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InterviewRCF — L'Invité de la Matinale (sur Site radio)· 26 août 2024 12 minComplaisantActualité / polémiqueInstitutions & électionsEurope & internationalSolidarités & famille

"On se dirige vers un gouvernement de centre-droit", assure le politologue Pascal Perrineau

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 86 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:44OuverteÉludée

    Est-ce que c'est un coup de force antidémocratique comme l'a notamment assuré l'Union des Gauches hier soir ?

  • 0:51ComplaisanteRéponse directe

    Non, parce que vous savez, quand il y a, on traverse une période difficile...

  • 3:55OuverteRéponse directe

    Comment il peut faire désormais ?

  • 4:56OuverteRéponse directe

    C'est quoi, donc ? C'est qui, une solution institutionnelle stable ?

  • 5:53OuverteRéponse directe

    Ça peut être un profil de ce style-là ?

  • 8:59OuverteRéponse directe

    Ça veut dire qu'on va se retrouver avec un gouvernement plutôt de centre-centre droit ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:04PrésentateurFait
    « Le texte de la Constitution prévoit que c'est le président de la République qui nomme le Premier ministre. »
  • 1:39PrésentateurChiffre
    « Il ne faut pas oublier tout de même que l'ensemble des députés du Nouveau Front Populaire font aux alentours de 190 à 195 députés, sont donc même en dessous de la barre des 200 députés. »
  • 5:15PrésentateurFait
    « Ça arrive, par exemple, les Italiens, dans une situation un peu similaire, s'étaient tournés vers un gouvernement technique. »
  • 6:21PrésentateurFait
    « L'hypothèse Castet est écartée. »
  • 7:12InvitéFait
    « On a entendu Bernard Cazeneuve, Didier Migaud, Michel Barnier, même Gérard Larcher aussi, l'actuel président du Sénat. »
  • 10:15InvitéFait
    « Il y a un peu plus de 11 semaines, il annonce la dissolution à la surprise générale, une décision qui semble unilatérale à l'époque, prise complètement seule. »

Temps de parole

  • Présentateur75 %
  • Invité25 %

1,5 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Invité

Ce programme est disponible grâce au don de nos auditeurs. Pour diffuser un message d'espérance, rendez-vous sur rcf.fr.

0:12
Présentateur

L'invité de la matinale, Grégoire Gindre. Grégoire, votre invité ce matin est Pascal Perrineau, politologue et professeur des universités à Sciences Po.

0:25
Invité

Bonjour Pascal Perrineau. Bonjour. Merci d'avoir accepté notre invitation sur RCF. Emmanuel Macron écarte définitivement l'option d'un gouvernement issu du nouveau Front Populaire. Communiqué de l'Elysée, envoyé hier soir aux rédactions, il invoque la stabilité institutionnelle. Pascal Perrineau, est-ce que c'est un coup de force antidémocratique comme l'a notamment assuré l'Union des Gauches hier soir ?

0:51
Présentateur

Non, parce que vous savez, quand il y a, on traverse une période difficile, liée au fait qu'il n'y a pas de majorité, en fait, positive qui se dégage pour l'instant à l'Assemblée nationale, il faut se reporter au texte. Le texte de la Constitution prévoit que c'est le président de la République qui nomme le Premier ministre. C'est un pouvoir même qui lui est propre, il n'a pas besoin de contre-seins.

C'est une décision qui le concerne et il n'a pas à prendre en compte les stratégies de pression mises en œuvre, en particulier, on le voit bien par Elefi, c'est normal d'ailleurs, Elefi fait de la politique et tente de transformer ce qui n'était pas une victoire politique, parce que personne n'a gagné. C'est ça, justement, le problème.

Il ne faut pas oublier tout de même que l'ensemble des députés du Nouveau Front Populaire font aux alentours de 190 à 195 députés, sont donc même en dessous de la barre des 200 députés, et que donc, si jamais un gouvernement MFP se mettait en place, comme toutes les autres sensibilités ont dit qu'il n'en voulait pas, eh bien, c'est un gouvernement, en effet, qui serait extrêmement instable, parce qu'il suffira d'une motion de censure pour le faire tomber.

Donc, il faut continuer la prospection de l'homme ou de la femme, issu d'autres sensibilités, qui pourra dégager, je dirais, non pas une majorité positive pour lui, mais au moins qu'il n'y aura pas de majorité négative contre lui, qui le ferait tomber. Et c'est ça, et c'est vrai que c'est la première fois, sous la Ve République, que ça arrive, non pas parce que c'est le Président Macron, même si le Président Macron nous a habitués, quand il s'agit de choisir un homme ou une femme, toujours être un peu long dans son processus de décision, c'est pas le Président Macron qui veut ça, c'est la situation politique.

