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Interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 29 mai 2019 26 minContradictoireActualité / polémiqueTravail & emploiÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsCulture, médias & sport

La ligne des Républicains "sert de marchepied au Rassemblement national", affirme Franck Riester

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 81 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:05OuverteRéponse directe

    Général Electric a confirmé hier la suppression d'un millier de postes sur son site de Belfort. Que peut faire le gouvernement ?

  • 1:30RelanceRéponse partielle

    Vous évoquez les engagements de Général Electric. On se souvient qu'il y a 4 ans, Général Electric avait pris un engagement, c'était celui de créer un millier d'emplois.

  • 2:01RelanceRéponse partielle

    Mais quand on voit que cet engagement-là n'a pas été tenu, est-ce qu'on peut encore aujourd'hui, est-ce que l'État peut encore aujourd'hui discuter avec Général Electric ?

  • 2:51OuverteRéponse directe

    Mais d'abord, la politique et les suites de ces élections européennes. Le mouvement de centre droit Agir, que vous présidez, appelle ce matin les maires de droite en France à rejoindre la majorité d'Emmanuel Macron. Pourquoi ?

  • 4:38RelanceRéponse partielle

    Ça ne vous suffit pas, il faut qu'il y ait stéré d'avoir siphonné le parti socialiste, d'avoir siphonné les républicains. Aujourd'hui vous dites que les derniers viennent encore avec nous.

  • 5:32FerméeÉludée

    Pour être clair, vous leur dites quoi à ces maires ? Vous leur dites si vous vous rejoignez aujourd'hui, vous aurez l'investiture en marche municipale.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:14Invité politiqueFait
    « il faut que le gouvernement s'assure que les engagements pris par Général Electric seront tenus. »
  • 0:20Invité politiqueFait
    « C'est ce qu'a rappelé le Président de la République, c'est ce dont va s'assurer le ministre de l'Économie et des Finances. »
  • 1:37PrésentateurFait
    « On se souvient qu'il y a 4 ans, Général Electric avait pris un engagement, c'était celui de créer un millier d'emplois. »
  • 1:44Invité politiqueFait
    « manifestement, il y aura la possibilité justement de pointer du doigt ce point-là et d'en tirer les conséquences, y compris financières. »
  • 1:53Invité politiqueFait
    « Donc des pénalités financières. »
  • 3:39Invité politiqueFait
    « en l'occurrence ce qu'a fait l'LR, en se recroquevillant sur la partie identitaire, eurosceptique et ultra-conservatrice. »
  • 4:53Invité politiqueFait
    « Regardez, ils viennent de voter contre, en grande majorité à l'Assemblée nationale, la réforme proposée par Gérald Darmanin et Olivier Dussopt, qui vise à réformer le fonctionnement de l'administration. »
  • 5:04Invité politiqueFait
    « C'est ce qu'a demandé la droite depuis des années. »
  • 7:40Invité politiqueFait
    « Cette ligne identitaire, eurosceptique, ultra conservatrice, qui, en fait, sert de marche-pied au Front National, au Rassemblement National, est suicidaire pour ce parti-là. »
  • 10:05Invité politiqueFait
    « Le Président de la République a donné une ambition, 5 ans pour reconstruire Notre-Dame. »
  • 11:30Invité politiqueChiffre
    « Vous savez à combien se montent aujourd'hui les dons des Français ? Il y a un dispositif. La promesse de don est autour de 850 millions d'euros. »
  • 12:11Invité politiqueFait
    « D'abord c'était de rentrer dans la loi le dispositif fiscal spécifique qui améliore le dispositif de mécénat classique pour les particuliers. 75% jusqu'à un plafond de 1 000 euros de dons au lieu de 66% pour un dispositif de mécénat classique. »
  • 20:10Invité politiqueFait
    « la liberté de la presse, c'est un élément fondamental d'une démocratie. »
  • 23:04Invité politiqueFait
    « Il y a eu effectivement à un moment donné un choix qui avait été opéré dans les titres. Ça, c'est totalement scandaleux. »
  • 24:03Invité politiqueFait
    « On a un système en France qui date de cette loi Bichet, qui date de 1947, et qui est une loi essentielle qui a permis de garantir le pluralisme de la distribution de la presse. »

Temps de parole

  • Franck Riester75 %
  • Présentateur10 %
  • Invité8 %
  • Présentateur 27 %

2,7 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:05
Présentateur

Bonjour Franck Riester. Général Electric a donc confirmé hier la suppression d'un millier de postes sur son site de Belfort. Que peut faire le gouvernement ?

