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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 16 février 2022 46 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsEurope & internationalSolidarités & familleImmigration & asile

Contre-Matinale #94 | Macron fait un nouveau « coup », Pécresse en roue libre, l’actu du jour...

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 90 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 9:51InvitéFait
    « Un habile montage a permis à sa compagne, Sandrine Doucain, de s'enrichir. »
  • 10:07InvitéFait
    « Elle obtient facilement un prêt lui permettant de l'acheter. »
  • 10:24InvitéFait
    « Sandrine Doucain est devenue propriétaire d'un local finalement estimé à 580 000 euros sans presque rien débourser. »
  • 32:15InvitéChiffre
    « Il est mis en examen. 135 000 euros, quand même, l'emploi présumé fictif de Pénélope Fillon, c'est pas mal. »
  • 33:20InvitéFait
    « Les Français de papier, c'est une expression qui a une histoire, que le monde a bien rappelée. »
  • 33:39InvitéFait
    « l'expression « Français de papier » timbrée à l'époque serait apparue sous la plume de l'essayiste Harmonio, collaborateur de la Libre Parole, le journal antisémite d'Edouard Drummond. »
  • 34:35InvitéFait
    « Pécresse voulait ainsi durant la primaire revenir sur le droit du sol et en des fondamentaux de la culture française. »
  • 34:44InvitéFait
    « Elle continue à promouvoir d'ailleurs des peines plus fortes dans ce qu'elle nomme les quartiers criminogènes en voulant créer une justice de classe. »
  • 36:10PrésentateurFait
    « Surtout si Emmanuel Macron nomme ses copains au Conseil constitutionnel. »
  • 36:35InvitéFait
    « la proposition de loi sécurité globale où il a été question d'interdire de filmer les visages des policiers, à la base, c'était une proposition d'Éric Ciotti. »
  • 36:55InvitéFait
    « Là, tout le monde se dit le rapport de force n'est pas bon, mais dans deux ou trois ans, il y a une proposition de loi qui est prête. »
  • 37:50InvitéFait
    « pourquoi cette obsession-là, à chaque fois, revenir là-dessus. »
  • 39:45PrésentateurFait
    « c'est la première fois qu'on voit trois candidats à l'élection présidentielle, trois candidats à l'extrême droite parce qu'on peut la classer maintenant dans l'extrême droite. »
  • 42:13PrésentateurFait
    « un article du New York Times qui parle de cette fuite discrète des musulmans de France en raison de ce contexte-là. »
  • 42:31InvitéFait
    « ce qui s'en vont, c'est ceux qui ont des perspectives à l'étranger. Donc, c'est les personnes les plus qualifiées. »

Temps de parole

  • Invité44 %
  • Présentateur41 %
  • Invité 26 %
  • Invité 32 %

1,8 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:23
Présentateur

On est heureux de vous retrouver aux côtés de nos camarades de radioparleurs et de David Guiraud qui, comme tous les mercredis, me rejoindront sur ce plateau. Aujourd'hui, c'est Matin Baudrero qui viendra discuter du mouvement Justice pour Guillaume. Guillaume, c'est le nom du jeune homme qui a largement participé à la libération de la parole au sujet des violences sexuelles au sein de la communauté LGBT avec la création du hashtag MeTooGay. Quant à David Guiraud, porte-parole jeunesse de la France insoumise, il a choisi de se pencher sur l'extrême droitisation des débats politiques, à l'instar du dernier meeting de Valérie Pécresse, candidate LR aux présidentielles.

Nous sommes le mercredi 16 février. Si nous tournons la 94e contre-matinale, c'est parce que nous pouvons compter sur votre précieux soutien, qu'il passe par des dons, des abonnements, des likes ou des partages. C'est vous qui nous donnez de la force pour nous lever très tôt les matins et vous pouvez continuer à le faire en participant à la cagnotte. Le lien est en description de la vidéo. Sans plus attendre, voici la titrologie du jour. Une fois n'est pas coutume, on vous propose aujourd'hui une revue des titres de la presse indépendante exclusivement.

Vous vous souvenez de la pétition pour que vos impôts financent la presse indépendante plutôt que les médias des milliardaires lancés par le Ravis le 2 février dernier et relayés par Acrimed dont nous vous avions parlé ? La mobilisation contre la concentration des médias en France et la banalisation médiatique de l'extrême droite se poursuit. Samedi 12 février, Acrimed et Visa, Vigilance et Initiatives syndicales antifascistes, ont organisé une grande journée publique d'informations et de débats autour des liaisons dangereuses entre médias et extrême droite. Ce sont près de 700 personnes qui se sont rassemblées pour assister et participer aux différents débats.

Plus de 20 collectifs, médias indépendants, associations, syndicats, éditeurs et librairies ont répondu à l'appel pour présenter leur travail et leurs actions. Le succès de cette journée témoigne d'une inquiétude très largement partagée face à l'état du paysage médiatique et de l'information, en particulier partant de campagne présidentielle, d'une inquiétude face à la rapacité du médias vore Bolloré et au système médiatique en général qui contribue depuis si longtemps à la légitimation de l'extrême droite et repousse toujours plus loin la banalisation de ses représentants, rapporte Acrimed.

Les vidéos et les podcasts seront à retrouver dans les prochains jours sur les sites d'Acrimed et de Visa. On continue de suivre cette belle dynamique de très près qui grandit et se structure autour notamment du collectif Stop Bolloré, dont fait partie le média. Pour la liberté de la presse et la démocratie, Stoppons Bolloré, c'est le message que porte ce collectif qui appelle à se mobiliser pour le droit à l'information. L'empire médiatique du milliardaire et l'idéologie réactionnaire qu'il diffuse sont une menace sur la liberté de la presse et la démocratie.

Alerte reporter, presse écrite, radio, chaînes de télévision, maisons d'édition de livres, agences de communication, jeux vidéo, instituts de sondage, salles de spectacle. En quelques années, Vincent Bolloré a concentré autant d'organes d'information et d'édition sous sa fortune et ses ordres, mettant ainsi en péril le pluralisme des médias, garant du bon fonctionnement de la démocratie. Cette concentration de médias est sans précédent dans notre histoire. Elle renverse les principes démocratiques garantis depuis la libération et tous les progrès de la liberté de la presse, du droit d'informer et des médias, s'indigne reporter.

Le collectif Stop Bolloré naît de la volonté d'un front de la société civile en défense de la démocratie, de l'état de droit, est déterminé à dénoncer et entraver ce processus qui passe par la casse sociale et le management par la terreur. Stop Bolloré, c'est aussi le hashtag qui permet de soutenir le mouvement. Et Mediacrash, qui a tué le débat public, c'est le documentaire diffusé hier en avant-première ce Mediapart qui permet de s'instruire sur les ravages de la concentration des médias.

