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interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 2 octobre 2024 23 min

"La voix de la France est de montrer un soutien inébranlable à Israël" dit Sébastien Chenu

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Invité

France Inter, Léa Salamé, Nicolas Demorand, le 7-10.

0:04
Présentateur

Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin le vice-président du Rassemblement National, député RN du Nord. Vos questions et réactions au 01 45 24 7000 et sur l'application de Radio France. Sébastien Chenu, bonjour. Bonjour. Et bienvenue à ce micro au lendemain du discours de politique générale de Michel Barnier. On va en parler dans quelques instants, mais d'abord le Proche-Orient qui s'embrase après l'assassinat du chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, jeudi dernier et les bombardements lancés par Israël sur le Liban. L'Iran a réagi en envoyant près de 200 missiles balistiques sur Israël hier vers 19h, heure française. Comment arrêter l'escalade ? La France peut-elle faire entendre sa voix ?

0:53
Sébastien Chenu

Bien sûr que la France peut faire entendre sa voix. D'abord en réaffirmant, et je sais que le ministre des Affaires étrangères est allé au Liban hier, il a eu raison, d'abord en soutenant le Liban agressé, cannibalisé, abîmé par le Hezbollah chaque jour davantage. Et puis évidemment en condamnant les attaques de l'Iran faites contre Israël, c'est-à-dire en soutenant Israël, en continuant à soutenir Israël, qui se défend non seulement contre des terroristes, mais aussi contre des voisins qui veulent les exterminer. Et donc je crois que la voie de la France, c'est de montrer un soutien inébranlable face à Israël.

Je ne dis jamais un soutien inconditionnel parce que je pense que le seul pays qui mérite un soutien inconditionnel, c'est notre propre pays, c'est la France. Mais un soutien inébranlable face à Israël qui lutte contre le terrorisme et qui lutte contre l'islamisme.

1:45
Invité

Israël a promis de répliquer au tir de missiles iraniens, ils payeront, a dit le porte-parole de l'armée israélienne. Est-ce que vous soutenez, vous soutiendrez une riposte d'Israël sur l'Iran ?

1:54
Sébastien Chenu

Mais comment ne pas soutenir un peuple qui se défend ? Comment ne pas soutenir une démocratie qui est agressée ? On est à un an des attaques du 7 octobre, de ces centaines de victimes. On a des otages qui sont encore pris dans les mains des terroristes du Hamas. Comment ne pas soutenir Israël ? Évidemment qu'Israël attaqué par l'Iran, Israël attaqué par le Hamas, Israël attaqué aussi au Liban par le Hezbollah, en réalité, doit et peut se défendre. Il y a un cadre, il y a un cadre juridique dans lequel évidemment...

2:32
Invité

Il est respecté le cadre juridique ?

2:33
Sébastien Chenu

En tout cas, il faut appeler à ce qu'il le soit chaque jour davantage.

2:37
Invité

Sur le Liban, il est respecté le cadre juridique ?

2:38
Sébastien Chenu

En particulier, c'est vrai, une certaine retenue d'Israël vis-à-vis des populations civiles. Il y a un cadre, il faut que les répliques d'Israël se fassent dans ce cadre. Il y a une résolution, je crois que c'est la résolution 1701 de l'ONU, sur les bombardements et les stratégies de guerre qui doivent être respectées.

2:58
Invité

Michel Barnier hier a appelé à faire cesser les hostilités au Liban. Vous appelez vous aussi Israël à cesser les bombardements et les incursions terrestres au Liban ? Ou il faut qu'il continue ?

3:06
Sébastien Chenu

Mais l'arrêt des bombardements ne peut se faire qu'à partir du moment où il y a un plan politique derrière, où il y a une solution politique derrière. On ne peut pas juste dire arrêtez les bombardements et rentrez chez vous. Ça ne peut pas fonctionner. Et ça ne fonctionnera pas.

3:17
Invité

Benjamin Netanyahou a un plan politique ?

