Victoire de l'AfD en Saxe-Anhalt, primaire de la gauche pour la présidentielle 2027... Le "8h30 franceinfo" de François Hollande
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 79 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:12OuverteRéponse directe
Dites-nous d'abord ce que vous inspire la victoire de l'extrême droite allemande dans la région de Sachsen-Anhalt aux élections dans ce land hier de l'ex-Allemagne de l'Est.
- 0:23OuverteRéponse directe
Est-ce que ça vous inquiète tout simplement ?
- 2:33OuverteRéponse partielle
François Hollande, vous publiez Unir, Nouveau Monde, Nouvelle Gauche, aux éditions Robert Laffont, un livre d'environ 80 propositions pour la France. Si l'on comprend bien, ce sera votre programme, si vous êtes candidat.
- 3:58FerméeRéponse directe
concrètement, les fiches de paie vont augmenter de combien ?
- 4:01OuverteRéponse directe
Vous défendez notamment la TVA sociale.
- 5:49OuverteRéponse directe
Jordan Bardella, sur l'immigration, il a signé un texte avec le chef du parti Reform UK, Nigel Farage, qui prévoit, en cas d'arriver au pouvoir, le renvoi vers la France de migrants interpellés dans les eaux britanniques. Mais cela n'arrivera pas, dit-il, car s'il arrive au pouvoir, il n'y aura plus de migrants qui traverseront la Manche. Toute la classe politique lui est tombée dessus. Qu'est-ce que vous en dites, vous ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:28InvitéFait
« parce que d'abord c'est une des extrêmes droites les plus radicales d'Europe. »
- 0:32InvitéFait
« 'est en Allemagne avec des relents néo-nazis assumés. »
- 1:08InvitéFait
« mais aussi de Donald Trump qui, je le rappelle, avec Elon Musk, a appuyé l'AFD, compris dans ses élections. »
- 2:10InvitéFait
« Alors ce sentiment qui n'est pas qu'un sentiment, le déclassement, c'est un déclassement individuel et collectif. »
- 3:26InvitéChiffre
« parce que je considère que dans une société vieillissante, aujourd'hui, il y a plus de personnes de plus de 65 ans en France que de personnes de moins de 20 ans. »
- 3:31InvitéChiffre
« Et dans 10 ans, il y aura plus de personnes de 70 ans et plus que de personnes de moins de 20 ans. »
- 4:04Invité politiqueFait
« Vous défendez notamment la TVA sociale. On rappelle le principe, cela consiste à augmenter la TVA, ce que l'on paye sur la consommation d'un côté, pour financer la sécurité sociale, et à baisser les cotisations sociales de l'autre côté. »
- 4:33InvitéFait
« Donc moi, ce que je dis aujourd'hui, c'est qu'il y a un problème de pouvoir d'achat. »
- 4:52PrésentateurChiffre
« C'est 10% pour tout le monde. »
- 5:23InvitéChiffre
« chaque année de 20 à 24% »
- 5:27InvitéChiffre
« mais que j'annule sur la TVA de 5,5 à 0. »
- 5:40InvitéChiffre
« sur les produits premières nécessités, c'est-à dire alimentation et même une partie de leur énergie, ça sera zéro. »
- 7:22InvitéFait
« La proposition que je fais, on ne peut pas ramener de 20% le taux de TVA sur les carburants à 5,5. Ça, ce n'est pas autorisé par l'Union Européenne. »
Temps de parole
- Invité64 %
- François Hollande18 %
- Présentateur11 %
- ?7 %
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Bonjour Agathe. Bonjour. Et bonjour François Hollande.
Bonjour.
Vous publiez un livre qui ressemble fort à un programme présidentiel, mais on va y revenir. Dites-nous d'abord ce que vous inspire à la victoire de l'extrême droite allemande dans la région de Sachsen-Anhalt aux élections dans ce land hier de l'ex-Allemagne de l'Est. Est-ce que ça vous inquiète tout simplement ?
