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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 18 mars 2024 52 min

Ukraine, réélection de Vladimir Poutine, IVG, "mégacamions"... Ce qu'il faut retenir de l'interview de François-Xavier Bellamy

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Locuteur

France Info.

0:03
Locuteur 10

Bienvenue dans Demain l'Europe, l'émission spéciale de France Info consacrée aux élections européennes. Toutes les têtes de liste vont défiler sur ce plateau dans les prochains jours. Et la première d'entre elles, bonjour François-Xavier Bellamy.

0:14
Locuteur 5

Bonjour.

0:15
Locuteur 10

Merci d'inaugurer ce rendez-vous pendant une heure où vous allez d'abord être soumis à nos questions d'actualité avec Jérôme Chapuis.

0:22
Locuteur 4

Et puis deux de nos consœurs européennes prendront le relais pour vous interroger. Mirella Antoquet, correspondante pour la télévision publique roumaine. Elle abordera avec vous le conflit en Ukraine. et ses conséquences en Europe. Anna Navarro-Pedro, correspondante pour la presse portugaise, vous interrogera sur les énergies et la transition écologique. Et puis Renaud D.I. va nous rejoindre à la fin de l'émission pour livrer ses conclusions.

0:41
Locuteur 10

Mais d'abord pour ceux qui ne vous connaissent pas ou pas assez, François-Xavier Bellamy, Audrey Tison du service politique de France Info, adressez votre portrait.

0:49
Locuteur 9

François-Xavier Bellamy, vous avez 38 ans, philosophe. C'est ainsi que vous aimez toujours vous présenter. Agrégé de philo, vous avez enseigné cette matière pendant une dizaine d'années. Et vous continuez d'ailleurs à donner des conférences tous les 15 jours dans un théâtre parisien. La prochaine, c'est ce soir sur le thème « La guerre a-t-elle son droit ? » Vous y répondrez en 1h30. Mais votre principal costume, c'est désormais celui d'homme politique. Élu conseiller municipal de Versailles en 2008, candidat malheureux aux législatives.

Inconnu du grand public, vous vous démarquez dans le parti LR avec votre phrase et votre ligne conservatrice sur le plan sociétal, plutôt libéral sur le plan économique. Laurent Wauquiez vous choisit comme tête de liste en 2019. Et vous voici élu député européen. Vous vous impliquez dans les commissions pêche et énergie-industrie. Les Républicains au Parlement européen. Ce sont seulement 8 élus. Mais vous siégez au sein du groupe le plus fourni de l'hémicycle. Le PPE, Parti Populaire Européen, qui est en majorité relative. François-Xavier est un élu européen remarquable. Qui a donné de l'influence à notre groupe et à la France. C'est votre chef actuel, Éric Ciotti, qui l'assure.

Et pourtant, votre président de parti, il en a mis du temps pour vous confier de nouveau la tête de liste LR. Il cherchait plutôt une femme ou quelqu'un de plus connu. On a un problème d'incarnation, avoué l'un de vos collègues. Mais finalement, mi-janvier, on vous redonne les clés de la future liste. Avec cet enjeu, faire mieux, ou en tout cas, ne pas faire pire qu'il y a 5 ans. Vous terminez en 4ème position, 8,5% des voix. Une contre-performance pour votre famille politique. A l'époque, vous déclariez, la droite traverse une crise profonde. Tout est à reconstruire. Et pas sûr que la situation ait vraiment changé depuis.

2:35
Locuteur 4

Audrey Tison, François-Xavier Bellamy, vous vous retrouvez dans ce portrait qui a été fait de vous ?

2:39
Locuteur 5

Oui, c'est toujours un exercice difficile de se reconnaître soi-même. Mais oui, tout à fait. En tous les cas, c'est vrai qu'aujourd'hui, je crois, le défi, vous l'avez dit, il est immense. Et pas seulement pour la droite, mais pour la vie démocratique française, qui traverse une crise profonde. Et tout est en effet à reconstruire. Je crois que cette élection européenne a aussi cet enjeu-là, bien sûr, de faire en sorte que nous puissions réussir à refaire un débat démocratique qui soit à la hauteur des enjeux.

3:03
Locuteur 10

8,5% il y a 6 ans, François-Xavier Bellamy. À l'époque, Laurent Wauquiez, le patron de votre parti, avait dû démissionner face à la débâcle. Est-ce qu'Éric Ciotti devra faire pareil si vous faites moins ou la même chose ?

3:15
Locuteur 5

Mais d'abord, je suis convaincu que cette élection sera pour nous l'occasion de relever la tête. Vous savez, en 2019, on a mené avec Laurent Wauquiez une bataille extrêmement difficile. Quand j'ai été investi tête de liste, il y a 5 ans, on était donné à 6% dans les sondages. Et si on a vécu ce score comme une déception immense, c'est d'abord parce que la campagne avait été enthousiasmante et qu'elle avait été l'occasion de faire une proposition qui, je crois, était à la hauteur des enjeux.

Et d'ailleurs, quand je regarde le mandat qui s'est écoulé, sur les sujets les plus importants de ce mandat, notre message principal en 2019, par exemple, c'était la nécessité de produire en Europe ce dont nous avions besoin. C'était la nécessité de maîtriser les frontières européennes pour garantir à nos pays la maîtrise de leur politique migratoire. C'était l'urgence d'une politique écologique qui ne soit pas synonyme de décroissance pour nos pays. Quand je regarde les propositions que nous faisions, je crois qu'on était très près des enjeux.

Maintenant, la vraie question, c'est encore une fois, est-ce que nous allons réussir à échapper une fois de plus aux faux matchs, aux faux duels que voudrait imposer Emmanuel Macron avec le Rassemblement national ?

4:09
Locuteur 10

On va y revenir. L'actualité...

4:11
Locuteur 4

Les sujets d'actualité, François-Xavier Bellamy, c'est bien sûr le résultat de cette élection en Russie. 88% des voix, Vladimir Poutine, 71 ans, aurait élu à la tête de la Fédération de Russie pour un cinquième mandat. Si vous étiez à la place d'Emmanuel Macron ou d'un dirigeant européen, est-ce que vous reconnaîtriez cette élection ? Comment est-ce que vous réagiriez ?

4:30
Locuteur 5

Ce n'est évidemment pas une élection démocratique. Et je crois qu'on ne comprend cette élection, si on veut employer ce terme, qu'à la lumière de l'événement terrible qui a dit tout de la réalité du régime russe aujourd'hui, qui est la mort d'Alexaïl Navalny. Alexaïl Navalny, au fond, a rendu ce témoignage que, comme le disait Solzhenitsyn, l'archipel du goulag a été, et il est encore aujourd'hui. Moi, j'ai été bouleversé de lire dans Le Monde la correspondance entre Alexaïl Navalny et Nathan Sharansky, qui était un ancien dissident soviétique, qui avait connu le quartier disciplinaire des prisons soviétiques.

Et tous deux s'écrivaient et se racontaient leur expérience comme si, au fond, malheureusement, et c'est un drame pour le peuple russe, comme si la Russie n'était pas sortie du vieux démon soviétique.

5:24
Locuteur 10

Vous utilisez les mots de dictature concernant la Russie ?

5:27
Locuteur 5

C'est un fait. Encore une fois, comment est-ce qu'on appelle un régime dont les opposants sont assassinés en prison ? Je dis cela pour dire que nous avons le devoir d'être lucides sur la nature de ce régime, parce que cela conditionne beaucoup de la relation que nous pouvons, que nous devons avoir avec lui. Et c'est un adversaire de l'Europe, un ennemi de l'Europe ? C'est un adversaire des principes que l'Europe veut défendre et qu'elle doit défendre. Et au fond, je pense que, vous savez, c'est très difficile, la diplomatie, ça suppose évidemment d'avoir des relations avec des gens qui ne sont pas tous alignés avec vos principes, avec vos valeurs.

Mais le régime de Vladimir Poutine est un ennemi de l'Europe ? Il s'en prend à l'Europe et, d'une certaine façon, il s'en prend à l'Ukraine parce qu'elle veut être une démocratie, parce qu'elle veut être européenne, en ce sens. Donc, il est très clair aujourd'hui que l'Europe doit en tirer les conséquences. Et peut-être, pour terminer sur cette élection, encore une fois, j'emploie ce terme avec difficulté, parce que je ne crois pas qu'on puisse reconnaître ainsi. Il me semble que le plus important pour nous, c'est d'en tirer aussi les leçons quant à nos propres démocraties.