3:20
Sébastien Chenu

En tous les cas, il va falloir qu'il y ait un plan politique. Et c'est là où la France peut probablement jouer. Parce que la France est à la fois amie d'Israël, amie du Liban. « Oui, nous avons un rôle à jouer ». Si on dit simplement à Netanyahou arrêter les bombardements, c'est inentendable pour lui. Il faut un plan politique. Il faut un plan politique d'abord pour aider le Liban aussi, pour l'aider à se reconstruire demain, pour l'aider à mettre en place un régime démocratique, l'épauler, l'accompagner dans ce processus à venir. C'est essentiel. La France a un mot à dire. Un rôle à jouer, c'est une évidence.

3:50
Présentateur

Sébastien Chenu, venons-en donc maintenant au discours de politique générale de Michel Barnier. Une heure et demie de discours. Un exposé de cinq chantiers prioritaires qu'on va détailler. Mais d'abord, une question simple, rituelle. Avez-vous trouvé ce discours à la hauteur de la situation politique,

4:08
Sébastien Chenu

inédite tout de même, de la France ? C'était quand même le grand méchant flou, quoi. Michel Barnier a cherché un peu à nous endormir, à zigzaguer entre les lignes rouges définies par les différents groupes politiques, à gagner du temps aussi, probablement, ça se voyait. Et de tout ça, il ressort quelque chose, une impression qui n'est pas très claire. On ne sait pas très bien jusqu'où il veut aller, jusqu'où il veut aller sur le pouvoir d'achat des Français, sur la sécurité, sur l'immigration. Il a fait des impasses aussi terribles. Je l'entendais quelques jours avant le discours de l'Assemblée nationale dire, par exemple, une de mes priorités, c'est le grand âge. Pourquoi pas ?

Il n'en a absolument pas reparlé, absolument pas reparlé, dans son discours de politique générale. Donc, on sent quand même un Premier ministre dont le cap est assez flou, dont les propositions restent très incertaines.

4:57
Invité

Marine Le Pen, après le discours, a dénoncé une coalition du vide et du cynisme, fustigeant les arrangements, les désistements et les combines qui ont amené à la nomination de Michel Barnier. Les mots sont durs. Le vide, le cynisme, les arrangements. Et pourtant, vous ne censurez pas.

5:11
Sébastien Chenu

Mais parce qu'on ne veut pas rajouter du chaos politique à cette situation que traverse le pays. On est dans une situation extrêmement difficile. Les finances publiques sont exsangues. L'insécurité est particulièrement importante dans notre pays, avec des faits de société qui terrorisent les Français chaque jour. On a quand même une situation très abîmée du pays. On ne va pas rajouter du chaos politique. Donc, nous, on a dit, on laisse Michel Barnier nous proposer ses pistes. On l'a vu hier, ça nous semble un peu court. Moi, je dirais qu'il n'a pas marqué un point hier. On lui laisse élaborer maintenant le budget, c'est-à-dire la déclinaison de ses grandes orientations politiques.

Mais sincèrement, tout ça me paraît, pour le moins, très déceptif.

5:52
Invité

Mais n'est-ce pas une fausse menace, au fond ? La censure, c'est votre manière de dire, on va censurer. Mais au fond, il vous va bien, ce gouvernement de Michel Barnier, non ?

6:03
Sébastien Chenu

Non, parce que, j'allais dire, si Michel Barnier prend conscience d'un certain nombre de sujets sur lesquels il faut bouger, par exemple, je vois que sur l'écart d'Ital, la lutte contre la fraude et l'écart d'Ital biométrique, il a retenu nos propositions. Donc, si ça permet d'ouvrir les yeux sur un certain nombre de sujets, très bien, ça veut dire que ce sera toujours ça de gagné pour les Français.

Mais si à côté, c'est un Premier ministre qui finit par tondre les sociétés, les ménages, la France du travail à travers l'impôt, parce qu'on ne sait pas jusqu'où, j'ai écouté le ministre des Finances chez un de vos confrères dernièrement, on ne sait pas ce qu'ils veulent faire, jusqu'où ils veulent le faire, alors là, ce sera difficile. Et puis, il n'y a pas de rupture franche avec le macronisme. En fait, on voit bien que tout ça, ce sont des zigzags, mais il n'y a pas de rupture avec le macronisme.