0:14
Franck Riester

Écoutez, d'abord il faut que le gouvernement s'assure que les engagements pris par Général Electric seront tenus. C'est ce qu'a rappelé le Président de la République, c'est ce dont va s'assurer le ministre de l'Économie et des Finances. Et ensuite, sur ce sujet comme sur beaucoup d'autres, la question c'est la stratégie industrielle, c'est la politique industrielle, c'est le travail sur le temps long. Et bien évidemment en tenant compte de la situation individuelle et collective de ceux qui malheureusement sont touchés à un moment donné par une restructuration. On l'a vu dans un certain nombre d'endroits, je l'ai moi vécu en tant que maire de Coulomie à l'époque avec une grosse imprimerie.

C'est des restructurations industrielles qui sont évidemment dramatiques. Ce qui compte c'est de continuer d'avoir une ambition en matière industrielle, ça passe par une politique forte française et européenne. Et puis ça passe par un accompagnement des personnes qui à un moment donné sont confrontées à cette restructuration. Sur le cas de Général Electric, je ne suis pas un connaisseur en détail des engagements pris et de la situation et de l'annonce qui a été faite hier par Général Electric. Ce que je sais c'est que le ministre de l'Économie et des Finances Bruno Le Maire est très concentré sur ce dossier-là.

Et vous l'avez vu et entendu, le Président de la République va aussi veiller à ce que les engagements soient tenus.

1:30
Présentateur

Justement, vous évoquez les engagements de Général Electric. On se souvient qu'il y a 4 ans, Général Electric avait pris un engagement, c'était celui de créer un millier d'emplois. C'était au moment du rachat de la branche énergie d'Alstom qui avait été justement négocié, discuté avec le ministre de l'Économie de l'époque qui s'appelait Emmanuel Macron.

1:44
Franck Riester

Et bien manifestement, il y aura la possibilité justement de pointer du doigt ce point-là et d'en tirer les conséquences, y compris financières. Donc des pénalités financières. C'est ça, mais j'avoue que je suis prudent parce que je ne suis pas rentré dans le détail de tous les engagements qui ont été pris à l'époque.

2:01
Présentateur

Mais quand on voit que cet engagement-là n'a pas été tenu, est-ce qu'on peut encore aujourd'hui, est-ce que l'État peut encore aujourd'hui discuter avec Général Electric ?

2:06
Franck Riester

Est-ce que c'est encore un interlocuteur digne deux fois ? Alors, est-ce que c'est un interlocuteur digne deux fois ? Ça, ça sera dans les jours et les mois qui viennent qu'on pourra le confirmer ou pas. Mais en tout cas, oui, c'est un interlocuteur avec lequel il faut continuer de discuter et à qui il va falloir mettre la pression maximum pour qu'il tienne ses engagements et qu'il accompagne de la meilleure façon possible les personnes qui seraient concernées par une éventuelle restructuration.

Mais encore une fois, j'ai toute confiance dans le ministre de l'Économie et des Finances pour s'assurer, il l'a démontré sur tous les autres dossiers, démontré le volontarisme de l'État en la matière.

2:43
Présentateur

Franck Riester, on va évoquer avec vous dans la suite de cette émission plusieurs dossiers qui vous concernent directement, à commencer par le projet de loi sur la reconstruction de Notre-Dame dans quelques instants. Mais d'abord, la politique et les suites de ces élections européennes. Le mouvement de centre droit Agir, que vous présidez, appelle ce matin les maires de droite en France à rejoindre la majorité d'Emmanuel Macron. Pourquoi ?

3:05
Franck Riester

Parce qu'on a vu qu'avec cette recomposition politique, avec la situation du pays, avec la situation de l'Europe, les enjeux et les défis qu'il y aura dans les mois, les années qui viennent dans tous les territoires, nous avons besoin de faire la politique différemment. Être clair sur nos idées, de droite en l'occurrence, pour agir la droite constructive, de centre droit, une droite pro-européenne, libérale et humaniste, mais qui veut travailler de façon constructive avec des partenaires.

Parce que la politique, ce n'est pas simplement se recroqueviller sur une partie dure de sa sensibilité, en l'occurrence ce qu'a fait l'LR, en se recroquevillant sur la partie identitaire, eurosceptique et ultra-conservatrice. C'est au contraire de s'ouvrir, c'est être fier de ses idées, fidèle à ses idées, mais en même temps de tendre la main à d'autres qui ont peut-être une culture politique différente, une histoire politique différente, des sensibilités différentes, mais qui veulent travailler main dans la main pour l'intérêt du pays, pour l'intérêt de l'Europe, ou pour là en l'occurrence pour les prochaines municipales départementales et régionales, pour l'intérêt du territoire.