Censure, pression, autocensure, offensive idéologique, Mediapart et Première Ligne s'associent pour un film d'enquête qui révèle comment l'information et le citoyen sortent perdant d'un système médiatique qui voit 9 milliardaires posséder 90% des médias privés. À la une également de Mediapart, à découvrir l'interview de la politiste et historienne Magali Della Sud, qui a étudié la nouvelle génération de femmes engagées à la droite de la droite et revendiquant un anti-féminisme ou un alter-féminisme.

Rompues à la communication, ces militantes nationalistes, identitaires et catholiques ont su, depuis la manif pour tous, imposer leur discours réactionnaire dans le débat public à travers des figures comme la journaliste Eugène Bastier ou l'identitaire Thaïs Descuffons à travers un usage stratégique du hashtag MeToo. Les nouvelles femmes de droite, c'est l'enquête très fournie de Magali Della Sudha qui décrit avec précision cette nébuleuse complotiste et retrace les filiations anciennes dont ces militantes sont les héritières, entretien passionnant à lire sur Mediapart. Dix ans après Uber, les chauffeurs du 93 s'unissent pour l'indépendance.

On conclut la titrologie avec cette une de nos confrères du Bondi Blog qui met en lumière une belle initiative populaire face au ravage de l'ubérisation. Le département et le territoire où l'on recense le plus de cartes VTC en France, et c'est d'ailleurs à Bondi qu'est née la première antenne d'Uber en 2012. Plus de dix ans après l'arrivée d'Uber en France, le constat est affligeant pour celles et ceux qui ont cru en leur petite entreprise dans les quartiers populaires. Ils sont allés chercher nos jeunes de cité en leur faisant miroiter qu'ils allaient être leurs propres patrons des entrepreneurs, mais en réalité, non.

C'est de l'esclavage numérique, peut-on lire dans cet article de Rémi Barbet. Mais une alternative est en marche. Une coopérative nationale de chauffeurs VTC basée en Seine-Saint-Denis va naître en 2022 en s'affranchissant du mastodonte Uber. Les plus de 500 chauffeurs fondateurs de cette coopérative souhaitent proposer un modèle plus vertueux sur le plan économique, social et écologique. Cette volonté de rompre avec la précarité qui accompagne le management algorithmique s'inscrit dans les luttes que mène l'intersédicale nationale des VTC. Depuis plusieurs années, le projet séduit au-delà du syndicat INV.

Le département de la Seine-Saint-Denis accompagne le projet depuis le début et a décidé de le soutenir financièrement. Le département sera actionnaire de la coopérative à hauteur de 25 000 euros qui est le montant maximum prévu par les statuts de la Société coopérative d'intérêts collectifs. C'est une des originalités de notre système institutionnel, de cette cinquième république difficile à réformer. Si le Conseil constitutionnel est l'arbitre des pouvoirs, ses membres sont nommés par ceux-là même qui incarnent ces pouvoirs. Certes, de manière irrévocable et pour une période allant au-delà des mandats de ceux qui ont procédé aux nominations.

Maigre garantie d'indépendance, surtout ces dernières années. Hier, on a appris les noms de celles et ceux qu'Emmanuel Macron, président de la République, Richard Ferrand, président de l'Assemblée nationale, et Gérard Larcher, président du Sénat, entendez, nommé. Et si peu d'observateurs ont été surpris, beaucoup ont marqué leur indignation. On rappelle que nous sommes à moins de deux mois de l'élection présidentielle et que le Conseil constitutionnel est le juge des opérations électorales et valide au final les comptes de campagne. Notre République est ainsi faite. C'est comme si, au foot, un des joueurs choisissait une partie des arbitres.

On peut se dire, dans une telle configuration, le chef de l'exécutif et des deux chambres du Parlement pourraient faire le choix de femmes et d'hommes connues pour leur sérieux, leur intégrité et leur connaissance des institutions et de leur fonctionnement. Mais on est en France, dans la France d'Emmanuel Macron. Nous sommes dans la République des copains et des coquins. Emmanuel Macron a donc choisi de positionner Jacqueline Gouraud, sa ministre chargée de la cohésion des territoires, signe particulier à les professeurs d'histoire-géographie et n'a strictement aucune compétence en matière de droit constitutionnel.

C'est fâcheux, mais cette vice-présidente du MoDem est une alliée du président et ça vaut toutes les compétences. Le président de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand, a quant à lui choisi Véronique Malbec, directrice de cabinet du très controversé ministre de la Justice, Éric Dupont-Moretti. Surtout, Véronique Malbec était procureure générale près de la cour d'appel de Rennes quand l'affaire des mutuelles de Bretagne a été classée sans suite. Une affaire dans laquelle étaient impliqués, bien devinez, Richard Ferrand. Petit retour en arrière.

9:38
Invité

Tout commence en 2011. À cette époque, Richard Ferrand est directeur général des mutuelles de Bretagne. Son organisme cherche à louer un local à Brest pour y installer un centre de soins. C'est dans ce cadre qu'un habile montage a permis à sa compagne, Sandrine Doucain, de s'enrichir. Sandrine Doucain a d'abord obtenu un accord financier avec les mutuelles de Bretagne pour la location d'un de ses biens. Ce bien, elle ne le possède pas encore, mais grâce à l'accord signé, elle obtient facilement un prêt lui permettant de l'acheter. Elle rembourse ensuite ce prêt grâce au loyer versé par les mutuelles de Bretagne.

Résultat, Sandrine Doucain est devenue propriétaire d'un local finalement estimé à 580 000 euros sans presque rien débourser. Cerise sur le gâteau, les mutuelles se sont engagées à prendre en charge les travaux de rénovation.

10:43
Présentateur

Je vous arrête tout de suite. Vous n'allez quand même pas penser que Véronique Malbec est intervenue à l'époque pour sauver la mise à Ferrand. Vous n'allez pas non plus relever le fait qu'elle soit l'épouse de l'actuel directeur général de la police nationale, subordonnée de Gérald Darmanin, donc soumise à l'exécutif, j'espère. Mais enfin, qu'est-ce que vous allez insinuer ? C'est complotiste ? De son côté, Gérald Archer, président du Sénat, a jeté son dévolu sur le Conseil d'État, François Seners, qui, coïncident, c'est son ancien directeur de cabinet. Le monde est petit.