6:46
Présentateur

Sébastien Chenu, quand vous entendez Bruno Retailleau vouloir le retour de la double peine, un référendum sur l'immigration, remettre en cause l'état de droit, qu'y a-t-il de différent avec ce que vous dites, vous, au Rassemblement National ? Laure Lavalette, elle-même, députée RN, elle l'a reconnue. Quand on écoute Bruno Retailleau, on a l'impression que c'est un porte-parole du Rassemblement National.

7:08
Sébastien Chenu

Vous assumez cette proximité-là ? Mais c'est vrai que Bruno Retailleau reprend dans son discours beaucoup de nos propositions, de nos arguments ou de nos positionnements. Mais ça, c'est le verbe. Et encore une fois, si vous voulez, moi, je me souviens d'un Bruno Retailleau, par exemple, très hostile à la construction européenne, souverainiste avec Philippe Devilliers. Aujourd'hui, il siège dans un gouvernement dont le ministre des Affaires européennes est probablement l'incarnation du fédéralisme. Jean-Noël Barraud est l'incarnation familiale, intellectuelle du fédéralisme. Donc, les discours de Bruno Retailleau ne vont pas suffire.

J'ai vu aussi que Michel Barnier l'avait, si ce n'est recadré, il l'avait borné en tous les cas. Il le borne en lui mettant, de toute façon, à ses côtés un garde des sceaux.

7:49
Invité

Mais pour vous, ça pourrait être un porte-parole du Rassemblement National ? Vous reprenez ce qu'a dit Laure Lavalette hier ?

7:56
Sébastien Chenu

Pas un porte-parole du Rassemblement National parce qu'il va falloir à Bruno Retailleau une sacrée dose de courage dans un gouvernement construit pour que tout ça n'aille pas au bout des logiques. En fait, ce que je crois, c'est qu'ils pensent que dire, c'est faire. Et c'est souvent la faiblesse de ceux qui nous dirigent depuis des années. Ils pensent que dire, c'est faire. Et ensuite, ils sont obligés de ne pas aller au bout de certaines logiques parce qu'ils composent, ils négocient, ils renoncent. Et moi, je crois que...

8:24
Invité

C'est un gouvernement de compromis. Il l'a dit, Michel Barnier.

8:27
Sébastien Chenu

C'est bien le souci. C'est que dans ce gouvernement, et c'est bien ce qu'on a dénoncé, c'est qu'il n'y aura pas de capacité à aller au bout d'un certain nombre de logiques et aller au bout de la rupture avec le macronisme.

8:38
Invité

Oui, mais de fait, personne n'a la majorité absolue, ni vous, ni eux.

8:42
Sébastien Chenu

Certes, mais les Français ont fait passer des messages. Les Français ont fait passer des messages. Et moi, je crois qu'il y a des majorités trouvables sur des sujets. Nous, on a fait un certain nombre de propositions. Mais regardez...

8:51
Invité

Des messages, notamment le Front Républicain qui a marché. Sébastien Chonu vous en a l'épée. C'était un message, non ?

8:57
Sébastien Chenu

C'était plutôt une façon de contourner par des arguties politiques la volonté exprimée par les Français dès le premier tour. Mais je note, par exemple, Michel Barnier parle assez vaguement, d'ailleurs, du pouvoir d'achat des Français. Et puis, sa réponse, pour l'instant, c'était d'avancer la revalorisation du SMIC prévue en janvier à novembre. Je ne crois pas que ce soit une politique. Je pense qu'il a juste avancé de quelques mois une revalorisation du SMIC. Mais le pouvoir d'achat, moi, j'aurais attendu de Michel Barnier.

Qu'il dise, puisqu'il a parlé des partenaires sociaux, réunissons les partenaires sociaux, travaillons sur l'augmentation des salaires des Français jusqu'à trois fois le SMIC en échange de gel de cotisation patronale. Et puis, allons-y pour donner de l'oxygène à la France du travail. Rien. En fait, à part cette revalorisation du SMIC avancée, ce n'est pas ça une politique de pouvoir d'achat.

