Point sur le Brexit après le triomphe de Boris Johnson
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- 1:00Locuteur 1Promesse
« Mon gouvernement a pour priorité de réaliser la sortie de l'UE pour le 31 janvier 2020. »
- 5:00Locuteur 1Fait
« C'est aujourd'hui que les travailleurs, au Royaume-Uni et en France, sont pressurés, justement par les directives venues de Bruxelles, par la mise en concurrence généralisée avec des pays à très très bas coût de salaire et de cotisations sociales. »
- 9:00Locuteur 1Fait
« Boris Johnson a dit qu'il n'irait pas, et aucun de ses ministres ne se rendra à Davos. »
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Mes chers compatriotes. Je ne résiste pas au plaisir de vous tenir informés des derniers développements survenus outre-Manche depuis les élections du 12 décembre dernier : ces élections qui ont été un véritable triomphe pour Boris Johnson, pour le Parti conservateur et pour les partisans du Brexit, de façon plus générale. Qu'est-ce qui s'est passé ?
Il s'est passé qu'on vient d'assister au discours de la reine. Le discours de la reine, prononcé par le monarque britannique, n'est pas évidemment rédigé par la reine. Il est rédigé par les services du Premier ministre, de l'occupant du 10 Downing Street, en l'occurrence par Boris Johnson.
Ce discours de la reine intervient en début d'année pour expliquer quelle va être la politique menée par le gouvernement de Sa Gracieuse Majesté, mais également lorsqu'il y a un changement de la Chambre des communes, comme cela vient d'être le cas. Alors Sa Majesté Elizabeth II est donc venue à la Chambre des communes, et a prononcé un discours qui fera date, puisque les premiers mots de ce discours, c'est : « Mon gouvernement a pour priorité de réaliser la sortie de l'UE pour le 31 janvier 2020 ». C'était la promesse, la promesse essentielle faite par Boris Johnson.
Bah ça n'a pas traîné. « Get Brexit done », comme on dit en anglais, c'est-à-dire : « Réussissons le Brexit », « Faisons en sorte que le Brexit ait lieu ». Eh bien à peine élu, à peine les députés installés, eh bien c'est la priorité fixée par la reine d'Angleterre.
Ça officialise au Royaume-Uni la procédure. C'est comme une publication au Journal officiel. Dans ce discours de la reine, il y avait d'autres choses qui ont été dites.
Et notamment, il y a un aspect qui a été souvent méconnu par les journaux français, qui a été beaucoup combattu d'ailleurs par les travaillistes britanniques, qui est la politique sociale de Boris Johnson. On a eu tendance...
Et même, certains en France ont tendance à faire la fine bouche sur la victoire de Boris Johnson, en disant : « Mais ça va être terrible. Les travailleurs vont être pressurés », etc. Moi, je n'en sais rien, si les travailleurs vont être pressurés.
Ce que je sais, c'est que c'est aujourd'hui que les travailleurs, au Royaume-Uni et en France, sont pressurés, justement par les directives venues de Bruxelles, par la mise en concurrence généralisée avec des pays à très très bas coût de salaire et de cotisations sociales. Donc c'est en ce moment que ça se passe, les problèmes pour les ouvriers, pour les agriculteurs, pour les professions libérales, pour les retraités. C'est en ce moment que ça se passe, sous l'emprise de l'UE, et non pas sous la possibilité hypothétique politique de Boris Johnson.
En tout cas, Boris Johnson a annoncé qu'il allait mettre le paquet sur le NHS, c'est-à-dire le service national pour la santé, ce qui est un peu l'équivalent de notre système de sécurité sociale, avec l'ensemble des hôpitaux qui s'y rattachent. Les Britanniques sont extrêmement attachés à leur service national de santé, comme les Français sont très attachés à l'assistance publique, aux hôpitaux publics, à la Sécurité sociale. C'est un des fondements mêmes de l'attachement de la France au corps social national français.
Eh bien c'est la même chose pour les Britanniques. Alors ce qu'a dit Boris Johnson, c'est que désormais, il allait redonner beaucoup de crédits au NHS. Il a évoqué une montée une puissance.
Et il y aura jusqu'à 33,9 milliards de livres sterling, c'est-à-dire à peu près quelque chose comme 38 milliards d'euros, 37 milliards d'euros par an en plus pour le NHS. Il vient d'ailleurs...
