François Bayrou Premier ministre : les réactions de Marine Tondelier et François-Xavier Bellamy
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Et un grand entretien spécial ce samedi matin après la nomination de François Bayrou à Matignon. Que feront les différents partis entre compromis, attente, opposition de principe ? Quelle ligne a choisie la droite et quelle ligne choisira la gauche ? Deux invités ce matin. Dans quelques minutes, rendez-vous avec le vice-président du parti Les Républicains, François-Xavier Bellamy. Mais d'abord, la secrétaire nationale du parti Les Écologistes est dans notre studio. Bonjour Marine Tondelier.
Bonjour.
Les auditeurs d'Inter peuvent vous écrire sur l'application France Inter ou vous appeler sur le standard 0145 24 7000 pour comprendre la ligne que vous avez choisie. Mais d'abord, une question. Comment est-ce que vous percevez François Bayrou ? Qu'est-ce qu'il représente pour vous ?
C'est l'un des premiers macronistes en réalité. Donc il y a un petit côté, on prend le modem et on recommence.
Mais lui, personnellement, deux mots pour le qualifier ?
Le fait que je ne trouve pas de mots pour le qualifier quand même assez symptomatique. Je pense que ce qui a été le plus surprenant dans la dernière séquence, c'est le fait qu'on a quand même compris en lisant la presse écrite ce matin, qu'il s'était à moitié roulé par terre dans le bureau du président de la République pour être nommé, parce que le président de la République l'avait convoqué pour lui dire qu'il n'allait pas le nommer. Et ce qui est assez saisissant, c'est qu'apparemment, il a dit à Emmanuel Macron, il faudrait vérifier cette information, que s'il ne le nommait pas, il appellerait à sa démission.
Donc on a aujourd'hui un Premier ministre de la France qui est Premier ministre, parce qu'il voulait que, s'il n'était pas Premier ministre, il voulait que le président de la République démissionne. Et pour qu'il n'appelle pas le président de la République à la démission, alors il a fallu le nommer Premier ministre. C'est quand même un peu rocambolesque.
Voilà, tout ça demande effectivement à être vérifié.
C'est dans plusieurs journaux ce matin, c'est pour ça que vous me permettez de citer votre antenne.
Oui, c'est rapporté par la presse, effectivement. Le Premier ministre, il doit former un gouvernement maintenant, et il a rencontré dès hier soir le ministre de l'Intérieur démissionnaire Bruno Retailleau, qui souhaite être reconduit à son poste et qui demande des garanties, notamment sur l'immigration. Qu'est-ce que ça vous inspire, ces premiers pas de François Bayrou ?
Vous voyez, tout ça est une affaire de symboles et de signaux qui sont envoyés. On a un président de la République, Emmanuel Macron, et toute sa politique, son camp, qui ont été désavoués deux fois par les deux manières les plus légitimes qui sont permises par nos institutions. La première fois, c'est par les urnes, par les électeurs français, dans les législatives anticipées de cet été. La deuxième fois, c'est par les députés, par le vote de censure de l'Assemblée nationale. Normalement, dans ces cas-là, on change de braquet. On nomme des personnes différentes, c'est-à-dire pas des proches à soi. On mène des politiques différentes désormais.
Là, on a vraiment une sensation de, on prend les mêmes et on recommence. Je disais, on prend le modem et on recommence, mais c'est ça que ça veut dire. C'est le titre de libération ce matin. Et donc, on commence par nommer un très très proche. Puis, on va chercher les anciens du gouvernement. Il n'y a rien qui va changer. Et donc, le président de la République, vous savez, il a beaucoup parlé de la formation professionnelle, que c'était un gros enjeu pour lui, pour la France. Bah ok, mais lui-même a quand même un petit problème avec la notion d'alternance.
Mais si Bruno Retailleau, ministre de l'Intérieur, démissionnaire, reste au gouvernement, vous, les écologistes, vous seriez prêts à le censurer à nouveau, ce gouvernement ?
Mais que voulez-vous que je vous dise ? Oui ou non ? En fait, on n'est pas pour... La censure a priori, on parle beaucoup de ça. Censure a priori... Ça, c'est pas a priori, c'est la vraie. Non, mais censure a priori, ça veut dire qu'on n'attend même pas de voir quelle politique va être menée. On dit, je vous dis ce matin, je censure, c'est sûr, c'est sûr.
