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Discours / meetingÉlysée (sur YouTube)· 10 septembre 2021 41 minAutoproduitFond programmatiqueAgriculture & alimentationEnvironnement & énergieÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

Table ronde à l'occasion de la 7e édition des Terres de Jim.

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 85 %Attaque 5 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:00PrésidentFait
    « les agriculteurs ont été là quand il a fallu nourrir la nation il y a un an et demi »
  • 4:00PrésidentChiffre
    « on a investi un milliard d'euros, la réponse rapide pour être aux côtés »
  • 6:00PrésidentChiffre
    « on a mis 200 millions d'euros sur ces sujets-là, pour aider les exploitations agricoles à s'adapter au changement climatique »
  • 10:00PrésidentChiffre
    « nous allons créer le système de l'assurance récolte français et il va reposer sur trois piliers. D'abord, la solidarité nationale. Nous avons décidé qu'on mettra 600 millions d'euros par an en moyenne pour permettre de financer le système »
  • 11:00PrésidentChiffre
    « on a à peine 30 % des exploitants agricoles qui sont aujourd'hui couverts »
  • 17:00PrésidentChiffre
    « on augmente le revenu minimum agricole et on permet d'avoir une retraite décente pour les conjoints et surtout les conjointes. Dès le mois de novembre, on va passer à 85 % du SMIC »
  • 21:00PrésidentFait
    « 75 % de la viande qu'on consomme dans nos restaurants n'est pas française, ni canadienne ou que sais-je, elle est belge ou allemande »
  • 23:00PrésidentPromesse
    « on va enfin pouvoir faire sortir cette fameuse régulation sur l'origine, ce fameux Décret origine qui fait qu'à partir de 2022, on va avoir l'obligation, pour toute la restauration collective, que ce soit en milieu scolaire, en milieu administratif ou en milieu privé, d'indiquer l'origine des viandes »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

D'abord merci beaucoup, Président. Bonjour à toutes et tous et ravi d'être parmi vous en cette journée. On n'a même plus besoin du soleil, de toute façon on avance.

Je trouve que c'était important, en cette rentrée un peu particulière, d'être à vos côtés et d'essayer d'apporter des réponses mais, au-delà de ces réponses, marquer aussi un soutien au monde agricole. Je le disais, on le rappelait tout à l'heure en échangeant un café du CAF justement, les agriculteurs ont été là quand il a fallu nourrir la nation il y a un an et demi. Vous êtes là depuis des décennies mais, quand tout s'est fermé, quand parfois on s'est aperçu que ce qu'on importait n'arrivait plus parce qu'il y avait la tension de la crise sanitaire, j'ai eu l'occasion de le dire dès le mois de mars 2020 mais nourrir le pays était une fonction essentielle et les agricultrices et les agriculteurs l'ont fait.

Donc ce soutien que je vous apporte aujourd'hui et qui est constant depuis le début de mon engagement, c'est aussi un soutien fait de remerciements parce que vous avez été là. Vous m'avez posé des questions précises. Je vais essayer d'apporter des réponses précises sur d'abord gel, sécheresse, l'ensemble des aléas climatiques.

Ça ne changera pas, de toute façon vous continuerez à être exposés aux aléas climatiques. La présidente de la FNSEA avait l'occasion de dire quand on s'était vu il y a quelques mois, nous on a des entreprises dont la nature, le ciel, est le toit. Et donc en quelque sorte tout ce qui se passe on le récupère.

Je sais que votre président a aussi porté constamment ce sujet. Première chose, c'est être au rendez-vous de la réponse rapide quand il y a des événements comme le gel qu'on a connu il y a quelques mois. C'est ce qu'on a fait.

Vous avez un ministre et un Premier ministre qui sont arrivés dans les jours qui ont suivi et on a investi, et je dis bien " investir " parce que, si on laisse un exploitant tomber, derrière c'est évidemment un drame humain mais ce sont aussi une exploitation et des investissements passés qui tombent. Là, on a investi un milliard d'euros, la réponse rapide pour être aux côtés, j'avais eu l'occasion à Montpellier de voir plusieurs jeunes d'ailleurs qui avaient été touchés directement par ces terribles calamités et ce gel. Donc premier élément, on continuera de répondre de manière exceptionnelle et d'ailleurs la première tranche des aides a été touchée.

Là, les dossiers sont en train d'être instruits, on en parlait avec la MSA tout à l'heure et je remercie d'ailleurs la MSA du boulot qui est fait à cet égard, et tout ça sera complété dans les semaines et les mois qui viennent. Deuxième élément c'est comment mieux se protéger, vous l'avez dit vous-même, contre ces risques. Cela suppose des investissements.

C'est pour ça que dans le plan de relance on a mis 200 millions d'euros sur ces sujets-là, pour aider les exploitations agricoles à s'adapter au changement climatique et à procéder aux investissements parce qu'on ne peut pas laisser les exploitants agricoles le faire seuls. Ce volet-là on l'a fait dans le plan de relance. On va le compléter et le continuer, on parle toujours d'agriculture durable mais résiliente, c'est le mot maintenant qui est à la mode, et ça veut dire qu'il faut pouvoir dire quand on va avoir un risque d'inondation qu'on sait de plus en plus fréquent, le risque grêle ou gel qui peut arriver, en tout cas ça fait trois fois qu'on l'a dans les cinq dernières années donc il va être récurrent, comment on s'adapte et on s'équipe pour y faire face.

