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interviewFrance Inter — Questions politiques· 14 septembre 2025 55 min

Sébastien Lecornu "est la continuité totale d'Emmanuel Macron" estime la députée LFI Clémence Guetté

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0:00
Présentateur

France Inter Toutes et à tous, bienvenue dans Questions politiques. Un troisième Premier ministre en moins d'un an, encore plus proche d'Emmanuel Macron, peut-il réussir là où les deux précédents ont échoué ? Sébastien Lecornu a été nommé mardi, mercredi, passation de pouvoir. Il promet des ruptures sur le fond et sur la forme. Et hier, ce chef d'un gouvernement pas encore constitué fait des annonces. Les deux jours fériés, travaillé, mesure, enterré. Une piste d'économie qui aura irrité peut-être autant que les 80 km heure à l'époque des gilets jaunes. Alors, conserver le soutien à droite tout en tendant la main à gauche, ce nouvel en même temps est-il réaliste ?

Avec une cote de popularité très faible, à quelques jours d'une nouvelle mobilisation sociale, mais aussi sous les yeux des marchés financiers, on peut bien appeler ça une ligne de crête. Quelle sera la position du Rassemblement national ? Quant à LFI, la ligne reste le dégagisme du Premier ministre, mais surtout du chef de l'État ? Oui, pour écrire quel scénario pour les Français ? On en parle avec la députée LFI du Val-de-Marne et vice-présidente de l'Assemblée nationale, Clémence Guettet, dans Questions politiques, en direct et jusqu'à 13h. France Inter. Questions politiques. Alexandra Ben Saïd. Bonjour et bienvenue Clémence Guettet, merci d'avoir accepté votre invitation. Merci à vous.

A mes côtés, pour vous interviewer, je les salue, Françoise Fressos du journal Le Monde. Bonjour Françoise. Bonjour et bonjour à toutes et tous. Avec vous, tout à l'heure, on mettra en lumière une des grandes questions qui sera dans le débat de la présidentielle ce matin.

1:44
Invité

Les institutions, parce qu'au fond, on ne reconnaît plus trop notre Ve République qui était décrite comme verticale et qui devient peut-être parlementaire. Donc faut-il, dans ces conditions, faire basculer le régime et comment ? C'est la grande question.

1:56
Présentateur

Ça sera la grande question France 2027 de Françoise Fressos. Alix Bouillaguet de France Télévisions est aussi en plateau. Bonjour Alix. Bonjour Alexandra, bonjour à tous. Grâce à vos questions, on va en apprendre plus sur la femme politique Clémence Guettet.

2:08
Invité

Oui, une ascension éclair au sein des Insoumis, commencée à 19 ans, ce qui installe aujourd'hui Clémence Guettet en potentiel dauphine de Jean-Luc Mélenchon.

2:17
Présentateur

Clémence Guettet, on va d'abord commencer par le panorama de l'actualité. Sébastien Lecornu s'est installé mercredi à Matignon. Il a donc fait de premières annonces, un réseau de soins. Ça, c'était son premier déplacement hier, à moins d'une demi-heure de chaque citoyen. Et puis la grande annonce, c'était la suppression dans le budget 2026 des deux jours fériés travaillés. Alors voilà des premiers pas, vous en pensez quoi vous Clémence Guettet ? Est-ce que c'est de la rupture ?

2:41
Clémence Guetté

Alors non, on ne peut pas qualifier la nomination de M. Lecornu de rupture politique. C'est la continuité évidente de la Macronie en réalité. D'ailleurs, tout le monde l'a dit, tout le monde l'a reconnu unanimement. C'est vraiment un premier soutien de Macron, désormais parmi les derniers soutiens de Macron. Et il est là pour mener une politique macroniste. Je dis d'abord quelques mots du personnage politique qui a été choisi. Parce qu'outre le fait d'être l'oreille du président, on le décrit comme un très proche. C'est aussi un ministre, ancien ministre des Outre-mer, qui a mené une politique de répression.

Je pense notamment aux Antilles, mais à ses déclarations sur Mayotte ou sur la Guyane. C'est aussi le ministre des Armées depuis quelques années déjà. Et nous nous disons que ce n'est pas un hasard. Ce n'est pas un hasard au moment où Macron signe les 5% de PIB consacrés à l'armement et aux dépenses militaires de choisir le ministre des Armées pour un nouveau budget.

3:31
Présentateur

Budget de guerre, budget de guerre sociale en réalité. On va y venir, on a une partie internationale. Je vous parle des annonces, vous m'avez interrogée là-dessus. Oui absolument, moi je vous demande si, par exemple, les deux jours fériés travaillés abandonnés, c'est un symbole, c'est une main tendue, vous nous direz à quels électeurs. Mais vous en pensez quoi ? De toute façon, les Français n'en voulaient pas, ils abandonnent.

3:49
Clémence Guetté

Les Français n'en voulaient pas, aucune des oppositions n'en voulait. Et par ailleurs, même les macronistes, on n'était pas tous unanimes sur la question. C'était une mesure surprise, la surprise du chef M. Bayrou juste avant qu'il s'en aille. En réalité, tout le monde savait que c'était un totem politique qui était là pour qu'on se concentre là-dessus, au détriment du reste, parce que dans le reste du budget, il y avait aussi de nombreuses mesures scandaleuses. La première d'entre elles, je dirais que c'est l'année blanche. Là, il nous fait des grandes déclarations sur le pouvoir d'achat des Français qui a été trop négligée. Nous verrons bien s'il le reprend dans le budget.

Mais l'idée, c'était une année blanche pour gagner quelques milliards, véritablement, sur le pouvoir d'achat des Français, puisque c'est les pensions de retraite qui ne sont pas indexées, les allocations, par exemple, la hache, les salaires. Donc, ça fait perdre de l'argent à tout le monde. Il y a le déremboursement de certains médicaments, notamment pour des maladies de longue durée. Bref, il reste un tas de mesures dans ce projet de budget. A priori, elles n'ont pas été citées par M. Lecornu, donc elles y seront toujours, auxquelles nous serons largement opposées.

4:45
Présentateur

Alors, il démarre les discussions. Et alors, justement, on va parler des mesures plus précisément. Mais le Premier ministre dit vouloir une discussion parlementaire, moderne, franche, de très bon niveau, avec l'EPS, les écologistes, le Parti communiste, ceux qu'il appelle la gauche républicaine, qui, à ses yeux, doit s'émanciper de la France insoumise, qui s'exclut elle-même de la discussion. Alors, est-ce que c'est vrai ? Est-ce que vous n'avez pas du tout envie de discuter ? Est-ce que, pour vous, avec le gouvernement de Sébastien Lecornu, c'est le rapport de force et puis c'est tout ?

5:10
Clémence Guetté

Bon, d'abord, j'ai lu, comme vous, cette interview donnée à la presse régionale du nouveau Premier ministre, dans lequel il y a quand même énormément d'éléments de langage qui ne veulent rien dire, en réalité. Qu'est-ce que ça veut dire ? Une discussion moderne et franche, tout et n'importe quoi, on ne sait pas. Donc voilà, ça c'est la première chose, quand même, c'est ce type de grande déclaration qui n'engage à rien. Donc, il va pouvoir discuter. Nous avons déjà dit que nous n'irons pas à un rendez-vous avec M. Lecornu, parce que nous savons quel projet de budget il va être présenté.

Nous ne savons pas dans quelle mesure l'austérité se déploiera, combien de milliards, mais nous savons que ce sera un budget austéritaire. Donc, nous y sommes opposés. Nous avons déjà dit, nous donnons rendez-vous au Premier ministre, quand il aura formé son gouvernement, dont pour l'instant, nous ne savons rien, mais dont nous pressentons que peut-être il va recycler quelques fidèles de la Macronie qui étaient déjà en poste auparavant. Nous avons déjà dit, le rendez-vous, c'est le vote de confiance. Demandez la confiance de l'Assemblée nationale. M. Bayrou, on peut lui reconnaître un mérite à M. Bayrou, c'est d'avoir demandé la confiance. Ensuite, il est parti, il en a pris acte.

En Macronie, ça ne se faisait plus depuis cinq ans. Mais est-ce que je vous ai bien compris ? Donc, il va demander la confiance. Pas de discussion. Il ne la demandera pas, la confiance. Mais pas de discussion. Donc, nous allons déposer une motion de censure. Et nous n'ayons pas à discuter avec M. Lecornu. Mais je vais vous dire une chose. Pas par sectarisme de notre part. Mais parce que tout ça est, en fait, scandaleux. Je veux dire, c'est le troisième Premier ministre illégitime que nomme M. Macron. En 2024, il y a eu un fait majeur. C'était la dissolution de l'Assemblée nationale. Ça compte les élections dans notre pays. Ça compte les campagnes.