4:06
Présentateur

Pour être clair, vous leur dites quoi à ces maires ? Vous leur dites si vous vous rejoignez aujourd'hui, vous aurez l'investiture en marche municipale.

4:13
Franck Riester

Si vous voulez être fidèle aux valeurs et aux principes et aux idées, qui étaient les idées de la droite républicaine, voulues par les performateurs de l'UMP, Jacques Chirac, Alain Juppé, Jean-Pierre Raffarin et même Nicolas Sarkozy, d'être bien dans ces idées, venez nous rejoindre. Et si en plus vous voulez bâtir, comme c'est le cas dans les territoires, comme c'est le cas quand on est maire d'une ville, j'ai été maire pendant dix ans, je sais ce que c'est, on travaille avec toutes les bonnes volontés.

4:38
Présentateur

Ça ne vous suffit pas, il faut qu'il y ait stéré d'avoir siphonné le parti socialiste, d'avoir siphonné les républicains. Aujourd'hui vous dites que les derniers viennent encore avec nous.

4:44
Franck Riester

Quand on veut travailler avec toutes les bonnes volontés, il faut être dans un état d'esprit constructif. Or vous voyez bien qu'aujourd'hui les LR sont dans un état d'esprit de s'opposer systématiquement. Regardez, ils viennent de voter contre, en grande majorité à l'Assemblée nationale, la réforme proposée par Gérald Darmanin et Olivier Dussopt, qui vise à réformer le fonctionnement de l'administration. C'est ce qu'a demandé la droite depuis des années. On le fait, ce gouvernement le fait, à l'initiative du Président de la République et du Premier ministre, et la droite ne vote pas pour.

Quand vous êtes dans une opposition systématique, vous ne pouvez pas construire des majorités au niveau local. Et donc on dit à ces élus-là, soyez fiers de vos idées, et j'en ai combien qui me disent, attendez, on ne supporte plus la ligne identitaire, eurosceptique de la droite.

5:27
Présentateur

Vous dites, soyez fiers de vos idées de droite, soyez fidèles aux valeurs fondatrices de l'UMP, soyez vraiment de droite, rejoignez Emmanuel Macron. Donc le macronisme aujourd'hui, il est bien de droite.

5:39
Franck Riester

Non, j'ai dit rejoignez, agir la droite constructive, qui est un parti de droite et de centre droit, et qui est partenaire du Premier ministre, du Président de la République, pour les élections européennes, pour refonder l'Europe, pour aujourd'hui le gouvernement, pour permettre de transformer le pays. Le centre de gravité du macronisme aujourd'hui, il est bien à droite.

6:00
Présentateur

On l'a vu lors de ces élections, avec le résultat des européennes, le centre de gravité du macronisme aujourd'hui, vous le confirmez, c'est bien effectivement la droite pro-européenne et libérale.

6:08
Franck Riester

C'est un rassemblement de femmes et d'hommes, qui malgré peut-être des cultures politiques différentes, des parcours politiques différents, ont décidé de dépasser à un moment donné simplement ces clivages politiques, pour travailler à l'intérêt général. Voilà, c'est être constructif. Et c'est ce qu'on fait depuis maintenant 2017, avec Agir la droite constructive, c'est ce qu'on a démontré avec cet accord et cette alliance pour les européennes, et c'est ce que j'appelle tous les élus locaux, et même au-delà des élus locaux, à venir finalement nous rejoindre dans cet état d'esprit.

6:39
Présentateur

Et s'ils viennent, Franck et Esther, ils auront l'investiture ?

6:42
Franck Riester

C'est pas une histoire d'investiture. Là, on en est à dire, écoutez, comment on fait de la politique ? Quand on s'engage en politique, c'est pour faire bouger les choses, c'est pour faire changer les choses, c'est pour défendre des idées. Je leur dis, vous pourrez défendre les idées, celles de la droite républicaine issue de l'UMP, et en même temps, vous pourrez bâtir... La réponse les intéresse ? Vous pourrez bâtir des rassemblements. Mais si, vous pourrez bâtir...

7:04
Présentateur

Je pense qu'eux, la réponse les intéresse, c'est de savoir si effectivement ils auront l'investiture, ou est-ce qu'ils peuvent avoir une liste de La République En Marche face à eux, même s'ils vous rejoignent.