Donc cela, je considère que la réponse c'est de l'accompagnement de l'État en prévention. Dans ce volet prévention, il y a évidemment face à la sécheresse, vous êtes de plusieurs territoires qui connaissent aussi ces événements récurrents, c'est le rapport à l'eau. C'est pour ça qu'avec le ministre on a voulu lancer le Varenne de l'eau.

Les travaux maintenant sont lancés et les groupes organisés et c'est pour moi une réponse très importante. Elle doit être territorialisée mais il faut investir, simplifier les procédures et permettre de débloquer les projets pour que les agriculteurs puissent faire face à ce qu'on sait qui va être un phénomène croissant parce que nous avons le réchauffement climatique, parce qu'il y a aussi parfois des concurrences entre les usages de l'eau mais on ne peut pas laisser en impasse nos agriculteurs face à ça. Le Varenne de l'eau seront des solutions très concrètes pour justement avoir une organisation sur l'ensemble du territoire français, hexagone et outre-mer, et simplifier nos projets parce que je sais que beaucoup d'entre vous ont parfois porté des projets.

On a réussi dans certains bassins à les débloquer plus vite, ça dépend des contraintes qu'on connaît et donc c'est assez variable selon les territoires mais il faut qu'on arrive à accélérer et à les sortir. Et, dans le cadre de ce Varenne, vous l'avez évoqué en parlant du rapport Député Descrozaille qui est avec nous et que je salue parce qu'il a fait un rapport unanimement salué, il y a la question de l'assurance récolte. Cette question n'est pas neuve et je pense que je ne suis pas le premier président de la République qui en parle devant des jeunes agriculteurs et devant des paysannes et des paysans.

Et le ministre de l'Agriculture, je pense que c'est le Xème qui en parle. Simplement, il y a quelques éléments qui changent et je crois que le moment est peut-être dans notre main. D'abord on les a vu se multiplier ces catastrophes, ces calamités.

Et je crois que personne dans le pays ne peut douter qu'aujourd'hui vous êtes les premiers et les premières à vivre les conséquences du changement climatique et donc ça va continuer à s'accélérer et on ne peut plus attendre. On ne peut pas vous demander de continuer à nourrir en gardant la qualité qui est la nôtre, de nous adapter pour moderniser, pour faire face aux défis, transitions climatiques, biodiversité et autres et dire, alors même qu'on est touché par les conséquences, on ne change pas le système. Ensuite on s'est aussi aperçu, avec tout ce qu'on a vécu ces dernières années, du drame humain auquel cela conduit.

Pourquoi ? Parce qu'on a à peine 30 % des exploitants agricoles qui sont aujourd'hui couverts. C'est autour de cela le chiffre et, dans certaines filières, c'est beaucoup moins.

Les éleveurs c'est autour de 1 % qui prennent une assurance. Dans l'arboriculture, c'est autour de 6 %. Ça veut dire qu'on a des secteurs entiers qui parfois, quand il y a une catastrophe qui arrive, perdent tout, qui ne sont pas assurés parce que c'est trop cher ou parce qu'on a de plus en plus de situations où on dit vous n'êtes plus assurable.

Et je veux ici saluer le travail qui a été fait aussi avec Groupama et le groupe Crédit Agricole Pacifica parce qu'il y a vraiment une solidarité avec le monde agricole de ces assureurs historiques et classiques. Et donc le travail a été fait avec le député Descrozaille, votre ministre, les assureurs. Je salue les syndicats agricoles, la présidente de la FNSEA et le président des JA qui est ici présent, et on a débouché sur un système que je voudrais vous présenter de manière très simple.

Nous allons créer le système de l'assurance récolte français et il va reposer sur trois piliers. D'abord, la solidarité nationale. Nous avons décidé qu'on mettra 600 millions d'euros par an en moyenne pour permettre de financer le système, c'est-à-dire que ce sont des fonds de l'État et des fonds de l'Europe qu'on va mobiliser sur l'assurance récolte parce qu'on fait simplement le constat que ce ne sont plus les exploitants agricoles eux-mêmes qui peuvent s'assurer, ça ne marchera pas.

On a besoin d'un élément de solidarité nationale, on l'assume et on va mettre ces 600 millions d'euros de la nation chaque année, fonds nationaux et européens, pour le financer. Deuxième élément, on doit rendre le système plus simple et donc là aussi, en travaillant avec les professionnels, les réseaux justement d'assureurs et banquiers qui sont ici présents, avec vos chambres d'agriculture qui sont aussi des acteurs essentiels et je salue le président de la PCA : simplicité et rapidité, on va mettre en place un interlocuteur unique pour chaque exploitant agricole. Il ne faut pas que ce soit la bataille entre d'un côté son assureur, de l'autre côté on va à la chambre, ensuite on va vers les services de l'État.

On doit simplifier les choses, un interlocuteur unique. Et, troisième point, c'est l'accessibilité. On va donc accompagner avec une subvention la prise d'assurance parce que non seulement aujourd'hui on couvre mal mais, on le sait, les délais sont trop importants parce que c'est en moyenne neuf mois quand on rentre dans le système justement des calamités agricoles.

Tous ceux qui ne sont pas couverts, comme vous le savez, vont dans le système des calamités agricoles. Il y a déjà une solidarité nationale mais on met neuf mois à les rembourser en moyenne. C'est beaucoup trop long et, ce qui fait qu'on se tape une sécheresse terrible en été, on a à peine la compensation dans cette trésorerie qui arrive quand l'eau traitée survient.

