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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 28 avril 2021 26 min

Vaccination contre le Covid-19, taxe sur les terrasses, élection présidentielle... Le "8h30 franceinfo" d'Anne Hidalgo

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Un peu plus de 4 millions de Français éligibles à la vaccination n'ont toujours pas pris de rendez-vous, mais dans le même temps, 250 000 créneaux sont désormais disponibles. Beaucoup ne trouvent pas preneur ces derniers jours. Est-il temps d'ouvrir plus largement la vaccination ?

0:19
Anne Hidalgo

Oui, moi, depuis le mois de janvier, depuis fin janvier, je demande que l'on puisse ouvrir, par exemple, la vaccination aux enseignants, à toutes les professions qui sont en première ligne. Et puis plus largement, je crois qu'il faut débrider la question de l'âge, parce que c'est quand même un scandale que des doses, finalement, ne soient pas utilisées, alors qu'il y a beaucoup de gens qui souhaitent se faire vacciner. Donc il est temps d'être beaucoup plus souple, pragmatique, dans la gestion de cette vaccination.

0:49
Présentateur

On ouvre en grand les vannes à tous les adultes désormais ?

0:51
Anne Hidalgo

Moi, je pense qu'il faut l'ouvrir vraiment, peut-être en fixant des priorités de profession. Je parlais des enseignants, parce qu'on nous a dit que les enseignants peuvent se faire vacciner. Oui, s'ils ont plus de 55 ans. C'est-à-dire comme la population générale. Donc finalement, on n'est pas du tout dans une mesure qui permette de mieux les protéger. Je pense aussi, bien sûr, aux policiers nationaux et municipaux, mais je pense aussi à toutes les personnes qui travaillent dans les supermarchés. Je pense à nos agents de la propreté dans la ville.

Bref, il y a des premières ou deuxièmes lignes, plutôt, puisque les premières lignes sont à l'hôpital, mais des deuxièmes lignes qu'il faut absolument vacciner et ouvrir très, très largement. On va bientôt ouvrir un vaccinodrome à la porte de Versailles, dans le 15e arrondissement à Paris, qui sera évidemment pour tout Paris. Il faut vraiment que l'on puisse le faire. Et qu'on vaccine aussi, puisqu'il y a des élections régionales en juin, que l'on puisse vacciner les assesseurs et les présidents du bureau.

1:53
Invité

Jean-Jérôme Bertolus. D'un mot, il y a des maires, quand même, qui ont tenté, effectivement, d'ouvrir la vaccination. On peut penser à David Lissnard à Cannes, à Rachid Haddati, la maire du 7e arrondissement, qui avait tenté d'ouvrir plus largement la vaccination au personnel enseignant, au personnel des crèches. Finalement, son centre a fermé. Elle disait qu'elle n'avait rien fait d'illégal, et elle dit que c'est vous qui avez pressé le préfet pour fermer son centre dans le 7e.

2:18
Anne Hidalgo

D'abord, je ne vais pas revenir sur le cas de Mme Haddati. On est sur une chaîne nationale. Et en ce qui concerne la vaccination...

2:24
Présentateur

La question est importante, puisque vous venez de nous dire que vous y étiez favorable depuis longtemps.

2:27
Anne Hidalgo

Bien sûr, depuis le mois de janvier. Mais il faut faire ça en bon ordre ? Eh bien, il faut le faire dans un respect de l'état de droit. L'état de droit, c'est les mesures sanitaires sont décidées par le ministre de la Santé et les autorités sanitaires. Sinon, après, si chacun d'entre nous se met à faire comme il l'entend, eh bien, c'est l'ouverture à beaucoup de passe-droit. Et par exemple, il faut, et moi je me suis battue aussi pour ça, que tous les arrondissements parisiens, mais c'est pareil pour toutes les villes, qu'on ait un nombre de doses correspondant à la population existante sur notre territoire.