7:10
Franck Riester

Écoutez, on n'en est pas à la question d'investiture, on en est sur une démarche politique. On voit bien que les Républicains vont dans le mur, prenant à l'initiative de Laurent Wauquiez, mais aussi un certain nombre de dirigeants des Républicains, parce que c'est trop facile de pointer tout le temps du doigt Laurent Wauquiez. Laurent Wauquiez, il est président des Républicains, pas seulement parce qu'il était seul et qu'il est le seul à porter le chapeau. Il y a des dirigeants qui, autour de lui, ont souhaité que ce soit Laurent Wauquiez, qui soit président des Républicains.

Et cette ligne identitaire, eurosceptique, ultra conservatrice, qui, en fait, sert de marche-pied au Front National, au Rassemblement National, est suicidaire pour ce parti-là. Mais la droite, ce n'est pas simplement les LR. Et moi, je refuse de laisser la droite aux identitaires et aux ultra conservateurs. La droite, elle est bien différente. Et donc, j'appelle toutes celles et ceux qui se trouvent dans ce centre de droite, ou du centre droit, de venir rejoindre mes amis et moi-même à agir, et de travailler d'une façon constructive pour bâtir demain des majorités de travail, de bonne volonté, au service des territoires.

Il y a tellement de défis à relever dans les territoires, des défis écologiques, des défis économiques, des défis d'urbanisme, que nous devons nous rassembler entre bonne volonté.

8:24
Présentateur

Franck Riester, vous restez avec nous, ministre de la Culture, 8h41. Le rappel de l'actualité de ce mercredi matin avec Victor Maté.

8:30
Invité

Faire baisser le nombre de suppressions de postes et obtenir le maximum de reclassements, voilà les objectifs du gouvernement dans le dossier Général Électrique. D'après Agnès Pannier-Runacher, la secrétaire d'État sur France Info ce matin, secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie, l'entreprise américaine va supprimer plus de 1000 emplois sur le site de Belfort. Réaction depuis Bruxelles d'Emmanuel Macron. Le gouvernement est à l'œuvre et les engagements pris par Général Électrique devront être tenus. Le président français participait hier soir au Conseil européen.

A la sortie, aucun accord sur les noms des futurs dirigeants de l'UE, en particulier celui de la Commission européenne. Ce sera réglé fin juin, promet le chef de l'État. Un niveau de danger jugé préoccupant pour l'homme et l'environnement, l'Agence de sécurité sanitaire va retirer du marché un fongicide, une sous-catégorie de pesticides actuellement utilisée dans la moitié des surfaces de céréales en France. Federer, Nadal, Gasket, Songa sur les cours de Roland-Garros aujourd'hui. C'est le début du deuxième tour avec seulement trois Françaises qualifiées au total. Une première depuis 36 ans, beaucoup plus de qualifiés en revanche chez les hommes.

9:38
Présentateur

Le ministre de la Culture, Franck Riester, est l'invité de France Info jusqu'à 9h avec à mes côtés Renaud Delis. Franck Riester, vous portez un projet de loi spécifique pour la reconstruction de Notre-Dame de Paris. Un projet de loi qui vise notamment à accorder la possibilité de déroger à certaines règles en matière d'urbanisme et qui peut donner au gouvernement la possibilité d'agir par ordonnance. Pourquoi est-ce que cette reconstruction de Notre-Dame est une telle course de vitesse, une course de vitesse qui inquiète de nombreux professionnels du patrimoine ? Alors, un, ce n'est pas une course de vitesse.

10:05
Franck Riester

Le Président de la République a donné une ambition, 5 ans pour reconstruire Notre-Dame. Et cette ambition, c'est d'abord une ambition de mobilisation de toutes et de tous. Mais la priorité, c'est de faire une restauration de grande qualité. Donc, on ne mélangera pas vitesse et on ne confondra pas vitesse et précipitation. C'est important ce que vous dites, tant pis si ce n'est pas 2024 précisément. Bien sûr, tant pis, mais ça sera peut-être avant. Là, c'est une ambition. Il l'a annoncé deux jours après, le sinistre. Donc, on n'a pas encore fini d'établir le diagnostic. Donc, on voit bien que c'est une ambition qui est donnée.

10:37
Présentateur

Si c'est 2025, il n'y a pas mort d'homme.