Et donc, dans notre réforme, ce qu'on veut faire c'est de la réactivité et de la rapidité. Et là il faut s'appuyer sur les réseaux, nos assureurs, les professionnels qui accompagnent toute l'année. Ils savent très bien faire les choses, ils savent réagir rapidement.

L'accessibilité, ce troisième pilier de la réforme, ça va être aider à prendre une assurance et inciter, avoir un pool de co-assureurs qui va permettre de mutualiser le risque, et là on va travailler avec les assureurs du secteur, et permettre d'avoir une réponse rapide, la plus rapide possible en quelques semaines, pour faire face quand on est touché justement par une calamité agricole. Et donc on va sortir de ce système où les agriculteurs étaient très mal couverts, où les assurances couvraient de moins en moins et où le système calamités agricoles permettait de compenser mais en étant trop lent pour créer enfin un système de l'assurance récolte français avec la solidarité nationale. Ce que je vous présente là, c'est le fruit du travail collectif, du rapport Député Descrozaille, du ministre et de l'ensemble des parties prenantes ici présentes.

Ce n'est pas une promesse pour demain, ce travail va déboucher dans un texte de loi. Ce texte de loi sera porté par le ministre de l'Agriculture et sera présenté en Conseil des ministres d'ici au mois de décembre. Il arrivera ensuite à l'Assemblée.

Le président du groupe majoritaire Castaner, député du département, a pris l'engagement et il sera dès le mois de janvier discuté à l'Assemblée et il sera donc voté dans cette mandature. Voilà l'engagement que je veux prendre de manière très concrète sur ce sujet qui n'est pas neuf mais auquel on ne peut plus couper aujourd'hui. On va créer ce système français.

Je sais que pour certaines et certains, c'est le fruit d'une très longue bataille mais c'est un point-clé parce que tous nos sujets sont liés. On ne peut plus demander à des jeunes de s'installer si on ne sait pas couvrir le risque qu'ils vont subir, ce qui fait la transition sur le deuxième point. Sur l'installation tout se tient parce que l'installation, la bonne réponse c'est la rémunération, je vais y revenir.

C'est évidemment couvrir contre les grands risques et c'est aider les jeunes à mettre le pied à l'étrier. Moi, j'ai juste quelques points que je voudrais apporter. Là-dessus, sur l'installation, il y a un système qui est rodé, qui marche et le travail que font les chambres d'agriculture que je salue et qui reste très important et qu'on veut consolider.

C'est clé. Ensuite le ministre s'est battu au niveau européen, d'abord pour avoir la meilleure PAC possible, on l'a obtenue et c'est une victoire française, je vous le dis en toute sincérité. On s'est tous mobilisé et je remercie là aussi votre député européen qui, je crois, est bien connu des services ici auprès de vous mais Jérémie s'est battu aussi au Parlement et dans toutes les instances européennes pour avoir une PAC aux côtés du ministre et pour justement qu'on ait une PAC au bon niveau.

Dans cette PAC, il y a un dispositif pour accompagner justement les jeunes, pour renforcer et améliorer la Dotation Jeune Agriculteur. Comme vous le savez, le choix qui a été fait c'est qu'ensuite cette dotation sera gérée région par région. L'Europe est là et l'accompagne.

On a réussi à gagner ce combat. Les régions seront ensuite en charge de gérer ces fonds européens. On va aussi s'assurer par le dialogue avec les régions, et je salue la vice-présidente qui est avec nous pour la région qui nous accueille, mais on va aussi s'assurer, parce que je sais que vous y tenez, qu'il y ait quand même un cadre national, en tout cas une cohérence nationale.

Et là il faudra quand même qu'on fasse le point, année après année, pour qu'on n'ait pas trop de divergences entre les régions et qu'il y ait des inégalités sinon ça commencera à poser des problèmes. Et au-delà de ça, vous l'avez très bien dit, il y a la question du foncier et la question du foncier apporte plusieurs réponses. D'abord, il faut qu'on continue de résister à la prédation sur le foncier.

Le foncier monte parce qu'il y a des gens qui rachètent, qui rachètent, qui rachètent. Là-dessus, un texte de loi est en cours de discussion à l'Assemblée et il est maintenant en train d'arriver au Sénat. Il est porté par un député pyrénéen, Monsieur Sempastous, Jean-Bernard de son prénom, et ce texte va prospérer et va permettre de répondre justement, d'éviter la prédation foncière et la montée des prix.

Début de réponse. Deuxième pilier de la réponse sur le foncier, c'est comment vous aider à prendre le foncier à un moment donné qui n'est pas le plus difficile, c'est-à-dire celui où on commence tout et où on est fragile financièrement, où on a déjà lancé l'exploitation. Et donc ce que le ministre est en train de travailler là aussi avec plusieurs d'entre vous, c'est un système de portage.

Plusieurs groupes d'ailleurs commencent à le faire, bancaires ou assurantiels mais on veut le généraliser et créer un système de portage français qui va permettre, en lien avec toutes les instances, de dire pendant quelques années on porte le foncier pour le compte du jeune agriculteur et, au moment où il commence à avoir plusieurs bilans, où il a une viabilité financière, à ce moment-là, il commence à faire les remboursements. Et donc c'est donner de la visibilité avec un système de portage sur le foncier qui permet de s'installer de manière à ne pas accumuler les angoisses et les difficultés financières dès les premières années. Ce système de portage, on va le finaliser.

L'objectif du ministre, c'est de pouvoir vous le soumettre au mois de décembre prochain. Et, là aussi, ce sera une innovation quand même très forte pour beaucoup de jeunes agriculteurs, parce que c'est quelque chose qui va quand même beaucoup décontraindre. Et troisième point sur le foncier, parce que tout est lié là aussi, c'est évidemment traiter le revenu des anciens.