C
'est une première depuis la Seconde Guerre mondiale
? Oui,
parce que d'abord c'est une des extrêmes droites les plus radicales d'Europe.
C
'est en Allemagne avec des relents néo-nazis assumés. Et ça indique une fois encore une tendance dans toutes les sociétés occidentales à des extrêmes droites différentes dans chacun des pays, mais qui ont le même ressort, c'est-à-dire la mise en cause de l'immigration, c'est ça leur point dominant, mais aussi de l'état de droit, de ce qu
'est
la démocratie et l'Europe, et avec des liens avec la Russie et avec Donald Trump. D'ailleurs ce mouvement-là dans les sociétés occidentales, il vient de loin, il vient d'abord de ces formes d'extrême droite, mais aussi de Donald Trump qui, je le rappelle, avec Elon Musk, a appuyé l'AFD, compris dans ses élections.
C
'est un mouvement qui traverse toutes les sociétés, toutes les classes moyennes et populaires des sociétés occidentales, ce sentiment de déclassement. Est-ce qu'il est encore temps d'y répondre pour vous et tous les partis qui ont gouverné ces 45 dernières années, ce qui n
'est
pas trop tard
?
Non, jamais trop tard si
on ne veut pas voir l'extrême droite
en Europe dominante, avec les conséquences que l'on peut imaginer, c'est-à
-dire
la fin de l'Europe, la fin de l'Union Européenne. C'est ça le but des extrêmes droites,
c
'est mettre en cause toutes les constructions de l'État-provident si on veut, mais aussi de l'Union Européenne. Alors ce sentiment qui n'est pas qu'un sentiment, le déclassement, c'est un déclassement individuel et collectif. C'est-à
-dire
je ne progresse plus comme la génération précédente avait évolué, et deuxièmement, mon pays, alors que ce soit en Allemagne, que ce soit en France ou que ce soit dans d'autres pays comme le Royaume-Uni, même hors de l'Union Européenne, mon pays n'est plus un pays dans la dynamique. Alors qu
'est
-ce qu'il faut faire ? Il faut redonner confiance dans les destinées individuelles, et ça,
ça
passe par l'école, l'éducation, la formation et l'élévation par une meilleure qualification, et ça passe aussi par un projet qui doit donner à la France, puisque nous sommes en France, une capacité à investir, à prendre en main la transition écologique.
Justement,
François Hollande, vous publiez Unir, Nouveau Monde, Nouvelle Gauche, aux éditions Robert Laffont, un livre d'environ 80 propositions pour la France. Si l'on comprend bien, ce sera votre programme, si vous êtes candidat.
Non, c
'est un programme, si l'on veut, c'est un projet que je présente aux Français d'abord, pour qu'ils voient qu'il y a des solutions, qu'on n'est pas obligé d'aller soit vers une extrême droite qui, finalement, veut enfermer la France dans l'intérieur de ses frontières, ou une extrême gauche qui propose un programme totalement irréaliste de rupture avec l'Union Européenne. Les deux sont dans une forme de rupture.
Donc il n'y a pas de fatalisme. Donc il n
'y
a
pas de fatalisme, et je propose ça pour que les Français se disent « Oui, il
y a
des solutions, elles sont difficiles, mais elles sont aussi ardentes, parce que quand on met l'accent sur la jeunesse, parce que je considère que dans une société vieillissante, aujourd'hui, il y a plus de personnes de plus de 65 ans en France que de personnes de moins de 20 ans. Et dans 10 ans, il y aura plus de personnes de 70 ans et plus que de personnes de moins de 20 ans. Donc notre ressource principale, c'est la jeunesse. Donc le projet que doit porter un pays pour, justement, donner une perspective de progrès et d'avenir, c'est pour la jeunesse. Ensuite, c'est pour la question écologique au sens de la transition industrielle qui va se produire, qui est une opportunité.