Ce que disait Navalny à Charnski, ce que Navalny a répété, d'ailleurs, pendant toutes les dernières années de son combat, c'est qu'au fond, quand la Russie a vu s'effondrer l'URSS, beaucoup ont cru que la liberté était revenue pour toujours, que la démocratie était là pour toujours. Et on voit bien que la démocratie n'est jamais gagnée d'évidence. Et nous avons le devoir, nous-mêmes, de préserver comme un trésor les principes, mais aussi l'exercice de nos démocraties, et de nous inquiéter toujours de la santé de nos propres démocraties.

7:04
Locuteur 10

François-Xavier Bellamy, on va évidemment parler de la guerre en Ukraine, avec notre consoeur roumaine, Michaela Antoquet, dans un instant. Mais il y a aussi cette guerre au Proche-Orient qui inquiète les Européens. Benyamin Netanyahou est déterminé à effectuer son offensive à Rafa. La pression internationale sur les autorités israéliennes n'est pas assez forte. C'est ce que dit votre concurrent PS, Place Publique, Raphaël Glucksmann. Est-ce que vous pensez comme lui ?

7:29
Locuteur 5

Il faut qu'Israël, qui aujourd'hui doit se défendre après l'attaque du 7 octobre, rappelons que c'est le point de départ, il faut qu'Israël se défende dans le respect du droit international. C'est absolument fondamental.

7:40
Locuteur 10

Mais on y est ou pas ?

7:41
Locuteur 5

Mais la vraie clé, je crois qu'il faut toujours commencer par rappeler cela, c'est que si cette guerre peut s'arrêter aujourd'hui, c'est d'abord par la décision que le Hamas doit prendre, de libérer les otages qu'il retient encore, la décision que le Hamas doit prendre, de baisser les armes et de mettre fin à cette agression qui l'a déclenchée. Et je crois qu'il y a beaucoup de voix aujourd'hui qui s'élèvent pour condamner la réaction d'Israël, mais qui ne rappellent pas, et qui ne rappellent pas assez, la réalité de ce qui aujourd'hui constitue d'abord une réaction au pogrom du 7 octobre.

8:17
Locuteur 10

Quand les Européens, quand les États-Unis, alliés historiques d'Israël, réclament un cessez-le-feu, vous n'êtes pas sur cette ligne-là ?

8:25
Locuteur 5

Si, nous avons demandé nous-mêmes un cessez-le-feu au Parlement européen, nous avons voté en faveur de cette demande de cessez-le-feu. Mais encore une fois, je le redis, ce qui m'inquiète le plus, c'est de voir que beaucoup ne semblent pas vouloir regarder lucidement en face la responsabilité première du mouvement islamiste qu'est le Hamas dans ce qui est en train de se passer. Le Hamas a décidé qu'il était prêt à infliger le pire supplice à son propre peuple, à la population palestinienne.

Je ne sais même pas si on peut dire que c'est son peuple tant il est prêt à la voir aujourd'hui, cette population civile martyrisée au nom de l'idéologie qu'il veut défendre et au nom des modes d'action qu'il a choisi d'imposer.

9:06
Locuteur 10

Est-ce qu'on peut dire que le Hamas est un groupe terroriste et donc le condamner et en même temps dire que le gouvernement israélien aujourd'hui par ses décisions s'en prend trop rudement à la population palestinienne ?

9:18
Locuteur 5

Non mais je le redis, Israël a le devoir de se défendre dans le respect du droit international. Il a le devoir de se défendre, il en a le droit mais il a le devoir de se défendre dans le respect du droit international. On ne peut pas être plus clair. Et effectivement, qui ne peut pas espérer un cessez-le-feu le plus rapide possible pour mettre fin à la souffrance de cette population civile ? Mais je le redis, le principal responsable de cette souffrance c'est le Hamas. Et quand je vois...

9:40
Locuteur 10

Il n'est pas question de sanction aujourd'hui contre le régime israélien ?

9:42
Locuteur 5

Mais c'est très important parce que quand je vois qu'aujourd'hui la France insoumise se présente à cette élection européenne en se faisant gloire d'avoir sur sa liste quelqu'un qui décrit le Hamas comme légitime et ses actions comme étant légitimes c'est de ça qu'on parle aussi.

Quand je vois qu'en France, dans le centre de Paris à Sciences Po Paris, où se prépare notre avenir vous avez au nom de la cause palestinienne des étudiants juifs à qui on interdit de rentrer dans leur enfance Il y a des enquêtes en cours mais à la fin, vous avez des gens qui assument d'avoir demandé leur nom à des étudiants pour savoir s'ils avaient le droit ou non de rentrer dans un amphi à partir de la consonance de leur nom.

Donc c'est toute personne qui légitime, qui justifie ou même qui minimise la gravité de ce qui est en train de se jouer ici je crois prend fait et cause pour malheureusement le retour d'un antisémitisme violent qui frappe déjà dans nos pays et qui a été le mobile profond du pogrom qu'on a vécu le 7 octobre.

10:41
Locuteur 4

François-Xavier Bellamy, l'Union Européenne va signer un accord de partenariat pour 7 milliards et demi d'euros avec l'Egypte notamment dans les domaines de l'énergie et de l'immigration, on l'a appris hier. Il faut soutenir l'Egypte qui, on le rappelle, est à la frontière de la bande de Gaza et du Soudan.

10:55
Locuteur 5

Bien sûr, l'Egypte est un élément clé de la stabilité dans la région, c'est fondamental. Ma seule réserve sur cet accord, c'est que je crois qu'au fond le grand danger pour l'Europe serait de penser qu'elle peut externaliser notamment sa politique migratoire. Ça a été le cas avec la Turquie en un temps. Exactement, et on voit ce que ça a donné. C'est-à-dire que des régimes qui ne sont pas, malheureusement, je pense à la Turquie bien sûr, aujourd'hui toujours alignés avec les intérêts européens, c'est un euphémisme de le dire, peuvent exercer un chantage, le pire de tous les chantages, celui qui se sert de vie humaine comme d'un moyen de pression aux frontières de l'Europe.

Et la grande clé aujourd'hui, si les Européens veulent, je le redis, défendre leur démocratie, si les Européens veulent protéger leur modèle, eh bien leur grande responsabilité, c'est de maîtriser de nouveau leurs frontières.

11:42
Locuteur 4

François-Xavier Bellamy, avec nous jusqu'à 9h30, premier invité de demain l'Europe ce matin sur France Info. On vous retrouve juste après le fil infos, il est 8h45, Mathilde Romagnan.

11:50
Locuteur 8

La Chine félicite ce matin Vladimir Poutine au lendemain de sa victoire à l'élection présidentielle en Russie. Il a été réélu avec plus de 87% des suffrages. Ce n'est évidemment pas une élection démocratique, réagit sur France Info ce matin François-Xavier Bellamy, tête de liste les Républicains pour les élections européennes. Des tirs de mortier d'artifice sur le commissariat de la Courneuve en Seine-Saint-Denis. Hier soir, 9 personnes ont été interpellées. 4 jours après la mort d'un jeune de 18 ans percuté par une voiture de police à Aubervilliers après un refus d'obtempérer.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou promet l'évacuation des Palestiniens vivant à Rafa avant toute opération terrestre de l'armée israélienne. La ville de Rafa dans le sud de la bande de Gaza est le dernier bastion du Hamas selon Israël. Victoire écrasante hier soir du PSG contre Montpellier en clôture de la 26e journée de Ligue 1 de football. Les Parisiens se sont imposés face à Montpellier 6 buts à 2 grâce à un triplé de Kylian Mbappé. France Info

12:57
Locuteur 1

Demain l'Europe Jérôme Chapuis Salia Brachia

13:01
Locuteur 10

Demain l'Europe continue avec François-Xavier Bellamy tête de liste Les Républicains aux Européennes et je passe tout de suite la parole à ma consoeur Mihaïla Antoquet correspondante à Paris de la télévision publique roumaine.

