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interviewPublic Sénat (sur YouTube)· 22 janvier 2026 26 min

Annie Le Houérou : « Le Sénat a changé la nature du texte sur la fin de vie »

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

la séance sur la fin de vie d'hier. On va en parler avec vous. Annie Louerou, bonjour.

Merci beaucoup d'être là. Vous êtes sénatrice socialiste des côtes d'armor, chef de fil du groupe socialiste. Sur cette ce texte sur ces débats sur la fin de vie, on va évidemment y revenir parce qu'il s'est passé beaucoup de choses au Sénat hier.

Mais d'abord on regarde ensemble les une de la presse régionale. On en a sélectionné trois. D'abord la une des dernières nouvelles d'Alsace, une victoire agricole récoltée à Strasbourg. les eurodéputés qui ont voté de justesse en faveur de la saisine de la Cour de justice de l'Union européenne sur la légalité du Mercosour.

Un coup d'arrêt pour ce traiter et une bataille remportée par les agriculteurs. Deuxième une, celle du Dauphiné. Le protoxyde d'azote quand le gaz tue en vente libre jusqu'à récemment.

Le protoxyde d'azote surnommé gazilaran est aujourd'hui au cœur de plusieurs drames familles, médecin élus alertes sur l'usage de ce produit dont l'usage détourné touche de plus en plus de jeunes. Et puis la dernière, celle du courrier de l'Ouest. L'Actalis lance un rappel de son lait pour enfants.

Le groupe mayonnais a pris a mis en place un rappel international de son lait infantile silo potentiellement contaminé par une toxine sont concerné. De quelle lune avez-vous envie de nous parler ? Lactalis.

Vous avez compris ? Ils ont trop tardé à réagir. Ça vous inquiète ce qui se passe ?

Bah c'est toujours inquiétant quand on voit les conséquences notamment sur la santé des enfants, voire plus puisque un enfant serait décédé. Donc c'est toujours dramatique mais l'actalis produit du lait, c'est une industrie, je pense que ils sont très contrôlés finalement et et je dirais j'ai dans mon passé travaillé dans un laboratoire public et je pense qu'il est très très important que les contrôles aient lieu de manière réitérée, de manière constante. et par des établissements indépendants.

C'est très très important. Et je ne sais pas, je ne connais pas suffisamment bien le dossier, mais je crois que la justice est saisie sur la question des délais de de réaction, mais je sais que nos industries agroalimentaires sont très attentives et d'ailleurs l'actalis a d'elle-même fait rappeler tous les produits, l'a-t-elle fait dans des temps suffisants. En tous les cas, c'est les contrôles sont absolument nécessaires en interne, en autocontrôle, mais aussi par des laboratoire indépendant.

L'autre actualité, c'est ce vote qui a eu lieu hier au Parlement européen sur le Mercosour. C'est un vote qui inquiète les agriculteurs dans toutes les régions dont la vôtre. On va se rendre tout de suite la Bretagne, on va à Guingan.

Bonjour Donovane Guéjon. Merci Goujon, pardon, merci d'être avec nous. Donovane, chef de rédaction de l'agence de Guingan West-Fance.

Novane, on va parler avec vous de ce vote hier au Parlement européen sur le Mercosour, un accord qui suscite beaucoup d'oppositions chez les agriculteurs et bien sûr chez les agriculteurs bretons. Et tout à fait. Bonjour madame la sénatrice.

Vous vous savez vous savez très bien que Guingan effectivement et et les côtes d'armor au sens large sont une terre agricole et et la question de de l'accord du Mercosour a été a été très très importante et très préignante dans le territoire. On l'a vu, il y a eu des premières mobilisations très fortes avant les fêtes de Noël. Ils avaient déjà, ils étaient venus il y a 2 ans manifesté.

Il y avait déjà cette idée du Mercour dans les dans les débats à l'époque, mais là d'autant plus. Et après les fêtes, ils ont ils ont remis ça. Ils ont mené des contrôles dans les dans les grandes surfaces.