On va créer davantage d'emplois, davantage d'usines, grâce à cette transition qui est nécessaire par
rapport à la planète. François, on
va prendre certaines de vos mesures une par une. Vous défendez notamment la TVA sociale. On rappelle le principe, cela consiste à augmenter la TVA, ce que l'on paye sur la consommation d'un côté, pour financer la sécurité sociale, et à baisser les cotisations sociales de l'autre côté. Sur ce sujet, vous avez changé d'avis
?
Non, j'avais aussi pratiqué une forme de TVA pour financer des mesures en faveur de l'emploi. Mais ce n
'est
pas ça.
François Fillon, il dit qu'il lui
aura fallu 14 ans pour se convertir, parce qu'il rappelle qu'à l'époque où Nicolas Sarkozy l'avait fait, vous aviez abrogé la
mesure. Non, il
ne l'avait pas fait, justement. Il l'avait fait voter, mais il ne
l
'avait pas appliqué. Donc moi, ce que je dis aujourd'hui, c'est qu'il y a un problème de pouvoir d'achat. C'est le sujet principal. Chacun dit que le travail ne paye pas, ne rémunère pas suffisamment. Pourquoi ? Parce qu'il y a des cotisations sociales qui pèsent sur les salaires bruts. Donc
concrètement, les fiches de paie vont augmenter de combien ? 10
%
C'est 10% pour tout le monde.
10
% sur les salaires qui vont être
le
plus proche possible du salaire brut. Donc il faut financer cette mesure. Pour financer cette mesure, pour les travailleurs, pour ceux qui ont un emploi aujourd'hui, ou qui auront un emploi demain, et qui auront donc une meilleure rémunération. Qu'est-ce qu'il faut faire ? Il faut donc faire que la sécurité sociale, pour partie, ne repose plus simplement sur les cotisations sociales.
Donc avec une TVA qui peut augmenter
chaque année de 20 à 24%, mais que j'annule sur la TVA de 5,5 à 0. Ce qui fait que pour les ménages les plus modestes, pour les couches populaires comme on dit, sur les produits premières nécessités, c'est-à
-dire
alimentation et même une partie de leur énergie, ça sera zéro. Donc
c'est une mesure à la fois pour les travailleurs et pour le pouvoir d'achat.
Parce qu'Olivier Fort dit que c'est l'impôt le plus injuste, une mesure qui pèserait sur les plus pauvres, qui consacre l'essentiel de leur pouvoir d'achat à la consommation, a fortiori pour ceux qui ne sont pas salariés, comme les chômeurs ou les retraités. Même Ségolène Royal, elle dit que ça n'existe pas la TVA sociale, c'est comme les plans sociaux, c'est antisocial. Qu'est-ce que
vous
répondez ? D'abord, je viens de répondre. Ce n
'est
pas une TVA sociale, telle qu'elle a été proposée il y a des années. C'est une TVA qui baisse
pour
les ménages populaires, puisque ça va être la TVA sur l'alimentation qui va être à
zéro. Les ménages
populaires, ils consomment, comme tout le monde, des biens et des services qui seront taxés
à 24%.
Moins que les autres. La modulation de la TVA, c'est une mesure de redistribution. Et deuxièmement, il s'agit d'augmenter les salaires. On a besoin d'augmenter les salaires. Alors vous allez me dire, oui mais la TVA, elle pèse sur Toulon, pas de la même manière. Donc si on veut changer le mode de financement de la sécurité sociale, et c'est nécessaire, si on veut que l'emploi soit stimulé, et si on veut que les travailleurs gagnent davantage, c'est cette mesure-là qui ne s'appelle pas une TVA sociale, qui s
'appelle une mesure
pour le pouvoir d'achat.