9:46
Présentateur

Sébastien Chenu, Michel Barnier, a rappelé que la véritable épée de Damoclès était notre dette financière colossale. Il a annoncé souhaiter ramener le déficit à 5% en 2025, 3% en 2029. Et pour lui, le premier remède doit être la réduction des dépenses et la fin de l'argent magique. Pour l'instant, on n'a pas le détail des mesures. Mais est-ce que

10:09
Sébastien Chenu

vous partagez l'objectif ? Mais son objectif, il est assez intenable pour plusieurs raisons. D'abord, il l'a dit lui-même, il a fait une réponse assez crue à la Gabriel Attal où il a souligné qu'il héritait d'une situation qui avait été créée par ses prédécesseurs. Mais le problème, c'est que Michel Barnier fait partie de ses prédécesseurs. Il n'a pas lui-même gouverné, mais ses amis ont accompagné finalement cette politique durant toutes ces années. Donc, c'est leur héritage commun. Demain, la réduction, enfin, revenir à un déficit de 5% me semble un peu audacieux.

Alors, on n'a pas les mesures précises, il me semble un peu audacieux dans le sens où il n'ouvre pas un certain nombre de dossiers de dépenses taboues. Nous, on a parlé souvent des dépenses de l'immigration, mais ce ne sont pas les seules de dépenses taboues sur lesquelles il y aurait des économies importantes et pérennes à réaliser. Il refuse de les ouvrir. Comme quoi, à part l'immigration ? Par exemple, les énergies intermittentes. Moi, j'ai vu que dans le projet de budget, l'un des seuls budgets en hausse, c'est par exemple l'éolien et notamment l'éolien en mer, qui va mobiliser 500 millions.

11:16
Invité

Il a parlé également de la dette écologique. Il a dit qu'il n'y a pas que la dette financière et la dette écologique. Elle n'existe pas, la dette écologique ?

11:21
Sébastien Chenu

Si, probablement. Mais là, c'est autre chose. Moi, je vous parle des énergies intermittentes qui coûtent beaucoup d'argent aux Français. Les parcs éolien en mer, ce sera 500 millions d'euros de plus dans le budget avec une très faible capacité de résultat. Donc, je veux bien qu'on ait des objectifs écologiques, mais il faut y mettre les moyens et des moyens efficaces. Or, je considère qu'aujourd'hui, ce gouvernement a pris, là encore, de mauvais chemin. Et là aussi, il y a des économies à réaliser.

11:45
Invité

Alors, Michel Barnier, vous le savez, a demandé hier une contribution exceptionnelle aux Français les plus fortunés ainsi qu'une participation au redressement collectif. Ce sont ces mots aux grandes et très grandes entreprises qui réalisent des profits importants. Vous, vous avez indiqué pas de hausse d'impôt, ligne rouge, pas de hausse d'impôt. Là, il y a une hausse d'impôt. Vous voterez contre ?

12:03
Sébastien Chenu

Non, mais nous, ce qu'on ne veut pas, c'est qu'on s'appuie sur ce qui fait tenir aujourd'hui notre économie, c'est-à-dire la France du travail et les PME, les TPE, les entreprises qui aujourd'hui ont déjà un certain nombre de difficultés pour finalement venir essayer de combler les trous du budget. Donc, si Michel Barnier, et c'est là où on ne sait pas où il va le mettre le curseur, et ce matin, je n'étais pas rassuré en écoutant Antoine Armand, si Michel Barnier, à un moment, met le curseur à un niveau qui nous semble inacceptable, c'est la ligne rouge.

12:32
Invité

Mais c'est quoi le niveau inacceptable ? Vous avez parlé du grand méchant flou pour le discours de Michel Barnier sur cette question des surprofits ou de taxer les plus riches, vous êtes également flou au Rassemblement National, vous n'êtes pas très clair. Vous voulez ou non taxer les plus riches ?

12:46
Sébastien Chenu

Non, sur les surprofits, on l'a demandé et je rappelle que dans la dernière législature, c'est le Modem et la gauche qui ont empêché de faire aboutir notre proposition sur les surprofits, c'est-à-dire pas des profits, il est normal qu'une entreprise fasse des profits, mais des surprofits, c'est-à-dire des résultats qui sont faits en dehors de la stratégie d'entreprise.

13:02
Invité

Sur la contribution exceptionnelle aux Français les plus fortunés, vous voulez qu'ils fassent une contribution exceptionnelle ? Oui ou non ?