Et puis il y a eu le le point d'org, une grosse action départementale qui a été menée dimanche soir et et dans la nuit de dimanche à lundi euh devant la base devant la base logistique pardon d'une d'une enseigne de de supermarchés où ils ont été plus de de 100 tracteurs mobilisés. Ils ont été euh avec 85 remorques qui les ont intégralement déversé pendant 4 heures euh sans discontinuer devant devant la base logistique de cette enseigne. Et puis euh moi j'ai passé la nuit sur place avec eux et j'ai pu j'ai j'ai pu échanger avec nombreux d'entre eux qui qui voilà au-delà de l'accord du Mercour, il y a cette question qui est qui est qui est qui est qui est centrale en fait du du manger français et du bien manger français.

Voilà, il me disait notamment lors des contrôles qui constatait du port étranger, des produits laitiers étrangers, des haricots même venant du du Kenya et même au rayon surgelé. Un me disait "On n pas on n pas vu une frite française." Euh donc il y a il y a cette vraie question qui est qui est importante et et l'enseigne depuis a a répondu.

Elle elle a dit que depuis un an, elle a elle a elle a monté la part des produits français de 73 à 75 %. Euh moi ma question pour madame la sénatrice euh h est SAC et est-ce que vous comprenez euh la mobilisation de de ces agriculteurs et et ce type d'action euh qu'ils peuvent mener parfois euh parce qu'ils en ont comme ils disent vraiment ralboler euh oui, je comprends tout à fait euh ces agriculteurs et ces agricultrices qui se sont mobilisées parce que ils doivent pouvoir vivre de leur travail et je le premier objectif que nous devons collectivement et et le défi que nous devons relever, c'est de faire en sorte qu'ils puissent vivre de de leur travail. Il y a de la concurrence effectivement et on voit la concurrence internationale et on voit des produits venant de pays et le Mercosur va accentuer ceci notamment avec des droits droits de douane qui ne seront plus ce qu'ils sont aujourd'hui.

Pour autant, nous pouvons agir et en tant qu'élu, nous pouvons aussi agir parce que les collectivités pour ce qui concerne la restauration collective, la restauration dans nos écoles, les petites écoles donc les maires sont concernés, le conseil départemental pour les les collèges, le conseil régional pour la région et je crois qu'en Bretagne en particulier, nous pouvons dire que nous sommes exemplaires pour faire en sorte que nos enfants dans leurs assiettes, mais aussi dans la restauration collective, dans nos hôpitaux, On est des produits français des produits français bio ou juste produit localement. Anilour juste pour revenir au au Mercosour est-ce que vous vous êtes soulagé du vot d'hier est-ce que ce Mercosour il est si néfaste que ça pour la Bretagne ? On sait que c'est une filière qui est gagnante, c'est la filière laitière.

Alors, il y a des gagnants, il y aura des gagnants, il y aura euh des perdants. Ce sont surtout les filières d'élevage effectivement qui vont être percuté par le mercour. Mais d'un autre côté, avec la filière laitière gagnante, est-ce que vous en Bretagne vous dites pas bon bah finalement ce mercour c'est peut-être pas une si mauvaise chose que ça ?

Bah, on verra globalement. Enfin, le mercour je vois que les agriculteurs se sont vraiment fortement mobilisés et que ça a payé. Ils ont été aussi soutenus par l'État français mais aussi par les élus qui les représentent.

Nombreux sont les parlementaires qui se sont rendus à Bruxelles et je crois que c'est cette mobilisation générale qui a fait collective hein avec les agriculteurs qui a fait que la Cour de justice a été a été saisie, qu'elle a retenu la sollicitation et désormais on a gagné en tous les cas du temps. Euh les producteurs laitiers aujourd'hui ont des revenus qui sont plutôt stable. Je pense que c'est une filière qu'il faut en tous les cas consolider.

C'est une industrie agroalimentaire forte en Bretagne en en particulier. Euh en France aussi euh il faut que nous la préservions et que nous préservions surtout le pouvoir d'achat des agriculteurs parce que sans agriculteurs qui vont produire du lait en Bretagne c'est aussi un un élevage qui produit du lait et bien euh je crois que nous devons en tous les cas être tous mobilisés pour ce revenu qui permettent à nos agriculteurs et à nos agricultrices de vivre. On va revenir.