Et c'est assez notable. Il vient ainsi contredire ou prendre une position diamétralement opposée à la politique qui avait été menée depuis 9 ans par ses prédécesseurs, qu'ils fussent conservateurs ou travaillistes. Ainsi donc, Boris Johnson, le conservateur Boris Johnson, eh bien prend...
Les toutes premières mesures qu'il annonce sont des mesures beaucoup plus sociales que celles prises notamment par les Premiers ministres travaillistes dits de gauche qui l'avaient précédé. Avec ça, Boris Johnson a également annoncé qu'il allait réformer les lois sur l'immigration, puisqu'il a bien compris, Boris Johnson, que la question migratoire préoccupe les Britanniques comme les Français. Donc il a annoncé un système à la fois de plus grande fermeté vis-à-vis de l'immigration illégale, mais également favoriser de l'immigration uniquement les gens les plus diplômés venant de l'ensemble des pays du monde.
Nous ne disons pas – nous – à l'UPR que c'est ce que nous ferons, mais nous donnerons la parole aux Français. J'aurai l'occasion de revenir là-dessus prochainement. Nous, nous donnerons la parole aux Français pour savoir ce qu'ils veulent en matière migratoire.
Mais ce que ça veut dire, c'est que Boris Johnson, à partir du moment où il sait qu'il va sortir de l'UE, il sait aussi que le Royaume-Uni va être libre de décider enfin de sa politique migratoire, comme de sa politique en matière d'investissements internationaux, comme de sa politique en matière de services publics, à commencer par le service de la santé. Ce discours a fini par convaincre une grande majorité des Britanniques de la justesse du choix qu'ils avaient fait. On n'entend plus pour l'instant les travaillistes, qui sont au fond du trou.
Alors qu'est-ce qui s'est passé également ? Boris Johnson a fait quelques annonces assez spectaculaires. Il a pris acte du fait que la BBC britannique avait continuellement pris position contre le Brexit alors que c'est un service public.
C'est l'équivalent des services...
Ce sont des médias audiovisuels britanniques qui sont financés par le contribuable et qui ont pris ouvertement...
Même s'ils avaient été pas tendres contre Jeremy Corbyn, ils avaient quand même pris ouvertement ou à peu près ouvertement position contre le Brexit. Donc Boris Johnson a dit qu'il allait nettoyer tout ça, faire le ménage, et qu'il fallait que les médias publics représentent l'ensemble des opinions publiques et non pas seulement la position de tel ou tel responsable qui a été nommé là par un gouvernement antérieur. Donc il va faire le ménage en la matière, et notamment peut-être remettre en cause certaines subventions aux médias publics.
Autre chose : prenant à contre-pied toute l'oligarchie, Boris Johnson a dit qu'il n'irait pas, et aucun de ses ministres ne se rendra à Davos. Vous avez cette espèce de grand-messe...
Davos, c'est une station climatique de montagne suisse, dans le canton des Grisons, qui est devenue au fil des années, depuis maintenant 25 ou 30 ans, est devenue un des grands rendez-vous planétaires où se rencontrent les chefs d'État, de gouvernement, les grands chefs d'entreprise du monde entier, tout le monde communiant ainsi dans la divinité mondialisation. Et l'on y voit des présidents de la République ou des têtes couronnées qui voisinent avec des chefs d'entreprise ou des leaders de start-up. Tout ceci pour œuvrer dans le sens de la libéralisation – toujours plus – des échanges et dans la mondialisation.
Eh bien Boris Johnson a dit qu'il avait mieux à faire que d'aller boire du champagne avec les milliardaires de Davos. Alors sans doute, sans doute, certains trouveront cela populiste et démagogique. Mais néanmoins, néanmoins, ça plaît au peuple britannique, qui a le sentiment qu'il voit arriver maintenant comme Premier ministre un Premier ministre qui est leur défenseur, le défenseur bah des classes moyennes et des classes populaires de la population britannique, le défenseur de ceux qui ne veulent pas perdre leur emploi, qui veulent en retrouver, quoique le taux de chômage est faible maintenant au Royaume-Uni, le défenseur de tous ceux qui veulent tout simplement que le Premier ministre britannique défende les intérêts des Britanniques.
