L'invité d'Apolline Matin : Emily Mayer - 20/03
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Chapitres
Questions et réponses
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- 0:03OuverteRéponse partielle
Est-ce que vous vous stockez ? Est-ce que vous êtes prévoyant ou plutôt inquiet ?
- 0:28OuverteRéponse directe
Ça vous étonne ces volumes ?
- 1:00OuverteRéponse directe
Ça veut dire quand même que c'est un achat un peu panique ou un achat de précaution ?
- 1:59OuverteRéponse directe
Vous êtes chauffeur routier dans le Loiret. Est-ce que d'abord, ça vous a traversé l'esprit de faire du stock ?
- 2:20OuverteRéponse directe
Vous considérez que justement, c'est un comportement un peu irrationnel.
- 3:10OuverteRéponse directe
Parce que pour avoir des stocks, encore faut-il avoir des petites réserves, y compris de sous ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:21PrésentateurChiffre
« Plus 16% pour les conserves de macro, plus 12% pour les sardines en boîte, plus 10% pour le riz, 8% pour les pâtes. »
Temps de parole
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Vous écoutez RMC. Est-ce que vous vous stockez ? Est-ce que vous êtes prévoyant ou plutôt inquiet ? Les Français font des réserves. Des conserves, du riz, des pâtes, de l'huile, des légumes secs. Bonjour Émilie Meyer. Bonjour. Vous êtes directrice des études chez Circana qui étudie justement les comportements des consommateurs. Les chiffres, ils sont quand même extrêmement parlants. Plus 16% pour les conserves de macro, plus 12% pour les sardines en boîte, plus 10% pour le riz, 8% pour les pâtes. Ça vous étonne ces volumes ?
Alors c'est vrai que, étant donné la période de l'année, c'est vrai que c'est un peu atypique de voir des progressions comme ça. Parce que les produits que vous avez cités, c'est des produits qui font partie du fond de plagard des Français, qui sont achetés toute l'année, mais qui connaissent rarement des pics de vente. Donc ces pics, ils sont un peu atypiques et c'est pour ça que ça nous a interpellés. Mais finalement, ce n'est quand même pas la première fois qu'on voit ça. On a déjà vu des pics de vente au moment du conflit en Ukraine ou encore au moment du confinement.
Ça veut dire quand même que c'est un achat un peu panique ou un achat de précaution ? Est-ce qu'il y a cette inquiétude ?
Je pense que c'est un peu des deux. C'est-à-dire que ces pics de vente, on peut les expliquer à la fois parce que le contexte est très anxiogène. On ne sait pas du tout combien de temps ça va durer. On ne sait pas quelles vont être les conséquences. Donc probablement des gens qui craignent que les prix flambent et qui font quelques réserves. Et puis peut-être des gens qui ont peur aussi qu'à un moment donné, certains produits manquent. Alors tout ça est un peu irrationnel parce qu'il n'y a pas vraiment de raison objective de faire ces achats-là. Mais oui, je pense que c'est de la précaution pour s'apporter une forme de sécurité dans un monde quand même qui n'en offre pas beaucoup.
Alors irrationnel, vous le dites, Émilie Meyer. Et d'ailleurs, ça peut avoir des conséquences parce que ça peut faire monter si on achète plus. Ça peut créer éventuellement des pénuries, une tension sur les prix. Il y a Christophe qui nous a appelé au 3216. Bonjour Christophe.
Bonjour Apolline.
Comment ça va Christophe ? Vous êtes chauffeur routier dans le Loiret. Est-ce que d'abord, ça vous a traversé l'esprit de faire du stock ?
Pas du tout. Pas du tout ? Non, c'est comme pour le gasoil. Je n'ai pas fait du stock du tout.
Vous n'êtes pas du genre à faire des jerrycans ?
Non, parce qu'on n'a déjà pas les moyens pour payer tout ça. Vous payez au fur et à mesure. Voilà, je paye au fur et à mesure, bêtement.
Vous considérez que justement, c'est un comportement un peu irrationnel. Vous parliez du gasoil. Mais c'est vrai qu'au moment, au tout début, où ça a commencé à monter les prix, il y a trois semaines, il n'y avait pas encore de hausse des prix à la pompe.
Non, et les gens se ruaient dessus.
Et donc, faisaient monter les prix à la pompe.
C'est ça, et c'est mécanique, en fait. Puis il y a moins de denrées, puis il va y avoir une montée de prix, puis pareil, l'approvisionnement, tout ça, ça a un coup, au final. Et en fait, c'est de l'égoïste, en fait. J'appelle ça les Français égoïstes. Les Français égoïstes ?
Les Français égoïstes. Vous en parlez autour de vous, Christophe ?
Oui, autour de moi. Il n'y a personne qui fait des stocks comme... On fait nos petits stocks de courses habituellement, et puis on joue au jour, au mois, au mois. En fait, on ne peut pas se permettre de faire des stocks non plus suffisants.
Parce que pour avoir des stocks, et d'ailleurs, je voudrais vous interroger aussi là-dessus, Émilie Meyer, alors ce n'est pas des produits chers. On parle de conserves de macro, on parle de pâtes. Mais enfin, pour faire des stocks, encore faut-il avoir des petites réserves, y compris de sous ?
Oui, c'est ça. Alors, il faut quand même garder une certaine mesure. C'est-à-dire que les progressions de vente qu'on voit la semaine dernière, ce n'est pas non plus des multiplications par cinq des quantités habituelles. Je pense que les Français, au fur et à mesure de l'instabilité des conflits, ils sont un peu moins sensibles. Par exemple, les progressions, elles sont beaucoup moins marquées qu'en 2022, au moment du conflit en Ukraine. Néanmoins, il y en a certains qui achètent, mais on ne peut pas dire que les rayons, la semaine dernière, ont été pillés sur ces articles-là. Ils ont été achetés en plus grande quantité que d'habitude.
Donc voilà, c'est un atypisme, mais ce n'est pas non plus une alarme générale.
Et Émilie Meyer, une question, est-ce qu'on anticipe aussi l'inflation ? C'est-à-dire que ce n'est pas forcément juste pour stocker en se disant qu'on va manquer, mais c'est vrai qu'on le voit bien, si les prix de l'électricité, si les prix du pétrole, si les prix du gaz, si tout ça augmente, c'est aussi le spectre d'un retour de l'inflation. Est-ce que c'est aussi dans cette mesure-là ? C'est-à-dire que j'achète mes macros et mes sardines aujourd'hui parce que j'ai peur que dans deux mois, dans trois mois, il soit beaucoup plus cher.
Ça peut être une motivation, effectivement. Il ne faut quand même pas oublier qu'entre 2022 et 2023, les prix de l'alimentation ont augmenté de 20%. Donc aujourd'hui, l'alimentation, elle est 20% plus chère que quatre ans en arrière. Les prix ne sont pas redescendus. Donc oui, les gens forcément anticipent ça pour certains et font quelques réserves de produits qui sont encore « accessibles ».
Merci beaucoup. Merci d'avoir été avec nous en direct, Émilie Meyer. Et merci à Christophe pour son témoignage depuis le Loiret.