Pourquoi ça coûte si cher, pourquoi l'installation est tout un problème ? Parce que c'est souvent le revenu des cédants. Et là-dessus, c'est le fruit d'un combat aussi, on a passé une étape essentielle ces derniers mois qui va devenir une réalité là, c'est qu'on augmente le revenu minimum agricole et on permet d'avoir une retraite décente pour les conjoints et surtout les conjointes.

Dès le mois de novembre, on va passer à 85 % du SMIC. C'est donc maintenant que ça arrive, c'est le fruit d'un travail depuis plusieurs années, ce qui va aussi décontraindre un peu la charge financière et la pression qu'il y avait sur ce sujet. Cela, c'est la réponse que je voulais vous apporter sur l'installation avec ce qui a été fait, ce qu'on a gagné au niveau européen et ce qu'on va faire d'ici la fin de l'année pour améliorer le portage.

Après vous m'avez interpellé sur une question, je ne vais pas l'éluder, je l'évoquais tout à l'heure avec les présidents de régions, qui est la question des loups. Il y a les loups, il y a les ours, il y a les vautours. Je vais être très clair.

Les loups, je crois qu'on a mis en place maintenant une structure. On peut difficilement faire mieux en termes d'accompagnement à la prévention et en termes d'indemnisation. Simplement, personne n'a envie d'être indemnisé et donc la question c'est comment on réduit le nombre d'attaques.

La seule manière de réduire le nombre d'attaques, c'est d'acter qu'il y a des vallées où on a des éléments qui sont trop nombreux et trop dangereux et donc c'est de le gérer maintenant de manière très claire, comme on a accéléré cette gestion sur les deux dernières années avec le préfet coordinateur qui est le préfet [INAUDIBLE], chaque préfet de département, et de faire des prélèvements partout où ça dérape. Je vais vous donner un exemple simple. Dans ce département, les cinq premiers mois de l'année les attaques avaient augmenté de 40 %.

Du coup on a adapté les choses, on a davantage prélevé, contrôlé. Maintenant, on a à peu près le même chiffre que l'année dernière. Est-ce que c'est totalement satisfaisant ?

Non mais ça montre que c'est comme ça qu'il faut gérer les choses parce qu'on a aujourd'hui beaucoup de départements où le sujet n'est plus de préserver un sujet de biodiversité que sont les loups qui par ailleurs viennent perturber, compte tenu de leur nombre, d'autres écosystèmes et des éléments de biodiversité, je le dis pour tout le monde, mais c'est de s'assurer qu'on réduise le nombre d'attaques parce qu'on doit permettre aux éleveurs de faire leur travail et de le faire de manière la plus sereine possible. Parce que, quand je vois des éleveurs qui, comme je le disais, ne font plus de pastoralisme parce qu'ils ont la trouille d'amener les bêtes ou qui ne veulent plus laisser les bêtes en haut et qui vivent dans l'angoisse, non. Ça n'est pas un combat que je mènerai, je vous le dis très sincèrement.

Donc on continuera à prélever et à répondre de manière pragmatique. Sur les ours, c'est une population qui est beaucoup moins nombreuse. Ce qu'on fera, je l'ai dit tout à l'heure, c'est qu'on continuera à écarter les ours dangereux dans les vallées, on le sait.

Je connais la situation en Ariège ou dans les Hautes-Pyrénées et donc là on va continuer à gérer les choses vallée par vallée. Il y a quelques individus qui sont dangereux. On va traiter le problème et on continuera de le faire comme on a commencé.

Et on a décidé de mettre en place un plan vautours avec les ministres, pour répondre aussi à ce problème qui est en train de prendre une nouvelle ampleur et on ne peut pas laisser les agriculteurs et en particulier les éleveurs seuls face à ce sujet. Ça, c'était sur le loup. Dernière question.

Les revenus. Je dirais que c'est la mère des batailles, en tout cas c'est la première des batailles parce qu'on ne peut pas demander de mener quelque combat que ce soit, on ne peut pas convaincre un jeune agriculteur dans un moment qui est clé pour la souveraineté du pays si on ne vit pas dignement du travail qui est fait. J'ai beaucoup parlé de souveraineté alimentaire et agricole et j'y crois.

Je pense qu'on est une grande nation agricole. Je le disais, Jérémie comme Julien se battent au niveau européen pour porter cette thématique et on a convaincu les Européens. Nous sommes une grande nation agricole et alimentaire et le défi qui est le nôtre, c'est que la décennie que nous sommes en train de vivre va avoir la moitié de nos agriculteurs qui vont partir à la retraite.

On n'arrivera jamais à convaincre un jeune de s'installer si on lui dit c'est super, c'est un métier formidable. C'est peut-être ta passion, tu vas voir on gagne 400 euros par mois. Déjà ce qui se passe c'est qu'il y a des gens qui restent avec ça.

Donc la bataille du revenu, c'est la première des batailles et on ne la lâchera pas. J'ai fait le discours de Rungis. On a fait les États généraux de l'alimentation et il y a eu la loi EGalim.

Vous êtes dans l'une des pires filières par rapport à la loi EGalim, je vais vous dire pourquoi mais c'est vrai. Cette loi a permis d'améliorer un peu les choses. D'abord on a rebâti ce qu'on aurait dû faire depuis très longtemps, c'est une logique de filière.

