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interviewyoutube.com· 11 mai 2026 34 min

REPLAY : Retrouvez l'entretien exclusif d'Emmanuel Macron depuis New York • FRANCE 24

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous nous recevez ici à New York, comme se plaisent à dire les Américains, à quelques blocs du siège de l'ONU où a lieu cette semaine l'Assemblée Générale des Nations Unies. On va évidemment revenir ensemble, tous les trois, sur les grandes questions qui agitent, qui bouleversent le monde en ce moment. Et je serai accompagnée de mon confrère d'RF, Arnaud Pontus. Bonjour Arnaud.

0:16
Invité

Bonjour Elisabeth et bonjour Monsieur le Président.

0:19
Présentateur

Alors évidemment, on va revenir sur ce qui se passe ici. New York, capitale du monde le temps d'une semaine, qui reçoit les présidents. Vous vous parlez, vous vous rencontrez, vous négociez aussi en colis. On va y revenir dans quelques instants. Vous prononcez des discours. Évidemment, on va vous interroger sur la reconnaissance de la Palestine par la France. Mais d'abord, une question à chaud sur les toutes dernières déclarations de Donald Trump. C'était hier soir concernant l'Ukraine. Donald Trump qui a déclaré que l'Ukraine pourrait regagner son territoire dans sa forme originelle et peut-être même aller plus loin. Volodymyr Zelensky a très vite réagi. Ça lui a eu un grand tournant.

Et vous, Monsieur le Président, est-ce que vous vous félicitez de cette volte-face ? Est-ce que vous le voyez comme ça déjà, comme une volte-face ?

1:03
Emmanuel Macron

Je pense à un message très clair du président américain pour dire que la Russie est sans doute plus faible, plus fragile que beaucoup l'ont dit, qu'il a pu parfois le penser.

1:14
Invité

Tigre de papier, dit même le président Trump.

1:16
Emmanuel Macron

Donc c'est intéressant de voir que l'analyse change. Et la deuxième chose, c'est de saluer la résistance des Ukrainiens et donc leur capacité. D'abord. D'abord à tenir leur territoire et donc peut-être à en reprendre.

1:30
Présentateur

Les Russes ont gagné 1% depuis l'été. C'est peu. C'est considéré comme peu.

1:34
Emmanuel Macron

Pour qu'on se dise bien les choses, février 2022, vous avez l'offensive russe qui arrive jusqu'à Kiev, qui aurait pu prendre tout le pays. C'était cette opération spéciale qui devait durer trois semaines. Il y a ensuite la contre-offensive ukrainienne qui est menée à l'été 2022. On commence à aider et le front se stabilise en novembre 2022. Depuis novembre 2022 jusqu'à aujourd'hui. Et 1% du territoire a été pris par l'armée russe. 1% depuis novembre 2022. C'est ça la réalité. Donc il y a énormément de morts et de blessés.

2:05
Présentateur

Alors ce ne sont pas les chiffres qu'on a. On a 20% du territoire grignoté par l'armée russe et 1% depuis l'été.

2:11
Emmanuel Macron

Vous avez presque 20% qui sont pris, si on prend les choses depuis le début. Mais ce que je dis, c'est depuis que le front est stabilisé en novembre 2022 jusqu'à aujourd'hui. Et donc ce qui vous montre qu'à partir du moment où le front a été stabilisé et où les Ukrainiens se sont mis à résister et où nous avons soutenu l'armée ukrainienne dans ses forces de résistance, elle a très bien tenu face à l'armée russe. Mais pour revenir sur... Et donc ça veut dire qu'aujourd'hui, les États-Unis d'Amérique et le président Trump, très clairement, ont une perspective nouvelle.

2:39
Invité

Une nouvelle approche.

2:40
Emmanuel Macron

Et là où ils disaient que les choses doivent se faire vite parce que la situation est très dure, ils constatent une capacité de l'armée russe à résister. Ils constatent une capacité de... Ils constatent la capacité de l'armée ukrainienne à résister. Ils constatent notre capacité collective à... À faire encore davantage. Et je pense que c'est très important parce que les États-Unis d'Amérique sont des fournisseurs d'équipements défensifs et offensifs très importants.

3:04
Présentateur

On ne peut pas se passer des Américains, très clairement.

3:06
Emmanuel Macron

Aujourd'hui, l'Europe fait le plus gros de l'effort. Nous tous Européens. Mais on a besoin d'équipements et de soutien américain. Comme il y en a depuis le premier jour. Et donc c'est important cet engagement. Parce que c'est celui qui va permettre de résister encore davantage, voire de reprendre le territoire. Et je pense que le changement de regard sur l'économie russe et la capacité de la Russie à tenir cet effort de guerre est aussi un point important.

3:29
Présentateur

La vraie question qu'on se pose au lendemain de ces mots du président américain, c'est est-ce qu'on peut lui faire confiance ? Est-ce que vous lui faites confiance aujourd'hui ?

3:35
Emmanuel Macron

Nous devons tous être engagés. Et donc, vous l'avez vu depuis le mois de février de cette année, quand des doutes sont apparus ou quand on a craint qu'une pétro-rapide qui serait presque une capitulation de l'Ukraine soit forcée. J'ai réuni à Paris plusieurs collègues et nous avons structuré progressivement la coalition des volontaires, qui est co-dirigée par le Royaume-Uni et la France. 35 États. Ça va du Canada à l'Australie. Nous avons fait une programmation, une planification militaire pour dire le jour où une paix est signée, paix ou cessez le feu.