13:08
Sébastien Chenu

Mais c'est quoi les Français les plus fortunés ? Moi, je reprends par exemple François Hollande disait qu'on est riche à partir de 4000 euros. Ça ne me semble pas être totalement juste. Donc, où met le curseur ou le Premier ministre met-il le curseur ? Et je me méfie de politiques qui commencent par dire on va faire payer les Français les plus fortunés sans nous expliquer qui ils sont et qui à la fin, on l'a vu avec beaucoup de ménages, notamment qui aujourd'hui sont mis à contribution et bien qui touchent tout le monde.

13:35
Invité

Les 0,001% des plus riches, il faut qu'ils fassent une contribution exceptionnelle ou non ?

13:41
Sébastien Chenu

Mais probablement qu'il faut faire en sorte de revoir notre fiscalité et mettre à contribution ceux qui peuvent encore le faire. Mais attention, là où on met la barrière, où on met le curseur comme je l'ai dit et je pense que ce n'est pas clair et quand ce n'est pas clair, on connaît la chanson, quand c'est flou, quand c'est le grand méchant flou, c'est qu'il y a un grand méchant loup.

14:01
Invité

Vous citez Martine Aubry.

14:03
Sébastien Chenu

Voilà. J'améliore même.

14:04
Présentateur

Et on passe au standard d'Inter, on change de sujet. Jean-Paul, bonjour.

14:09
Locuteur non identifié

Oui, bonjour. Voilà, je vous remercie de me prendre ma question. Je vous en prie,

14:14
Présentateur

soyez les bienvenus.

14:15
Locuteur non identifié

Voilà, je voudrais vous parler d'un sujet qui me tient à cœur, en fait, c'est au sujet de la loi sur la fin de vie, en fait. Je voudrais demander à M. Chenu de me donner leur position et de faire en sorte que cette loi finisse par aboutir car, bon, vous vous en doutez, je me sens très concerné, bien sûr. Et je voudrais aussi qu'on parle de cette loi et qu'enfin elle puisse aboutir. Je voudrais lui demander de relever le drapeau et qu'enfin cette loi aboutisse, ça me serait d'un grand soulagement.

14:51
Présentateur

Vous l'attendez, cette loi, Jean-Paul ?

14:53
Locuteur non identifié

Je l'attends, oui, bien sûr. Je l'attends, je la souhaite, je l'espère. Je voudrais aussi qu'on foute la paix aux gens qui donnent beaucoup d'amour, qui aident les gens à partir, des gens comme moi qui veulent, qui demandent qu'à partir, en fait.

15:09
Présentateur

Merci, Jean-Paul. Merci infiniment pour votre question, votre témoignage et on a entendu votre émotion. Sébastien Chenu vous répond.

15:16
Sébastien Chenu

Bonjour, monsieur et merci d'attirer notre attention sur cette problématique douloureuse. Moi, je n'ai pas de leçons à donner en la matière, j'ai quelques idées. La première, c'est que je pense que le développement des soins palliatifs est la première porte d'entrée pour pouvoir répondre à la question d'une fin de vie digne et sans souffrance. Les soins palliatifs, les unités de soins palliatifs ne sont pas dans tous les départements de France, ne sont pas dans tous les hôpitaux et je pense que l'effort premier, avant même d'ouvrir le débat, il est celui-ci. Je n'ai pas entendu cela dans la bouche de Michel Barnier et je pense qu'il est nécessaire.

Pour le reste, une loi sur la fin de vie, moi, j'étais prêt à en voter une.

15:57
Invité

Quelle est la position du Rassemblement National ?

15:58
Sébastien Chenu

On a une liberté totale de vote sur ça parce que ça fait appel à des expériences, à des convictions, à des intimités. Moi, j'étais prêt à en voter une même si je trouve que le dernier débat parlementaire tournait mal. Il me semblait ouvrir des portes qu'il aurait été difficile de refermer après. Donc, je n'ai pas aimé la fin du débat parlementaire alors qu'à titre personnel, je suis prêt à regarder ça avec bienveillance.

16:25
Invité

Question courte, réponse courte. L'enterrement de la réforme de l'assurance chômage, c'est bien ou pas bien ?