On va revenir, on va retourner à à Guingan Donovan. Vous avez une question sur un autre sujet. On parle des municipales.

Ouais, tout à fait. Les municipal arrive dans dans moins de de 2 mois maintenant. On sait madame madame Louerou que vous avez été maire de Guingan de 2008 à 2014 et depuis vous êtes conseillère municipal dans la liste du maire qui vous a succédé en l'occurrence Philippe Leof et et je crois savoir qu'en en 2026 vous jouerez à nouveau un rôle dans cette dans cette liste du maire sortant.

Alors ma question c'est pourquoi vous vous tenez en fait à garder cet ancrage dans un mandat local ? Ça vous ça vous permet de de garder l'essence du du terrain et et peut-être de vous aider aussi dans dans votre mandat de sénatrice. Bien sûr quand on est sénatrice, mais bon, il ne je pense qu'il n'est pas je suis contre le cumul des mandats et je pense qu'un exécutif local n'est pas nécessaire pour garder les pieds euh euh sur le terrain.

Et je pense pouvoir dire que je suis une femme qui reste attachée à son territoire et on ne peut bien remplir son mandat de sénateur, sénatrice, d'élu national que si on a une bonne connaissance en fait de la réalité de ce que vivent bah les gens de notre territoire déjà, mais aussi les élus locaux puisque nous sommes ici les représentants des collectivités territoriales et la force je pense de de Philippe Gof, c'est aussi d'avoir pu faire un travail dans la continuité parce que depuis euh 1995 maintenant, la gauche est présente à Guingan et il y a vraiment eu un travail structurant sur la qualité de vie des habitants à Guingan sur les questions de logement. On a fait un renouvellement urbain quasi total, je dirais euh aujourd'hui. Et donc euh euh cette présence euh dans la continuité à payer sur la qualité euh de vie des guing en paix euh et des merci beaucoup.

Merci de Novane, merci d'avoir été avec nous la une de West-France, tout autre sujet à Davos, Donald Trump qui temporise sur le Groenland. Merci beaucoup Donovan. On passe évidemment à l'actualité du Sénat.

An Lerou, le Sénat qui poursuit l'examen du texte sur la fin de vie et qui l'a détricoté hier. On va longuement y revenir avec vous Rémy. Hier soir les sénateurs qui ont donc rejeté l'article 4, c'était le point nevradique du texte sur l'aide à mourir.

En effet, Oriane, l'article 4 qui fixe les conditions du droit de l'aide à mourir a été rejeté hier au Sénat sur 318 votants. 144 ont voté contre, 123 ont voté pour avec 51 abstentions. Philippe Mouillet, sénateur LR des Deux Sèvres et président de la commission des affaires sociales, s'est exprimé à l'issue du vote.

Mais clairement aujourd'hui le texte avec l'article 4 aujourd'hui si prué bien n'a plus de sens. La clé de vous de ce texte est tombée et donc euh nous devons en tous les cas euh de façon juridique euh continuer la procédure. Madame la sénatrice, comment avez-vous réagi après le le rejet de cet article hier ?

J'ai été surprise qu'il soit euh rejeté effectivement parce que la commission euh des affaires sociales euh a changer la nature du texte tel qu'il nous avait été présenté euh par l'Assemblée nationale et tel que nous l'avons reçu. La commission des affaires sociales a changé l'aide à mourir et l'a transformé en je dis une un complément à la loi classe Leéonetti et a prévu avait prévu une assistance médicale à mourir. En fait, je crois que la droite a été prise à son propre jeu.

Elle a voulu changer de cap par rapport au texte qui nous avait été présenté. Et puis la droite, donc les électeurs sénateurs sénatrices de la droite sénatoriale n'ont pas suivi la proposition de la de la commission des affaires sociales. Mais comment vous l'expliquez ?

C'était une assistance médicale à mourir réservé aux malades dont le pronostic est engagé à court terme qui avait été transformé par la commission. Du coup, comment vous expliquez ce vote ? Est-ce que c'est la convergence de ceux qui de toute façon étaient opposés au texte avec ceux à qui la version de la commission ne convenait pas ?