Ce n'est pas normal qu'il y ait des villes qui aient plus de doses que d'autres, alors qu'elles sont moins peuplées ou en proportion moins peuplées. Et donc, voilà, je pense qu'il faut, et je suis très respectueuse de l'état de droit, moi, ce ne sont pas les maires qui décident de qui doit se faire vacciner. En revanche, je pense qu'il faut nous écouter. Et non pas comme portant des revendications impossibles à mettre en œuvre, mais plutôt comme étant un peu plus pragmatique qu'une forme de bureaucratie qui continue quand même à exister, notamment dans le domaine sanitaire.

3:31
Présentateur

L'une des questions du moment, Anne Hidalgo, c'est celle des variants. Le variant sud-africain, notamment, se diffuse de plus en plus dans l'ensemble de la région Île-de-France. Pas uniquement là, mais c'est ce qu'a précisé hier le ministre de la Santé, Olivier Véran.

3:42
Invité

On constate depuis maintenant une grosse semaine une augmentation de la proportion du variant sud-africain, notamment aux petites couronnes parisiens, qui représentaient 6% des diagnostics et qui en représentent désormais 10%.

3:54
Présentateur

Est-ce qu'il peut remettre en cause la réouverture annoncée des restaurants, des musées, des cinémas dans les semaines qui viennent ?

4:00
Anne Hidalgo

D'abord, vous savez, on est informé de pas grand-chose. Donc, je vois effectivement la place très, très importante de ces variants. On a parlé aussi du variant dit brésilien. Je constate que les mesures qui ont été prises en France sont quand même très tardives. Vous prenez un pays comme le Portugal. Ils avaient limité les vols venant du Brésil, alors qu'il y a des relations historiques entre le Brésil et le Portugal, depuis le mois de janvier. Et ils viennent d'assouplir aujourd'hui. Regardez les tergiversations qu'il a fallu pour se dire qu'il fallait quand même mettre en place, à l'arrivée d'un certain nombre de voyageurs, des mesures qui protègent nos populations.

Donc, ces questions de variants supposent aussi que l'on fasse des séquençages pour qu'on puisse savoir effectivement quelle est leur place dans l'épidémie plus générale.

4:51
Présentateur

Est-ce qu'ils remettent en cause le calendrier de réouverture ?

4:53
Anne Hidalgo

En tous les cas, je n'en sais rien, puisque même sur le calendrier de réouverture, je ne suis pas du tout informée. J'ai vu qu'il y avait des maires consultées.

5:02
Invité

Oui, le président voit des maires, mais il ne prend pas le téléphone à Nidalgo.

5:05
Anne Hidalgo

La capitale de la France ne doit pas être suffisamment importante à ses yeux. Et donc, je ne suis pas consultée. Toujours est-il que j'espère qu'on pourra prendre des mesures de réouverture. Bien sûr, avec toutes les précautions d'usage. Vous savez, il y a des choses qu'on aurait pu faire depuis longtemps. Par exemple, les musées. Les musées qui sont fermées. Beaucoup de maires, j'en fais partie, ont dit qu'on peut ouvrir les musées parce qu'on est capable d'avoir des fils, une inscription par Internet et puis de pouvoir gérer les gens qui sont dans le musée. Et même, on avait proposé, puisqu'on nous avait expliqué que ce n'était pas possible.

Je ne sais toujours pas pourquoi, d'ailleurs, ça n'était pas possible puisqu'on peut prendre le métro. On peut aller dans un grand magasin, évidemment, acheter ce dont on a besoin. Mais on avait proposé aussi que, par exemple, les enfants des écoles, puisqu'ils sont dans les classes, qu'on puisse aussi leur faire profiter de nos musées. Ça a été refusé. Donc, il y a un manque de pragmatisme. Si on écoutait beaucoup plus les maires en France, tous les maires, les maires de toutes petites communes, et c'est très bien que le président de la République, évidemment, sollicite des maires de villes de toutes tailles.