Mais ce qui est très important, quand la question du cessez le feu ou d'une trêve est abordée, voilà les garanties de sécurité qu'on fournit à l'Ukraine. Et donc on se met en capacité de soutenir l'armée ukrainienne, de déployer des forces qui garantissent qu'il n'y ait plus d'agression. Premièrement. Deuxièmement, après ce qui s'est dit hier, c'est l'engagement des États-Unis d'Amérique à nos côtés dans cette coalition des volontaires.

4:30
Présentateur

Vous le voyez comme un engagement.

4:31
Emmanuel Macron

Maintenant, on va y travailler. Et deuxièmement, c'est notre capacité collective à accroître la pression sur la Russie pour que, compte tenu de ce qui a été dit hier, compte tenu de ce que nous voyons sur le terrain, elles reviennent à une table de négociation et qu'on essaie de trouver un arrangement. Est-ce que vous voyez la perspective d'un cessez le feu rapide ? Est-ce qu'un cessez le feu est à portée de main ? Non. Je ne dirais pas aujourd'hui qu'un cessez le feu est à portée de main. Nous avons vu la disponibilité du président Zelensky depuis le mois de mars. Il dit qu'il est prêt. Il a dit rendez-vous à Jeddah, il l'a réitéré à plusieurs reprises.

Mais je ne vois pas de disponibilité de la part du président Poutine. Du président Poutine. Le président Poutine ne veut pas la paix ? Toujours pas ? Nous n'avons en tout cas aucune indication aujourd'hui qu'il la voudrait davantage qu'hier.

5:18
Présentateur

La rencontre entre Volodymyr Zelensky et Vladimir Poutine, on a tiré un trait dessus ?

5:23
Emmanuel Macron

Je pense qu'il ne faut jamais tirer un trait dessus. Il y a déjà eu une rencontre de ce type. La seule, elle était à Paris en décembre 2019. Et elle avait d'ailleurs permis de produire plusieurs effets. Donc je pense et j'espère que ce moment viendra. Vous espériez en août, d'ici à la fin août ? Nous sommes en septembre. Ça ne dépend pas que de nous. Nous l'entendons. Ça ne dépend pas non plus que du président Zelensky. Mais je ne vois pas aujourd'hui, en tout cas à court terme, cette perspective. On va voir si la pression qui est mise permet de réengager les choses. En tout cas, je le souhaite parce que ça sauverait des vies.

Parce que ça permettrait de rentrer dans une négociation sur à la fois les territoires, les garanties de sécurité et la sécurité du continent européen.

6:03
Présentateur

Justement, parce que la pression, elle va dans les deux sens. Les Russes mettent aussi la pression aux Européens. Ils nous testent eux-mêmes. Je vais rappeler quelques dates. Trois incidents en dix jours. Pologne, 10 septembre, une vingtaine de drones russes qui franchissent la frontière, qui violent l'espace aérien. Roumanie, 14 septembre, un drone russe. Estonie, 19 septembre, trois avions de combat sont restés 12 minutes dans le ciel estonien. L'automne. L'automne. L'automne n'a pas réagi jusqu'où on laisse faire comme ça ?

6:26
Emmanuel Macron

D'abord, l'OTAN a réagi de manière proportionnée. Mais à chaque fois, d'une part, dénonçant, en convoquant des réunions de coordination telles qu'elles sont prévues par les textes, et en rehaussant sa posture de défense. La France et le Royaume-Uni, par exemple, ont contribué en envoyant des rafales, pour notre part, supplémentaires, pour la police de l'air en Pologne. Mais est-ce que c'est suffisant, M. le Président ? Face à ces provocations... Vous dites proportionnées, ça vous semblait être la bonne réponse ? On voit bien que ce sont des tests. La question, on ne va pas ouvrir le feu face à cela. Le Premier ministre polonais l'évoque. Il l'évoque s'il y a à nouveau des incursions.

7:02
Invité

Il évoque très clairement, si vous permettez que je le cite, Donald Tusk. Il a dit que son pays est prêt à abattre, sans sommation, tout objet volant, violent son territoire. Est-ce que vous le soutiendriez dans cette perspective ?

7:14
Emmanuel Macron

D'abord, ce qu'a dit à juste titre le Premier ministre Tusk, c'est si les nouvelles violations apparaissaient. Mais face à... à ces tests en quelque sorte de crédibilité, je pense que notre réaction collective, elle a été proportionnée. Maintenant, il est tout à fait légitime que les États qui ont été aujourd'hui déjà touchés, et tous les autres, soient intraitables. Et c'est ce que, collectivement, nous avons à être. Et donc, oui, bien sûr, c'est une posture de l'Alliance. S'il y avait à nouveau des provocations, ou un espace aérien ou terrestre qui devait être violé... Les Américains nous soutiendraient ? Il importerait de réagir.

7:52
Présentateur

Les Américains nous soutiendraient ?

7:53
Emmanuel Macron

Les Américains. Les Américains sont partie prenante de ce traité qui prévoit un article de solidarité, ce fameux article 5.

8:00
Invité

Et donc, il faut quand même doser, en quelque sorte, si je vous entends bien, réponse proportionnée. Il y a tout de même un risque d'escalade ou une inquiétude que ça puisse mener à une escalade.

8:08
Emmanuel Macron

Quel est l'objectif, tel que je le vois, de ce qu'a fait la Russie ? C'est de nous dire, vous voulez soutenir l'Ukraine, vous apportez des garanties de sécurité. Moi, je vous signale, par ces incursions, que vous devriez mieux vous occuper de votre propre protection. L'exercice que nous avons fait. L'exercice de coalition des volontaires, il est compatible avec notre posture et notre défense à l'est de l'Europe. C'est ce qui a été vu en coordination avec l'OTAN. Et donc, il importe de montrer qu'on sait tout à la fois protéger l'Ukraine parce qu'elle est aux avant-postes de notre sécurité collective et continuer à protéger nos espaces aériens.