Et c'est le nouveau Front populaire qui était arrivé en tête. Donc, M. Barnier est tombé parce qu'il était illégitime. Il a fait trois mois. M. Bayrou a duré un petit peu plus avec des manigances et des magouilles. Et puis, notamment, le fameux conclave sur les retraites qui a permis de berner le Parti Socialiste à ce moment-là. Il a duré un peu plus, mais il est tombé. M. Lecornu va tomber. Et ce que je déplore, madame, c'est qu'en réalité, M. Macron nous fait perdre un temps fou. Et pour les Français. Et pour faire face au changement climatique. Et à toutes les urgences qu'on devrait affronter aujourd'hui.

7:00
Présentateur

Parlons de nos urgences. Là, vous dites que c'est une mascarade. Il n'y a pas de discussion. Ça sera un budget d'austérité. Je lis ce matin que la présidente de l'Assemblée nationale, Yael Brown-Pivet, dit que François Bayrou était fixé sur 44 milliards. Elle dit que ça pourrait être 35. Et surtout, ce qu'on voit, c'est que les socialistes sont en train de monnayer leur non-censure. Et ils mettent un prix. Un prix qui pourrait être pas de 49,3. La réforme de la réforme des retraites. Et la taxe sur les ultra-riches. Est-ce que, pour vous, même la taxe Zuckman, c'est un mauvais compromis, voire de la compromission ? Alors, je ne ferai pas de prédiction.

7:37
Clémence Guetté

Mais je vais quand même risquer une chose. C'est que les socialistes sont en train de se vendre pour pas cher du tout. Parce qu'il y aura un 49,3 sur ce budget. Parce qu'il ne trouvera pas de majorité. Parce que les socialistes ou les républicains, dont aujourd'hui M. Lecornu essaie de négocier la non-censure, c'est ça son objectif. Il s'en fiche que les oppositions ne votent pas le budget. Je vais vous dire, je suis parlementaire depuis trois ans, je n'ai jamais voté un budget. On a eu 28,49,3. Donc, il passera par 49,3. Donc, ça, c'est la première demande des socialistes qui ne sera pas respectée. Il n'y aura pas de taxe Zuckman.

Il y aura peut-être une version amoindrie sur les patrimoines des ultra-riches. Mais ce ne sera pas la taxe Zuckman. Il y a déjà trop de voix dans la Macronie et chez LR qui disent qu'ils n'en veulent pas. Et il n'y aura pas d'abrogation de la réforme des retraites. Donc, ça regarde le parti socialiste.

8:19
Présentateur

Il n'y a pas des curseurs entre l'abrogation, la suspension, la taxe Zuckman, le niveau... Il n'y a pas des curseurs qui se discutent politiquement pour sortir d'une impasse ?

8:26
Clémence Guetté

Il y a des curseurs, en effet. Mais je veux dire, la taxation sur les hauts revenus, la pression populaire est telle depuis huit ans face à cette captation des richesses par une infime minorité sous la Macronie, la pression populaire est telle que même les macronistes ont commencé environ depuis un an à dire peut-être qu'en effet, il faudrait aller dans cette direction. Mais il ne faut pas aller dans cette direction. Il faut y aller très franchement. Parce que là, on prend du retard et ils accumulent de la richesse.

8:52
Présentateur

Vous avez vu cette interview du patron du MEDEF, Patrick Martin, qui dit que c'est une forme de spoliation et qui dit ce matin, c'est dans le Parisien, que si on alourdit les impôts des entreprises, il y aura une grande mobilisation patronale.

9:04
Clémence Guetté

Oui, alors on ne les avait pas vus venir ces manifestants du mois de septembre. Il y en a d'autres qui étaient plus attendus, ceux du 10 et ceux du 18 auxquels on donne rendez-vous. Heureusement, il y a des grands patrons dans ce pays qui ne disent pas exactement ça. et qui ont conscience que quand on demande des impôts, quand on demande ça, c'est pour participer à l'effort national et pour faire en sorte qu'il y ait un petit peu de partage des richesses, un petit peu de justice fiscale dans ce pays. Et il y a des grands patrons et des plus petits patrons d'ailleurs, encore plus nombreux, qui voient bien le déséquilibre qui s'est creusé et qui s'est accentué.

Donc d'abord, je veux dire que le président du MEDEF n'est pas représentatif de l'ensemble du monde économique et heureusement. Ensuite, sur ce que le MEDEF fait, d'habitude, ils font des négociations de couloirs, des négociations de coulisses avec le pouvoir. C'est comme ça qu'ils ont obtenu auprès de M. Macron toutes ces faveurs en faveur du grand patronat et des multinationales. Aujourd'hui, ils le disent un peu plus franchement. Ça mérite d'être dans le débat public et de pouvoir être discuté. Et nous, nous leur disons qu'évidemment, si toutes ces réformes qu'a faites M. Macron, je pense à l'ISF, mais je pense aussi à la flat tax, tout ça nous coûte 60 milliards par an. M.

Bayrou, qui était donc le plus ambitieux dans l'austérité, en cherchait 44. Voilà, la situation est relativement claire et je veux dire qu'elle est claire pour les Français. Ils se rendent bien compte de la spoliation-là qui a été encouragée par des choix politiques très clairs.

10:26
Présentateur

Alors, politique,

10:27
Invité

question d'Alix Bouillaguet. Clémence Guettet, vous dites que le PS se vend pour pas cher, mais bon, si on regarde, il y a déjà un petit bilan. Les deux jours fériés, c'est à la trappe. Imaginons un budget. C'est pas le PS, ça vous êtes d'accord ? C'est un signal. Non, c'est pas le PS. Imaginez un budget à 30 milliards. Il y a le Bonnevier qui parle de 35, peut-être que ça peut atterrir à 30. Une taxation des ultra-riches, pas la taxe Zoukmane, mais un entre-deux. Par exemple, des gros efforts faits sur la pénibilité, sur les retraites. Vous dites, c'est tout ou rien ?

10:56
Clémence Guetté

Vous dites, bon, c'est quand même des petits pains. Mais tout ce que vous dites là, Mme Bouillaguet, ce sont vos assomptions, mais pour l'instant, nous n'en avons aucune idée. Non, mais je veux dire, le budget, le cornu... On sait très bien ce qui va être sur la table. Et on sait que c'est sur ces sujets-là. Peut-être que vous le savez, mais moi, comme parlementaire, je n'ai pas encore le budget. Et M. Lecornu disait hier, dans sa grande interview à la presse régionale, qu'il n'avait pas encore fait le budget. Non, mais vous ne dites pas là, il y a des petites choses intéressantes ? Non, il y a des... Comment dire ?

Il y a des perches tendues, parce que le pouvoir prend un petit peu conscience de la colère dans ce pays. Mais ce que déclare Mme Broun-Pivet, ça n'a aucune valeur par rapport à ce que fera M. Lecornu dans son budget. Ce que veulent les socialistes,

11:34
Invité

ce que je vous dis... Par exemple, si on atterrit autour de ça, vous dites, bah tiens, après tout, c'est pas mal.

11:40
Clémence Guetté

Mais nous, on a fait une proposition de contre-budget, comme d'autres forces politiques, vous le savez. Et c'est d'une autre ambition, d'une autre ambition de rupture, parce qu'en fait, on a réellement besoin d'investissement dans ce pays. Je veux dire, ce dogme des 3% de déficit, ce ton alarmiste qu'a pris M. Bayrou dans sa tournée médiatique pour faire peur à tout le pays, c'est une mauvaise façon de prendre les choses. Donc il n'y a pas de dette. Mais bien sûr qu'il y a une dette, madame. Mais je vais vous dire, je suis pour le 0% de pauvreté dans notre pays. Je ne pense pas que le 3% déficit soit un dogme absolu, que les Français doivent se vider les poches pour ça.

Et je vais vous dire une autre chose. Il faut partir économiquement de l'inverse de ce que fait M. Macron, c'est-à-dire des besoins des gens. Attendez, je termine juste là-dessus. Il y a des milliards et il y a des dépenses qui sont utiles. Il y a des milliards, j'irai même plus loin, qui sauvent des vies. Quand les associations de lutte contre les violences faites aux femmes demandent 3 milliards, je pense que ça peut sauver des vies et je suis parfaitement d'accord. Quand il faut 600 millions pour dépolluer les antilles qui ont été polluées au chlordécone et qui génèrent des cancers à toute la population, je pense que c'est une priorité.

Quand ils font 1 milliard pour lutter contre l'illettrisse... Ok, ça c'est votre projet, madame. Non, non, mais c'est important. Non, non, non.

12:48
Locuteur non identifié

Allons sur la réalité.