16:29
Sébastien Chenu

Oui, c'est bien.

16:30
Invité

C'est bien ?

16:30
Sébastien Chenu

Oui, c'est bien.

16:31
Invité

Revoir les partenaires sociaux sur la réforme des retraites pour l'améliorer ?

16:35
Sébastien Chenu

Oui, mais il y a une chose plus simple à faire, c'est commençons par l'abroger. Nous, c'est ce qu'on propose dans notre niche parlementaire. La niche, c'est un moment où l'opposition peut maîtriser l'ordre du jour. On fait ça le 31 octobre et une fois qu'on abroge le texte actuel, eh bien, on peut réouvrir une grande négociation.

16:51
Invité

Michel Barnier s'est dit prêt à une réflexion sur le scrutin proportionnel. Demandez de longue date du Rassemblement national. Vous dites quoi ce matin ?

16:57
Sébastien Chenu

Mais là encore, c'est un peu flou. Une réflexion, ça veut dire quoi ? Nous, c'est clair, on demande le scrutin proportionnel avec une prime majoritaire, c'est-à-dire que tout le monde soit représenté, une prime majoritaire pour stabiliser, effectivement, le Parlement. Donc, Michel Barnier nous dit qu'il veut bien y réfléchir, c'est déjà ça de pris, mais là encore, parler, réfléchir, c'est bien, agir, c'est mieux. Sébastien Chenu,

17:19
Présentateur

un procès décisif s'est ouvert ce lundi pour votre parti, il doit durer deux mois. C'est le procès des assistants du Parlement européen, Marine Le Pen, le RN et plus de 20 personnalités de votre parti sont jugées devant le tribunal correctionnel de Paris pour détournement de fonds publics, complicité et recel de fonds publics. Il risque jusqu'à 10 ans de prison, 1 million d'euros d'amende et 5 ans d'inéligibilité. Il est reproché à Marine Le Pen, alors eurodéputée et aux autres prévenus d'avoir touché du Parlement européen 6,8 millions d'euros, 6,8 millions d'euros versés à des assistants qui n'ont jamais travaillé ou presque jamais pour le Parlement européen, ce qui est illégal.

Êtes-vous serein déjà et avez-vous confiance en la justice ?

18:08
Sébastien Chenu

On est serein, on est combatif, la justice, j'espère, verra les choses avec l'objectivité qu'on attend d'elle. si on remet notre sort entre les mains de la justice de notre pays, on ne peut pas dire que ça puisse nous laisser dormir tout à fait sereinement chaque jour si on regarde le passé. Souvent, on a été très maltraité, voire plus maltraité que les autres, mais sur ce dossier-là, je pense qu'il y a des choses à dire qui sont importantes. D'abord, c'est un procès sur la liberté politique et parlementaire. Nos collaborateurs ne sont pas les employés du Parlement européen. C'est ça aussi qui est important.

18:47
Invité

Ils sont payés par le Parlement européen et la règle, c'est qu'ils effectuent un travail lié au Parlement européen. Or, on le voit dans le dossier, vous le savez, vous le connaissez. Le dossier d'accusation parle d'un système centralisé, parle d'assistant parlementaire bien en peine d'expliquer ce qu'il faisait pour le Parlement européen. Certains n'ayant jamais mis les pieds au Parlement européen. Il y a aussi un échange de courriel entre un ex-député à Rennes et Valérente Saint-Just. Ce que Marine nous demande équivaut qu'on signe pour des emplois fictifs, on va se faire allumer, auquel Valérente Saint-Just à l'époque trésorier disait je crois que Marine sait tout cela.

Il y a des choses qui sont accablantes et il y a de l'argent. 6,8 millions d'euros qui ont été versés au Rassemblement national.

19:26
Sébastien Chenu

Deux choses très précises. Zéro enrichissement personnel. C'est important de le dire. Aucun euro n'est allé dans la poche des dirigeants politiques du Rassemblement national. Zéro enrichissement personnel. Zéro emploi fictif. On nous reproche de ne pas avoir travaillé, que nos collaborateurs n'aient pas travaillé, le Parlement européen. Ben non, on ne travaille pas pour le Parlement européen, on travaille pour des idées politiques et il se trouve que ces idées politiques, quand on est député d'opposition, elles sont a priori parfois contradictoires avec les décisions, les volontés de la Commission, du Parlement, etc.