Il n'y a que filière par filière qu'on mènera le combat parce que les logiques sont très différentes et après chaque filière est dans son territoire mais ce n'est pas vrai qu'on peut tout gérer ensemble. Les logiques ne sont pas les mêmes, l'organisation des secteurs est très différente. Ensuite, quand on s'organise au niveau des producteurs, on peut négocier les prix.

C'est ce qui s'est passé, il y a pas de fatalité. Certains l'ont fait dans le lait, dans l'œuf et plusieurs autres. On a vu des filières qui se sont organisées, qui ont créé de vraies structures d'opérations de producteurs, qui ont su négocier les prix, qui ont résisté du coup à la déflation, voire qui ont réussi à augmenter leurs prix.

Quand ça se passe, on arrive derrière à financer et à faire de l'innovation, et on entre dans un cycle vertueux. Il y a d'autres filières où ça ne s'est pas passé, il faut dire ce qui est. Dans la filière d'élevage, en particulier le bovin, ça n'a pas marché.

Pourquoi ? Parce que, je vais être cash avec vous, c'est une filière qui, historiquement d'abord, est très divisée en son sein, qui passe son temps à s'engueuler entre soi. Ensuite, c'est une filière dont la partie industrielle s'est structurée trop vite et a créé au fond un très gros acteur avec un choix industriel qui n'était pas le bon pour préserver la valeur.

Parce que, qu'est-ce qu'on a fait ? On a tiré tout le monde vers le bas. C'est-à-dire qu'on a beaucoup transformé en faisant du haché, beaucoup, beaucoup !

Mais il faut en faire, je ne dis pas qu'il faut arrêter ça tout de suite, au contraire ! Je parle sous ton contrôle, c'est toi l'expert. Du coup, on a insuffisamment tiré vers ce qui permet d'avoir de la valeur ajoutée, en particulier des ventes dans la restauration.

Je le rappelle toujours : 75 % de la viande qu'on consomme dans nos restaurants n'est pas française, ni canadienne ou que sais-je, elle est belge ou allemande. Cherchez l'erreur ! Pas d'organisation de filière !

On ne s'est pas organisés en filière comme il le fallait. Là-dessus, il n'y a pas eu de motivation suffisante de la filière pour aller chercher la valeur sur d'autres marchés et la construire sur notre marché. Á cet égard, je salue les initiatives comme celle que vous avez prise.

On a fait le constat avec le ministre, parce que je vous ai entendus, EGalim ne suffisait pas. Néanmoins, je vais dire une chose : je remercie tous ceux qui ont joué le jeu. FNSEA, JA et quelques autres syndicats, vous avez joué le jeu.

Tout le monde ne l'a pas fait ! Certains disaient que c'était facile : " Tout ça, c'est n'importe quoi, il faut tout lâcher ". Vous avez joué le jeu, vous vous êtes battus, et je vous en remercie parce que c'était un combat à mener.

On a commencé à changer les esprits. Maintenant, je suis pragmatique. Ce n'est pas suffisant, on doit passer à une nouvelle étape.

On apprend de nos erreurs. On n'a pas été suffisamment loin, et en particulier par rapport à la logique de cette fameuse LME qui, il y a maintenant 14 ans, avait en quelque sorte installé un modèle dans notre pays qui était de dire : L'alimentation ne doit plus avoir de coût, ce qui voulait dire en creux : Votre travail n'a plus de valeur. Et de dire : Il y a un problème de pouvoir d'achat, on va manger pour moins cher.

Ce n'est pas une solution, parce ça a ajusté sur qui ? Sur les agriculteurs. On a demandé un rapport à monsieur Papin.

On s'est vus à Dijon, vous avez travaillé pendant des mois. Ce qu'on va lancer, ce qu'on a lancé, c'est donc le chantier EGalim 2, qui va venir poursuivre ce travail. En faisant quoi ?

En allant au bout de la logique, en tout cas au maximum de ce qu'on peut faire. Pour être direct avec vous, le ministre ne peut pas aller plus loin, compte tenu de tout ce qui aujourd'hui existe par ailleurs, sans réadministrer les prix, ce qui ne serait pas une solution. Mais on dit : au fond, le prix doit se construire à partir des investissements et des coûts pour l'agriculteur.

Donc on met en place un système qui change de logique, mais qui va permettre d'abord pour l'exploitant agricole d'opposer le prix agricole, et qui va donc acter la non négociabilité du prix agricole pour vos transformateurs et vos industriels, et qui va permettre ensuite, dans la relation entre l'industriel et le distributeur, d'éviter ce marchandage permanent vers le bas en ayant la non négociabilité du prix qui fait qu'il y a le même prix pour tout le monde. Ça, se sera dans la loi dite " EGalim 2 ". Cette loi a vocation aussi à être votée et promulguée pas simplement avant la fin de la mandature, mais avant la finalisation des négociations commerciales automne-hiver prochain, ce qui permettra à la DGCCRF de faire les contrôles sur cette base-là, et donc d'arrêter le combat qu'on a connu ces dernières années.

Cette loi est le fruit d'un travail collectif, de ce qui a déjà été fait et de ce qu'on devait améliorer en fonction de tout ce qu'on a vu ensuite. En plus de ça, ce qu'on veut faire, c'est lancer un travail au niveau européen, qui lui, prendra un peu plus de temps et au niveau national, pour tirer toutes les conséquences des jurisprudences européennes et vous permettre d'aller au bout de l'organisation que vous pouvez avoir entre vous, qui est compatible avec le droit communautaire, et qui permettra aussi de mieux protéger les producteurs et donc l'ensemble des exploitants agricoles. Donc sur le revenu, la bataille qu'on va mener dans les toutes prochaines semaines, parce que c'est un travail qu'on va finaliser dans les semaines qui viennent, ce sera EGalim 2.