C'est la position de la France insoumise.
Je ne dirais pas qu'on va censurer a priori, mais je commence à avoir des a priori de censure. Parce que, si vous voulez, il y a trois éléments qui font qu'on censure ou pas en gouvernement. On voit qu'il est nommé Premier ministre, un premier symbole. Et là, c'est quelqu'un qui est l'un des plus fidèles du Président de la République qui s'entête à ne pas vouloir reconnaître sa défaite. La deuxième chose, évidemment, c'est le fond des politiques qui vont être menées. Nous, on a un triptyque chez les écolos qui est important pour nous. Le premier, c'est protéger. Je pense qu'on doit s'interposer entre les politiques d'Emmanuel Macron et les Français.
Donc, ça veut dire plus de justice sociale, plus de justice fiscale. Ça veut dire aussi d'arrêter de sabrer dans les moyens des collectivités qui, aujourd'hui, quand l'État ne fait plus son travail, n'est plus là, sont en première ligne. Ça, c'est protéger. La deuxième chose, c'est apaiser. Bon, est-ce que M. Retailleau, une nature a apaisé le pays ? Je ne suis pas sûre. Apaiser, on voit bien que c'est une société qui a besoin d'être reconstruite, d'être fédérée. Mais il n'est pas suffisant à lui tout seul pour déclencher une censure de vote. Non, mais il y a des personnes qui ne sont pas apaisantes. Je suis désolée et il ne l'est pas. Et puis, la troisième chose, c'est préparer.
Et quand je dis préparer, vous voyez bien que je parle de préparer l'avenir, que je vous parle d'écologie. La présidente de Sea Shepard, à votre antenne, à l'instant, vous parlait des baleines, de l'océan qui meurt, de l'habitabilité de la planète qui est remise en question. Et donc, ça, c'est des questions de fond. Et sur le fond, on n'a pas pu encore en parler avec M. le Premier ministre, puisqu'il a préféré recevoir Bruno Retailleau que de consulter les forces politiques de ce pays à sa nomination. C'est son choix. Et puis, la troisième chose, je vous parle de qui était Premier ministre du fond des politiques menées. Il y a une troisième chose, c'est la méthode.
Et sur la méthode, on a besoin de l'entendre pour savoir s'il va utiliser ou pas le 49-3, ce qui était, nous, une grosse concession qu'on était prête à faire. Et je pense qu'on aurait dû être nommé pour cela.
Bon, il y a un discours de politique général que prononcera le Premier ministre dans 5-6 jours, a priori. Mais est-ce que vous êtes sur la ligne des insoumis, à savoir la censure, la censure a priori ? Ou est-ce que vous êtes plutôt sur la ligne du PS qui n'a pas fermé la porte à un accord de non-censure avec François Bayrou ?
Je viens de vous répondre. Je ne suis pas fermement pour une censure a priori, mais je commence à avoir des a priori de censure parce que je ne vois pas quel signal positif nous a envoyé depuis 48 heures. Nous sommes allés à l'Elysée. Nous avons fait l'effort de discuter, l'effort de faire des compromis. Nous avons dit, si c'est un Premier ministre du NFP, nous n'utiliserons pas le 49-3. C'est peut-être un détail pour vous, mais pour les Français, ça veut dire beaucoup. Parce qu'ils se rappellent que le 49-3, c'est ce qui a permis de faire voter la réforme des retraites, de passer en force, même quand ce n'était pas sur des tests qui n'auraient pas dû passer à l'Assemblée nationale.
Et donc, quand on fait ça, ça veut dire que c'est un gros geste de confiance envers toutes les forces politiques.
Autrement dit, si François Bayrou s'engage à renoncer à utiliser le 49-3, vous pourriez participer, négocier ? Vous pourriez commencer à discuter ?