En
parallèle, François Hollande, de cette hausse du taux normal, donc vous voulez supprimer la TVA réduite à 5,5, et ramener de 20% à 0% le taux sur l'énergie, y compris sur les carburants. Marine Le Pen, elle, elle propose de baisser la TVA sur le carburant à 5,5, ce qui est unanimement critiqué dans la classe politique. On dit notamment au Rassemblement National que ça coûterait des milliards et que ce serait contraire aux droits européens. Ce qui vaut pour le RN, vaut-il également pour votre proposition ? La
proposition que je fais, on
ne peut pas ramener de 20% le taux de TVA sur les carburants à 5,5. Ça, ce n'est pas autorisé par l'Union Européenne. En revanche, on peut diminuer de 5 points, comme je le fais pour la TVA sur les produits de première nécessité, la TVA exceptionnellement sur les carburants. Pourquoi ? Parce qu'aujourd'hui, nous avons une
tendance
à la hausse du prix des carburants tant que le détroit d'Orbouz est dans la situation que l'on connaît. Donc vous le faites ponctuellement ? Ponctuellement.
Parlons des retraites. Contrairement aux socialistes qui veulent officiellement revenir à 62 ans, c'était aussi dans le programme du nouveau Front populaire d'ailleurs, sous l'étiquette duquel vous avez été élu député de Corrèze en 2024, vous proposez-vous de fixer l'âge de départ à la retraite à 63 ans et dans le même temps d'allonger progressivement la durée de cotisation ? Là encore, vous avez changé d'avis ? Non. Qu'est-ce qui se passe ? Vous
êtes fait
élire avec le problème du NFP
en 2024. Oui,
mais
il
se
trouve qu'il y a eu une suspension de la réforme des retraites.
On
est maintenant à à peu près 63 ans pour l'âge
de
départ légal au 1er janvier 2028.
Donc
le prochain président de la République, il doit partir de cette borne d'âge-là. Nous serons au 1er janvier 2028 à peu près à 63 ans d'âge légal. 62 ans et 9 mois précisément. Et compte tenu de ce qu'est le déséquilibre démographique, au fur et à mesure du temps,
pas
tout de suite, au fur et à mesure du temps, il faudra équilibrer les régimes de retraite en augmentant la durée de cotisation.
Ce que j'ai fait exactement, moi j'étais président de
la République, nous avons augmenté la durée de cotisation de façon à ce que ça ne soit pas injuste et que la pénibilité puisse être intégrée.
Je reste sur la même position. Ceux qui disent, dont les
socialistes,
ceux
qui disent 62 ans mentent aux Français. Vous dites, c'est pas
ça. Ils
mentent, ils y croient sans doute,
mais
c'est pas vrai. Ça ne se passera pas comme ça. Dire qu'on peut revenir à 60 ans, comme le fait Jean-Luc Mélenchon, à 62 ans, comme fait Marine Le Pen, c'est d'une certaine façon ne pas accepter la réalité. La réalité, c'est qu'on est déjà à 62 ans et 9 mois. À 63 ans, donc bientôt. À partir de là, il faut que les partenaires sociaux, c'est ça ma proposition. Ce n
'est
plus à l'État, à la loi de fixer ce que doit être l'évolution des régimes de retraite, ça doit être aux partenaires sociaux, comme ils le font pour les régimes complémentaires, de voir comment on équilibre, parce qu'il faut équilibrer les régimes de retraite dans la durée.
François Hollande, sur l'immigration, vous défendez aujourd'hui un durcissement des règles du regroupement familial, alors qu'en 2013, vous refusiez le débat sur ce sujet, vous disiez qu'il ne devait pas faire l'objet d'une surenchère politique. Est-ce que ça signifie que vous avez changé ou que vous êtes dans la surenchère aujourd'hui ?
Je
suis tout simplement dans l'application de la loi.
Je
ne demande pas à faire une nouvelle loi. Je dis que sur le regroupement familial, il y a des situations qui sont abusives. Par exemple, on a des situations de mariage à l'étranger, même avec des mineurs, qui ne sont pas acceptables. Donc il est normal que l'on puisse ajuster, au fur et à mesure du temps, quand il y a des abus, les règles et les critères pour le regroupement familial. Pour l'immigration de travail, nous aurons besoin toujours de travailleurs, compte tenu de ce qu'est aussi l'état de la démographie.