19:58
Invité

Vous assumez en fait ce matin d'avoir enfreint les règles ?

20:01
Sébastien Chenu

Non, pas d'avoir enfreint les règles. Nous n'avons enfreint aucune règle. Nous avons fait de la politique. Si le Parlement européen veut que les collaborateurs ne travaillent que dans un sens, c'est-à-dire soutenir la logique politique du Parlement européen, eh bien, à ce moment-là, il faut les transformer

20:16
Invité

en salariés du Parlement européen. Aujourd'hui, les assistants parlementaires de Jordan Bardella et de tous ceux que vous avez envoyés au Parlement européen, ils travaillent pour le parti ou ils travaillent pour le Parlement européen ? Vous avez changé vos règles.

20:25
Sébastien Chenu

Ils travaillent pour des députés européens qui mènent un combat politique contre cette structure et qui ont été élus pour le faire. Oui, nos collaborateurs, comme nos élus, évidemment, font de la politique et c'est probablement ce qui déplaît fortement au Parlement européen qui aimerait avoir des classes bien sages de gens qui ne travaillent que dans la même direction.

20:42
Présentateur

Et donc, vous estimez que c'est au Parlement européen

20:43
Sébastien Chenu

de financer le parti, c'est ça ? Ah non, pas du tout. C'est au Parlement européen de financer les collaborateurs de ses députés dans leur diversité. Les députés ont une diversité, ils sont élus, ils ont des diverses opinions politiques et les députés emploient leurs collaborateurs et leur font faire. D'ailleurs, c'est pareil à l'Assemblée nationale. Quand on embauche un collaborateur, on lui attribue une mission, une tâche dont on est le juge arbitre.

21:07
Invité

Le modem a été condamné alors que le Parlement n'avait versé qu'1,4 million d'euros. Vous, c'est 6,8 millions d'euros. Est-ce que vous craignez la condamnation ?

21:16
Sébastien Chenu

Non, je ne crois pas parce qu'on a des éléments qui vont nous permettre d'expliquer notre innocence, notre bien fondé. Donc, on est assez serein, on est combatif. Marine Le Pen n'est pas du genre à se planquer. Non, elle y va. Elle est chaque jour, en tous les cas, aujourd'hui, au moment où je vous parle, elle sera présente pour répondre, argumenter, faire valoir nos droits. Parce que derrière, je le disais, c'est la liberté politique qui est en jeu.

21:39
Invité

En revanche, Jean-Marie Le Pen n'a pas pu assister au procès des assistants parlementaires du FN. Vous levez les yeux au ciel, Sébastien Chenu ?

21:45
Sébastien Chenu

Oui, c'est un monsieur qui a 96 ans, qui n'est pas dans un état de santé qui lui permet probablement de répondre.

21:53
Invité

Effectivement, une expertise a estimé qu'il n'était pas en état d'être jugé pour des raisons de santé. 96 ans, il a pourtant été filmé ce week-end en train de chanter en compagnie de Match Retour. Vous connaissez ce groupe de rock lyonnais proche de la sphère néo-nazie. Marine Le Pen a indiqué qu'elle avait déposé plainte pour abus de faiblesse contre le groupe de musiciens. Il s'invite toujours au bon moment, Jean-Marie Le Pen, non ?

22:11
Sébastien Chenu

Oui, je crois que là, ce n'est pas lui vraiment qui s'est invité. Il est manipulé. Marine Le Pen a déposé plainte, vous l'avez dit, pour abus de faiblesse. C'est-à-dire qu'il y a derrière des gens qui essayent de faire un procès à Marine Le Pen, de régler un compte à Marine Le Pen en utilisant la faiblesse aujourd'hui de Jean-Marie Le Pen et je pense que tout ça est assez malvenu. On sait très bien qu'il y a derrière ces groupes.

22:34
Présentateur

Merci Sébastien Chenu, vice-président du Rassemblement National, député RN du Nord. Merci d'avoir été à ce micro.