Parce que pas de 49-3, qu'est-ce que ça veut dire ? Qu'il doit chercher des majorités parlementaires ? Et donc là, on peut parler de fond. Et je vous ai donné quelques-unes de nos lignes rouges, ou plutôt nos lignes vertes. Il y en a des budgétaires, je vous les ai cités. On veut aussi travailler sur la concentration des médias, ou plutôt contre, sur évidemment une loi sur le climat. Enfin, on a beaucoup de propositions à faire. En tort, faut-il qu'on ait un cadre pour en discuter ? Mais je vous dis, c'est vraiment pas gagné. Il va falloir faire des efforts.
Donc vous n'allez pas voter directement avec la France Insoumise la motion de censure ? Que déposeront avant même toute discussion avec François Bayrou ?
Ça dépend de ce qui se passe dans les jours prochains. Moi, vous savez, je ne suis pas parlementaire. Ce n'est pas moi qui voterai à leur place. Je fais confiance aux parlementaires écologistes, mais je vois bien, ils sont à peu près dans le même état que moi. Ils sont un peu sidérés, et sur le fond, et sur la forme. Parce que le mauvais vote ville auquel la France s'est prêtée hier, c'est quand même compliqué. Donc vous voyez, ce Macronisme a été désavoué par les urnes, désavoué par l'adoption de la motion de censure. Maintenant, ils sont même désavoués par les agences de notation.
Alors, s'ils ne croient pas dans la démocratie, j'ai cru comprendre que peut-être ils croyaient dans les forces du marché. N'est-ce pas ? Il est vénère. Même les agences de notation leur indiquent qu'il y a un petit problème dans la manière de conduire cette affaire.
Mais Marine Tondelier, vous voyez bien que les positions ne sont pas uniformes au sein du nouveau Front populaire. Et c'est normal. La France insoumise dit qu'on va censurer a priori. Les socialistes disent un peu ce que vous venez de dire. C'est-à-dire que si l'usage de l'article 49.3 est censure, mais sinon il peut y avoir un accord de non-censure. Et vous, vous êtes encore sur une position médiane. Est-ce qu'il existe encore, là, le nouveau Front populaire ?
Évidemment qu'il existe. Et je pense que chacun, à notre manière, nous sommes, que l'on soit insoumis, communistes, socialistes, écologistes, chacun, à notre manière, nous sommes fidèles à la promesse que nous avons faite.
Il n'est pas en train d'exploser, là ?
Non, parce que la force du nouveau Front populaire, c'est sa biodiversité. C'est un écosystème riche de ces différences. Et donc les insoumis le font à la manière insoumise, et je les respecte. Et les socialistes le font à la manière socialiste, et je les respecte. Nous, en tant qu'écologistes...
Il faudra bien choisir un chemin et un corps.
Mais nous, il n'y a pas de problème. Je vous ai dit comment on allait faire. On va attendre dans les quelques jours de voir ce qu'il fait. Aujourd'hui, je vois mal comment il nous convainc de ne pas le censurer. Surtout s'il ne nous appelle pas. Et si son premier geste politique, c'est de recevoir Bruno Retailleau, c'est quand même mal parti. Mais il ne tient qu'à lui. Il a sa propre censure entre ses mains. En fait, c'est à eux qu'il faut poser la question.
Question d'un auditeur, Jean, qui vous demande s'il ne faut pas faire des concessions à présent, Marine Tondelier. Et notamment, puisque vous avez des points communs, des projets communs avec François Bayrou, qui est l'importance que vous accordez à la proportionnelle.
Oui, on a des sujets sur lesquels on peut se retrouver. La proportionnelle en fait partie parce qu'on voit bien qu'il faut aussi renouveler la manière même dont on élit les parlementaires dans ce pays. C'est un projet que l'on soutient depuis des décennies. Il soutient l'une proportionnelle par département, nous par région. J'explique en deux secondes la différence. Vous savez, moi, j'habite dans un département, par exemple, le Pas-de-Calais, où il y a 14 parlementaires. Donc, si c'est la proportionnelle par département, ce sera aussi un scrutin proportionnel chez moi. Je pense à tous vos auditeurs qui habitent dans des départements. On élit deux ou trois députés.
Si c'est une proportionnelle par département, certains citoyens, s'ils habitent dans des petits départements, en fait, n'auront pas vraiment accès à la proportionnelle. Donc, nous, on propose une proportionnelle par région, qui est une vraie proportionnelle, si ce n'est une proportionnelle nationale. On a d'autres points communs avec certains députés du Modem. Sur les super profits, par exemple, ils étaient présents sur un peu plus de justice fiscale. Mais tout va être une question de curseur. Ah non, il n'y a pas que ça.