Donc oui, il importe d'être très clair, de réagir vite, ce que nous avons fait. Il importe de rehausser la posture, comme on dit, c'est-à-dire mettre plus de moyens. Ce que nous avons fait, la France y a contribué. Et s'il y avait des nouvelles provocations, de monter d'un cran, parce que ça voudrait dire que la Russie aura choisi de monter d'un cran. Je ne pense pas que ce soit son intérêt. Et je pense que... Pour être clair, pardon, M. le Président, monter d'un cran, qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire que si quelqu'un vous provoque à nouveau, vous devez réagir de manière un peu plus forte.

Donc je ne vais pas faire de politique fiction, parce que la capacité à être crédible dans ses affaires, c'est précisément de ne pas être trop lisible. Non mais, parce que sinon, il faut poser cette question d'abord aux Russes, qui ont l'initiative de l'agression. En tout cas...

9:23
Présentateur

Non mais vous, votre posture... Aujourd'hui, en cas de nouvelles tentatives, de nouveaux tests, le niveau d'après, ce serait la réaction par le...

9:31
Emmanuel Macron

Mais c'est de faire ce que nous avons planifié. De manière très claire. Mais il en va aujourd'hui de la sécurité de l'Europe. Donc nous ne pouvons pas laisser installer l'idée que la Pologne, l'Estonie, la Roumanie seraient en situation de faiblesse. Parce que l'étape d'après, c'est l'Allemagne, puis nous. Donc il est important... Il est important que nous soyons unis, que nous soyons crédibles. Et nous le sommes. Nous y avons mis les moyens.

Maintenant, derrière tout cela, on voit bien que le chemin qui est souhaitable, c'est celui d'une Russie qui enfin prend conscience qu'elle est aujourd'hui dans une situation d'être une puissance de déstabilisation pour toute l'Europe, qui revient à la table des négociations, et avec laquelle des accords sont trouvés sur l'Ukraine, et avec laquelle, en quelque sorte, un nouveau pacte de sécurité est trouvé pour le continent européen. C'est ça. C'est ce que nous devons collectivement chercher. Dans cette affaire, depuis le début, la France essaie de trouver un chemin de paix.

Quand vous êtes face à une puissance de déstabilisation qui choisit la guerre, simplement, vous devez monter votre posture, aider celui qui résiste, garder la crédibilité de vos positions, pour ne pas être faible.

10:43
Présentateur

Et pas qu'en Ukraine. On l'a vu en début de semaine avec vous, votre discours à la tribune. C'est évidemment l'un des grands temps forts de cette semaine, pour vous, pour la France, pour les Palestiniens. Aussi, vous avez beaucoup expliqué et commenté votre décision, votre choix, qui est de reconnaître l'état de Palestine au nom de la France. On le sait, ça a été une décision compliquée, difficile, il y a eu des tergiversations. Vous-même, je crois, depuis 2017, votre position a beaucoup changé. Cette question qu'on vous a déjà beaucoup posée, mais que les Palestiniens m'ont de nouveau soufflé à l'oreille des Palestiniens de Gaza, pourquoi ce calendrier ? Pourquoi ce choix ?

Aujourd'hui, qu'est-ce qui vous a fait changer d'avis ?

11:22
Emmanuel Macron

D'abord, la position de la France. La France n'a jamais changé. La France a toujours soutenu les deux États.

11:28
Présentateur

Mais n'a jamais franchi le cap que vous venez de franchir.

11:30
Emmanuel Macron

C'est tout à fait vrai. Mais je dis juste parce que nous n'avons pas fait un tête-à-queue ou pas bougé stratégiquement. Et même quand plus personne n'en parlait, je recevais le président Mahmoud Abbas pour réaffirmer cela. Et quand beaucoup, y compris dans la région, avaient abandonné et ne parlaient plus des deux États. Donc la France a eu une constance à travers les alternances sur ce sujet. Pourquoi j'ai décidé, au nom de notre pays, de franchir cette étape ? Il n'y a pas eu de tergiversation. Il y a eu une analyse profonde et surtout la volonté que cela déclenche une action utile. Ça a été toujours mon obsession. Ça n'est pas une reconnaissance symbolique.

C'est une reconnaissance qui ouvre un processus qui permet un chemin de paix. Et cela, je l'ai décidé pour différentes raisons. La première, c'est qu'aujourd'hui, quel est notre objectif stratégique ? Le premier, la libération des otages détenus par le Hamas. Et on voit bien que la guerre totale ne le permet pas. Elle les met même en danger. C'est le cesser le feu, sauver des vies à Gaza et reprendre le travail humanitaire. Ceci n'existe que si derrière, on arrive à faire le démantèlement et la démilitarisation du Hamas. Si vous voulez obtenir ces objectifs, il faut retrouver un chemin politique.

C'est-à-dire qu'il faut sortir du cycle de la violence où, en quelque sorte, on réduit tous les Palestiniens au groupe terroriste islamiste qu'est le Hamas. Et donc, stratégiquement, c'est pour ça que j'ai considéré que la reconnaissance était une nécessité à ce moment de la guerre. Deuxième chose, la reconnaissance, c'est le seul moyen d'isoler le Hamas. Le seul. L'armée israélienne...

13:07
Présentateur

Tout le monde ne dit pas ça, les Israéliens disent ça, c'est un cadeau au Hamas.