12:50
Invité

Allons sur la réalité. Mais c'est la réalité dont je vous parle. Pardon, mesdames. Pardon, mesdames. Ce sont les vies des gens dont je vous parlais. Je comprends que vous ayez des aspirations extrêmement... très bonnes, mais on part de la réalité. Vous n'avez pas la majorité aujourd'hui et nous sommes dans une assemblée où il n'y a pas de la majorité. Le sujet, c'est est-ce qu'on essaye d'améliorer un peu ou est-ce qu'on rompt ? Vous faites la destitution, la destitution d'Emmanuel Macron, il ne sera pas voté. Quelle est... Où aboutit votre stratégie ? C'est là qu'on ne comprend pas. Est-ce que finalement les socialistes ne peuvent pas obtenir un peu plus que vous ? J'entends votre question.

J'entends votre question. Vous, alors que vous êtes quand même minoritaire LFI au Parlement aujourd'hui ?

13:29
Clémence Guetté

J'entends votre question. Ce que je voulais juste dire par ma démonstration, c'est que la politique austéritaire a des conséquences très concrètes. Et je suis d'accord avec vous sur le fait que nous devons parler du réel et du quotidien des Français. Vous dites, il vaut mieux peut-être quelques petits pas. Ce que je réponds à ça d'abord, c'est que c'est extrêmement hypothétique. Que en plus, nous, avec la motion de destitution, je pense que nous sommes arrivés à populariser ce mot d'ordre. D'abord parce qu'il correspond à une aspiration des Français. Sortez un nouveau sondage ce matin, 17% de popularité pour M. Macron. C'est un score absolument catastrophique. Jean-Luc Mélenchon,

14:01
Présentateur

17ème personne que les Français veulent voir à l'Elysée dans le dernier sondage ce matin. Il me semble que c'est dans la tribune dimanche. C'est une bonne nouvelle ça. Et puis ça va continuer de monter. Première personnalité,

14:10
Clémence Guetté

Jordan Bardella.

14:11
Présentateur

Seconde, Marine Le Pen.

14:12
Clémence Guetté

Non mais d'accord, madame. Mais moi, je vous parle d'un homme qui est au pouvoir aujourd'hui, qui exerce les responsabilités depuis huit ans. Donc, son bilan, excusez-moi, mais on peut discuter de Jean-Luc Mélenchon, si vous voulez. François Frisso, son question sur la destitution. Oui, mais j'essaye de répondre à toutes vos questions puisque vous m'avez interrompue pour donner les scores de popularité des personnalités politiques françaises. Ce que je vous dis, c'est que nous avons des campagnes à mener. Qu'en l'occurrence, nous avons un bilan de M. Macron et qu'il est très clair.

Nous avons aujourd'hui 104 députés du Nouveau Front Populaire, insoumis, communistes, écologistes, qui veulent la destitution de M. Macron. C'est bien plus que quand nous avions développé déposer cette motion. C'est extrêmement minoritaire. Non mais d'accord, mais c'est la majorité à gauche déjà. Et ensuite, madame...

14:49
Invité

Ce qui peut être le plus utile à un moment de crise dans le pays, c'est peut-être de faire un compromis plutôt que d'aller dans une stratégie de rupture qui, visiblement, actuellement, ne marche pas.

14:59
Clémence Guetté

Mais les macronistes n'ont jamais cherché à avoir de l'ambition autre que pour l'austérité dans leur budget. Un exemple, la taxe du Kman. Elle a été votée déjà à l'Assemblée nationale. Le problème, c'est qu'elle a été enlevée par 49-3 dans le budget. Donc, si vous voulez, parfois, il existe des majorités pour aller dans le sens d'un peu plus de justice fiscale.

15:16
Invité

Donc, voilà...

15:17
Clémence Guetté

Elle n'existe pas parce que le pouvoir illégitime a passé par 49-3 une censure de ce qu'avaient voté les parlementaires. Remettons juste un peu les choses dans l'ordre, s'il vous plaît, quand même. Il est illégitime, M. Bayrou. Il n'avait pas à être nommé à Matignon. Alors, le choix présidentiel dans la constitution de la 5e, et on en parlera plus tard, fait qu'il peut s'arroger ce pouvoir. Il n'empêche qu'aujourd'hui, les élections, on a l'impression qu'elles peuvent être piétinées, puis tout le monde prend ça pour acquis, et puis on lui dit « Oh, mais il y a quelques petites miettes, quand même, il faut y aller satisfait. » Je vais reposer la question

15:49
Invité

un peu différemment. Sébastien Lecornu, qui vient de prendre ses fonctions, a quand même envoyé des signaux à la trappe les deux jours fériés. Il ouvre la voie à plus de justice fiscale, effectivement, à voir ce que ça cache derrière. Il souhaite une loi de décentralisation et il souhaite mettre fin au privilège accordé à vie à certains anciens ministres du gouvernement. Quand ça va dans votre sens, vous pouvez le dire ? Oui, évidemment, je peux le dire.

16:18
Clémence Guetté

Mais je reviens juste un instant encore au fait générateur. Ce Premier ministre est illégitime. Et je vous le dis, ils peuvent être remplacés, ils pourraient être remplacés, ils vont finir par tomber, on perd juste du temps. Mais c'est la continuation de la politique macroniste que nous dénonçons. Et ça ne vous fait pas peur

16:34
Invité

la dissolution quitte à installer Jordan Bardella d'abord à Matignon et puis peut-être après à l'éviter.

16:38
Clémence Guetté

Nous ferons campagne. Mais écoutez, en 2024, tout le monde nous a dit en boucle que le Rassemblement national arrivait en tête. Ça n'est pas arrivé finalement. Vous savez très bien

16:45
Invité

que le Front républicain ne fonctionnera plus comme il a fonctionné. Donc le risque, il est là et les sondages parlent d'eux-mêmes. C'est 33% pour Jordan Bardella, le RN, et c'est moitié moins pour la gauche. Les sondages, madame,

16:57
Clémence Guetté

ont donné 27 fois sur 27 gagnant le Rassemblement national en 2024 et ça n'est pas arrivé. Voilà ce que je vous dis. Donc, ensuite, pour ce qu'a proposé M. Lecornu, aujourd'hui, nous en sommes au stade d'hypothèse et nous nous battrons comme nous nous battons à chaque budget pour faire valoir nos propositions et trouver des majorités.

17:18
Invité

Françoise Fresse. Je voudrais juste revenir sur le thème illégitime. Illégitime Lecornu. Mais qui est légitime dans cette Assemblée ? Au fond, quand vous avez essayé de mettre un Premier ministre au nom du nouveau Front populaire, on a vu à quel point c'était difficile. Quand on voit aujourd'hui les écarts entre votre position et celle du PS, on voit qu'il n'y a pas, rien ne se tient. Est-ce qu'au fond, le sujet aujourd'hui, c'est que dans cette Assemblée, dans cette représentation politique, il y a une vraie question de légitimité qui n'est pas tranchée et qui fait que, peut-être, vous avez intérêt, peut-être, à essayer de vous assembler plutôt que de...

parce qu'il n'y a aucune légitimité de part et d'autre.

17:55
Clémence Guetté

Mais il y a la légitimité du Parlement, quand même, qui, encore une fois, est piétinée. c'est 28. Mais si, madame, 28,493 sur le budget. Je ne l'ai jamais voté comme parlementaire. C'est la première prérogative d'un parlementaire de voter le budget de la nation. Des 49,3 déguisés sur la loi Duplomb qui réhabilitait les pesticides. Un 49,3, c'est une nouvelle réforme des retraites. Il y a un rouleau compresseur du pouvoir et notamment de l'Elysée sur le Parlement qui est l'instance légitime parce qu'elle représente le peuple français, même si elle est fragmentée, je vais dans votre sens. Elle est fragmentée mais elle est légitime et elle vote cette Assemblée nationale.

Je suis vice-présidente de l'Assemblée nationale, je vois les choses parfois depuis le perchoir et je vois que se dégagent des majorités. Le problème, c'est que la Macronie utilise aujourd'hui tous les artifices et les abus permis par la Constitution de la Ve République pour piétiner ce Parlement. Alors, peut-être qu'il ne vous convient pas politiquement, peut-être qu'il ne convient pas aux Français, toujours est-il que c'est le résultat de leur vote de l'année dernière. Donc, une dissolution en soi ne changera pas le sujet que nous avons là.

18:57
Présentateur

On va parler, si vous voulez bien, Clémence Guettet, de la mobilisation du 10 septembre. Vous avez beaucoup parlé du peuple, ce que veut le peuple. Alors, est-ce que cette mobilisation portait la voix du peuple ? Écoutez ce qu'en disait le jour même, mercredi 10 septembre, donc le ministre démissionnaire de l'Intérieur, Bruno Retailleau.

19:13
Locuteur non identifié

Les choses sont désormais très claires. La mobilisation n'a rien d'une mobilisation citoyenne. Elle a été détournée, confisquée, captée par la mouvance de l'extrême-gauche, de l'ultra-gauche, appuyée par le mouvement des insoumis. C'est très, très clair.