13:15
Locuteur 6

Monsieur Bellamy On a beaucoup parlé de la possibilité d'envoyer des troupes au sol en Ukraine et le président Emmanuel Macron a réitéré sa position après sa visite à Berlin dans une interview aux Parisiens. La Roumanie par la voix de son président Klaus Johannes a déclaré après la réunion de Paris qu'elle n'enverrait pas des combattants en Ukraine. Alors pour vous quelle est votre position en tant que vous êtes candidat au Parlement européen ? Est-ce que vous êtes plus proche de la position de la Roumanie ou vous avez une autre opinion ?

13:48
Locuteur 5

Malheureusement je crois qu'Emmanuel Macron vous avez eu raison de rappeler la réaction du président de la Roumanie mais beaucoup d'autres chefs d'État et de gouvernement européens ou dans le cadre de l'OTAN l'ont fait. Malheureusement la proposition d'Emmanuel Macron a d'abord servi à donner à Vladimir Poutine le spectacle de la division des Européens et c'était assez irresponsable de la part d'un chef d'État qui je crois en particulier en France a d'abord pour responsabilité de garantir l'unité de l'Europe dans un moment comme celui que nous traversons.

Le sentiment général qui prédomine parmi nos amis européens Klaus Yohanis fait partie de la même famille politique que moi le sentiment général qui domine en Europe c'est quand même qu'aujourd'hui le président de la République prétend soutenir l'Ukraine avec de grandes déclarations alors qu'il est attendu ailleurs il est attendu dans l'action il est attendu notamment pour soutenir l'Ukraine concrètement en matériel en équipement et là-dessus malheureusement la France est très en retard c'est le premier ministre polonais Donald Tusk qui a tweeté il y a quelques jours moins de mots plus de munitions ce qui était une allusion évidente à la proposition d'Emmanuel Macron.

14:59
Locuteur 6

Quand vous attendez Jean-Luc Mélenchon dire la paix est possible à propos de l'Ukraine je le cite maintenant et la condition qu'on comprenne qu'il ne peut y avoir d'autre issue que celle où il n'y a ni vainqueur ni vaincu vous réagissez comment ? ça vous ressemble un petit peu il ne faut pas humilier la Russie comme Emmanuel Macron a dit il y a quelques mois ?

15:20
Locuteur 5

C'est effectivement la position qu'Emmanuel Macron semblait défendre il y a quelques mois mais cette position elle me semble indécente parce qu'à la fin d'abord cette guerre terrible elle a un responsable et ce responsable c'est Vladimir Poutine c'est lui qui déclenche cette agression et toute position qui consiste à mettre sur le même plan les deux camps contribue à une forme de relativisme absolument indécent et dangereux dangereux pour l'Europe donc le vrai sujet pour nous c'est évidemment que cette guerre puisse prendre fin parce que cette guerre est une tragédie absolue mais comment prendra-t-elle fin ?

Elle doit prendre fin quand les Ukrainiens voudront décideront choisiront de négocier la paix à leurs conditions et ça ce n'est pas à nous de le dire notre rôle à nous c'est de soutenir l'Ukraine pour qu'elle soit dans la position la plus forte possible mais ce n'est pas ce que fait Emmanuel Macron quand il pose des limites mais au contraire Emmanuel Macron parle d'ambiguïté stratégique mais vous savez l'ambiguïté ça ne consiste pas à parler indéfiniment et à commenter ses propres déclarations indéfiniment sur des chaînes de télévision l'ambiguïté ça consiste justement à ne pas contraindre ses propres alliés à sortir de l'ambiguïté parce que c'est ce qu'il a fait en réalité et ce faisant il a je vais les rappeler avec Céline Imar dans un texte que nous avons publié dans Le Monde il y a quelques jours Emmanuel Macron a fragilisé et la France et sa position et l'Ukraine et sa défense et l'Europe tout entière et il a pris une responsabilité immense et le tout en réalité pourquoi ?

mais pour une raison très simple et que tout le monde voit bien malheureusement le tout pour recréer un clivage politique national dans son intérêt ce qui est d'une gravité infinie

16:56
Locuteur 6

voilà c'est le moment de parler de la solidarité de la Roumanie dans l'accueil des réfugiés ukrainiens qui a été apprécié par les pays membres de l'Union Européenne maintenant on parle de 77 000 réfugiés ont été et sont encore aidés à oublier la guerre en Roumanie nous parlons de soutien logistique d'assistance sociale d'abri et ainsi de suite la France compte environ 69 000 réfugiés et la France est plus grande que la Roumanie alors maintenant on est ici en France on peut parler d'implication davantage vous pensez qu'il y a déjà une fatigue qu'il y a une certaine lassitude après deux ans de guerre qu'est-ce que vous en pensez à ce sujet-là ?

17:41
Locuteur 5

je pense que les français se sentent solidaires de l'Ukraine et des ukrainiens solidaires aussi des pays proches de l'Ukraine géographiquement qui ont porté un poids bien plus grand dans l'accueil des réfugiés mais aussi dans le soutien concret matériel aux forces armées ukrainiennes la France et c'est ça la réalité inavouable qu'Emmanuel Macron cherche à dissimuler par des déclarations qui finalement ne sont d'aucune aide aux forces ukrainiennes sur le terrain la France aujourd'hui est le 15ème pays donateur de munitions de matériel d'équipement à l'armée ukrainienne c'est-à-dire très loin de ce où devrait être la première armée européenne aujourd'hui donc on voit bien à quel point en réalité notre pays n'est pas au rendez-vous et je pense vous parliez de l'aide aux réfugiés je pense

18:26
Locuteur 10

à l'Assemblée aussi et au Parlement en général

18:28
Locuteur 5

je pense puisqu'on parlait des réfugiés je pense aux collectivités françaises aux collectivités locales qui ont été en première ligne qui sont toujours en première ligne pour soutenir l'accueil des réfugiés ukrainiens mais qui s'irritent aujourd'hui de ce que l'État en réalité n'est pas au rendez-vous malgré l'accord de protection temporaire accordé aux Ukrainiens en réalité on voit que l'État n'assume pas totalement ses responsabilités

18:48
Locuteur 6

auprès des collectivités c'est le moment de parler à la crise agricole crise agricole qui est partie de mécontainement des agriculteurs et des transporteurs roumains vous savez très bien là les révindications sont communes à celles de la France Belgique Allemagne Pologne et ainsi de suite il s'agit de concurrence néloyale des règles des taxes des prix de carburant elle pointe à nouveau la concurrence des produits ukrainiens parce que c'est ça le sujet qui ne respecte pas les règles européennes Quelle est votre position ? Faut-il changer les règles européennes en matière de politique agricole comment ?

19:23
Locuteur 5

Notre position elle est très claire et nous l'avons défendue la semaine dernière au Parlement européen et nous avons gagné une bataille importante de ce point de vue là notre soutien à l'Ukraine il est total mais ce soutien à l'Ukraine ne peut pas se faire au détriment de nos propres agriculteurs pour une raison qui d'ailleurs est aussi géopolitique le jour où on n'aura plus la capacité de produire notre alimentation on deviendra dépendant d'autres producteurs mondiaux et on a vécu évidemment ce qui a coûté à l'Europe la dépendance au gaz russe on n'a pas le droit demain de laisser mourir nos agriculteurs et de devenir dépendants du blé russe ce serait une faute géopolitique absolument majeure pour que oui mais le problème c'est que si nos propres producteurs disparaissent demain il faudra bien qu'on importe d'ailleurs ce qu'on ne produira plus nous-mêmes et donc potentiellement de Russie et peut-être pour que tous les auditeurs comprennent bien ce qui s'est passé la brutalité de ce qui s'est produit avant la guerre on importait prenant cet exemple 20 000 tonnes de sucre d'Ukraine aujourd'hui 400 000 les exportations en un an dans la dernière année en sucre elles ont été multipliées par 10 on vous répondra

20:22
Locuteur 4

que c'est de la solidarité aussi à l'égard de ce pays en guerre

20:24
Locuteur 5

mais encore une fois je le redis le sujet pour nous doit être de faire en sorte d'apporter aux Ukrainiens la solidarité dont ils ont besoin mais sans détruire notre capacité de produire et ça ça veut dire qu'il faut offrir

