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interviewBLAST· 24 mars 2022 11 min

ZEMMOUR, PÉCRESSE : C'EST LA LUNE DE MIEL

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

La droite qui s’affiche avec l’extrême droite,l’éternel retour de François Hollande et l’intervention de Volodymyr Zelensky devant les parlementaires français. C’est le sommaire du numéro 22 de la Guerre du trône. En perte de vitesse dans les sondages, la droite fait son marché à l’extrême droite.

Mardi soir, l’hebdomadaire Valeurs actuelles et l’association des Éveilleurs, proche de la Manif pour tous, organisaient une grande réunion autour des valeurs. Celles de la droite, bien sûr. Le plateau des intervenants avait de quoi surprendre : une ministre macroniste, Marlène Schiappa, la candidate des Républicains, Valérie Pécresse, Éric Zemmour, pourfendeur de La république en marche, des Républicains et du Rassemblement National, Éric Ciotti le rival malheureux de Valérie Pécresse, Marion Maréchal récemment ralliée à Éric Zemmour et Jordan Bardella, le président par intérim du Rassemblement national.

Ils n'ont pas vraiment débattu. Ils se sont succédé sur la scène du Palais des sports en s’interpellant. Un palais des sports où les partisans d’Éric Zemmour étaient manifestement très nombreux comme l’ont constaté nos deux journalistes sur place, Emma Barrier et Laetitia Lallement.

Valérie Pécresse s’est efforcée de mettre en avant ses convergences avec l’extrême droite : Sur les questions d’ordre et de régalien, c’est vrai qu’on n’a pas forcément les mêmes réponses, la droite, l’extrême droite, ce ne sont pas tout à fait les mêmes réponses, je le dis ici clairement, parce que nous, nous avons des réponses qui sont efficaces et qui ne sont pas brutales. Il y a beaucoup de choses qui me séparent de certains d’entre vous. Il y a beaucoup de choses qui me séparent de certains d’entre vous, mais il y a au moins une chose qui nous rassemble, c’est que si on est là ce soir, c’est parce que on ne veut plus d’Emmanuel Macron, on veut remplacer Emmanuel Macron et qu’on ne croit pas aux sondages, et qu’on ne veut pas se faire voler cette élection.

Ça au moins, c’est trois points d’accord entre nous. Cette déclaration marque une vraie rupture dans la tradition gaulliste. Jusqu’à présent, la droite affirmait que ses valeurs étaient différentes de celles de l’extrême droite.

C’était la position, par exemple, de Jacques Chirac. Voilà maintenant qu’il n’y aurait plus qu’une différence de méthode. La droite se montrerait réaliste et raisonnable là où l’extrême droite se contenterait de fantasmer.

C’est, par exemple, le reproche que la première adresse à la seconde à propos de la remigration. C’est quoi, la remigration ? Un concept ancien de l’extrême droite remis au goût du jour par Éric Zemmour qui veut en faire un ministère.

Voilà la définition qu’il en a donnée mardi. Qu’est-ce que c’est la remigration ? C’est le renvoi des gens dont on ne veut plus.

On renverra les clandestins, on renverra les délinquants étrangers, on renverra les criminels étrangers, on renverra les 4000 fichés S soupçonnés de terrorisme, de djihadisme, etc. Ca me paraît le bon sens près de chez vous. Écoutez maintenant la réponse d’Éric Ciotti.

La remigration, ça ne veut rien dire. Les slogans, les slogans… Les slogans, j’entends vos réactions mais vous ne m’empêcherez pas de dire ce que je pense. Les slogans… Les slogans n’apporteront pas de solutions.

La remigration. Vous allez faire retourner des gens qui sont Français dans leur pays d’origine. Tout ça, vous dites “oui” mais tout ça n’est pas possible.

Tout ça n’est pas réaliste. On peut se faire plaisir. Je ne suis pas là pour dire ce que vous avez envie d’entendre.

Je suis là pour défendre des solutions raisonnables, responsables et qui sont applicables. Ce qui est condamné ici, ce n’est pas le principe de la remigration. C’est qu’elle soit impossible.

Il n’y a pas qu’Éric Ciotti qui développe ce raisonnement. Tandis que se tenait la réunion du Palais des sports, Marine Le Pen s’exprimait sur BFM : Moi je sais très bien d’où vient ce concept. C’est un concept qui a été créé par quelqu’un qui s’appelle Jean-Yves Le Gallou.

Qui était au FN. Et l’idée qu’il prônait était celui de supprimer en réalité la nationalité française à ceux qui l'avaient obtenue. Et moi, j’y suis opposée.

Est-ce qu’il est raciste ? Est-ce que c’est raciste ce concept de remigration ? Je ne suis pas sûre que ça ait un rapport, en l'occurrence, avec la race.

Il est surtout, totalement antirépublicain, pardon. Moi, je respecte l’état de droit, et les gens qui ont obtenu la nationalité, y compris sur des critères que je conteste, eh bien, ils sont des Français à part entière. On résume : Valérie Pécresse a des points d’accord avec les Zemmouristes.

Éric Ciotti partage leurs objectifs, mais trouve qu’ils s’y prennent mal et Marine Le Pen est d’accord avec Éric Ciotti. Le moins qu’on puisse dire, c’est que les murs qui séparaient la droite de l’extrême droite sont en train de s’effondrer. On affiche désormais une communauté de valeurs.

