COVID-19 : LES GUYANAIS DÉNONCENT L'INCOMPÉTENCE DU GOUVERNEMENT
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 20 %Attaque 70 %Défensif 10 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:00Philippe BoubaFait
« Si on est à ce stade aujourd'hui de la crise c'est certainement parce qu'on n'a pas su anticiper les événements. »
- 2:00Philippe BoubaFait
« Ce confinement que l'on nous a imposé à 7000 kilomètres de Paris il était contre-productif. »
- 3:00Philippe BoubaFait
« Le gel hydroalcoolique, les masques ne sont pas arrivés à temps d'où l'inventivité locale, des masques en tissu ont été produits, le rhum ici a été utilisé pour faire du gel hydroalcoolique. »
- 4:00Philippe BoubaFait
« On a poussé les murs. On a appliqué le plan blanc qui signifie une alerte rouge et une réquisition de tout le monde. »
- 5:00Philippe BoubaFait
« Cette pandémie a révélé tous les maux de notre terre, que ce soit la santé, le logement, l'éducation. »
- 7:00Philippe BoubaFait
« On a donné de l'argent à Air France, dans les grandes entreprises, alors que pour les populations il y avait un manque de moyens urgent. »
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8 heures sur place, la visite est expresse et l’objectif du Premier ministre clairement affiché : rassurer les guyanais, l’État reste mobilisé et n’abandonne pas ce territoire. La stratégie du gouvernement ça a été une successive arrivée de ministres mais finalement sur le terrain on a pris ça comme du mépris parce qu’ils considéraient que tout allait bien dans le meilleur du monde. Si on est à ce stade aujourd’hui de la crise c’est certainement parce qu’on n’a pas su anticiper les événements.
Je m’appelle Philippe Bouba. Depuis quatre ans, je vis, je travaille et je milite en Guyane. Je suis porte-paroles de Solidaires Guyane, et depuis plusieurs semaines un des porte-paroles du Mayouri Santé Guyane qui est un collectif d’organisations pour essayer d’alerter les pouvoirs publics contre la situation catastrophique concernant le développement de la Covid-19 sur notre territoire.
Ce qu’il faut comprendre c’est que comme tous les territoires nous avons été touchés par cette crise sans précédent mais à la différence c’est que ce confinement que l’on nous a imposé à 7000 kilomètres de Paris il était contre-productif. Il y avait très peu de cas en Guyane au mois de mars et malgré tout on a senti que la pandémie allait arriver, qu’elle allait se développer et que les bonnes décisions n’étaient pas prises par les gouvernances locales et nationales. Surtout, essentiellement, par la Préfecture et l’ARS.
Ce qu’il s’est passé partout s’est passé chez nous. C’est-à-dire une panique, une incapacité à régler cette crise, une incompétence aux bonnes décisions ce qui fait que le gel hydroalcoolique, les masques ne sont pas arrivés à temps d’où l’inventivité locale, des masques en tissu ont été produits, le rhum ici a été utilisé pour faire du gel hydroalcoolique. On a poursuit également les syndicats de soignants pour alerter, pour dire que les personnels qui sont actuellement en Guyane vont être dépassés.
Il y a un manque de personnels, un manque de moyens financiers, un manque de soutien également. L’installation de cet hôpital de campagne juste à côté de l’hôpital va nous permettre de dédoubler notre circuit d’accueil des urgences, de le sécuriser. Dans nos urgences actuelles on accueillera les urgences Covid et les urgences non-Covid seront accueillies dans l’hôpital de campagne.
On va véritablement sécuriser les parcours patients. On est 20 au total, médecins, infirmiers, logisticiens qui vont venir nous soutenir. On a eu des renforts de la part de l’Hexagone mais ces renforts pour nous n’ont compensé que les retards depuis des dizaines d’années.
On a trois hôpitaux, à Cayenne, à Saint-Laurent-du-Maronie et à Kourou. Tout le monde a été pris en charge sauf qu’on a poussé les murs. On a appliqué le plan blanc qui signifie une alerte rouge et une réquisition de tout le monde.
Il y a également des patients qui ont été envoyés aux Antilles, en rapatriement sanitaire. La stratégie du gouvernement ça a été une successive arrivée de ministres, Outre-Mer, Santé, Premier ministre, mais finalement sur le terrain on a pris ça comme du mépris parce qu’ils considéraient que tout allait bien dans le meilleur des mondes. L’épidémie a franchi le fleuve qui marque la frontière avec le Brésil.
La pandémie s’est développée en Guyane à l’est, à la frontière avec le Brésil, à Saint-Georges. Le Mayouri Santé Guyane ainsi que la parlementaire Serville avaient demandé un hôpital de campagne à Saint-Georges pour pouvoir justement bien protéger la population des deux côtés de l’Oyapock. Ca n’a pas été fait.
Ca ça aurait pu justement empêcher la pandémie de se développer sur le reste du territoire. Cette pandémie a révélé tous les maux de notre terre, que ce soit la santé, le logement, l’éducation. On a eu vraiment l’impression que le gouvernement n’était pas à l’écoute de nos difficultés.
Il fallait vraiment protéger l’ensemble de ces territoires, l’ensemble de ces pays, tout simplement respecter ce que le président Macron avait dit, c’est “la santé n’a pas de prix”. D’où le fait que lorsqu’il y a eu le déconfinement, une vingtaine d’organisations ont décidé de se réunir au sein d’un collectif pour pouvoir imposer des décisions qui étaient pour le bien de la population. Nous avons des revendications très simples, des tests gratuits, des tests aussi coordonnés, intelligents, pour les quartiers, une distribution de masques à profusion pour que l’ensemble des populations du territoire puissent être protégées, et puis il fallait également continuer à aider le monde soignant puisque en Guyane ça fait des décennies que les personnels de soignants, que les syndicats avaient alerté également par des grèves, par des débrayages, par un mouvement social très fort en mars - avril 2017 et malheureusement tout cela a été quasiment laissé lettre morte.
Donc on s’est retrouvés esseulés d’où le fait que la Guyane s’est auto-organisée. La bonne nouvelle c’est que le CHU, centre universitaire hospitalier, est redevenu à l’ordre du jour alors que ça fait depuis 2001 que c’est dans les cartons et que c’est depuis 2001 que c’est réclamé par le territoire. Il y a eu de bonnes décisions qui ont été faites, c’est indéniable.
La CTG a distribué des masques pour ses personnels. La CTG est allée voir les communes isolées pour de la distribution de nourriture. Heureusement, établissements scolaires fermés mais en revanche pas de stratégie avec aussi les acteurs locaux puisque nous aurion pu aussi dès le début proposer des choses.
Mais ce que nous on a proposé tout simplement c’était aussi de mettre aussi les moyens financiers. On a donné de l’argent à Air France, dans les grandes entreprises, alors que pour les populations il y avait un manque de moyens urgent. Cette urgence sanitaire elle a montré également les faillites de l’état jacobin, de l’État français comme on peut l’entendre.
Il faut vraiment que l’ensemble des territoires se disent que le local peut être la solution, et nous en Guyane on a décidé de se retrouver pour justement porter des décisions fortes.
Emmanuel Macron