Les questions écologiques, François Bayrou, il y est sensible. Il en parlait déjà en 2018. Il disait que l'écologie, c'était un levier d'innovation, de création d'emploi. On ne veut pas qu'il en parle, on veut qu'il le fasse.
Ce sera jugé sur les actes, pas sûr à en parler. Par exemple, vous aviez la présidente de Sea Shepherd. Est-ce qu'il va continuer à affirmer son soutien fortement à la libération de Paul Watson ? Nous verrons. Il y a la question des retraites. La question des retraites.
Il y a ce projet qui est émis, notamment de la part des socialistes, de geler la réforme des retraites, de faire une grande conférence de financement. S'il mettait en place ça, François Bayrou, vous seriez prête à le soutenir ?
Peut-être même à participer au gouvernement ? Nous, notre demande, c'est l'abrogation. Elle est forte et elle est ferme. Ce que je ne veux pas entendre, c'est les gens qui disent « Mais vous inquiétez pas, on remettra la réforme en jeu en 2027 à l'élection présidentielle. » C'est trop loin, c'est trop tard. Les Français, ils ont besoin de gestes de confiance maintenant. Et c'est ça que j'ai défendu à l'Élysée. C'est que, en fait, dans le récit qu'on va avoir, les Français, ils ont besoin de se dire « Tiens, il y a un truc qui est en train de changer.
» François Bayrou, qui est dans la vie politique depuis 40 ans, qui est chez Macron depuis la première minute, déjà, ce n'est pas un gros geste de changement. Donc, il faut des gestes de changement sur le fond concret pour les Français. Je l'ai, moi, je pense, abrogé la réforme des retraites. C'est un premier geste.
C'est la fin de cet entretien. On va respecter l'équité des temps de parole.
J'espère que ce ne sera pas la fin de Michel Barnier tout de suite. De Michel Barnier. Vous voyez, c'est un peu mon histoire.
Je ne l'ai fait pas le même destin,
mais il va falloir faire un effort.
Moins de 24 heures, mais d'un mot, et ce sera la dernière question, question de Fabrice. Est-ce que vous pourriez discuter avec François Bayrou, comme vous l'avez fait à l'Élysée, vous l'avez croisé ? Qu'est-ce que vous vous êtes dit ?
On ne s'est pas parlé personnellement, mais je vous dis, ni Olivier Foire, ni moi-même, les socialistes et les écologistes, n'avons été contactés depuis que M. Bayrou est Premier ministre. Il a préféré prendre le temps de recevoir en grande pompe Bruno Retailleau. C'est un symbole, et toute l'histoire de François Bayrou va s'écrire comme ça, jour après jour. Pour l'instant, il n'écrit pas la bonne histoire pour nous.
Bon, en tout cas, on ne saura pas ce qui s'est passé dans les coulisses de l'Élysée. Merci Marine Thondelie. Vous m'inviterai. Et bonne journée.
M. Bellamy va vous raconter, il était là.
Il arrive justement en studio. Deuxième partie de ce grand entretien. Il est 8h30 sur Inter. Le 6-9 sur France Inter. Bonjour François-Xavier Bellamy. Bonjour. Et bienvenue vice-président du parti Les Républicains. Vous êtes également eurodéputé. Une première question, la même que j'ai posée à Marine Thondelier. Qu'est-ce que vous pensez de François Bayrou ? Qu'est-ce qu'il incarne pour vous ? Deux mots pour le qualifier personnellement.
François Bayrou, ce n'est pas un mystère. On n'appartient pas à la même famille politique. On n'a pas fait les mêmes choix dans le passé, dans des moments très importants. Il a été l'un des premiers soutiens à Emmanuel Macron. J'ai toujours été l'un de ses opposants. Maintenant, ça n'empêche pas de reconnaître en lui d'abord un vieux routier de la politique, quelqu'un qui a une longue expérience. Et puis, les profs de français.
Je pense que ça fait du bien aussi d'avoir des gens qui, sans doute, j'espère en tous les cas, pourront avoir une attention particulière pour l'école dans ce moment où elle traverse une crise très profonde qui me paraît être vraiment la priorité absolue pour l'avenir du pays.