Enfin, au moment même où je parle, 20 décembre 2019 au soir, eh bien on a appris que dans le courant de la journée, un premier vote avait été obtenu par Boris Johnson à la Chambre des communes justement sur l'accord qu'il a négocié avec l'UE. Et c'est un vote historique, mais un vote très confortablement obtenu, puisque Boris Johnson a obtenu 358 voix pour et 234 contre. Ça veut donc dire que le Brexit est désormais bien parti pour avoir lieu le 31 janvier prochain.
Alors ça n'est qu'un premier vote. Ça doit passer en seconde lecture à la Chambre des communes. Il y a encore un certain nombre de procédures.
Et normalement, tout ceci devrait être bouclé, compte tenu des procédures, des secondes lectures, des va-et-vient entre les assemblées...
Ça devrait être terminé pour le 9 janvier. Mais selon toute probabilité désormais, sauf coup de théâtre, eh bien le Brexit aura lieu le 31 janvier 2020 comme promis. Une dernière chose.
Le Royaume-Uni va sortir de l'UE selon toute probabilité maintenant le 31 janvier 2020 : le Brexit. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'à partir du 1er février 2020, il n'y aura plus de députés britanniques au Parlement européen, il n'y aura plus de directives européennes qui imposeront des politiques au Royaume-Uni.
Il n'y aura plus par exemple l'interdiction de nationaliser. Il n'y aura plus de politique étrangère imposée au Royaume-Uni. Ce sont les Britanniques...
Le gouvernement de Sa Gracieuse Majesté qui décidera souverainement de sa politique étrangère, de sa politique militaire, de sa politique en matière commerciale, de sa politique en matière par exemple de services publics, de nationalisations et j'en passe. J'en parlais avec l'affaire de la NHS. Mais il faut comprendre autre chose.
C'est qu'il va falloir aussi définir le type de relations commerciales, d'échanges et d'accords commerciaux entre le Royaume-Uni et le reste des pays membres de l'UE qui sont restés dans l'UE. Et pour cela, l'accord qu'avait négocié Boris Johnson prévoyait de faire des négociations avec les pays membres de l'UE. Et tant que ces négociations n'auraient pas abouti, eh bien on reste dans le système actuel.
Alors ce qu'a obtenu Boris Johnson dans ce vote dont je parlais à l'instant, ce qu'il a eu l'idée intelligente d'inscrire, c'est que ces négociations avec l'UE pour fixer un accord de libre-échange entre l'UE et le Royaume-Uni ne pourront pas durer au-delà du 31 décembre 2020. Ça veut donc dire qu'il se prémunit de cette façon contre toute tentative d'obstruction des européistes pour faire durer, durer, durer, durer, durer, comme ils l'avaient fait auparavant avec cette pauvre Mme Theresa May...
Pour faire durer des négociations qui finiraient par se perdre dans les sables. Et le Royaume-Uni resterait ainsi englué dans les traités de l'UE ad vitam æternam. Donc ce qu'a dit Boris Johnson, c'est : soit le Royaume-Uni obtient avant le 31 décembre 2020 un accord de libre-échange avec les pays membres de l'UE qui satisfasse le Royaume-Uni, soit il ne l'obtient pas, et à ce moment-là, eh bien ça sera le hard Brexit : un Brexit sans accord.
Et ce sont les règles générales de l'OMC qui s'appliqueront. Ça veut donc dire qu'en matière commerciale, et je dis bien seulement « en matière commerciale », avec les pays membres de l'UE, eh bien il y aura une date butoir qui sera le 31 décembre 2020. Voilà toutes ces nouvelles qui nous parviennent du Royaume-Uni.
Je n'ai pas dit...
Je n'ai jamais dit que Boris Johnson faisait la politique au poil près de ce que nous, nous ferons quand nous serons arrivés au pouvoir, mais je dis que c'est un formidable espoir qui s'est levé sur l'ensemble du continent européen, un espoir immense. C'est de voir une très grande nation...
Et quelle nation ! Quelle nation que la nation britannique. Celle-là même qui a toujours été à la pointe du combat pour les libertés publiques et pour la démocratie, depuis 1215 depuis la Magna Carta – excusez du peu –.
Ça fait plus de 8 siècles que les Britanniques sont à la pointe du combat pour les libertés publiques. Eh bien encore une fois, le Royaume-Uni nous donne la marche à suivre, ou un exemple formidable dont on peut s'inspirer, même si nous ne reprendrons certainement pas tout ce que fera Boris Johnson. Par exemple son alignement sur les États-Unis d'Amérique.