6:17
Présentateur

Mais si on écoutait tous les maires en Hidalgo, on aurait parfois autant d'avis que d'élus.

6:20
Anne Hidalgo

Pas du tout, parce qu'il y a des avis qui sont...

6:22
Présentateur

Certains étaient pour la réouverture des écoles, d'autres y étaient opposés.

6:25
Anne Hidalgo

Non, je pense que c'est un raccourci, c'est un peu rapide de dire ça, parce qu'on a des associations d'élus. On a l'association des maires de France, qui prend des positions qui sont votées par l'ensemble des maires. On a l'association des France urbaine pour les grandes villes. On a des associations pour les maires ruraux et pour les petites villes. D'ailleurs, on pourrait distinguer aussi, selon la taille des villes, et prendre des mesures qui soient adaptées à la situation de chacun.

6:52
Invité

En tout cas, d'un mot, Anne Hidalgo, alors que le président de la République pourrait prendre la parole dimanche ou lundi sur ce calendrier de réouverture, à ce stade, vous, vous n'avez aucune réunion prévue, même avec le préfet de police de Paris, avec personne.

7:05
Anne Hidalgo

Non, avec le préfet de police, nous avons des réunions toutes les semaines. Toutes les semaines, bien sûr, toutes les semaines. Heureusement qu'avec les autorités de l'État, à l'échelle locale, à l'échelle parisienne, on discute. Mais souvent, quand même, le constat qu'on fait à la fin de nos réunions, c'est qu'on sera tous informés de la même façon par l'allocution du président de la République.

7:25
Présentateur

On est tous égaux, finalement, devant cette épidémie.

7:28
Anne Hidalgo

Voilà, c'est la Constitution, et puis la déclaration des droits.

7:31
Présentateur

Vous restez avec nous, Anne Hidalgo. On s'interrompt un instant. Le fil 1 fois 8h40, Mélanie Delonnet. Une nouvelle loi antiterrorisme présentée ce matin au Conseil des ministres. Elle prévoit notamment de renforcer la surveillance sur Internet grâce aux algorithmes. Les 9 derniers attentats commis en France l'ont été par des personnes qui n'étaient pas fichées. Cela doit nous interroger sur les techniques de renseignement, explique ce matin sur France Inter le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin. Faut-il ouvrir plus largement la vaccination contre le Covid ? 250 000 créneaux sont vacants ce matin.

Ce n'est pas acceptable d'un point de vue sanitaire, réagit sur France Info le président de la Confédération des syndicats médicaux français. Pour Jean-Paul Ortiz, il va falloir très rapidement se poser la question d'abaisser les âges et de cibler les populations particulièrement exposées. Le blocage se poursuit à Codan, dans le Morbihan, dans l'usine de la Fonderie de Bretagne. Les salariés veulent rester au sein du groupe Renault. Les dirigeants retenus ont été libérés hier soir. Sept anciens membres des Brigades Rouges arrêtés ce matin en France. Ce groupe terroriste d'extrême-gauche, actif dans les années 70 et 80 en Italie. Ils avaient été condamnés d'ailleurs en Italie pour terrorisme.

Trois autres personnes sont recherchées.

8:42
Locuteur non identifié

France Info

8:43
Présentateur

Le 830 France Info, Jean-Jérôme Bertolus, Marc Fauvel. Toujours avec la maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo. Est-ce qu'on a bien fait de rouvrir les écoles cette semaine ?

8:54
Anne Hidalgo

On a bien fait parce qu'évidemment, il vaut mieux que les enfants puissent continuer à étudier. Et c'est très important. Je vois une ville comme Paris, beaucoup de gens vivent dans des petits appartements. Donc c'est quand même très difficile de faire du télétravail, d'avoir des enfants en bas âge chez soi, et d'être obligés aussi de faire l'école, ce qui a été le cas pendant une semaine au moins sur les trois qu'on a connus.