Bruno Retailleau, l'un nouveau proche, ministre des missionnaires de l'Intérieur, a rencontré dès hier soir le nouveau Premier ministre. Il espère être reconduit dans ses fonctions. Il a demandé des garanties d'après les informations de nos services politiques sur l'immigration pour participer au gouvernement. Vous savez s'il les a obtenus déjà ?
Non, je pense que c'est une discussion qui commence. Ce qui compte pour nous, vous parliez de la personne de François Bayrou, mais ce qui compte pour nous, on ne peut que souhaiter que le Premier ministre de la France réussisse parce que ce sera la réussite du pays. La seule chose qui compte, c'est ce qu'il va faire.
Et justement, c'est quoi ?
Nous avons une seule boussole. Notre seule boussole. Vous savez, dans la confusion politique actuelle, on voit à quel point les questions de partis, les questions de règlement intérieur de l'Assemblée nationale finissent par prendre une place que sans doute les gens regardent avec un peu de distance. Aujourd'hui, moi, je me mets à la place des Français et comme un Français parmi d'autres, j'ai le sentiment qu'on tourne un peu en rond au milieu séduire. La politique,
c'est aussi une question de personne et en l'occurrence, la personne qui, Primus Interpares, est le premier des ministres, ça compte. et son histoire personnelle que vous décrivez il y a un instant, ça dit justement ce qu'il pourrait faire.
Mais maintenant, ce qui compte, c'est l'avenir. Ce qui compte, c'est ce qu'il va faire. Et notre seule boussole dans les décisions qu'il faudra prendre aujourd'hui avec les parlementaires des Républicains, c'est la France, la France, la France, les Français, leurs inquiétudes, leurs souffrances, leurs espoirs. C'est ça qui compte.
Il faut être un peu plus précis, c'est-à-dire, s'il n'y a pas de garantie sur l'immigration, est-ce que vous quittez, est-ce que LR quitte le gouvernement ? Est-ce qu'il le censure ? S'il y a des lignes rouges, par exemple, si la réforme des retraites est suspendue, est-ce que vous dites non, on arrête ? Je vous redis,
notre boussole, c'est la France. Au fond, je vais être concret, la politique aujourd'hui est devenue très compliquée à cause de la fragmentation des partis, mais il y a une chose assez simple, c'est ce qu'attendent les Français. On parlait d'immigration. Moi, je vois une certaine gauche qui, j'entendais Marine Tondelier à l'instant le dire, nous explique que si Bruno Retaille reste ministre de l'Intérieur et qu'il fait vraiment une politique ferme sur les questions migratoires, la gauche décidera de censurer le gouvernement.
Elle n'a pas tout à fait dit ça, mais elle n'est pas allée jusque-là.
C'est à peu près ce que j'ai entendu. En tous les cas, moi, ce que je vois, c'est qu'il y a 80% des Français aujourd'hui dans les enquêtes d'opinion qui disent que la politique migratoire est trop faible aujourd'hui dans ce pays. Vous avez 4 Français sur 5 qui veulent, par exemple, le rétablissement du délit de séjour irrégulier. C'est ce que Bruno Retaille porte, c'est ce qu'il a porté avec courage depuis des semaines au ministère de l'Intérieur. Si maintenant, on écarte ça, ça veut dire qu'on claque la porte au nez des Français. Et ceux qui refusent d'écouter ce que disent les Français, mais nous, on participera si on peut être utile.
Bien sûr, on est lucide, on n'a pas gagné la dernière élection législative. Et la droite, aujourd'hui, elle n'est pas en train de vivre une alternance à droite. Cette alternance, elle viendra demain. On doit la préparer pour retrouver les perspectives dont le pays a besoin. Mais aujourd'hui, ce qui compte pour nous, c'est de faire en sorte que les deux ans qui se dessinent soient aussi utiles que possible pour le pays.