Ça n'est pas notre tasse de thé, mais c'est normal, parce que la géopolitique britannique n'est pas la même que la géopolitique française. La France a des intérêts différents de ceux du Royaume-Uni. Ce formidable espoir qui se répand à travers toute l'Europe, eh bien on en a un aperçu avec la dernière livraison des sondages effectués par Eurobaromètre, qui est une officine dépendant d'ailleurs de la Commission européenne.
Donc on ne peut pas suspecter cette officine de promouvoir l'euroscepticisme ou la sortie de l'UE. Tout au contraire. Eh bien ce sondage a montré que un peu partout, les partisans de la sortie de l'UE sont de plus en plus nombreux.
En particulier, un résultat a beaucoup frappé les observateurs. C'est ce qui concerne la Pologne, avec le Polexit, qui désormais, d'après les sondages de Eurobaromètre, atteindrait...
Ce sont des sondages qui ont été effectués au début de cette année, enfin pour le premier semestre 2019, mais dont on a les résultats seulement maintenant. Eh bien les Polonais seraient actuellement 47% à vouloir un Polexit, à sortir de l'UE, contre 45% qui voudraient y rester. Notons d'ailleurs au passage que selon ce même sondage, il y aurait 42% des Britanniques qui voudraient sortir de l'UE.
On a vu par les élections qui ont eu lieu le 12 décembre que ça n'est pas 42%, mais au minimum 52% à 53%. Ce qui prouve que les sondages d'Eurobaromètre sont biaisés. Ce qui a d'ailleurs été démontré et démonté par un journal danois récemment.
Je vous renvoie à notre site internet, où j'ai publié un article sur la question. Ça veut donc dire qu'en réalité, si le sondage dit que 47% des Polonais souhaitent sortir de l'UE, c'est peut-être plus proche de 56% ou 57% des Polonais qui le souhaitent. Certains pourront s'en étonner, en se disant : « Mais la Pologne est la plus grande bénéficiaire des fonds versés par l'UE ».
Et c'est exact. La Pologne est le plus grand bénéficiaire : 14 à 15 milliards d'euros par an qu'ils touchent de l'UE, c'est-à-dire en fait de l'Allemagne, de la France, du Royaume-Uni, etc., des pays contributeurs nets.
Sauf que les Polonais sont un peuple très jaloux de son indépendance, de sa souveraineté nationale, et ceci depuis des siècles et des siècles. Les Polonais, c'est un isolat catholique au milieu de pays protestants et orthodoxes. Les Polonais ont été échaudés – c'est le moins que l'on puisse dire – par l'Histoire, puisqu'à plusieurs reprises dans leur histoire, leur pays a disparu, partagé entre leurs deux gigantesques voisins : le monde germanique d'un côté, le monde russe de l'autre.
Les Polonais ont appris à se méfier de l'extérieur et des puissances qui voulaient les bouffer. Et donc les Polonais ont développé une culture de grand héroïsme national pour sauver sa liberté et son indépendance. C'est pour ça que les 14 ou 15 milliards d'euros que leur donne la Commission européenne, certes, ils les prennent, mais les Polonais ne vont pas vendre leur liberté pour un plat de lentilles, fût-il un plat de caviar.
Voilà ce que l'on peut dire. Le Polexit, maintenant, est en pole position, si j'ose dire. Un peu partout se développe le sentiment qu'il faut en finir avec cette construction tyrannique.
Ce n'est pas nous qui allons le déplorer. Nous nous en réjouissons. L'UPR rencontre un écho de plus en plus important dans la population.
Alors je dis ici à toutes celles et à tous ceux qui me regardent : « Faites un geste. Prenez une bonne résolution. Regardez ce qui se passe au Royaume-Uni.
Regardez ce qui se passe un peu partout en Europe. Et puis sautez le pas. Vous observez l'UPR.
Eh bah c'est le moment d'adhérer. Adhérez. Vous avez jusqu'à la fin de cette année pour défalquer votre adhésion de votre impôt sur le revenu, que vous acquitterez l'an prochain sur les revenus 2019.
C'est un peu un détail, pas tout à fait pour certains. Adhérez à l'UPR. C'est là qu'il va falloir être de plus en plus au cours des mois et des années qui viennent ».
Vive le Brexit, vive le Frexit, vive la République et vive la France.