En février 2019, Emmanuel Macron avait déjà choisi un de ses ministres, Jacques Mézard, le prédécesseur de Jacqueline Gourault, au ministère de la Cohésion des Territoires. Ferrand avait mis en selle Alain Juppé, l'ancien premier ministre de Jacques Chirac, condamné à l'époque, on s'en souvient, dans l'affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris. Ce n'est pas un super exemple en matière de probité, mais Juppé, c'était aussi un allié politique à récompenser. Et les copains, c'est sacré. En tout cas, les critiques se multiplient depuis ces annonces. Un magistrat interrogé par Mediapart parle de conseillers inféodés et dénonce une gifle à l'institution judiciaire.

Imaginons un seul instant qu'à deux mois de l'élection la plus importante de Russie, de Hongrie ou du Mali, les dirigeants de ces pays avaient infiltré leurs copains au cœur de l'institution, chargés de proclamer les résultats. Courions nous dit alors, nous, Français. Eh bien, c'est une belle mafia au pouvoir. C'est l'heure de retrouver nos journalistes, les journalistes de Radioparleur pour la lettre des luttes. Et les luttes, il y en a. Radioparleur, c'est le studio de podcast indépendant qui vous fait entendre le son de toutes les luttes.

Chaque semaine, on fait un zoom sur une mobilisation et vous retrouvez toutes les actions à suivre en vous inscrivant à la lettre des luttes, la newsletter gratuite de Radioparleur. Alors, profitez-en. À mes côtés, j'accueille Martin Bordrero. Pardon, Martin, salut.

12:44
Invité

Salut, tu vas bien ?

12:45
Présentateur

Ça va, je te remercie. Alors, Martin, tu es journaliste à Radioparleur et cette semaine, on se penche sur une commémoration. Celle de la mort d'un jeune homme de 21 ans, un suicide qui avait déclenché le mouvement mitou gay sur les réseaux sociaux.

12:58
Invité

Oui, Nadia, c'était dimanche dernier, dans l'après-midi, une petite centaine de personnes défilaient à Paris. Le départ, c'était place du Châtelet. L'arrivée, c'était place du colonel Fabien devant le siège du Parti communiste. Sur toutes les banderoles, dans tous les slogans, un nom, un seul, celui de Guillaume. Il y a un peu plus d'un an, le 9 février 2021, il a mis fin à ses jours, quelques semaines après avoir accusé deux membres du Parti communiste de l'avoir violé. Un suicide qui a lancé à l'époque une vague de témoignages sur les réseaux sociaux.

Le hashtag mitou gay avait alors permis de visibiliser de manière assez inédite, il faut le dire, les violences sexuelles que subissent les personnes gays et bisexuelles. Un an plus tard, les membres du collectif Justice pour Guillaume tenaient à marquer cette date anniversaire pour ne pas voir tout simplement leur ami oublié. Guillaume, c'était un garçon très impliqué dans les milieux militants parisiens et qui était, pour une grande partie d'entre elles et eux, un très proche. Alors, je vous propose d'écouter ce premier extrait du reportage de notre journaliste Clémentine Evnaud. Elle a suivi la mobilisation pour Radioparleur. L'Omerta demeure.

Alors oui, la parole se libère, mais personne n'est là pour écouter les victimes. Cette omerta doit cesser. L'injustice doit cesser. Les victimes doivent être entendues. De Darmanin à Cochard en passant par Girard, tous doivent démissionner et tous ne peuvent plus porter la voix du peuple. Nous exigeons que les victimes soient écoutées, accompagnées aussi bien juridiquement que psychologiquement et tout cela gratuitement. Mais si le MeToo Gay a bien démontré une chose, c'est que les jeunes LGBTQI+, sont particulièrement vulnérables face aux violences patriarcales. Et tout cela à cause des tabous que notre société entretient avec la sexualité aux gens. Je m'appelle Adrien.

Je suis membre du collectif Justice pour Guillaume. J'étais un des amis de Guillaume. Du coup, en fait, Guillaume, c'était un étudiant à Nanterre qui a été retrouvé mort le 9 février 2021 dans sa chambre de CITU. Et du coup, en fait, les semaines qui avaient précédé sa mort, il avait accusé Maxime Cochard et Victor Labille de l'avoir violé deux ans auparavant alors que lui, il était âgé de 18 ans. Ça fait un an qu'on se mobilise et qu'on demande notamment au Parti communiste français de réellement se suspendre et d'avoir de réelles mesures contre Maxime Cochard et Victor Labille. Je suis coordinateur départemental du mouvement des jeunes communistes dans le Val-de-Marne.

Avec ma camarade Léa, on a posé une bougie parce que justement, en tant que communiste du Val-de-Marne, on a eu des liens avec lui. Vous savez, c'est un peu ce truc-là, c'est difficile de faire un deuil justement quand il n'y a pas de justice qui est rendue et quand il n'y a même pas de reconnaissance. C'est-à-dire qu'un des slogans de la manifestation aujourd'hui, c'est de dire oui, Guillaume était un camarade et en fait, aujourd'hui, son propre parti, dont il faisait partie, ne reconnaît pas en fait ce qui lui est arrivé et ne reconnaît pas la place de l'agression qu'il aurait subie.

Voilà, dans le viseur des proches de Guillaume, l'inaction du Parti communiste dans cette affaire, on vient de l'entendre, les deux militants mis en cause par Guillaume, Victor Labilly et l'élu au Conseil de Paris, Maxime Cochard, conteste les faits, tous les faits. Aucune enquête n'a d'ailleurs été menée par la justice. Je précise d'ailleurs qu'à Radioparleur, on a bien sûr tenté de les contacter via leur avocate. Pas de réponse pour le moment, on a tenté de les contacter dès lundi dernier. En tout cas, ils ont bien été mis en retrait après ces accusations. Le PCF a été contacté par Mediapart qui a publié en début de semaine un article sur le sujet.

Le parti affirme que la mise en retrait du PCF est toujours en vigueur et que Maxime Cochard, notamment, ne fait plus partie du groupe communiste au Conseil de Paris. Il n'a d'ailleurs aucune responsabilité au sein du PCF. Cette mise en retrait, elle n'empêche pas Maxime Cochard d'être bien impliqué dans la campagne de Fabien Roussel, le candidat communiste. Il a posté sur Twitter des images de lui en train de tracter pour son candidat. Jusque-là, c'est son droit, bien sûr, et surtout une photo de son formulaire de parrainage républicain adressé à Fabien Roussel. Vous savez, c'est l'une de ces fameuses 500 signatures d'élus nécessaires pour pouvoir se présenter à l'élection présidentielle.