Donc, vous n'excliez pas des compromis, vous n'excliez pas non plus de participer au gouvernement Bayrou. Michel Barnier, lui, était membre des Républicains, donc la réponse était plutôt simple pour vous. Là, en l'occurrence, bon, est-ce que si Bruno Retailleau, par exemple, est reconduit dans ses fonctions, vous le soutiendrez ? Et vous participerez également, l'ensemble des Républicains,
à un gouvernement Bayrou ? Vous l'avez dit, Michel Barnier, il apportait la garantie que le gouvernement n'était plus dirigé par un fidèle du président de la République et il y avait dans sa nomination déjà une forme, je ne dirais pas, bien sûr, de cohabitation, mais en tous les cas, il y avait une forme de renouvellement, il avait parlé de rupture. Et je saisis cette occasion pour lui dire mon estime et ma reconnaissance parce qu'il a mené cette mission extrêmement difficile au cours des derniers mois avec le souci de dire la vérité aux Français. On sait que l'agence Moody's vient de dégrader la note du pays cette nuit.
Aujourd'hui, oui, c'est vrai, nous sommes devant le risque d'une tempête financière si nous ne rétablissons pas nos finances. Ça fera partie, ça fera partie des conditions pour que nous soyons prêts à participer à l'action du prochain gouvernement, qu'on dise la vérité aux Français et qu'on cherche à répondre à ces questions. Et oui, bien sûr, moi je soutiendrai Bruno Retailleau s'il reste au ministère de l'Intérieur parce qu'il le fera avec courage pour répondre aux aspirations des Français sur le retour de la sécurité. Je soutiendrai Annie Gennevard si elle reste au ministère de l'Agriculture parce que l'agriculture c'est une urgence à laquelle elle a commencé de répondre aujourd'hui.
Mais encore une fois, pour nous, au-delà de la question des personnes, c'est la ligne.
C'est vous qui l'évoquez. Vous êtes proche de Bruno Retailleau, on le sait en tout cas idéologiquement, donc la droite républicaine peut soutenir, voire participer
à un gouvernement Bayrou. Mais encore une fois, ce n'est pas seulement une question de personne, on est très unis d'ailleurs sur ce choix. Et Laurent Wauquiez l'a dit de manière très claire hier avec les députés de notre formation politique à l'Assemblée nationale qui jouent un rôle déterminant. Il l'a dit, nous voulons faire en sorte que le pays puisse faire des deux ans qui viennent l'occasion d'avancer utilement. Ça ne se fera pas à n'importe quelles conditions. Nous ne nous renierons pas. Chacun sait qu'elles sont pour nous les priorités essentielles pour l'avenir. Je citais la question de l'immigration, de la sécurité, de l'agriculture, la défense de notre économie.
J'évoquais bien sûr la question de la dette.
La dette, c'est un point commun que vous pourriez avoir avec le François Bayrou.
J'en ai parlé à l'instant. Mais la question là encore, comment répondre au problème de la dette ? On avait vu le modem et c'est une source d'inquiétude pour nous, on ne va pas se le cacher, qui dans les derniers débats budgétaires voulaient faire que les économies qui étaient demandées, les éléments de fiscalité qui étaient demandés de manière exceptionnelle par Michel Barnier deviennent durables. Nous, nous ne croyons pas qu'on peut aggraver encore durablement le poids de la fiscalité dans ce pays. Il faut au contraire libérer ce pays. C'est ça l'urgence absolue pour notre relance économique. Et donc tout ça, on va en parler. C'est le contenu qui compte.
On a lu dans la presse, on a entendu le récit des coulisses de la nomination de François Bayrou qui a pris du temps hier parce que c'est une personnalité forte parce qu'il n'est pas complètement aligné avec le président de la République. Est-ce qu'avec lui, le président finalement ne choisit pas entre gouverner avec la gauche et la droite ? Est-ce qu'il aurait dû vous choisir ?
Moi je pense, je l'ai dit, je l'ai écrit, je pense que la France elle a besoin aujourd'hui d'un gouvernement qui réponde clairement aux problèmes des Français. Et je pense que la droite aujourd'hui, on parlait de ces questions de sécurité, la droite aujourd'hui elle est sans doute finalement au barycentre des aspirations des Français. Et Bruno Retailleau comme d'autres l'ont montré...
Mais elle était loin d'être en tête aux élections.