9:20
Présentateur

On a déjà démenté sur le nombre de classes fermées dans la capitale.

9:23
Anne Hidalgo

Très peu pour l'instant, parce que quand même, les trois semaines, entre guillemets, de confinement, ont sans doute permis de limiter des contaminations. Ce qui a regretté, c'est un, qu'on reprenne les écoles sans avoir vacciné les enseignants. Ça, c'est quand même une première chose qui est, je crois, très dommageable. Et j'espère qu'on ne verra pas une augmentation ou des refermetures de classes comme on avait connues avant le confinement. Et puis, je pense qu'il n'y a pas vraiment non plus suffisamment de mesures prises.

Vous savez, nous, la ville de Paris, on a acheté des autotests pour pouvoir les fournir à nos agents qui travaillent dans les écoles, dans les crèches, auprès des enfants, dans les cantines scolaires, pour qu'ils puissent avoir des autotests régulièrement et pouvoir se mettre en retrait si, évidemment, ils sont contaminés. Mais nous ne sommes pas accompagnés non plus. Vous savez, j'ai entendu le ministre de l'Éducation nationale nous parler des capteurs de CO2 en disant que c'était une mesure formidable et qu'il incitait tout le monde, voilà, les collectivités à en acheter. La ville de Paris en a acheté et a un plan de déploiement.

Et vous n'êtes pas remboursé, enfin, vous n'êtes pas aidé par l'État. Et sur ce genre de mesure, nous ne sommes pas du tout aidés. Il y a une forme de cynisme, je le dis ici, lorsqu'on entend des déclarations d'un certain nombre de ministres, type ministre de l'Éducation nationale, qui expliquent ce qu'il faudrait faire. Et derrière, quand on revient dans la discussion avec le préfet de région pour savoir si, quand même, telle ou telle dépense que l'on fait pour venir accompagner nos populations au mieux dans cette crise Covid, on nous répond que, eh bien, voilà, c'est à la charge des communes. Donc on est quand même dans une...

11:05
Invité

Il y a des communes quand même qui sont aidées, mais vous, vous demandez aujourd'hui des comptes à l'État, au sens soldé les comptes de la crise sanitaire.

11:12
Anne Hidalgo

Évidemment, je ne suis pas la seule à le demander, puisque c'est une demande récurrente des associations de maires et de beaucoup de maires. Il y a des communes qui ont l'air d'être plus aidées. J'ai vu l'autre jour un plan de 2,5 milliards sur Nice. C'est formidable, mais voilà. Pourquoi Nice ? Pourquoi pas les autres ?

11:28
Présentateur

Vous n'essayez entendre qu'on aide davantage les maires qui sont plus proches ?

11:30
Anne Hidalgo

Je n'en sais rien et je propose quand même que l'on revienne à des choses qui soient plus rationnelles. Et plus transparentes. Et plus transparentes. Dans l'aide aux communes, il y a la question du plan de relance sur laquelle Bruxelles, enfin l'Europe aide, a décidé d'un plan de relance très important, à la fois pour soutenir sur les questions sociales, mais aussi pour l'investissement. Aujourd'hui, les collectivités, par exemple, une ville comme Paris qui a un budget de 8 milliards d'euros, aujourd'hui, sur le plan de relance, j'ai 40 millions d'euros, dont 10 à peu près sûrs.

Vous imaginez, quand on compare au plan Biden aux États-Unis qui verse 350 milliards de dollars aux villes directement sur leur budget et que la ville de New York va percevoir 6 milliards d'euros sur son budget, ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'une ville comme New York va se relever très très vite. Alors que nous, il va falloir, effectivement, puisqu'on assume tout, de la dette Covid, de la dépense que nous devons faire, le soutien aux entreprises parisiennes, aux petits commerces parisiens, 200 millions d'euros sur le budget de la ville de Paris. Et à côté de ça, l'État nous ponctionne 650 millions sur le budget de la ville de Paris.