13:10
Emmanuel Macron

Je pars des faits. L'armée israélienne a restauré sa capacité de dissuasion dans la région. L'un des effondrements du 7 octobre, on a tous évidemment en tête à la fois les victimes, celles et ceux qui ont été fauchés et tués par cette barbarie terroriste, les blessés et les otages. Mais c'était aussi l'effondrement de la crédibilité d'Israël dans la région. Elle l'a restaurée par des actions sécuritaires remarquables face à des cibles terroristes. Et elle a décapité l'organisation terroriste du Hamas. Vous nous dites que la guerre n'est plus utile aujourd'hui ? Ce que je dis, c'est qu'elle a réussi cela, c'est un succès.

Maintenant, est-ce que le Hamas est en train de disparaître par la guerre ? La réponse est non. Vous avez, au moment où nous nous parlons, et les Israéliens partagent cette analyse, autant de combattants du Hamas qu'au début. Malgré la neutralisation de plusieurs dizaines de milliers d'entre eux. Pourquoi ? Parce qu'ils se régénèrent. Et donc la guerre totale dans Gaza fait des morts civiles, mais elle ne permet pas de mettre fin au Hamas.

14:12
Présentateur

Et c'est pour cela que vous estimez que le plan israélien de Benyamin Netanyahou ne fonctionne pas et est un échec en ce sens ?

14:16
Emmanuel Macron

Je dis juste que c'est un échec factuel après deux ans de guerre. C'est factuel. Ce sont les faits. Et donc, ce que je dis, c'est que le plan, la reconnaissance et le plan, permet de faire quoi ? La première chose, et je vous dis, c'est le seul moyen d'isoler le Hamas. D'abord, grâce à notre initiative franco-saoudienne, nous avons obtenu des engagements de l'autorité palestinienne inédit. La condamnation de l'attaque terroriste du Hamas, le soutien à sa démilitarisation, et la réforme tant attendue de l'autorité palestinienne qui a commencé avec des lois qui ont commencé à être passées, un vice-président qui a été élu, changement des programmes scolaires.

Et donc, on a un chemin de modernisation pour une nouvelle autorité palestinienne qui est la condition des deux États. Deuxième chose, vous avez 142 pays qui ont signé la déclaration de New York. Cette déclaration a donc été signée par tous les pays de la Ligue arabe, tous les pays de l'OCI. Pour la première fois, ces pays ont condamné le Hamas et ont soutenu la démilitarisation et démobilisation du Hamas.

15:10
Présentateur

Ce sont des avancées. Effectivement, ce sont des avancées.

15:12
Emmanuel Macron

Et donc, ce que je vous dis là, c'est que ce processus-là, c'est le seul moyen, un, de dire aux Israéliennes et aux Israéliens, vous n'êtes pas seuls. Quand le chef de votre gouvernement vous dit, on est tout seuls, on est les seuls à pouvoir faire la sécurité chez nous, faux. Il y a un processus de paix qui existe, il y a un chemin qui est là, qui est soutenu par 142 États et tous vos voisins.

15:33
Présentateur

Mais concrètement, à quel moment les Palestiniens vont sentir des effets concrets dans leur vie ? Parce que j'en reviens à Mungazaoui qui me dit, qu'est-ce que ça va changer concrètement dans ma vie demain, cette reconnaissance ? Évidemment, je salue le geste de la France et du président français, mais il va falloir attendre combien de temps pour que moi, j'en sorte des effets ?

15:49
Invité

La reconnaissance, les reconnaissances, la dizaine de reconnaissances du début de la semaine n'ont pas stoppé la guerre.

15:54
Emmanuel Macron

Non, parce que ça ne peut pas fonctionner comme ça. Mais vous ne pouvez pas stopper la guerre s'il n'y a pas de chemin de paix. Et donc, ce n'est pas que une reconnaissance que nous avons mise sur la table, c'est un plan de paix et de sécurité pour tous complet. Le premier, il y a trois piliers, le cessez-le-feu, la libération des otages, le jour d'après à Gaza et les deux États et l'architecture de sécurité régionale. Maintenant, une fois qu'on a mis ce plan sur la table, qu'est-ce que ça change ? Et la discussion qu'on vient d'avoir sur le Hamas, c'est exactement celle que j'ai eue hier avec le président Trump et son équipe. C'est celle que j'ai eue avec tous les voisins dans la région.

C'est dire, regardez, ça ne marche pas.

16:29
Présentateur

Dites-moi justement, qu'est-ce qu'il vous a dit, Donald Trump, hier ?

16:32
Emmanuel Macron

L'objectif, maintenant, c'est de commencer dans le bon ordre. Qu'est-ce qu'on doit obtenir ? L'arrêt des combats. Et donc, moi, j'ai demandé à ceux qui ont la capacité aujourd'hui de peser sur le gouvernement israélien...

16:43
Présentateur

Les Américains ?

16:44
Emmanuel Macron

Ce sont les Américains. Et j'ai dit hier au président Trump, vous avez un rôle éminent à jouer, vous qui soutenez la paix, qui voulez faire la paix dans le monde et qui... Il vous a répondu quoi ? On va voir ce qu'il va faire dans les prochains jours. On est pestés par nos choses. Et donc, il a, comme moi, constaté que des opérations militaires, la relance de la colonisation dans la Cisjordanie, était totalement contre-productive, n'a rien à voir avec le Hamas, et est véritablement une décision inattendue.