Et l’on débat de la meilleure stratégie pour les faire triompher. L’extrême droite est définitivement sortie du cercle de la réprobation. Les socialistes se sont faits une raison.

Anne Hidalgo ne reviendra pas dans la course à l’Élysée. Du coup, ils préparent déjà l’étape suivante : les élections législatives et, au-delà, la reconstruction du parti socialiste. Et comme en politique, on fait toujours du neuf avec du vieux, c’est François Hollande qui entend conduire cette renaissance.

C’est ce qu’il est venu expliquer lors du meeting que tenait Anne Hidalgo à Limoges, mardi dernier. Chers amis, quoi qu’il advienne les 10 et 24 avril prochains, une initiative devra être prise, au lendemain du scrutin et avant les élections législatives, pour reconstruire la gauche de responsabilité. Il se murmure même que l’ancien président pourrait briguer un siège aux élections législatives.

Reste à savoir si quelqu’un a encore envie de voir François Hollande jouer un rôle politique. Mercredi, le président Volodymyr Zelensky s’est adressé à la représentation nationale par visio conférence. Nous attendons de la France, de votre leadership, la restauration de l’intégrité territoriale de l’Ukraine.

On peut le faire ensemble. Et s’il y en a qui ont des doutes entre les personnes présentes, alors je peux vous dire que votre peuple en est sûr. Parmi ceux qui doutent, il y a Nicolas Dupont-Aignan dont Emma Barrier a recueilli la réaction.

Monsieur Zelensky a parlé avec émotion de ce qu’il se passe en Ukraine, et on est tous émus, on a tous un cœur. Mais on a le droit d’avoir un cerveau. Et le cerveau, c’est de ne pas entraîner la France dans la guerre.

Moi je pense qu’il y a un plan de paix possible. Neutralité de l’Ukraine, autonomie constitutionnelle et surtout ne pas mettre le doigt dans l’engrenage qui serait une pure folie pour les Français. Mais c’est un autre passage de l’intervention du président ukrainien qui a été abondamment commenté : Les entreprises françaises doivent quitter le marché russe, Renault, Auchan, Leroy Merlin et autres, ils doivent cesser d’être les sponsors de la machine de guerre de la Russie.

Ils doivent arrêter de financer le meurtre d’enfants et de femmes, les viols. Dans la soirée le groupe Renault a annoncé qu’il suspendait ses activités à Moscou. Mais Leroy Merlin ou encore Auchan ne bougent pas pour l’instant.

Mardi, Total avait déjà annoncé qu’il ne signera plus de nouveaux contrats d’achat de produits pétroliers russes. En revanche, les contrats en cours iront à leur terme, c’est-à-dire jusqu’à la fin de cette année. Le patron des socialistes, Olivier Faure, appelle les consommateurs à faire pression sur les entreprises françaises encore présentes en Russie : Il faut que les grandes enseignes, Total, Leroy Merlin, Auchan, se retirent de Russie et que s’ils ne le font pas, nous appelons ensemble à boycotter ces produits en France pour que ces géants comprennent que pour une poignée de dollars on ne brade pas nos valeurs.

Mais du côté de la République en marche, on considère que toutes les entreprises ne sont pas dans la même situation : S’il y a des entreprises qui nourrissent les populations civiles, qui n’ont rien à voir avec le conflit, qui ne le soutiennent pas et même qui luttent contre en Russie, je pense que ce soit la meilleure idée que d’appeler leur boycott. Pour le député LR Philippe Gosselin, il faut se montrer prudent dans le retrait des entreprises françaises : Ca peut être une solution le cas échéant. Peut-être pas immédiate ; là aussi, il faut mesurer les conséquences.

Vous savez, c’est comme ceux qui demandent à ce qu’on arrête immédiatement les achats d’hydrocarbures russes. C’est facile à dire quand on n’a pas de dépendance. Mais si vous êtes un pays comme l'Italie, comme l’Allemagne et dans une moindre mesure la France, avec une dépendance assez forte, arrêter immédiatement, c’est mettre à genoux aussi l’économie occidentale, l’économie européenne.

Et ce n’est pas quand on sera affaibli avec le cas échéant des mouvements sociaux, des difficultés dans les entreprises qu’on sera utiles à l’Ukraine. Enfin, du côté de la France insoumise, on préfère accroître les sanctions contre les oligarques : On pense que les sanctions les plus efficaces contre la Russie, c’est ceux qui frappent, ceux qui profitent du système Poutine, c’est à dire les oligarques. Après les autres sanctions, on le sait au niveau économique, il faut faire attention qu’il n’y ait pas un effet boomerang.

Si par exemple vous faites des sanctions qui consistent à plus de gaz et plus de pétrole russe, ça pourrait être très positif mais est-ce que ce n’est pas finalement en premier lieu notre population qui va en souffrir ? Est-ce que ça va être un élément qui permet de faire pression sur la Russie ? Je ne suis pas sûr.

Les sanctions économiques sont un moindre mal comparé à une intervention militaire directe. Mais elles vont pénaliser les peuples européens plus qu’elles ne feront céder Vladimir Poutine. Si vous avez aimé cette chronique, si vous voulez nous soutenir, n’hésitez pas à vous abonner à notre chaîne Youtube.

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À lundi pour un prochain numéro de La Guerre du trône.