Candidature à la mairie de Marseille : «Dans les 100 premiers jours, je voterai un financement du doublement du nombre de policiers municipaux» affirme Franck Allisio
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8h16 sur Europe 1, bienvenue. Véronique Verdun, vous recevez maintenant Franck Alizio, député Rassemblement National de la 12e circonscription des Bouches-du-Rhône. Bonjour Franck Alizio.
Bonjour.
Député du Rassemblement National dans les Bouches-du-Rhône, vous êtes candidat à la mairie de Marseille pour 2026 avec un slogan, l'ordre juste, l'ordre sécuritaire avant tout. Franck Alizio.
Marseille en ordre, tout simplement. Marseille en ordre, Marseille en ordre dans tous les domaines. C'est Marseille en ordre dans nos rues évidemment, mais Marseille en ordre dans nos transports publics, Marseille en ordre dans nos écoles, Marseille en ordre aussi dans nos finances locales, Marseille en ordre dans nos poubelles. Voilà, Marseille n'est pas tenue. Marseille, on dit souvent, c'est la France dans 20 ans. Moi, je souhaite que ce soit une France dans 20 ans qu'on ait envie d'avoir. Et aujourd'hui, la priorité absolue des Marseillais que nous sommes, c'est l'ordre tout simplement. Donc la sécurité, mais pas que l'ordre en général.
Mais pour parvenir à cet ordre, quels sont les moyens que vous prévoyez de mettre en place ?
Déjà qu'on voyait le quotidien, pour vous donner une idée, il y a deux jours, on a retrouvé dans le métro, dans la station de métro la plus proche de chez moi, un corps démembré entre deux stations de métro. Hier, à 14h30, vous aviez un homme blessé, qui s'est réfugié, blessé à coup de machette, qui s'est réfugié dans le bus le plus proche, Porte d'Aix. Porte d'Aix, c'est là où est le siège du conseil régional. Moi, il y a quelques mois, vos confrères du quotidien m'interrogeaient devant l'entrée du conseil régional. Eh bien, il y avait quelqu'un qui s'est approché de nous, à droguer, je ne sais pas, à armer d'un couteau.
Bon, ça, vos collègues du quotidien d'ailleurs, ils n'en ont pas parlé. Mais voilà, c'est ça le quotidien. Donc, la priorité par rapport aux solutions. Déjà, un maire de Marseille, c'est quelqu'un qui a des pouvoirs en tant que maire, mais on sait que la sécurité, c'est d'abord du régalien, puis du local. En tant que maire, ce que je ferai dans les 100 premiers jours, c'est voter un programme, un financement du doublement du nombre de policiers municipaux.
Ce n'est pas normal que par rapport à d'autres communes en France, Marseille, alors qu'elle est beaucoup plus exposée à l'insécurité, au trafic de drogue, ait moitié moins de policiers municipaux et, tenez-vous bien, trois fois moins de caméras de vidéosurveillance que d'autres grandes villes toutes proches de chez nous. Donc, ça, ce sont des urgences, des décisions que peut prendre le maire de Marseille.
Et puis, demander, demander au Premier ministre, demander au gouvernement, et ça, c'est aussi le rôle de Marseille, qu'on mette l'état d'urgence, qu'on mette l'état d'urgence dans toute une série de quartiers à Marseille où, si vous ne donnez pas des pouvoirs spéciaux, plus de liberté à la justice et à la police pour faire son métier, eh bien, elle sera toujours dans une espèce de combat asymétrique avec les trafiquants de drogue et avec les criminels. Voilà les priorités immédiates des 100 premiers jours d'un maire de Marseille qui protégerait les Marseillais.
Donc, doubler le nombre de policiers municipaux pour atteindre à peu près 1000 policiers municipaux. Oui, exactement, dépasser les 1000, tout à fait. D'accord. Franck Elisio, je souhaiterais revenir aussi sur ces terribles incendies qui ont frappé Marseille. Plus de 750 hectares brûlés, c'est ça ?
Exactement, 750 hectares brûlés.
Des centaines de personnes évacuées, il y a eu aussi 97 blessés, une centaine d'habitations impactées. Alors, on sait que la cause de l'incendie est accidentelle, mais est-ce que ce lourd bilan aurait pu être évité, Franck Elisio ?
Déjà, vous parlez de lourd bilan, vous avez raison, 800, je complète, 800 pompiers mobilisés, toutes nos forces possibles et imaginables. Le plus grand incendie, et c'était vraiment aux portes de Marseille, puis dans Marseille, le plus grand incendie depuis les 25 dernières années, une centaine de maisons atteintes. Moi, évidemment, je suis allé auprès des Marseillais qui étaient touchés, c'était des maisons qui toutes avaient disparu, des gens avaient tout perdu. Pendant 48 heures, ça n'a été ni eau, ni électricité, et il n'a plus eu le temps confiné parce que les quartiers étaient bloqués, et donc des personnes âgées et tout étaient en détresse, donc tout cela a été plus ou moins géré.