Donc vous voyez, on est dans quelque chose qui ne va pas et qui doit vraiment être travaillé autrement, pas de façon politicienne. Un maire, ça représente toute sa ville, ça représente des gens qui ont voté pour lui et qui n'ont pas voté pour lui. Ça représente des commerçants, ça représente des artisans, ça représente des familles. Et il faut, je pense vraiment, qu'aujourd'hui, le gouvernement ne prend pas la mesure de ce que le Covid a été pour les communes, de leur engagement financier et du besoin d'aide de toutes nos collectivités, de toutes nos communes, pour nous aider à passer le cap et à nous relever le plus vite possible.

13:20
Présentateur

Vous parlez à Nidalgo des commerces qui ont du mal et qui vont avoir du mal à se relever. La mairie de Paris vient de prendre une décision il y a quelques heures qui est de taxe. Non, vous faites non ? Attendez, je vais poser la question avant, vous la démentirez si vous voulez après. Absolument. On va faire les choses où vous tentez le faire. Dans l'ordre, à partir du 1er juillet, les restaurateurs qui veulent installer une terrasse dans l'espace public devront à nouveau payer les taxes qu'ils n'avaient plus à payer à la sortie du 1er confinement. C'est inexact ?

13:45
Anne Hidalgo

Alors, c'est inexact puisque la décision n'est pas prise. Et d'abord, première chose, sur les décisions qui sont en train d'être prises, il y a une concertation, une discussion. Donc, ce n'est pas certain. Mais non, ce n'est pas certain. D'abord, on discute. Et la chose qui est sûre, c'est que nous allons pérenniser les terrasses éphémères. Vous savez, l'année dernière, j'ai autorisé, j'ai dit d'ailleurs à tous les commerçants de pouvoir occuper des places de parking, les transformer en terrasses, des places. Et d'ailleurs, ça a été un moment de joie quand on a pu découvrir, après le confinement de l'année dernière, ces terrasses. Il y avait une vraie joie de vivre dans la ville.

14:21
Présentateur

Et un trou dans les caisses de la ville. 34 millions d'euros. Et des trous dans les caisses de la ville

14:24
Anne Hidalgo

puisque les fameux 200 millions d'euros de financement de la ville pour soutenir nos commerçants, nos entreprises, intègrent évidemment le fait que nous n'ayons pas perçu les recettes qui sont liées à ces terrasses.

14:38
Présentateur

Donc, ce n'est pas encore fait aujourd'hui, c'est ce que vous nous dites ce matin ?

14:40
Anne Hidalgo

Il faudra bien que la ville puisse retrouver des recettes. Il faudra bien que... Ben oui, quand même. Alors, qui va payer ? Et bien, qui va payer ? Pour l'instant, c'est la ville qui paye. Donc, nous discutons. Et j'entends bien demander à l'État des compensations, notamment sur toutes ces recettes que nous n'avons pas pu percevoir et qui sont des recettes directement liées au soutien de l'activité liée au Covid. Donc, vous dites soit l'État nous aide,

15:04
Présentateur

soit on fait payer les restaurateurs.

15:05
Anne Hidalgo

Non, je ne dis pas ça. Je dis on discute. Voilà. Et mon souci, et mon objectif, c'est d'aider évidemment les commerçants à pouvoir sortir de cette situation. Mais évidemment, il faut aussi que la ville puisse assumer budgétairement les responsabilités qui sont ici.

15:21
Invité

Une question sur la réouverture. Est-ce que vous allez écouter le groupe Indochine le 29 mai dans la salle Arena à Paris ? Est-ce que ce concert-est dont on parle depuis des semaines, qui intéresse une bonne partie de la culture et simplement des gens, est-ce qu'il va bien avoir lieu ce jour-là ?