19:30
Présentateur

Clémence Guettet, c'est très, très clair pour Bruno Retailleau. C'est un mouvement, peut-être au début, populaire, mais qui finalement est un mouvement que vous avez essayé de transformer en mouvement politique et qui aurait fait flop.

19:40
Clémence Guetté

Mais vous savez, les mouvements populaires sont des mouvements politiques. Les gens n'ont pas besoin des partis politiques pour en faire, en réalité. Le mouvement des Gilets jaunes était déjà éminemment politique. Celui-ci l'est aussi.

19:50
Présentateur

Il y avait des mots d'ordre. Il y avait les mêmes participants, n'est-ce pas ? Les Gilets jaunes, c'était vraiment des gens précaires, des petits commerçants. Là aussi,

19:56
Clémence Guetté

il y avait des gens précaires et des gens qui galèrent à s'en sortir parce que malheureusement, il y en a de plus en plus dans ce pays. Des gens plus diplômés que la moyenne, des gens plutôt débiles. Moi, j'ai vu dans ces mobilisations d'abord une forme de mobilisation assez exemplaire de la jeunesse qui souffre beaucoup dans notre pays. Des manifestants très féminisés, très divers socialement, mais qui partageaient des mots d'ordre. Le premier d'entre eux, c'était le fait de voir partir M. Macron parce qu'il y a une détestation qui est politique et qui est quand même extrêmement forte dans notre pays.

Mais aussi, pas de budget austéritaire, mais aussi l'abrogation de la réforme des retraites. Et M. Retailleau avait prévu, donc ministre démissionnaire, avait prévu un dispositif démesuré de force de l'ordre, 80 000 policiers. C'est plus que pour le 14 juillet, par exemple. ce qui a donné lieu à des scènes quand même ahurissantes. Vous avez peut-être pris au monde

20:48
Invité

comme quoi vous appeliez au blocage général, la grève générale. La grève, c'est dans la Constitution, Mme Fresseau. Ce n'est pas produit. Autrement dit, c'est peut-être votre idéal qui s'est écroulé parce qu'il n'y a pas eu une mobilisation aussi forte que ce que vous voulez. Et factuellement,

21:02
Clémence Guetté

la France devait être bloquée, elle ne l'a pas été. On est encore dans un pays où la grève est autorisée dans la Constitution. La grève, c'est le blocage. C'est le blocage, notamment parce que les rapports de force économique comptent dans ce pays et que quand le secteur des transports, par exemple, est en grève, quand c'est le cas aussi dans des services publics, je suis allée, moi, dans ma circonscription, à des manifestations qui étaient organisées sur la santé, la fermeture d'un centre de santé municipal, la fermeture d'une classe, donc l'éducation nationale et Sanofi, juste à côté de ma circonscription. Donc, des pharmas et des entreprises médicas. Est-ce que ça a été un succès ?

Moins de 200 000 personnes. Et oui, c'était un succès. 175 000, selon les chiffres de ministres illégitimes, M. Retailleau, et 500 000, selon les recollements que nous avons pu faire dans les différentes îles de province.

21:47
Invité

2 millions lors des dernières manifestations contre les retraites organisées par les syndicats. Donc, 2 millions de 100 000, est-ce que c'est un franc succès ?

21:55
Clémence Guetté

Oui, quand il y a 500 000 personnes, je redis, 500 000, qui le disent un jour de semaine, se mobilisent pour dire des mots d'ordre extrêmement politiques et essayer de faire en sorte que le pouvoir se réveille et écoute enfin ce pays, c'est un franc succès. Les retraites, vous avez raison, c'était des mobilisations ultra-massives. Mais je dis aux gens de ne pas rentrer chez eux définitivement puisque ça tombe bien la semaine prochaine. Le 18, il y a l'intersyndical qui appelle à manifester.

22:20
Invité

que Jean-Luc Mélenchon chaque année essaye d'organiser des mobilisations contre la vie chère notamment, mais que ça ne prend pas vraiment. C'est vrai que le mouvement des Gilets jaunes s'est déroulé sans vous, sans les insoumis. Est-ce que finalement le Rassemblement national n'est pas davantage en prise avec les Français sur ces sujets-là ?

22:38
Clémence Guetté

Je ne comprends pas votre question, madame, je suis désolée. Jean-Luc Mélenchon n'a ni organisé les Gilets jaunes, ni organisé le 10, ni organisé le 18 qui est à l'appel Jean-Luc Mélenchon n'a pas poussé à la mobilisation le 18 pour se faire plaisir mais honnêtement ça n'a pas de sens. Il a pris la parole

22:52
Invité

pour dire aux Français de se mobiliser donc oui, il a appelé à la mobilisation et chaque année à la rentrée on a des mobilisations. Il n'a pas organisé

22:59
Clémence Guetté

ses mobilisations mais bien sûr nous avons dit que la France Insoumise était en soutien de ses mobilisations mais ça ne se fait pas en claquant des doigts la mobilisation. Parce que le RN n'est pas davantage en prise c'est ça la question. Mais alors quand est-ce que le RN a fait des mobilisations en faveur du pouvoir d'achat des gens dans ce pays ? Dites-le-moi. Quand est-ce que le RN était dans la rue contre la réforme des retraites ? Dites-le-moi. Ils ne sont pas dans la rue parce que c'est l'extrême droite et que la mobilisation populaire a toujours été du côté de la gauche et non pas de l'extrême droite.

Je vais vous dire une autre chose ils ne sont pas dans la rue ils ne sont pas non plus à l'Assemblée nationale parce qu'ils n'étaient pas là quand il fallait combattre la réforme des retraites à l'Assemblée et parce qu'ils refusent toujours de voter l'augmentation du SMIC ou le retour de l'ISF. Donc le RN l'extrême droite dans son ensemble est une farce politique quand il s'agit d'être en soutien au peuple dans ce pays. C'est très clair ça.

23:44
Invité

Françoise, sur la gauche et les syndicats jeudi grande journée annoncée par les syndicats comment vous vous insérez dans cette journée du jeudi alors qu'une grande partie des syndicats disent non on veut c'est notre mouvement et on ne veut pas de LFI. Comment vous y êtes et comment vous montrez que la mobilisation continue de votre point de vue ?

24:03
Clémence Guetté

La mobilisation de toute façon continue par les salariés avant tout et je suis sûre que c'est le point de vue des syndicats nous l'avons toujours respecté ce sont les travailleurs travailleuses qui se mobilisent et qui font la grève et d'ailleurs certains ont fait la grève et se sont mobilisés entre le 10 et le 18.

Dès lors que l'intersyndicat l'appelle au 18 nous relayons cette date parce qu'il y a toujours la nécessité de faire un front commun entre les partis politiques et les syndicats et figurez-vous qu'en plus l'engagement insoumis n'est pas exclusif d'autres engagements et que beaucoup de mes camarades sont aussi des syndicalistes dans leurs propres entreprises donc évidemment nous allons nous mobiliser nous soutenir comme nous le faisons à chaque manifestation et j'espère qu'elle sera la plus puissante possible parce que nous en avons besoin au-delà de ça il y a d'autres dates déjà dans le paysage on entend parler du 21 septembre c'est un dimanche parce que je le redis en semaine c'est difficile c'est quoi le 21 septembre ?

en semaine c'est difficile parce que les gens perdent de fait des journées de salaire donc c'est difficile le 21 septembre j'ai entendu ça de la part notamment d'organisations qui se mobilisent pour la fin du génocide à Gaza puisque vous le savez la date prévue pour la possible reconnaissance de la Palestine le 22 septembre enfin par monsieur Macron et par la France c'est le 22 septembre donc il y a des suites à cette mobilisation et je pense que c'est important de voir ces répliques qui parfois ne sont pas en effet initiées par les mêmes organisateurs et qui ne sont pas exactement sur les mêmes sujets mais qui forment un ensemble politique cohérent et un ensemble que nous nous qualifions de dégagistes parce que ce qui surmonte tout

25:25
Présentateur

c'est le dégoût c'est le ras-le-bol voilà vous parlez de Gaza passons à l'international si vous voulez bien dans l'actualité Clémence Guettet ce regain de tension sur le flanc oriental de l'Europe alors vendredi la Russie a entamé des exercices militaires en Biélorussie c'est tout près de la frontière avec la Pologne et ça réveille un mauvais souvenir parce que c'est un peu comme ça que la Russie avait commencé il y a trois ans et demi avant d'envahir l'Ukraine et puis mardi stupeur général en Occident une vingtaine de drones présumés russes sont entrés dans l'espace aérien polonais comment est-ce que vous députée française vous regardez cela est-ce que c'est de la provocation de la part de Vladimir Poutine est-ce que c'est une menace est-ce que vous êtes inquiète

26:02
Clémence Guetté

alors il est évident d'abord que ces actes sont extrêmement graves confère la convention de Chicago de 44 de l'ONU qui interdit à n'importe quel engin volant de survoler un autre état sans que cet état en question ait donné son autorisation ça n'était évidemment pas le cas de la Pologne ni de la Roumanie puisque j'ai vu cette nuit que potentiellement c'était arrivé aussi donc d'abord c'est un acte extrêmement grave de violation du droit international ça c'est très clair la deuxième chose c'est que je nous invite collectivement à la prudence puisqu'il y a cette question d'intentionnalité vous savez qu'il y a des engins de brouillage qui potentiellement peuvent dévier ce type de matériel je parle des drones l'intentionnalité qu'aujourd'hui la Russie réfute toujours est-il que même intentionnalité mise à part c'est un acte extrêmement grave de violation du droit international et surtout comme l'était déjà

26:53
Présentateur

nous ne sommes pas au niveau pour intercepter récupérer ça signale que peut-être nous ne sommes pas assez armés qu'est-ce que vous en pensez ?