C'est donc précieux pour le collectif Justice pour Guillaume. Cette affaire, c'est surtout un cas d'école de l'impunité accordée aux agresseurs du monde politique. La plupart d'entre elles étaient membres du parti communiste. Il et elle ont coupé les ponts ces derniers mois avec le PCF et réclament maintenant des sanctions malgré l'absence d'enquête sur les faits ou de décisions de justice. En fait, si on ouvre un peu la réflexion, Nadia, revenir sur le drame de la mort de Guillaume et sur les accusations qui l'accompagnent, c'est aussi poser la question du bilan et de l'influence qu'a eu le hashtag MeTooGay. Mais aussi, vous savez, le hashtag MeTooPolitik, c'était plus récent.

C'était en décembre, novembre dernier. Ces deux mouvements ont tenté d'imposer la question des violences sexuelles dans le débat public. L'objectif, à chaque fois, c'est le même, rendre insupportable la banalité de ses comportements. Pourtant, un an après la mort de Guillaume, les personnes mobilisées en sa mémoire devant le siège du PCF pointent les avancées encore trop insuffisantes sur le sujet des violences sexuelles. Alors, si quelques affaires sont bien sorties sur la place publique, on est tout de même encore loin d'une prise en compte systématique et efficace de la parole des victimes. On va écouter la suite de notre reportage à la commémoration en mémoire de Guillaume.

Je suis Manel, Manel Diadoun, coordinatrice nationale de l'Union des étudiants communistes et membre du Parti communiste aussi. Du coup, il y a vraiment la nécessité de réfléchir plus en profondeur sur comment est-ce qu'on casse aussi les solidarités autour des personnes qui sont accusées et comment est-ce qu'on protège finalement les victimes puisque c'est la réelle question qui... Enfin, c'est la première question qui doit se poser au-delà de la question de la présomption d'innocence, etc.

Mais comment est-ce qu'on fait pour que les victimes puissent parler, favoriser la parole, être accompagnées, écoutées et qu'il y ait aussi un lien de confiance entre les victimes et les institutions auxquelles elles font face qui aujourd'hui, en fait, participent plus au fait qu'elles ne parlent pas, qu'elles se taisent ou qu'à l'inverse. Écoutez-nous sur radioparleur. Un constat donc de Manel Jadoun que partagent la militante féministe Valérie Rérobert lorsque Mediapart la sollicite pour tirer un bilan du hashtag MeTooGay. Elle propose cette analyse.

Le mouvement MeTooGay s'est heurté directement en fait à l'homophobie, c'est-à-dire aux représentations qui font qu'un homme en fait ne peut pas être violé et qu'un homme, s'il se fait violer par un autre, le mérite car il a fréquenté d'autres personnes gays ou bisexuelles. Et ce combat, pour une véritable reconnaissance de ces violences, il s'incarne à travers la mobilisation des proches de Guillaume et il pourrait bien passer devant un tribunal. Dans les jours suivant la mort de son fils, le père de Guillaume, Nadia, a déposé plainte contre X pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner. La procédure est toujours en cours selon l'avocate de la famille.

19:45
Présentateur

Merci Martin de nous rappeler cette bien triste tragédie et on espère que cette mobilisation va conduire le PCF à aller un peu plus loin en termes de sanctions. Comme quoi, s'il y avait encore besoin d'un nouvel exemple qu'il fallait soutenir les médias indépendants comme Radio Parleurs et le Média, bien évidemment, ce reportage que vous n'auriez peut-être pas trouvé ailleurs, en tout cas certainement pas, au sein de la presse mainstream.

Dans le cadre de la présidentielle, justement, plusieurs médias libres et indépendants s'associent pour lancer une émission hebdomadaire inédite face aux Indés et chaque semaine, pendant une heure, l'un des prétendants à l'Elysée sera interrogé par les titres de la presse indépendante autour des thèmes qui figurent parmi les priorités des Français. Suivi par près de 5 millions de personnes, ce groupement de médias entend faire vivre le pluralisme éditorial dans un contexte où la banalisation de l'extrême droite semble désormais structurer le débat public. On en a longtemps parlé pendant la titrologie.

L'émission sera diffusée en direct et en vidéo en simultané sur l'ensemble des réseaux et sites internet de ces médias. La grande première sera ce jeudi avec le candidat de Révolution Permanente Anas Kazib dès 19h. On vous y attend nombreux et nombreuses mais avant cela, on voulait vous présenter un petit teaser de ce nouveau format. Regardez.

21:12
Invité

On a quasiment un suicide de paysans tous les jours.

21:17
Présentateur

Il n'y a pas de transition écologique

21:18
Invité

sans lutte de classe mais il n'y a pas non plus de transition écologique sans internationalisme. Je le dis comme je le pense, je trouve qu'il y a là-dedans beaucoup d'amateurisme.

21:26
Présentateur

Je suis candidate à la présidence de la République.

21:30
Invité

L'écurement, de la frustration et quand il y a une élection on se dit ben oui on y va aussi parce que ça fait partie du combat. Pour défendre le pouvoir d'achat c'est d'abord d'augmenter les salaires. Un SMIC à 1800 euros brut.

21:41
Présentateur

Si les élections menaçaient l'ordre social existant je peux vous dire que du jour la main sera interdit.

21:48
Invité

Nous allons lancer dès aujourd'hui un programme de nouveaux réacteurs nucléaires. 14 EPR en avant c'est la fête. Nous on ne veut plus en voir un seul. Dans les allées du pouvoir le sort des femmes se règle autour d'une discussion bien virile d'homme à homme. L'enseignement supérieur n'a aucun prix pour la quasi-totalité des étudiants. qui est beaucoup plus financée sur l'argent public que partout dans le monde. L'université ne sera pas privatisée. Ne se fera pas par l'argent.

22:28
Présentateur

Notez bien dans votre agenda rendez-vous demain à 19h en direct pour la première de face aux Indés. L'émission est diffusée sur la chaîne YouTube du Média. On en parlait dans la titrologie. Il s'agit donc de lutter une action concrète pour lutter contre la banalisation des discours d'extrême droite au sein du champ médiatique de la concentration du Média. Et l'annonce est faite maintenant ce groupement de médias indépendants réunit Street Press Regards Radioparleurs et nous-mêmes. Eh bien, on est très contents maintenant de recevoir M. David Guiraud. Comment vas-tu ?

23:07
Invité

Ça va et toi ?

23:07
Présentateur

Oui, bon, tu as pu, enfin, on a pu tous voir, je pense, le dernier meeting de Madame Pécresse qui clairement s'aligne complètement sur le discours de M. Zemmour.