Alors, nous nous avons gardé notre ligne. Les le groupe socialiste avait choisi de et après mureux réflexion et dans notre majorité euh de euh puisqu'il y avait quelques personnes qui euh faisaient valoir leur clause de conscience sur ce texte. Mais notre objectif c'était à minima de d'atterrir entre guillemets sur le texte de l'Assemblée nationale.

Donc une avancée vraiment sur une aide à mourir. La commission des affaires sociales avait choisi de sortir de cette logique pour revenir en fait à une à la loi classe léonetti. Aujourd'hui, je constate que terme de la discussion, nous sommes en dessin de la loi Class Leonetti, je dirais en dessin de la loi Kouchner sur le droit à l'information par exemple du patient qui est un droit qui a été acquis en 2002 et nous sommes hier soir revenus sur enfin la droite sénatoriale a fait voler en en éclat ce droit à l'information.

Juste pour qu'on précise bien parce que en plus du rejet du vote de cet article 4 qui précise justement les conditions de l'aide à mourir, les sénateurs ont aussi remplacer l'assistance médicale à mourir par je cite un droit au meilleur soulagement possible de la douleur et de la souffrance. Vous nous dites ce matin que il y a pas d'avancé sur par la sur la loi Class Léonetti mais que il y a même un recul par rapport à cette loi Class Leonetti. Je le dis effectivement lorsque euh nous savons qu'il y a euh une demande des Français, mais une réalité euh que certains d'entre nous euh vivent euh donc euh qui euh en fin de vie, en toute fin de vie ont vraiment des douleurs euh absolument qu'on ne peut pas atténuer par un traitement médical.

Ce qui nous a été proposé hier soir, c'est de remplacer la substance létale qu'un médecin peut administrer en fin de vie lorsque les douleurs sont absolument insupportables, que la mort est imminente. Et bien euh on donnerait euh un antalgique. Et bien non, ça n'est pas que une question de soulager la douleur.

La douleur est quelque chose de très personnel, de ressenti et le droit du patient peut être de demander lorsque cette douleur est absolument insupportable et qu'il n'y a aucune issue possible et que la mort est imminente, et bien nous pensons que il faut faire en sorte que euh bah les médecins à la demande du patient qui a pris cette décision de manière libre et éclairée puisse et bien se faire aider dans ces cet acte mais juste hier quand vous avez entendu Cin Larchet la sénatrice qui a qui a défendu ce ce droit au meilleur soulagement possible dire la dignité c'est pas de donner la mort c'est clairement que la société ne laisse personne souffrir sans réponse. Qu'est-ce que vous répondez à ça ? euh souffrir sans réponse.

Euh la dignité, c'est aussi, je pense que je je respecte son point de vue, personne n'oblige quiconque à se faire aider pour passer euh bah je dirais de la vie euh au décès euh parce que les souffrances sont insupportables. Mais il faut aussi respecter le fait que certaines personnes dans une situation de douleur absolument et d'une maladie incurable et irréversible et et de douleur insupportable puisse se faire accompagner dans la dignité pour justement se faire entourer par son équipe médicale, ses proches et être aidé à mourir. Rémi, on on précise que les différents partis n'ont pas donné de consigne de vote.

Effectivement, chaque parti a laisser la liberté de vote à ses sénateurs. On a vu des débats animés. Des sénateurs de gauche votaient contre, des sénateurs de droite voter pour.

Mais à la fin, c'est bien le rejet du texte qui est survenu. On écoute le sénateur les Républicains de Loise Olivier Paco justifier son vote aujourd'hui par ce texte et c'est pour ça que les débats sont aussi difficiles. C'est la mort qui l'emporte et c'est dramatique que notre société qui depuis plusieurs millénaires depuis le paléolitique se bâtisse sur la volonté de vie aujourd'hui arrive à glorifier la mort.

Quel drame madame la sénatrice ? Quel est l'intérêt de de poursuivre les débats derrière sur les les prochains articles ? Alors, nous nous avons fait le choix de continuer à défendre effectivement malgré le rejet de cet article 4 par respect pour d'une part par conviction pour ce qui me concerne personnel mais aussi par respect de tout le travail qui a pu être fait et par l'expression des citoyens et des citoyennes qui s'est par exemple révélé au travers de la convention citoyenne.