26:59
Clémence Guetté

non ça signale qu'il y a de nouvelles technologies et qu'il est clair que la question de l'utilisation de drones est un nouveau matériel sur lequel nous avons encore évidemment des progrès à faire mais je veux dire quand même que l'armée française en matière de cybersécurité de défense dans l'espace ou sur la question des drones et de ce nouveau type d'engin est quand même une excellente armée nous ne sommes pas en retard technologiquement et je veux dire qu'on a des entreprises encore très puissantes de ce point de vue-là

27:27
Invité

ce qui se passe là est-ce que ça ne crédite pas l'idée au fond que la Russie a une vraie volonté d'expansionniste et quand vous redites avec Jean-Luc Mélenchon cet été les français n'ont aucun intérêt militaire à l'augmentation des arsenaux est-ce que vous n'êtes pas un peu à côté de la réalité c'est-à-dire on ne fait rien on reste désarmé face à l'agression russe

27:48
Clémence Guetté

que proposez-vous qu'on aille faire la guerre à la Russie

27:50
Invité

non non je vous demande je vous interroge

27:52
Clémence Guetté

mais moi je vous réponds ça parce que et on abandonne toujours la Russie les territoires quand nous disons les français n'ont pas d'intérêt à la guerre c'est-à-dire que nous le pensons de toutes nos forces et nous l'avons dit depuis maintenant trois ans en fait les français mais quand vous regardez la réalité c'est très concret la paix madame de même que la guerre c'est très concret c'est des gens qui meurent voilà nous n'en voulons pas donc nous disons depuis trois ans il faut ouvrir un cadre de négociation entre la Russie et entre l'Ukraine mettre toutes nos forces diplomatiques pour aller dans ce sens-là et notamment ouvrir ces négociations avant que la Russie soit dans la position de force dans laquelle malheureusement elle est aujourd'hui il y a beaucoup de monde

28:27
Présentateur

qui veut parler à Vladimir Poutine apparemment c'est un peu difficile est-ce qu'en attendant on doit continuer les sanctions est-ce qu'en attendant on doit s'armer et dépenser en effet 5% du PIB ou est-ce que je reviens finalement à cette question non il faut espérer qu'un jour Vladimir Poutine veut parler aux occidentaux et à Volodymyr Zelensky mais on ne conclut pas une guerre en achetant des armes voilà c'est très clair

28:47
Clémence Guetté

on ne prépare pas la guerre quand quelqu'un envahit il faut ouvrir des discussions et les mener de toutes nos forces on ne peut de toute façon pas abandonner cet objectif-là sinon c'est les armes qui s'expriment en effet et ce sera absolument dévastateur nous avons alerté sur le risque d'escalade militaire sur le risque d'embrasement régional depuis quelques temps donc oui nous continuons à dire qu'il faut des négociations pour arriver à la paix y compris avec des dirigeants internationaux qui violent encore une fois le droit international mais quand vous entendez

29:18
Invité

Donald Tusk le premier ministre polonais qui dit qu'on n'a jamais été aussi proche d'une troisième guerre mondiale est-ce qu'il a raison de dire ça et est-ce que vous ne redoutez pas à travers ce qui vient de se passer en Pologne et bien une extension du conflit ukrainien et bien au reste de l'Europe

29:35
Clémence Guetté

je viens de le dire je crains de l'embrasement régional et nous alertons sur cette question depuis maintenant plusieurs années donc concrètement par exemple

29:42
Invité

Emmanuel a annoncé le déploiement des trois rafales pour contribuer à la protection de l'espace aérien polonais vous dites que c'est à la hauteur Emmanuel Macron que c'est à la hauteur

29:52
Clémence Guetté

ou que la France doit faire plus la France a une centaine d'avions rafales quand on en envoie trois on n'est pas en train de déclarer la guerre à la Russie et c'est tant mieux nous avons là une opération qui est inédite parce qu'il s'agit potentiellement d'intercepter des drones ce que jusqu'ici nous ne faisions pas la France fait ça parce que nous faisons partie de l'OTAN vous savez vous connaissez notre position sur l'OTAN mais je vais quand même la répéter pour les gens qui nous écoutent et qui nous regardent nous sommes partisans du fait de sortir du commandement intégré de l'OTAN et de sortir de l'OTAN tout court pourquoi ?

parce que c'est une vassalisation totale de la France vis-à-vis des Etats-Unis d'Amérique quand nous décidons quand le président Macron d'ailleurs en passant le parlement la parlementaire que je suis n'a jamais pu voter sur cette question donc ils décident tout seul qu'on met 5% du PIB de la richesse nationale pour s'armer mais vous ne trouvez pas

30:38
Invité

que les Etats-Unis nous lâchent en ce moment parce que ce n'est plus trop le sujet ah bah oui mais figurez-vous qu'ils sont quand même dans l'OTAN de comment l'Union Européenne se défend face à des puissances autoritaires qui n'écoutent rien

30:49
Clémence Guetté

parce que ce n'est pas ça le sujet aujourd'hui madame Fresseuse nous sommes dans l'OTAN et l'OTAN quand même la moitié des importations d'armes de l'Union Européenne ça vient des Etats-Unis donc nous engraissons l'industrie militaire américaine et par ailleurs les décisions les décisions politiques les décisions politiques de l'OTAN sont très liées aux intérêts américains je veux dire tout le monde sait ça mais est-ce qu'il faut muscler notre défense européenne pour répondre à votre question nous ne sommes pas pour l'Europe de la défense nous l'avons déjà exprimé extrêmement clairement nous pensons que les questions de défense et les questions militaires la souveraineté s'exerce au niveau national c'est d'ailleurs la base de notre doctrine de dissuasion nucléaire qui est quand même un élément absolument central dans notre doctrine de défense française nous ne pouvons pas et nous ne souhaitons pas étendre ce parapluie nucléaire à l'ensemble de l'Union Européenne aller jusqu'à la Pologne entrer en guerre avec la Russie qui est une autre puissance nucléaire nous le refusons absolument vous votez les sanctions ?

est-ce que vous votez les sanctions contre la Russie ?

nous les avons votées les sanctions économiques elles sont importantes elles permettent de cibler les oligarques le régime et je suis intéressée par la question qu'on se pose à l'international je veux juste dire en un mot parce que je ne sais pas à quel moment vous allez changer de sujet que je déplore quand même le deux poids deux mesures sur la condamnation unanime qu'il y a de la classe politique vis-à-vis de monsieur Poutine qui viole le droit international par rapport au silence assourdissant vis-à-vis de monsieur Netanyahou qui le fait en permanence il a encore bombardé décidé de bombarder avec l'armée israélienne le Qatar c'est un voisin de plus qu'il a agressé dans la zone il kidnappe il kidnappe des parlementaires dans les eaux internationales

32:30
Invité

ça fait débat en France et il y a des prises d'opposition françaises

32:33
Clémence Guetté

mais encore heureux nous sommes face à un génocide on devrait en parler tout le temps on devrait en parler tout le temps les sanctions économiques c'est intéressant les sanctions économiques j'ai porté à l'Assemblée nationale une résolution qui voulait mettre fin à l'accord d'association entre l'Union Européenne et Israël c'est un accord économique un accord de libre-échange tous les macronistes d'une seule voix ont voté contre cet accord je le dis au détour d'un amendement ils ont aussi voté contre le fait de respecter les décisions de la Cour pénale internationale ça veut dire que les macronistes les troupes de monsieur Macron ont voté contre le respect du droit international à l'Assemblée nationale je ne sais pas si on se rend compte du niveau où c'est c'est ahurissant en réalité

33:10
Présentateur

Clémence Guettet on aurait voulu on voudrait ne pas finir ce tour d'actualité sans vous parler des réseaux sociaux parce qu'il s'est quand même passé quelque chose qui est très concernant pour les Français c'est ce rapport et vous êtes à l'Assemblée de la commission d'enquête sur les effets psychologiques de TikTok ce rapport qui dit qu'il faudrait un couvre-feu de 22h à 8h du matin pour les 15-18 ans et que de toute façon il faudrait interdire les réseaux sociaux au moins de 15 ans oui ou non ? ça est une bonne idée ? Non je ne pense pas