En parallèle de ça, pour l'élevage, je vais être clair, il y a deux choses. Premièrement, c'est ce que vous avez fait par initiative et ce qu'on a généralisé, et qui est passé dans la loi, en demandant à la restauration collective et à nos cantines d'acheter beaucoup plus local et de permettre de tirer nos filières. Et deuxièmement, c'est la mobilisation que le ministre a lancée il y a quelques mois sur les jeunes bovins pour nos écoles, ce qui est un élément essentiel pour aussi permettre à des filières de s'organiser, aux éleveurs français de trouver un débouché, et accessoirement à nos enfants d'avoir un apport nutritionnel qui correspond à leurs besoins.

Je ne serai pas plus long. Voilà, sur ce sujet, le combat qu'on doit mener. Je me permets juste de rajouter un point par rapport à ce que disait le président de la République.

EGalim 2, c'est l'approche par le prix. Le président de la République a parlé de l'éleveur, de l'industriel, de la grande distribution. On sait qu'il fallait mieux réguler, qu'il faut beaucoup plus réguler.

C'est ce qu'on fait dans EGalim 2. Mais il y a un quatrième acteur qui est essentiel, c'est le consommateur, surtout quand le consommateur doit avoir un comportement peut-être un peu plus en cohérence avec celui qu'il a en tant que citoyen, appelant un certain nombre de transitions qu'on évoque, et qui sont tout à fait légitimes. Notamment, il y a quelque chose qui est aujourd'hui un manque, c'est la question de l'origine.

C'est d'ailleurs un sujet sur lequel on a beaucoup, beaucoup travaillé. Le président de la République le disait tout à l'heure sur l'origine des viandes dans la restauration : Songez qu'aujourd'hui, on estime à plus de 50 % les viandes d'origine étrangère dans les cantines de nos enfants. Il ne faut pas se raconter d'histoires : quand vous donnez un blanc de poulet brésilien ou ukrainien à un enfant, ça n'a pas du tout le même impact sur sa santé qu'un blanc de poulet français, un blanc de poulet local.

Donc, après un très gros travail, très compliqué parce que c'était en plus un enchevêtrement entre l'Europe, le niveau national, etc. On va enfin pouvoir faire sortir cette fameuse régulation sur l'origine, ce fameux Décret origine qui fait qu'à partir de 2022, on va avoir l'obligation, pour toute la restauration collective, que ce soit en milieu scolaire, en milieu administratif ou en milieu privé, d'indiquer l'origine des viandes. Á titre personnel, je pense que ça va changer beaucoup de lignes.

Parce que quand le parent d'élève va regarder l'origine du blanc de poulet et qu'il va voir " ukrainien " ou " brésilien ", il y a beaucoup d'éveil des consciences qui va peut-être se faire. Ce rôle du consommateur, je pense qu'il est extrêmement important. Ce n'est pas la loi qui va changer le comportement du consommateur, mais par contre, l'éclairer sur l'origine peut être très utile.

Très juste ! Il y a un point par rapport à tout ce qu'on se dit sur le revenu, et qui est en effet important pour les jeunes aussi, c'est tout ce qu'on essaie de développer et dont il faut se saisir, qui est le sujet de la contractualisation. Ce qu'il faut comprendre, et que la loi va permettre de renforcer en nous donnant les instruments, c'est que premièrement, il est très important que les producteurs s'organisent filière par filière en organisations.

Mais ensuite, ce qu'on veut développer, c'est la contractualisation de filières et la contractualisation pluriannuelle, parce que c'est ce qui permet de donner de la visibilité sur comment se forme le prix. Et pour un jeune qui investit, c'est ce qui permet de dire : J'ai de la visibilité sur les prix, et donc sur les revenus sur plusieurs années, ce qui aujourd'hui n'est pas du tout possible avec la structure de nos négociations commerciales, qui est plutôt la certitude qu'on va se refaire tailler du prix l'année suivante. Et ça, c'est une vraie transformation.

Voilà le petit mot que je voulais rajouter. Merci, Monsieur le Président. Oui, on peut vous applaudir.

Un sujet qui a été au cœur de nos discussions tout à l'heure avec Arnaud, notre secrétaire général, et avec les présidents de région, avec bien sûr la prédation, l'installation, c'était aussi le sujet des transitions. Vous avez engagé un certain nombre de transitions. Vous vous êtes exprimé à plusieurs reprises, parfois avec des mots mal repris ou mal réexprimés.

Je pense que les jeunes agriculteurs qui sont là, qui travaillent pour l'avenir, ont besoin de savoir ce que vous avez derrière la tête en termes de sortie des pesticides, sur les NBT, des sujets qui aujourd'hui sont très compliqués, mais sur lesquels on a besoin d'être rassurés. D'abord, ce n'est pas un sujet qui date d'hier. C'est un sujet, on le voit bien, qui traverse notre société avec parfois des réactions très violentes, des stigmatisations qui ne font plaisir à personne, et qui est donc une source de tension.

Sur le sujet des pesticides, je vais être très simple : pour moi, il y a trois lignes de conduite, comme je le disais aux Présidents régionaux qu'on voyait tout à l'heure. Premier point : on veut tous réduire nos pesticides, pour une raison simple : les consommateurs veulent de moins en moins avoir une alimentation qui dépend de pesticides, où il pourrait y avoir des traces de pesticides. C'est là !

