phrase, je le cite, il n'y a qu'un pas du diagnostic prénatal à l'eugénisme de la fission de l'atome à Hiroshima.
Comment est-ce que vous pouvez concilier les deux positions et que pensez-vous de cette déclaration qui fait froid dans le dos ?
C'est une déclaration évidemment que je ne partage pas à titre personnel. Monsieur Varro a changé sur l'IVG, il soutient la loi telle qu'elle est aujourd'hui en France et par définition s'il rejoint notre liste et qu'il n'est pas en désaccord avec le fait que nous ayons voté la constitutionnalisation de l'IVG. Je vous rappelle qu'il y a seulement 11 parlementaires RN sur 91 qui ont voté contre la constitutionnalisation alors qu'il y a 50 parlementaires LR qui ont voté contre et c'est d'ailleurs leur droit. Et je réponds très tranquillement à votre question, Monsieur Varro, comme tous les opposants ou les anciens opposants à l'IVG ne sont pas essentialisables sur leur seule position.
Il a des qualités éminentes, c'est un grand juriste, c'est un grand avocat, il a par exemple défendu les communes victimes de l'ERICA, il a défendu les familles des victimes du drame de Bretigny, il a été président du conseil de l'ordre des avocats.
Il faut aussi que dans notre pays et moi qui ai toujours milité pour le droit à l'accès à l'IVG, j'ai toujours milité pour d'autres acquis sociétaux comme le mariage pour tous, on doit respecter ceux qui ont des opinions différentes, tant que ce n'est pas l'appel à la haine évidemment, à la violence, à des moyens qui ne sont pas légitimes dans le débat démocratique, il faut aussi arrêter de vouloir exclure du débat démocratique des personnes qui ont des opinions minoritaires.
On a le droit de ne pas être d'accord avec la majorité sans être accusé de tous les maux, on a le droit d'avoir des convictions religieuses qui vont contre la très très grande majorité des français, c'est le sens d'une démocratie aussi monsieur Badou, je sais que vous le savez, c'est qu'on doit respecter les opinions minoritaires sans les diaboliser. Or, je ne dis pas ce que c'est que c'est ce que vous dites du tout, c'est assez étrange comme formulation de la gauche qui semble mépriser toutes personnes qui n'ont pas leur avis sur l'IVG ou d'autres questions sociétales.
Parlons de vous et en l'occurrence la question de l'IVG, votre candidate à l'élection présidentielle, je vais y arriver, disait elle-même que c'était une question absolument déterminante et là on a l'impression que vous relativisez finalement le discours d'Alexandre Varro mais peu importe. Je vous ai dit
que j'étais en désaccord monsieur Badou avec cette position, je vous ai dit que monsieur Varro pour figurer sur d'autres listes avait assuré qu'il soutenait le droit à l'IVG tel qu'il existait aujourd'hui en France. Je vous dis juste qu'on ne peut pas essentialiser les gens et les réduire à une seule position même si vous êtes en désaccord avec cette position. Votre oratrice Hélène Laporte qui s'est exprimée pendant le congrès, elle a dit ainsi la lettre constitutionnelle laisse au législateur le soin de trancher la question si lourde de conséquence du délai. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que l'ERN au pouvoir pourrait remettre en cause le délai légal de 14 semaines pour pratiquer un IVG ?
On s'est opposé à ces 14 semaines on était pour rester sur 12 semaines. Je vous rappelle que M. Macron lui-même n'était pas pour porter le délai à 12 à 14 semaines. Ça ne l'a pas empêché de se remettre. Vous restez sur cette position-là ? Oui, moi je pense que c'était mieux à 12 semaines. Pourquoi ? Mais attendez, il faut une réponse complète. Nous étions contre l'extension de ce délai parce que dans l'essentiel des cas, c'est parce qu'il est aujourd'hui difficile d'avoir accès à l'IVG pour des raisons médicales et qu'il y a un tiers de nos départements qui sont un désert gynécologique.
Vous avez un grand problème d'accès à la prévention, un grand problème d'accès à la médecine pour les femmes. Les femmes, en particulier les mères de famille, sont celles qui sacrifient le plus leur santé, leur accès à la santé du fait de leur charge mentale et des contraintes qui s'imposent à elles. Et si vous voulez élargir le délai, non parce que c'est une demande des femmes, mais parce qu'on a des problèmes dans le système de santé, ce n'est pas acceptable. Je ne crois pas que ce soit une grande avancée. C'est au contraire un recul de l'accès à la santé pour les femmes.
Hier, le président de la République a salué la mémoire de grande figure du féminisme. Il est allé fleurir les tombes de Simone Veil, Simone de Beauvoir et Gisèle Halimi. Il a bien fait ?
On peut honorer ces personnes. Gisèle Halimi ? J'ai un désaccord avec Gisèle Halimi, non pas sur son engagement féministe, mais sur le rôle qu'elle a eu sur la guerre en Algérie où elle a défendu des intérêts opposés à la France et soutenu des mouvements qui ont assassiné et tué des Français. Donc évidemment, je ne peux pas mettre sur un même plan Madame Halimi et les deux autres femmes qui sont admirables.
Donc Emmanuel Macron n'aurait pas dû aller fleurir sa trompe ?
Mais si, mais moi, je peux comprendre qu'on rende hommage à quelqu'un sans partager tous les combats de cette personne ou même condamner une partie des combats de cette personne. Moi, je ne suis pas un donneur de leçons, un inquisiteur, je suis pour la tolérance et surtout, je ne suis pas non plus pour faire les procès des gens une fois qu'ils sont morts et puis là, pour se défendre, surtout que Madame Halimi, elle savait se défendre elle-même, même quand elle se trompait lourdement.
Merci Jean-Philippe Tanguy d'avoir été l'invité de France Inter.
Merci Jean-Philippe Tanguy
Jean-Philippe Tanguy