20:35
Locuteur 10

sur les accords douaniers avec l'Ukraine

20:36
Locuteur 5

bien sûr il faut offrir un débouché commercial en faisant passer les produits ukrainiens par le marché européen mais pour aller vers le reste du monde parce que s'ils viennent en Europe la concurrence déloyale vous l'avez dit est tellement forte que nos agriculteurs ne peuvent pas tenir alors ce que nous avons défendu au Parlement européen et nous avons gagné cette bataille avec des pays qui ne sont pas à suspect d'être ambiguës dans leur soutien à l'Ukraine non plus avec notamment notre collègue roumain Daniel Bouda on a déposé un amendement que j'ai co-signé avec ma collègue Anne Sander pour construire des clauses de sauvegarde et cet amendement on l'a gagné malgré le fait que les députés macronistes ont voté contre mais ça permet de mettre à l'écart de cet accord de libéralisation des filières agricoles entières le sucre les céréales la volaille qui est évidemment très importante aussi exactement pour faire en sorte qu'à partir de ce niveau d'importation on puisse refermer cet accord pour ces produits spécifiques pour ces filières pour les protéger et ça on a gagné cet amendement et je le redis c'est très important maintenant c'est la position du parlement il faut que la commission européenne il faut que le conseil c'est-à-dire les chefs d'état et de gouvernement suivent le parlement sur ce sujet essentiel parce que sinon pour le coup on risque effectivement de voir une situation terrible dans laquelle en France on aura des gens qui nous diront nous ne voulons pas payer le prix du soutien à l'Ukraine et qui finiront par abandonner ce soutien si nécessaire

21:51
Locuteur 6

ils le disent

21:52
Locuteur 5

ils ont raison de le dire mais il faut qu'on reste unis pour soutenir l'Ukraine il ne faut pas simplement que ce soit au détriment de notre capacité de produire ce dont nous avons besoin sinon nous commettrons d'abord une immense injustice et ensuite une faute je le redis géopolitique absolument majeure parce que la crise agricole c'est pas le problème des agriculteurs d'abord c'est notre problème à tous comme citoyens si nous voulons rester maîtres de notre destin nous avons besoin de garder notre sécurité alimentaire en Europe aujourd'hui

22:16
Locuteur 10

la crise agricole qui conditionne aussi pour certains l'entrée de l'Ukraine dans l'Union Européenne

22:21
Locuteur 6

voilà la Roumanie est entrée dans l'Union Européenne comme vous savez en 2007 après un long long voyage comme on dit elle a dû remplir de nombreuses conditions s'adapter à la législation beaucoup de pratiques on revient à l'Ukraine à l'adhésion de l'Ukraine à l'Union Européenne quelle est votre position ? qu'est-ce que vous en pensez ? l'Ukraine appartient à l'Union Européenne ?

22:44
Locuteur 5

notre position est très claire je crois que l'Ukraine on le disait sur la question de l'envoi de troupes au sol elle a besoin de tout aujourd'hui sauf qu'on lui fasse de fausses promesses parce que rien n'est plus dangereux que de faire de fausses promesses qui ne conduiraient nulle part et notamment la fausse promesse d'une adhésion qui se transformerait en un processus indéfini pourquoi une fausse promesse ?

parce que tout le monde voit bien que l'écart entre nos pays nos modèles de production on en parlait à l'instant nos modèles sociaux nos modèles économiques mais aussi nos cultures institutionnelles l'écart entre nos pays est si grand comme état membre de l'Union Européenne demain paraît en réalité une chimère et aujourd'hui vous avez d'autres pays à qui on a fait subir cette fausse promesse et qui sont pris dans l'impasse d'un processus d'adhésion interminable et qui ne se terminera jamais et donc nous nous disons une chose très simple on n'a pas le droit de dire non à l'Ukraine parce que ce pays veut être européen mais on ne peut pas lui promettre de devenir un état membre donc il faut

23:38
Locuteur 6

reprendre le statut mais entre oui et non il y a une distance

23:41
Locuteur 5

il y a une proposition entre oui et non il y a une proposition il y a le statut d'état associé qui existe aujourd'hui mais qui est presque vide de sens il faut lui donner une substance il faut écrire avec les ukrainiens les politiques qu'on pourra mettre en commun qui permettront d'arriver l'Ukraine à l'Europe sans qu'elle devienne un état membre de l'Union Européenne

23:59
Locuteur 6

il peut y avoir

24:00
Locuteur 5

une manière d'être européen qui ne soit pas devenir un état membre

24:02
Locuteur 6

on a le temps un petit peu pour la dernière question la Crimée il y a déjà 10 ans tout juste que la Crimée a été annexée la Crimée et l'Ukraine ou le retour de la Crimée à la Russie votre position monsieur Bellamy

24:16
Locuteur 5

d'abord cette annexion était illégitime et ceux qui ont je pense notamment à des élus du Rassemblement National qui ont coopéré avec la fausse légitimité donnée à cette annexion ils ont reconnu

24:28
Locuteur 10

le référendum organisé en Crimée par la Russie

24:30
Locuteur 5

ont trahi les valeurs démocratiques c'est une certitude donc il y a je crois il faut absolument qu'on soit clair sur ce point là maintenant je le redis la paix en Ukraine c'est aux Ukrainiens de décider dans quels termes elle devra se discuter et se négocier aucun autre pays que le peuple ukrainien ne peut décider pour lui de son avenir de son destin et des conditions auxquelles il voudra négocier la paix dont évidemment il a besoin et que nous espérons pour lui et ça je crois c'est un point fondamental qu'il faut affirmer notre devoir à nous c'est de soutenir l'Ukraine pour qu'elle puisse être en position de force dans le combat

25:05
Locuteur 4

qu'elle mène aujourd'hui une position de principe François-Xavier Bellamy puisqu'on évoquait le dossier agricole ça ne concerne plus l'Ukraine mais le Canada le traité de libre-échange avec le Canada peut être remise en cause cette semaine par le Sénat une partie du groupe LR votre parti pourrait s'allier aux communistes pour rejeter le CETA c'est le nom de ce traité qui est en vigueur de manière en fait officiellement provisoire depuis 6 ans à cette remise en cause est-ce que vous y êtes favorable ? Je crois qu'il faut

25:27
Locuteur 5

qu'on soit d'accord sur un principe très simple on n'a pas le droit d'imposer à nos agriculteurs et c'est vrai de tous les producteurs de nos industriels de nos entreprises on n'a pas le droit de leur imposer une concurrence de plus en plus déloyale ces dernières années l'Europe n'a pas cessé de multiplier les normes les contraintes les réglementations le contrôle la surveillance qui leur est imposée tous les jours et simultanément on ouvre nos marchés à des producteurs mondiaux qui ne respectent aucune de nos règles c'est ça qui rend insupportable cette concurrence déloyale que les producteurs subissent

25:55
Locuteur 4

à la remise en cause du CETA

25:56
Locuteur 5

et moi je crois que le grand danger pour le CETA c'est la question des quotas de viande bovine c'est un sujet un peu technique mais aujourd'hui le Canada n'utilise pas les quotas de viande bovine qui lui sont dévolus dans le CETA et donc le grand danger c'est que ces quotas puissent être un jour utilisés parce que ce serait un coup fatal porté à l'élevage bovin dans nos pays

26:13
Locuteur 4

Demain l'Europe François-Xavier Bellamy vous revenez dans 3 minutes l'autant de laisser passer l'info à tout de suite

26:18
Locuteur 2

Demain l'Europe

26:23
Locuteur 10

De retour sur le plateau de Demain l'Europe avec François-Xavier Bellamy tête de liste les républicains aux européennes et notre consoeur portugaise Anna Navarro-Pedro a quelques questions à vous poser

26:39
Locuteur 7

François-Xavier Bellamy c'est maintenant un autre accent d'Europe que vous allez entendre il y a une mesure qui a beaucoup intéressé les français une mesure européenne et ça c'est ça a permis au Portugal et à l'Espagne de payer leur électricité beaucoup moins cher pendant 2 ans et ça en sortant du mécanisme de fixation des prix un truc compliqué mais bon les français demandent et ont demandé et demandent toujours que la France fasse pareil qu'elle sorte de ce mécanisme même s'il y a une réforme entre temps est-ce que vous vous êtes prêts à appuyer cette demande