15:40
Anne Hidalgo

Alors, j'espère vraiment qu'il va avoir lieu. On y travaille. Vous savez, j'ai mis en place aussi un comité consultatif sur les questions de Covid avec notamment tous les gestionnaires d'événements, de spectacles. Mais on n'a pas de date encore. Et alors, la date, ce n'est pas nous qui pourrons la fixer. Il faut évidemment tout ça est sous contrôle sanitaire. Comme ça a été fait d'ailleurs à Barcelone et on a vu que le résultat était très positif.

16:05
Présentateur

Avec des réserves tout de même puisqu'on n'a pas testé ensuite l'ensemble des 5 000 participants à ce concert pour savoir s'ils avaient effectivement attrapé le Covid ou pas.

16:12
Anne Hidalgo

Oui, mais enfin, il n'y a pas eu en tous les cas.

16:14
Présentateur

L'autre réserve étant que tous ceux qui ont participé étaient négatifs aux tests. On n'a pas fait comme lors d'autres concerts tests où des gens qui avaient le Covid étaient dans la foule.

16:21
Anne Hidalgo

Oui, c'est vrai. Et peut-être que c'est ce qu'il faut faire aussi. On n'est pas obligé de mettre des personnes qui ont le Covid. Moi, je suis plutôt pour qu'on essaye d'aller vers une réouverture en s'appuyant là-dessus. Mais vous parlez de la date du 29 mai. Je crois que c'est la date aussi de la finale de la Ligue des Champions. J'espère que le PSG arrive en finale. Vous aurez le choix en train d'auchiner ou le PSG si les choses se passent bien dans les deux cas où restent avec le public.

16:48
Présentateur

Anne Hidalgo, oui, fais ton choix. En train d'auchiner. Énemar, Jean-Jérôme Berthold, 8h50, le fil d'info, Mélanie Delonnet. Un conseil de défense sanitaire va débuter dans une dizaine de minutes à l'Elysée où il sera question du calendrier du déconfinement. Emmanuel Macron prendra la parole dimanche ou lundi sur la levée des restrictions selon les informations de France Info. Et on connaîtra dans deux semaines autour du 12 mai le plan détaillé après des concertations au niveau local. Plus de 200 000 morts du Covid en Inde. Le variant indien présent dans au moins 17 pays en dehors de l'Inde. La plupart des cas sont au Royaume-Uni, aux Etats-Unis ou à Singapour.

Aucune contamination par ce variant n'a pour le moment été détectée en France. Aux Etats-Unis, pour ses 100 premiers jours, à la Maison-Blanche, Joe Biden va s'exprimer pour la première fois devant le Congrès. Il va présenter son plan pour les familles. Plan qu'il veut financer en augmentant les impôts sur les revenus du capital pour les Américains les plus riches. Et puis après le match nul un partout entre le Real Madrid et Chelsea, deuxième demi-finale allée de Ligue des Champions de football ce soir, le Paris Saint-Germain reçoit Manchester City, le leader de la Première Ligue anglaise. C'est à 21h. France Info.

18:00
Invité

Le 8.30 France Info.

18:02
Présentateur

Jean-Jérôme Bertolus, Marc Fauvel. Anne Hidalgo, il faut taxer les riches. Ce n'est pas François Hollande qui dit cela, mais Joe Biden, le président américain, qui va donc dévoiler la nuit prochaine un plan de hausse massif des impôts des Américains qui gagnent plus d'un million de dollars par an. Faut-il faire la même chose en France ?

18:17
Anne Hidalgo

Ce n'est pas une question à laquelle on peut répondre comme ça, par oui ou par non, au gré d'une matinale. C'est un sujet sérieux sur lequel il faut travailler. L'exemple de Joe Biden doit être un exemple pour nous tous. J'ai pu participer à la conférence qu'il a faite à Washington sur le climat. J'ai pu voir d'ailleurs l'investissement que font les États-Unis justement pour préparer leur pays au changement climatique avec des aides massives, mais massives, qui sont injectées dans l'économie américaine. Ça, c'est de l'argent public pour notamment financer le ferroviaire, pour financer les industries vertes, décarbonées, etc. Et pour aider aussi les ménages.