23:20
Locuteur

Eh oui,

23:20
Invité

bonjour Nadia, bonjour chers auditeurs. Aujourd'hui, c'est mercredi. Mercredi, c'est analyse. On va analyser cette roue libre, comme tu l'as dit, de Valérie Pécresse. Une roue libre sur tous les domaines, la forme, le fond, on est sur de la roue libre en 3D, on est sur de la 3D, on est sur une glissade pentue, sur un dérapage en immersion totale lors de son dernier meeting. Alors, contrairement à ce qu'elle sous-entend, voire même ce qu'elle leur donne, on ne se privera pas une seule seconde de la joie délicieuse de se moquer d'une candidate aussi réactionnaire.

Et oui, nous allons parler de féminisme aussi dans cette chronique parce que c'est un sujet, mais on va commencer quand même avec ce monument de malaise. Regardez donc cette vidéo. Mes chers compatriotes de Métropole, des Outre-mer et de l'étranger, enfin, enfin, nous voici tous réunis. Vous m'avez manqué ! Merci, merci à la magnifique équipe de France qui m'accompagne. Bravo à elle ! Merci à chacune et chacun d'entre vous de me donner votre énergie. Vous êtes toujours là ! Votre affection me porte ! C'est un privilège d'être votre candidat de porter vos couleurs, même si, désormais, c'est au peuple de France que je dois me donner. C'est gênant. C'est terriblement gênant comme introduction.

Ça transpire la sincérité. Ce meeting de Valérie Pécresse avec ce « Vous m'avez manqué » qui sonne plutôt comme un « Je vais vous assassiner ». « Vous m'avez manqué ! » qui révolte mort un peu. Franchement, c'est un jour où ma copine me dit « Vous m'avez manqué comme sur ce ton-là, je fais mes valises. » Je sens que ça sent la rupture imminente. C'est pareil pour son « Merci ». Vous entendez « Merci ». Moi, j'entends « Adieu », mais je suis peut-être paranoïaque. Je ne sais pas.

25:26
Présentateur

Moi, j'entends « Vous êtes mal barré. »

25:28
Invité

Merci. Quoi qu'il en soit, Valérie Pécresse a de toute façon trouvé plusieurs parades pour justifier son crash au risque de quelques incohérences. Il paraît que c'était un problème de son, en fait, cette histoire. En fait, quand Pécresse parle, elle nous explique que c'est parce que la foule est en délire mais qu'on n'entend pas à la télé. Comme c'est bizarre. Alors, la foule est en délire. Elle est surmute, la foule. Oui, elle est surmute. Ils ont coupé son micro. Alors, la foule est en délire, oui, mais vraiment en folie. Sauf que Pécresse dit aussi, je la cite, que la salle était dure à prendre. Donc, on ne comprend pas trop si elle était en folie ou si elle était dure à prendre.

Visiblement, il y avait deux espaces-temps de réalité dans le même meeting. Mais bon, de toute façon, Pécresse l'a dit, même si elle a fait un super discours, ce n'est pas une oratrice, en fait. C'est elle-même qui le dit parce que vous comprenez, Valérie Pécresse, c'est une faiseuse. Une faiseuse, oui, c'est quelqu'un qui va faire. Elle le dit, je la cite, qui va faire quoi, on ne sait pas trop. On sait juste qu'elle fait. Elle fait des phrases creuses et vides. Elle fait surtout ça. Elle fait du marketing et c'est pour ça qu'au lieu d'un meeting, peut-être qu'elle aurait pu se contenter d'un PowerPoint.

On se serait peut-être moins ennuyé, ça aurait été un peu plus concis et précis comme propos. Et moins cher. Oui, moins cher. Oh, quoique tu sais, il y a des PowerPoints, certaines boîtes les vendent très chères. C'est vrai. Mais ça tombe bien d'ailleurs parce que même si au final son meeting était sublime, selon Valérie Pécresse, elle ne compte plus trop en faire. C'est bizarre aussi comme réaction. Et puis, c'est de la faute des autres, en fait. C'est les autres. Regardez, regardez comme elle le dit, Macron faisait ses premiers meetings, lui aussi, il était nul quand il faisait ça.

Alors oui, c'est vrai, Valérie Pécresse, Emmanuel Macron était mauvais, mais ça n'annule pas la prestation de dimanche dernier, au contraire. Et puis, il y a quand même quelque chose dans cette affaire qui me chagrine et que peu de gens ont souligné. C'est d'abord l'effondrement de la qualité oratoire des responsables politiques parce qu'elle a beau faire le caliméro, Valérie Pécresse, elle ne sort pas de l'œuf. Elle a été élue députée en 2002, c'est-à-dire il y a 20 ans. Elle a été ministre à plusieurs reprises, elle a même été porte-parole du gouvernement. Vous avez entendu ? Porte-parole.

Parce que c'est vrai que prendre la parole en meeting, je l'avoue, ce n'est pas simple, mais pour elle. Pour elle. Non, pas toi, Valérie Pécresse, pas les arguments du soi-disant débutant, pas maintenant, pas après tout ce que tu as fait. Valérie Pécresse, il faut s'en rendre compte, a littéralement été payée pour porter la parole de son parti, de la nation ou de son gouvernement pendant des années. C'est censé être une professionnelle du discours Valérie Pécresse.

Alors, désolé, si je me fous un peu d'elle, parce qu'en réalité, elle a pris la parole, Valérie Pécresse, dans sa vie, mais seulement dans les salons parisiens, dans les hémicycles bourgeois, dans les sphères où son pouvoir était indiscutable, mais la revoilà redevenue riquiqui lorsqu'il s'agit de parler à une échelle de masse. Valérie Pécresse n'incarne probablement pas la France, mais ce qui est sûr, c'est qu'elle incarne une classe politique complètement bureaucratisée qui n'a plus l'habitude de s'adresser aux Français à une échelle de masse.

On a connu pourtant, et on connaît encore, dans beaucoup de styles différents, de grandes oratrices dans de nombreuses organisations différentes ou dans plein de domaines, à droite comme à gauche. Alors, ce qui explique le ridicule de Pécresse, c'est aussi, et c'est peut-être surtout, qu'elle a elle-même mobilisé tous les symboles de la société patriarcale et de la personnalisation de la politique. Et elle s'est piégée elle-même dans cette caricature-là. Regardez simplement la mise en scène, elle est colossale. On y a vu les trois gigantesques couleurs du drapeau français qui convergent vers le centre. Le message est tout sauf subtil, on va se le dire entre nous.

La ficelle est très grosse, elle est obèse même. Qui est au centre de ce drapeau français ? Valérie Pécresse. Mimant, bras, grands ouverts, la posture fantasmée du général de Gaulle. Et toute l'attention, de fait, se concentre sur elle, sur son corps. À titre de comparaison, quand vous regardez les meetings par exemple d'un Mélenchon, il y a souvent d'autres sujets d'intention que juste le corps de la personne qui parle. Il y a des écrans, il y a même des odeurs, c'est ce qu'on avait fait il n'y a pas très longtemps. Idem pour des candidates qui optent pour des formats beaucoup moins grandiloquents. Je pense à Taubira ou Hidalgo ou plein d'autres.