Donc vous voulez fixer des quotas au
Parlement ?
Ce ne
sont
pas des quotas, c'est chaque année. Chaque année, on dira combien l'économie française a tel besoin, éventuellement, de travailleurs, et dans quel domaine, et dans quel secteur. Le regroupement familial, c'est une ligne rouge pour la gauche, historiquement. Mais c'est une ligne rouge qui a été... On n'y touche pas. On l'a fait évoluer, la ligne rouge. Le regroupement familial, c'est un droit fondamental. On doit vivre en famille, dans des conditions où les femmes sont traitées correctement, dans le respect de la loi, et dans le deuxième cas, où les personnes qui viennent rejoindre le conjoint parlent français. Ce sont des règles qui ont déjà été posées, et qu'il faut appliquer strictement.
Jordan Bardella, sur l'immigration, il a signé un texte avec le chef du parti Reform UK, Nigel Farage, qui prévoit, en cas d'arriver au pouvoir, le renvoi vers la France de migrants interpellés dans les eaux britanniques. Mais cela n'arrivera pas, dit-il, car s'il arrive au pouvoir, il n'y aura plus de migrants qui traverseront la Manche. Toute la classe politique lui est tombée dessus. sidérant pour Gabriel Attal, lamentable pour Jean-Luc Mélenchon. Qu'est-ce que vous en dites, vous
?
D'abord, il y
a
une question de principe. Quand on est dans l'opposition, ce qui
est
le cas de M. Bardella, on n
'est
pas au pouvoir, on ne signe pas une espèce de traité avec un autre membre de l'opposition. Ça n'a pas de sens, déjà sur le plan des principes. Deuxièmement, c'est un accord, puisqu'ils ont fait, de ce point de vue-là, une convergence, qui ferait que ce serait la France qui, finalement, prendrait tous les clandestins du Royaume-Uni. C'est curieux comme position de la part d'une extrême-droite qui, déjà, s'en prend aux clandestins ici, qui prendrait tous les clandestins qui arrivent au Royaume-Uni. Donc, c'est dire où ils en sont arrivés, au nom d'une internationale de l'extrême-droite, de sacrifier les intérêts même de leur propre
pays. Est-ce que c'est sous la pression du Rassemblement National, comme le disent certains de vos adversaires, que vous vous droitisez, François Hollande ? On a parlé de la TVA sociale des retraites à 63 ans, de la capitalisation, du durcissement sur l'immigration. Est-ce que vous êtes, désormais, comme le disent certains, carrément un homme de droite ?
Je
laisse ça à d
'autres, mais je fais en sorte de proposer ce que je crois juste et utile pour le pays.
La
TVA, je vous l'ai dit, c'est une mesure de pouvoir d'achat pour les travailleurs. Je vais être contre une mesure de pouvoir d'achat pour les travailleurs sur la question de l'immigration. Je vais laisser penser que la gauche, sur la question de
l
'immigration, n'a pas de réponse, quand on voit bien que c'est quand même le point majeur qu'utilisent les extrêmement. Il ne
s
'agit pas de faire de la surenchère. Il s'agit de dire qu'on peut appliquer la loi humainement, strictement, et répondre à une certaine inquiétude de la part des concitoyens.
Olivier Faure, le patron du PS. Sur les
retraites, vous pensez que je vais laisser penser à nos concitoyens qu'on peut financer les retraites sans qu'il y ait de dommages quelconques pour l'avenir, et notamment pour les jeunes générations ? Et je fais la priorité sur la jeunesse parce que je considère que c'est ça une mesure de rassemblement, et notamment pour la gauche.
Olivier Faure dit que
vous cherchez une alliance au centre-droit ce matin, le patron du PS. Mais est-ce que l'on pense ? Il dit que votre chemin, c'est une alternative au centre pour ne pas dire à la droite.