19:06
Présentateur

Cet argent, il n'y a que deux façons de le trouver. Soit c'est la dette, soit c'est les impôts d'une manière ou d'une autre, ou en ciblant la catégorie. Vous préférez la dette ou vous préférez les impôts ?

19:14
Anne Hidalgo

D'abord, ce n'est pas exactement comme ça qu'il faut poser le sujet. Parce que ce que vous appelez la dette, si c'est pour investir dans des industries plus propres qui créent en même temps de l'emploi, c'est une dépense qui est positive, qui n'est pas une dépense qui vient gréver, entre guillemets, inutilement, le budget d'un État. Vous savez, même les grandes institutions financières aujourd'hui considèrent qu'il faut sortir d'un dogme, non pas de la dette en tant que telle, mais parler de la dépense quand elle est vraiment utile, qu'elle va préparer notre pays à l'avenir, qu'elle va générer des emplois. Et d'ailleurs, on peut aussi parler de la dette écologique.

Tout l'investissement qui n'est pas fait aujourd'hui pour le changement climatique, c'est aussi de la dette que l'on fait pour nos enfants, parce que c'est eux qui devront faire ça. C'est eux qui devront sortir du carboné.

20:05
Présentateur

Donc votre idée à l'Hidalgo sur l'imposition des Français les plus aisés n'est pas faite aujourd'hui.

20:09
Anne Hidalgo

D'abord, il faudra bien sûr mieux répartir la charge. Il faudra par exemple des aides qui sont aujourd'hui versées aux entreprises sans aucune contrepartie en matière d'emploi ou en matière d'investissement écologique. Bien sûr que ça, ça ne va pas. Il faut que l'argent public ait des contreparties. Et il faut bien sûr qu'il y ait une fiscalité qui soit beaucoup plus juste. Moi, ce qui m'importe, ce qui m'importe vraiment, c'est de se dire à quoi doit servir et l'argent public, et donc bien sûr l'impôt, ça doit servir d'abord à préparer notre pays au changement climatique. Et dans la question du changement climatique, il y a beaucoup d'emplois à la clé.

Deuxièmement, ça doit permettre d'aider bien sûr les plus fragiles, mais d'aider aussi les classes moyennes. Je suis très préoccupée par la situation des classes moyennes. Je constate que d'ailleurs, les choix que fait Biden aux États-Unis sont vraiment dictées aussi par cette idée. Il y a une étude de l'OCDE qui est sortie il y a quelques années qui montrait combien lorsque les classes moyennes décrochent, qu'elles ont le sentiment qu'elles ne peuvent plus s'en sortir parce que le logement est trop cher, parce que l'éducation devient chère et hypothétique pour leurs enfants, parce que la santé, c'est chère, et bien qu'est-ce qui se passe ?

Elles se mettent à douter des institutions, de la démocratie et des systèmes politiques. Et vous regardez dans tous les pays du monde où les vagues populistes sont là. C'est parce qu'à un moment donné, les classes moyennes perdent confiance dans leurs institutions. Et je pense qu'il faut aider les classes moyennes aujourd'hui beaucoup dans notre pays. Il faut des systèmes, des aides, par exemple, pour les études de leurs enfants, pour qu'ils puissent accéder à l'enseignement.

21:45
Invité

Anne Hidalgo, on vous entend et on vous entend parler du pays au-delà, effectivement, des Parisiens. On pense à 2022. Vous n'êtes pas déclaré, vous y pensez. Et pourtant, dans les sondages, votre candidature virtuelle, vous êtes sondée, et bien ne décolle pas. Vous êtes entre 5 et 8 %. Comment vous expliquez ce manque de dynamique ?