Et donc, il a, comme moi, constaté que des opérations militaires, la relance de la colonisation dans la Cisjordanie, était totalement contre-productive, n'a rien à voir avec le Hamas, et est véritablement une décision inattendue. et c'est inacceptable. Et je crois pouvoir dire qu'il est d'accord avec cela. Et la deuxième chose, je lui ai dit, ça ne marche plus face au Hamas. Les drames humanitaires que nous vivons aujourd'hui à Gaza nous imposent de bouger, vous devez faire pression.

17:28
Invité

Donc, vous attendez une double inflexion, israélienne sous la pression américaine.

17:32
Présentateur

Pour le moment, il n'y a aucun signe qui nous montre.

17:34
Emmanuel Macron

C'est le seul moyen, je vais vous dire très clairement, la France comme... En l'occurrence, le temps d'impuissance sur cette affaire. Mais nous ne livrons pas d'armes. Contrairement à ce que beaucoup de gens disent, la France contribue au dôme, c'est-à-dire à la sécurité d'Israël face aux missiles qui peuvent l'attaquer par des composantes. Nous ne livrons pas d'armes et nous ne participons pas aux opérations militaires.

17:55
Présentateur

Est-ce que ça prête à faire de nouveau les Américains ? L'administration américaine veut faire voter au Congrès une nouvelle enveloppe pour une livraison de 6 milliards de dollars.

18:02
Emmanuel Macron

Justement, ceux qui ont un moyen de pression très concret, il y a deux façons de faire. J'utilise les deux avec le maximum d'engagement et d'énergie, de convaincre les Israéliens et puis de convaincre les Américains de faire pression sur eux. Ensuite, si dans les jours qui viennent, les choses continuent à Gaza, nous tous Européens, on aura aussi des responsabilités à prendre. Des sanctions ? Évidemment. On ne peut pas laisser les choses... Mais vous voyez bien que les 27 sont divisées. Quand je vois les choses, j'essaie de les changer. Oui, mais vous pensez que... Nous sommes tous confrontés à la même situation. L'analyse que je viens de faire est factuelle.

Et donc tout le monde a sa sensibilité, son histoire.

18:38
Invité

Vous pensez que la suspension de l'accord d'association, puisque c'est de ça dont on parle avec les 27, peut arriver ?

18:43
Présentateur

Vous pensez aux Allemands quand vous parlez de tout le monde a son histoire ?

18:46
Emmanuel Macron

Je pense à tous les pays d'Europe, chacun a son histoire. Et je l'ai dit, nous le faisons avec beaucoup d'amitié. D'ailleurs, le chancelier Merz a changé très profondément la position allemande cet été. Il a eu des positions sur Gaza extrêmement fortes. Donc il y a encore du travail et vous y œuvrez. Mais encore une fois, je vous dis ce qu'on fait. Si ça devait dévier, mais moi le scénario, le cœur du travail que nous sommes en train de faire, ce n'est pas de faire de la politique fiction, c'est de dire on a travaillé pour qu'il y ait ce plan. Ce plan, il est inédit. Et on a déjà obtenu des avancées. Celles que je viens d'évoquer de l'autorité palestinienne, celles des voisins.

Jamais on n'avait engagé tous les États de la Ligue arabe et de l'OCI sur un processus de démantèlement et de démilitarisation du Hamas. On l'a sur la table. Donc tout ça, ce sont des acquis. Maintenant, fort de ça, il faut qu'avec les Américains, on travaille. Ce qu'on a commencé à faire pour qu'il y ait justement un plan qui soit porté par les États-Unis d'Amérique. Et donc là, comme souvent d'ailleurs dans l'histoire de cette question, il y a une convergence euro-arabe. Les propositions que nous avons faites, les trois pages que nous avons remises aux États-Unis d'Amérique, qui sont la substantifique moelle de la déclaration de New York, c'est le cœur d'un plan euro-arabe, de paix.

Maintenant, les États-Unis d'Amérique... vont l'absorber, si je puis dire. Il y a eu hier une réunion très importante avec tous les pays de la région et quelques autres, comme l'Indonésie, qui sont très attachés à la question palestinienne et les États-Unis. Ils vont maintenant mettre sur la table un plan. Et je crois que la stratégie du président Trump va être de soumettre ce plan à Israël, au Hamas. Et ce plan, là aussi, doit avoir comme première étape la fin des combats et la libération des otages. Et je pense que si on arrive à aligner tout le monde, les États-Unis... les Arabes, les Européens, sur ce plan de paix, on peut avoir un résultat.

20:41
Invité

Vous nous dites que, évidemment, vous ne voulez pas faire de politique fiction, mais vous avez bien entendu des ministres israéliens parler d'annexion de la Cisjordanie en représailles au plan et aux reconnaissances de l'État palestinien.

20:52
Présentateur

Benyamin Netanyahou a validé le plan Iwan qui prévoit de couper la Cisjordanie...

20:57
Emmanuel Macron

Je pense que sur ce sujet, de manière très claire, ce qui m'a été dit hier par le président Trump, c'est que les Européens et les Américains sont sur la même... sur la même position. Donc il ne faut pas arriver à l'annexion de la Cisjordanie ? Résolument pas.

21:10
Présentateur

Ce sera une ligne rouge pour vous ?

21:11
Emmanuel Macron

Oui, mais ça a été aussi évoqué... C'est la fin des accords d'Abraham, par exemple, qui est un des acquis de l'administration Trump 1. Les Émirats arabes unis ont été très clairs. Et c'est, je crois, aussi une ligne rouge pour les États-Unis d'Amérique. C'est à eux de l'exprimer.

21:24
Invité

C'est une crainte véritable que vous avez ? C'est la possibilité de l'annexion de la Cisjordanie ?