Ce que je veux dire, c'est que c'est un choix politique d'avoir mis autant d'énergie à surjouer la personnalisation et la grandeur d'âme de la personne qui parle. Et c'est justement ce décalage entre ce choix-là scénaristique et la médiocrité de la performance de Pécresse qui fait briller, qui sublime le ridicule de la situation. Et puis, puisqu'on parle de féminisme, il faudrait aussi relever que le discours de Valérie Pécresse est truffé de références à un poil sexuel, voire carrément sexiste. Parce que franchement, qu'est-ce que ça veut dire quand elle dit, je la cite, c'est au peuple de France que je dois me donner.

29:54
Présentateur

David !

29:55
Invité

Une campagne électorale ou sur Tinder ? Est-ce que vous avez vu le regard qu'elle fait face caméra au moment où elle dit ça ? C'est limite si elle ne te met pas la pression pour que toi, tu la sexualises. Et vous allez me faire croire que ce n'était pas prévu, ça peut-être. Ben non, c'était prévu. Et pour conclure sur la forme, oui, il y a évidemment du sexisme politique, il y a du sexisme dans la manière de traiter la candidature de Valérie Pécresse, assurément, mais Valérie Pécresse, dans ce meeting, a elle-même utilisé à fond tous les codes sexistes du moment. C'est une leçon au jeu de l'hyperprésidentialisation et de la figure de la politique.

Les femmes n'ont que très peu de chances de l'emporter, même si parfois elles peuvent y arriver. Alors il faudrait peut-être plutôt se demander s'il ne faut pas changer la règle du jeu plutôt que d'essayer de s'insérer dedans. Mais enfin, on ne va quand même pas en rester à la forme, d'autant que le dernier candidat ridicule s'appelait Emmanuel Macron et que beaucoup l'ont souligné, ça ne l'a pas empêché de gagner. Alors le sujet important, ça reste le fond du discours de Pécresse et regardez comme c'est atroce. Les réformes, des retraites, de l'État et de l'assurance-chômage, que ceux qui nous dirigent n'ont pas eu le courage de mener.

Dans la Nouvelle-France, celui qui touche le RSA donnera chaque semaine 15 heures d'activité à la société. Prends-nous une nation unie ou une nation éclatée face à ces questions vitales ? Pas de fatalité ni au grand déclassement ni au grand remplacement. Eh ben c'est le carnaval chez Pécresse, je crois. On se fait plaisir entre réactionnaires. Première mesure, un travail obligatoire en échange du RSA. Eh oui, allez les gueux, au boulot. Je n'ai pas pris l'extrait, mais je tiens à préciser que dans ce passage juste avant, Pécresse prend pour exemple une grande figure de la droite. Je vais la citer, accrochez-vous.

Bon alors, elle le dit avec son style, je ne le fais pas, mais souvenez-vous de l'avertissement prémonitoire lancé par François Fillon. Eh oui, ils ont de l'humour à droite, ils ont quand même un peu d'audace. Il en faut du courage pour citer comme exemple de la lutte contre l'assistana, un homme poursuivi pour complicité de recel d'abus et de biens sociaux. Il est mis en examen. Il est mis en examen. 135 000 euros, quand même, l'emploi présumé fictif de Pénélope Fillon, c'est pas mal, c'est pas mal. Et c'est lui qui est cité comme exemple de lutte contre l'assistana. C'est comme si Tannos était cité pour parler de croissance démographique.

Celle-là, elle était technique pour ceux qui ne connaissent pas trop l'univers Marvel. Quel bonheur d'être de droite quand on peut cracher au visage de ceux qui ne gagnent que 500 euros par mois pour gratter des voix. Dans le monde merveilleux des libéraux, être pauvre, ça doit être puni. Voilà, c'est ça qu'ils essayent de nous dire. Et elle est loin, du coup, très très loin, la fameuse droite sociale. Tellement loin qu'on ne voit plus qu'une droite d'extrême droite, en fait. Car dans son discours, Pécresse se jette dans la fange raciste.

Le grand remplacement, une théorie autrefois maniée par des terroristes comme Brenton Tarrant, se balade désormais de bouche en bouche, de Camus à Zemmour, de Zemmour à Ciotti, de Ciotti à Pécresse, ce qui me fait penser que le racisme est aussi contagieux que le Covid en ce moment en France. Mais ce n'est pas la seule référence, et c'est peut-être ça le pire, d'extrême droite maniée avec une certaine élégance par Pécresse. Il y a aussi cette expression, les Français de papier, citée dans son meeting. Alors, les Français de papier, c'est une expression qui a une histoire, que le monde a bien rappelée.

Je vais vous citer ce petit passage de l'article du Monde parce que je le trouvais très bien écrit. Je vous le lis. À l'origine, l'expression Français de papier timbrée à l'époque serait apparue sous la plume de l'essayiste Harmonio, collaborateur de la Libre Parole, le journal antisémite d'Edouard Drummond. Elle désignait alors les Juifs d'origine étrangère ayant obtenu la nationalité. Après, demande faite sur papier timbré, c'est pour ça qu'on appelait ça Juifs de français de papier timbré, rappelle l'historien Emmanuel de Bonneau. Dans son pamphlet antisémite La France juive, en 1886, Drummond décrit les Juifs comme Français de nom et nom de cœur.

Charles Maurras, père du nationalisme intégral et de l'action française, critique dans la cocarde, qui existe encore d'ailleurs, la cocarde étudiante, je ne sais pas si vous connaissez, journal dirigé par Maurice Barès en 1894, ce morceau de papier qui est un diplôme de naturalisation. Et il présente les Français comme la proie de tout barbare, de tout métèque à qui il plaira de se donner la peine d'entrer chez eux. Voilà pour le monde et depuis, on a Jean-Marie Le Pen, le bien connu, qui a beaucoup popularisé cette expression. Ce qui, il y a 30 ans, faisait vomir tout le monde est devenu malheureusement banal en France. Mais bon, en bon réac, les Républicains ne s'arrêtent pas là.