27:11
Locuteur 5

ce qui était fondamental c'est la réforme que vous évoquez à l'instant parce qu'entre les deux il y a eu la réforme du marché européen de l'électricité le marché de l'électricité il avait un effet de bord absolument catastrophique qui est que il corrélait de fait le prix de l'électricité avec le prix du gaz et c'est ça qui a créé l'envolée des prix de l'électricité que les français ont subi au cours des derniers mois parce que comme le gaz voyait son prix exploser alors que l'électricité n'était pas produite pour plus cher en France on l'a payé nous citoyens on l'a payé français beaucoup plus cher et les européens d'une manière générale ont vécu cette

27:45
Locuteur 7

et cette réforme maintenant qui a été faite vous plaît et elle pallie à ces problèmes

27:49
Locuteur 5

cette réforme elle est fondamentale pour deux raisons la première c'est qu'elle permet de sortir de cette corrélation donc cette fois-ci on retrouve un prix de l'électricité qui va se rapprocher de son prix de production c'est un peu technique mais en fait l'Union Européenne a accepté d'entrer dans la logique des contrats long terme qui jusque-là étaient combattus par la Commission Européenne au nom de la comptance

28:10
Locuteur 7

c'est extrêmement technique c'est technique

28:11
Locuteur 5

mais c'est très important parce que ça va permettre de maîtriser les prix de l'électricité et le deuxième point c'est qu'on a réussi à gagner cette bataille décisive d'inclure le nucléaire dans le marché européen de l'électricité c'est-à-dire de faire en sorte qu'avec ce marché de l'électricité la France peut financer ses investissements nucléaires futurs ça a été une très longue bataille vous savez au Parlement européen parce qu'au tout début du mandat le nucléaire était combattu très largement par la gauche par les Verts

28:34
Locuteur 7

on va le voir un peu plus tard d'ailleurs

28:35
Locuteur 5

et notamment par les élus macronistes je tiens à dire

28:37
Locuteur 4

mais là qu'il tue quand même à Emmanuel Macron et Ursula von der Leyen ou pas ?

28:40
Locuteur 5

aucun qu'il tue Emmanuel Macron a détruit la filière nucléaire française pendant des années

28:45
Locuteur 10

sur l'électricité sur le fait qu'il ait gagné ce combat-là

28:48
Locuteur 5

mais heureusement c'était la moindre des choses ce combat d'abord on l'a mené au Parlement pour commencer et ensuite malheureusement c'est des années de perdues pour le nucléaire français des années de perdues pour les factures d'électricité des Français et d'ailleurs aucun qu'il tue pour une raison très simple c'est que dès qu'on a vu les prix de l'électricité qui recommençaient à baisser notamment grâce à cette réforme quelle a été la décision du gouvernement ? Il a augmenté les taxes sur l'électricité et ça c'est sa décision nationale c'est sa propre décision et donc on voit qu'en réalité ce gouvernement ne veut pas soutenir les Français sur le sujet de long terme des prix de leur énergie

29:20
Locuteur 7

Alors là c'est une victoire et une mesure qui intéressait les Français il y a une mesure de l'Union Européenne qui a un accueil plus mitigé en Europe en France surtout en France c'est la fin de la voiture thermique en 2035 ça a été annoncé il y a deux ans c'est pour atteindre la neutralité carbone en 2050 mais les consommateurs disent c'est trop cher d'acheter une voiture propre l'industrie n'est pas prête faut-il aller vite comme le veut dans cette transition verte comme le veut l'Union Européenne par exemple en aidant en donnant des aides à l'achat d'une voiture propre ?

29:56
Locuteur 5

D'abord je conteste l'idée qu'une voiture électrique serait par définition une voiture propre le sujet c'est d'analyser la totalité du cycle de vie d'une voiture on va y venir après dans le fonctionnement en tout cas elle émet moins dans le fonctionnement oui mais d'abord tout dépend comment vous produisez l'électricité avec laquelle elle circule d'où l'incohérence absolue des verts qui soutiennent le tout électrique mais qui refusent le nucléaire parce que si vous produisez l'électricité avec du charbon comme en Allemagne ou en Pologne vous avez quand même moins de chances de considérer que c'est quand même très vertueux de faire rouler des voitures électriques

30:26
Locuteur 7

et donc vous n'acceptez pas des aides à l'achat de la voiture

30:29
Locuteur 5

dite propre nous on a voté contre le 100% électrique parce que pour nous ce qui compte c'est encore une fois la neutralité technologique ce qui compte c'est que le législateur fixe un cap et là il faut aller vite bien sûr mais il faut aller vite dans la bonne direction ensuite laissons les industriels travailler laissons les industriels trouver les solutions qui permettent de décarboner l'automobile et là pour le coup effectivement on s'engage dans une solution et une seule solution technologique qui est comme par hasard celle sur laquelle les Chinois avaient 10 ans d'avance sur nous donc en fait ceux qui ont voté pour cette mesure ont fait un cadeau exceptionnel à Xi Jinping et à sa stratégie de créer de la dépendance vis-à-vis du marché européen

31:03
Locuteur 7

petite question très rapide sur les méga camions 60 tonnes sur les routes d'Europe de remorques et vous vous avez voté contre d'ailleurs à contre courant de votre parti en deux mots pourquoi ?

31:13
Locuteur 5

en fait les partis politiques européens ont été très divisés sur ce sujet parce que c'était plutôt une question nationale une question de choix national qu'une question de couleur politique nous nous avons voté contre la création de ces méga camions l'installation de ces méga camions sur la route c'est une aberration aujourd'hui notre défi comment ? mettez-vous à la place des européens à qui on dit vous avez le droit à 100% de voitures électriques vous n'avez pas le choix vous êtes obligés d'abandonner votre voiture thermique mais on va faire rouler des méga camions sur vos routes c'est une folie et l'argument c'est de dire

31:41
Locuteur 10

c'est des plus gros camions mais ils seront moins nombreux

31:43
Locuteur 5

aujourd'hui la vraie solution pour le transport logistique c'est le fret il faut investir sur le train et on a la chance d'avoir un réseau ferroviaire exceptionnel mais il est très largement sous-utilisé sur ce sujet en effet en toute l'Europe d'ailleurs concrètement on subventionne en réalité le transport par camion sur nos routes

31:59
Locuteur 7

vous parliez tout à l'heure des problèmes avec la voiture propre et effectivement la batterie les batteries exigent de lithium et sans lithium il n'y a pas de batterie électrique il n'y a pas de voiture propre on l'appelle le pétrole du 21ème siècle le pétrole s'en est parce que ça provoque aussi des catastrophes écologiques là où il est exploité et l'empreinte carbone est très très lourde et la question est sur ce paradoxe est-ce que vous en aviez touché un mot est-ce qu'au Parlement européen est-ce qu'à la Commission il y a une réflexion sur ceci ce paradoxe l'empreinte carbone des transports en Europe va baisser avec cette voiture dite propre mais le carbone produit pour y parvenir va augmenter que ce soit en Europe ou dans le reste du monde est-ce qu'il y a une réflexion est-ce qu'il y a un chiffrage d'ailleurs de ce paradoxe

32:39
Locuteur 5

en fait le paradoxe vous l'avez très bien exprimé c'est qu'on baisse nos émissions de carbone mais on augmente notre empreinte parce qu'on laisse d'autres pays extra-européens polluer à notre place mais on s'y intéresse on tient compte de ça au Parlement on fait ça sur tous les autres secteurs oui bien sûr alors sur le sujet des terres rares il y a un travail très intéressant qui a été mené on a construit un rapport sur les matières premières critiques avec des collègues de mon groupe dont le lithium

33:01
Locuteur 7

qui est parti maintenant

33:02
Locuteur 5

pour identifier la dépendance de l'Europe à l'égard de ces matières premières critiques vous parliez du lithium on pourrait évoquer aussi le nickel on a une production de nickel en Europe en Nouvelle-Calédonie on a la chance d'avoir cette filière aujourd'hui il faut la soutenir parce que la Nouvelle-Calédonie a beaucoup de difficultés à maintenir ses usines face à la concurrence chinoise ou indonésienne et donc le grand sujet c'est d'investir dans nos filières il faut moins de normes plus de stratégie mais attendez là je vais peut-être vous poser une question