21:28
Emmanuel Macron

Mais comme vous, j'écoute ce qui est dit, et on aurait tort de prendre à la légère parfois ce qui est dit. Et une des raisons pour lesquelles nous avons, en juillet, confirmé la volonté de faire maintenant la reconnaissance de la Palestine, c'est aussi parce qu'en juillet, la Knesset a voté une résolution en Cisjordanie. Et ce qui montre bien que l'objectif de certains n'est pas du tout de lutter contre le groupe terroriste du Hamas. Le Hamas n'est pas en Cisjordanie. Le Hamas n'est pas en Cisjordanie. C'est de saper la possibilité d'un chemin politique. Et je le redis, c'est l'idée de base, mais elle est très importante. Quand vous ne donnez pas à un peuple un...

un chemin, une perspective politique pour son aspiration légitime que la communauté internationale a reconnue il y a 78 ans, vous les poussez soit au désespoir, soit au pire, c'est-à-dire à la violence.

22:16
Présentateur

Est-ce qu'il n'y a pas un risque, pardon, de radicaliser le gouvernement israélien ? On vient de parler de ce plan Iwan en Cisjordanie occupée, la Cisjordanie qui est réduite à l'état de confettis. Il y a le risque de représailles pour les Palestiniens qui est posé aujourd'hui. Les Palestiniens ont peur de voir l'offensive israélienne se durcir encore un peu plus.

22:34
Emmanuel Macron

Je crois que malheureusement, il n'y a pas besoin de ça pour que l'opération soit terrible. Et quand je vois ce qui se passe à Gaza City, le seul risque, c'est celui de la passivité pour nous.

22:45
Invité

Représailles aussi contre la France, Monsieur le Président. Il en est question. On parle de la fermeture du consulat de Jérusalem. Je pense que ce serait une faute grave. Et donc je ne crois pas qu'elle sera faite. Qui entraînerait des conséquences ? Oui, mais une fois encore, je ne vais pas... Pas de politique fiction ?

23:00
Emmanuel Macron

Faire des escalades. Mais une réponse. De toute façon, on ne restera jamais impuissants. Mais sur tous ces sujets, il faut bien comprendre que nous devons mener cette action diplomatique. Le rôle de la France, c'est de bâtir, là aussi, et nous l'avons fait, on a réuni 142 États autour de ce plan que nous avons porté avec les Saoudiens. Et donc c'est de montrer... Et je veux le dire ici, parce que la France, avec l'Arabie saoudite, a porté une initiative politique qui est majoritaire dans le concert des nations. Ce n'est pas si courant dans le monde où on vit. Et où tous les États de la région ont endossé ce plan.

Donc c'est pour ça aussi que je veux en souligner l'importance, la force et le fait que c'est déjà un processus diplomatique qui a commencé. Mais nous ne sommes pas des acteurs. On n'est pas en train d'équiper, d'armer ou de combattre. Et donc c'est aussi, je dirais, la force et les limites de la diplomatie dans ces moments-là. Il faut qu'elle exerce suffisamment de pression pour que les armes cessent. C'est notre objectif de court terme.

23:59
Présentateur

Vous parlez de diplomatie. Benjamin Netanyahou, on a vu les propos échangés ici et là.

24:04
Emmanuel Macron

Est-ce que vous vous parlez encore ? Je l'ai eu.

24:06
Présentateur

Vous avez essayé d'expliquer votre démarche aux Israéliens.

24:09
Emmanuel Macron

Ça a été compliqué. Je l'ai expliqué. J'ai fait transmettre aussi ce papier et ce plan de paix. J'ai du respect pour l'État d'Israël, pour les Israéliennes et les Israéliens. J'ai même de l'amitié pour ce pays profonde.

24:20
Présentateur

Et pour Benjamin Netanyahou, votre relation aujourd'hui.

24:22
Emmanuel Macron

Et j'ai du respect pour le Premier ministre Netanyahou qui est le dirigeant légitime d'Israël. Et donc c'est très important. Oui, de parler, d'expliquer et d'expliquer nos désaccords. Nous sommes en désaccord. Ce n'est pas un grand mystère. Mais les ponts ne sont pas coupés pour parler clairement.

24:37
Invité

En ce qui me concerne, non. En ce qui vous concerne, non. Ça veut dire que l'autre côté du pont ne vous parle pas ?

24:42
Emmanuel Macron

Si, je l'ai eu il y a une dizaine de jours. Maintenant, on va voir comment les choses se déclinent. Mais moi, je pense qu'il faut toujours essayer de parler, d'avancer. Et c'est essentiel.

24:51
Invité

Vous savez que cette reconnaissance de l'État de Palestine a suscité un certain émoi en France. La plus grande communauté juive d'Europe est en France. 500 000. 500 000 personnes. On entend des Français juifs s'inquiéter, s'indigner. Est-ce que vous comprenez ce désarroi ?

25:06
Emmanuel Macron

D'abord, je le dis parce que tout ça s'est passé. C'est le hasard du calendrier onusien qui ne m'appartient pas. Oui, avec Rosh Hashanah, le nouvel an juif. Le moment de Rosh Hashanah. Et donc, je veux dire, voilà, présenter mes voeux et mes fêtes. Mais vous avez raison de rappeler que ça aurait dû être le 18 juin. Et donc, ce calendrier n'est pas choisi par votre serviteur. Ensuite, j'ai passé beaucoup de temps. J'ai essayé d'expliquer, parfois à convaincre, d'autres fois moins. Mais je l'ai fait avec beaucoup de respect. J'ai expliqué la position de la France. Certains ne sont pas d'accord. Certains le comprennent et le soutiennent. Et d'autres considèrent qu'il aurait fallu attendre.