Pécresse voulait ainsi durant la primaire revenir sur le droit du sol et en des fondamentaux de la culture française. Elle continue à promouvoir d'ailleurs des peines plus fortes dans ce qu'elle nomme les quartiers criminogènes en voulant créer une justice de classe. Au final, dans ce meeting, on retient une chose, c'est surtout que l'extrême droite a gagné la droite. C'est triste, c'est inquiétant aussi, mais bon, on essaye de garder espoir pour une raison simple, c'est que l'extrême droite a peut-être gagné la droite, peut-être même un peu le centre, mais la droite, le centre et l'extrême droite sont encore loin d'avoir gagné les élections qui arrivent. Allez, aux urnes citoyens.

35:10
Présentateur

Merci, David Guéraud. De toute façon, c'était prévisible, il faut sortir, le Karcher et c'était trop longtemps dans la cave.

35:17
Invité

Ça se rapprochait, ouais. Voilà, c'est ça. Le Karcher ressentait que ça arrivait. Le problème, c'est que le score de Ciotti des Républicains fait qu'elle est piégée, je pense, aussi en partie, mais que même son Ciotti, en vérité, la droite est en train de dériver complètement. Franchement, Pécresse n'a pas attendu Ciotti, par exemple, pendant les primaires pour parler de cette fameuse idée comme quoi il faudrait revenir sur le droit du sol parce qu'il y avait trop de droits du sol et qu'il fallait aller vers un modèle plus à l'allemand, plus en mode droit du sang. Donc, cette dérive-là, elle est amorcée depuis longtemps. Elle est amorcée depuis avant Pécresse, en réalité.

Mais je t'avoue que moi, j'étais quand même pas mal surpris par cette proposition de justice à deux vitesses, de peine plus lourde quand on vient d'un quartier prioritaire. Elle l'a redéfendue récemment. Elle a beaucoup de mal à le défendre parce que je pense que c'est complètement anticonstitutionnel. Mais malheureusement, ce qui est anticonstitutionnel, ça peut changer. On ne sait pas au lendemain d'une élection comment ça se passe.

36:10
Présentateur

Surtout si Emmanuel Macron nomme ses copains au Conseil constitutionnel.

36:14
Invité

Ah bah Jacques Luguru, bah oui, parce que c'est ça aussi la 5e République. On se fait plaisir quand même. Franchement, pourquoi ne pas profiter ? Tu as un cocktail à portée de main, tu le bois. Là, c'est pareil, tu peux nommer tes potes au Conseil constitutionnel, tu le fais. Et tu ne sais jamais avec ce genre d'idée politique jusqu'où ça se retrouve. Je crois qu'on en avait déjà parlé. Par exemple, la proposition de loi sécurité globale où il a été question d'interdire de filmer les visages des policiers, à la base, c'était une proposition d'Éric Ciotti. Il y a quelques années, tout le monde se moquait d'Éric Ciotti.

Tout le monde se disait une proposition bien droit-tarde qui sert juste à empêcher les gens. On pensait que ça n'allait pas passer. Ça a été repris quelques années plus tard. Là, il y a un débat au Sénat sur les hijabeuses, sur des lois qui sont faites au niveau du sport par rapport aux musulmanes. Là, tout le monde se dit le rapport de force n'est pas bon, mais dans deux ou trois ans, il y a une proposition de loi qui est prête. Ils sont prêts à l'appliquer si jamais ils sont au pouvoir. Ils ont été préparés à accueillir des lois

37:10
Présentateur

comme celle-là.

37:12
Invité

Exactement.

37:12
Présentateur

Oui, et puis on voit aussi la référence à... Donc là, Marianne n'est pas voilée, ça nous fait penser

37:16
Invité

à Emmanuel Valls. Oui, oui, Marianne n'est pas voilée, c'est vrai qu'elle a dit ça.

37:23
Présentateur

Moi, j'ai jamais compris...

37:25
Invité

Les frontières sont

37:26
Présentateur

de plus en plus floues, en fait, dans les partis politiques.

37:29
Invité

Alors moi, il m'est tombé dessus la dernière fois. Il m'a fait la pub d'un événement à Roubaix. Mais non, mais Marianne n'est pas voilée. Moi, j'ai jamais compris ce besoin de toujours tout définir, en fait, par rapport à l'islam. Je ne sais pas, même intellectuellement, à part pour gratter des voies, on voit l'intérêt politique. Mais moi, je ne comprends pas, en fait, pourquoi cette obsession-là, à chaque fois, revenir là-dessus.

37:50
Présentateur

C'est une obsession, c'est rationnel, mais presque pathologique quand on sait que Valérie Pécresse est soutenue par Maître Gims qui s'offusquait que les musulmans se souhaitent un Joyeux Noël. Donc, plutôt une lecture assez rigide des textes. Donc, premier soutien de Valérie Pécresse. Je n'irai pas non plus plus loin sur les pratiques de...

38:09
Invité

Elle a dit, je l'ai eue au téléphone. Oui, voilà. Comme si ça allait annuler quoi que c'est ça. Il l'appelle Valoche dans le milieu.

38:14
Présentateur

Donc, c'est tout le paradoxe de cette femme qui, d'un côté, en dehors des... Enfin, quand on n'est pas... Dans les coulisses soutiennent beaucoup les associations de quartier et plutôt proches même d'élus issus de la diversité comme on les appelle. Et là, on a vu une caricature de Marine Le Pen qui, à côté de Valérie Pécresse, semble... a presque un visage angélique. C'est terrible.

38:37
Invité

Pour moi, c'est tout le danger de la période. C'est qu'effectivement, Marine Le Pen gagne en centralité. Alors, c'est vrai qu'elle a baissé, que le camp Zemmour organise beaucoup de défections, etc. chez elle. Mais il n'empêche qu'elle soit à ce point de-là de respectabilité où les gens se disent « Ah, mais en fait, elle, ça va. » Moi, ça me fait peur parce qu'en fait, dans l'exercice du pouvoir, entre Le Pen et Zemmour, il n'y aurait pas grand-chose qui changerait. Ce serait à peu près le même personnel politique. D'ailleurs, on voit que les échanges se font assez rapidement. Il suffit qu'il y ait un poste qui s'ouvre et hop, ça part. Mais ça peut revenir de l'autre côté si elle est élue.

Et ça serait la même politique vis-à-vis des musulmans, des gens de gauche, des associations. Parce que c'est tout ça, en fait, derrière. Ce n'est pas que les musulmans, en fait. Tu as les pauvres, les associations, les militants de gauche, les syndicalistes qui seraient concernés et qui seraient face à un pouvoir politique qui est déjà très dur sous Macron. Alors, sous Zemmour ou Le Pen, ça serait très compliqué. Et ce n'est pas parce qu'elle a l'air plus sympa dans la période parce qu'effectivement, Zemmour a pris de l'avance en termes de radicalité dans le discours que dans les faits. Ça ne serait pas tout aussi radical comme réalité pour beaucoup de Français.