La
gauche, tout bien pesé, y compris avec Mélenchon, c'est 30% du corps électoral. Vous pensez qu'on peut gagner une élection présidentielle avec 30% du corps électoral ? Vous pensez que j'ai gagné en 2012
avec
30% du corps électoral ? Ils étaient déjà 40, la gauche représentait 40%. Mais on gagne, on gagne en allant chercher des électeurs qui ne sont pas situés politiquement, mais qui ne sont pas aujourd'hui dans le camp de la gauche, dans leur premier vote. Vous pensez qu
'ils n'ont pas vraiment envie de gagner ? Il y a une nécessité de rassemblement. Vous pensez
que la gauche, dont vous parlez, n'a pas vraiment envie de gagner
?
La gauche, je ne
sais
pas qui c'est d'ailleurs. À la limite, il y a tellement de personnalités qui essayent de l'incarner. Mais moi, ce que je considère, c'est l'intérêt du pays. En ce moment, pourquoi j'ai appelé ce livre « Unir » ? C'est l'union qu'il faut réaliser dans un pays en discorde, en division, en fracas, où deux extrêmes essayent de polariser le débat politique. Vous pensez que je vais dire « C'est mon camp qui doit gagner ». Non, c'est la France qui doit gagner dans
cette
élection. Et vous, François Hollande, pensez-vous pouvoir gagner ? Pensez-vous, voulez-vous être candidat ? Vous allez nous le dire dans un instant.
Le
8.30 France Info, Simon Le Baron, Agathe Lambret.
Avec
l'ancien président de la République, François Hollande, vous publiez « Unir
»
Nouveau Monde, Nouvelle Gauche chez Robert Laffont. Est-ce que vous allez passer la journée dans le 11e arrondissement de Paris, aujourd'hui, dans votre nouveau QG ou dans le premier arrondissement dans vos bureaux d'ancien président
? Non,
je vais aller à l'Assemblée nationale puisque je suis député. Mais lorsque
je reçois des personnalités étrangères,
je suis dans les bureaux de l'ancien président. C'est légitime et c'est normal. Et lorsque je suis en
promotion
d'un livre au titre de personnalité politique, je me mets dans un bureau qui n'est pas celui d'ancien
président.
C
'est
un QG de promotion de livres ou c'est un QG de
campagne qui ne me dit pas
de son nom
? C'est
un QG de promotion d'un projet qui doit être utile à notre pays et qui va vivre le temps qu'il sera nécessaire.
Combien de temps vous pouvez tenir
dans cet entre-deux ? Je suis en campagne, je propose un projet pour la France mais ce n
'est
pas un projet présidentiel, je suis en campagne sans être en campagne, j'ai un QG mais ce n
'est
pas un QG de campagne. Tout simplement
parce que ce qui compte en ce moment, on est à 8 mois d'une élection présidentielle. Je tiens à le rappeler, l'élection, ce n
'est
pas demain, c'est au mois d'avril, mai 2021.
il
faut quand même que les idées, les propositions, les programmes comme vous dites soient dans le débat. Ce
n'est
pas simplement d'annoncer sa candidature, vous avez vu, il y
a
une candidature tous les soirs. Ce n
'est
pas ça qui intéresse, même si ce sont des personnalités tout à fait honorables mais ce qui compte c'est de mettre autant de propositions pour montrer aux Français qu'il y a un chemin,
que
ce n'est pas fermé, que ce n'est pas perdu, que l'extrême rente n'a pas gagné, qu'on ne va pas être dans une bipolarisation des extrêmes. C'est ça
l'enjeu ?
Mais si on se parle franchement François Hollande, quel est le trou de souris qui vous permettrait de dire je suis candidat ? Sincèrement, il y a deux scénarios on imagine sur lesquels vous misez, vous allez nous dire soit l'élection de Raphaël Glucksmann à la primaire puis son effondrement, ce que n'indiquent pas les sondages pour l'instant, soit l'élection d'Olivier Faure à la primaire en misant sur le fait qu
'il
s'effondrera encore plus vite que Raphaël Glucksmann. C'est bien ça ? Ce sont les deux scénarios ?