Donc, l'Assemblée nationale est un véritable miroir brisé, et quand vous prenez les groupes parlementaires en tant que tel, le groupe parlementaire le plus important, c'est le RN, mais le RN n'a pas d'allié, sauf la poignée de députés d'Éric Ciotti, donc ne peut pas constituer, j'allais dire, une majorité relative qui tiendrait quelque temps. Donc, il faut plutôt aller chercher dans ce qu'on pourrait appeler les forces centrales qui vont du centre-droit au centre-gauche, et essayer de trouver surtout un homme ou une femme qui ait de l'expérience politique, et qui sache, j'allais dire, pratiquer une qualité qui n'est pas, c'est vrai, très française, celle du compromis.

3:37
Invité

Mais c'est vrai qu'Emmanuel Macron ferme des portes, bon, c'est déjà ça. Il prend acte d'une impasse, avec la non-nomination d'un Premier ministre, d'un gouvernement du Nouveau Front Populaire. Il prend acte de cette impasse, mais ça ne crée pas non plus une voie de passage ailleurs. Comment il peut faire désormais ?

3:56
Présentateur

En effet, alors il va refaire aujourd'hui, en effet, un round de consultations, qui seront uniquement des consultations auprès de LR, des Républicains, auprès de l'IOT, ce groupe qui est un groupe qui est...

4:15
Invité

C'est centriste à l'Assemblée.

4:17
Présentateur

Voilà, centriste. Les différentes composantes, en effet, de la majorité macronienne, Horizon, le Modem et le parti du Président, et puis en espérant élargir éventuellement à la gauche, mais la gauche vient de faire savoir que, voilà, il faisait bloc derrière Elifi, et qu'il ne se rendrait pas à de telles consultations. Donc il va...

4:40
Invité

Par la voix d'Olivier Fort ce matin, c'est vrai qu'ils ont annoncé ça ce matin. Il est 8h15, vous êtes sur RCF, notre invité ce matin, et Pascal Perrineau, politologue et professeur des universités à Sciences Po. Emmanuel Macron est donc à la recherche d'une solution institutionnellement stable. C'est quoi, donc ? C'est qui, une solution institutionnelle stable ? C'est un profil de Premier ministre plus bureaucratique que politique ?

5:04
Présentateur

Pas forcément, pas forcément. On pourrait imaginer un gouvernement, comme on disait, gouvernement technique. Ça arrive, par exemple, les Italiens, dans une situation un peu similaire, s'étaient tournés vers un gouvernement technique. Via Mario Draghi. Voilà, via Mario Draghi, c'est possible.

Mais aussi, on peut essayer de continuer à explorer un gouvernement qui serait dirigé par un homme ou par une femme qui aurait du métier politique, qui aurait, je viens de le dire, le sens du compromis, qui ne susciterait pas de polarisation contre lui et qui serait capable de dégager, au fond, des majorités d'idées quand on aurait un programme ou un projet de loi, une proposition de loi à caractère social, se tourner plutôt vers la gauche, à caractère plutôt régalien, se tourner plutôt vers la droite, pratiquer, au fond, des majorités un peu alternatives.

Mais l'exercice extrêmement compliqué auquel est confronté le président de la République, c'est qu'il faut définir, au fond, une nouvelle cohabitation. Ce n'est pas une cohabitation au sens classique. Il ne s'agit pas, pour Emmanuel Macron, d'aller choisir, j'allais dire, un leader de l'opposition, clair et net, ça aurait été le cas s'il avait choisi Mme Castet. Bon, l'hypothèse Castet est écartée. Donc, il faut définir une cohabitation qui ne sera qu'une demi-cohabitation. C'est-à-dire une cohabitation avec un homme ou une femme qui partagent certaines choses avec le président de la République, qui n'en partagent pas avec d'autres.

On voyait, par exemple, ce matin, que Mme Pécresse, la présidente de l'île de France, se réjouissait du fait que la gauche ait été écartée et disait, ben voilà, la droite doit montrer qu'elle peut être coopérative sans être supplétive d'Emmanuel Macron. Vous voyez, c'est au fond un peu le type d'oiseau rare, il faut connaître, qui est en train de rechercher le président de la République.

7:03
Invité

Mais qui alors, pour être le chef de cette demi-cohabitation, pour reprendre votre terme, plusieurs noms sont évoqués en coulisses, mais rien d'officiel évidemment. On a entendu Bernard Cazeneuve, Didier Migaud, Michel Barnier, même Gérard Larcher aussi, l'actuel président du Sénat. Ça peut être un profil de ce style-là ?

7:21
Présentateur

Oui, c'est peut-être un profil de ce style, parce que ce sont tous des hommes qui ont prouvé leur capacité, j'allais dire, à dépasser les querelles partisanes, étroites, à ne pas faire, si vous voulez, dans l'idéologie. Et on voit bien, par exemple, vous venez de mentionner le président du Sénat, Gérard Larcher, c'est un homme qui depuis, j'allais dire, des années pratique une politique qui est une politique de concorde entre la gauche et la droite, parfois au Sénat. C'est un homme qui a été, en effet, ministre des Affaires sociales et qui a laissé le souvenir d'une grande capacité à élaborer des compromis dans des situations difficiles.