10:39
Franck Riester

Mais bien sûr que non, il n'y a pas mort d'homme. Et si c'est 2023, il n'y a pas mort d'homme non plus. Ce qui compte, c'est que ça soit bien fait. Et que ça soit à la hauteur de ce qu'est Notre-Dame en termes de symbolique, en termes de patrimoine historique, patrimoine architectural. Et donc, nous devons faire en sorte que cette restauration soit exemplaire.

10:55
Présentateur

Et pour ça, il fallait une loi d'exception pour ça ?

10:56
Franck Riester

Non, il fallait faire en sorte d'abord de pouvoir très vite avoir une loi pour prendre en compte la décision qu'a prise le Président de la République et le Premier ministre, d'avoir un dispositif fiscal spécifique pour répondre fortement à cet élan de générosité suscité par l'incendie de Notre-Dame, élan exceptionnel de Français et de Françaises, mais aussi, plus largement, de personnalités dans le monde qui souhaitent aider à la restauration de Notre-Dame de Paris. Vous savez à combien se montent aujourd'hui les dons des Français ? Il y a un dispositif. La promesse de don est autour de 850 millions d'euros. D'accord, donc il faut arrêter maintenant ?

Il faut arrêter, on a assez pour le chantier ou il faut continuer ? Alors, non, on ne peut pas dire qu'on a assez pour l'instant. D'abord parce qu'il peut y avoir une différence entre les promesses de dons et les dons effectivement versés. Et puis deuxièmement, on ne sait pas quel est le montant total des travaux puisque nous n'avons pas encore fini le diagnostic, l'état des lieux du sinistre. Donc c'est beaucoup trop tôt pour pouvoir chiffrer le montant des travaux. Et donc, moi j'appelle toujours à beaucoup de prudence et j'appelle à maintenir la mobilisation des donateurs pour Notre-Dame et pour restaurer Notre-Dame. Je reviens sur cette loi.

D'abord c'était de rentrer dans la loi le dispositif fiscal spécifique qui améliore le dispositif de mécénat classique pour les particuliers. 75% jusqu'à un plafond de 1 000 euros de dons au lieu de 66% pour un dispositif de mécénat classique. Au-delà des 1 000 euros de dons, on revient au 66% classique. Et donc, c'était pour répondre à cet élan de générosité. Et comme cette loi est rétroactive, il ne fallait pas tarder. Et dans cette loi, on a aussi pris la décision de mettre la possibilité de créer un établissement public spécifique pour la restauration de Notre-Dame de Paris.

et d'autre part, de pouvoir nous donner la possibilité de modifier quelques procédures pour permettre d'améliorer la qualité de la restauration de Notre-Dame de Paris.

12:58
Présentateur

C'est ça qui a inquiété de nombreux spécialistes patrimoines. Oui, mais je vais vous dire, je comprends. C'est de pouvoir déroger à des règles d'urbanisme ou de rénovation.

13:03
Franck Riester

Je comprends que ça puisse inquiéter parce que nous n'avons pas eu le temps, étant donné l'urgence de faire voter cette loi en matière fiscale, nous n'avons pas eu le temps de mettre noir sur blanc quelles sont les dérogations que nous souhaitons mettre dans la loi. Et donc, du coup, on a donné la possibilité de déroger très largement. Ça, vous allez le faire ? Vous êtes en train de le faire ? On est en train de le faire. J'espère que, pour la discussion à l'Assemblée nationale, nous pourrons avoir le détail de cette écriture, si je veux dire, des ordonnances.

J'espère, si ce n'est pas le cas de toute façon, tout ça sera fait en transparence avec le Parlement et avec les Français parce que, bien évidemment, qu'on ne veut pas s'asseoir sur les règles de préservation du patrimoine, les règles de protection de l'environnement qui sont des garanties pour l'avenir.

13:52
Présentateur

Mais il y aura une exception Notre-Dame, Franck Riester, ce ne sera pas valable pour les autres chantiers à venir.

13:56
Franck Riester

D'abord, on peut partager ensemble l'idée que le chantier de Notre-Dame, ce n'est pas un chantier classique. On l'a vu, c'est quelque chose qui est exceptionnel. Ce n'est pas pour ça qu'il faut une loi d'exception, mais il faut des dispositifs exceptionnels. Ce qui est quand même très différent. Ce que je dis, c'est que, par exemple, sur l'archéologie, bien sûr que s'il faut faire des travaux dans le sol, s'il faut faire des consolidations dans le sol, il faudra faire des fouilles comme on le fait partout en France quand il y a besoin de faire des travaux dans le sol.