39:43
Présentateur

Et dans l'histoire de la Ve République, c'est la première fois qu'on voit trois candidats à l'élection présidentielle, trois candidats à l'extrême droite parce qu'on peut la classer maintenant dans l'extrême droite.

39:51
Invité

En fait, au regard de l'histoire, on peut la classer. Là, aujourd'hui, dans la compréhension commune des gens, les gens se disent elle est de droite. Donc, elle est classée sur la droite classique. Mais clairement, quand tu fais ce bond en arrière d'il y a 30 ans, tu te dis qu'en fait, qu'elle soit classée ou de droite, ce n'est pas tant la question. C'est que l'extrême droite a énormément progressé dans le champ de la droite soi-disant républicaine et qu'il fut un temps où c'est vrai qu'il y avait une politique de la part de la droite de quand même avoir ce qu'on appelait le cordon sanitaire autour du Front National. Chirac refusait les alliances avec le Front National, etc.

Et d'ailleurs, c'est précisément ça que Zemmour a toujours condamné. Zemmour a toujours considéré qu'il fallait rompre ce cordon-là et qu'il fallait rassembler la droite républicaine et l'extrême droite. Ça a toujours été sa stratégie.

40:39
Présentateur

Et en vérité... Au niveau local. Au local, ça se fait.

40:43
Invité

Maintenant, ça commence à se faire. Ça commence à se propager un peu partout. Et du coup, tu as des personnels politiques parce que derrière les élus, tu as aussi des collaborateurs, etc. Des gens de génération identitaire, des gens de ces organisations-là qui ont des organisations dissoutes mais qui sont salariés de la politique maintenant, qui vivent, qui peuvent vivre, qui peuvent évoluer professionnellement, qui ont des pages dans leur CV, qui peuvent ensuite, peut-être après, aller dans l'administration, tenter des concours, etc. grâce à cette expérience professionnelle.

Donc derrière, il y a tout ça aussi qui se remue derrière la fin de l'étanchéité entre la droite républicaine, comme on dit, et l'extrême droite.

41:18
Présentateur

Donc trois candidats à l'extrême droite. Ça fait plaisir. Éric Seymour, Marine Le Pen et Valérie Pécresse. On est bien. Exactement. Il faudra organiser peut-être des primaires un peu plus larges chez eux maintenant. Ah bah là, c'est plus des primaires.

41:33
Invité

C'est un congrès.

41:35
Présentateur

C'est une élection dans une élection, une élection présidentielle dans une élection.

41:38
Invité

Un congrès du racisme, un truc du genre. C'est qui le plus ? C'est qui le mieux ? C'est qui le mieux raciste ?

41:43
Présentateur

On attend la prochaine sortie d'Emmanuel Macron qui va mettre tout le monde d'accord.

41:47
Invité

Il y a Darmanin qui est sur la liste de départ. D'ailleurs, lui, en plus, on ne sait même pas s'il va être ministre si Emmanuel Macron est réélu. Donc, il va jouer sa carte aussi. Il y a plein de gens de la Macronie, à mon avis, qui vont... Il faut voir leur évolution dans 5-10 ans. Ça va être sympa. Je t'ai dit, on va avoir de la matière. En tout cas, je ne sais pas si ça va être cool pour nos vies. Mais ça nous laissera des sujets pour rigoler de temps en temps dans les chroniques. C'est déjà ça. C'est ça,

42:09
Présentateur

exactement. Parce qu'effectivement, il y a des conséquences à ce discours. Je pense que tu as peut-être vu passer un article du New York Times qui parle de cette fuite discrète des musulmans de France en raison de ce contexte-là. Donc, on est même à l'inverse, à l'opposé du grand remplacement. On est plutôt dans un sens d'un grand départ.

42:28
Invité

En plus, ce qui s'en vont, c'est ceux qui ont des perspectives à l'étranger. Donc, c'est les personnes les plus qualifiées. Et en fait, on se tire une balle dans le pied considérable parce qu'on a énormément de techniciens. Il y a des domaines comme ça où les gens issus de l'immigration sont très très bons. Tu vois, tu as des deuxième, troisième génération qui font des études absolument brillantes, notamment chez les ingénieurs, etc. Et ils s'en vont en fait parce qu'ils se rendent compte qu'il y a un plafond de verre. C'était de l'Arctique. Et ça fait mal au cœur. Ça fait mal au cœur de se dire qu'on se tire une balle dans le pied comme ça, qu'on perd des talents.

Et c'est des talents, en plus, une fois qu'ils partent à l'étranger, on les adore. C'est les DJ Snake et tout. Voilà, c'est super, ils sont trop forts, etc. Ils ont fait des super belles choses. Là, c'est des Français. Et c'est ce qu'ils disent d'ailleurs dans l'article, c'est qu'à l'étranger, ils sont Français et qu'en France, ils ne sont pas Français. Voilà, ça fait un peu mal au cœur. Mais bon, on se bat pour que ça change.

43:14
Présentateur

Exactement. En tout cas, on se bat ici pour que ça change aux médias et au sein aussi notamment de l'Antenne Jeunesse de la France Insoumise. C'est un combat que tu mènes. Exactement. Merci David Guiraud. Merci à vous qui nous suivez de plus en plus nombreux et nombreux. on compte sur votre précieux soutien. Il passe effectivement par des dons. Là, vous le voyez bien, une prochaine émission diffusée des Demains 19h face aux Indés. Ça demande la mobilisation d'une équipe, un investissement temps et un investissement d'argent. Donc, n'hésitez pas à réitérer votre soutien. Le lien vers la cagnotte apparaît en description de la vidéo.

Je le disais aussi, le soutien passe par des likes et par des abonnements, par des partages puisque ça bouscule l'algorithme et ça donne une meilleure visibilité à nos contenus.

44:05
Invité

T'as vu que l'algorithme est fort cette semaine.

44:06
Présentateur

Oui, il est plutôt bon. Merci. Donc, ça veut dire que vous êtes très sympa, vous êtes à l'écoute de nos conseils, on va dire, qu'on appelle ça en gestion des réseaux sociaux mais en...

44:19
Invité

I don't know. Envoyez les pépettes. C'est tout.

44:23
Présentateur

Voilà. Bon, on va laisser l'antenne. Merci à toute l'équipe qui est derrière que vous ne voyez pas et on se dit à demain, parce que maintenant, voilà, je serai à l'animation de la matinale du jeudi puisque le vendredi, désormais, ça sera face aux Indés, donc l'émission collaborative du Média, de Street Press, Regards et Radio Parleurs. À demain, 7h30. Bonne journée.

44:49
Locuteur

Sous-titrage Société Radio-Canada