Voilà, on a parlé de Xavier Bertrand, vous venez de mentionner le président de la Cour des Comptes, Didier Nigo, ça serait plutôt l'hypothèse d'un gouvernement à dimension technique. Bien sûr, Bernard Cazeneuve qui a refusé au sein de la gauche la logique d'une NFP sous influence de LFI et de Jean-Luc Mélenchon. Donc, il y a là, en effet, tout un arc d'hommes et de femmes. Je parlais de Valérie Pécresse qui pourraient très bien tenter de faire le job. Mais au-delà du non, il faudra voir s'ils ont une vraie capacité

8:47
Invité

à mener une coalition.

8:49
Présentateur

Voilà, à mener une coalition. Et ça, il faut le vérifier.

8:52
Invité

Il n'empêche, Pascal Perrino, que c'est tombé il y a quelques minutes, apparemment, la gauche du nouveau Front populaire, enfin, j'allais dire plutôt la gauche modérée, les socialistes, en tout cas, écologistes ou même communistes, refuseraient et feraient bloc derrière LFI, refuseraient cette invitation à faire un gouvernement de coalition avec le centre et le centre droit. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'on va se retrouver avec un gouvernement plutôt de centre-centre droit ?

9:18
Présentateur

Oui, on devrait plutôt aller vers le centre-centre droit parce que du côté de la gauche, les portes se sont peu à peu fermées. On aurait pu estimer que tel ou tel socialiste ou tel ou tel écologiste disent, eh bien voilà, nous sommes opposés, au fond, à un nouveau Front populaire complètement bloqué autour d'un programme dans lequel, on le sait très bien, LFI a pesé de tout son poids. Tel n'est pas le cas. Cependant, vous avez vu que dans la direction du Parti socialiste, un secrétaire national a pris la parole appelant à se dégager de l'emprise de LFI. Donc, il y a certainement des socialistes qui ne sont pas très à l'aise avec le jusqu'au boutisme de leur direction et d'Olivier Faure.

10:08
Invité

Pascal Berino, il y a quand même un changement de stratégie à analyser peut-être de la part d'Emmanuel Macron. Il y a un peu plus de 11 semaines, il annonce la dissolution à la surprise générale, une décision qui semble unilatérale à l'époque, prise complètement seule. Il surprend tout le monde et aujourd'hui, près de trois mois plus tard, on le voit, il consulte, demande les opinions des uns et des autres. Comment doit-on le comprendre, cela ? Quelle analyse peut-on en faire qu'Emmanuel Macron a changé son paradigme politique ? On arrête l'hyperprésidentalisation ?

10:40
Présentateur

Ah oui, mais il y est contraint. Il y est contraint, au fond, on s'aperçoit qu'étant donné la diffraction des forces politiques à l'Assemblée nationale, le fait qu'il n'y a plus de bipolarité, il n'y a pas une majorité et des oppositions, il n'y a que des oppositions ou que des majorités relatives, donc cela, peu à peu, fait dériver le centre de gravité de la Ve République du pôle présidentiel vers le pôle parlementaire.

Au fond, les Français sont en train de découvrir ce que c'est que la vie parlementaire, les négociations qui existent dans la plupart des démocraties parlementaires en Europe après des élections dans lesquelles il n'y a pas de vainqueur clair et des périodes dans lesquelles on négocie, on se rencontre, on consulte et on tente de dégager une majorité. C'est ce que nos voisins allemands ont fait il y a quelque temps et on s'est retrouvé avec un gouvernement dans lequel il y a aujourd'hui des libéraux et des socialistes. Vous voyez, des gens qui spontanément ne seraient pas à aller ensemble mais ça a demandé des semaines, des semaines de négociations et la France n'est pas habituée à cela.

C'est pour ça que quelque part, comme on dit de manière un peu familière, ça nous fait bizarre. Ça nous fait bizarre parce qu'on découvre l'aspect parlementaire même de la Ve République. Vous savez, cette constitution était une constitution qui a été d'ailleurs conçue comme ça avec une face présidentielle. Alors c'est vrai qu'on l'a vu pendant très longtemps avec les hommes. Avec l'hyperprésidentialisation. Et puis l'hyperprésidentialisation, on l'a vu avec Emmanuel Macron et sa notion de présidence jupitérienne.

Et puis maintenant, on découvre l'autre face qui est une face parlementaire que les Français d'ailleurs avaient connu de manière un peu éphémère dans les différentes cohabitations que l'on a pu connaître où un président de droite nommait un premier ministre de gauche ou un président de gauche nommait un premier ministre

12:28
Invité

de droite. Merci beaucoup Pascal Périneau d'avoir été notre invité ce matin. Je rappelle que vous êtes politologue et professeur des universités à Sciences Po. d'avoir regardé cette vidéo

"On se dirige vers un gouvernement de centre-droit", assure le politologue Pascal Perrineau · Pourquijevote