Si il
y a
un candidat
qui
représente
ce
que je crois être le projet qui est le mien avec des sensibilités qui peuvent être un peu différentes et qui
a
une capacité pour accéder au second
tour et pour gagner,
je ne
vois
pas pourquoi. Moi, j'ai déjà été président. Ma vie est quand même dans la dernière phase de son existence, politique en tout cas, j'espère. Donc, je ne vais pas entraver qui que ce soit. Vous le soutiendrez
?
Vous
avez les projets sur
la
table
lequel vous pouvez soutenir ? Là, il y
a
une primaire. Je n'y suis pas. Je ne
suis
pas candidat à ce stade. Les
débats vont avoir lieu et je vais voter.
Mais on verra au lendemain de cette primaire quel sera le souffle qui sera engagé et qui portera éventuellement ce candidat. Si
c'est une
dynamique...
Vous pouvez
soutenir ? S'il est en capacité d'être au second tour, je serais très heureux qu'il y
ait
un candidat qui soit en capacité d'être au
second tour. Donc, vous pourriez soutenir Aujourd'hui, nous ne sommes
pas là quand même. Oui, on a compris que vous n'y croyez pas.
Les autres candidats ont raison d'avoir peur, dit Ségolène Royal qui a eu ses parrainages pour concourir à cette primaire. Est-ce qu'elle peut perturber le jeu, cette primaire faite un peu sur mesure pour Raphaël Lussmann, voire gagner
? Mais
qu
'est
-ce que vous voulez que je vous dise là-dessus ? Il y a une primaire, Ségolène Royal, qui a
quand
même été
finaliste en
2007, qui a failli l'emporter. C'est quand même bien légitime qu'elle puisse être dans ce débat de primaire. Et ce débat aura lieu. Qu'est
-ce
que je veux ajouter comme commentaire ? Il y a des candidats et des candidats dans cette primaire. Vous
n'y croyez
pas trop à cette primaire, François Hollande
?
Vous
ne pensez pas qu'elle va susciter un élan incroyable, si on parle sincèrement
?
Tant mieux si elle le suscite. Je rappelle qu'une primaire telle que je l'avais gagnée en 2011, il y avait eu 3 millions de votants. 3 millions. Et ça avait donné, c'est vrai, une légitimité assez forte à ma candidature. Bon, là, je souhaite qu'il
y ait
un débat qui soit le plus utile possible, qu'il élève le niveau de réflexion générale. Et puis... Est-ce que votre rôle... Non, mon rôle n'est pas d'être dans cette primaire.
Mon rôle, c'est de faire ce que je veux plus éclater que jamais. C'est
un projet pour les Français.
Vous dites,
il
y
a une candidature tous les soirs, vous parlez de ce paysage politique éclaté. Est-ce que justement, là-dedans, votre rôle d'ancien président de la République et d'ancien premier secrétaire du PS ne serait pas de soutenir votre famille politique ? Mais qui vous a dit que je ne
la
soutiendrais
pas
? Il y
a
une primaire. Si le candidat, la candidate qui sort de cette primaire est en situation de
l'emporter... Il y a une façon
peut-être
plus efficace de la soutenir que de laisser planer le doute
sur votre candidature. Mais est-ce que j'ai entretenu le moindre doute ? Je vous dis que je présente un projet et que nous verrons au mois de décembre ce que j'ai à faire dans le cadre de la campagne présidentielle. Mais il se trouve que c'est une différence avec tous les autres. J'ai déjà été président de la République. Et là, ma seule passion, mon seul projet, ma seule détermination, c'est de faire qu'il puisse y avoir une solution pour le pays au deuxième tour de l'élection présidentielle et pas simplement une mise à l'écart du Rassemblement National.