25:43
Présentateur

Il y a moins de 30% des Français qui sont d'accord avec cette reconnaissance sans contrepartie. Alors après, c'est...

25:49
Emmanuel Macron

D'abord, deux choses. Je me méfie des sondages. Il y a eu un sondage qui est sorti hier pour dire que 53% des Français étaient pour. Donc, les gens font les sondages en fonction de ce qui les arrange sur ce sujet.

25:57
Présentateur

En tout cas, c'est un sujet qui divise quand même.

25:58
Emmanuel Macron

Et ensuite, on ne fait pas de la diplomatie sur ces sujets en voulant faire de l'électoralisme. Et je ne le fais pas pour cela. Au demeurant, je n'ai pas d'échéance.

26:07
Invité

On entend qu'ils sont choqués par le fait que vous n'ayez pas posé la libération des otages comme une condition préalable.

26:15
Emmanuel Macron

Je n'ai pas fini, et c'est le plus important, sur nos compatriotes qui peuvent être de confession juive ou qui sont parfois franco-israéliens. Et vous avez raison de dire que la France s'en orgueille d'avoir la propre décision. Nous avons la première communauté juive d'Europe en même temps que nous avons la première communauté musulmane. Musulmane d'Europe aussi. Et notre pays se tient. Voilà. Les conditions que tu as posées, je les ai mises pour l'ouverture d'une ambassade française en Palestine.

Mais il faut être clair, si le fait même de reconnaître la Palestine avait des conditions préalables, et c'est aussi pour cela que ces derniers mois ont été importants, qui étaient en particulier la libération des otages, le Hamas ne veut pas la libération des otages. Et d'ailleurs le Hamas, contrairement à ce qui est dit, ne veut pas les deux États. Il ne l'a jamais voulu, il veut la destruction d'Israël. Mais le premier ministre Netanyahou ne cherche pas avant tout la libération des otages.

27:10
Présentateur

Il sacrifie les otages.

27:11
Emmanuel Macron

Mais sinon il n'aurait pas lancé une opération terrestre sur Gaza City, où nul ne sait s'il y a des otages. Sinon il n'aurait pas décidé des frappes qui ont divisé l'État sécuritaire israélien sur Doha, où étaient en cours les négociations sur la base d'une proposition américaine, entre les négociateurs du Hamas, du Qatar, de l'Égypte, des États-Unis et d'Israël. Donc vous voyez bien que si c'est la condition préalable, on se met en situation de la laisser à des gens dont ce n'est pas l'objectif. Donc nous, nous avons un objectif absolu qui est, je dirais même, avant tout cela, ce n'est pas une condition, c'est notre objectif absolu, c'est la libération des otages et le cessez-le-feu.

Et je le dis parce que nous sommes inattaquables en la matière. J'ai été l'un des premiers chefs d'État à aller en Israël dès octobre 2023, à prendre dans mes bras les familles. La France est libre. La France est libre. La France est le seul pays au monde, même Israël ne l'a pas fait, qui le 7 février 2024 a fait une journée de commémoration pour les victimes et les familles. Je n'ai cessé de recevoir les familles. Donc je veux le redire ici avec beaucoup de force, la libération des otages est pour nous l'élément absolu, indépendamment même de tout ce plan, même si tout cela ne devait pas marcher, c'est ce pourquoi on continuera de se battre.

Et le cessez-le-feu à Gaza, parce que rien ne justifie ces vies aujourd'hui fauchées. Donc ça, c'est le point clé. Et au-delà de tout cela, nous sommes confrontés à un antisémitisme. En France, en Angleterre, en Allemagne, aux États-Unis d'Amérique. C'est une réalité qui a flambé après le 7 octobre. Qui a commencé malheureusement depuis des années, qui est une nouvelle forme d'antisémitisme, qui est irriguée par certaines forces politiques, qui est poussée par aussi un radicalisme religieux islamiste et qui rend la vie impossible à trop de nos compatriotes. Et qui rend la vie impossible de manière sournoise.

Ce sont des enfants qui doivent quitter leurs écoles, ce sont des familles qui quittent leurs quartiers, ce sont des gens qui sont agressés gratuitement, qui ne peuvent plus porter la kippa, qui ne peuvent plus mettre leurs enfants là où ils souhaitent les scolariser. Et donc, face à ça, évidemment, c'est mobilisation collective, parce qu'il en va de la République. Mais ça n'a pas commencé, ça n'est pas lié à la reconnaissance. C'est un mensonge de dire cela. Donc, nous n'avons jamais cessé de nous mobiliser. D'abord, en mettant des forces inédites pour protéger les synagogues, les lieux les plus sensibles. J'ai rehaussé cette posture dès après le 7 octobre 2023.

Ensuite, c'est de nous mobiliser sur tous les aspects. L'éducation nationale, nous avons tenu des assises il y a quelques mois. L'éducation nationale a renforcé les mesures justement pour protéger les familles, les enfants. Et il en est de même dans le supérieur. Nous avons changé la loi pour que l'antisémitisme soit mieux combattu dans l'enseignement supérieur. Et nous venons de prendre une circulaire pénale pour que la justice passe plus vite lorsque des actes antisémites sont justement identifiés. Donc, tout ça pour vous dire que oui, il y a un antisémitisme en France et en Europe. Oui, cet antisémitisme, il est l'antithèse de la République.