Il y a un nombre important de français et de françaises dans la diversité de leur point de vue qui ont travaillé longuement, qui ont réfléchi, qui ont écouté des experts, qui ont écouté des patients, qui ont écouté des équipes médicales et qui sont parvenus à cet équilibre qui a été repris par l'Assemblée nationale et qui était le texte d'équilibre, je je le dis ainsi, qui a été estce que là du coup il y a un risque trouvé à à l'Assemblée nationale il y a un risque que le Sénat soit complètement effacé que l'Assemblée nationale est le dernier mot et que ce soit le texte de l'Assemblée ? C'est ça le le risque que vous pointez ? La droite sénatoriale s'est effacée elle-même du débat en fait puisque ce texte n'a plus aucun sens au sortir de l'Assemblée du Sénat même si nous nous avons continué à porter le souhait nous a été exprimé par des citoyens citoyennes mais aussi par le comité consultatif national d'éthique qui nous a qui a émis un avis l'avis 139 indiquant que il était possible effectivement de trouver une voie vers cette tête de à mourir parce que il y avait des situations où euh le retour en arrière n'était pas possible et la mort, je crois qu'il faut euh la regarder en face, c'est la dignité mais c'est aussi euh la vie en fait c'est l'aboutissement de la vie.

C'est impossible de trouver des compromis sur des sujets si sensibles et si chers à chacun de manière générale, peut-être plus générale que que le cas d'hier. Bah non, ça n'est pas impossible de trouver puisque l'assemblée a trouvé cet équilibre. Nous nous aurions souhaité que la discussion se fasse sur cette base d'aide à mourir en en l'acceptant.

Je crois que la mort, il faut l'accepter. Elle est inéluctable. C'est le propre de l'humanité de la mort.

Donc il faut la regarder sereinement avec les équipes soignantes, chacun dans ses responsabilités et dans le respect du droit du patient et de la volonté de chacun et de chacune d'entre nous. Et également question des soins palliatifs hier, Emy. Oui, hier on a commencé à parler de la question des soins palliatifs et la volonté d'agrandir sa couverture en France semble à première vue faire consensus.

Pour certains sénateurs, on aurait même dû traiter ce sujet avant la question de fin de vie. Bernard Fialer, sénateur du Rô est justement revenu sur ce point hier. On aurait dû aborder le problème des soins palliatifs, le texte sur les soins palliatifs avant cette aide à mourir. [applaudissements] On aurait dû le faire pour vraiment supprimer cette cette ambiguïté.

L'aide à mourir n'est pas quelque chose de palliatif au manque de soins palliatifs. Il a semblé que de nombreux sénateurs était d'accord à ce sujet. Comment on peut expliquer cet ordre de traitement au Sénat hier ?

Bah le président de la commission l'a expliqué. En fait, c'était enfin moi, j'ai pas vraiment bien compris les arguments. C'est vrai que la logique aurait peut-être voulu que on on voit d'abord les soins palliatifs parce que et bien c'est une amélioration de l'existant et puis que l'on passe sereinement ensuite sur le débat sur l'aide à mourir.

Le président de la commission a indiqué que nous aurions été plus nombreux. Enfin, moi, pour moi, il y a pas de hiérarchie sur les textes. Il fallait choisir.

Nous avons pris les textes tels que la décision euh et bien de du bureau de la conférence des présidents l'a donné act. Enfin, je pense que c'était pas non plus essentiel, même si une certaine logique voudrait que l'on parle d'abord des droits existant pour les rendre effectifs, parce qu'en fait, c'est la réalité d'aujourd'hui. 19 départements n'ont pas d'unité de soins palliatifs.

Et je dirais même que là où il y a des unités de soins palliatifs, je prends par exemple mon département. Dans mon département, il y a en Côte d'armor, donc il y a une unité de soins palliatifs de 10 lit. pour le département, c'est notoirement insuffisant et justement vous le dites hein, l'accès au sang palliatif qui est difficile dans de nombreux territoires.