Mais en revanche, on veut, par exemple, donner la responsabilité de ces travaux à l'INRAP, qui est l'organisme national, qui a l'expérience et les moyens et les compétences nécessaires pour toucher éventuellement au sous-sol parisien, à cet endroit-là. C'est sur l'archéologie un exemple. Sur la préservation de l'environnement, on est en train de finaliser les choses, mais évidemment qu'on ne va pas se mettre à mettre les déchets dans la scène. Ça paraît une évidence.

15:02
Présentateur

Franck Riester, de tous les projets que vous avez vus défiler sur votre bureau ou dans la presse ces dernières semaines, sans préjuger, évidemment, de celui qui va être retenu, mais est-ce qu'il y en a un qui vous a particulièrement séduit ?

15:14
Franck Riester

Il y a déjà celui qui m'a séduit, c'est le projet Le Violet-le-Duc.

15:17
Présentateur

Celui-là, il est déjà fait.

15:19
Franck Riester

Oui, mais il est magnifique.

15:20
Présentateur

Vous voulez dire que ça pourrait être ça, le projet ? Bien sûr.

15:22
Franck Riester

La reconstruire à l'identique ? Bien sûr. La décision de ne pas restaurer à l'identique n'a pas été prise. Et donc, on se donne la possibilité, une fois que le concours d'architecte, d'idées aura été réalisé.

15:35
Présentateur

Ça vaut le coup de lancer un projet d'architecte si c'est pour en revenir à ce qu'on a fait il y a 100 ans.

15:38
Franck Riester

Oui, parce que à chaque fois, vraiment, à chaque fois qu'il y a une restauration patrimoniale, en tout cas dans la plupart des cas, il y a un débat patrimonial. Est-ce qu'il faut faire exactement à l'identique ? Est-ce qu'on peut faire à l'identique ? Si on peut, est-ce qu'il faut le faire à l'identique ou est-ce qu'il faut apporter un geste architectural nouveau ? Et sur un dossier comme celui-là, il y a tellement une effervescence d'idées, des gens qui veulent contribuer, des architectes, des étudiants dans les écoles d'architectes, des Françaises et des Français qui ont envie de dire « Moi, j'aimerais bien comme ça ». Et bien, laissons le débat patrimonial se faire.

Et le moment venu, vous connaîtrez l'avis du ministre de la Culture. Pour l'instant, il est bien trop tôt. Moi, je dois être celui qui veille à ce que le débat patrimonial soit à la hauteur de ce qu'est Notre-Dame pour nos compatriotes et pour le monde entier et de veiller que la restauration soit exemplaire. C'est le général Georges Jolin qui a été désigné par le président de la République et qui va vraisemblablement être le président de l'établissement public qui ne sera pas forcément un EPIC, qui peut être un EPA, qui serait créé spécifiquement pour la restauration de Notre-Dame.

Et avec lui, avec les services du ministère de la Culture, avec le reste du gouvernement et bien sûr avec le président de la République et les différents partenaires de cette restauration, à commencer par la ville de Paris et le diocèse. Et en concertation avec les Français, la décision sera prise soit de restaurer à l'identique, soit d'apporter un geste architectural nouveau. On le saura quand ? Sachant que le président de la République a souhaité, et l'a raison, à ce qu'on prenne aussi en compte dans la réflexion les abords de Notre-Dame de Paris.

Parce que c'est l'écrin dans lequel Notre-Dame de Paris est, et donc on doit regarder aussi comment faire en sorte que ces abords soient améliorés.

17:17
Présentateur

Et d'un mot, Franck Réhester, à quel moment on saura le projet qui est retenu ?

17:20
Franck Riester

Écoutez, dans les mois qui viennent... Cette année, en tout cas. Je ne sais pas si ça sera cette année. Non, je ne sais pas vous dire ça. Ça va dépendre du temps qu'il faut pour, d'abord, finaliser le diagnostic de l'état des lieux exacts de Notre-Dame de Paris. Vous savez qu'aujourd'hui, il y a encore des interrogations sur la voûte, et on n'a pas encore fait l'état des lieux totes. Il y a encore des incertitudes sur la solidité de la voûte, mais il faut aussi qu'on regarde tous les autres murs, toutes les autres structures, pour voir ce qui a été véritablement l'impact de l'incendie.

Et ensuite, on pourra chiffrer, ensuite on pourra lancer l'appel à le concours d'architectes, et ensuite prendre notre décision.

18:01
Présentateur

8h51 sur France Info, le ministre de la Culture, Franck Riester, est avec nous pour quelques minutes encore. Et Victor Maté nous rejoint pour les titres de l'actualité.