Déjà, les spécialistes disent qu'il y a eu un temps de réaction anormalement long et que la décision, évidemment, ce n'est pas la faute des pompiers, les pompiers répondent à des ordres, ces ordres, c'est l'autorité politique, et qu'il y a eu un délai trop important. Dans les quartiers qui ont été touchés, on dit qu'il y a 10 ans, il y a 15 ans, quand il y a un incendie de ce type, il y a eu 30 minutes de délai et de réaction, là, il y a eu plusieurs heures, il y a eu près de 3 heures pour qu'il y ait véritablement les moyens.
Et donc, il y a eu manifestement une défaillance de l'autorité politique, donc du ministère de l'Intérieur là-dessus, et puis surtout, défaillance probablement du ministère de l'Intérieur, pour des raisons, à chaque fois, et c'est le plus choquant, budgétaires et financières. C'est-à-dire que nous avons 12 Canadair aujourd'hui, alors qu'il en faudrait 16. Ces 4 Canadair de plus, ils ont été promis par le président de la République, pendant notamment sa campagne présidentielle en 2022. Ils ne sont jamais arrivés, ils ont été bloqués par le Premier ministre du Président de l'Intérieur, qui s'appelait M. Attal, l'an dernier.
Et donc, les crédits ont été bloqués, et il y a 2 de ces 4 Canadair qui vont être normalement délivrés, mais en 2028, vous voyez, ils ont manqué. De même que pour des raisons budgétaires, toute la flotte des Canadair a été centralisée à Nîmes. Avant, il y en avait une partie à Nîmes, une partie à Marignane. Moi, j'ai demandé en tant que député, qui est toujours une base également à Marignane, pour des raisons budgétaires, on nous l'a refusé. Et pendant ce temps, l'État français dépense de l'argent à UASIA à droite et à gauche.
Et quand c'est pour la sécurité des Français, en l'occurrence à des Marseillais, et bien l'argent, comme par exemple, on ne le retrouve pas, on fait toujours des économies là où il ne faut pas en faire, c'est-à-dire sur l'essentiel.
D'accord, vous dénoncez un manque de moyens cruels. Mais Franck Alizio, alors, une dernière question, parce que le temps en file très vite ce matin. Je souhaiterais vous interroger concernant ces perquisitions qui ont eu lieu mercredi au siège du Rassemblement National. Est-ce que, comme Jordan Bardella, est-ce que vous pensez qu'il s'agit là d'un véritable acharnement ? Il a même évoqué des fouilles dans son bureau.
Tout à fait, tout à fait. Vous connaissez une démocratie où le bureau personnel, l'ordinateur personnel, le téléphone personnel du leader de l'opposition est fouillé par des enquêteurs. Mais après, on sait très bien que dans le système français, ça finit toujours, ces documents finissent pas. Dans Mediapart, ces documents peuvent finir chez nos adversaires politiques. Non, nulle part. À un moment donné, quand vous empêchez votre opposition d'être financée, quand vous empêchez votre opposition de s'opposer du coup, eh bien, c'est la démocratie que vous empêchez. Et c'est des millions de Français qui votent pour nous et qui nous soutiennent que vous empêchez de s'exprimer.
Donc, c'est très grave, de même que ce qui est arrivé hier à ma collègue Barège, qui a perdu en un clin d'œil son mandat, alors que, de l'autre côté, le député d'extrême-gauche, M. Andy Kerbac, qui, lui, s'est retrouvé en train d'acheter de la drogue, avec d'ailleurs son enveloppe parlementaire, est toujours député. Mais, je veux dire, aucune banque n'ose prêter au Rassemblement National. Ce n'est pas normal. On demande une banque de la démocratie, c'est-à-dire un financement de la démocratie française légale, régulier. Depuis des années, ce n'est jamais arrivé.
30 d'entre nous, dont moi d'ailleurs, 30 d'entre nous, des députés, des cadres du Rassemblement National, et pas que du Rassemblement National, ont vu leur compte fermé, leur compte bancaire fermé du jour au lendemain. Je veux dire, encore une fois, ce n'est pas nous qui sommes empêchés, c'est la démocratie, aujourd'hui, qui est empêchée. Et oui, Jordan a raison de le dire, c'est un acharnement, évidemment, rien n'interdit dans la loi. Au contraire, c'est la logique, que l'on prête de l'argent à un parti pour qu'il puisse fonctionner. C'est la base. Les Français financent leur propre démocratie. C'est la base.
Eh bien, écoutez, votre message est passé. Franck Alizio, merci beaucoup d'avoir été en direct sur Europe 1, député Rassemblement National de la 12e circonscription des Bouches-du-Rhône.
Franck Allisio