On va aller en meurtelle. Bonjour Vincent Amen. Merci beaucoup d'être avec nous.

Vous êtes maire d'hiver gauche de Lom. Oui. Vous avez adressé vous avec 16 autres maires de votre communauté d'agglomération un courrier à l'agence régionale de santé pour une maison de soins palliatifs.

Expliquez-nous. Oui, bonjour à tous déjà. Merci merci pour l'invitation.

Effectivement, nous on est dans un territoire nordemozelléan aux frontières belges et luxembourgeoises et avec des questions de soins qui sont préignantes et notamment sur la fin de vie. Et notre hôpital local, l'hôpital de Montsin-Martin, ne dispose pas d'une unité de soins palliatifs. Il faut aller à 35 km d'ici à Ayange ou plus loin à Messe pour pouvoir avoir accès à une dizaine de lits aussi de soins palliatifs.

Et donc, il nous semble nécessaire que sur notre territoire, on puisse accompagner en proximité nos patients pour respecter aussi leur dignité, permettre aussi à leur famille de pouvoir les accompagner jusqu'au bout, même si aussi sur le territoire, nous avons une équipe mobile de soins palliatifs qui qui fait aussi le le travail, mais je crois que il faut aussi renforcer renforcer cela. Vous êtes à proximité de la Belgique. Est-ce que il y a des gens chez vous sur votre territoire qui font le choix d'aller mourir en Belgique faute d'offre de soins palliatifs en France ?

Oui. Alors, je dirais pas faute de d'offre de soins, mais vraiment par choix aussi parce que on parlait tout à l'heure, je crois madame la sénatrice de dignité humaine. Je crois que c'est là aussi le le choix de de sa fin de vie et la Belgique offre ce droit.

Euh je sais que des associations aident euh des personnes en France à pouvoir se rendre en Belgique euh pour pouvoir euh avoir euh ce droit. Euh et effectivement oui, ces cas existent pour abréger euh abréger non c'est pas le bon mot mais pour mettre fin à des souffrances euh voilà de manière choisie. Que pensez-vous des des débats au Sénat et et du fait que notamment hier le le Sénat est rejeté est rejeté le principal article de l'aide à mourir.

Bah moi, je partage déjà une conviction euh c'est que déjà en terme de de soins palliatifs, il faut renforcer la formation, l'accompagnement, les moyens aussi sur les territoires, je viens de l'exprimer. Et derrière ça, il faut aussi, je pense, pouvoir laisser le choix euh aux gens de choisir leur fin de vie, de choisir de mettre d'arrêter ses souffrances et et de choisir comment comment ils comptent terminer leur vie. Et c'est vrai que parler de la mort dans la société, c'est compliqué parce qu'on aime pas en parler.

Mais moi je dis toujours quand on n signe son arrêt de mort en fait. Donc parce qu'on sait très bien comment ça va se terminer et on sait tous qu'on va terminer comme ça. Et donc si on peut aider les gens à bien mourir, j'ai envie de dire et bien faisons-le.

Faisons-le. Et et je crois que c'est important de pouvoir avoir euh bien sûr le renforcement de ces soins palliatifs, mais aussi laisser le choix à à tout le monde de pouvoir choisir sa sa fin de vie. Tout en tout en respectant aussi euh tout en respectant aussi euh le le les soignants aussi qui pour des raisons de conscience ne voudrait pas aller jusque là.

Je comprends tout à fait votre point de vue que je partage à 100 %. Les deux sujets sont deux sujets différents. On a les soins palliatifs, il faut les renforcer.

C'est un choix, un accompagnement dans certaines situations, mais le droit à mourir c'est autre chose. Ça ne concerne pas les mêmes personnes, c'est autre chose. Merci beaucoup.

Merci Vincent Amè d'avoir été euh avec nous, maire de Lonoui, merci d'avoir été notre invité. Merci beaucoup Aniluerou. On suivra évidemment ce qui va se passer dans l'hémicycle du Sénat.

Le vote définitif de ce texte, il est prévu mercredi prochain.

Annie Le Houérou : « Le Sénat a changé la nature du texte sur la fin de vie » — Annie Le Houerou · Pourquijevote