18:09
Invité

C'est une information France Info, des prostituées tatouées comme du bétail et contraintes de ramener plus de 500 euros par jour. Un réseau de proxénétisme a été démantelé par la police dans plusieurs cités d'Île-de-France. Le jeune homme à la tête de ce réseau est âgé de seulement 20 ans. L'enquête sur l'explosion d'un colis à Lyon, c'était vendredi dernier, 13 blessés légers. Le principal suspect a été transféré en banlieue parisienne dans les locaux de la sous-direction antiterroriste, tout comme ses parents et son frère. Emmanuel Macron, Angela Merkel, divisé cette fois sur le nom du futur président de la Commission européenne.

Aucun accord hier soir à Bruxelles entre les 28, qui se donne un mois pour désigner les nouvelles têtes au poste clé. Vers la suppression de plus de 1000 postes chez Général Electric à Belfort sur France Info, la responsabilité de l'État est doublement engagée, estime Jean-Pierre Chevènement, ancien ministre et ancien maire de la ville. Attention, si vous avez choisi de partir en voiture pour le pont de l'Ascension, vous ne serez pas seul. Toute la France est en rouge aujourd'hui et demain ce sera le cas aussi dimanche pour les retours. Finale anglaise et même londonienne ce soir pour la Ligue Europe à de football. Coup d'envoi de Chelsea-Arsenal à 21h.

19:17
Présentateur

Franck Riester, le président du directeur du journal Le Monde et une journaliste du même quotidien doivent être entendus aujourd'hui par la DGSI, par les services, dans le cadre d'une enquête qui est ouverte pour révélation d'identité d'un membre des unités des forces spéciales, dans le cadre de la publication de papiers liés à l'affaire Benalla. Il y a aussi plusieurs autres journalistes, notamment des journalistes de Radio France, qui ont été entendus ces dernières semaines par la DGSI aussi, dans le cadre de papiers, d'articles ou de sujets ayant trait à la vente d'armes françaises à l'Arabie Saoudite, des armes qui ont pu servir lors de la guerre au Yémen.

Est-ce qu'il y a aujourd'hui une menace qui pèse sur la liberté de la presse, comme beaucoup de journalistes et de professionnels de ce métier le supputent ?

20:02
Franck Riester

Écoutez, d'abord la liberté de la presse, c'est un élément fondamental d'une démocratie. Et donc nous devons veiller à ce que la liberté de la presse soit garantie en France. Je pense qu'elle l'est.

20:16
Présentateur

Ces convocations, ce ne sont pas des intimidations ?

20:19
Franck Riester

C'est une convocation demandée par la justice. C'est la justice qui a demandé que la DGSI entende ces journalistes. C'est donc une affaire judiciaire. Je ne me prononcerai évidemment pas sur est-ce que cette décision est légitime ou pas, et si l'éventuelle décision est légitime ou pas. Je respecte la justice. Néanmoins, en tant que ministre de la Culture, et donc en charge des questions de presse et de la liberté de la presse, je travaille avec mes services, à tout ce qui peut, de près ou de loin, garantir encore davantage la liberté de la presse. Je pense notamment au secret des sources. Au secret des sources ?

Là, il s'avère que, en ce qui concerne ce dossier-là, ce n'est pas lié à une question de secret des sources. C'est une question d'un nom qui a été mentionné dans l'article et qui, d'après le plaignant, est quelque chose qui n'aurait pas dû être fait parce que ça le met en danger dans ses fonctions de membre des forces spéciales. Voilà, c'est ça, et ça, ça ne peut être que la justice qui tranche. Moi, je suis attaché à la liberté de la presse, très attaché, je dois même être le garant en tant que ministre de la Culture. Je suis pour autant respectué aussi de la loi. Ce n'est pas parce qu'on est journaliste qu'on ne doit pas respecter la loi. Est-ce que la loi a été respectée ou pas ?

Ça, c'est à la justice de le déterminer. Il y a eu un climat, il y a eu une succession. Il y a eu aussi des convocations. Est-ce qu'ensuite, on doit améliorer, notamment en ce qui concerne le secret, les sources des journalistes, la loi ? Ça, c'est une autre question et j'ai demandé une analyse bien spécifique.

21:48
Présentateur

Vous envisagez éventuellement une réforme pour conforter le secret des sources des journalistes ?