22:10
Anne Hidalgo

D'abord, la campagne n'est pas lancée. Et lorsqu'on mesure une offre politique... Les Français n'ont pas la tête à ça. ...d'une part, et d'autre part, une offre politique qui est celle de 2017 et qui ne sera pas celle de 2022. Moi, si vous voulez, je rentre toujours dans les sujets avec, je dirais, conviction. Pourquoi je prends ma part dans ce débat national ? Parce que je pense que la situation est très grave. La situation est très préoccupante dans notre pays. Oui, il y a des risques. Il y a un risque d'extrême droite, ça c'est clair. Quand on voit d'ailleurs, pardonnez-moi, la tribune des anciens militaires, c'est un scandale. C'est très très dangereux.

J'espère, et je l'ai entendu de la part de la ministre des Armées, j'espère qu'il y aura des sanctions majeures qui seront prises. Parce que lorsqu'une partie... Bien sûr, ils ne sont plus en exercice aujourd'hui, tous ces gens-là. Mais lorsqu'une partie de ces personnes se met à imaginer un avenir dans la sédition, là, c'est quand même dangereux. Et heureusement, je connais bien évidemment l'armée et un certain nombre de personnes qui sont dans les états-majors. Heureusement qu'ils ne sont pas dans cet état d'esprit et que ce sont pour la grande majorité d'entre eux et pour ceux qui sont au poste de commandement des grands républicains. Heureusement.

Et bien sûr que pour moi, je ne fais pas du tout l'amalgame. Mais c'est très très dangereux ce qui est en train de se passer. Donc, il faut y répondre. Et il faut y répondre, de mon point de vue, par des propositions qui sont bien sûr regarder, avoir une vision des changements du monde. Et la vision, c'est de considérer qu'on ne peut plus, on est au pied, au mur vis-à-vis du changement du mal. Mais qu'il faut aussi, pardonnez-moi, je finis juste ma phrase, qu'il faut aussi, bien sûr, lutter contre les inégalités sociales. Ce que je disais sur les classes moyennes, ça fait partie de ces sujets-là.

Il faut qu'on trouve des mesures sur l'éducation, sur la santé, sur les services publics essentiels qui sont des mesures qui redonnent confiance, qui soient inclusives. Inclusive. Et c'est là-dessus qu'il faut que l'on apporte une offre politique nouvelle. Et je pense que si cette offre politique peut être bâtie sérieusement avec les citoyens, avec le monde du travail, les syndicats sont très importants. J'ai adoré cette phrase de Joe Biden quand il dit « syndiquez-vous ». Eh bien, j'ai envie de dire la même chose. « Syndiquez-vous ».

C'est très important que le monde du travail aussi soit complètement engagé dans l'élaboration d'une proposition qui doit être une proposition, je l'espère, majoritaire dans le pays en 2022.

24:49
Présentateur

D'un mot, Anne Hidalgo, à quel moment prendrez-vous votre décision sur une éventuelle candidature pour l'Élysée et est-ce que vous pourriez ne pas être candidate ?

24:56
Anne Hidalgo

D'abord, je veux travailler sur le fond. Je rentre comme ça dans les sujets et je pense qu'y compris les questions de méthode, de rassemblement, de rassemblement de la gauche, des écologistes, ça marchera à partir de ce qu'on aura à proposer sur le fond. Il faut que l'on revienne sur des sujets qui sont les sujets sur lesquels on est attendu. Il y a trop d'inégalités, il faut travailler ces inégalités.

25:20
Présentateur

Est-ce que vous pourriez ne pas être candidate ?

25:21
Anne Hidalgo

J'en saurais de toute façon puisque ma parole sera là et vous verrez bien.

25:26
Présentateur

Merci Anne Hidalgo.

25:27
Anne Hidalgo

Merci.

25:27
Présentateur

Indochine ou Ligue des Champions alors le 29 mai ?

25:29
Anne Hidalgo

Ah là là, trop dur ! Non, Ligue des Champions quand même.