Et donc, en même temps que nous faisons cette reconnaissance, que nous œuvrons pour la paix au Proche-Orient, nous devons redoubler d'efforts pour lutter contre l'antisémitisme et pour lutter d'ailleurs contre toutes les formes de discrimination et rebâtir l'unité.

30:15
Présentateur

Le temps passe vite, pardon Monsieur le Président. On a d'autres grands dossiers, d'autres grandes questions à vous poser, notamment sur l'Iran. Je crois que vous rencontrez le Président Erdogan. Nous avons rencontré le Président iranien juste après notre entretien. Une question qui nous intéresse évidemment nous, RFI et France 24. On voudrait parler du sort des otages français, Cécile Kohler, Jacques Paris, Lénaert Monterlo. Le 11 septembre dernier, le chef de la diplomatie iranienne, Hadi, a annoncé qu'un accord d'échange de prisonniers était dans sa phase finale. Demain, en France, les proches de ces otages vont se rassembler et sont très inquiets.

Est-ce que vous pouvez les rassurer et leur dire qu'ils seront bientôt de retour en France ?

30:51
Emmanuel Macron

D'abord, je vais ici redire mon soutien aux familles évidemment et le fait que la France n'abandonne aucun de ses enfants. J'ai eu l'occasion de les voir et mes équipes, le Quai d'Orsay, sont en permanence en contact avec les familles. Il y a un travail ardent et constant que nous menons qui a permis la libération précédemment de plusieurs de nos otages. Est-ce que vous allez en parler avec le Président iranien tout à l'heure ? Bien sûr. Bien sûr, c'est toujours mon premier sujet. C'est votre premier sujet à chaque fois. Je lui dis de toute façon que ce sont les conditions de la confiance. Donc je ne peux pas l'accepter.

Nous les informons de manière très précise, chose que je ne peux pas partager ici à l'antenne. Vous avez des nouvelles d'eux ? Nous avons des nouvelles. Ça a été très dur d'avoir des visites consulaires. Au moment des frappes, les otages ont été déplacés avec d'autres prisonniers parce qu'ils sont dans la prison des vignes. Mais après, je suis ici très prudent aussi parce que, un, je pense que moins on en dit publiquement, plus on est efficace. Mon objectif est d'être efficace et d'obtenir leur libération. Je veux redire aux familles notre affection, notre mobilisation. Et oui, on a une perspective solide. Mais on comprend votre prudence. Donc on y travaille. On y travaille.

On aura dans les prochaines semaines des clarifications. Mais je ne veux pas ici être définitif parce que malheureusement, ça ne dépend pas que de nous.

32:16
Présentateur

Et qu'il y a des dossiers sensibles qui vont être abordés encore aujourd'hui ?

32:19
Emmanuel Macron

Notamment le nucléaire iranien ? Oui. Mais vous savez, sur ces sujets, on les a toujours, si je puis dire, déliés. Mais le préalable à tout, de toute façon, ce sont nos otages. Là aussi. Après, il y a d'autres sujets.

32:29
Présentateur

Le croisement des agendas, ce n'est pas un problème pour vous ?

32:31
Emmanuel Macron

De toute façon, les choses sont connues.

32:33
Invité

Et nous ne l'avons pas fassayé sur ce sujet. On l'a compris, votre agenda de New York est très chargé. Nous vous étions engagés à tenir 30 minutes. On vous a évidemment retenu un peu plus.

32:42
Emmanuel Macron

Mais on vous libère. Sur le sujet, puisque je ne voudrais pas du nucléaire iranien, que la France aussi agit. Avec le Royaume-Uni.

32:49
Invité

Pour que ce soit clair que nos auditeurs et téléspectateurs, la possibilité que les sanctions soient réinstaurées à partir de dimanche.

32:54
Emmanuel Macron

C'est ce qui était prévu par ce qu'on appelle le JCPOA. Cet accord signé il y a maintenant 10 ans. 10 ans, oui. Et donc la France, le Royaume-Uni et l'Allemagne ensemble ont cette possibilité de réactiver ces sanctions. Ce qui est un levier de pression. Ce qui a été activé en août. Et donc nous avons des... En tout cas, la mécanique a été enclenchée. Nous sommes dans la phase finale avant que ça ne se déclenche. Et donc là nous avons un travail à la fois technique et très important. J'ai vu hier le directeur général de l'Agence Internationale de l'Energie Atomique. Monsieur Grossi. Je verrai tout à l'heure le président iranien.

On a eu un travail très intense avec nos partenaires américains sur ce sujet. Et notre objectif c'est d'essayer d'obtenir des résultats. C'est-à-dire le retour des enquêteurs. Et des résultats très concrets pour nous redonner de la visibilité sur l'impossibilité de l'Iran de se doter d'une arme nucléaire. Donc vous nous dites qu'il n'y en a pas. Si on obtient ces résultats. Peut-être que les prochaines heures permettront d'avoir...

33:45
Présentateur

La fenêtre de tir est très courte là. Il y a quatre jours avant le retour des sanctions.

33:48
Emmanuel Macron

La fenêtre de tir réelle elle est de quelques heures. Et donc c'est les discussions d'aujourd'hui. Donc vous nous dites qu'il y a tout de même une possibilité que les sanctions ne soient pas réinstaurées. Il y a une possibilité si l'Iran fait ce dernier geste. La journée d'aujourd'hui va nous le dire. Sinon elles seront réinstaurées. Merci Monsieur le Président d'avoir accordé cet entretien à nos deux chaînes. Merci beaucoup.

34:03
Invité

Merci.

34:04
Présentateur

Merci Monsieur le Président.

34:05
Invité

Et merci à vous qui nous avez suivis sur RFI et France 24.