Et de toute façon, les consommateurs vont être de plus en plus exigeants là-dessus, on le sait bien, c'est une réalité. Et on l'est tous, comme consommateurs. Deuxièmement, les professionnels que vous êtes veulent réduire les pesticides, et je pense qu'il faut collectivement le rappeler de plus en plus, parce que vous êtes les premiers exposés aux pesticides.

Je n'ai jamais croisé un agriculteur content de mettre un scaphandrier pour faire de l'épandage, et content de manier des produits dangereux. S'il pouvait avoir le même rendement sans manier de tels produits, ce serait formidable. Donc l'objectif est partagé par toutes les composantes de la nation, c'est plutôt de baisser.

Premier point qu'il faut rappeler. D'ailleurs, c'est plutôt ce qu'on a commencé à faire. Je pense qu'il faut le dire, par rapport à une espèce de dénonciation trop facile ou de fatalisme.

Et c'est ce discours que je tenais la semaine dernière aux associations environnementales : on commence à baisser, donc il n'y a pas de fatalité, et on est en train de progressivement réduire beaucoup de phytosanitaires qu'on utilise. Deuxième point : ce travail, on doit le faire dans le respect, la concertation et sans qu'il y ait jamais d'impasse. On est tous les héritiers d'une histoire.

Au sortir de la Deuxième Guerre mondiale, on a demandé quelque chose à la ferme France, c'est de nourrir. On était dans un dogme où la chimie faisait partie du modèle productif. C'est facile de le juger maintenant, on est 50 ans plus tard, qu'est-ce que je dis ? 70 ans plus tard !

C'est comme ça que ça s'est construit. Je constate une chose : la ferme France a répondu à la demande de la nation, elle a nourri la nation. Et ce qu'on est en train de faire, vos représentants le disent d'ailleurs souvent très bien, c'est que nous, on est en train de révolutionner collectivement cette Ferme France en disant : On va progressivement réduire partout où on le peut l'usage des phytos.

On va améliorer encore la qualité. On va répondre aux défis de la planète par la résilience et la richesse de notre sol, en continuant à nourrir, parce qu'on n'y répondra jamais en abandonnant cet objectif. Et là, je vous le dis très clairement : Jamais de chez jamais !

On ne va pas répondre à un objectif environnemental en fragilisant notre souveraineté alimentaire, pour importer des produits qui seraient produits ailleurs avec des normes moins exigeantes que les nôtres. Ça, c'est absurde, donc c'est non ! Du coup, pour moi, la deuxième ligne, c'est de se dire : On ne doit jamais réduire les phytos tant qu'il y a une impasse.

S'il n'y a pas un substitut qui est mieux-disant, qu'il soit mécanique avec la rémunération pour accompagner, et donc l'accompagnement en investissement, ou basé sur l'innovation, alors on est obligé de constater qu'on doit rester à un niveau qui permet la concurrence européenne et internationale. Donc on ne sortira jamais, c'est ce qu'on a acté nous-mêmes, on ne sortira jamais de l'utilisation d'un produit phytosanitaire tant qu'on ne sera pas sortis, par l'innovation ou par l'accompagnement, pour le producteur. On ne laissera jamais un agriculteur dans l'impasse.

C'est la ligne qu'on a suivie sur le glyphosate, de manière très balistique, si je puis dire. C'est-à-dire qu'on a réduit partout où on avait d'autres solutions. On a réduit, et on continuera de réduire partout où on peut le substituer par du mécanique en accompagnant l'investissement par l'innovation.

Par l'innovation, on arrive à avoir de la vigne, des cépages qui sont résistants. Partout où on n'arrive pas à le diminuer, partout où c'est nécessaire, on le garde. C'est aussi forts de cet esprit de pragmatisme qu'on a décidé l'année dernière, sur les néonicotinoïdes, de maintenir, parce qu'on n'avait pas de substitut, parce qu'on se retrouvait sinon confrontés à une situation qui était de casser la filière française.

Ce discours, je l'assume, et je l'assume devant toutes les parties prenantes. C'est pour moi la deuxième ligne. La troisième ligne, c'est que ce combat qui est indispensable, qu'on mènera sans laisser personne dans l'impasse, est un combat qui n'est pas simplement national, c'est un combat européen.

Ça ne sert à rien de sortir, ou de réduire les phyto dans telle ou telle filière ou tel ou tel lieu si, à côté de ça, l'effort et la stratégie ne sont pas les mêmes dans un pays voisin. C'est ce qu'on a fait, on le sait, dans certains fruits et légumes. C'est ce qu'on a fait pour les noisetiers.

C'est ce qu'on a fait pour telle ou telle catégorie. Bilan des courses, on a très bien traité le problème en France. Parfois, on a tué la production, on l'a tellement réduite qu'il n'y a plus le sujet.

Mais les consommateurs français ont continué à consommer lesdits fruits et légumes, et on les a importés d'autres pays européens qui, eux, n'avaient pas changé leurs pratiques. C'est complètement absurde ! Donc, pour moi, ces trois lignes sur le phytosanitaire sont ce qui doit guider notre position.

Premièrement, on doit les réduire parce que c'est le souhait de tout le monde. Deuxièmement, on doit les réduire de manière pragmatique : on ne laisse personne dans l'impasse. Troisièmement, on doit maintenant porter le combat à l'européenne.