21:51
Franck Riester

Je ne suis pas en train de vous dire que j'envisage une loi. J'envisage d'abord de voir en détail quel est l'état de la législation française. Je continue, puisque je le fais depuis mon arrivée en fonction, et je le faisais même avant quand j'étais député, d'avoir des contacts avec à la fois les sociétés de journalistes, à la fois avec Reporteurs sans frontières, et à la fois avec toutes celles et ceux qui connaissent bien les questions juridiques qui permettent de garantir l'exercice de la liberté de la presse, pour voir de quelle manière éventuellement il faudrait encore améliorer le dispositif français.

22:23
Présentateur

Il y a une autre réforme qui concerne la presse que vous portez, Franck Rester, c'est la réforme de la distribution, la réforme de la fameuse loi Bichet. On a vu la semaine dernière, et d'ailleurs quelques semaines précédentes, un syndicat, la CGT, perturber l'apparition de certains hebdomadaires, notamment Le Point, Paris Match. On ne vous a pas entendu protester à ce moment-là. Est-ce que c'est à un syndicat de choisir quels titres peuvent ou non paraître ?

22:45
Franck Riester

Alors, il y a plusieurs choses. Il y a d'abord un blocage qui avait été fait de la distribution de la presse. Qu'est-ce qui vous inspire ce blocage ? Ça m'inspire que je pense qu'on défend mieux l'avenir de la distribution de la presse écrite en ne bloquant pas justement cette distribution-là. Première remarque. Deuxième remarque, il y a eu effectivement à un moment donné un choix qui avait été opéré dans les titres. Ça, c'est totalement scandaleux. Parce que c'est absolument pas comme ça qu'on doit se comporter. Il faut absolument garantir la neutralité de la distribution de la presse. Vous l'avez dit à la CGT ? Oui, je l'ai dit d'une façon interposée.

Mais je dois dire, contrairement à ce que parfois certains disent, j'entretiens des relations correctes et constructives avec les différentes organisations syndicales que j'ai rencontrées dans le cadre de la préparation de la réforme de la loi Bichet. Et donc, je continue à les appeler à être dans cette démarche constructive.

23:40
Présentateur

Pourquoi ? Parce que ce projet de loi Bichet ne remet pas en cause vos...

23:42
Franck Riester

Non, non, non, pas du tout. Pour l'instant, parce que c'est l'intérêt général qui compte. Et l'intérêt général, c'est que le gouvernement continue d'avoir un fil de dialogue riche avec les organisations syndicales. Pourquoi ? Parce que l'avenir de la distribution de la presse, c'est fondamental pour l'avenir de la presse et donc de la démocratie. On a un système en France qui date de cette loi Bichet, qui date de 1947, et qui est une loi essentielle qui a permis de garantir le pluralisme de la distribution de la presse.

Et qui a garanti que chaque Français, partout dans le territoire, peut avoir facilement accès à sa presse, notamment à sa presse quotidienne nationale, et notamment à sa presse d'information politique et générale, qui est la garantie de la vitalité de la démocratie française. Malgré tout, cette distribution de la presse écrite est attaquée par l'évolution des usages de nos compatriotes qui lisent moins la presse. Ce système est en danger de mort aujourd'hui. Ce système est en danger de mort. Danger de mort. Parce que les Français lisent moins la presse et lisent de plus en plus, quand ils continuent de lire la presse, via le numérique.

Et donc, il y a moins de titres distribués et donc, il y a un chiffre d'affaires plus faible. Et donc, il faut restructurer les choses pour continuer de garantir cette distribution. C'est tout l'objectif de ce projet-loi, en donnant davantage de souplesse de gestion aux marchands de journaux, qui sont ces têtes de pont, à la fois de la distribution de la presse et des têtes de pont culturelles dans les territoires et des lieux de cohésion sociale. Et deuxièmement, en modernisant les outils donnés aux éditeurs de presse pour distribuer leur presse.

Et donc, c'est ce qu'on va permettre, avec la possibilité que d'autres messageries entrent dans la distribution de la presse, mais qu'à partir de 2023, pour laisser la place aux deux messageries actuelles, notamment Prestalice, de pouvoir s'adapter à l'évolution de la distribution de la presse écrite.

25:33
Présentateur

Merci à vous, Franck Riester, ministre de la Culture. Invité ce matin de France Info Radio et Télé Réunis, comme chaque jour, entre 8h30 et 9h. 9h, ce sera dans une minute. Sous-titrage Société Radio-Canada

25:42
Locuteur

Sous-titrage Société Radio-Canada

La ligne des Républicains "sert de marchepied au Rassemblement national", affirme Franck Riester — Franck Riester · Pourquijevote