Et vous leur dites quoi à tous ces candidats qui vous prennent pour exemple, qui disent que quelques mois avant la primaire de la gauche, vous étiez crédité 3% et que vous avez fini président de la République. Olivier Faure vous a pris en exemple. Vous lui avez répondu que ça valait pour vous, exclusivement. Il y a quelques jours, c'est Marine Tondelier, la patronne des Verts, qui était à votre place et qui a pris aussi votre trajectoire pour modèle.
Je suis heureux d'être un exemple. Je ne peux pas vous dire mieux. s'ils veulent tout à fait suivre mon exemple,
qu
'ils soutiennent mon projet.
Un mot... Vous
ne les croyez pas trop.
Oui, on l'a bien compris. Un mot sur ce que dit votre ancien ministre, Pierre Moscovici, en cas de duel entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen.
Il
dit, je n
'ai
jamais pensé qu'il fallait donner une voix à l'extrême droite. On comprend ce que ça veut dire. Il ne dit pas non plus qu'il votera pour Jean-Luc Mélenchon. Et vous
?
Je vous ai dit, on est à 8
mois d'une élection.
Le
premier tour n'est même pas connu. On ne sait même pas qui seront les candidats de premier tour
qui
auront les 500 signatures, qui sortira de telle ou telle sélection primaire, etc. Et vous voudriez que je vous parle déjà d'un deuxième tour avec des personnalités dont on ne sait pas si elles y seront. C'est
pour
savoir d
'où vous parlez, quel est votre positionnement. Est-ce que vous tirez
un signe égal entre
LFI et l'ERN ? Mais il n'y a pas à savoir. D'autres ne
le font pas.
Mais il n
'y a
pas à savoir. Il y a à faire en sorte que le projet que nous portons puisse être victorieux. Le reste, nous verrons bien. Il y aura des
choix à faire.
François Hollande ?
Mais je ne
veux
pas répondre parce que la question n'est pas posée. Vous me poserez. Quand il y
aura
un deuxième tour, si c'était, hélas, la configuration qui se présenterait, configuration que beaucoup veulent éviter, que
70
% des
Français veulent éviter. Ça pourrait
clarifier les choses en cas de second tour pour des électeurs de gauche à qui l'ont dit Jean-Luc Mélenchon à qui les autres responsables de gauche disent Jean-Luc Mélenchon ne peut pas gagner au
second tour. C'est vrai qu'il ne peut pas gagner. C'est vrai. Si on
regarde les sondages, il ne
peut
pas gagner. Donc cette question, elle est même prématurée.
Il y a des
électeurs qui se posent la question. Je vous ai répondu. Je ne répondrai à cette question que lorsqu'elle sera posée. D'ici là, je ferai tout en sorte pour qu'elle ne soit jamais posée. C'est-à-dire que nous ayons une candidature au deuxième tour qui puisse offrir au pays un avenir.
François Hollande,
rapidement,
sujet
de très court terme. Sur le budget aussi, vous prenez le contre-pied de votre parti puisque vous plaidez pour la négociation et le compromis avec le gouvernement plutôt que de brandir la censure. Est-ce que ça signifie que la position du PS est irresponsable
?
Le PS n
'a
pas pris de position.
Si, Olivier Faure a dit qu'il n
'y
avait pas de système sur la censure.
Est-ce que c
'est
le PS, Olivier Faure ?
Est-ce que c'est lui qui est déterminé ? Est-ce qu'il
y
a
eu un débat ? Est-ce qu'il y
a
eu une consultation ? C'est le
premier secrétaire du
parti,
François
Hollande. L'année dernière, qu
'est
-ce qu'il a fait ? Olivier Faure. Il a négocié avec le
gouvernement.
Il a fait un compromis avec le gouvernement.
Il n'a pas voté
la censure. Donc, il faut rester exactement
sur cette ligne. Dans le même état d'esprit.
Il y a un budget. Il ne
faut
pas que le pays soit arrêté. Il y a une responsabilité. Si nous gagnons l'élection, il vaut mieux avoir un budget que pas de budget. Voilà ma position. Je ne censurerai pas
Merci Agathe, à
demain.
François Hollande