Le combat de la réduction raisonnée des pesticides est un combat que nous devons mener au niveau européen, et qu'on portera en présidence française, parce que nous sommes parmi les mieux- disants de l'Europe. C'est notre intérêt de le faire. Et c'est le seul moyen de réussir à concilier trois choses : la souveraineté alimentaire, la compétitivité française et la lutte pour la biodiversité et le bien-manger.

Donc, on va mener cette bataille ensemble parce qu'il n'y a pas d'autre choix. Et c'est dans cette ligne qu'on la réussira. Sur les MBT, la question m'a été posée, ça fait partie des instruments qui nous sont offerts.

Je le disais tout à l'heure en parlant des cépages résistants ou autres : si on veut rester compétitifs, si on veut alimenter en réduisant notre dépendance chimique, en réduisant notre dépendance aux aléas climatiques, il faut mettre de notre côté tous les éléments de l'innovation. Parce que c'est comme ça aussi qu'on y arrivera. Donc oui, on doit pouvoir, en France, de manière contrôlée, ouverte, transparente, en donnant les garanties démocratiques, procéder aux innovations qui permettent d'avancer dans les pratiques, et à la fois d'avoir de la productivité et de mieux résister aux aléas et aux risques.

Les NBT en font partie, et c'est absolument important de rester présents sur ce sujet. C'est la position que je défends, et qu'on continuera de défendre. Mais peut-être pour, en quelques mots, résumer mon propos et vous dire un peu comment je vois les choses stratégiquement au-delà de ces réponses, surtout pour les jeunes qui veulent s'installer, pour ceux qui viennent de s'installer et ceux qui les défendent : on a un défi historique qui est face à nous, on doit continuer à alimenter la planète, on a de plus en plus d'habitants.

On doit alimenter notre nation, le continent européen, mais on doit aider le reste de la planète à nourrir tout le monde. On doit répondre aux défis du vivant. C'est-à-dire que alimenter, aujourd'hui, on doit le réarticuler avec les sujets de biodiversité, avec la santé de notre sol, et donc des équilibres que parfois on n'avait pas totalement pris en compte dans les générations précédentes.

Cet objectif, pour moi, on l'obtiendra. Et pour faire un peu le résumé des échanges qu'on vient d'avoir : Si on arrive ensemble à faire cinq choses. La première, c'est gagner la bataille de la rémunération.

C'est la bataille EGalim 2 entre autres. La deuxième, c'est gagner la bataille de la transition de court terme, c'est le plan de relance. C'est ce qu'on va construire en investissement, c'est-à-dire le 1,2 milliard d'euros qu'on a mis dans le plan de relance pour accompagner l'ensemble de la Ferme France : qui pour faire les haies, qui pour aller vers le mécanisme agricole, qui pour aller vers la protéine, etc : Transition environnementale et de souveraineté.

Le troisième élément pour gagner cette bataille, c'est l'installation des jeunes. C'est maintenant, et c'est urgent ! Ce sont les réponses que je viens d'apporter, ce qu'on a fait au niveau européen, ce qu'on va faire sur le portage.

Pourquoi ? Parce que si on perd ce combat, on peut perdre la moitié de la ferme France dans la décennie qui vient. Vital !

Quatrième combat, c'est se protéger contre les risques, avoir une ferme plus résiliente. C'est l'assurance récolte que je viens de vous annoncer. Le cinquième combat, c'est le combat de l'innovation, et je vais ici en parler.

C'est qu'on doit tout de suite avoir dans la tête, et je sais que c'est votre cas, le modèle de production de demain. Et ce n'est pas un gros mot, au contraire ! L'innovation par le numérique.

Vous le faites tous, et tous ceux qui peuvent le faire, par la data qui permet d'améliorer la production, qui permet d'améliorer votre bien-être en optimisant votre temps, en changeant de logique. Maintenant, le numérique est au coeur du modèle agricole français, et c'est bon pour tout le monde. Deuxièmement, l'innovation par l'amélioration des instruments, l'amélioration de l'ensemble des équipements agricoles, qui permet d'améliorer les usages, d'améliorer la productivité.

C'est ce qui a été porté dans le plan de relance, et ce qu'on va continuer de faire à travers France 2030. Et l'amélioration par l'innovation et la recherche, c'est ce qu'on se disait sur les NBT, qui va permettre de produire de manière beaucoup plus efficiente, avec moins d'intrants, avec moins de chimie, qui va permettre de produire en répondant aux défis de demain. On est en train aujourd'hui, tous ensemble, de mener une révolution qui est l'équivalent de ce que nos parents et grands-parents ont réussi à faire à la fin de la Deuxième Guerre mondiale.

Le seul sujet, c'est qu'on a plus qu'eux les conséquences des dérèglements climatiques, parce qu'ils sont là. C'est que le monde est plus dur, et qu'en plus, on doit répondre aux problèmes des deux ou trois décennies passées qui avaient commencé à se dérégler. Mais on va y arriver si on suit ces cinq lignes d'action.

C'est avec ça qu'on va bâtir le modèle agricole de demain, et on y est tous engagés. Et moi, ce qui me rassure surtout, c'est que je vois un monde agricole qui est extraordinairement partenarial et coopératif : les JA au premier chef, mais les syndicats agricoles, les chambres d'agriculture, la MSA, le monde des assureurs et des banquiers, et votre ministre à vos côtés. Cette bataille, je vous le dis simplement, on n'a pas d'autre choix que de la gagner, parce qu'on porte la possibilité même de nourrir nos enfants et nos petits-enfants.

Voilà ce que je voulais vous dire.

Table ronde à l'occasion de la 7e édition des Terres de Jim. — Emmanuel Macron · Pourquijevote