33:36
Clémence Guetté

que ce soit une bonne idée je pense que l'interdiction n'est pas la solution d'abord parce qu'il y a énormément de moyens de contourner ces interdictions donc en fait j'essaye d'être pragmatique on est des responsables politiques de fait on a vu par exemple que quand des sites pornographiques ont été interdits l'été dernier les gens se sont mis les utilisateurs se sont mis à installer des VPN pour contourner la géolocalisation on sait que de toute façon des réseaux sociaux des plateformes il y en a une multiplicité donc si c'est plus TikTok malheureusement ce sera d'autres et donc moi je pense que et par ailleurs ce n'est pas le comportement des jeunes le problème c'est le comportement des plateformes elles-mêmes donc je pense qu'il faut s'attaquer à ces plateformes et on peut le faire avec la législation notamment le fait qu'elles puissent cibler des adolescents en diffusant des contenus qui incitent parfois jusqu'au suicide qui incitent à l'automutilation qui sont extrêmement dangereux et je prends appui pour vous dire ça sur un rapport d'Amnesty International paru en 2023 qui s'appelait Pousser vers les ténèbres et qui parlait exactement ça du comportement que peuvent avoir les jeunes vis-à-vis des réseaux sociaux et bien c'est une question de volonté politique parce qu'il y a des intérêts économiques ensuite derrière mais encore une fois je pense que vis-à-vis des jeunes on ne peut pas promouvoir une éducation très numérique aujourd'hui à l'école et ensuite se dire qu'ils ont un comportement vis-à-vis des réseaux sociaux qui serait trop ou une interdiction que de toute façon je le redis qui serait contournée donc il faut évidemment de l'éducation et de la sensibilisation à l'usage numérique et je pense que ça a tout à fait sa place à l'école et que ça devrait être encore renforcé

35:05
Présentateur

Clémence Guettet la députée LFI et vice-présidente de l'Assemblée nationale et l'invité de questions politiques on va tenter de mieux vous connaître aujourd'hui Clémence Guettet celle qui dévoile nos invités c'est Alex Bouillaguet qui a fouillé votre bio

35:26
Clémence Guetté

Mélenchon

35:29
Locuteur non identifié

Pour ceux qui n'auraient pas suivi le film depuis le début Clémence et moi faisons équipe depuis tantôt un certain nombre d'années mais au moins depuis deux élections présidentielles et ensuite maintenant nous faisons ensemble l'Institut La Boétie qui est la machine à penser qui nous aide dans notre travail de militant et qui est la raison pour laquelle je viens vous voir ce soir

35:57
Invité

On vient d'entendre notamment Jean-Luc Mélenchon au cours d'une conférence que vous animiez ensemble c'est lui qui vous a repéré lorsque vous avez adhéré au parti de gauche en 2010 alors que vous n'aviez que 19 ans Ascension éclaire jusqu'à il le disait à l'instant co-diriger le laboratoire d'idées qui est l'Institut de la Boétie est-ce qu'on peut dire que vous êtes aujourd'hui à 34 ans la tête pensante du parti

36:23
Clémence Guetté

En tout cas j'essaye de remplir les tâches qui me sont confiées parce que c'est comme ça que ça fonctionne dans notre organisation politique donc ça fait en effet deux présidentielles que je m'occupe du programme présidentiel de Jean-Luc Mélenchon l'avenir en commun porté par Jean-Luc Mélenchon pendant ces deux élections présidentielles j'ai toujours du mal à dire que c'est moi parce que c'est pas vrai parce que c'est un collectif en fait que moi j'ai l'honneur de coordonner alors évidemment j'y participe ensuite jusqu'à l'Institut Labo ici dont je veux dire un mot parce que j'en suis très fière c'est un institut qu'on a remis en marche il y a deux ans qui est en effet un lien avec les universitaires et j'en profite pour vous dire d'ailleurs qu'on a sorti un nouveau livre la semaine dernière c'est notre troisième livre il s'appelle Nouveau Peuple, Nouvelle Gauche il est disponible dans toutes les librairies et à chaque fois on essaye de prendre une question qu'avec des universitaires on explore pour retisser ce lien entre universitaire et politique qui est parfois distendu et je crois qu'on nous reconnaît une chose c'est qu'on travaille à la France Insoumise

37:17
Invité

Ceux qui vous aiment disent effectivement que vous êtes intelligente que vous êtes une grande bosseuse que vous êtes calme que vous êtes solide vous le disiez vous avez piloté le programme présidentiel de la France Insoumise notamment en 2022 Jean-Luc Mélenchon il a même versé une larme lorsqu'il vous a vu pour la première fois monter au perchoir de l'Assemblée Nationale en 2024 vous, le bébé Mélenchon est-ce que vous êtes désormais devenu sa dauphine ?

37:41
Clémence Guetté

On a une relation évidemment qui est importante pour moi et humainement et politiquement avec Jean-Luc Mélenchon parce qu'on se voit énormément parce que vous l'avez dit on co-dirige l'Institut Labo ici ensemble et donc c'est quotidien et donc évidemment il y a des liens aussi en politique qui sont des liens affectifs et c'est tant mieux d'ailleurs heureusement qu'on s'apprécie entre camarades et entre gens avec qui on passe beaucoup de temps ce que je peux vous dire c'est qu'on est une équipe et qu'y compris les gens qui n'apprécient pas Jean-Luc Mélenchon reconnaissent le fait reconnaissent le fait qu'il sait former des jeunes et les faire monter en responsabilité au sein de son organisation politique en l'occurrence la France Insoumise

38:18
Invité

J'ai parlé de ceux qui vous aiment j'ai parlé de ceux qui vous aiment moins disent que vous êtes derrière effectivement votre allure angélique et bien une copie humaine de Jean-Luc Mélenchon avec la même brutalité et le même sectarisme fait du même bois que lui avec une culture du rapport de force est-ce que vous vous reconnaissez

38:34
Clémence Guetté

dans cette description ? Vous savez cette citation c'est Patrick Cannaire au moment où nous signions à l'époque les accords du nouveau Front Populaire le chef des socialistes au Sénat donc c'est pour vous dire que parfois les amabilités des socialistes sont quand même de longue main Il n'y a pas de rapport de force ?

Tout ça pour dire qu'évidemment il y a des rapports de force en fait c'est la base de la politique moi je fais de la politique parce que je pense que c'est une façon de canaliser une forme de violence dans la société et qu'elle puisse s'exprimer démocratiquement c'est pour ça que je suis extrêmement honorée d'être parlementaire et de siéger à l'Assemblée nationale parce que je crois que c'est là que peuvent s'exprimer des désaccords qui sinon se régleraient autrement

39:09
Invité

Est-ce que peuvent vraiment s'exprimer des désaccords ? Est-ce que d'ailleurs vous vous contestez Jean-Luc Mélenchon ? Si oui j'aimerais savoir quand et sur quoi la dernière contestation

39:19
Clémence Guetté

du chef ? Nous avons des discussions et nous avons des réunions c'est la façon dont on discute en permanence et vous saurez que Jean-Luc Mélenchon vous ne le contestez jamais ?

Oui ces mauvaises langues ne sont pas dans les réunions en question et ça tombe très bien parce qu'on n'a pas spécialement envie que nos discussions soient révélées au grand public je pense que ce qui fait notre force c'est que nous vous parlons d'une même voix quand je dis vous c'est les médias notamment parce que quand je vois des partis qui passent leur temps à se chamailler monsieur Jadot qui dit le contraire de madame Tondelier la semaine dernière monsieur Vallaud et monsieur Fort qui s'affrontent pour être un hypothétique premier ministre ça ne me fait pas rêver et je vous dis que et les rapports de force ont une forme d'honneur en politique et que l'éthique et la loyauté et la discipline ce ne sont pas des mots non plus tabous ni des mots empêchés pour moi je pense qu'il y a d'où ces purges

40:09
Invité

parce qu'il y a eu des purges des compagnons de route Alexis Corbière Raquel Carido Clémentine Autain tous ont fustigé la stratégie clivante du mouvement et le manque de démocratie interne est-ce que vous n'avez eu aucun état d'âme à les voir partir ?