33:27
Locuteur 7

le lithium il y en a de grandes réserves Portugal, Espagne, France énorme réserve mais les populations ne veulent pas d'exploitation parce que c'est une catastrophe écologique comme je l'ai dit tout à l'heure parce que ça dépense une quantité monstrueuse d'eau donc est-ce que vous vous êtes prêts à appuyer cette position à renoncer à l'exploitation de cette matière première critique parce que les populations n'en veulent pas et parce que c'est catastrophique

33:54
Locuteur 5

pour les habitants de l'allié pour les habitants beaucoup parlé la semaine dernière le défi c'est de produire mieux c'est de produire mieux chez nous si on a aujourd'hui devant nous une industrie qui est désastreuse sur le plan environnemental alors on doit se poser la question de la pertinence du choix du tout électrique dans lequel l'Europe s'est engagée mais prenez par exemple je reprends l'exemple du nickel parce qu'on l'extrait

34:15
Locuteur 7

mais on y va alors est-ce que pour les ceux qui en France

34:17
Locuteur 5

quand on l'extrait en Europe le nickel qui est extrait et raffiné en Europe il est dans des conditions environnementales qui sont aujourd'hui d'une exigence d'une précision d'une rigueur qui n'a rien à voir avec ce que font les concurrents indonésiens ou chinois et donc le vrai défi c'est maintenant de garantir que nous allons prioriser nos approvisionnements venus de ces sources de production qui sont beaucoup plus vertueuses du contenu environnemental

34:40
Locuteur 7

quand même donc un autre un autre domaine de l'Union Européenne c'est les énergies renouvelables le 42,5% en 2030 c'est demain l'Allemagne à 55% le Portugal à 61% la France est à 28% c'est il y a des projets mais ils sont trop longs la France est trop timide sur ce dossier

35:07
Locuteur 5

la France doit refuser de se faire donner des leçons sur ce sujet il y a d'autres sujets sur lesquels elle est aujourd'hui très en retard mais sur ce sujet la France doit refuser de se faire donner des leçons par la Commission Européenne ou bien par par d'autres par d'autres pays européens parce que nous avons aujourd'hui le point de PIB le plus décarboné de toute l'Europe grâce à quoi ? grâce à notre filière nucléaire

35:28
Locuteur 7

ce n'est pas renouvelable c'est une énergie verte dit l'Europe mais pas renouvelable mais quel est l'intérêt

35:35
Locuteur 5

d'utiliser des renouvelables intermittents l'éolien ou le solaire qui ont besoin d'une source d'énergie complémentaire généralement le gaz ou le charbon quel est l'intérêt d'investir sur cette solution quand on a la chance de bénéficier du parc nucléaire français les énergies renouvelables

35:51
Locuteur 10

ne sont pas des énergies d'avenir pour vous ?

35:54
Locuteur 5

vous avez deux grands modèles en Europe il suffit de regarder les trajectoires vous avez le modèle allemand qui a tout misé vous l'avez dit sur le renouvelable et du point de vue de l'utilisation des renouvelables ils sont très en avance mais le fait est que

36:04
Locuteur 7

pour pouvoir

36:05
Locuteur 4

61% je répète le chiffre qu'Anne nous donnait le Portugal est à 61% d'énergie renouvelable

36:11
Locuteur 7

aujourd'hui 100%

36:13
Locuteur 5

mais regardez l'Allemagne le Portugal a la chance d'avoir des conditions climatiques qui sont particulièrement favorables pour le solaire par exemple mais regardez l'Allemagne l'Allemagne a investi massivement sur l'éolien et simultanément ils sont aujourd'hui en train d'étendre leurs mines de charbon la mine de Lussenrat qui est plus grande que toute l'agglomération lunaise

36:29
Locuteur 10

vient d'être augmentée

36:30
Locuteur 5

par un ministre vert c'est à ça que conduit le scénario tout renouvelable et ça pour le coup pardon de le dire mais c'est une folie environnementale c'est une folie géopolitique on a fermé les deux dernières

36:42
Locuteur 10

mines de charbon et résultat il nous reste effectivement le nucléaire

36:47
Locuteur 5

c'est surtout grâce à lui que les centrales à charbon fonctionnent encore parce que si Emmanuel Macron n'avait pas fermé Fessenheim on aurait pu se passer de cent à voile la vraie responsabilité d'Emmanuel Macron c'est d'avoir fermé les deux réacteurs de Fessenheim qui étaient disait la SN les plus sûrs de France la vraie responsabilité d'Emmanuel Macron c'est d'avoir fait voter une loi une programmation pluriannuelle de l'énergie qui prévoyait la fermeture de 12 réacteurs supplémentaires le charbon et le nucléaire c'est pas la même fonction dans l'électricité

37:13
Locuteur 4

le charbon c'est pour les pics

37:15
Locuteur 5

mais pourquoi est-ce qu'on met du charbon je le redis parce qu'on a aujourd'hui misé sur des énergies renouvelables qui sont intermittentes partout où vous voyez une éolienne vous devez savoir qu'il n'y a pas très loin une centrale à gaz ou une centrale à charbon c'est pas possible autrement et c'est la raison pour laquelle d'ailleurs c'est la raison pour laquelle la Russie a soutenu le lobbying gazier le lobbying éolien le lobbying du solaire partout en Europe au cours des dernières années parce que plus on met d'éoliennes et de panneaux solaires plus on a besoin du gaz vos déclarations

37:43
Locuteur 7

amène une dernière question la droite française est vue ici en France et ailleurs en Europe comme étant anti-écolo pas convaincue par le changement climatique alors est-ce que vous vous faites partie de ceux qui privilégient la fin du mois sur la fin du monde

37:58
Locuteur 5

mais encore une fois nous sommes les seuls écologistes dans ce débat vous pourquoi ? oui la droite française parce que nous sommes la seule formation politique avec le parti communiste français qui n'a jamais varié sur le sujet du nucléaire jamais tous les autres partis politiques en France un jour ou l'autre ont combattu le nucléaire et Emmanuel Macron

38:15
Locuteur 7

mais le changement climatique n'est pas que le nucléaire

38:18
Locuteur 5

mais pardon mais si pourquoi pas seulement bien sûr c'est aussi pour cette raison là qu'on a porté avec notre famille politique la barrière écologique que je défendais en 2019 c'est aussi pour ça qu'on milite pour recommencer à produire en Europe parce que c'est la condition pour une écologie responsable et qui conjugue la fin du mois avec la fin du monde mais le nucléaire c'est très emblématique parce que l'énergie qu'on produit c'est l'un des premiers éléments de nos émissions et l'énergie nucléaire c'est celle qui aujourd'hui est la source d'électricité la plus décarbonée qui soit en Europe

38:46
Locuteur 10

et donc si vous prenez au sérieux le climat et que vous combattez le nucléaire comme Emmanuel Macron

38:51
Locuteur 5

l'a fait pendant des années c'est que vous ne croyez pas à l'urgence climatique et c'est ce qui s'est passé au Parlement européen pendant des années et c'est pour ça que je suis fier moi que nous ayons gagné cette bataille du nucléaire nous contre tous et contre les élus macronistes contre la gauche et contre les verts qui montrent par là qu'en réalité ils ne croient pas au climat qu'ils sont des écologistes de pacotilles qu'en réalité ce qu'ils veulent ça n'est pas sauver la planète mais c'est organiser la décroissance

39:13
Locuteur 4

François-Xavier Bellamy on vous coupe la parole Anna merci en tout cas pour ce moment on va laisser passer juste le fil info puisqu'il est déjà 9h16 et on vous retrouve pour le dernier quart d'heure de demain à l'Europe juste après le fil info Mathilde Romagnon

39:27
Locuteur 8

L'armée israélienne mènera bien une opération terrestre à Rafah mais les civils seront évacués avant assure le Premier ministre Benyamin Netanyahou Israël a le droit de se défendre dans le respect du droit international à réaction ce matin sur France Info de l'eurodéputé François-Xavier Bellamy candidat Les Républicains aux élections européennes la ministre de l'éducation Nicole Belloubet à la rencontre ce matin de l'équipe éducative du collège de Cheneuve près de Dijon un adolescent de 15 ans a été placé en détention provisoire après avoir menacé vendredi la principale de son établissement avec un couteau la Russie ne se laissera pas intimider par ses adversaires assure Vladimir Poutine au soir de sa réélection à la tête du pays pour 6 ans il a recueilli plus de 87% des suffrages et a reçu ce matin les félicitations de la Chine plus de 500 chefs français sont réunis à Tours aujourd'hui pour la cérémonie de dévoilement des étoiles du guide Michelin édition 2024 62 établissements vont être promus cette année France Info

40:35
Locuteur 1

Demain l'Europe Jérôme Chapuis Salia Brachia

40:40
Locuteur 10

toujours avec toujours avec la tête de liste de LR aux européennes François-Xavier Bellamy la liberté de recourir à l'IVG est désormais inscrite dans la constitution française vous aviez dit que vous ne l'auriez pas votée vous cette inscription car l'IVG n'est pas menacée en France mais est-ce qu'il faut qu'elle soit inscrite dans la charte des droits fondamentaux de l'Union Européenne ?