Mais encore une fois, je le redis, nous n'avons pas gagné les élections et c'est avec beaucoup d'humilité que nous regardons cette situation. Pour moi, le plus important, c'était dans cette période difficile qui a suivi la censure, je le crois dangereuse, qui s'est produite au cours des derniers jours. Le plus important, c'était d'éviter que se constitue un gouvernement avec le nouveau Front populaire qui n'a pas non plus gagné les élections législatives et qui voudrait nous faire croire à toutes les occasions possibles qu'il est majoritaire dans le pays.
Je ne crois pas que ce soit le cas et notre travail à nous a été d'empêcher la prise de pouvoir gauche qui, je le pense, accélérerait l'effondrement du pays. Maintenant, le grand danger, c'est qu'on a vu où le en même temps nous avait conduit et on n'a pas le droit, on n'a pas le droit d'organiser l'impuissance publique pour les semaines et les mois qui viendront.
Alors, désolé, mais c'est une question d'auditeurs et plusieurs vous la posent. En l'occurrence, c'est la question de Bruno Rotaillot. Qu'est-ce qu'ils se sont dit hier soir avec François Bayrou puisqu'ils ont passé un long moment ensemble ?
Je ne peux pas vous le dire parce que je ne le sais pas. Donc, ce n'est pas que je cache quelque information que ce soit mais je crois que le point de départ, c'est aujourd'hui qu'une discussion s'engage sur le contenu et ce que je sais de Bruno Rotaillot, j'ai combattu avec lui les impasses du « en même temps » macroniste pendant longtemps et le déni de réalité notamment sur les questions de sécurité et d'immigration. Vous avez 80% des Français aujourd'hui, là encore, c'est un chiffre écrasant dans les enquêtes d'opinion qui disent constater l'explosion de la délinquance dans leur vie.
Eh bien, cette certitude aujourd'hui pour nous c'est que nous avons le devoir de leur répondre et ceux qui à gauche nous disent qu'on n'a pas le droit de traiter ces sujets et que pendant deux ans si on veut que le gouvernement tienne, il faut ne pas aborder les questions qui fâchent et surtout ne rien faire jamais. Ceux-là ne pourront pas s'étonner demain de la montée de la défiance envers la démocratie. La seule chose qui compte c'est la France.
Alors François-Xavier Bellamy, est-ce que vous avez des lignes, je ne sais pas comment dire, lignes rouges ou des lignes bleues des choses qui feraient qu'immédiatement LR quitterait le gouvernement
de ce sujet avec une double préoccupation encore une fois l'humilité de reconnaître que nous ne sommes pas en train de vivre une alternance on ne va pas pouvoir faire toute la politique qu'on voudrait mais on ne se reniera pas.
Il y a des priorités pour nous qui sont fondamentales et si c'est participer à un gouvernement qui fragiliserait la sécurité des français si c'est participer à un gouvernement qui contribuerait à aggraver la situation de l'école si c'est participer à un gouvernement qui augmenterait dans la durée la fiscalité ça n'est pas ce que proposait Michel Barnier c'était des mesures d'urgence si l'idée c'est que dans la durée on va aggraver encore le poids de la fiscalité le poids des charges le poids des règles qui pèsent sur notre économie au lieu de la libérer alors oui ce ne sera pas possible pour nous mais encore une fois nous notre but c'est d'être utile on n'aborde pas ce débat d'abord avec et la France en a tellement souffert avec des espèces d'ostracisme réciproques on va essayer on va essayer de trouver un chemin pour faire en sorte que les mois qui viennent soient utiles en attendant une véritable alternance C'est la fin
de cet entretien François-Xavier Bellamy ce qui n'est pas possible ça veut dire que ce n'est pas impossible
Qu'est-ce qui n'est pas impossible ?
Que vous participiez à ce gouvernement
Non ça n'est pas impossible on l'a dit depuis le début ça n'est pas un scoop bien sûr mais ça n'est pas une certitude encore une fois ce qui compte c'est le contenu de la ligne qui sera proposée aux français
Merci pour la clarté de cette réponse et bonne journée je signale que demain midi dans Question politique c'est Jean-Noël Barraud qui est ministre démissionnaire des affaires étrangères et issu du Modem le parti de François Bayrou qui sera l'invité de Karine Bécard Merci pour la clarté
Marine Tondelier