40:23
Clémence Guetté

C'est tous les gens que vous venez de citer vous le savez quelques semaines avant la dissolution surprise de l'Assemblée nationale avaient en secret créé une organisation politique ils en ont bien le droit mais créé une organisation politique en dehors de la France insoumise parce que ça faisait longtemps qu'ils n'en partageaient en réalité plus les objectifs politiques et je pense qu'aujourd'hui la situation politique elle est très claire quand vous voyez que ce sont des gens qui appellent à l'unité mais au-delà de ça ne nous disent plus et je le déplore à vrai dire ne nous disent plus sur quelle ligne ils appellent à cette unité tout se vaut ce que raconte le parti socialiste qui veut entrer à Matignon ou ce que raconte la France insoumise avec une destitution de Macron je vous dis qu'il y avait de toute façon un immense éloignement politique et peut-être la prochaine purgée ce sera vous ?

et bien nous verrons cela mais moi je crois que tant que je remplis mes responsabilités tant que j'arrive à défendre le programme et du mieux que je peux et je le fais pour représenter tous mes camarades je ne suis absolument pas inquiète de ça vous savez on ne fonctionne pas comme ça

41:16
Invité

vous étiez cité il y a plus d'un an pour Matignon et vous ratez compte que ça a suscité un petit affolement familial voire même pour vous un vertige vous êtes sentie capable d'endosser le costume de Premier ministre sans aucun souci ?

41:32
Clémence Guetté

quand on prend au sérieux une hypothèse comme celle-là j'espère que ça génère chez n'importe qui une forme de vertige sinon c'est de l'irresponsabilité enfin je veux dire on parle de mener une politique ambitieuse pour le pays et de changer la donne la vie quotidienne de millions de gens donc j'espère que chez tout le monde ça peut susciter une forme de vertige malheureusement je pense que ça n'est pas le cas et qu'il y a des gens qui font ça comme ils feraient autre chose comme ils gèreraient une entreprise affolement familial parce que ça n'est pas du tout mon milieu social la politique votre mère était prof d'anglais votre père était père au foyer vous avez grandi dans les Deux-Sèvres tout à fait ils n'étaient pas militants bref affolement familial parce que évidemment ce que je fais aujourd'hui est très éloigné de leur réalité mais comme ça l'est je pense de la réalité de plein de gens et moi je pense que c'est très précieux pour moi et pour mon engagement justement d'avoir été élevé dans ce milieu-là mais ensuite je pense que comme tous mes camarades dont les noms ont circulé à cette époque oui j'aurais été prête à endosser ces responsabilités-là parce qu'à un moment donné on fait de la politique on fait des promesses de campagne mon rôle c'est justement d'élaborer nos propositions et notre programme heureusement que j'y crois et heureusement que je me dis vivement vivement le jour où on va pouvoir les appliquer

42:39
Présentateur

ces propositions politiques Clémence Guettet que voudriez-vous voir appliquer ? On vous a donné une carte blanche pour compléter le portrait et vous avez choisi de parler de pauvreté le dernier baromètre Ipsos pour le Secours Populaire est sorti cette semaine que retenez-vous ?

42:53
Clémence Guetté

Un bilan dramatique de la Macronie évidemment c'est pas une surprise parce qu'en fait les baromètres que ce soit du Secours Populaire ou de toutes les associations qui oeuvrent auprès des personnes pauvres ou très précaires nous tirent la sonnette d'alarme depuis des années et des années mais il est vrai que la Macronie a fait un immense dégât social ce que montre ce baromètre c'est qu'aujourd'hui il y a une personne sur trois qui a peur de sombrer définitivement dans la précarité il y a une personne sur trois qui renonce à se soigner il y a une personne sur quatre qui renonce à se nourrir de temps en temps une personne sur cinq qui pense qu'elle n'a pas réussi financièrement à subvenir à tous les besoins de ses enfants je pense qu'on ne réalise pas à quel point cette situation est dramatique et elle est dramatique

43:34
Présentateur

il y a un paradoxe vous êtes d'accord on est le pays un des pays qui redistribue sans doute le plus au monde il me semble qu'on redistribue un quart du revenu annuel 500 milliards par an en 2019 donc on est un pays très redistributif et pourtant en effet il y a une situation de pauvreté alarmante et qui a augmenté mais comment on en sort en fait on a envie de vous entendre sur les solutions ça serait quoi la bonne mesure d'abord je ne partage pas

43:57
Clémence Guetté

exactement votre constat on n'est pas assez redistributif en réalité c'était toute la première partie de notre discussion sur la captation des richesses dont je vous parlais vraiment l'injustice fiscale les 60 milliards par an juste aux personnes les plus riches les 200 milliards par an juste pour les très très grandes entreprises tous ces cadeaux de la Macronie elles ont des conséquences sociales évidentes parce que la richesse n'est pas produite à l'infini aujourd'hui en plus c'est une richesse inutile j'ai envie de dire parce qu'au contraire de si elle était distribuée dans les ménages elle ne sert pas à la consommation populaire et donc à la relance sur les solutions j'y arrive d'abord je voulais ajouter un mot juste sur la jeunesse pour qui j'ai une pensée très particulière parce que j'ai fait mes études moi aussi dans des conditions financières difficiles et ce que ce baromètre montre également c'est que c'est encore pire pour les jeunes qui sont extrêmement inquiets pour leur avenir aujourd'hui mais sur les solutions il y a des choses très simples à faire d'abord on n'a jamais vraiment on est passé un peu en dehors du sujet inflation augmentation des prix de l'alimentation mais aujourd'hui les gens ne peuvent plus se nourrir l'inflation est retombée à 1,2% évidemment mais il y a eu une crise inflationniste et aujourd'hui on n'en parle plus alors que ces conséquences sur le pouvoir d'achat des français elles n'ont pas magiquement disparu donc il faut bloquer les prix de l'alimentation la seconde chose c'est évidemment la question des salaires et la question des pensions de retraite qu'il faut là aussi augmenter il faut bloquer les prix des loyers en fait je reviens

45:17
Invité

excusez-moi est-ce qu'il ne faut pas des politiques plus ciblées plutôt que des grands slogans alors que certains vivent bien et d'autres vivent beaucoup moins bien est-ce qu'il ne faut pas des politiques beaucoup plus ciblées sur les familles monoparentales est-ce qu'il ne faut pas revoir par exemple tout le système social mais ça demande de descendre dans le capot d'aller peut-être dans l'infini détail et c'est compliqué mais est-ce que vous vous inscrivez dans ce domaine ?

45:42
Clémence Guetté

il faut le faire et nous avons par exemple déjà déposé des lois à l'Assemblée nationale pour les familles monoparentales il faut quand même le dire 9 sur 10 ce sont des femmes donc des femmes précaires et c'est une famille sur 4 aujourd'hui dans notre pays qui est une famille monoparentale donc cette situation sociale nous l'avons bien en tête et nous travaillons d'ailleurs avec des collectifs de mères isolées sur cette question pour faire des propositions très simples sur la pension alimentaire par exemple qui est aujourd'hui défiscalisée etc donc des propositions là-dessus nous en avons mais je reviens à ce que vous avez dit ce ne sont pas de grands slogans c'est très concret pouvoir se nourrir pouvoir accéder à la santé pouvoir permettre l'éducation de ses enfants par exemple

46:17
Invité

le blocage général des prix alimentaires peut-être qu'il y en a qui ne s'est pas besoin de les bloquer pour tout le monde il faut aider ceux qui ont vraiment besoin d'être aidés est-ce que c'est pas revoir tout le système

46:28
Clémence Guetté

d'aide sociale il y a une politique de priorité dans les aides sociales qui en réalité est déjà là on n'aide pas avec des minima sociaux des gens qui aujourd'hui n'en ont pas besoin par contre pour d'autres mesures je crois moi à l'universalité des mesures je crois que il est une forme de justice que quand on pense que l'alimentation est trop chère nous puissions la bloquer pour tout le monde que quand on pense que les loyers sont trop chers nous puissions les bloquer pour tout le monde je vous ai parlé du baromètre donc des personnes très précaires ou pauvres mais je pense aussi aux gens qui sont dans les classes intermédiaires qui vivent mal aussi aujourd'hui dans notre pays même s'ils ont des salaires un tout petit peu plus élevés mais ça n'empêche pas le fait qu'ils se serrent la ceinture donc moi je crois aux mesures universelles et pour une très bonne chose c'est que si on accorde des droits à tout le monde il y a beaucoup moins de risques que des gens cherchent à revenir dessus

47:15
Présentateur

allez on avance comme chaque semaine Françoise Fresseau interroge une question qui sera au coeur du débat public et de la présidentielle dans deux ans ce matin Françoise c'est la question des institutions oui mais avant

47:24
Invité

j'aimerais bien rebondir sur ce que vous avez dit vous dites moi je fais de la politique pour canaliser la violence qui est dans la société quand j'ai entendu le débat sur le vote de confiance qui a abouti à la chute du gouvernement Bérou j'ai entendu dans les voix de la chef du groupe Mathilde Panot beaucoup de virulence Macron le forcené de l'Elysée Retailleau comparé à Pétain le macronisme devenu une fabrique de maltraitance infantile est-ce que vous vous n'entretenez pas aussi cette violence au fond l'analyse implacable que vous faites du macronisme est-ce qu'elle a besoin de mots aussi forts est-ce qu'il ne faut pas dans les temps qui courent plutôt essayer d'avoir un débat à peu près courtois