41:00
Locuteur 5

Nous soulignisons avec tout notre groupe PPE tout le groupe PPE est sur la même ligne pour dire que ce n'est pas une question qui entre dans les compétences de l'Union Européenne et donc c'est simplement en réalité là encore on voit bien Emmanuel Macron lance cette idée dans le débat pour organiser une diversion je pense qu'il y a tellement il y a tellement de menaces qui pèsent aujourd'hui sur l'Europe qu'il faudrait se concentrer sur ce qui est effectivement réellement mis en danger

41:22
Locuteur 10

Mais dans la charte des droits il y a des valeurs il y a la question de la dignité humaine le droit à l'intégrité de la personne l'interdiction de la torture tout ça des valeurs des droits fondamentaux comme l'IVG ça n'a pas sa place dans cette charte

41:34
Locuteur 5

Mais encore une fois la question de l'IVG n'est pas une compétence européenne vous savez l'Union Européenne il y a des traités

41:39
Locuteur 10

Mais quand vous voyez par exemple François-Xavier Bellamy quand Pologne l'avortement n'est autorisé pour le moment qu'en cas de viol ou d'inceste ou en cas de risque de vie ou de mort surtout pour la femme enceinte ou qu'en Hongrie les femmes sont obligées d'écouter les battements de cœur vous ne dites pas que c'est nécessaire ?

41:55
Locuteur 5

Vous avez même un état membre où l'IVG n'est pas autorisé donc il y a une divergence entre les pays européens sur ce sujet ce qui compte c'est que les débats publics nationaux se saisissent de cette question vous avez rappelé notre débat tout récent sur la constitution de l'IVG on peut penser que c'était utile on peut penser que c'était inutile mais c'est un débat qu'on a eu en France on n'a pas demandé à l'Union Européenne de nous dire ce qu'on devait mettre dans la définition de nos droits fondamentaux et encore une fois je le redis l'Union Européenne c'est des traités ces traités ils fixent des compétences à la Commission Européenne ils fixent des compétences à nos institutions mais on ne peut pas parce qu'on a décidé qu'on voulait organiser un débat politique qui de toute façon n'aboutira pas encore une fois pour une raison très simple c'est que les états membres de toute façon ont des positions différentes

42:34
Locuteur 10

et doivent voter à l'unanimité

42:35
Locuteur 5

Emmanuel Macron sait très bien que ça n'ira pas au bout là où il est attendu pour parler du féminisme en Europe c'est sur la question de savoir si on veut vraiment construire et ça on l'a porté avec Nathalie Collin-Osterlet qui est dans notre délégation en première ligne sur ce sujet si on veut porter une vraie politique européenne de lutte contre le viol ça pour le coup c'est la lutte contre la criminalité et là pour le coup il y a une compétence européenne sur ce sujet et curieusement le gouvernement d'Emmanuel Macron refuse de s'engager sur cette question aujourd'hui ça me paraît plus important pour les femmes aujourd'hui que la question de savoir si dans un débat purement théorique parce que c'est je le répète voué à l'échec de toute façon si on va forcer l'Europe en dehors de ses compétences oui mais je le redis il y a beaucoup de débats qui portent sur les valeurs et qui doivent se vivre dans les démocraties nationales comme on l'a fait en France sur ce sujet tout récemment

43:17
Locuteur 4

Le visage l'un des visages de l'Europe depuis maintenant 5 ans c'est Ursula von der Leyen présidente de la commission européenne candidate à sa propre succession que vous ne soutenez pas alors que votre groupe le PPE au parlement européen la soutient c'est à dire que vous coupez les ponts avec ce groupe le PPE ce groupe majoritaire actuellement au parlement

43:34
Locuteur 5

Non pas du tout Ursula von der Leyen n'était pas la candidate du PPE en 2019 c'est Emmanuel Macron qui en s'opposant au principe du Spitzende candidate en s'opposant à notre candidat a fait installer Ursula von der Leyen dans cette fonction Aujourd'hui c'est elle qui l'est Aujourd'hui c'est elle qui l'est de fait C'est elle qui est présidente de la commission européenne mais justement on peut regarder le bilan Et la candidate du PPE Et nous quand on regarde le bilan et bien on a le sentiment que le compte n'y est pas pour le groupe auquel nous appartenons Il suffit de regarder d'ailleurs les votes de notre groupe On a encore voté tout récemment contre un texte emblématique porté par la commission qui s'appelle Restauration de la nature On voit bien que le groupe PPE a été dans ce mandat plutôt en opposition à la ligne de la commission Donc s'il y a une cohérence c'est plutôt du côté du PPE que du côté des républicains ?

Ça se lit dans le résultat de son investiture parce que le PPE a voté pour que Ursula von der Leyen soit sa candidate mais quand vous regardez la réalité des chiffres au congrès du PPE vous avez moins de la moitié des délégués de tous les partis nationaux qui se sont retrouvés en Roumanie d'ailleurs vous avez la moitié de tous les délégués qui n'ont pas voté pour la reconduire Donc nous les Français les députés français nous avons pris la tête d'une opposition explicite mais en réalité nous sommes très largement rejoints par des collègues y compris de vos pays mesdames qui nous disent aujourd'hui qu'en réalité ils partagent notre analyse et ce qui comptera c'est ce qui se passera à partir du 10 juin bien sûr

44:53
Locuteur 10

Question sur la campagne actuelle François-Xavier Bellamy les candidats de gauche Raphaël Glucksmann et Marie Toussaint ont décidé de ne pas participer au débat organisé par CNews le 30 mai prochain et vous ?

45:04
Locuteur 5

Moi je trouve ce débat affligeant On parlait tout à l'heure de la démocratie et de la nécessité de défendre la démocratie ça consiste aussi à parler avec des gens avec qui on n'est pas forcément d'accord Moi j'ai été invité dans un débat pour l'IB j'ai évidemment accepté tout de suite sans me poser la question quand un média m'invite même si ce média incarne une ligne qui n'est pas celle dans laquelle je me reconnais et bien je parle avec tout le monde et je crois que si on est sûr des idées qu'on veut défendre il faut aller convaincre les gens et il faut commencer par aller convaincre les gens avec qui on est a priori pas forcément sûr d'être d'accord Moi j'y serais évidemment et je trouve désolant que la gauche décide de boycotter des médias au motif qu'il ne partage pas sa ligne

45:43
Locuteur 10

François-Xavier Bellamy il y a un homme en coulisse qui a suivi attentivement cet entretien c'est Renaud Delis et il a quelques mots à vous dire

45:49
Locuteur 3

Bonjour François-Xavier Bellamy Bonjour Renaud Je voudrais revenir d'abord sur un des enjeux principaux de cette campagne européenne c'est la question migratoire le projet que vous portez en gros c'est une double frontière une frontière nationale d'une part et puis la frontière européenne d'autre part frontière au niveau européen sauf qu'en Europe existe ce qu'on appelle les accords de Schengen c'est-à-dire la libre circulation des personnes qui est donc validée par ces accords vous, vous souhaitez mettre fin une bonne fois pour toutes aux accords de Schengen ? Ah non, bien sûr que non

46:17
Locuteur 5

d'ailleurs ça me permet de clarifier les choses puisque j'entends dire quand vous évoquez notre position que nous serions devenus eurosceptiques mais pas du tout vous avez raison de le dire nous, nous croyons à la nécessité d'une politique européenne en matière migratoire pour protéger les frontières extérieures de l'Europe et c'est la condition pour pouvoir maintenir Schengen c'est la condition pour maintenir cet acquis qui est tellement nécessaire j'étais il y a quelques jours à Florange à Nilvange dans une région frontalière où les français ont l'habitude de passer d'un côté

46:43
Locuteur 3

la libre circulation validée par Schengen vous y est favorable

46:46
Locuteur 5

en revanche ce que nous disons c'est qu'il faut aussi que les Etats membres aient la maîtrise de leur politique migratoire et de ce point de vue là nous sommes fermement opposés à l'idée de la relocalisation obligatoire des migrants idée que poussait Emmanuel Macron depuis des années et cette idée sur laquelle nous avons obtenu gain de cause

47:01
Locuteur 10

c'est une répartition de solidarité

47:04
Locuteur 5

oui mais cette répartition en réalité elle consiste à gérer l'impuissance de l'Europe à maîtriser ses frontières extérieures alors qu'il faut sortir de cette impuissance

47:11
Locuteur 3

vous voulez maîtriser les frontières extérieures de l'Europe précisément il y a en ce moment toujours en débat un pacte asile et immigration qui vise donc au niveau européen à renforcer le contrôle des arrivées des migrants au sein de l'Union Européenne à installer des centres d'accueil au plus près des frontières à renvoyer aussi plus rapidement ceux qui n'ont pas droit à l'asile vous allez donc soutenir et voter ce pacte asile et immigration

47:32
Locuteur 5

le problème c'est que dans ce texte il y a beaucoup de choses qui malheureusement vont détruire l'effet des bonnes intentions qui sont affichées au départ moi je crois que le point important dans ce pacte c'est qu'il a abandonné ce projet de relocalisation obligatoire des migrants ça c'est fondamental mais maintenant le problème c'est qu'on voit bien que beaucoup d'idées qui sont justes par exemple le fait d'instruire les procédures d'asile aux frontières extérieures de l'Europe plutôt que de laisser rentrer les gens à l'intérieur de l'espace Schengen et bien cette idée là qui est juste elle est d'une certaine manière détruite de l'intérieur par le fait que la gauche a réussi à insérer la possibilité pour les personnes concernées de faire deux recours successifs le fait qu'il faut que les états justifient d'un risque de fuite potentiel

48:10
Locuteur 3

la gauche en l'occurrence c'est pas Georgia Meloni on est bien d'accord c'est pas la présidente du conseil italien qui elle est favorable à ce pacte d'asile d'immigration

48:17
Locuteur 5

oui mais je crois que malheureusement il n'y a pas de gauche mais il y a beaucoup de choses qui vont dans la bonne direction mais le problème c'est que quand vous regardez le contenu et le détail des textes d'ailleurs un problème parlementaire de fond c'est qu'on a reçu communication de ces textes très récemment et on va devoir se prononcer rapidement sur des sujets qui sont d'une extrême complexité moi je crois qu'il y a beaucoup de choses qui malheureusement invalident les bonnes donc vous vous y opposerez

48:37
Locuteur 3

vous êtes très contre

48:38
Locuteur 5

on est en train de regarder dans le détail des textes mais en tous les cas on a effectivement des réserves très très fortes sur beaucoup de points qui posent problème

48:44
Locuteur 3

mais vous ne savez pas encore quelle sera votre position

48:46
Locuteur 5

parce que je vous le redis on vient tout juste d'obtenir communication de ces textes moi je ne suis pas quelqu'un qui me prononce sur des détails très complexes dans une lecture superficielle

48:52
Locuteur 3

sur un tout autre sujet on sait désormais que la loi sur la fin de vie qui avait été promise par le candidat Emmanuel Macron sera présentée au Parlement en France à l'Assemblée nationale le 27 mai donc qui doit proposer une aide à mourir strictement encadrée ce sont les grandes dignes qu'a dévoilé le chef de l'État il y a quelques jours et vous avez dit à l'annonce de ce débat programmé je vous cite personne n'est dupe du moment qu'est-ce que vous voulez dire au bout de deux ans de consultation d'une convention citoyenne sur la fin de vie qui a rendu son rapport il y a presque un an Emmanuel Macron va trop vite en installant ce débat à la fin du mois de mai c'est pas qu'il va trop vite

49:25
Locuteur 5

mais Renaud Delis vous croyez à l'Europe vous croyez que l'Europe c'est important on n'a quand même pas souvent l'occasion d'aborder ces sujets européens et de vivre ce grand rendez-vous démocratique que constituent des élections européennes qui pour toutes les raisons qu'on a évoquées pendant l'heure qui précède vont avoir un enjeu déterminant pour le destin d'un continent pourquoi introduire une réforme sociétale de cette importance à quelques jours vous avez rappelé le calendrier à quelques jours de l'élection européenne alors que le Président a tergiversé sur ce sujet pendant des années maintenant

49:53
Locuteur 3

peut-être François-Xavier Lamy parce qu'il y a justement des mois voire des années que l'État de Français attendent une législation en matière

49:59
Locuteur 5

la première chose c'est que les Français ils attendent d'abord que la loi française soit appliquée sur ce sujet et ça c'est le plus important la loi Léonetti qui a été votée à l'unanimité du Parlement il y a quelques années à l'unanimité cette loi qui exprimait la volonté nationale aujourd'hui elle n'est pas appliquée vous avez des dizaines de départements dans lesquels il n'y a pas ou pas assez de services de soins palliatifs tous les jours vous avez 500 Français qui auraient besoin de soins palliatifs et qui n'en bénéficient pas donc que le Président de la République commence par mettre en oeuvre la loi existante et déjà je crois que beaucoup de Français s'en portent

50:29
Locuteur 3

un dernier point justement sur cette proposition du chef de l'État cette loi sur l'aide à mourir à titre personnel vous y êtes hostile si vous étiez parlementaire français vous voteriez contre

50:37
Locuteur 5

oui mais je le redis d'abord parce que la loi existante n'est pas appliquée je crois que le premier devoir si la loi existante

50:43
Locuteur 3

était appliquée par exemple dans 6 mois si le débat avait été programmé dans 6 mois vous auriez pu être favorable à l'aide à mourir

50:48
Locuteur 5

je crois que les Français se poseraient très différemment la question de la fin de vie s'ils avaient la certitude que la souffrance était correctement prise en charge en France s'ils avaient la certitude que les soignants les soignants qui d'ailleurs sont très très très nombreux immensément majoritaires à s'opposer à ce texte parce qu'ils en connaissent le danger je crois que les Français seraient plus rassurés devant la question de la fin de vie s'ils savaient que les soignants ont les moyens nécessaires les places qu'il faut le temps indispensable

51:12
Locuteur 3

pour prendre soin de ceux qui sont il y a des réticences chez les soignants vous l'avez dit en revanche on le voit selon les enquêtes d'opinion une nette majorité des Français semble favorable au principe d'accorder cette liberté du droit à mourir

51:21
Locuteur 5

mais encore une fois le contexte serait différent si on pouvait compter sur un système de soins qui fonctionne vous avez dans l'hôpital tout près de chez moi tout près de là où j'habite vous avez des gens qui aujourd'hui meurent dans les couloirs des urgences parce qu'ils ne sont pas pris en charge comme il le faudrait vous avez des dizaines de personnes qui meurent dans les services de soins malgré le dévouement extraordinaire des soignants mais qui luttent contre la pénurie de tout pour pouvoir prendre soin des gens et dans cette situation là je crois que oui effectivement c'est un peu indécent de considérer qu'on va introduire ce débat à quelques jours d'une élection déterminante pour détourner l'attention des Français des sujets européens que je suis très heureux d'avoir pu partager avec vous aujourd'hui

51:56
Locuteur 4

François-Xavier bel ami tête de liste les républicains aux européennes merci d'avoir été avec nous ce matin merci Renaud Delis Michele Antoquet Anna Navarro-Pedro Audrey Tison également pour cette émission et prochain numéro de Demain l'Europe Salia

52:07
Locuteur 10

Vendredi avec Jordan Bardella la tête de liste du Rassemblement National d'ici là l'information continue sur France Info

Ukraine, réélection de Vladimir Poutine, IVG, "mégacamions"... Ce qu'il faut retenir de l'interview de François-Xavier Bellamy — François-Xavier Bellamy · Pourquijevote