48:00
Clémence Guetté

je pense que le discours de Mathilde Panot il a été vu par quasiment 10 millions de personnes dans notre pays notamment grâce aux réseaux sociaux et que s'il a été aussi vu et partagé c'est parce qu'il reflète une forme de colère sociale qui est présente et qui franchement baladez-vous dans le pays qui s'exprime en des termes beaucoup plus crus et beaucoup plus durs que ça donc je pense que nous jouons notre rôle de représentants politiques d'exprimer cette colère sociale à l'Assemblée et par ailleurs sur le fait que Macron est isolé que c'est un monarque seul en son palais qui décide de tout tout ça nous l'assumons parfaitement politiquement ça n'empêche pas d'être courtois par ailleurs nous le sommes nous participons

48:41
Invité

parce que vous même quand vous présidez en tant que vice-président de l'Assemblée nationale vous êtes extrêmement dans les institutions et donc c'est ça c'est ce paradoxe là que je voudrais aussi explorer quand vous voyez ce qui se passe aux Etats-Unis quand même cette espèce de polarisation entre la gauche la droite entre même l'extrême gauche et l'extrême droite quand vous voyez Trump l'hyper-violence son clan qui dit après l'assassinat de l'influenceur Charlie Kirk on va se venger en prenant pour cible l'extrême gauche alors qu'on ne sait pas du tout si l'auteur de l'assassinat est de cette mouvance est-ce que vous ne dites pas attention on risque quand même la même dérive en France il faut peut-être quand même calmer le jeu à un moment

49:22
Clémence Guetté

oui mais ce dont vous parlez là en l'occurrence monsieur Trump il est d'extrême droite oui mais là vous voyez une polarité que vous créez aussi contrairement

49:29
Invité

à monsieur Trump

49:32
Clémence Guetté

nous n'avons jamais appelé aux assauts des institutions je vous rappelle quand même ce qui s'est passé dans le Capitole nous n'avons appelé jamais personne à la violence et bien au contraire Jean-Luc Mélenchon Manuel Bompas tous nous l'avons dit avant le 10 restez calme vu le dispositif de répression et le dispositif policier prévu il faut aucune action violente que des actions pacifiques donc nous ne sommes absolument pas vous le comprenez bien dans le même rapport politique

49:58
Locuteur non identifié

non mais c'est sur cette polarisation et sur cette montée de la violence du débat aujourd'hui

50:04
Clémence Guetté

aujourd'hui nous avons un gouvernement illégitime un président honni par les français mais qui refuse d'en revenir aux urnes une situation sociale absolument dramatique 58% des jeunes qui sont angoissés par le changement climatique a rien n'est fait bien au contraire on détricote le droit environnemental la situation elle a de quoi mettre en colère

50:23
Invité

mais il y a peut-être un moyen j'écoutais le cornu qui disait le régime n'a jamais été aussi parlementaire pourquoi par exemple vous vous dites pas maintenant notre revendication qui est dans votre projet c'est la proportionnelle passons à la proportionnelle et là le parlement aura ses droits il pourra essayer de construire des compromis pourquoi vous enfermez toujours dans l'idée de la 6ème république alors c'est peut-être aujourd'hui que les institutions peuvent basculer de façon assez pacifique au fond

50:49
Clémence Guetté

parce que bon alors la proportionnelle nous y sommes favorables il n'y a pas de sujet là-dessus si elle devait passer à l'assemblée on avait déjà commencé à travailler le sujet parce que c'était un projet de monsieur Bayrou non la revendication fondamentale c'est évidemment la 6ème république pour une raison très simple c'est que la constitution de la 5ème prévue donc en 58 elle ne correspond plus à la société française elle a été conçue pour un super président elle est quand même flexible qui peut s'octroyer énormément de pouvoir mais elle ne correspond plus aux aspirations des français et par ailleurs la société est extrêmement changée si j'avais été une femme en 58 je ne serais pas sur ce plateau j'aurais besoin d'un mari pour ouvrir un compte bancaire j'aurais besoin d'un mari pour travailler je ne pourrais pas avorter bref la situation objective de la société a évolué ça c'est le constat général ensuite on voit bien aujourd'hui que la 5ème elle est à bout de souffle parce qu'elle permet au monarque présidentiel d'accumuler tellement de pouvoir qu'il peut faire tous les 49-3 dont je vous ai parlé via son gouvernement qu'il peut nommer des premiers ministres illégitimes qu'il peut écraser le parlement parce que non contrairement à ce que dit monsieur Lecornu le parlement ne vit pas bien quand il est écrasé à coup de 49-3 en permanence donc le nœud du problème se situe dans la façon dont les pouvoirs sont organisés aujourd'hui et moi je souhaite que le parlement ait plus de pouvoir je souhaiterais évidemment que monsieur Lecornu n'utilise pas le 49-3 et que nous puissions rejeter son budget si nous avions une majorité pour le rejeter je souhaiterais qu'il demande le vote de confiance aux parlementaires que nous sommes je pense que ça n'arrivera pas donc vous voyez bien qu'on est quand même à un moment donné on est quand même bloqué et je pense que par ailleurs la constitution de la 5ème elle a déjà été révisée 24 fois ce qu'il nous faut ce n'est pas des petits ajustements à la marge ce qu'il nous faut c'est que le peuple lui-même puisse refonder les règles du jeu c'est pour ça qu'on appelle à la 6ème République pas n'importe comment avec une constituante pour réécrire cette constitution et en même temps

52:39
Invité

Jean-Luc Mélenchon n'arrête pas de dire quand je serai président de la République parfaitement moulé dans les institutions de la 5ème République parce qu'on n'a pas le choix

52:46
Clémence Guetté

on n'a pas le choix non ne passons pas c'est un débat intéressant pour refaire la 6ème République il va falloir gagner dans les conditions de la 5ème et donc avoir un président ou une présidente de la République qui soit de notre camp pour refaire la 6ème République on n'a pas le choix

52:58
Présentateur

Clémence Guettet l'émission touche à sa fin avant de nous quitter si vous voulez bien on va faire un petit vrai ou faux je donne des affirmations vous allez voir c'est très divers vous répondez d'un mot le mot c'est soit vrai soit faux toute vérité est bonne à dire vrai ou faux plutôt vrai plutôt j'ai déjà pas suivi la consigne c'est pas la consigne la France dégradée par Fitch il va falloir revenir rapidement sous les 3% de déficit vrai ou faux faux

53:22
Clémence Guetté

je vais expliquer quand même pourquoi je dis ça cette dégradation des agences de notation ça se fait au pari à la confiance que peuvent avoir les marchés quand M. Bayrou vient de passer 3 semaines à dire partout c'était la catastrophe économique en France les marchés entendent ça moi je dis que c'est sa responsabilité et que par ailleurs il n'y a aucun problème pour la France pour se financer encore aujourd'hui à très cher comment ? à très cher mais c'est pas le vrai ou faux pour très cher n'est-ce pas ? 3 acheteurs pour un titre de dette moins cher que les Etats-Unis d'Amérique bon ça va a priori

53:50
Présentateur

on peut encore le faire vous parlez régulièrement une intelligence artificielle vrai ou faux ? à faux un élu devrait savoir qui est Arthur Mench le patron de Mistral Aïe vrai ou faux ? évidemment je pense à Eric Coquerel qui ne savait pas et vous vous saviez ? en l'occurrence

54:03
Clémence Guetté

désormais pour avoir préparé cette émission oui je le sais mais on sait tous ce qu'est Mistralia et ce que cette entreprise propose

54:10
Présentateur

LFI menace de poursuite l'éditeur du livre Les complices du mal son auteur affirme révéler des liens entre certaines personnalités LFI et des projets islamistes LFI qui veut empêcher la sortie de cet ouvrage vrai ou faux ?

54:22
Clémence Guetté

c'est une fake news non malheureusement c'est dommage que vous la repreniez à cette antenne je vous demande si c'est vrai ou faux c'est faux parce que ce que nous avons demandé c'est à pouvoir en l'occurrence consulter cet ouvrage via nos avocats parce que on a quand même le pressentiment que ça va être un tissu de mensonge destiné uniquement à salir la France insoumise même si on en a l'habitude ça reste désagréable et c'est normal de pouvoir consulter des ouvrages avant leur parution

54:44
Présentateur

Merci Clémence Guettet d'avoir répondu à nos questions politiques merci à la grande équipe de cette émission l'équipe du son l'équipe de la vidéo nous vous retrouvons pour un nouveau question politique la semaine prochaine Sous-titrage Société Radio-Canada

Sébastien Lecornu "est la continuité totale d'Emmanuel Macron" estime la députée LFI Clémence Guetté — Clémence Guetté · Pourquijevote